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 Appendice ▬ Contes et légendes de Lanriel

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Eydis

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MessageSujet: Appendice ▬ Contes et légendes de Lanriel   Dim 27 Nov 2011, 08:32

Appendice ▬ contes et légendes de Lanriel


A l'occasion du premier anniversaire d'Echo des Plaines au mois de novembre 2011, un concours d'écriture avait été lancé sur le thème des contes et légendes de Lanriel. Le principe était de réaliser un texte sur le principe du conte ou de la légende, en rapport avec le monde de Lanriel, pour expliquer un mythe exposé dans les descriptions ou du forum ou tout simplement raconter une histoire que tous les enfants de Lanriel sont susceptibles de connaître... Parmi les textes envoyés par les membres, ce sont deux légendes qui ont été retenues par un jury composé des administratrices et des parrains et marraines du forum. Découvrez sans plus attendre les textes des gagnants...

la berceuse de la lune

Légende écrite par Tanith Ruane.



Image © CAF-POW.


On raconte qu'il y a fort longtemps, alors que les tous premiers hommes foulaient tout juste les terres de Lanriel, la Déesse Eydis, en signe d'un avenir d'espoir, aurait donné naissance à deux œufs. Ces œufs, haut-perchés dans le ciel, avaient pour tâche d'éclairer les terres de Lanriel une fois la lune levée et l'obscurité tombée. Car, une fois la pénombre peinte sur les prairies verdoyantes de la contrée, même le plus courageux des hommes n'oserait s'aventurer hors des limites d'un feu de camp improvisé. Pourtant, ces œufs étaient d'une présence rassurante et même en temps d'extrême noirceur, il y aurait toujours un peu de lumière pour guider les âmes égarées jusqu'en sécurité. Ces œufs étaient frère et sœur, ils veillaient chacun sur le monde. L'aînée, qui portait le nom d'Isaliel, était la plus posée des deux. Calme et sereine, elle berçait l'âme des Lanrielliens une fois la nuit tombée. Au son des petits insectes nocturnes, elle veillait sur ses amis endormis. Isaliel était brillante et surtout, elle protégeait les adorés de sa mère avec douceur et bonté. Bientôt, on en vint même à faire des cérémonies, des célébrations et des fêtes en son honneur. On en oubliait presque son frère, Isil. Plus jeune, plus fougueux, il n'avait pas la même sagesse et le même charisme que sa sœur. Cet œuf fou n'avait pas la même contenance que son aîné. Il lui arrivait même de faillir à sa tâche en abandonnant sa sœur dans le ciel pour aller danser parmi les étoiles. Le peuple de Lanriel ne le craignait pas, seulement, ils avaient peu confiance en lui. Les Lanrielliens avaient tous tendance à se tourner vers sa sœur lorsqu'apeurés, ils chantaient ses louanges pour se rassurer. Jaloux, son frère osa alors défier son cousin, le soleil. Il n'y avait pas plus belle brillance dans le royaume et Isil avait été assez fou pour songer qu'avec un éclat aussi orangé que le sien, il parviendrait à conquérir le cœur des hommes. S'approchant alors de ses rayons lumineux, il était de faible allure aux côtés du miroitant soleil. Et même si les rayons dorés lui brûlaient les yeux, il s'entêtait à avancer vers son rival pour lui voler de l'éclat. Seulement, la douce Eydis les avait toujours mis en garde : la nuit et le jour étant incapable de coexister en un même instant. Le combat fut bref, de la terre, on avait rien remarqué. Le soleil sacrifia l'œuf en le brûlant de sa clarté. Isil, vaincu et en chagrin, explosa en une détonation importante et des milliers de fragment de sa carapace se sont alors répandus sur le territoire de la Déesse. Attristée d'avoir ainsi perdu son fils, la Déesse décida alors de punir l'injustice de ses adorés. Ils n'avaient pas su répondre équitablement au besoin commun de ses deux enfants et pour cela, elle transformerait tous les petits fragments en de petits œufs malveillants. Une fois la nuit tombée, caressée par les rayons lumineux d'Isaliel, la coquille des petits œufs éclataient pour laisser s'échapper des créatures monstrueuses. Leurs corps étaient trapus et leur peau molle. Leur museau carré gardait une arme précieuse - des centaines de dents acérés et venimeuses. De leur gueule s'écoulait une matière visqueuse et malodorante qui brûlait tout sur son passage. Ils avaient tous une apparence semblable et ils avaient tous la même soif de chaire humaine.

Pour la mort de son fils, la Déesse condamna des milliers d'âmes lanrielliennes. Ces bêtes, infatigables et affamées, se nourrissaient de la chair des enfants. Une fois la nuit tombée, ils allaient cueillir les nouveaux nés au sein de leur mère pour les déchirer douloureusement. Rien ne les tuait, pas même la lame d'une épée bien affutée. Apeurés, les anciens adorés de la Déesse imploraient alors la pitié de leur Isaliel qui les avait toujours protégés de la nuit. Impuissante, la pauvre coquille brillante ne pouvait que les regarder mourir. Si sa mère l'avait doté de lueur et de bonté, elle n'en était pas moins condamnée à ne pouvoir jamais se poser sur la terre. Des airs, elle était inefficace et ses rayons autrefois si recherchés étaient maintenant craint de tous. Car on soupçonnait l'éclat de ses rayons de guider les créatures monstrueuses jusqu'à eux. Un jour, l'un des hommes, effrayé à l'idée voir son fils nouveau-né dévoré par ces monstres, s'arma d'un flambeau et le balança aux visages de ces créatures. Les flammes, alors scintillantes, faisaient fuir les ténèbres bestioles. Elles craignaient donc le feu, satané démon. Le soleil devint donc la nouvelle figure idolâtrée. Les fêtes autrefois célébrées pour Isaliel furent remplacées par les louanges du soleil. La lune, car on ne daignait même plus l'appeler par son véritable nom, abandonnée décida de se venger. La mettre ainsi au défi la rendait folle de rage. Dès lors, la nuit ne fut plus que désolation et tristesse. Les monstres, guider par leur maîtresse, attaquaient les Lanrielliens et cette guerre sera sans fin et éternelle. Encore aujourd'hui, on craint de se promener la nuit... Et on raconte, encore, que les brises de nuit seraient accompagnées par les chants d'une voix féminine tombée du soleil. « Mes enfants réveillez-vous, car il temps. Ce soir, rapportez-moi ses enfants, car en ce jour j'ai soif de sang...»

Le cheval de lumière

Légende écrite par Arshan Mahvir.


Image © Arshan.


Il était une fois une petite fille qui vivait dans le désert d’Oir Gaiste… D’aussi loin qu’elle pouvait poser son regard, elle ne voyait que du sable et des mirages. Mais Ihmani –c’est ainsi qu’elle s’appelait- était une vraie fille du désert. Elle connaissait aussi bien que ses parents les emplacements des oasis et l’on disait même qu’elle comprenait le chant du vent sur le sable. Elle habitait avec sa tribu dans une oasis bien placée et qui accueillait les voyageurs en quête de trésors exotiques. Courant dans les dunes, la petite brune slalomait entre les traces de scorpion et les écailles de Flocon-argent, comme guidée par la Déesse Eydis elle-même…

Mais un jour, une troupe de brigands en furie débarquèrent dans l’oasis. Les chevaux au galop, les armes au clair et les yeux plein de flamme, on aurait dit une horde de démons sortis tout droit de l’antre de Vorlun. Horrifiée, Ihmani se précipita vers son père qui avait sorti son sabre pour défendre ses biens. Le regard inquiet, il posa une main sur l’épaule de sa fille et lui ordonna d’aller se cacher. Vive comme l’éclair, elle se dirigea d’instinct vers des rochers derrière lesquels elle aimait se cacher. Terrifiée, elle assista impuissante à l’attaque des brigands. Protégeant avant tout femmes et enfants, les guerriers de la tribu formaient une ceinture protectrice autour de leur famille, décourageant les brigands qui s’approchaient trop près… Ihmani eut l’impression que jamais l’horreur n’allait s’arrêter.

Le silence retomba sur le camp. Ihmani accourut et sauta dans les bras de son père et de sa mère. Les visages des guerriers étaient fatigués et tristes. Tristes car leurs chevaux, leurs chameaux et leurs vivres avaient été volés par leurs agresseurs… Qu’allaient-ils devenir sans monture pour voyager et transporter leurs affaires ? Le désespoir emplit le camp et les membres de la tribu se retrouvèrent autour du feu pour se réchauffer et partager leur peine. Chantant sous la lune, leurs voix se mêlèrent, créant un son magnifique et vibrant… Cette nuit-là, la petite fille sortit de la tente et courut jusqu’en haut de la plus haute dune aux alentours. Levant ses yeux couleur d’ébène au ciel, elle pria des heures durant, espérant que la Déesse Eydis entendrait son appel. Les adultes ne croyaient pas que la grande Déesse leur accorderait une faveur. Ils pensaient qu’elle avait des projets bien plus grands que celui d’aider une humble tribu du désert…

Pourtant, la petite fille continua inlassablement. Nuit après nuit, elle lança un appel au ciel. Son chant magnifique traversait les cieux et touchait tous ceux qui l’entendait. Certains dirent qu’elle avait perdu la tête…

La dixième nuit, alors qu’Ihmani allait entonner un chant religieux, une lueur dans le ciel attira son attention. Au départ, elle pensa qu’il s’agissait simplement d’une étoile qui brillait un peu plus fort que d’ordinaire… Mais cette lueur se rapprocha peu à peu, tant est si bien qu’elle dû mettre une main devant ses yeux. Surprise, elle écarquilla les yeux. Devant elle se trouvait la plus belle des créatures qu’elle n’ait jamais vues : un cheval dont la robe était exclusivement composée d’étoiles… En lieu et place d’œil, il possédait deux minuscules constellations dont la couleur rosâtre dénotait avec le reste de la robe. Intimidée, la petite fille ne souffla mot. Ce fut la créature de rêve qui lui transmit ses pensées… La voix était douce, tendre et l’enveloppa tel les bras rassurants d’une mère.

Belle enfant, tes pleurs et tes prières ont été entendus… Sache que ma Mère la Déesse veille sur vous et votre désert. C’est pourquoi elle m’envoie, moi Kitalpha, en tant que messager du bien pour guider tes pas et aider ta tribu. Rassemble les gens de ton peuple, je m’occupe de retrouver les brigands.

Telle une étoile filante, l’apparition divine s’en fut vers le lointain… Passé un moment de félicité silencieuse, Ihmani se releva et se précipita vers le camp en criant. Arrivé dans la grande tente dans laquelle s’étaient rassemblé les membres de la tribu pour avoir chaud, elle se mit à tout raconter avec enthousiasme. Ses yeux brillaient de joie et son sourire mit du baume au cœur des personnes qui l’écoutaient. On aurait pu penser qu’ils ne la croiraient pas. Mais elle était si sincère, si émue qu’ils n’avaient pas le cœur de la contredire… Un mince espoir apparut alors dans le regard des gens du désert.

Lorsqu’une forte lueur illumina le désert, tous se précipitèrent en dehors de la tente. Touchés par cette sublime apparition, ils écarquillèrent les yeux. De nouveau, l’équidé lumineux prit la parole, ou plutôt leur transmit ses pensées.

Chers enfants, j’ai retrouvé les artificiers de votre malheur. Sachez qu’ils se trouvent non loin d’ici, dans la lande de pierres derrière votre oasis. Je puis vous aider, mais c’est à vous de décider de votre sort. Etes-vous prêt à suivre la voie d’Eydis et de croire en moi ?

D’une même voix, les guerriers du désert et leurs familles clamèrent leur approbation, heureux de pouvoir prendre leur revanche sur les brigands et d’avoir une chance de récupérer leurs compagnons animaux…
Après avoir mis au point un plan avec leur guide, les hommes de la tribu prirent leurs armes et se glissèrent tels des ombres derrière les dunes.

A quelques kilomètres de là, une bande de brigands festoyait, se remplissait la panse et riait aux éclats. Ils n’avaient pas bougé de là depuis quelques jours, trop ivres et trop remplis pour être en mesure de se déplacer. Alors quand Kitalpha apparut devant eux, leurs yeux de merlan frit s’écarquillèrent et fixèrent d’un air ahuri le cheval. Persuadés que ce qui brillait devant eux n’était que rubis et bijoux, ils se levèrent en titubant, comme ensorcelés par cette vision. Trop occupés à suivre bêtement ce qu’ils prenaient pour un énorme butin, ils en oublièrent leur fabuleux butin d’il y avait quelques jours. C’était sans compter l’arrivée des hommes de la tribu, tranquillement cachés derrière une dune. Aussi silencieux et discret que le dragon du désert, ils se frayèrent un chemin jusqu’aux chevaux et chameaux. Aussi rapides que le vent, ils placèrent tout ce qu’ils purent sur des animaux de bats et filèrent sans demander leur reste. Leur fuite semblait être masquée par le bruit de crépitement du feu, comme si la Déesse elle-même cherchait à les protéger.

Ce qu’il advint des brigands ? Nul ne le sait, mais il est dit qu’aveuglés par leur cupidité, ils se perdirent dans le désert et moururent avant d’avoir pu retrouver leur chemin vers une oasis…

Quant à la tribu, le retour des hommes donna lieu à des réjouissances magnifiques. Pendant dix jours et dix nuits, le peuple du désert célébra la Déesse, la remerciant de ses chants, de ses offrandes et de son amour.

Quant à la petite Ihmani, elle seule revit le cheval de lumière. La créature et l’enfant restèrent un moment immobiles à observer le ciel, avant qu’il ne se tourne vers elle. D’une grande douceur, il donna, avec son nez étoilé, une caresse sur le front de la petite fille. Celle-ci ferma les yeux alors que son gardien se dispersait en une pluie d’étoiles autour d’elle…

Personne ne sut ce qu’il lui raconta ni ce qu’il fit, mais depuis ce jour-là elle fut capable des plus incroyables miracles : elle pouvait guérir avec des potions qu’elle inventait avec tout ce qui lui tombait sous la main, elle comprenait certaines choses intuitivement, elle était proche des animaux et des plantes, et elle avait une aura qu’on ne pouvait apercevoir qu’autour de personnes liées à la magie…

Une demi-lune apparut sur son front, là même où le cheval étoilé l’avait bénie : la première druidesse venait de voir le monde…
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