Echo des Plaines : Chapitre VII ▬ Le Retour d'Inasmir


 
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 « and I have no idea where else my heart could have been. »

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MessageSujet: « and I have no idea where else my heart could have been. »   Jeu 15 Déc 2011, 05:03

« So collect your courage
and collect your horse
And pray you never feel
this same kind of remorse
».

Quel homme ou femme, avec un minimum de cœur, n’éprouverait pas la plus grande des douleurs en retournant auprès de la maison familiale après quelques mois d’absence. Une maison qui, en plus, contenait les souvenirs les plus douloureux du passé. Les pertes les plus importantes d’une vie. Un mois durant, Apsoline avait vu défiler les paysages les plus fascinants mais n’avait qu’une seule idée en tête, celle de revoir la maison où elle avait grandi. Malgré tout, la sorcière exécuta chacune des commandes que lui avait fournies son professeur, de nombreux ingrédients étaient venus à manquer et remplir les armoires était une tâche des plus pressantes qu’il ne pouvait lui-même s’acquitter. On attela son cheval, sans trop remplir les sacs pour qu’elle puisse y mettre les derniers objets qu’elle avait laissé derrière elle à Perllan. Le sanctuaire lui avait même offert deux accompagnateurs par mesure de protection jusqu’aux limites de la jungle. Ce fut un choix judicieux, puisqu’elle se trouva face à un trio de trolls assez féroces et elle en serait certainement restée sans l’aide précieuse de ses protecteurs. Les regarder repartir en sens inverse inquiéta d’ailleurs la jeune femme, elle qui avait encore tant de chemin à parcourir. Sa voix se fit entendre dès que la peur l’avait envahi, elle ne vit d’ailleurs pas le temps passer, si bien que lorsqu’elle s’arrêta, affectée par le sommeil, son cheval s’écroula lourdement au sol. Il avait été soumis à la magie d’Apsoline et jamais la fatigue ne l’avait frappé, jusqu’à ce qu’elle s’arrêter de chanter. Pris de remords et pour demander pardon à son cheval, elle lui offrit, au matin, une pomme cachée au fond de son sac et lui laissa quelques heures de plus sans son maigre poids sur le dos. La marche lui fit le plus grand bien et sa jument la remercia à sa façon, elle parcourra une impressionnante distance durant la journée, ce qui permit de reprendre le retard qu’elles avaient accumulé. Ce fut en baume sur les plaies rouvertes de la jeune femme. L’idée de reprendre la route à l’inverse flottait sur la conscience d’Apsoline. Seulement, ses désirs de prendre le dessus sur la faiblesse dont elle faisait preuve quotidiennement seraient brisés, elle devait être forte.
Le premier arrêt se fit sans anicroches. L’homme qu’elle devait rencontrer avait reçu une notice de la visite de la sorcière, tout avait été préparé en conséquence. Il se trouva même qu’un abri lui avait été assignée pour la nuit et qu’on lui permit de partager le repas, afin qu’elle économise les maigres provisions qu’elle s’était emmagasinée. Le sommeil fut difficile à trouver ce soir-là. La lune brillante l’attira dehors et elle marcha longtemps aux alentours. Ses pensées renvoyaient des images du visage doux de sa mère, le vent soufflait ces petits mots maintes fois susurrés à l’oreille d’une enfant troublé. Même les petites bourrasques lui rappelaient ces lointaines caresses alors que l’air glissait sur sa peau de pêche. Le silence creusait la distance entre la vie et la mort. Ce vide qui confrontait diverses émotions au plus profond du cœur d’Apsoline. La joie, la peine. L’amour, la haine. L’absence, la séparation. Quelques larmes perlaient au coin de ses yeux, comme s’il s’agissait du poids de la honte, elle baissa la tête pour fixer l’herbe. « La punition des faibles qui ne méritent d’être réconforter par la beauté de l’astre de la nuit. », la voix de son paternel résonna dans sa tête, comme une lame écorchant la chair sous sa peau. Guidée par l’instinct, elle s’étendit sur le sol, le regard toujours fixé sur celui-ci, se refusant le mérite de la lune. Les douleurs et les épreuves équivalaient-ils vraiment aux bons moments qu’elle avait pu vivre ? Assez pour continuer d’avancer ainsi, le cœur lourd et la tête basse, jusqu’à ce qu’elle trouve raison de sourire et d’avancer fièrement ? Ou mieux encore, de remonter la tête à l’instant et de puiser force dans les embûches auxquelles elle survécu ? Ces questions, ces éternelles interrogations ne quittaient jamais vraiment son esprit. Elle ne partirait pas avec le sommeil, mais elle s’y contraigna par nécessité après être retournée au lit. Au réveil, qui se fit beaucoup plus tard qu’à l’habitude, on lui fournit de quoi reprendre des forces et même un peu plus pour qu’elle puisse remplir à nouveau ses provisions. Elle remercia ses hôtes de mieux qu’elle put, qui lui affirmèrent que ce n’était rien du tout, puis se dirigea vers sa prochaine destination.
Les jours et les rencontres avancèrent rapidement. Une rencontre se démarqua des autres, en fait, à l’approche de Cathairfál, un chevalier qui apparut derrière elle sans qu’elle ne le remarque lui posa une ou deux questions et fit la route à ses côtés. Les deux ne partagèrent pas grands mots, Apsoline avait esquivé les questions du mieux qu’elle pouvait, la fatigue l’empêchant d’être totalement compréhensible. L’homme avait dut remarquer qu’elle n’était pas en état d’être cohérente et s’était simplement mit devant elle et lui avait proposé de se reposer, il veillerait sur elle. Aveuglément, elle fit confiance au chevalier et se laissa prendre par le sommeil, elle en avait tant besoin. C’est ainsi qu’elle arriva dans la capitale sans même s’en être rendu compte, son tout nouveau compagnon la réveilla doucement et lui indiqua le chemin qu’elle devait prendre, il s’était permit de lui prendre la carte qu’elle avait tenu fermement tout au long de son repos et avait pris connaissance de l’auberge à laquelle la sorcière devait se rendre. À nouveau, elle s’empêtra dans des remerciements désordonnés et assez faible comparativement à ce qu’on avait fait pour elle, mais ils avaient le mérite d’être sincères. Son corps n’avait pas encore eut le temps de reprendre un contrôle total sur ses gestes, toujours endoloris par le voyage et le sommeil, elle avançait difficilement à travers le village. L’auberge où elle séjournerait durant quelques jours, ne connaissant pas ce qu’il l’attendait ici, se trouvait à Perllan à quelques temps de marche de chez elle. Des amis du sorcier, qui l’avait mandaté de se rendre ici et d’exécuter des tâches à son compte en chemin, tenait une masure accueillant les voyageurs à plus grand revenu, elle y trouverait confort et repos, lui assura-t-il. Ce fut bien loin de ce à quoi elle s’attendait d’ailleurs. Le tenancier se trouvait à être un sorcier du troisième Ordre à la langue bien pendue et sa femme une singulière à la cuisine divine et au caractère maternelle mais fort qu’on connait aux femmes de Perllan. Elle se sentait comme chez elle.
Quatre jours plus tard, elle prit la décision de se rendre sur la sépulture de sa mère. Le cimetière se trouvant tout près, elle passa donner une récompense à son cheval, lui assurant que bientôt elle pourrait trotter, mais pas maintenant. C’était sa façon de lui demander pardon. Elle prit ensuite le chemin du cimetière, saluant les quelques hommes et femmes qui lui adressaient des salutations vives, reconnaissant le visage de la « belle recluse aux lys ». Ce surnom embellissait les douleurs de son passé, on lui avait donné puisque tout le monde au village connaissait sa situation et qu’elle avait l’affreuse manie de placer un lys dans ses cheveux, étant enfant. Tout le monde avait eu vent de l’histoire, elle le savait aujourd’hui, personne n’avait agi. Pourtant, ce n’était pas la rancœur qui motivait la timidité d’Apsoline, c’est la honte, celle d’avoir eu un père qui a ternit ce si beau village. Sa tête détournée de son but premier, elle ne put hésiter lorsqu’elle arriva devant la porte du lieu accueillant les sépultures de Perllan. Elle y entra sans grande conviction, les yeux rivés sur l’endroit, qu’elle n’avait jamais oublié, où il y a près d’un an elle avait dut enterrer sa mère. Les larmes, à nouveau, tracèrent deux lignes distinctions sur les joues rosées de l’orpheline.
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Galahad Caherval

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MessageSujet: Re: « and I have no idea where else my heart could have been. »   Jeu 15 Déc 2011, 20:11

     Cela faisait plusieurs mois que Galahad avait quitté la demeure familiale sans même se retourner, il avait utilisé le petit pécule qu'il avait dérobé et se retrouvait pratiquement sans le sou à présent. La jeune Singulier avait bien profité de ses talents de manipulateur afin d'arracher quelques pièces à des personnes trop confiantes, il ne se voyait pas comme un profiteur ou comme ou vulgaire voleur, mais comme quelqu'un qui exploitait les failles des autres. Un coupeur de bourses ne prenait pas la peine d'analyser la personne face à lui, contrairement à l'humain qui faisait tout son possible pour tenter de repérer les points faibles de ses proies. Il y avait eu cette agréable jeune femme qui avait regardé avec pitié l'un des gamins pouilleux qui traînait dans les rues, rien qu'à son regard Galahad avait compris qu'en titillant sa gentillesse elle se délesterait de quelques pièces qui finiraient dans sa poche. Rien n'avait été plus facile, en réalité la seule difficulté ayant été de réussir à aborder la demoiselle en question, heureusement il avait pris soin de ne pas se vêtir comme un va-nu-pied et il avait été assez aisé au final, de lui adresser la parole. Quelques mots bien placés, un prétendu petit frère qui avait perdu son œil et sa jambe en refusant de jouer les mendiant, les larmes avaient coulées sur le joli minois de la malheureuse qui n'y avait vu que du feu, elle lui avait glissé quelques pièces dans la main, agrémentant le tout d'un ravissant sourire et d'une bénédiction d'Eydis. Il avait pris le tout, mais n'avait apprécié que l'argent.

     C'est à l'aide de cet argent que le jeune homme gagna Cathairfál, il n'aimait pas particulièrement les villes et faisait son possible pour éviter de trop y traîner, mais il arrivait un moment où malheureusement, le Singulier se trouvait obligé d'y aller. Quelques jours à voyager à l'arrière d'une charrette chargée de foin, il n'avait payé que quelques petites pièces au paysan à qui il avait servi l'histoire de vouloir rendre visite à de la famille qui avait besoin de son aide. Les gens étaient tellement sensibles, ils ne demandaient qu'à croire aux bons sentiments et Galahad ne se privait pas de leur en offrit à toutes les sauces.

     Son sac de voyage qui dissimulait ses maigres possessions chargé sur son épaule, le jeune homme avait rapidement trouvé ses marques. Lorsqu'on était dénué de pouvoir magique ou de quoi que ce soit qui nous différenciait du commun des mortels, il fallait compter sur ses sens, ainsi le jeune homme repéra rapidement l'endroit où ses « semblables » se réunissaient. Cela le débectait toujours de devoir son considérer comme l'égal de cette fange, mais même si son arrogance prenait du plomb dans l'aile chaque fois qu'il le faisait, Galahad savait bien que c'était le seul moyen pour lui de rester en vie. Son appartenance aux Héritiers était déjà une tare en soit d'après la majorité de la population de Cathairfál et même au-delà, mais si en prime il s'amusait à balancer sa supériorité au visages des autres habitants de la ville, il y avait fort à parier qu'il termine sa journée les tripes à l'air dans un caniveau du coin.

     C'était donc avec toute la réserve qu'il possédait que le jeune homme se présenta dans le quartier de Perllan, l'on disait que c'était là où le plus de Singuliers se réunissaient, au moins n'aurait-il pas à veiller sur le fait qu'il ne risquait pas de se mettre une magicienne à dos. Déjà qu'il en avait assez avec Tanith qui lui faisait suffisamment comprendre qu'il n'était qu'un humain dénué de pouvoirs, son ego ne supporterait pas de tomber sur une autre femme aussi vaniteuse que lui ou la sorcière. Il lui fallait reprendre le dessus en manipulant une frêle créature, peut-être même en profitant de cette occasion pour la détrousser qui sait. Alors qu'il se promenait dans les ruelles, son attention fut attirée par une silhouette aux cheveux d'or. Visiblement d'après ce que les gens disaient en la croisant, elle semblait connue, hors Galahad était bien trop égocentrique pour s'intéresser à quiconque n'était pas membre des Héritiers, et encore. Son petit village natal avait semblé hermétique aux rumeurs car le joli minois de la poupée ne lui disait absolument rien. Enfin pas exactement, elle lui disait quelque chose, plus précisément « je suis la cible idéale ». Sa démarche, son attitude, tout en elle était un appel qui éveillait l'attention du jeune homme et déclencha rapidement l'envie de profiter de sa situation.

     Il entreprit donc de la suivre quelques instants jusqu'à ce qu'il l'aperçoive entrer dans ce qui était visiblement un cimetière. Une légère grimace passa sur le visage du Singulier qui se demanda ce qu'il pouvait bien tirer de ça. Les sentiments, encore et toujours, restait à espérer qu'elle était aussi délicate qu'elle en avait l'air, mais qu'elle oppose une certaine résistance. Il appréciait les challenges et profiter de quelqu'un qui se laisser berner trop facilement ne l'intéressait pas. Galahad promena rapidement son attention sur la foule avant de repérer deux gamins qui n'avaient pas l'air très clairs non plus, il s'approcha rapidement d'eux avant de glisser sa main dans sa poche pour en tirer une pièce et la leur montrer.

     ▬ Si vous faites ce que je vous dit, elle serra à vous. »

     Ils acceptèrent bien évidemment. Le jeune homme les chargea simplement d'entrer dans le cimetière et de mimer le fait qu'ils essayaient de dérober des choses présentes sur les tombes en s'arrangeant pour se faire remarquer par la femme qui venait d'entrer. Les deux gamins s'exécutèrent, pénétrèrent dans l'enceinte du cimetière avant de commencer à faire du bruit pour attirer l'attention. Quelques secondes après, le Singulier les suivit et se laisser guider par les bruits pour les rejoindre, ils le repérèrent rapidement et lorsqu'il qu'il les admonestait, les jeunes gens reculèrent comme s'ils étaient effrayés.

     ▬ Dégagez d'ici, vous n'avez donc aucun respect pour les morts ?! »

     Ils le raillèrent en mimant parfaitement les enfants mal-élevés puis quittèrent rapidement le cimetière, non sans récupérer la pièce qui avait été au préalable posée sur l'un des bancs de pierre. Il les regarda s'éloigner avant de se retourner vers la jeune femme et de la regarder comme s'il ignorait qu'elle était ici, chose totalement fausse bien évidemment. Le jeune homme s'inclina légèrement comme pour s'excuser d'être ici, arborant une expression à la fois navrée et honteuse, un simple masque sans aucune sincérité.

     ▬ Veuillez m'excuser, je n'avais pas vu que je n'étais pas seul, je ne souhaitais pas vous déranger, j'espère que je ne vous ai point offensée... »

     Bien sûr que non, les sillons humides qui se dessinaient sous ses yeux montraient clairement qu'elle était du genre sentimentale. A tous les coups le petit manège destiné à le faire passer pour un bon samaritain allait fonctionner.... Il l'espérait du moins.

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MessageSujet: Re: « and I have no idea where else my heart could have been. »   Jeu 15 Déc 2011, 22:16

Chaque pas vers la sépulture de sa marâtre était comparable à marcher sur des morceaux verres brisés. La douleur écrasait son cœur, les bribes de passé, qui lui apparaissaient, écorchaient son for intérieur. Elle trouvait d’encore plus désolant la négligence avec laquelle on entretenait l’endroit. Chaque pierre et croix cachaient de petites plantes nuisibles et très peu de jolies fleurs. Elle pourrait bien, se dit-elle, remédier à cet affront, mais elle n’avait malheureusement pas la concentration en cet instant. Ce fut bien pire lorsqu’elle fit face à la croix qu’elle avait elle-même assemblée et sur laquelle trônait le prénom de sa mère, écrit de sa plus belle main. Durant une bonne dizaine de minutes, elle se tint debout incapable de quoi que ce soit d’autre. Finalement, la pression s’écroula sur ses épaules et elle tomba à genou sur le sol. Elle ne parvenait pas à croire qu’il y de ça près d’une année, elle confrontait son père duquel elles avaient tentés de fuir. Que sa mère s’était placée entre les deux sorciers pour voir son corps transpercé d’une liane en plein cœur. Ce fut bien le seul moment dans la vie d’Apsoline où les évènements ne lui pesèrent pas, puisqu’elle trouva la force de contre-attaquer et ainsi de se libérer de son oppresseur. Elle traîna le corps de celle qui l’avait mis au monde à travers tout le village jusqu’ici pour lui offrir la paix éternelle qu’elle méritait. L’adrénaline l’avait aidé indéniablement et avait d’ailleurs effacé de sa mémoire cette épreuve. Un bien pour un mal.

Dame Chloris avait été le seul modèle féminin sur lequel elle put bâtir son propre caractère, sa propre vision du bien et du mal. Ses petits plats qu’elle mettait la journée à préparer, ses histoires qui chassaient les démons avant de se mettre au lit, ces petits encouragements qui éloignaient l’attitude de son père et ces chaînes qui les tenaient prisonnières. Alors qu’elle passait ses doigts sur le sol qui recouvrait le corps de celle qui l’avait mis au monde, le souvenir lointain de la texture lisse de sa peau lui revint, puis l’odeur exquise qu’elle émanait en permanence, celle des fleurs du printemps, puis les hallucinations de sa voix reprirent et Léa-Apsoline chantant unit sa voix à celle de sa maternelle. Malgré les effets magiques de ses chansons, la sorcière vit son visage s’humidifié de larmes, de joie ou de tristesse ce n’était pas là l’important, elle parvenait enfin à chanter avec sa mère d’une manière peu tangible, mais Apsoline n’en tenait pas compte. De plus, elle en oubliait les affreuses images de son père. Cet homme. Il lui arrivait d’éprouver encore quelques réserves face à la gente masculine, n’ayant connu que très peu d’homme autre que celui qui est à l’origine de ses blessures et ces praticiens de la magie qu’elle côtoie tous les jours depuis les derniers mois et qui lui ont fait son éducation ces dernières années. Se pouvait-il que l’homme soit bon ? Elle le croyait fortement, mais manquait de preuve à l’appui de cette théorie. De toute façon, elle ne rencontrerait sûrement personne avant un bon moment, personne ici ne semblait vouloir transpercer le mur de la gêne qui s’est forgé par les rumeurs et ses divagations, elle n’en resterait qu’aux simples salutations. Elle continua de chanter, nettoyant les mauvaises herbes qui s’étaient emmitouflés près de la crois dédiée à Dame Chloris, puis se leva pour aller chercher les fleurs d’un lilas à proximité, au centre de cette terre funéraire. Elle retourna sur la sépulture de sa mère avec en main deux grappes de petites fleurs pourpre qu’elle dépose au pied de l’endroit où était inhumé le corps de la mère d’Apsoline. Alors qu’elle terminait d’embellir l’endroit où gisait le corps de cette personne si chère aux yeux de la sorcière, elle entendit des enfants chuchotés. « C’est la recluse… ». Elle n’en tint pas compte, croyant qu’ils étaient au loin. Seulement, alors qu’un des enfants s’agita pour déplacer quelque chose afin de donner cette impression d’être en train de profaner l’endroit, elle se retourna et comprit ce qu’ils tentaient de faire, ou plutôt ce qu’ils voulaient lui faire croire. Au moment où elle ouvrit la bouche, un homme coupa son discours avant qu’elle ne le commence et s’en prit aux délinquants. Elle se releva, sous l’effet de la surprise et croisa son regard avant de reposer les yeux sur le sol.

« Ce n’est point déranger lorsqu’on agit de la sorte, vous avez fièrement agit, brave homme. Je vous dois, enfin ce cimetière et moi plutôt, devons vous remercier grandement. Pardonnez d’ailleurs cette mine triste que je tiens, je ne m’attendais pas à rencontrer qui que ce soit. »

Du dos de sa petite main elle essuya ses larmes ainsi que les traces que celles-ci avaient tracées sur son visage. Elle remonta lentement son regard vers le visage de l’inconnu, jaugeant ce dont il avait l’air. Aucun indice ne lui permettait de reconnaître sa condition après tout, elle ne pouvait le comparer qu’à des magiciens et le faible nombre de singulier qu’elle ait croisé ne lui ressemble aucunement. Elle le trouvait particulièrement attirant, mais encore une fois ce n’était peut-être que le résultat d’une maigre possibilité de comparaison. Elle ne savait que penser de celui-ci, autre que la gentillesse dont il avait fait preuve à l’instant. Sa voix forte l’avait rassuré comme l’avait fait auparavant celle de son père avant de la décevoir. D’ailleurs, elle trouva que celle de l’homme qui se tenait devant elle et la voix de l’homme qui l’avait tenu reculée du reste du monde se ressemblait étrangement. Une valse de souvenirs lui était entrée en tête brûlant son cœur d’un feu de regrets. Elle s’approcha à une distance raisonnable et lui tendit la main en signe de remerciement. Elle aurait bien aimé lui offrir quelque chose de mieux, ou au minimum lui offrit quelque chose qu’il aurait pu emporter avec lui, mais elle n’avait rien sur elle autre que son mouchoir, ayant, par précaution, laissé tout à l’auberge qui l’accueillait. Elle espérait et ne voyait que le meilleur des autres, mais la prévention était une manie qu’elle tenait de ses parents, surtout qu’elle se trouva face à la plus excessive des formes de celle-ci.

« Je ne saurais comment vous remerciez plus. De toute façon, je ne désire pas vous importunez plus longtemps, j’imagine que vous veniez vous recueillir en ces lieux et je me prendrais sur moi si vous étiez pressé. Je vous dis donc à une prochaine fois si autre dessein vous attendait. »
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Galahad Caherval

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MessageSujet: Re: « and I have no idea where else my heart could have been. »   Ven 16 Déc 2011, 12:45

     Elle avait mordu à l'hameçon, c'était tout ce qu'il attendait pour pouvoir lancer la suite, du moins en espérant qu'elle se montre aussi docile qu'elle venait de le faire. Galahad dirigea toute son attention sur la jeune femme, cherchant à capter le moindre geste, la moindre expression qui pourrait lui permettre de cerner ce qui la ferait céder plus facilement. Il ne pouvait pas sa targuer de connaître par cœur le comportement humain, ils étaient tous tellement imprévisibles que le Singulier était bien souvent pris au dépourvu, mais en général, cela donnait une bonne idée de base. Lorsque le jeune homme vit l'inconnue baisser les yeux juste après avoir croisé son regard, ils considéra assez logiquement – mais peut-être faussement – qu'elle était du genre très timide. Ou peut-être même avait-elle peut des hommes, dans les deux cas il pourrait tirer parti de ce qu'il apprenait, restait à voir jusqu'à où pouvait aller sa gêne.

     Il considéra avoir gagné des points dans son estime lorsqu'elle le taxa de « brave homme » ce devait bien être la première fois qu'on utilisait un tel qualificatif pour le désigner, mais loin d'être humiliant ce terme était très encourageant. En temps normal, le brun aurait été assez vexé que l'on puisse le comparer aux preux chevaliers, le cœur débordant de bonne volonté et suintant l'héroïsme par tous les pores de la peau, mais de ce qu'il pensait avoir décelé, cette jeune femme était sensible à ce type de personnage. Un point de plus de son côté. Il esquissa un faible sourire, juste assez pour exprimer qu'il la remerciait de sa gentillesse sans pour autant que cela ne soit décalé dans un tel lieu, pour lui ce n'était rien de plus qu'un endroit où étaient stockés les cadavres, pas franchement ragoûtant en y songeant, il n'avait que faire des morts. Les morts ne revenaient pas et ne pouvaient rien vous apporter... Sauf dans le cas présent évidemment. Le jeune homme se répétait d'adopter un air humble et touché par la mort d'un proche, ce n'était pas vraiment une rude épreuve sachant qu'il avait souvent vu cet air affligé sur le visage d'autres personnes. Bien loin de ressentir ce que cela représentait réellement, Galahad de contentait de passer un masque d'émotions inexistantes alors que la demoiselle essuyait ses joues avec une délicatesse très amusante.

     Elle lui faisait penser à sa sœur, aussi fragile et délicate qu'elle, aussi naïve aussi. Cette constatation le réjouit au plus haut point, s'il y avait bien une personne qu'il n'avait jamais eu de mal à manipuler, c'était bien elle. Il découvrit qu'elle était prudente lorsque la jeune fille s'approcha juste assez pour lui tendre la main, sans pour autant s'exposer à un éventuel danger. Ah, bonne constatation, peut-être pourrait-il tabler sur l'insécurité pour pouvoir profiter un peu plus d'elle ? D'un geste poli et qui se voulait faussement sincère, le Singulier l'imita en serrant sa main avec toute la franchise qu'il pouvait y mettre. Son père disait toujours qu'une poignée de main franche était le signe d'une sincérité profonde, mais sachant qu'il était fils de forgeron il valait mieux éviter de briser les doigts de la malheureuse, il y mit donc juste le nécessaire. Elle avait la peau douce d'une femme qui n'était pas habituée à travailler durement avec ses mains, peut-être une riche fille de noble ? Ce ne fut que lorsqu'elle amorça une phrase de salutation qu'il comprit qu'elle risquait de lui filer entre les doigts, cela ne l'arrangeait pas, il fallait trouver une raison pour la convaincre de ne pas s'en-aller comme ça, sans pour autant avoir l'air suspect. Il n'était pas question de perdre les points qu'il venait de gagner dans son estime. Arborant un visage de circonstance, le jeune homme haussa les épaules avant de répondre d'un ton toujours aussi aimable, bien que distillé d'une touche de tristesse. Juste assez pour faire bien sans pour autant avoir l'air exagéré.

     ▬ Je ne puis guère pardonner lorsqu'il n'y a pas faute, il serait plus étrange que vous n'affichiez pas une telle expression alors que vous rendez visite à un proche disparu. »

     En fait il ne savait absolument pas si c'était réellement un proche, peut-être n'était-ce qu'une femme trop sensible qui versait des larmes pour tous les gens qu'elle connaissait ? La tristesse avait beau réjouir Galahad, il n'en restait pas moins que les manifestations physiques le dégoûtait toujours. Pleurer, les yeux rougis, le nez qui coule, des signes qui révulsaient littéralement le Singulier qui avait une sainte horreur de ne pas avoir le contrôle absolu de son corps. Bien sûr il était hors de question de montrer quoi que ce soir à l'inconnue. Quelques secondes de silence étaient passées, juste suffisamment pour qu'il n'ait guère l'air étrange vu le sujet qu'il comptait aborder, puis le jeune homme reprit la parole.

     ▬ Et il n'y a nul besoin de me remercier, en réalité je dirais même qu'il n'y aurait normalement pas de raisons pour que je doive agir de la sorte, malheureusement il semblerait que le respect ne soit pas l'apanage de tous. De plus il me semble les avoir déjà vu quelque part. Une brève pause. En réalité je m'en-allais moi aussi, je vous remercie de votre gentillesse. »

     Il s'inclina légèrement comme pour la saluer avant de se détourner et faire quelques pas comme pour s'en-aller, mais s'arrêta soudain. Galahad sembla hésiter un instant, se retourna à nouveau pour regarder la jeune femme et réfléchit rapidement. Ce n'était que du cinéma, il savait déjà ce qu'il comptait faire, mais l'essentiel restait que la jolie blonde ne se doute pas qu'il avait tout préparé et qu'il ne cherchait qu'à la manipuler pour l'exploiter. Le délicieux sentiment du danger d'être démasqué se mélangeait au désir de rendre la tâche plus ardue, mais il se retint et adressa à nouveau la parole à la jeune fille.

     ▬ Désolé de vous importuner encore, mais je crois me souvenir où j'ai déjà vu ce jeunes gens auparavant.... Il me semble que c'est des voleurs de bourses, j'étais déjà tombé sur eux alors qu'ils s'en prenaient à une femme qui venait de quitter ce cimetière. Je suis arrivé trop tard pour les attraper à l'époque, mais la malheureuse m'avait rapporté les avoir croisés ici même. »

     D'une pierre deux coups, il l'inquiétait en avançant l'idée qu'elle puisse être la cible suivante et qu'ils risquaient de la détrousser, voir même pire si personne n'arrivait au bon moment. Puis petit supplément, il se donnait le rôle de l'homme qui venait secourir la femme dans le besoin alors qu'il était en réalité plus du genre à l'assommer pour lui prendre ce que les voleurs n'avaient pas dérobé. Est-ce qu'elle allait aussi marcher dans cette combine ? Il exécrait devoir faire les gentils hommes serviables, mais quelque chose lui disait qu'avec cette femme, sa véritable nature ne fonctionnerait pas. Poliment, il lui proposa donc son aide.

     ▬ Je m'en voudrais de laisser une telle chose se reproduire, accepteriez-vous que je vous accompagne quelques instants ? »

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MessageSujet: Re: « and I have no idea where else my heart could have been. »   Sam 17 Déc 2011, 21:39

    « Par la même occasion, je suis enchantée, je suis Léa-Apsoline. Vous venez d’ici ? Je ne vous avais jamais vu auparavant.»

    Lorsqu’elle toucha l’homme, Apsoline fut prise de frissons sur tout son corps. Une telle force et vivacité, elle n’eut pas l’occasion d’en voir à la tonne et la texture de la peau de l’homme lui rappelait vaguement son paternel. Elle passa doucement sa main sur son cou, puisque les seuls souvenirs, des mains fortes de son père sur elle, n’étaient pas de belles remémorations. Pourtant, elle sentit tout de même un grand respect de la part de l’homme qui se tenait debout devant elle, il avait contrôlé sa force pour ne pas écraser la délicate main d’Apsoline. D’ailleurs, sa poigne n’aurait pas tenue longtemps face à l’autre, elle devait faire le double de la sienne si ce n’est plus. Le physique de la jeune femme ne lui permettait pas de faire long feu s’il y aurait bagarre elle le savait. Elle écouta l’homme lui parler de respect et avertir de son départ, alors elle s’inclina aussi et retourna sur la tomba de sa mère terminer le montage insignifiant et se releva avant de reprendre le chemin du retour. Elle fut surprise de voir l’homme encore droit devant elle, ne s’étant pas rendu compte qu’il n’avait fait que quelques pas puis s’était retourné. Elle écouta attentivement ce qu’il avait à lui dire et ressentit un malaise à nouveau. Ces enfants ne lui rappelait rien, ils étaient beaucoup trop jeune pour qu’elle puisse les reconnaître, mais jamais elle n’aurait pu croire à de tels actes de leur part. Comment des êtres si innocents et dans l’âge de l’apprentissage avaient-ils pu tourner si mal et s’être apparenté au mauvais ? Apsoline n’arrivait pas à se faire à l’idée. En fait, jamais elle n’avait pu comprendre ceux qui portaient des actes haineux à autrui. Pourquoi ne pas simplement vivre en paix et en harmonie pour pouvoir s’entraider et ainsi améliorer le monde, en peuple uni ? Cette idée idyllique restait au fond du cœur de Léa bien ancré, malgré toutes les horreurs qui l’ont touchée. Soudainement, une douleur lui transperça l’épaule, cette douleur qui lui rappelait qu’on ne choisit pas toujours le mal, que c’est parfois lui qui s’impose en nous par la force. Les enfants n’avaient plus d’explication à donner pour expliquer ces gestes, elle voyait maintenant que la survie est une motivation qui nous impose parfois des limites à franchir auxquelles on ne s’attendait. Ses doigts caressèrent sa cicatrice un moment, ses yeux fixèrent le vide.

    « C’est très gentil à vous de bien vouloir m’accompagner, après m’avoir rapporté cette terrible histoire, je n’aurais osé vous le demandez, mais puisque vous l’offrez je ne puis refuser. Je dois vous avouer que la peur me gagne, j’appréhende l’affrontement.»

    La timidité d’Apsoline s’effaçait lentement, le débit de sa voix gagnait en vitesse et, de plus, elle s’était retrouvé à raccourcir la distance imposée entre elle et l’inconnu. Ces signes ne trompaient, ils étaient une part entière du processus habituel qui s’activait à chaque nouvelle rencontre. C’était toujours ainsi, et ce, depuis qu’elle ses premiers jours. Enfin, pour le peu de rencontres de ce genre auxquels elle participa. Alors qu’elle se dirigeait vers le portail du cimetière, la peur gagnait ses membres qui se crispaient sous la pression. Son rythme ralentissait. Espérant que ces enfants aient déguerpis chez eux, elle se concentrait sur autre chose, en vain. Sans avertir, elle s’agrippa au bras de l’homme et le regarda dans les yeux, un air suppliant au visage.

    « Si sévisses doivent être posés, ne les blesser pas, je vous en conjure. Ils comprendront par la parole, je ne puis tolérer la douleur d’un enfant, quel que soit le mal qu’il ait tenté de me faire. Je vous en prie, je ne demande une promesse, mais faites attention. »

    Les faiblesses d’Apsoline causeraient sa perte un jour, ces dernières paroles en étaient la preuve. Jamais, elle n’avait pu faire de mal à qui que ce soit, autre que son père et l’adrénaline, produite par l’assassinat de sa mère sous ses yeux, avait agi à sa place. De mémoire, elle ne pouvait même plus relater ce qui s’était produit pour qu’elle se retrouve seule devant les corps sans vie de ses parents. Ces enfants ne méritent pas non plus la violence, de toute façon. Elle ne croyait pas que la douleur enseignait une leçon, elle générait plutôt le développement d’un sentiment de vengeance, ou rendait simplement violent. Le pire qu’il pourrait arriver, selon ses hypothèses, c’est qu’elle doive se servir de ses pouvoirs pour entraver la route des petits voleurs, ou bien d’empêcher qu’il prenne la fuit en attachant leurs pieds au sol, afin de pouvoir réprimander leur attitude. C’était là le meilleur moyen d’éduquer un enfant, d’après la philosophie d’Apsoline.
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Galahad Caherval

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MessageSujet: Re: « and I have no idea where else my heart could have been. »   Dim 18 Déc 2011, 14:51

     Elle dégoulinait de gentillesse et de bienveillance, à un tel point que si le pacifisme avait une odeur, Galahad en aurait eu l'estomac retourné. Plus il la regardait, plus il se disait que c'était vraiment trop facile, elle se laissait rouler dans la farine et l'y aidait presque. Chaque geste intimide, chaque sourire bref, tout en elle indiquait qu'il suffisait de l'affoler un peu pour qu'elle cherche de l'aide auprès de la première personne qui se trouvait à proximité. Et par chance, ou plutôt parce que le Singulier s'était arrangé pour, il se trouvait justement là, prêt à lui apporter son aide. C'était du moins ce qu'il s'efforçait de lui faire croire et cela semblait fonctionner à merveille. Galahad avait constaté que les femmes étaient toujours plus faciles à berner, peut-être parce que lui-même était un homme, mais il usait rarement du charme, préférant exploiter leur côté maternel ou familial, c'était moins risqué que de tomber sur une femme à qui vous ne plaisiez pas.

     Il nota donc le nom de la demoiselle dans un coin de son esprit, bien qu'il ne comptait pas en user, les femmes appréciaient généralement les hommes qui débordaient de politesse et il préférait lui offrir du « ma dame » que tout le reste. Quoi qu'il en soit, la jeune femme accepta aussitôt son aide en expliquant qu'elle avait tendance à avoir peur dès qu'un affrontement se présentait, une bonne chose, une très bonne chose même. Ces gamins n'étaient pas plus dangereux qu'un lapin ou qu'un poule, il suffisait de faire un peu de bruit pour les effrayer et ils s'enfuyaient aussitôt en courant, seulement la jeune femme ne devait pas le savoir. Il n'y aurait qu'à prétendre qu'ils étaient trop dangereux pour s'en approcher et elle ne demanderait certainement pas à leur parler. Il esquisse un bref sourire qui se voulait rassurant et chaleureux.

     ▬ N'ayez crainte, il n'y aura pas d'affrontement. »

     De toute manière si les gamins s'approchaient trop, Galahad se débrouillerait pour leur faire comprendre qu'ils gagneraient à ne pas ramener leurs fesses trop près. Il pouvait avoir l'air aimable comme dans le cas présent, mais pouvait aussi bien se montrer hostile et les enfants comprendraient rarement qu'il n'y avait pas à traîner autour d'eux.

     Ils se dirigèrent donc vers le portail du cimetière alors que le Singulier se réjouissait déjà de voir qu'il avait réussi à gagner la confiance de la jolie donzelle, c'était le plus difficile qu'il venait de réaliser, désormais la jeune femme ne chercherait certainement pas de faille dans son comportement, contraire à ce que la méfiance d'une rencontre pouvait pousser à faire. Arrivés sur le pas du portail, les yeux mordorés de l'humain parcoururent rapidement les environs comme s'il cherchait à vérifier qu'il n'y avait aucun danger, alors qu'en réalité il tenait simplement à contrôler qu'aucun caillou ne venait bloquer les rouages de son plan. Sans quoi il s'en débarrasserait d'une pichenette. Alors qu'il ne s'y attendait pas, Galahad sentit les mains de Léa lui agripper le bras et dirigea aussitôt son attention vers elle, arborant un air légèrement étonné. Visiblement la pauvre avait l'air plus qu'effrayée, il avait tiré le gros lot avec elle, restait à lui faire quelques frayeurs et elle le considèrerait comme le sauveur de l'année ! Les paroles qu'elle prononça étaient pleines de bon sens, mais Galahad ne voyait là que faiblesse et manque d'initiative, bien qu'il n'en montra rien évidemment. Toutefois c'était une chance pour elle, le fils de forgeron était un homme qui manipulait mieux les gens qu'il ne les tuait, elle en était la preuve vivante par ailleurs, par conséquent le Singulier ne blesserait personne inutilement. Il lui offrit un visage compréhensif en hochant légèrement la tête avant de lui frôler la main d'un geste rassurant à l'aide de sa main libre.

     ▬ Il ne faut pas vous inquiéter, de toute manière je maîtrise bien mal les armes comparé aux soldats de la ville. Je ne suis pas partisan de la violence, le sang n'attire que le sang qui plus est. »

     Et disons surtout que le sang signifiait la violence et que par conséquent cela risquait de rameuter les gardes, Galahad ne tenait pas à être mêlé à quoi que ce soit qui puisse le faire ficher, sans quoi il ne pourrait plus « travailler » en paix. Le jeune homme fit signe à Apsoline de le suivre avant de la tirer légèrement pour l'encourager, le rôle du parfait gentleman allait rapidement l'agacer et il devait prendre les devants. Il avait pris un risque en disant ne pas être doué avec les armes, d'un côté elle pouvait prendre peur et lui dire préférer aller avec quelqu'un de plus protecteur que lui, mais d'un autre côté cela signifiait aussi qu'il n'était pas violent et éviterait les combats, ce qu'elle désirait. Il jouait le tout pour le tout, la jeune fille avait l'air tellement fragile qu'il doutait qu'elle puisse prendre le risque de partir seule alors qu'il venait de l'effrayer. Les deux jeunes gens s'engagèrent donc dans l'une des ruelles alors que Galahad vérifiait toujours que les enfants ne traînaient pas dans les parages, puis il porta son attention sur la jeune fille.

     ▬ Je me rends compte que j'ai omis de vous répondre avant, je ne suis pas d'ici non, je viens d'un village des environs, mais j'ai quelques proches ici... Il fit une pause le temps que son regard se trouble juste ce qu'il fallait. Enfin j'avais. Depuis je ne repasse que de temps en temps au cimetière, pas aussi fréquemment que je le souhaiterais malheureusement. »

     Elle aussi avait l'air d'avoir des proches là-bas, ou plutôt seulement elle puisque la famille du jeune homme au grand complet vivait encore dans la maison natale, certainement suffisamment en colère contre lui pour souhaiter la mort de Galahad avec le tour qu'il leur avait joué. Le jeune homme avait envie d'en apprendre plus sur celle qu'il prévoyait de délester de quelques objets de valeur, restait à présenter les choses sous un angle favorable pur ne pas avoir l'air de posséder une curiosité malsaine. Prenant un ton qui laissait la possibilité de ne pas répondre, il se lança.

     ▬ Cela dit, je dois avouer ne jamais vous avoir croisée auparavant non plus, pourtant je crois constater que vous devez souvent venir ici. Il observa son visage quelques secondes. Vivez-vous dans les environs ? »

     Il avait proposé de l'escorter et par conséquent saurait où elle vivait, mais il préférait prendre les devants au cas où elle décidait soudain de lui fausser compagnie. Toujours prévoir un plan B.

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MessageSujet: Re: « and I have no idea where else my heart could have been. »   Jeu 22 Déc 2011, 17:24

Elle n’aurait su dire comment elle se sentait en cet instant. Lorsqu’ils quittèrent le cimetière son inquiétude serra son cœur et tourmenta son estomac. Ses jambes avançaient avec appréhension, chaque pas était calculé en distance et en vitesse. Chaque détail insignifiant était remonté à la surface de sa mémoire, poussé par l’adrénaline qui parcourait vivement chacun des membres de son corps. Elle brulait de cette force que la peur offrait en cas de fuite ou de défense. Par contre, elle ne savait plus ce qui se passerait. Le doute s’était installé sur l’homme alors qu’il ne lui avait pas dévoilé son nom alors qu’elle l’avait fait, pour Léa il s’agissait là d’une formalité difficile à oublier. Comme s’il cherchait à lui cacher, que pouvait-elle trouver d’autre comme explication ? Il se trouve aussi qu’un autre doute germa dans son esprit. Ses enfants, pour quelles raisons s’étaient-ils montrés à elle, s’ils étaient pour l’attaquer ? De plus, quels gamins seraient assez braves pour profaner une lieu sacré comme celui-ci devant une personne plus âgé, sans récompense ? Elle doutait, seulement parce que c’était dans sa nature. Toutes ces hypothèses se rangèrent dans un coin de son esprit, elle ne pouvait les empêcher de se manifester, par contre, ne pas y croire lui permettait de les réduire au silence.

«Je ne peux pas dire que cela me rassure que votre maniement de l’épée ne soit pas au point, un accident est si vite arrivé.»

De nouveau, des questionnements en tout genre virevoltaient dans sa tête. Seulement, elle espérait encore moins une confrontation puisqu’il ne semblait pas pouvoir la gérer autre qu’avec des mots et l’instinct est beaucoup plus fort à l’enfance que la morale, il sera impossible d’éviter les coups si ces enfants ont peur de la réprimande. Sera-t-elle assez calme pour user de sa magie correctement. Il lui sembla nécessaire de reprendre ses esprits un instant, puisqu’elle aurait sûrement à se servir de ses dons. Elle se remit à chanter, soufflant sa magie aux alentours, sur tout ceux capable d’entendre sa douce voix. L’ordre régnait à présent dans la tête de la jeune femme, comme si le mal n’existait plus en cet instant, c’était l’effet que lui faisait sa voix dès qu’elle entonnait quelques airs. Ses pas devinrent soudainement plus assurés, elle remonta la tête, cette histoire ne serait bientôt qu’un mauvais souvenir.

«Le sang n’emmène que le sang, dit-elle en s’arrêtant de chanter, si tous pouvaient comprendre cette phrase et se laisser guider par elle, le monde serait merveilleux. Je suis d’ici, parfaitement, j’ai vécu plusieurs années dans une petite masure à quelques minutes à pied. Par contre, je réside actuellement dans une auberge, celle de l’ami de mon maître, puisque j’ai quitté la région il y a de sa près d’une année, suite à la mort de mes parents, mon ancienne demeure étant vide, il aurait été ardu d’y vivre.»

Tous ses tourments revinrent sans avertir alors qu’elle débitait ces explications à son interlocuteur. La magie de sa voix s’étant éteinte. L’évocation de la résidence fit resurgirent ses douloureux souvenirs. Elle détestait cette maisonnette qui plus est. Aucune raison n’aurait été assez valable pour qu’elle réussisse à y mettre les pieds plus longtemps qu’une heure. Elle y retournait prendre les quelques affaires restantes dont elle n’avait pas vu une nécessité immédiate d’emporter au Sanctuaire. Pour changer le sujet de ses pensées, elle se retourna et vit que le portail se trouvait déjà à bonne distance. Toujours aucune trace des enfants, peut-être avaient-ils remarqués que l’homme, qui l’accompagnait, n’avait toujours pas quitté le cimetière et avaient décidé de ne pas mettre leur plan en marche, qu’ils attendraient la prochaine victime.

«Ne croyez-vous pas que ne les aurions croisés ? J’ai la ferme conviction que nous sommes sortis d’affaire, ces enfants doivent avoir été surpris par votre intervention plus tôt. Je vous remercie grandement de votre aide.»

La peur s’était rapidement dissoute, l’appréhension, les doutes et la nervosité à ses côtés. S’inclinant doucement, elle salua l’homme, le remercia à nouveau et lui expliqua qu’elle avait plusieurs endroits où elle devait passer avant de pouvoir rentrer. Le Grand Tournoi allait bientôt commencer et elle avait besoin de quelques affaires pour ces célébrations, en plus de ce que son maître lui avait demandé.
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Galahad Caherval

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MessageSujet: Re: « and I have no idea where else my heart could have been. »   Ven 23 Déc 2011, 16:21

     Elle chanta, sur le coup Galahad fut à deux doigts de lui décrocher un regard bizarre, mais il se retint à la dernière seconde. Sa sœur chantait toujours, il détestait cela, le simple son de la voix d'une femme avait le don de l'horripiler au plus haut point. Le jeune homme ne connaissait pas grand-chose aux magiciens, sorciers et autres êtres doués de magie, pour tout dire il s'en contrefichait même totalement, autant dire que l'idée que la demoiselle puisse être en train d'user de son don ne lui traversa même pas l'esprit. Il fut trop concentré pour ne pas avoir de mouvement humeur et ne remarqua pas le léger, mais perceptible mouvement de la demoiselle lorsqu'elle reprit un peu plus confiance en elle. Heureusement la jolie blonde brisa le silence en lui répondant, rêvant encore d'une vie utopique qui n'était qu'un sombre cauchemar aux yeux du jeune homme, il la laissait se faire des illusions en hocha la tête d'un air docile comme s'il buvait ses paroles. Mimer un profond accord n'était pas si difficile au fond, les gens se moquaient bien souvent de ce que leur interlocuteur pensait, ils désiraient simplement énoncer ce qu'ils pensaient.

     Lorsque la demoiselle lui expliqua qu'elle avait vécu ici pendant de longues années, Galahad nota quel malgré son attitude digne et ses habits propres, elle n'était donc pas riche, sans quoi la demoiselle n'aurait jamais parlé d'un « maître ». Ce simple mot manqua à nouveau de le faire frissonner, avoir un maître, quelqu'un à qui obéir, quelqu'un d'humain, à qui obéir tout du moins, c'était inconcevable pour lui ! Seul Mynkor pouvait avoir ce droit, les autres humains n'étaient pas assez dignes ou intéressants pour le dominer. Bien évidemment, cela n'était dû qu'à son arrogance débordante, il existait bien plus noble et plus digne que le fils de forgeron, mais celui-ci était persuadé du contraire. Grand bien lui fasse, être si assuré permettait de ne pas avoir de doutes et tout le monde savait que les doutes n'étaient que des fissures qui permettaient de briser quelqu'un. Lea était donc une femme dominée, cela n'avait rien de très étonnant en y songeant, elle avait l'air tellement délicate et douce.... Alors qu'elle terminait sa phrase, le jeune homme glissa quelques mots d'un con caressant sans trop l'être pour autant.

     ▬ Il est inutile d'habiter au même endroit pour ne pas oublier quelqu'un que l'on a aimé. »

     C'était du moins ce que sa petite sœur lui répétait sans cesse, lui n'y croyait pas vraiment, la preuve il ne songeait que très rarement à sa famille depuis qu'il avait quitté le domicile familial et dans quelques mois, il aura même oublié leurs visages. Finalement, la jeune femme tenta de se rassurer une fois de plus en avança à juste titre, que les enfants devaient les avoir oubliés, il hocha la tête, malheureusement les choses lui échappaient et il ne voyait plus guère de moyen de la retenir alors qu'elle disait avoir beaucoup de choses à faire. Plein d'agacement, Galahad ne le montra toutefois pas et lui offrit un léger sourire tout en s'inclinant à son tour pour la saluer, agrémentant le tout de quelques commentaires avenants. On ne savait jamais, peut-être se croiseraient-ils à nouveau un jour ?

     ▬ Je crois que vous êtes effectivement tranquille ma dame, je vous remercie de votre confiance, bonne journée à vous. »

     Mieux valait se comporter aimablement, s'il ruinait tout maintenant le temps perdu en sa compagnie et la pièce donnée aux gamins n'auront servis à rien ! Il se détourner avant de glisser sa main vers son sac, au pire il y avait toujours la possibilité de la détrousser et de s'arranger pour qu'elle ne parle plus non ? Caressant l'idée alors que sa main effleurait la lame camouflée de son poignard, le jeune homme s'interrompit soudain alors qu'il entendait des éclats de voix dans son dos, une voix féminine et visiblement très en colère. Le fils de forgeron se retourna d'un air interrogateur, puis ses yeux mordorés se posèrent sur une silhouette habillée d'une robe très élégante qui se dirigeait vers lui-même et Lea qui se trouvait à quelque mètres de Galahad.

     ▬ C'est lui ! Arrêtez-le ! Ne bouge pas manant ! »

     Ce visage en colère fut rapidement situé dans l'esprit du jeune homme, une belle dame très riche qu'il avait essayé de se mettre dans la poche en lui faisant croire qu'elle l'avait séduit. Il était de notoriété publique que cette femme avait un goût certain pour les aventures extra-conjugales et Galahad avait joué sur ce tableau de manière à lui soutirer quelques bijoux qu'il avait ensuite revendus à un voleur du coin. La dame en question ne semblait pas avoir apprécié le départ de celui qu'elle prenait pour un éventuel prétendant, surtout qu'il l'avait délesté de plusieurs choses de valeur, il fallait donc qu'il s'en-aille rapidement. Mais laisser Lea ici reviendrait à ruiner les efforts qu'il venait de faire puisque cette harpie allait forcément lui en parler. Alors que deux gardes se dirigeaient vers eux, le Singulier se décida rapidement. Bondissant vers la belle blonde, il lui attrapa la main sa ménagement avant de la tirer vers lui.

     ▬ Suivez-moi, je vais tout vous expliquer ! »

     Elle sembla hésiter, mais il ne lui laissa pas l'occasion de le faire trop longtemps, l'entraînant derrière lui alors qu'il commença à filer dans les ruelles tandis que la voix de l'autre femme les poursuivait, Galahad n'avait pas songé aux défauts de son plan, tout comme il avait oublié qu'il ne s'était pas présenté, il fallait tourner tout cela à son avantage ! Après quelques minutes de course effrénée, les deux jeunes gens purent enfin s'arrêter puisque les gardes avaient été semés, mais ils s'étaient grandement enfoncés dans les ruelles de la ville. Il lâcha la main de la blonde avant de baisser les yeux d'un ton d'excuse.

     ▬ Je suis... Désolé. Cette femme est une mégère, je craignais qu'elle ne vous accuse de mes fautes, je ne souhaitais pas vous attirer d'ennuis. »

     Restait à espérer qu'elle allait faire un enchaînement d'idées et surtout qu'elle connaissait la réputation de cette femme. Il regarda autour de lui, légèrement essoufflé d'avoir couru aussi rapidement sans s'y être préparé, puis il se posa finalement le dos contre le mur d'une maison derrière lui. Quelques secondes de silence, puis il esquissa un sourire d'excuse en hésitant, volontairement, à la regarder.

     ▬ Si vous n'êtes pas trop en colère, je puis ma racheter en vous remettant sur votre chemin... ? Où voulez-vous aller ? »

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