Echo des Plaines : Chapitre VII ▬ Le Retour d'Inasmir


 
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 Human Nobility (pv. Dreann Aronwë)

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Scarlett de Vinter

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MessageSujet: Human Nobility (pv. Dreann Aronwë)   Ven 09 Déc 2011, 10:55

Le liquide épais gouttait lentement dans l'alambic, sa couleur, son aspect malsain comme constant rappel de sa dangerosité. Scarlett, méfiante, ne le quittait pas des yeux, suivant du regard chacune des gouttes grasses ruisselant le long du verre. Le venin d'Arachne était une denrée rare, extrêmement précieuse qu'elle avait payée une fortune et elle ne comptait pas en perdre la moindre parcelle. Ses yeux clairs dissimulés par des verres de protection, elle avait décidé d'occuper une partie de sa journée à distilller ses ingrédients et à préparer ses mixtures en attendant la venue de son invité du jour. Une visite informelle destinée uniquement à confirmer l'identité de l'assassin du jeune chevalier Margan. Dreann Aronwë était désormais seul à pouvoir lui fournir les informations dont elle avait besoin. Elle souhaitait l'interroger à l'abri des oreilles indiscrètes, sur son territoire, là où elle pourrait contrôler les allées et venues du personnel de maison... Quelques coups discrets furent frappés à la porte, brisant sa concentration. Elle se détourna de la glande à venin pour inviter son intendant, car c'était de lui qu'il s'agissait, à entrer. L'homme sec, austère et sur lequel le flot du temps ne semblait pas avoir de prise poussa la lourde porte de bois avant de pénétrer dans le laboratoire. "Votre invité est arrivé, Ma Dame..." "Bonne nouvelle. Je m'y rends de ce pas. Pourrais-tu faire préparer une collation pour la faire porter dans la salle d'audience?" "J'ai déjà donné les ordres pour qu'elle soit préparée..." Après toutes ces années, Scarlett arrivait toujours à être surprise de la capacité de ce domestique à anticiper ses besoins pour lui faciliter les choses. Se fendant d'un de ses rares sourires réellement franc, elle attrapa les mains de son vieux serviteur pour les serrer dans un geste chaleureux. "Merci, Theirn. Je me demande ce que je ferai sans vous." "Oh comme votre oncle, Ma Dame, vous seriez sans doute tombée en poussière." L'assassin éclata de rire avant de concéder la véracité de ses propos. Ôtant lunettes, gants et tablier de cuir, elle retrouva son allure habituelle de jeune Blasonnée bien sous tous rapports que tous lui connaissait. "Pourrais-je te demander de superviser la fin de la distillation?" "Ne vous inquiétez pas, je veille au grain." "Merci. Je m'en vais rejoindre notre invité. Le faire attendre plus serait malvenu."

Elle sortit de son laboratoire pour se diriger vers les escaliers menant vers la salle d'audience. Son trajet devait lui faire travailler les vastes corridors de la forteresse qui, malgré leur lambris, leurs tapis et leurs tapisseries avaient conservé leur aura militaire hérité de leurs concepteurs. Scarlett avait parfois eu envie de faire percer de plus grande fenêtre de faire entrer plus de lumière mais en ces temps troublés la moindre modification de l'architecture risquait de lui coûter la vie et ces dispositions avaient leur utilité. Elle avait presque atteint l'escalier lorsqu'elle s'aperçut qu'elle était suivie... Le chaton avait du rentrer par une des fenêtre ouvertes qui permettait de faire entrer un peu de chaleur dans les couloirs où la température était certes toujours constante, mais généralement plutôt fraîche. Lorsqu'il s'aperçut qu'il avait été découvert, l'animal eut une réaction véritablement surprenante. Au lieu de s'enfuir, il se précipita vers elle avec un petit miaulement, petit fauve noir aux yeux dorés plein de courage. C'est à ce moment-là qu'elle le reconnut... Les chats du manoir étaient légions, armée silencieuse qui empêchaient les rongeurs de proliférer. Pour autant, ils étaient loin d'être les animaux familiers et domestiques qu'on voyait dans certaines demeures de Blasonnés et seuls certains d'entre eux acceptaient de côtoyer les humains de près, sans parler de se laisser manipuler comme celui-ci semblait aimer. Il devait sans doute descendre des lignées de félins arrivés en même temps que sa famille. Le récupérant sur le sol, elle le prit dans ses bras. "Bien, petite chose. Allons voir notre invité." Pressant le pas, elle rejoignit le jeune chevalier que son intendant n'avait pas manqué de faire installer dans une des salles d'apparat du manoir. Ouvrant la porte, elle le découvrit...

S'avançant vers le jeune homme, elle se fendit d'une révérence. "Bonjour Dreann. Je vous prie de m'excuser pour ce retard. J'espère que mon invitation n'aura pas trop perturbée votre emploi du temps". Elle lui désigna un des sièges confortables qui meublaient la pièce. "Asseyez-vous, je vous en prie. J'ai pris la liberté de commander une collation à mes cuisiniers. Si vous le voulez bien avant qu'elle arrive pourriez-vous me faire un rapide résumé de l'incident qui a coûté la vie au jeune Margan..." Considérant qu'elle se devait de montrer l'exemple à son interlocuteur, elle s'assit sur le fauteuil en face de celui qu'elle avait précédemment montré du doigt, posant le chaton dans son giron pour le gratter à l'envi...

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Dreann Aronwë

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MessageSujet: Re: Human Nobility (pv. Dreann Aronwë)   Ven 09 Déc 2011, 23:00

L'après-midi touchait à sa fin et la douce lumière orangée du soleil traversait le feuillage des arbres centenaires qui couvraient la quasi-totalité du parc du Manoir des de Vinter. L'endroit en était sublimé, et pourtant c'est d'un pas pressé que Dreann le traversa, sans même prêter attention à la beauté du lieu retrouvée en même temps que l'été. Le chevalier suivit le majordome des De Vinter qui le guida jusqu'à l'entrée du manoir à l'allure de forteresse dans lequel Dreann avait déjà eu l'occasion de mettre les pieds auparavant, notamment lorsqu'il accompagnait Blake de Vinter, son meilleur ami, ou qu'il devait rendre visite à Scarlett de Vinter à qui il devait parfois faire un rapport. C'était la raison de sa présence aujourd'hui. La veille, il avait reçu une missive de la part de la conseillère du Roi qui l'avait invité - ou plutôt convoqué, du moins c'était comme ça que Dreann le voyait - à lui raconter la triste nuit qu'il avait vécu il y a deux jours de cela, et durant laquelle il avait perdu son coéquipier. Le récit des évènements, il l'avait déjà fait au Roi en personne et ce dès son retour au palais, si bien que le chevalier ne doutait point que Scarlett, en bonne fouine qu'elle était, avait déjà pris connaissance de ce qu'il s'était passé cette nuit-là. Alors quoi ? Que voulait-elle savoir de plus ? Lui n'avait rien à ajouter, en tout cas. Clairement, la perspective d'avoir à répéter les mêmes mots qu'il avait déjà prononcés devant le Roi l'agaçait au plus haut point, d'autant plus qu'il n'en voyait nullement l'intérêt. Peut-être cherchait-elle à le confondre, à démasquer un éventuel mensonge dans son rapport ? Il avait peine à croire que cela puisse être le cas, pourtant c'était la seule raison qui lui venait à l'esprit et, à force de lui tourner encore et encore dans le crâne, il avait fini par s'en convaincre à moitié.

Le majordome guida Dreann jusque dans un des salons du Manoir, l'invitant à y attendre son hôtesse. Depuis son altercation avec Tanith et la mort de Margan, le jeune homme était en proie à l'énervement beaucoup plus facilement qu'à l'accoutumée, si bien que le simple fait d'avoir à attendre lui était déjà suffisamment désagréable pour le convaincre de son mauvais pressentiment au sujet de cette entrevue. Faisant les cent pas en attendant la jeune femme, Dreann pensa: après tout, il connaissait assez Scarlett de Vinter, notamment à travers les discussions qu'il avait parfois avec le frère de cette dernière, pour savoir qu'elle n'était pas la dernière des imbéciles et que, de sa part, il pouvait s'attendre à plus qu'une simple formalité. Dreann n'était pas en excellent terme avec la conseillère du Roi, mais il ne la détestait pas pour autant - pas encore du moins -, bien que les relations tendues qu'elle entretenait avec son propre frère interdisaient tout rapprochement, aussi léger soit-il, entre Dreann et elle. Néanmoins, depuis la disparition de Léonie, le chevalier s'était arrangé pour obtenir la coopération de Scarlett quant à la recherche d'Elvire et de l'assassin qu'elle protégeait. Pouvait-il se permettre de s'attirer les foudres de la conseillère et risquer ainsi de perdre une de ses meilleures chances de mettre la main sur les deux fugitifs ? Il en doutait maintenant et cette perspective suffit à le calmer un peu, le mettant dans d'un peu moins mauvaises dispositions. Soudain, interrompant les aller-retour incessants de Dreann que l'attente poussait à virevolter ci et là, la maîtresse de maison fit son entrée dans le petit salon, se fendant en une révérence avant de saluer son invité.

« - Dame de Vinter ... » lâcha Dreann après s'être largement incliné. « - Mon emploi du temps, depuis le combat d'il y a deux nuits, s'est étrangement vu bien allégé. En d'autres termes, j'ai à vous consacrer tout le temps que vous désirez. »

Aussi décidé fut-il à ne pas laisser transparaître son agacement, Dreann ne put s'empêcher de faire remarquer son étonnante disponibilité depuis les événements pourtant extrêmement préoccupants auxquels il avait assisté. À vrai dire, il ne comprenait pas pourquoi il n'avait pas encore reçu d'ordres de mission lui demandant de partir le plus vite possible pour la forteresse de Mogaror où devait probablement se terrer maintenant cette sorcière qu'il avait combattu du mieux qu'il avait pu, la blessant mortellement peut-être. Le chevalier suivit l'initiative de son hôtesse et prit place au creux du fauteuil que lui avait indiqué la jeune femme.

« - J'ai déjà fait mon rapport à Sa Majesté le soir même de " l'incident " : nul doute qu'une conseillère avisée comme vous l'êtes a déjà pris connaissance du récit que je lui ai tenu. Je n'ai omis aucune information. » Le jeune homme marqua une pause et ajouta: « - Et mon récit n'a évidemment pas changé. » Un silence flotta quelques instants, puis, pensant devancer les propos de son interlocutrice, Dreann reprit: « - Néanmoins, loin de moi l'idée de vouloir décevoir votre curiosité, Dame de Vinter. Aussi tâcherai-je de faire court. »

De toute manière, il savait que Scarlett aurait insisté et qu'il aurait fini par devoir se plier à sa volonté: bien que le rang de la jeune femme ne lui soit pas foncièrement supérieur, il devinait sans peine l'influence qu'elle exerçait auprès du souverain de Lanriel et il n'avait pas envie que de mauvais échos ne parviennent à ses oreilles. Ainsi, le chevalier s’interrompit quelques secondes afin de réunir une fois encore ses souvenirs, puis il commença son récit:

« - Sa Majesté nous avait confié, à moi et à Sire Margan, la mission d'enquêter sur l'intruse qui, vous en avez sans doute eu vent, s'était introduite dans le Palais royal il y a de cela quelque temps. Nous avons remonté la piste d'une jeune femme correspondant à la description qui nous en avait été faite par les gardes qui l'avaient surprise, et ce jusqu'à un vieil entrepôt abandonné dans le quartier d'Unigol. Sire Margan et moi avons décidé de pénétrer dans le bâtiment par les deux entrées, l'une à l'étage, l'autre au rez-de-chaussée, et ce afin d'éviter toute tentative de fuite. J'étais en bas quand j'ai entendu mon compagnon interpellé quelqu'un et, l'instant d'après, il était propulsé jusqu'en bas. La suspecte pensait surement qu'il était seul car elle aussitôt descendu à son tour, et j'ai pu la tenir en respect, la pointe de ma lame logée contre sa gorge. J'ai cherché à en savoir plus sur son identité et elle n'a pas hésité à me donner les réponses que je voulais: elle a dit s'appeler Tanith et venir de Mogaror, la vieille forteresse abandonnée. Pendant ce temps, Margan agonisait. J'avais un choix à faire. J'ai choisi de poursuivre la mission. » Dreann fit une courte pause et reprit: « - J'ai donc cherché à l'emmener avec moi, la poussant à avancer du bout de mon épée. Tout se déroulait bien jusqu'au moment où nous avons passé le pas de la porte. Elle est parvenue à se défaire légèrement de mon emprise, je l'ai vue préparer un sort et c'est à ce moment que mon épée s'est logée quelque part dans son ventre. Je pense qu'elle est gravement blessée, peut-être même morte à l'heure qu'il est. En tout cas, elle a réussi à réunir assez de force pour faire s'écrouler un bout du mur, juste devant moi. Quand j'ai réussi à sortir, elle avait disparut. » dit-il, le poids de l'échec trouvant toujours écho dans le son de sa voix. « - Après ça, j'ai traîné Margan comme je l'ai pu jusqu'au palais où il est décédé peu de temps après. Il aurait surement pu être sauvé, si j'en avais fait le choix.» avoua finalement Dreann.

Un nouveau silence précéda ce torrent de mots dans lesquels on pouvait encore percevoir les divers et vifs ressentiments qui animaient encore le chevalier, que ce soit envers cette Tanith ou bien lui-même. Son regard qui, durant tout le long de son rapport était resté fixé droit dans celui de Scarlett, s'autorisa à bifurquer brièvement ailleurs, sur le chaton que caressait la conseillère du Roi, avant de revenir sur cette dernière. Le jeune homme soupira, un peu las, et dit:

« - Ce récit entendu de vive voix vous satisfait-il, Ma Dame ? » demanda-t-il, à peine sarcastique.

Les mots qu'il avait employés n'étaient peut-être pas tout à fait les mêmes, mais le contenu était sensiblement identique au rapport qu'il avait déjà fait au Roi, si bien qu'il se demandait maintenant quelle suite Scarlett avait prévue à ce petit entretien. Elle avait parlé d'une collation, pourtant Dreann s'attendait à tout sauf à discuter de banalités autour d'une tasse de thé.

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Scarlett de Vinter

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MessageSujet: Re: Human Nobility (pv. Dreann Aronwë)   Ven 16 Déc 2011, 14:38

Scarlett n'avait pas invité Dreann pour le plaisir de sa compagnie. Elle ne l'appréciait pas plus que ça et à vrai dire sa présence faisait remonter chez elle de douloureux souvenir. Le jeune chevalier était un constant rappel de son enfance peu commune et de ses mauvaises relations avec son seul parent encore en vie. Mais en tant qu'assassin, elle se devait de ne pas se contenter des rapports entendus de façon indirecte même si ces récits sortaient de la bouche du souverain en personne. Aussi son mouvement d'humeur fut-il particulièrement mal venu... Blake et lui partageaient cette arrogance qu'elle avait tant de mal à supporter. Son attitude précédemment particulièrement avenante et destinée à le mettre à l'aise se durcit. Ainsi donc il voulait se comporter comme un parfait butor... Soit, il aurait affaire à l'assassin en lieu et place de la jeune diplomate. Le bleu porcelaine de ses yeux prit des tons métalliques alors que le vernis policé dissimulant les côtés les plus obscurs de sa personnalité s'écaillait pour laisser filtrer cette femme que si peu de monde avait l'habitude de côtoyer. "Cessez de vous comporter comme un enfant, Dreann. Je ne vous ai pas demandé de venir ici pour subir votre cynisme. Je sais parfaitement qu'un chevalier est mort et si je voulais votre témoignage, il s'agissait de confirmer mes soupçons sur cette Tanith. J'ai rencontré cette sorcière renégate une première fois à Cathairfál, probablement avant son irruption au château et une deuxième fois lorsque le Conseil m'a envoyé jouer les ambassadrices à la fête de Beltane au cours de laquelle je la soupçonne d'avoir été à l'origine de l'attaque menée contre la phalange de garde détachée à mon service par Sa Majesté. Vous serez peut-être ravi de vous découvrir le point commun de me trouver très énervante. Nous allons jouer cartes sur table puisque vous semblez en éprouver le désir. À chacun de mes entretiens avec cette femme elle s'est montrée particulièrement curieuse de la présence ou de l'absence des membres de la famille royale. Et il ne fait aucun doute qu'elle n'est pas uniquement entrée dans l'enceinte du palais dans le seul but de vous dérober votre monture..." Elle marqua une pause, interrompue dans son monologue par l'ouverture de la porte qui laissa passer une servante chargée d'un plateau rempli de victuailles qu'elle posa sur la table avant de battre en retraite voulant probablement échapper à l'ambiance tendue. Voulant éviter d'exploser d'une façon peu mature, Scarlett se tourna vers les denrées pour se servir une tasse de thé avant de retourner son attention vers Dreann, tentant tant bien que mal de se calmer pour se recomposer un visage impassible. Se battre comme deux chiens autour d'un os ne ferait pas avancer les choses et le roi n'avait pas besoin d'un conflit larvé ou non entre son assassin et l'héritier d'une famille Blasonnée qui était également un homme de confiance...

Elle se reprit. "Pardonnez-moi, je n'aurais pas du réagir ainsi. Cette situation est aussi inconfortable pour vous que pour moi et je le comprends. Cette Tanith met en péril tout ce pour quoi nous nous battons tous les jours et ne pas la savoir morte n'est pas rassurant." C'était la déclaration la plus raisonnable qu'elle puisse faire en la matière. Elle ne pouvait pas publiquement avouer que Tanith l'effrayait affreusement. Que chaque sorcier ou être doté de magie était désormais devenu un ennemi potentiel. Le mot Héritier était sur toutes les lèvres et la simple pensée que cette magicienne ait pu les rejoindre était une perspective tout bonnement pétrifiante. Parfois son statut de singulière était à l'origine de frustrations effroyables qui se soldaient généralement par des insomnies au cours desquelles elle hantait les couloirs de sa demeure en tournant et retournant les différents problèmes du moment. "Une intervention du Sanctuaire d'Odhra serait plus que bienvenue mais nous ne pouvons pas leur ordonner de donner la chasse à une de leurs semblables sans une raison valable. Votre témoignage en la matière est capitale. Et la mort du chevalier Margan pour tragique qu'elle soit s'avérera sans doute utile pour décider les Sorciers à agir à l'encontre de cette femme." Elle posa sa tasse d'un geste négligent, ignorant le léger tintement de la porcelaine contre la soucoupe. "Seriez vous capable de décrire cette Tanith? De la reconnaître dans la rue en pleine journée? De l'identifier au premier regard? Voilà toute les questions que nous devons nous poser. Je ne suis pas une personne dont le propos est recevable en société et vous le savez aussi bien que moi..." Evoquer aussi librement son statut d'assassin non officiel était peut-être imprudent mais baste, Dreann n'ignorait rien de ce que la soeur de son ami d'enfance et de ses fonctions particulières. "Par nature, je ne suis ni un juge, ni un témoin valable. Par nature je suis un bourreau. Et on ne peut envoyer personne pour tenter de mettre fin à ses exactions sans le sacrifier en toute connaissance de cause. C'est pour cette raison plus que pour une autre que je vous ai invité aujourd'hui. Reste à savoir si vos souvenirs sont suffisamment précis pour aider Sa Majesté. Sinon qu'Eydis nous préserve car nous allons au devant de graves ennuis." Considérant qu'elle avait de son côté avancé tous les arguments valables pour inciter le chevalier à coopérer avec elle, elle se plongea dans un silence attentif, attendant sa réponse...

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Dreann Aronwë

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MessageSujet: Re: Human Nobility (pv. Dreann Aronwë)   Ven 23 Déc 2011, 00:52

Dreann soupira. Pas par ennui, la situation ne manquait certainement d'intérêt à ses yeux, mais de résignation. Il savait qu'elle avait parfaitement raison, qu'il ne pouvait s'abaisser au sarcasme, pas dans cette situation pas plus que dans une autre. La position et le rang de Scarlett de Vinter ne le lui permettaient, d'ailleurs son propre nom le lui interdisait. Les Aronwë, sans être tout à fait innocents dans divers évènements peu glorieux qui jonchent le passé de ce royaume, n'avaient pas la réputation d'être de ces familles dont la diplomatie se résumait à une défiance perpétuelle des personnes avec qui elles traitent. Il n'avait pas envie d'être comme ça et, s'il avait bien failli le venir à un moment de sa vie, il avait su vite se ressaisir. Ainsi son regard changea quelque peu, devint moins animé, s'ancrant dans ceux de son interlocutrice. Il ne l'avait jamais apprécie outre mesure, elle non plus, pourtant il savait qu'elle était l'une des plus proches, si ce n'est la plus proche, conseillère du Roi et parmi ses plus loyaux aussi. Il n'avait pas à la considérer autrement que par cet état de fait.

« - Vous avez raison, veuillez m'excuser. Seulement, il y a la mort de Margan et ... » Il ferma les yeux un instant, comme pour retenir sa phrase avec plus d'efficacité. « - Qu'importe. Nous n'avons pas besoin de nous tromper d'ennemi, nous le savons tous deux, soyez-en certaine. »

Dreann se saisit à son tour d'une petite tasse où avait été versé du thé à son attention. Prononcé ces quelques mots ne lui avaient pas coûté si cher que ce qu'il aurait pu le penser, et il espérait que cela suffirait à remettre cette discussion dans un registre qui était plus digne au rang qui était le leur. Et puis, après tout, ce n'était pas tous les jours dans sa vie de soldat qu'il avait l'occasion de s'arrêter une heure ou deux pour discuter autour d'une tasse de thé, peut-être valait-il mieux voir ce petit interrogatoire - car Dreann n'oubliait pas qu'il s'agissait de cela avant tout - comme une pause bienvenue dans ce quotidien qui avait tendance à ne lui laisser aucun répit. Il but une gorgée avant de ramener son attention vers Scarlett qui lui avait fait part de ses inquiétudes et il parut clair au chevalier qu'il ne sortirait pas du Manoir des De Vinter plus rassuré qu'avant.

« - Ainsi vous pensez qu'elle cherche à approcher le Roi ou sa famille ? Si c'est effectivement le cas, il serait mal avisé de se tromper sur les raisons qui la motivent ... Au cours de notre enquête, Margan et moi-même n'avons pas eu un mal fou à remonter sa trace. Cathairfal a des yeux et des oreilles, et ils n'appartiennent pas tous au Roi, ni même à vous, malheureusement. En tout cas, en posant les bonnes questions, on a appris qu'elle avait quitté plusieurs fois la ville ces dernières semaines. Les sorciers ont peut-être une idée d'où elle se cache. Ou un quelconque bidule magique à même de nous indiquer une direction, qui sait ?»

Dreann sembla avoir comme un moment d'hésitation. À vrai dire, il n'était pas certain que l'aide du Sanctuaire d'Odhra ne soit nécessaire, à peine souhaitable. Sa méconnaissance des races autres que celle des Singuliers le poussait à se méfier et cela même s'il n'avait rien contre aucune d'entre elles. En fait, il avait toujours plus ou moins pensé que la plupart d'entre eux n'étaient pas fiables dans la mesure où leur loyauté allait avant tout à leur ordre, ce qui ne le dérangeait pas plus que ça mais qui, selon lui, les empêchait de servir efficacement la royauté. De plus, il avait lui-même une bonne idée de la direction dans laquelle il serait bon de chercher, pourtant il ne parvenait pas à se convaincre d'en faire part à la conseillère du Roi. Après tout, cela serait peut-être mal venu. De toute façon, la jeune femme semblait être intéressée par autre chose encore:

« - La réponse est oui. Son visage est gravé à jamais dans ma mémoire. Ce n'est pas la première fois que je traque un fugitif, vous savez, et retenir un nom, une image ou une voix fait partie des choses auxquelles j'ai été entraîné. » dit-il en réponse à la question de Scarlett, avant de continuer. « - Alors oui, je suis prêt à l'identifier, à vous la décrire, à faire ce que vous voulez pour qu'elle soit arrêtée et qu'elle reçoive le châtiment qu'elle mérite ... » dit-il le plus sincèrement du monde.

Pouvait-il vraiment la dissimuler, cette envie de revanche qui l'animait alors qu'il prononçait le mot de châtiment ? Il savait bien que non, c'était bien trop évident, et à plus forte raison quand il parlait à quelqu'un qu'il devinait rompu à ce genre de conversations, probablement capable de déceler le mot qui trahit, le regard qui montre tout ... C'était vain, il fallait qu'il lui dise le fond de sa pensée, qu'il avoue ce qu'il espérait réellement de cette entrevue. Il savait qu'il ne supporterait pas de ne pas avoir essayé, il ne pouvait pas admettre que l'on lui vole sa vengeance, sa responsabilité, sa dette aussi, car c'était bien une dette qu'il avait maintenant à régler, et rien d'autre. Comment ferait-il pour s'en dédouaner, si c'était les sorciers qui se chargeaient de Tanith ? Pire, s'ils rataient leur coup ? Et puis, quelque part, il savait que porter et affronter ce nouveau fardeau contribuerait à le fortifier face à cet autre poids qui le pesait toujours ...

« - Écoutez, il est inutile que je me taise plus longtemps. Je vois bien les raisons qui vous poussent à souhaiter l'intervention du Sanctuaire auprès de cette sorcière, mais ... » Il cherchait encore à tourner autour du pot, il dit alors franchement: « - Convainquez le Roi de me laisser diriger l'arrestation de la meurtrière, ou au moins à y participer ! »lâcha-t-il finalement, avant de reprendre sur un ton plus adapté: «- Comprenez-moi bien, je ne suis pas favorable au sang répondant au sang, aussi la volonté qui m'anime est simplement d'apporter la justice royale, ce qui est le rôle de tout chevalier. Margan était un compagnon, un chevalier, il appartient donc à plus forte raison encore que la justice soit apportée par ceux de son ordre, ses frères d'armes. Avec l'aval des sorciers, bien sûr, mais c'est tout. Je ne comprends pas comment pourrait-il en être autrement ? Je ne comprends même pas pourquoi les directives n'ont pas encore été données ... » dit-il, sans animosité, marqué par l'incompréhension. « - Vous pensez qu'il ne s'agit que de moi, pas vrai ? Peut-être. Un peu j'imagine. Pourtant, je suis tout à fait en mesure de le faire, et de la bonne manière. Cette femme n'a pas hésité à assassiner un chevalier, elle sait probablement ce qui l'attend, elle ne se rendra pas, ni par remords ni sur la demande des sorciers. Il faut que nous allions la chercher, que des soldats y aillent, qu'elle soit arrêtée et jugée par Sa Majesté. » Il fit une autre pause, réfléchissant avant d'avouer: « - De plus, je pense qu'elle a déjà quitté la ville, qu'elle se terre dans une région proche. Ses allers-retours fréquents le prouvent. Elle a dit s'appeler Tanith Ruane de Mogaror. Pourquoi se revendiquerait-elle de cet endroit ? Personne n'y réside plus depuis une éternité, c'est une ruine oubliée des chemins. Je ne prétends pas être certain qu'elle y soit retournée, d'ailleurs entreprendre un voyage dans son état me paraît une mauvaise idée, mais, à moins que vous ne m'ayez pas tout dit, c'est la seule piste que l'on a et elle vaut sans doute que vous vous y intéressiez ... »

Dreann avait terminé son monologue. Il était à court d'arguments. Il savait que l'idée avait surement déjà traversé l'esprit de Scarlett et que, puisque les chevaliers n'étaient toujours pas sur le pied de guerre, elle avait surement été rejetée pour une quelconque raison. Se déclarer ne convaincrait peut-être pas la jeune femme d'adopter sa solution, mais il en apprendrait peut-être plus sur les raisons d'un refus.

« - Il est évident que je m'en remettrai à la décision du Roi, mais j'aurais souhaité que vous m'appuyiez dans ma demande. Il vous écoutera, vous. »

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Scarlett de Vinter

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MessageSujet: Re: Human Nobility (pv. Dreann Aronwë)   Ven 30 Déc 2011, 11:42

Le changement complet dans l'attitude de Dreann provoqua chez Scarlett un retour au calme immédiat. Elle n'avait jamais considéré le jeune homme comme une menace et seul son cynisme avait entraîné une levée de bouclier chez l'assassin. La tension disparut presque totalement de sa posture et les restes d'inquiétude concernant cette entrevue était désormais la seule conséquence du danger qui rôdait à la périphérie de la famille royale. En parler avec un autre Blasonné, une personne dévouée aux Hardansson, quelqu'un à même de garder une attention constante à la sécurité du souverain et de ses héritiers contribuerait sans doute à alléger un peu le poids de son fardeau. Le chevalier avait de plus infligé une défaite suffisamment cuisante à la sorcière pour qu'elle se méfie de lui. L'assassin pensa avec cynisme que si ils avaient de la chance, elle voudrait d'abord se venger avant d'assouvir ses instincts meurtriers sur ses cibles primaires ce qui laisserait le temps à la Garde Royale et aux alliés de Cathairfál de mettre en place une défense suffisamment efficace pour contrer les pouvoirs d'une magicienne du premier ordre. Elle posa une main conciliante sur celle de son interlocuteur, consciente qu'elle n'avait pas eu à traverser les épreuves qui avaient touché la capitale pendant son voyage aux célébrations de Beltane. "Ne vous en faites pas. Je comprends tout à fait. La décennie écoulée n'a été simple pour personne et le retour de la bénédiction d'Eydis ne peut pas effacer toutes les tragédies que nous traversons. J'aurais du savoir me maîtriser moi-même. Veuillez accepter mes excuses."

Elle l'écouta faire son rapport concernant l'enquête qui l'avait mené, lui et son acolyte, à cette fameuse nuit glacée au cours de laquelle la sorcière avait commis le meurtre qui lui vaudrait probablement la corde. Dans le meilleur des cas. Dans le pire, ce serait la population de la capitale elle-même qui la trouverait et là, Scarlett ne pouvait garantir qu'elle eut un jugement équitable. Ou un jugement tout court. Au cours des dernières semaines, elle avait elle aussi entendu des rumeurs d'une personne versée dans l'occulte semant le trouble dans Cathairfál mais son voyage à Tearmainn et ses attributions à la Cour ne lui avait pas laissé le loisir d'approfondir ses recherches. Avoir croisé Tanith à la fête de Beltane avait finalement été particulièrement providentiel, sans quoi elle eut été obligée de s'en tenir à des conjectures sur les buts et sur l'identité véritable de cette sorcière. Se proclamer aussi ouvertement issue de Mogaròr prouvait l'arrogance de cette femme. Son absence de crainte totale pour l'autorité royale. Et le meurtre de Margan attestait du sérieux de ses prétentions... Dreann n'était pas un novice en matière de recherche de fugitif aussi Scarlett ne doutait-elle pas de sa capacité à se créer un réseau d'informateurs compétents ou à utiliser les ressources de la capitale à sa disposition. En revanche, elle doutait grandement de la capacité des Sorciers à les renseigner sur les mouvements de la renégate. Le Sanctuaire des Mages n'avait aucun intérêt à laisser ainsi divaguer une meurtrière et il ne faisait nul doute qu'ils auraient probablement chercher eux-mêmes à la capturer si ils avaient eu vent de ses actes. La mention d'un 'bidule magique' la fit sourire. "Je ne pense pas que le palais ou le sanctuaire dispose d'un limier occulte sous quelque forme que ce soit. Sans quoi notre travail à tous en serait grandement facilité et nous n'aurions plus aucune utilité. Nous serions deux fossiles, mon pauvre ami. Mais ma rencontre avec Tanith prouve que vous ne l'avez pas tuée et qu'elle erre à présent en Lanriel à la recherche d'une nouvelle façon d'atteindre son but..." Il ne fallait pas négliger pour autant que la blessure avait été grave et que les êtres grièvement atteints se réfugiaient de manière prioritaire dans leur tanière d'origine. Pour cette raison, Scarlett aurait probablement proposé de commencer les recherches par Mogaròr mais l'hypothèse que Tanith y eut établi son quartier général apparaissait désormais comme grandement improbable. Et envoyer une expédition dans ses maudits marais revenaient à risquer de manière inconsidérée la vie des hommes du Roi. Pourtant, il faudrait bien un jour qu'on se risque à pousser la guerre jusque dans l'ancienne antre de Vorlun. On pourrait peut-être même y trouver la solution à ce problème récurrent d'attaques nocturnes. Préférant repousser ce problème à plus tard, elle écouta Dreann déclarer qu'il serait un témoin fiable, évoquant sa détermination à aider la capture et le jugement de la meurtrière. La suite de son discours en revanche devint rapidement problématique pour l'assassin.

Il voulait la retrouver. Être celui qui la capturerait et la ramènerait à la capitale pour y subir le jugement de ses actes iniques. Inutile pour Scarlett de chercher plus loin la motivation d'une telle démarche. Venger la mort de son camarade suffisait amplement. Mais plutôt que de se gorger de sang, Dreann cherchait à la livrer à la seule Justice qui lui paraissait raisonnable. Ses intentions et les moyens de parvenir à ses fins étaient louables mais la jeune femme avait pourtant préconisé le contraire auprès du souverain quelques jours plus tôt. Dreann voyait ses devoirs là où l'assassin voyait son ascendance. Soudain nerveuse, elle se mordit la lèvre. Non décidément elle ne pouvait appuyer une telle demande. C'était de toute façon parfaitement déraisonnable. Si elle l'aidait à faire partie d'un tel corps expéditionnaire, elle avait toutes les raisons de croire qu'il ferait partie de ceux qui reviendraient dans un linceul. Une sorcière du Premier Ordre n'était pas un adversaire à prendre à la légère et même si elle était persuadée qu'il connaissait le danger, sa demande prouvait qu'il s'y exposerait une deuxième fois sans se poser plus de questions que la première. "Dreann, ce n'est vraiment pas raisonnable. Admettons un instant que vous parveniez à convaincre le roi de vous laisser prendre part à une telle folie. Vous savez parfaitement qu'une telle chasse tiendrait de la mission suicide" Elle fit une pause, se préparant à utiliser une technique particulièrement lâche même de son point de vue. "Pensez à vos parents. Ils ont déjà perdu Léonie. Je ne peux me résoudre à leur imposer le deuil d'un enfant une seconde fois." Elle espérait que l'argument atteindrait son but et que le chevalier comprendrait la position délicate dans laquelle la couronne se trouvait vis à vis des Aronwë. "Quant à envoyer des hommes à Mogarór... Ce serait de la folie. L'expédition qui ramènera Tanith sera probablement une coalition entre le Sanctuaire et Cathairfál. Et il serait sans doute bon d'y adjoindre la présence d'une Inquisitrice. Mais même dans ces conditions, je doute que nombre d'entre eux reviennent." Elle espérait que ses arguments eussent atteint leur but même si elle doutait sincèrement que Dreann n'y soit sensible.

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MessageSujet: Re: Human Nobility (pv. Dreann Aronwë)   Mar 17 Jan 2012, 15:28

La tension était retombée entre les deux jeunes gens, pourtant Dreann ne pouvait s'empêcher de noter la pesanteur qui régnait dans la pièce. Il savait qu'il n'y était pas pour rien, ou plutôt que sa demande d’appui à la conseillère royale n'avait pas aidé à rendre la conversation un peu plus légère. En effet, le jeune homme avait pleinement conscience que sa demande n'avait rien de très ordinaire, à plus forte raison venant de lui qui, de par son profond respect de l'ordre établi, n'avait jamais approché ni le Roi ni ses proches pour leur demander quelques faveurs que ce soit. Aujourd'hui, c'était ... différent. À vrai dire, le jeune homme croyait avoir l'impression de pouvoir ressentir le danger qui s'approchait peu à peu de Lanriel et de la famille régnante à laquelle il avait juré fidélité. Pouvait-on lui donner tort ? Les attaques nocturnes se faisaient de plus en plus appuyées et la présence à Cathairfal d'une sorcière prête à s'en prendre au Roi et à ceux qui le représente ne pouvait inspirer guère d'optimisme à quiconque. En attendant, le seul moyen qu'avait trouvé Dreann pour agir comme il pensait avoir à le faire, c'était d'obtenir l'aide de cette femme dont il pensait, à tord peut-être, ne deviner que partiellement l'influence réelle. Évidemment, il savait qu'il serait difficile de la convaincre, mais ça lui semblait être la seule solution envisageable. Ainsi, il ne fut pas surpris de sa réponse, bien que légèrement exaspéré devant les arguments qu'elle avança.

« - Par pitié, ne me réduisez pas au rôle de l'enfant Aronwë. Je suis un chevalier avant tout et mes parents ont toujours fait en sorte que ce soit ce que je devienne. » affirma Dreann. « - Léonie, c'était différent. Elle n'a pas fait le choix de risquer sa vie. On la lui a prise. » Il se tut un instant, puis reprit: « - Alors quoi ? Vais-je être condamné à rester cloîtré au Palais, à la protection de je ne sais quel noble ou à Eydis seule sait quelle tâche ingrate, simplement parce que mes chers parents ont déjà perdu l'un de leurs enfants ? »

Il se leva de son siège, se risquant à aller jusqu'à la fenêtre qui donnait sur le parc par lequel il était arrivé. Sans s'en rendre tout à fait compte peut-être, Scarlett avait touché un point sensible. Pas la mort de Léonie, car il avait fait son deuil et, s'il ne pourrait jamais effacé cette douleur qui le déchirait à chaque évocation de son nom, il était en mesure de supporter qu'on lui parle d'elle. Non, ce dont il avait effectivement peur, c'était de mourir et d'infliger un second supplice à ses parents. Pourtant, il était fermement décidé à exercer son devoir comme il l'avait toujours fait, avec la même implication et donc, en prenant les mêmes risques. Le jeune homme se retourna vers Scarlett, reprenant la parole.

« - Je suis capable de mener cette expédition. Je l'ai déjà prouvé, mais, si c'est mon nom qui vous pose problème, je me contenterai d'y participer. » dit-il, souhaitant faire comprendre à la conseillère qu'il ne faisait pas cela pour la gloire, mais bien par sentiment du devoir. « - Vous pensez que nous perdrons des hommes ... peut-être. Mais, combien en perdrons-nous alors que, l'ayant laissé récupéré de sa blessure, elle reviendra à Cathairfal, se remettant à décimer gardes et chevaliers qu'elle attaquera par surprise, sans que ceux-ci ne puissent rien y faire ? Vous ne pouvez pas lui abandonner l'avantage de la surprise plus longtemps. »

Après tout, pour l'instant, il ne s'agissait que de quelques soldats tués en service, c'est vrai, mais que se passera-t-il quand l'existence d'une sorcière prête à tuer tous ceux qui s'opposeront à elle éclatera au grand jour du fait des attaques répétées ? Dreann ne doutait pas que Tanith repasserait à l'action aussitôt que sa blessure sera soignée, si bien qu'elle n'aura qu'à revenir à Cathairfal et reprendre ses méfaits là où elle les avait laissés. Au contraire, si l'affrontement était porté sur "son" territoire, elle ne bénéficierait plus de l'immensité de Cathairfal pour pouvoir se dissimuler de ses adversaires pour mieux les surprendre par la suite. Bref, autant dire que le chevalier était persuadé du bienfondé de sa démarche, pourtant il comprenait la réticence de Scarlett:

« - Écoutez, je comprends que vous êtes dans une position délicate, mais, selon moi, lui laisser le loisir de ce petit jeu du chat et de la souris ne fait rien pour arranger les choses. Nous devons reprendre l'initiative. » Puis, ayant terminé d'exposer ses arguments, Dreann demanda: « - N'y a-t-il aucune chance que vous adoptiez mon point de vue ? »

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MessageSujet: Re: Human Nobility (pv. Dreann Aronwë)   Mer 18 Jan 2012, 21:45

La réponse de Dreann fut celle d'un homme floué. Scarlett s'y attendait. Ce qu'elle n'aurait pu imaginer en revanche, c'était les accents de suppliques qui vinrent teinter son discours. Il lui demandait d'oublier son sang, de séparer son nom de son identité, comme si il avait été possible d'exrtirper l'ascendance Aronwë de ses veines, comme si il avait été envisageable de le faire. Le sang et la naissance étaient deux malédictions courantes en Lanriel, elle était bien placée pour le savoir. Cette discussion était un rappel constant de sa propre situation pour ainsi dire. Elle se morigéna en silence de laisser son esprit divaguer de la sorte puis, apercevant le trouble qu'elle avait semé chez le chevalier en utilisant l'argument Léonie, s'en voulut un instant avant que son pragmatisme naturel ne reprenne le dessus. Diantre ne visait-elle pas le coeur lorsqu'elle avait prononcé ces mots? N'avait-elle pas espéré toucher une corde sensible dans le seul but de le voir oublier ce projet insensé? Raisonner avec un chevalier... Quelle idée stupide. Elle aurait du se rapelle Blake de son attitude. Les chevaliers... Nourris dès le berceau d'idéaux héroïques, farcis jusqu'à la gueule de concepts romantiques tout justes bons à faire soupirer les jouvencelles dans leurs oreilles, ils se précipitaient par régiments entiers la bouche en coeur, leur utopies en bandoulières pour se faire massacrer. Et elle avait cru remarquer que plus le résultat final était sordide, plus leur gloire posthume était grande. Comprendre leurs motivations était un vrai défi. Aucun d'entre ne voulait-il survivre? Aucun d'entre eux ne comprenait-il qu'ils étaient plus utiles vivants que morts? L'image de Blake se surimposa un instant sur celle de Dreann. Scarlett maudissait les idéalistes et les croyants exaltés. À eux seuls, ils étaient fléau aussi grand que tous les séditieux qu'abritait Lanriel... Pour autant elle se garda de faire part de ses pensées à son interlocuteur. Il n'était pas nécessaire de le braquer ou de se comporter avec lui comme avec un enfant pris en faute. Dans une certaine mesure, elle traiterait avec lui d'égal à égal car leur rang au sein de la noblesse les rapprochait. Néanmoins, il était nécessaire de tirer deux ou trois choses au clair...

"Dreann, ce que vous demandez est impossible. Je ne peux pas oublier votre nom de famille. Je ne peux pas prendre une telle responsabilités. Imaginez que vous soyiez effectivement tué au cours de cette mission alors que j'ai appuyé votre demande. Vers qui pensez-vous que vos parents se tourneront pour obtenir réparation. J'appartiens quasiment au domaine royal. Et avec le meurtrier de votre soeur qui court toujours, votre famille pourrait entrer en conflit avec la couronne. Ce serait la porte ouverte à tous les opportunistes. Je ne peux pas laisser une telle chose arriver. Encore moins avec ma bénédiction. Mais je comprends votre désir de vengeance..." Mensonges... Cette dernière phrase prononcé d'une voix douce et compréhensive était un ramassis de mensonges. Scarlett préférait l'appeler diplomatie. La vérité était qu'elle ne comprenait pas pourquoi le jeune homme voulait tant se précipiter dans un marais puant à la poursuite d'une sorcière qui avait toutes les chances de le tuer. Néanmoins se montrer conciliante pourrait sans doute permettre de rendre moins difficile l'acceptation. "Quant à votre poste, je préfèrerais largement vous voir affecté à la protection d'un des membres de la famille royale. Vous avez prouvé votre valeur et je suis certaine qu'Arsenios serait rassuré quant à la sécurité des siens. Je n'ai bien sûr pas grand pouvoir quant au choix de votre nouveau poste..."

Plus cet entretien avançait et plus Scarlett réalisait qu'elle avait eu une mauvaise idée. Elle avait juste voulu vérifier si les souvenirs de Dreann étaient justes et elle se retrouvait maintenant dans une position délicate. Il n'était pas dans son habitude de s'impliquer dans de telles décisions mais la situation était suffisamment exceptionnelle pour qu'elle fasse une entorse à ses propres usages. Elle envisagea le problème dans sa globalité. Elle ne pouvait pas dissuader Dreann Aronwë de poursuivre sa croisade personnelle. Elle ne l'approuvait de toute façon absolument pas. Il y avait une solution qui leur permettrait peut-être de trouver un juste milieu. À condition que le chevalier accepte de sacrifier à un peu de mise en scène. Un sourire narquois apparut sur son visage.

"Mettons-nous d'accord, Dreann. Compte tenu de ma position, il serait malvenu que je soutienne votre initiative. Compte de la situation de votre famille, il serait encore plus malvenu que le roi vous ordonne de participer à une telle mission. Néanmoins, il existe une alternative. Si il arrivait que vous veniez exprimer votre désir dans un lieu très public, comme par exemple... la séance d'audiences publiques de la Cour alors il serait difficile pour qui que ce soit d'objecter sur vos motivations en cas de décès." Elle marqua une pause. "Mais bien sûr, je ne vous ai rien dit..."

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MessageSujet: Re: Human Nobility (pv. Dreann Aronwë)   Mar 31 Jan 2012, 13:29

Dreann afficha un air agacé. Elle se contentait de lui resservir la même soupe, ramassis de prétextes politiciens qui semblaient suffire à écarter purement et simplement toutes les nécessités stratégiques que le chevalier avait avancées. Tant pis, il ne poursuivrait pas dans ce sens: cela ne servirait à rien et il se refusait à laisser Scarlett le prendre pour un imbécile plus longtemps. N'était-ce pas ce qu'elle faisait, en lui rabâchant sans cesse les mêmes arguments ? À ce moment, le nom d'Aronwë lui paraissait être le pire des fardeaux pour un chevalier dont l'intérêt ne se limitait pas à parader lors des tournois et des cérémonies. Il se résignait, car, quand bien même il tenterait de lui expliquer une fois encore, Scarlett était incapable de comprendre réellement les raisons qui le poussaient et, si elles semblaient les entendre, Dreann en connaissait assez sur elle pour savoir qu'elle ne pouvait concevoir, au fond, ce que lui considérait être comme l'essence de la chevalerie. Lui avait depuis longtemps déjà accepté sa mort. Cela ne voulait pas dire qu'il la souhaitait proche, non, mais l'acceptation était le seul moyen de faire du risque mortel le plus petit obstacle possible à ses devoirs. Après tout, quel chevalier, quel Blasonné donc, irait se battre toutes les nuits sur les remparts pour protéger la Cité, s'il craignait sans cesse d'être tué ? Pourtant, il fallait bien qu'il y ait des gens pour combattre ... Ainsi Dreann ne craignait pas de mourir si cela était nécessaire pour sauver le Royaume et les Hardansson d'un danger qu'il pensait être suffisamment important pour que l'on ai plus à raisonner en nombre de vies, mais bien en terme d'efficacité. Toujours était-il que cet entretien se révélait être une impasse ... du moins, c'est ce que le chevalier pensa jusqu'à ce que Scarlett lui offre une solution alternative:

« - Forcer la main du Roi ? » lâcha Dreann immédiatement.

Il n'y avait aucun doute, elle lui suggérait bien de prendre la parole en public. Le jeune homme voyait où elle voulait en venir. D'un côté, chacun obtiendrait ce qu'il voulait: Dreann ne pourrait voir sa requête refuser par le Roi et Scarlett ne risquerait pas d'avoir à gérer la colère des Aronwë en cas de problèmes. Le chevalier affichait maintenant un air troublé. Il est vrai que ce serait la situation idéale, pourtant il lui était difficilement concevable de se prêter à une telle mise en scène. Évidemment, il était déterminé à mettre Tanith hors d'état de nuire, mais qui sait comment serait perçu un tel acte par les Hardansson ? Les répercussions pourraient être néfastes pour sa propre famille et il se retrouvait à son tour dans une position délicate. En effet, il ne voyait pas d'autres moyens d'avoir le droit d'agir comme il le souhaitait, mais il aurait préféré que cela se fasse par la persuasion et non par la contrainte. Forcer la main du Roi ... Il avait déjà longuement hésité à s'adresser directement à sa plus proche conseillère afin que celle-ci ne l'aide, alors il n'oserait sans doute pas se livrer à une telle manœuvre. Le visage du chevalier affichait maintenant un air troublé. Il comprenait que rien de bon ne sortirait de cette histoire, quoiqu'il choisisse, quoi qu'il fasse.

« - Très bien. » Dit-il en se rapprochant du siège qu'il avait quitté plus tôt. « - Je vais y réfléchir. En attendant, je crois pouvoir dire que nous avons fait le tour de la question. »

Manifestement, cet entretien n'avait pas servi à rien et Dreann savait maintenant à quoi s'en tenir s'il souhaitait que sa vision des choses soit appliquée ... Il ne savait pas encore quelle voie il emprunterait finalement et préférait se garder d'en discuter plus longtemps avec Scarlett tant il savait qu'il n'était plus tellement question d'elle, mais de lui et de ce qu'il était prêt à risquer pour parvenir à ses fins, car, si le sacrifice de sa vie n'était pas quelque chose à même de le faire hésiter, il lui était plus difficile de mettre en jeu la réputation de sa famille, chose pour laquelle il devait œuvrer au même titre qu'à la protection du Roi. C'était une position difficile: jusqu'à aujourd'hui, concilier son rôle d'aîné de la famille Aronwë et sa mission de chevalier avait toujours été plutôt aisé. Maintenant qu'il s'agissait de peut-être mettre de côté l'un pour accomplir l'autre, il lui était délicat d'établir un ordre de priorité, si bien qu'il restait incapable de prendre la moindre décision pour l'instant. Il s'inclina légèrement, et dit:

« - Je vous remercie de votre accueil, Ma Dame. Je me tiendrais à votre disposition ... au cas où. » termina-t-il dans l'espoir de voir la conseillère changer d'avis.

Puis il s'avança vers la porte et quitta le petit salon à l'extérieur duquel l'attendait un servant qui lui proposa de l'accompagner jusqu'à la sortie du Manoir des De Vinter. En quittant les lieux, Dreann était encore partagé entre plusieurs sentiments, si bien qu'il se demanda si tout cela valait bien la peine. Il n'était manifestement pas assez habile pour se heurter à la magie politicienne de Scarlett dont il n'était pas à l'abri, il le savait, d'être victime. Plus il y pensait, plus l'idée qu'elle lui avait suggéré de se rendre à la séance d'audiences publiques lui apparaissait dangereuse.

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MessageSujet: Re: Human Nobility (pv. Dreann Aronwë)   Lun 06 Fév 2012, 22:11

L'expression qui s'afficha sur le visage de Dreann au moment où il comprit où elle voulait en venir n'avait pas de prix. Pour un peu, la jeune femme aurait éclaté ouvertement de rire. À la place, elle se contenta d'un demi-sourire en se mordant l'intérieur de la joue pour contenir à grand peine l'hilarité qu'elle sentait envahir tout son être. Le chevalier n'aurait jamais été capable d'en venir à une telle conclusion tout seul. Il était bien trop intègre pour cela. Intègre à un point qu'il en était à la fois désopilant et désarmant. Ne voulant pas l'influencer, elle laissa l'idée faire son chemin jusqu'à ce qu'il ose finalement mettre des mots sur ce qu'elle avait proposé. À l'énoncé, elle laissa tout de même échapper un rire poli mais amusé. "Allons, allons Dreann. De si vilains mots dans votre bouche. Soyons réalistes un moment, voulez-vous. Notre souverain a besoin d'hommes de confiance qui soient également compétents. Ce dont il manque cruellement. N'eut-été votre naissance, il vous aurait déjà dépêché à la poursuite de cette sorcière. Dites-vous simplement que cette intervention publique pourrait nous éviter à tous des conséquences désagréables si jamais vous reveniez de Dorcha Duil en sale état ou que vous ne reveniez pas du tout..." Elle envisageait cette éventualité avec le même détachement qu'elle envisageait l'un de ses assassinats. Les vies devenaient de simples informations numériques. Leurs noms n'étaient même plus une partie de l'équation. D'une certaine manière elle savait que les soldats et les chevaliers fonctionnaient de la même façon. Tuer une personne ne signifiait pas obligatoirement la haïr. La plupart du temps les hommes d'arme ne connaissaient même pas leurs adversaires. Et puis, enseigner la politique à une autre personne lui plaisait énormément. Elle n'avait pas souvent l'occasion d'avoir une discussion sérieuse avec un autre noble qui n'implique pas une véritable guerre des mots.

Finalement, Dreann décida qu'il était temps de mettre un terme à leur entretien. Chose qu'elle ne put qu'approuver. Elle n'avait pas grand chose de plus à ajouter et échanger des banalités avec un ami de son frère en souvenir du bon vieux temps ne lui paraissait pas une perspective particulièrement réjouissante. Se levant avec grâce, Scarlett esquissa une révérence. "Je vous souhaite une bonne journée, Dreann. Et de trouver une solution. Je sais qu'il n'est pas bon de se retrouver ainsi bloqué par des contretemps purement politiciens. Apprenez à vous servir du système pour parvenir à vos fins, c'est la seule chose que je peux vous conseiller." Si tant est qu'elle fut véritablement à sa place pour lui conseiller quoi que ce soit. Pouvait-elle seulement espérer qu'il ne prenne pas mal ses paroles, simple expression de sa volonté de lui éviter des ennuis... En fin de compte il prendrait ses propres décisions. Et elle ne doutait pas qu'il se méfiait d'elle comme de la peste. "Je vous en prie. Je tâcherai de ne plus vous déranger. Je vous souhaite une bonne journée."

Elle était sincère. Elle avait entendu de sa bouche l'assurance qu'il avait eu affaire à la même sorcière qui faisait d'elle depuis quelques temps dans la capitale et dans ses alentours. Elle était satisfaite. Le son de la massive porte d'entrée l'avertit que son invité avait vidé les lieux. Un chat se précipita dans sa direction en essayant d'attirer son attention. Le prenant dans ses bras, elle entreprit un retour à pas lents vers son laboratoire...

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