Echo des Plaines : Chapitre VII ▬ Le Retour d'Inasmir


 
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 I am the voice [PV]

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Tanith Ruane

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MessageSujet: I am the voice [PV]   Jeu 01 Déc 2011, 01:42


I am the voice
« I am the voice of the past that will always be, filled with my sorrow and blood in my fields. I am the voice of the future, bring me your peace, bring me your peace, and my wounds, they will heal. I am the voice in the wind and the pouring rain, I am the voice of your hunger and pain, I am the voice that always is calling you, I am the voice »


La mémoire lui ressuscita l'aspect de Mogaròr, lors de sa dernière visite. Sans être aussi monstrueusement gigantesque que Cathairfál, la forteresse de Mogaròr donnait une telle impression de force et d'énergie qu'elle pouvait s'y croire à l'abri de tout. Cependant, la chute du sanctuaire l'avait secoué comme un cataclysme. Elle avait bien tort, après tout, de s'en chagriner. Elle aurait dû s'en réjouit ; elle avait été amenée à la ville, tout près des Hardansson. Cependant, si elle n'était pas en mesure de se montrer capable de défendre sa propre demeure, son propre foyer, la confiance de Mynkor s'épuiserait et Vorlun, peu à peu, l'abandonnerait. Tanith revit cet étrange boisé, comme rempart naturelle, qui l'avait surveillé depuis sa jeunesse : les grands vigiers dans leurs armures d'aiguilles vert-de-gris ; les chênes colossaux ; les aubépines et les frênes et les pins plantons ; et, au centre, le cadavre déchiré et la carcasse désintéressée de la forteresse. Le parfum des lieux, ce parfum mêlé d'humus et de rumination, le parfum des siècles, lui remontait presque aux narines. Et elle y demeurait émue par la profondeur de l'obscurité qui, même en plein jour, y régnait. Et chaque aurore - aussi terne soit-il dans la région, était une véritable réjouissance au cœur de la Sorcière ; entre les arbres s'entremêlaient de pâles bouchons de brume. Vigiers et pins se pressaient fort dru dans le coin, et rien de si sombre et lugubre que leur végétation persistante. Au loin, les collines rocheuses ne s'abaissaient que pour se redresser...
De l'eau, c'est tout ce qu'elle souhaitait, un peu d'eau. Et Dorcha Dúil était une véritable clairière inondée dont les eaux stagnantes avaient l'éclat gris de l'acier. Ses eaux sont aussi sombres que la nuit et aussi immobile que la mort avait-on jadis raconté sur ce territoire. Et si, aujourd'hui encore, les marais de Dorcha Dúil animaient les pries affres de terreur au cœur des légendes, pour Tanith, il ne s'agissait que d'eau ou de flots boueux. Tanith descendit de cheval, et, observant les eaux calmes. Elle avait alors souri, d'un sourire si frêle et si tendre, à cœur fendre...

Les abords immédiats du ruisseau étaient détrempés et spongieux. S'agenouillant près du petit bassin d'eau encore gonflé par les derniers orages. Il plongea le bout des doigts, puis la main. L'eau vaseuse lui coulait comme de la soie. Fermant les yeux, presque trop cérémonieusement, elle sortie sous son vêtement une petite pièce d'argent. Ronde, son centre se creusait en une longue spirale. Elle y passait son pouce, agréable sensation qu'était-ce de sentir le creux de l'acier froid contre sa chaire. Se redressant, elle sentit la douleur lui lancina de nouveau les côtes et le bas ventre. Elle se remémora l'horrible cauchemar qu'avait causé cette blessure et ses yeux s'emplirent de colère. Et si son vœux le plus cher, sa soif de vengeance, ne cessait de corrompre son cœur, elle se rappela brusquement, alors que sa main se glaçait au contact de la caresse du vent, la raison de sa venue. Cette petite pièce, elle l'avait caché tout au long du voyage depuis la Forêt de l'Éveil. Un don précieux de Vorlun qui lui avait confié qu'une fois jeté dans les eaux mortes de Dorcha Dúil, ses plus intimes secrets se réaliseraient. Était-ce tout simplement une légende, du folklore ou était-ce la vérité ? Elle n'avait jamais eu à douter de Vorlun... Il te faudra t'y plonger, jusqu'à la taille, néanmoins, sinon ce marais t'avalerait pour l'éternité. Se remémorant ses paroles avec soins, elle avança, grimaça au contact glacé de l'eau contre ses jambes. Et si son corps se secouait de frisson, elle continuait d'avancer. Bientôt plonger jusqu'à la taille, elle s'immobilisa lorsqu'elle sentit une masse quelconque frôler le tissu de sa robe. Le marais des morts, oui, c'est comme ça qu'il s'appelle. Tas de meurtres, tant de combats, tant de sang innocent verser et tous sont jetés ici... Des visages pâles se dessinaient à la surface. Ils apparaissaient, puis disparaissaient. Tanith avait l'impression qu'ils dormaient tant leurs traits figés semblaient sereins. Que cette pièce rejoigne les profondeurs. Ton vœu le plus cher sera exaucé À ses mots, Tanith jeta la pièce. Elle s'écrasa en un son à la fois creux et résonant, puis se fit avaler par cette masse sombre...

Brusquement, le bois qui l'entourait sembla bien plus sombre qu'auparavant, comme si un nuage venait d'intercepter les rayons du soleil. Tout en sachant qu'elle aurait dû, depuis longtemps, revenir en arrière, elle s'opiniâtrait, malgré l'anxiété qui lui tordait de plus en plus les tripes. Lorsque le sous-bois commença de se faire encore plus ténébreux, Tanith Ruane comprit que le jour se creusait et que l'obscurité gagnerait bientôt toute la région. Le dépit la faisait enfin renoncer, quand on lui attrapa violemment la jambe. Elle hurla, découvrant ainsi le corps blanc et lourd d'un cadavre qui s'accrochait au bas de sa robe. Et si son hurlement alertait les autres âmes du marais, bientôt, ils furent une dizaine à nager vers la Sorcière. Elle tenta tant bien que mal à les étouffer dans des étaux d'eau, mais ils étaient insensibles à sa magie. Paniquée, elle fut rapidement forcée à combattre avec plus de ténacité, malgré la douleur aux côtes qui lui donnait des nausées... Puis, ils la firent basculer à l'eau. Il avait fallu de quelques secondes, pendant lesquels Tanith avait jeté un regard désespéré vers la berge, pour qu'ils l'entraînent complètement dans l'eau...

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Arshan Mahvir

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MessageSujet: Re: I am the voice [PV]   Dim 11 Déc 2011, 19:24

Flashback
Un rouge-gorge chantonnait dans les arbres. Libre comme l’air, il faisait savoir à qui pouvait l’entendre qu’il était le maître des lieux. Arshan marchait au milieu des arbres, serein et entouré par une nature luxuriante. Il était déjà venu dans cet endroit, mais il était incapable de le nommer. Il devrait s’en inquiéter et pourtant il ne s’était jamais senti aussi bien. Remontant le fil de sa mémoire, il se souvint d’un bosquet à Riocht na Elves, refuge de ses acolytes druides. Après de longues minutes d’errance, un bruit de feuilles bruissées attira son attention. Se retournant, il se retrouva nez à nez avec la créature la plus magnifique qu’il ait jamais rencontrée. Des yeux noirs profonds, la robe aussi blanche et pure que l’amour d’Eydis, et une corne qui en disait long sur sa nature. Une licorne. Immobile, le druide se contenta d’observer avec fascination cette soudaine apparition. Et il y eut cette voix. Pure, légère, fantomatique. On aurait dit que c’était la créature elle-même qui voulait communiquer avec lui. Seulement il savait que ce n’était pas le cas. Du moins, ce n’était pas la licorne qui souhaitait lui parler, mais quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui avait besoin d’un intermédiaire. Le cœur empli d’amour, Arshan se mit à genoux en signe de respect. Car il s’agissait bien de sa Déesse, juste en face de lui.

« Mon enfant, tu m’as toujours servi avec sagesse et générosité. Je t’ai observé, comme tous ceux qui me servent, mais c’est toi que j’ai choisi. Quelque part sur une terre abandonnée des hommes, tu feras une étrange rencontre. Ne tourne pas le dos à cette personne. Observe-là, tends-lui la main s’il le faut. »

Fronçant les sourcils, Arshan souhaita du fond du cœur pouvoir poser une question. Mais avant même qu’il puisse ouvrir la bouche, elle rajouta :

« Ne crains pas l’inconnu. Je serais toujours là pour veiller sur mes enfants… »

Sur ce, elle disparut. Le druide, immobile, resta sans voix. Mais que pouvait bien signifier cette apparition ? Et qui était donc cette personne qu’il devait rencontrer? L’obscurité l’entoura à nouveau.

Il ouvrit les yeux. Se relevant en un éclair, il s’aperçut qu’il était essoufflé. Cet étrange rêve l’avait laissé sans forces… C’était bien la première fois que cela lui arrivait. Alors qu’il passait une main sur son visage, il s’aperçut que ses tatouages étaient brûlants, signe qu’il avait été en contact avec la grande Déesse… Il était à la fois heureux et perplexe. Celle qu’il vénérait était donc bien là, quelque part, à veiller sur les humains. Mais pourquoi le choisir lui plutôt qu’un druide plus expérimenté ? Il était honoré par cette apparition sans pour autant comprendre de quoi il s’agissait. Et puis pourquoi voudrait-il tourner le dos quelqu’un ?

Deux semaines après, dans les marais de Dorcha Duil…

A pied, Arshan peinait à faire avancer son cheval à travers les marais. Que faisait-il donc dans cet endroit maudit ? Il ne savait pas si les marais étaient précisément cet endroit dont avait parlé la Déesse, mais étrangement, son faucon ne cessait de voler dans cette direction. Alors il l’avait suivi, persuadé que c’était un signe. Il n’aimait pas cette étrange atmosphère vile et emprunte de magie. Partout où il posait le regard, un paysage de désolation s’offrait à lui. Il soupira pour la centième fois tandis qu’il observait avec crainte l’ombre de la forteresse du Mal. Cette bâtisse lui faisait froid dans le dos, il n’y avait aucun doute. Cependant, il ne comptait pas décevoir sa Déesse. Avançant inlassablement dans ce bourbier infâme, chaque pas était une véritable torture, que ce soit pour lui ou son cheval. Avisant un endroit où la terre semblait plus stable, il s’y dirigea pour s’y reposer un instant. Frissonnant sous sa cape, il chercha du regard un signe de vie, un souffle d’existence. Tout était trop calme. Pas de chants d’oiseau, pas de cris de petits mammifères, pas de respirations humaines. Heureusement, il n’était pas seul. Ses deux compagnons de route lui étaient fidèles, où qu’il aille. Et pourtant, un cheval ordinaire aurait sûrement tenté de faire marche arrière face à ce danger permanent. S’asseyant, il ferma les yeux un moment et pria Eydis avec tout son cœur.

Un cri retentit dans l’immensité silencieuse.

Arshan sursauta. Bondissant sur ses pieds, il attrapa les rênes de son cheval et monta sur son dos. N’écoutant que son instinct, il lança Kavim au galop en direction de l’endroit d’où provenait le cri. Le cheval évitait par instinct les trous et les endroits vaseux, jusqu’à ce qu’un autre cheval ne rencontre leur route. Arshan stoppa son compagnon et sauta à terre. Essoufflé, ses yeux scrutèrent les environs avant de remarquer des remous dans l’eau. Il eut à peine le temps de croiser le regard de la victime, alors qu’elle sombrait au fond de l’eau. Ni une, ni deux, il se débarrassa de sa cape et sortit son sabre. Lorsqu’il aperçut les ombres blanches dans ces eaux poisseuses, il se laissa envahir par la colère. Infâmes créatures !

Se jetant à l’eau, il attaqua tous les morts-vivants qui osèrent croiser son chemin. Sa lame avait viré au blanc brillant, comme si la Déesse elle-même l’avait béni. Au milieu de l’eau, Arshan prit sa respiration avant de plonger. Repérant la personne en danger, il nagea en sa direction, ses yeux grands ouverts pour éviter les attaques des montres blancs. Avec douceur, il prit sa protégée par la taille pour la remonter à la surface. Les spectres semblaient avoir abandonnés la partie. Etaient-ils effrayés par la lame du druide ou cet évènement était-il prévu dans les moindres détails par des êtres supérieurs ? Nul ne le saura jamais. Toujours est-il qu’il arriva à la surface. Nageant jusqu’au rivage, il y resta allongé un moment, sa protégée gisant inerte à ses côtés. Craignant qu’elle n’ait avalé trop d’eau, il s’assit à côté d’elle et prit son pouls. Heureusement, elle respirait encore. Il hésita un moment avant de lui faire un massage cardiaque. Par chance, elle recracha de l’eau. Ne voulant pas la laisser ainsi tremper, il la prit dans ses bras et l’amena plus à l’intérieur du bosquet.
Le feu crépitait avec joie. Arshan se réchauffait tant qu’il pouvait. Jetant un coup d’œil à la jeune femme qu’il avait sauvé, il soupira. Etait-ce la rencontre pour laquelle il était prédestiné ? Pour le moment, elle semblait si fragile, si innocente. Et pourtant, il sentait qu’il devait se méfier… Il l’avait couverte d’une de ses couvertures et avait réussi à lui faire avaler quelques gouttes d’une de ses potions. A présent, c’était à elle de faire le chemin jusqu’à la vie…

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J'ai toujours aimé le désert. On s'assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n'entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence...
[Antoine de St Exupéry]

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Tanith Ruane

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MessageSujet: Re: I am the voice [PV]   Lun 12 Déc 2011, 03:28


I am the voice
« I am the voice of the past that will always be, filled with my sorrow and blood in my fields. I am the voice of the future, bring me your peace, bring me your peace, and my wounds, they will heal. I am the voice in the wind and the pouring rain, I am the voice of your hunger and pain, I am the voice that always is calling you, I am the voice »


Une épouvante sourde lui transperçait l'estomac tandis qu'elle se faisait tranquillement avaler par les marais de Dorcha Dúil. Le silence monotone l'envahit d'abord, beaucoup trop apaisant, pour finalement percevoir des cris effroyables lui glacer le corps. Des mains décomposées, déchirées comme des centaines de petits drapeaux, s'avançaient dans sa direction. Elles essayaient de la happer tant bien que mal, alors que les bras et les jambes de la jeune femme se déchaînent contre ses forces obscures. Ils étaient de plus en plus nombreux à s'attrouper autour de la Sorcière, comme attirés par les remous qu'elle causait dans son combat acharné. Bientôt, les rayons du soleil ne parvenaient plus à percer la masse dense et noire que devenait les innombrables cadavres. Tanith songea un instant qu'elle y laisserait sa peau. Car si ce n'était pas l’épuisement qui la forcerait à se laisser couler, ce serait bientôt le souffle qui viendrait à manquer. Déjà, elle était de plus en plus désespérée. La puissante Sorcière de Mogaròr, l'héritière de Vorlun, l'enfant des ténèbres, morte noyée. Drôle de paradoxe, elle songea un instant qu'elle rejoindrait la carcasse de sa pauvre mère, elle aussi morte dans ses marais... Était-ce donc possible ? Elle qui contrôlait si bien cette nature indomptable, pourquoi refusait-elle de la sauver ? Pourquoi s'acharnait-elle à la repousser au plus profond, à ne pas lui offrir ne serait-ce qu'un mince filet d'air qui la ravigoterait ? Ou peut-être était-ce cette eau enveloppante, qui comme une caresse maternelle, se refermait doucement sur elle pour lui apporter un sommeil paisible ? « Taaaaaaaaaaaaanith .... Taaaaaaaaaaaaaanith.... » Cette voix encore, cette maudite voix ! Au ton sinistre, berceuse qu'elle ne parvenait pas à chasser de sa mémoire. Quel choc fut-il, lorsqu'elle d'autres chants caverneux se mêlèrent à cette voix. D'autres silhouettes se dessinaient autour d'elle, se rapprochaient davantage. Tous des visages qu'elle reconnaissait, des habitants de son quartier, condamnés injustement à mort il y a de cela bien des années. Des femmes, des enfants, des vieillards et des vieilles. Il y en avait de tous les âges. Et ils étaient tous dans le même état, dévorés par la mort. Une expression douloureuse déformait les traits de certains visages, alors que d'autres, l'air furieux, s'avançait vers Tanith. Ceux-là, ils étaient déterminés à la faire couler... Les visages se brouillèrent, les voix devenaient de plus en plus sourdes, le sommeil, lentement, commençait à l'engloutir. Sans rêves, cette fois. Elle flottait, sereine, détachée, sur une mère noire et sans grèves...

[…] Au bout d'un certain moment, elle s'éveilla brusquement, enfin. Combien ? Une nuit ? Un jour ? Une année ? Tanith ne parvenait pas à se fixer, pour l'instant. La nature était plongée dans une noirceur naissante, les flammes battaient comme des ailes au gré du vent. Et cet affreux goût amer et salé qu'elle avait en bouche, comme un breuvage tiède qu'on lui aurait donné et qu'elle aurait laissé coulé sur son menton tant sa texture aurait été visqueuse... Tanith se palpa le front et, malgré son imperceptible moiteur, le trouva frais. Tout effroi s'était enfui d'elle, enfui en fumée, cependant elle sentait une toute autre tension sinueuse l'entourer. Elle se mit tant bien que mal – un moment de vertige et des douleurs juste sous ses côtes – sur son séant. Soudain, elle remarqua la présence d'un inconnu, mais n'étant pas asses vigoureuse pour le repousser violemment, elle le dévisagea d'abord. Il était plutôt jeune, à peine trente ans. Sa peau avait le ton du cuivre poli, des yeux en amandes d'un brun si foncé qu'ils se confondaient parfaitement à ses cheveux, noir comme la pleine lune. Il avait des traits sereins et paisibles, passivement assied, il ne lui inspirait aucune violence, aucune frayeur... bien que les tatouages qu'il avait au visage inciterait davantage sa curiosité.
Elle revenait d'un long cauchemar. Elle s'était d'abord vu arpenter le territoire de la forteresse, puis légère comme le vent, survoler les alentours de la capitale. Elle avait, inconsciemment, passé un long moment à épier Brawyn puis elle avait été curieusement attiré vers le sud. Et c'est là que des visions d'horreurs l'avaient assaillit. Elle avait vu ce visage, brûlant comme l'enfer et furieux, faire trembler les montagnes. Hurler sa colère, maudire Lanriel jusqu'à la Déesse qu'il appelait ''sa sœur''... et vit, revêtu d'une armure aussi noire et satinée qu'un étalon, coiffé d'un heaume dont rougeoyait l'étroite visière, un chevalier s'avancer vers elle. Lui chuchoter des paroles qui, malheureusement une fois éveillée, ne lui venait que quelques mots étouffés...
Enfin, seule subsista sur ces entrefaites, indéfiniment, la souffrance du feu qui lui dévorait les entrailles. Il fallait à Tanith... quelque chose... de crucial. Elle le savait. La seule chose au monde qui la soulagerait. Elle se laissa rouler sur le flanc – celui qui n'était pas blessé – et réussit, malgré les couvertures qui lui emmêlaient les jambes, à trouver une position plus ou moins confortable. Mais qu'il était donc si malaisé de bouger, si mal... D'où lui venait tant de souffrances ? Il lui semblait qu'on l'avait mise en pièces puis rapiécée aille que vaille... Le monde, la forêt tanguait vertigineusement lorsqu'elle demanda, enfin, d'une voix tremblante, car elle ne parvenait même pas à se formuler ce qu'elle désirait vraiment : « de l'eau... j'aimerais avoir de ... de l'eau »

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Arshan Mahvir

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MessageSujet: Re: I am the voice [PV]   Jeu 22 Déc 2011, 17:33

Arshan observait paisiblement le feu. De temps à autre, il utilisait un bout de bois pour le raviver, mais il passait beaucoup plus de temps à méditer. Une prière silencieuse à Eydis et il se mit à chanter doucement. De sa voix profonde, il laissa la mélodie s’échapper dans l’air et chasser les ténèbres qui les entouraient. Les chevaux et le faucon se détendirent instantanément, rassurés par sérénité du Druide. Il aimait jouer de sa voix lorsqu’il était seul. Mais l’atmosphère à cet endroit était tellement pesante que même la présence de sa protégée ne l’avait pas dérangée. Il apercevait à certains moments des étoiles, beautés dans ce ciel assombri par la présence de la forteresse maudite. Alors qu’il finissait son doux chant, la jeune femme se mit à bouger. Il se tendit instantanément. Remerciant Eydis d’avoir sauvé sa protégée, il observa ses mouvements tout en évitant de paraître agressif. Il ne voulait surtout pas l’effrayer, et même si l’aura qui l’entourait était plus noire que la nuit, il n’était pas du genre à abandonner quelqu’un dans la détresse… Car oui, il savait qu’elle était dangereuse. A vrai dire, l’air grésillait de magie tout autour d’elle. Et ce n’était pas de la magie bénéfique, il avait au moins appris à la reconnaître durant son enseignement de druide.

Alors qu’elle tentait de se mettre assis, Arshan fit comme s’il n’avait rien vu. Fixant le feu avec fascination, il se laissa observer sans broncher, afin qu’elle se fasse sa propre idée sur lui. Après tout, il avait bien eu le temps de la dévisager auparavant : jeune, du moins pas plus vieille que lui, charmante mais torturée. En effet, même sans le vouloir, il avait entendu la souffrance qu’elle ressentait dans ses délires. Il avait tout fait pour la calmer, mais rien n’y faisait. Le cauchemar semblait trop inaccessible pour être effacé… Plus que la puissance de la personne en face de lui, c’était cette souffrance qui l’avait touché. Il avait pourtant demandé à Eydis de l’aider à diminuer cette douleur, mais la Déesse restait sourde à ses prières…

Lorsqu’elle se replia de douleur, Arshan n’y tint plus et attrapa sa gourde avant de venir à ses côtés. Avec la douceur d’un père envers un enfant il souleva la tête de la jeune femme et tenta de lui faire boire de l’eau. Chaque contact avec elle était électrique et c’était comme si deux forces s’affrontaient tandis qu’il essayait de soulager sa protégée. Même la potion qu’il lui avait donnée ne semblait pas faire effet… Comment était-il possible de laisser ainsi souffrir un être vivant? Seul un être purement maléfique tel que Vorlun pouvait imposer cette épreuve à un mortel. Il ne voulait pourtant pas l'abandonner. Ne sachant que faire, le Druide fit le seul geste qu’il connaissait pour rassurer et apaiser. C'était risqué et la réaction de la jeune femme pouvait être brutale, mais c'était son seul espoir. Dans une attitude fraternelle, il aida la jeune femme à se redresser sur son séant et l’entoura de ses bras. D’une infinie douceur, il la serra contre lui dans l’espoir de la réchauffer de sa présence. Comme s’il espérait que son aura bénéfique réchauffe l’âme perdue de sa protégée. Fermant les yeux, il chanta une berceuse que sa mère lui chantait étant enfant.
Lorsque sa voix s’éteignit, il prit la parole encore une fois :

« Ne craignez plus la souffrance…Laissez-là couler comme de l’eau jusqu’à moi et oubliez-là. »

Un doux murmure parvint aux oreilles du Druide. Une brise légère apportait la voix de sa Déesse, l’encourageant dans ses actes… Et maintenant, que faire, où aller? Et surtout accepterait-elle son aide? Après tout, certaines personnes avaient besoin de souffrir pour avancer dans la vie. Et Arshan était persuadé que la jeune femme se noyait dans les ténèbres depuis bien longtemps, trop longtemps peut-être pour la sauver. Il pouvait néanmoins essayer de la comprendre...

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Tanith Ruane

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MessageSujet: Re: I am the voice [PV]   Mer 04 Jan 2012, 23:10


I am the voice
« I am the voice of the past that will always be, filled with my sorrow and blood in my fields. I am the voice of the future, bring me your peace, bring me your peace, and my wounds, they will heal. I am the voice in the wind and the pouring rain, I am the voice of your hunger and pain, I am the voice that always is calling you, I am the voice »


D'une douceur qu'elle ne notifia que quelques minutes plus tard, l'étranger se glissa tendrement jusqu'à elle et lui souleva prudemment le menton. Ensuite, il approcha de ses lèvres sèches et gercées une gourde remplie d'eau, tel qu'elle le lui avait demandé. Toujours secouée par les images qui l'avait assaillit, ses mains vinrent se refermer autour du tissu rêche de la gourde, comme si elle cherchait à s'y accrochait désespérément. Le liquide, pourtant froid, lui brûla d'abord la langue, puis la gorge, si bien qu'après quelques gorgées seulement, elle repoussa mollement le bidon d'eau d'une main encore frémissante. Rapidement, d'autres crampes lui mordirent l'estomac. Probablement entraînées par la blessure qui lui lacérait le flanc droit, la Sorcière gémit de nouveau. La respiration haletante et saccadée, la jeune femme essayait de se redresser tant bien que mal, mais chaque petit mouvement, aussi futile soit-il, lui arrachait d'horribles grimaces de douleur. Et c'est en serrant les dents qu'elle se donnait le courage de recommencer, et recommencer encore. Et cet effort lui semblait justifié ; il lui fallait se tenir sur jambes. Pour son honneur, mais aussi pour accroître ses chances de survie. Au sol, elle ne serait qu'une proie facile pour les créatures qui hantaient ses marais, redressée, au moins, elle aurait le sentiment d'offrir une résistance. L’héritière se débattait, ainsi, contre sa vulnérabilité. Un combat ardu, autant physiquement que moralement. Elle qui avait toujours été indépendante des autres, elle qui n'avait jamais nécessité l'aide de quiconque, elle qui se débrouillait seule depuis l'âge de six ans, voilà que tout comme un nouveau-né, elle ne pouvait plus mettre un pied devant l'autre sans appui, au risque de s'effondrer sur le sol. Tanith Ruane, l'orpheline de Mogaròr, ne pouvait tout simplement pas s'y résoudre. Il lui fallait retrouver toute son autonomie, sans quoi elle ne parviendrait jamais à accomplir ce pourquoi on lui avait tant enseigné, ce pourquoi on l'avait épargné, vingt ans plutôt...

Toujours aussi distraite par la situation dans laquelle elle s'était trouvée plutôt, elle discernait tout de même la présence étrange de cet inconnu à ces côtés. En temps normal, elle l'aurait chassé violemment de son territoire, clamant son indépendance et au respect de sa vie privée, cependant, elle était tout simplement incapable d'enchaîné deux mots avec cohérence. Il lui fallait encore immobiliser la forêt tout autour, car cette sensation vertigineuse menaçait bientôt de le rendre bien plus malade. Et comme elle se fixait sur un point fixe, quelqu'un l'aida à se redresser plus convenablement, et, étonnement, sans la moindre douleur. Ne sachant que penser – toujours est-il qu'elle avait toujours l'esprit embrouillé – l'étranger la pressa dans ses bras, tel une caresse, et sa main valide lui enserrant fermement les bras. Cet homme empestait le sable, pourtant, il avait une attitude rassurante qui obligea Tanith à se détendre. Et si l'envie de s'y assoupir lui écrasait les paupières, elle ne céda pas à la tentation. Elle tâchait de rester vigilante ; elle ne connaissait rien de celui qu'elle surnommerait dès lors l'homme des sables. C'est alors qu'elle perçu cette voix à travers le silence monotone des marais. Et à se fier aux percutions sourdes qui résonnaient au creux de sa poitrine, Tanith devinait qu'il chantait à présent. Elle se laissa bercer un moment. Cette chanson lui rappelait l'époque où sa mère – encore vivante – lui avait chanté des chansons pour dormir. Le souvenir tendre de sa voix maternelle lui arracha presque souvenir, mais l'ému davantage... « Ne craignez plus la souffrance…Laissez-là couler comme de l’eau jusqu'à moi et oubliez-là. » Brusquement alors, au son de ses mots, elle dénoua leur étreinte en le repoussant. Cela suffit pour les pétrifier sur place, elle profita de ses quelques secondes volées pour l'observer avec hostilité. Jusqu'à présent, bien qu'il ne représente pas une menace au premier regard, il adoptait une attitude suffisamment étrange pour que l'Héritière de Vorlun se questionne à son sujet. « Qui êtes-vous ? Que faites-vous ici ? » lui demanda-t-elle finalement, d'une voix qui lui brûlait encore les parois sèches de sa gorge.

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Dernière édition par Tanith Ruane le Mar 15 Mai 2012, 14:21, édité 1 fois
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Arshan Mahvir

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MessageSujet: Re: I am the voice [PV]   Jeu 29 Mar 2012, 21:41

Le moment était étrange. Même pour un homme habitué aux situations sortant de l’ordinaire, se retrouver ainsi en territoire inhospitalier et chanter pour une femme à l’aura noire comme les ténèbres c’était tout sauf coutumier pour Arshan. Pourtant il faisait tout pour rester confiant. Sa foi en Eydis n’autorisait aucune faille, puisque sa Déesse ne se trompait jamais sur ses intentions. Malgré tout, une part de lui n’était pas tranquille. Son esprit étant ouvert aux peurs et sentiments des animaux qui l’entouraient, il sentait que son cheval restait sur le qui-vive, prêt à s’enfuir au moindre mouvement suspect de la jeune femme…

Même s’il ne pouvait ignorer qu’une part d’elle lui faisait froid dans le dos, il n’avait pas eu à se forcer pour venir en aide à cette dernière. Elle lui rappelait ces scorpions du désert qu’il appréciait tant : beaucoup de caractère, des armes redoutables mais au fond apprivoisables si tenté qu’on sait comment s’y prendre. Il savait qui elle était. Cette magie terrifiante qui l’entourait faisait d’elle une puissante sorcière… Tenant la jeune femme dans ses bras, il sentait qu’elle luttait contre le sommeil, comme si elle refusait d’être totalement sereine et dépendante de la bonté du Druide. Essayant désespérément d’atteindre la partie sensible de l’esprit de l’étrangère, il se heurtait à un rideau noir et agressif. Il avait déjà réussi à sauver des personnes qui s’étaient trop éloignées du droit chemin, notamment en faisant appel à sa Déesse. Mais il fit une grave erreur en pensant que sa voix pouvait être le fil directeur qui permettrait à la Sorcière de se sentir mieux…

En effet, à peine quelques secondes après ses derniers mots, elle le repoussa, aussi fortement que lui permettait son état. La laissant faire – après tout, on ne pouvait garder un animal sauvage en cage- il ne bougea pas, évitant ainsi de se montrer agressif ou autoritaire. Le regard que lui jeta la Sorcière était profond, empli de colère. Pas de quoi effrayer le druide qui se contenta de la regarder lui aussi, sans baisser les yeux. La bonté d’Eydis semblait se heurter aux ténèbres de Mynkor en un simple échange de regard. Ce moment sembla durer un e éternité, comme s’ils cherchaient ce qu’ils pouvaient dire ou faire. Un vent froid et piquant balaya les marais. Resserrant sa cape autour de ses épaules, Arshan soupira imperceptiblement alors que son interlocutrice prenait la parole. A sa voix, le druide savait qu’elle souffrait et cela lui déchirait les entrailles d’entendre quelqu’un luttait contre sa propre douleur.

Prenant son temps pour répondre, il finit enfin par prendre la parole, même si ses mots n’étaient pas forcément ceux attendus par la sorcière.

« Tenez, prenez au moins ma gourde pour hydrater votre gorge… Dit-il en lui tendant l’objet. Pourquoi je suis ici ? C’est à vous de me le dire car c’est en entendant vos cris que je suis venu à vous. Il faut dire que vous étiez en bien mauvaise posture… »

Il hésita à lui demander ce qu’elle pensait en s’enfonçant ainsi dans une eau si inquiétante. Serait-elle folle ou aurait-elle un dessein beaucoup plus noir en tête ? Il décida qu’il n’irait pas plus loin pour l’instant, mais reprit la parole de nouveau, mû par l’envie de se faire connaître pour ensuite mieux connaître son interlocutrice. Ne dit-on pas qui se ressemble s’assemble ?

« Quant à mes raisons d’être en voyage par ici, cela ne regarde que moi et ma Déesse… Sachez seulement que je me nomme Arshan Mahvir et que je demeure et demeurerez le fervent serviteur d’Eydis ! »

L’intensité avec laquelle il parlait ne posait aucun doute quant à son allégeance et il ne pensait pas une seconde qu’il pouvait se mettre en danger au seul motif d’être si bon croyant. Il n’avait jamais peur de révéler son admiration pour la déesse, en revanche, il avait toujours autant de mal à s’appeler druide lui-même. Il en était pourtant un à part entière, même s’il n’avait pas terminé sa formation. Toutefois, il était extrèmement curieux de découvrir son interlocutrice. Il posa alors un regard curieux sur la jeune femme.

« A présent, c’est à votre tour de vous présenter. Les seules choses que je pense savoir sur vous sont confuses et contradictoires… »

Comment pouvait-il lui annoncer qu’il connaissait sa nature ? Avec sa présentation, elle devait se douter de qui elle était et donc de ses capacités à sentir certaines choses. Mais comment réagirait-elle à toutes ces informations ? Vu le regard qu'elle lui avait servi, il ne pouvait pas s'attendre à ce qu'ils commencent une amitié durable. Ou alors, il faudrait beaucoup plus de temps. Quelque part, il sentait qu'il devait persévérer dans sa lancée. Pourtant les risques étaient immenses.


Spoiler:
 

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J'ai toujours aimé le désert. On s'assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n'entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence...
[Antoine de St Exupéry]

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Tanith Ruane

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MessageSujet: Re: I am the voice [PV]   Mar 15 Mai 2012, 16:36


I am the voice
« I am the voice of the past that will always be, filled with my sorrow and blood in my fields. I am the voice of the future, bring me your peace, bring me your peace, and my wounds, they will heal. I am the voice in the wind and the pouring rain, I am the voice of your hunger and pain, I am the voice that always is calling you, I am the voice »


De son petit air d'ennui distrait, elle examinait le noircissement du crépuscule. À l’horizon, l’orient se barbouillait de rose et d’or, et, là-haut, une demi-lune vous lorgnait derrière la fuite éperdue de nuages bas. Le vent était froid, et l’on percevait le ruissellement de l’eau sous le grincement des branches. La pénombre fleurait la pluie, mais aucune goutte ne tombait encore. Dès lors, survenaient déjà, comme nés du néant, les corbeaux. Ils échangeaient quelques croassements jaseurs, tant que la jeune femme se demanda ce qu’ils pouvaient bien se dire. Le marécage lui paraissait plus sombre, un tantinet plus ancien que qu'elle pensait. Un étrange charisme à la fois effrayant et captivant lui empêchait d'en détacher le regard. Cette nature naissante lui avait offert des nuits animées. Comme il se devait, comme les légendes le racontaient, par le hurlement de bandes lointaines et, parfois, même, du chant sinistre des morts qui hantaient la région. Depuis la berge ne subsistaient plus que des squelettes d’arbres noirs… L’ombre d’un sourire lui passe sur le visage, tandis qu’elle discerne tant bien que mal la forteresse qui se dresse, parmi la fumée opaque du brouillard, à quelques kilomètres. La nature l’avait si bien captivée qu’elle en oublia presque l’étranger qui, de nouveau, manifesta sa présence par son incompréhensible bonté: « ▬Tenez, prenez au moins ma gourde pour hydrater votre gorge… Ses yeux avaient fini par s’accoutumer au noir. Ainsi, lorsque l’étranger lui tendit sa gourde, les flamboiements rouges qui embrassaient le cœur d’un petit brasier la firent papillonner comme une stupide chouette. La Sorcière tâtonna en aveugle pour saisir l’objet. Méfiante, cependant, elle n’avala rien. Elle se rappelait lui avoir posé une question, mais fut agréablement surprise par la rapidité de son interlocuteur: Pourquoi je suis ici ? C’est à vous de me le dire car c’est en entendant vos cris que je suis venu à vous. Il faut dire que vous étiez en bien mauvaise posture… Une lueur de désarroi gagna son regard. Tanith y songea hâtivement. Il lui fallait avancer une réponse apte à le satisfaire. ▬ C’est une région hantée, on y rencontre plus souvent d’ennemis que d’alliés… plaida-t-elle afin de gagner du temps. Elle n’appréciait pas particulièrement la curiosité manifeste de son sauveur. Bien qu’elle lui devait la vie, elle n’avait aucune précision à lui faire quant à ses motivations qui l’avaient amenés jusqu’à patauger dans l’étang des morts. ▬ Quant à mes raisons d’être en voyage par ici, cela ne regarde que moi et ma Déesse… Sachez seulement que je me nomme Arshan Mahvir et que je demeure et demeurerez le fervent serviteur d’Eydis! » Un horrible frisson lui parcouru l’échine lorsqu’il prononça le nom de la Déesse. Il avait parlé avec tant de confiance que Tanith ne doutait pas de sa fidélité envers cette damnée divinité.

L a jeune femme l’observa à travers ses longs cils noirs et elle resserra davantage l'épaisse couverture autour de ses épaules. Ce qu'il faisait froid. Par moment, son corps était secoué de frissons incontrôlables et elle ne trouvait pas meilleur moyen pour les apaiser que plonger son regard d'or dans le rouge flamboyant du petit brasier. Le lieu était paisible, calme et tranquille, mais Tanith n’en éprouvait pas moins les désagréables tensions qui s’installaient silencieusement entre elle et cet étrange voyageur. Il avait le visage couvert de tatouages étranges, elle n’y avait jamais prêtée grande attention, mais il lui semblait maintenant plus probable que ses symboles aie une connotation religieuse. « ▬ À présent, c’est à votre tour de vous présenter. Les seules choses que je pense savoir sur vous sont confuses et contradictoires… » Toujours aussi perplexe et désabusée, Tanith hésita longuement à lui révéler ces informations. Elle l’examinait toujours entre le rideau sombre de ses cils, comme un animal prit en cage. Il était un serviteur d’Eydis, en temps normal, elle s’en serait débarrassée sans problème, mais un détail insaisissable l’empêchait de quitter le désert de ses yeux. Il était si doux et si étrange à la fois que le naturel curieux de la jeune femme avait prit le déçu sur son orgueil démesurée d’Héritière. Soit prudente mon adorée souffla alors Vorlun à son esprit, Ne te laisse pas enjoliver par son calme apparent, cela pourrait être une ruse. La Sorcière donna immédiatement raison à son mentor, les sourcils froncés. Ce Arshan était peut-être un menteur, il ne disait pas forcément la vérité. Dans une époque telle que la nôtre, il fallait demeurer prudent, même envers ses parents. La cupidité d’autrui pousserait même le plus honnête des hommes à se comporter comme une véritable bête si son honneur ou sa vie était mit en danger. Cet homme de sables, c’est ainsi que le surnommerait désormais, ne pouvait tout savoir de la Sorcière. Il y aurait forcément des conséquences. Ainsi Tanith devait-elle se résoudre de nouveau à mentir, à cacher la vérité habilement sous ses airs fragiles de poupées de porcelaine. Un art dans lequel elle excellait malheureusement.

Portant finalement la gourde jusqu’à ses lèvres, elle avala une gorge puis une autre et une autre, tant qu’elle en vida rapidement la moitié. Dégageant ensuite sa bouche, elle garda néanmoins la gourde entre ses mains, l’image ne rappelait pas moins une fillette exténuée après une longue journée à jouer, Tanith conçu finalement à lui répondre une fois les idées plus en place: « ▬ Je m’appelle Tanith débuta-t-elle d’une voix encore tremblante, légèrement rouillée, Je voyage depuis plusieurs jours et la soif, l’épuisement et la faim m’ont conduit jusqu’ici. J’entendais les ruissellements de l’eau et je pensais qu’un peu de repos ne serait que bénéfique pour ma monture et moi… Elle baissa la tête, les sourcils froncés, comme si les souvenirs se jouait au même instant sous ses yeux, comme si elle cherchait l’erreur qu’elle aurait pu foncièrement commettre: Je me suis approchée de l’eau, puis des mains m’ont agrippés et m’ont tiré jusqu’au fond de l’eau… je ne pensais pas que c’était si profond… Se tortillant alors, elle tenta d’épier les alentours d’un seul même coup d’œil. Puis, l’air inquiète, elle plongea son regard dans le désert brun de l’étranger: Où est mon cheval? »

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