Echo des Plaines : Chapitre VII ▬ Le Retour d'Inasmir


 
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 Le Tir à l'arc

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Eydis

Eydis

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MessageSujet: Le Tir à l'arc    Dim 27 Nov 2011, 11:42

Tir à l'arc



l'intrigue


Le héraut de l'épreuve de tir à l'arc était un homme issu de l'archerie royale. Un homme au visage couturé de cicatrices dont l'expression proclamait clairement qu'il n'avait pas choisi d'être honoré de cette fonction. Pour autant, il faisait partie de ces êtres obéissants qui ne rechignaient jamais à la tâche. Il se rappela que ce concours avait toujours été l'occasion de découvrir des nouveaux talents et de potentielles recrues ce qui améliora son humeur. Il regarda la file d'attente, plutôt longue, qui s'était formée pour les inscriptions. Cette épreuve rassemblait une foule hétéroclite issue de tous les horizons. Certains n'étaient pas seulement venus pour la récompense de cent pièces d'or mais également dans l'espoir de pouvoir intégrer les rangs de l'armée en prouvant leurs capacités... Il soupira et ordonna à la première ligne de prendre place. Les curieux attendaient de pouvoir se régaler d'un spectacle toujours populaire...

les explications

Le concours de Tir à l 'arc est ouvert à tous, y compris aux enfants à partir de 10 ans. Les arcs sont même parfois prêtés moyennant quelques piécettes de caution mais la plupart des candidats possèdent leur propre arme et leurs flèches personnelles pour des raisons évidentes d'habitude et de précision. L'épreuve se déroule de la manière suivante : les candidats regroupés par groupe de 5 à 6 archers auxquels on demande de tirer quatre séries de trois flèches sur des cibles mobiles distantes de 5, 10, 20 et 40mètres. On retire un point par cercle qui sépare la flèche du centre de la cible. Les épreuves peuvent devenir éminemment originales puis que pour compliquer les choses on peut demander aux participants d'adopter des positions handicapantes telles que à genoux, à cloche-pied ou allongés sur une table. Il arrive aussi qu'on leur bande les yeux.

Participants

Public :
    ♔ Arsenios Hardansson ;
    ♔ Flore Merrivale ;
    ♔ Lea-Apsoline A. Chloris (absente);
    ♔ Izhelindë Hardansson.


Concurrents :
    ♔ Aeron Pryddeth ;
    ♔ Elenwë Ana Grethan ;
    ♔ Una Syrion.

Ordre de passage

    ♔ Arsenios Hardansson ;
    ♔ Izhelindë Hardansson ;
    ♔ Flore Merrivale ;
    ♔ Una Syrion (tirs à 5 & 10m) ;
    ♔ Elenwë Ana Grethan (tirs à 5 & 10m) ;
    ♔ Aeron Pryddeth (tirs à 5 & 10m) ;
    ♔ Arsenios Hardansson ;
    ♔ Izhelindë Hardansson ;
    ♔ Flore Merrivale ;
    ♔ Una Syrion (tir à 20m) ;
    ♔ Elenwë Ana Grethan (tir à 20m) ;
    ♔ Aeron Pryddeth (tir à 20m) ;
    ♔ Arsenios Hardansson ;
    ♔ Izhelindë Hardansson ;
    ♔ Flore Merrivale ;
    ♔ Una Syrion (tir à 40m) ;
    ♔ Elenwë Ana Grethan (tir à 40m) ;
    ♔ Aeron Pryddeth (tir à 40m).


Chaque épreuve est soumise au Jugement d'Eydis, qui détermina si l'action est réussie ou manquée. Le candidat qui remporte les 3 épreuves (ou le plus d'épreuves) est déclaré gagnant.
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Arsenios Hardansson

Arsenios Hardansson

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Jeu 09 Fév 2012, 21:40

Un nouveau jour débutait et avec lui une nouvelle épreuve. Le tir à l'arc attirait souvent un public majoritairement féminin. Les dames prenaient plaisir à allier précision et patience pour ce genre de concours tandis que les hommes préféraient l'art de l'escrime. Les archers de l'armée était un contingent à part entière et personne ne dépréciait leurs aptitudes mais si les femmes se prêtaient parfois au jeu de la chasse, ils étaient rares de voir les passionnées se contenter du rôle de spectatrice. Depuis plusieurs décennies, les nobles dames du royaume se formaient à la maitrise de cette arme, plus par effet de coquetterie que véritablement un besoin de se sauvegarder. Dans tous les cas, les épreuves de ce type amenaient son lot de demoiselles bien nées. Izhelindë s'était justement portée au côté de son père pour cette énième journée du tournoi. Octavia et Lucius avaient, quant à eux, poliment déclinés l'invitation. Il était étrange de constater que l'épouse du roi se prêtait davantage aux préparatifs qu'aux festivités alors qu'en sa prime jeunesse, elle restait une archère d'exception.

Néanmoins le souverain de Lanriel, n'en apparut pas moins rayonnant. Son bras offert à son héritière, il avançait de son pas altier et conduisit son enfant à leurs places respectives. Son aînée était toute en beauté et n'importe quel quidam remarquait son ascendance royale en la regardant. Lui-même n'était pas en son désavantage et il s'avouait que la coupe de cette nouvelle tenue, du rouge de sa famille, mettait parfaitement sa silhouette charpentée en faveur. La reine ne manquait ni de goût, ni d'œil quand il s'agissait de montrer son mari sous son meilleur jour. Un bandeau d'or cerclait son front et c'est avec satisfaction qu'il s'installa confortablement. Comme de coutume, les participants saluèrent la famille royale et un héraut présenta les conditions de l'épreuve à venir. Les femmes en compétition, car bien vite il s'avéra que l'épreuve serait exclusivement féminine, devaient atteindre quatre cibles à 5, 10, 20 et 40 mètres. Cette dernière indication vola une exclamation surprise à Arsenios. Tirer à une telle distance nécessitait une grande force dans les bras et une excellente visée pour toucher but. Une performance de cet accabit mettrait à l'honneur le tireur. Sans mal, ce dernier approcherait de l'excellence des archers de profession car, après une étude rapide des candidates, il ne pensait pas que celles-ci puissent prétendre à une telle pratique.

Du moins, était-ce là son impression première mais parmi toutes, il reconnut la chevelure blonde et le sourire conquérant d'Aeron Pryddeth. La rôdeuse et son étalon s'était montré efficaces lors de l'épreuve de l'adresse équestre et bien qu'un roi ne se devait pas de montrer ouvertement une préférence, il était heureux de trouver un visage connu parmi les participantes. Il ne savait si elles étaient originaires de la capitale ou des alentours mais leurs postures, leurs apparences et leurs manies respectives les rendaient chacune attrayantes à leurs manières.

«  - Nous voilà avec un bel échantillon des physiques atypiques de Lanriel. Cela change des blasonnées fardées et ternes de notre cour. Ce n'est peut-être pas un mal que ton frère se soit trouvée une occupation. Je crains que son penchant pour les jolies choses n'aurait fait qu'éclore un scandale de plus.»


Arsenios sourit d'un air complice à la princesse et serra sa main dans sa paume. Il n'était pas toujours simple de trouver un temps où réunir père et fille et ces temps-ci, les moments étaient on ne peut plus difficiles. Leur dernière entrevue n'était pas des plus placides mais le roi espérait que cet épisode se conjuguait maintenant au passé. Il inspira et fit signe de débuter l'épreuve.

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Izhelindë Hardansson

Izhelindë Hardansson

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Ven 10 Fév 2012, 12:37

    Occupée à courir les terres de son futur royaume, Izhelindë n'avait témoigné de sa présence à aucune des épreuves organisées en l'honneur du roi. Malheureux constat que celui-ci. Ce n'était pas tant les quadrilles d'art guerrier ou la résolution de certains à se démarquer qui l'attirait, elle n'appréciait que peu ces assemblées officielles dans lesquelles son rang était son unique identité. Si elle avait pu, cela aurait été l'arène qu'elle aurait foulé de ses pas, mesurant son modeste talent à celui d'antagonistes somme toute plus émérites qu'elle ne l'était. Participer à la compétition pour glorifier son propre patronyme, le plus digne des hommages qu'elle aurait – selon elle – à adresser à son père. Se préservant néanmoins de désappointer ce dernier comme elle ne l'avait que trop fait ces derniers temps en s'immisçant parmi les indigents, elle avait jugé plus judicieux de lui apporter sa simple compagnie. Fièrement apprêtée pour l'occasion, parures et délicieuse fragrance, tiare princière en guise de coiffe, elle n'en fut pas moins enjouée de partager ce moment à ses côtés. Digne au bras de son roi et géniteur, elle entreprit de se conduire convenablement, comme il le souhaitait d'elle. Leur dernière chicane en date avait été éprouvante, mais comme à chaque heurt, ils s'étaient retrouvés plus aimants qu'auparavant.

    Furetant distraitement la foule depuis sa place alors que les détails du tournoi étaient révélés, elle estima brièvement l'apparence des candidates, les enviant secrètement de pouvoir démontrer leurs talents. L'arc était son arme favorite, car à défaut d'avoir été éduquée au maniement des lames, une ondée de flèches s'avérait être une excellente offensive. L'archerie devenait une science lorsqu'il était question d'alliage d'habileté et de force, car si beaucoup pouvait prétendre bander un arc, tous n'étaient pas capable de toucher une cible mouvante à une grande distance. La princesse ne fut guère stupéfaite de constater que les participants étaient tous – ou plutôt toutes – des représentantes de la gente féminine. Peu d'hommes prospéraient dans cette discipline, une étrange constatation pourtant avérée qui la laissa perplexe. Le phonème du souverain lui fit cependant cesser toute réflexion à ce sujet, provoquant un rire guilleret suite à sa tirade.


    « Remerciez Eydis qu'il ne vous ait point encore fait grand-père, mais je ne le blâmerai pas d'estimer la beauté sous ses formes les plus diverses. Voyez le bon côté des choses, il a hérité d'un sens aigu des relations publiques. » Affirma t-elle en riant. « Allons donc Père, Lucius est jeune, il finira par se... Modérer avec le... Temps... »

    L'aboutissement de sa phrase s'était soudainement fait plus évaporé, vraisemblablement déconcentrée par quelque chose. Les yeux plissés en direction de l'une des nymphes présentes en tant que compétitrice, l'héritière la reconnut alors. Una Syrion, son amie et complice, toutes deux séparées par leur propre destin à accomplir. Des années s'étaient écoulées depuis leur dernière topographie au coin d'un âtre embrasé, pourtant, elle ne l'avait jamais oubliée. Les réminiscences furent tout aussi abondantes qu'elle se souvint avoir joué de finauderie sur la justification de ses connaissances, et de ce fait, ne jamais lui avoir révélé sa véritable identité. Elle en fut d'autant plus embarrassée qu'au-delà de l'hypothétique démystification qui frapperait l'enfant des îles si elle l'apercevait dans la tribune royale, elle, ne pourrait même pas aller à sa rencontre pour lui fournir des explications sans en devoir ensuite à son père. Situation délicate s'il en était, ne lui restait plus qu'à implorer la divine pour que son amie ne soit pas intriguée au point de trop observer dans sa direction, même si l'issue lui paraissait difficilement favorable.

    Ses doigts frottèrent son arcade sourcilière avec une certaine confusion qu'elle s'empressa de chasser en se raclant la gorge. Sa main dans celle du souverain, elle entreprit de considérer la crinière flavescente et celle rousse qui se trouvaient également en contre-bas, patiente quant au commencement de l'épreuve.

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Flore Merrivale

Flore Merrivale

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Dim 12 Fév 2012, 18:21

Après avoir raté l’ouverture du Grand Tournoi et sa mésaventure, Flore avait fait en sorte que, cette fois-ci, rien ne viendrait l’empêcher d’assister à une épreuve. La jeune femme avait toujours été de nature confiante et cela avait été un crève-cœur pour elle que de décider de se faire accompagner par des gardes plutôt que des femmes de compagnie. Ainsi, dans la file des Blasonnés qui attendaient de gagner leur place dans les tribunes, Flore avait été entourée des deux soldats de la famille Merrivale qu’elle trouvait les plus terrifiants et les plus à même de repousser n’importe quel opportun. Leur présence avait d’ailleurs fait fuir toutes les jeunes filles de bonne famille qui auraient pu voir en Flore une compagnie agréable pour bavarder pendant l’épreuve. Il en allait de même pour les rares représentants du sexe masculin. L’héritière des Merrivale avait alors passé son attente à soupirer, sous le regard amusé de ses gardes du corps qui, s’ils avaient les cicatrices ou les carrures musculeuses suffisantes pour effrayer quiconque, étaient loin d’être des brutes sanguinaires. En tous cas, ils firent leur travail avec beaucoup de réussite puisque Flore rejoignit bientôt la tribune réservée aux Blasonnés.

La jeune fille gagna la place qui lui avait été attribuée tandis que ses gardes restaient en retrait, dans le but désormais inutile de continuer à la protéger de tout ce qui pourrait être une menace. Flore soupira d’aise quand elle s’assit, ravie de pouvoir enfin goûter à l’excitation de l’épreuve et à l’appréciation des talents des concurrents. Les conversations allaient bon train autour d’elle mais elle n’y faisait pas attention, trop occupée à regarder la piste où étaient installés cibles, tonneaux remplis de flèches prêtes à l’emploi et râteliers où reposaient sagement les arcs. Si la jeune femme n’avait absolument aucun talent dans le maniement de cette arme, elle n’en appréciait pas moins la discipline et admirait quiconque y était doué. Elle se disait souvent que l’arc aurait été l’équipement idéal pour ses petites missions secrètes, lui assurant effet de surprise, efficacité redoutable et relative sécurité. Mais où aurait été l’excitation du danger, alors ? Flore avait conscience que ses actions étaient très risquées et que, bientôt, elle ne pourrait plus rien faire. Pas seule, du moins. Et encore moins avec un mari sur les bras. L’idée la renfrogna. Flore essaya de chasser ces désagréables pensées pour se concentrer sur l’excellent moment qu’elle allait passer en observant les talents d’archers des concurrents.

« Regardez, la princesse est là ! »

Cette distraction était la bienvenue. Flore tourna la tête, comme tous les spectateurs, qui se levèrent pour saluer l’entrée du roi et de sa fille. Comme toute la population, les Merrivale avaient appris la récente mésaventure de la princesse héritière et, au vu de la façon dont les gens de Lanriel saluèrent l’entrée des deux membres de la famille royale, Flore sentit un changement presque imperceptible dans l’attitude de la foule. Tout le monde était soulagé et rassuré de voir que la princesse Izhelindë était en bonne santé. Et Flore en faisait partie. Malgré des apparitions régulières à la Cour, la jeune fille n’avait jamais eu vraiment l’occasion de rencontrer la princesse mais elle avait connaissait sa réputation, sa façon de donner du fil à retordre à son père. Un peu comme elle. Et elle admirait cette qualité chez sa future souveraine. En plus de son extraordinaire beauté.

Un sourire niais plaqué sur le visage, comme la plupart de ceux qui avaient observé la princesse, elle se tourna vers la piste quand le héraut annonça le début de l’épreuve.

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Una Syrion

Una Syrion

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Dim 12 Fév 2012, 21:24

Mais que faisait-elle là déjà ? Elle-même ne le savait plus très bien. Vêtue d'un sarouel beige et d'une chemise resserrée à la taille par une ceinture d'un rouge ardent, le beige de sa tenue rehaussait le hâle de sa peau. Une tresse nouée sur le côté de sa tête achevait le portrait. Cette apparence-ci ne correspondait pas à son métier de fille de joie et c'est avec un plaisir non feint qu'elle savourait ce quasi-anonymat. Elle attirait toujours les regards mais non plus pour ses mœurs légères mais pour son accoutrement singulier. Non loin un groupe d'indigents chuchotaient et lui décochaient des sourires railleurs. La veille, une soirée pleine d'ivresse et de jeux l'avaient rendu téméraire au point d'accepter un pari stupide dans un domaine qu'elle ne maitrisait nullement. Ainsi, sans savoir comment un tel gage avait pu être décidé, elle se trouvait en lice pour une épreuve de tir à l'arc, arme qu'elle maniait fort maladroitement au demeurant.

L'expérience lui manquait. Elle n'utilisait cet outil que lors des chasses nécessaires à assurer les repas au sérail ou lors de ses rares voyages mais la fronde conservait sa préférence. Celle-ci, moins imposante, se révélait meurtrière une fois bien en main. Les joues rosies, elle sentait le poids des flèches dans sa main et celui de l'arc sur son épaule. A l'aube, elle s'était emparée d'un modèle à la disposition des concurrents et avait pratiqué plus d'une heure pour se ré-familiariser au bois et aux cordes. La tension accumulée dans son bras se ressentait encore et elle craignait de ne pouvoir tenir toute l'épreuve. Néanmoins, elle ne pouvait renoncer et c'est sans assurance, qu'elle fit son entrée dans l'arène. Elle salua ses adversaires d'un signe de tête engageant et fixa un point sous la tribune royale d'un air distrait et concentré tout à la fois.

Le hasard, ou la guigne, l'avait désigné pour le premier passage. Les cibles de paille se dressaient face à elle. Elle tapa le sol du pied avec nervosité pour s'assurer un appui stable tout comme chasser les fourmis qui engourdissait sa jambe. La gorge sèche, elle fixa son regard sur le point qu'elle voulait atteindre, sourde à la foule. Ses doigts accrochèrent la corde, son bras se tendit et elle décocha. La flèche siffla dans l'air. Elle n'attendit pas le résultat que déjà, elle prenait place face à la cible suivante. Dix mètres les séparaient. Elle tenta d'apaiser les battements de son cœur par une inspiration profonde, évalua ses chances et tira. L'excitation battait à ses tempes. Elle essuya ses mains moites et prit enfin le temps de s'ouvrir à sa performance. Elle n'aurait pas du être surprise mais ses échecs successifs entamait le peu de confiance qu'elle se croyait posséder. Amère, ses yeux eurent du mal à se détacher de son inefficacité. Des applaudissements solitaires lui parvinrent toutefois et tout en se tournant vers la bande de joyeux lurons qui vantait son œil de lynx, elle sourit largement et entreprit une courbette de circonstance.

Il était idiot et prétentieux de sa part de prendre ce concours au sérieux. Sa place n'y était pas. La récompense pour la gagnante n'était pas à négliger mais il valait mieux pour elle de prendre tout ceci comme la conséquence de sa promptitude au défi. Elle fit une grimace amusée à ses compagnons dont elle gratifia également quelques enfants hilares et se porta auprès des autres concurrentes. Elle ne connaissait pas leurs aptitudes mais elle conclut d'une brève œillade que les deux jeunes femmes se distingueraient sans difficulté après elle. Il paraissait futile maintenant de conserver une distance jugée jusqu'ici de circonstance. Elle laissa sa place à la flamboyante avec un grand sourire et lui glissa un mot sincère d'encouragement.

« - Je crois que ce n'est pas un jour. »

Son jour, en vérité mais cet écart dans la langue passa quasiment inaperçu tandis qu'elle s'étirait au côté d'Aeron. Ses os craquèrent et apaisée, elle patienta.

Spoiler:
 

_________________
Partout, sur ta rive chérie,
Où l’amour éveilla mon cœur,
Mon âme, à sa vue attendrie,
Trouve un asile, une patrie,
Et des débris de son bonheur,
Flotte au hasard : sur quelque plage
Que tu me fasses dériver,
Chaque flot m’apporte une image;
Chaque rocher de ton rivage
Me fait souvenir ou rêver...
Extraits des Nouvelles méditations poétiques, A. de Lamartine


Dernière édition par Una Syrion le Dim 12 Fév 2012, 23:20, édité 5 fois
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Eydis

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Dim 12 Fév 2012, 21:24

Le membre 'Una Syrion' a effectué l'action suivante : Le Jugement d\'Eydis

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Lun 13 Fév 2012, 16:47

Sous un soleil de saison et une brise légère, elle n’est ni stressée ni mal à l’aise. Elenwë a n’a jamais participé à un quelconque tournoi mais, cela ne l’empêche pas de garder la tête froide et un silence quasi religieux. C’est un peu sa manière de garder son calme, sa concentration. Elle pourrait évoluer ses possibilités de gagner en scrutant ses adversaires mais, ce n’est pas vraiment ce qui lui importe le plus. Un pas devant l’autre, Elenwë s’avance doucement aux côtés des autres concurrentes. Une brune, une blonde et, avec sa propre teinte, il y aurait certainement de quoi combler tout un chacun lors de cette épreuve. Quoi de mieux pour comprendre le fait que les tribunes soient majoritairement composées de la gente masculine ? Pathétique. Il y a des choses que l’on n’explique pas, d’autres que l’on n’a pas besoin d’expliquer. Si les hommes laissent la place aux femmes pour tirer, ce n’est pas seulement parce qu’ils ne sont pas dotés de la patience requise mais, parce qu’ils aiment -sans aucun doute- se détendre à les regarder bander un arc. Curieuse façon de voir les choses ? Pour Elenwë, pas tellement. Elle n’a jamais perdu de temps à passer par quatre chemins et, sa manière de comprendre la vie ne s’arrête pas aux choses que lui enseignent les druides anciens. Ce sont là, des hommes comme tous les autres et, cela ne l’étonnerait pas que certains soient venus aujourd’hui, pour la voir concourir au jeu du tournoi, pour voir comment elle s’en sort. Un sourire naturel se dessinant sur ses lèvres, la jeune rouquine s’arrête au centre de l’arène, sur la même ligne que les deux autres jeunes femmes. Elle adresse un signe de tête -assez furtif- vers la tribune royale avant de tapoter le sol de ses pieds. Geste instinctif, surement inspiré par celui de la brune à sa droite. Elle lui jette d’ailleurs un regard rapide, préférant fixer les cibles devant elles pour évaluer ses chances de les toucher. Cinq mètres à peine les séparent de la première donc, à première vue, il n’y aurait pas vraiment de quoi s’inquiéter. Expirant un grand coup, elle se mordille la lèvre inférieure de l’intérieure. Ce n’est pas le moment de se croire gagnante puisque, rien n’est jamais joué d’avance et elle le sait parfaitement. Son arc en bois d’orme glisse doucement le long de son bras pour finir au creux de sa main. Impatient, il attend son tour comme si sa vie en dépendait.

La jeune femme à sa droite s’avance de quelques pas, c’est à elle de jouer et, une des premières choses que constate la druidesse, c’est que le vent souffle de la gauche. Il fait virevolter quelques mèches rousses mais, la jeune femme ne prend pas la peine de les dompter. Serrant contre elle son arc familier, Elenwë se remémore la première fois qu’elle s’en est servie. Elle avait douze ans et son père lui avait demandé d’être prudente, surtout lorsqu’elle l’utiliserait pour chasser dans les bois. Elle, prudente ? Elle avait tant rit que cela avait vexé celui qu’elle chérissait tant et, elle avait dû le couvrir de baisers pour qu’il lui sourit à nouveau. Certes, cela n’avait pas duré longtemps mais, cela avait suffit à l’inquiéter. Elle ne voulait pas que ce cadeau soit lié à une dispute et, la voilà rêveuse, amoureuse d’un souvenir passé. A l’époque, l’arc était un peu grand pour elle mais, son père lui avait expliqué qu’il serait parfait pour quand elle serait grande et apte à affronter tous les dangers. Il ne l’a plus jamais quitté depuis et, Elenwë espère grandement que leur complicité sera à leur avantage. Malheureusement pour la concurrente qui la précède, ce n’est pas le cas. Son manque de confiance en elle est évident et, elle ne semble pas non plus habituée à porter l’arc qu’elle tient entre les mains. « Je crois que ce n'est pas un jour. » Penchant un peu sa tête sur le côté, Elenwë lui adresse un sourire de compassion. Elle fera certainement mieux la prochaine fois, il ne faut pas s’inquiéter mais, en attendant, c’est à son tour de passer. L’arc dans la main gauche, elle vérifie inconsciemment que ses flèches son dans leur étui en cuir, à sa ceinture. Oui, elles y sont. Elle s’avance donc jusqu’à la place qu’occupait Una, juste avant elle. Cinq mètres devant, la cible en paille la regarde droit dans les yeux. Les cercles qui la composent semble la narguer mais, ce n’est pas ça qui va l’intimider. Ce n’est pas la première fois, elle en a vu d’autres lorsqu’elle s’entrainait. Inspirant tout doucement, elle prend une flèche et vient tenir l’arc devant elle. Doucement, elle lâche l’air cumulé dans ses poumons par à couts et, tire subtilement sur la corde. Essayant d'oublier les cries de la foule, elle vise le centre de la cible avant de laisser la flèche siffler.

Spoiler:
 

Elle n’a pas de temps de cligner les yeux et savourer son exploit qu’il faut passer à la cible suivante. Cette fois, ce sont dix mètres qui la séparent de la cible. Similaire à la précédente, elle comporte plusieurs cercles noirs qui entourent un petit rond rouge en leur centre. C’est en fixant ce petit rond rouge qu’Elenwë reprend son souffle et prend une deuxième flèche dans l’étui à sa ceinture. Sur la quasi-blancheur de sa longue robe en couton -resserrée à la taille- ce dernier semble attirer les regards autant que sa chevelure de feu mais, peu lui importe. Elle a choisi la pratique à l’esthétique, bien que la robe en soit ne le soit pas tant que cela... Les mains moites par l’excitation, elle dépose un baiser sur le flanc de son arc avant de le replacer devant elle, de tirer sur sa corde et laisser la deuxième flèche partir à l’aventure. Elle n’a pas à attendre longtemps pour connaitre son score et, heureusement, la chance semble de son côté. A moins que ce ne soit Eydis qui l’accompagne dans ses mouvements mais, ce qui importe, c’est qu’elle réussi cette première épreuve avec brio. Son père serait surement très fier d’elle et, à cette pensée, elle rejoint ses adversaires avec un sourire enfantin…


Dernière édition par Elenwë A. Grethan le Lun 13 Fév 2012, 17:17, édité 4 fois
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Eydis

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Lun 13 Fév 2012, 16:47

Le membre 'Elenwë A. Grethan' a effectué l'action suivante : Le Jugement d\'Eydis

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Aeron Pryddeth

Aeron Pryddeth

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Lun 13 Fév 2012, 21:29

Il n'était pas coutumier pour Aeron de sentir l'air vibrer. Comme il était extrêmement rare de se trouver aussi près de la famille régnante ou d'être impliquée dans un concours ne rassemblant que des femmes. Pourtant, la Rôdeuse ne pouvait que constater l'évidence. Plantée dans la cour de compétition, peu de temps après cette fameuse compétition équestre qui n'avait pas été aussi couronnée de succès qu'elle l'espérait, la jeune femme avait décidé de tenter sa chance au tir à l'arc. Elle y concourrait face à deux jeunes femmes peu ou prou de son âge dont l'une avait tout de la druidesse en maraude, un brasier couvant sous ses cheveux roux. L'autre... eh bien Aeron ne pouvait gager de quel milieu la deuxième pouvait bien provenir. Elle semblait particulièrement gênée d'être le centre de l'attention. Ou bien était-ce le trac? Le bruissement de la foule ramena les yeux de la Rôdeuse vers la tribune. Sa Majesté Arsenios Hardansson venait de faire son apparition, avec à son bras, une fille pour qui le terme damoiselle semblait avoir été inventé. La princesse Izhelindë sans nul doute. Pour une fois, les rumeurs étaient au-dessous du compte et dans le bon sens du terme. Constatant qu'une fois assis le duo les observait, Aeron adressa un salut aussi peu protocolaire que possible en direction du roi qu'elle accompagna d'un clin d'oeil complice. Impossible de savoir si il pouvait la voir et si c'était le cas, si il la reconnaîtrait ou même si il se rappellerait d'elle. Mais baste on ne vivait qu'une fois et le souverain de tout Lanriel n'était pas connu pour prendre ombrage de quelques entorses à la coutume.

La brune finit par s'avancer pour ouvrir enfin le bal. Aeron observa son arme et ses flèches en silence avant de se rendre compte que celles-ci avaient été gracieusement prêtées par la Couronne. La jeune femme était trop pauvre ou ne tirait pas suffisamment régulièrement pour posséder sa propre arme. Sans dire un mot, la Rôdeuse l'observa rater la cible par deux fois. Manque de chance? Manque de pratique? Difficile de déterminer les raisons de son échec dans des conditions aussi particulières que celle d'un tel concours. Avec un public attentif presque pendu au moindre de ses gestes, il n'était pas rare de voir un archer expérimenté fléchir puis se briser sous une telle pression. La voyant revenir vers elle en cédant la place à la druidesse aux cheveux de feu, elle se sentit obligée de lui adresser une phrase réconfortante. "La chance sera avec vous au prochain passage." Elle s'abstint d'ajouter j'espère. La chose eut été de mauvais goût. Tirer avec une arme qui n'était pas la sienne et réussir à toucher la cible relevait en effet plus de la chance que du talent ou de la véritable technique. Prise d'une nouvelle crise de spontanéité, elle sourit à son interlocturice. "Aeron Pryddeth, rôdeuse à ton service." Le succès de la deuxième concurrente provoqua une véritable salve d'applaudissements et de vivats. On était loin des commentaires moqueurs et presque grivois du premier passage. Lorsque l'archère sortit finalement de l'arène, Aeron s'avança avec sa propre arme.

La Rôdeuse possédait un arc de guerre à double courbure spécialement fabriqué pour les guerriers à cheval. Court, puissant, c'était une arme redoutable qu'elle avait acheté à prix d'or quelques années plus tôt à la suite d'un contrat particulièrement juteux. Le carquois accroché à sa taille battait la cadence à mesure qu'elle se rapprochait de la ligne de tir. Elle inspira une grande goulée d'air en se concentrant sur l'objectif. Un grand calme envahit tout son être et son univers se réduisit à la flèche et à la cible. Elle espéra faire mouche.

Spoiler:
 

Le premier trait fila comme l'éclair pour se ficher dans la cible avec un petit bruit mat. Aeron s'autorisa un petit sourire satisfait que le sort s'empressa de lui faire ravaler. En effet, trop enthousiaste ou trop assurée par son succès, la jeune femme sous estima la puissance de son arme et tira trop fort sur la corde. La flèche s'envola, dépassa son objectif et retomba dans le sable. Et bien. Ce n'était pas le succès espéré mais c'était toujours mieux que rien. Se retirant, elle retourna derrière la barrière pour observer la suite de l'épreuve.

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Eydis

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Lun 13 Fév 2012, 21:29

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Arsenios Hardansson

Arsenios Hardansson

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Jeu 16 Fév 2012, 22:46


Izhilindë était charmante. Nul ne pouvait y disconvenir. Son physique suffisait à attirer le plus froid des hommes mais son esprit enchainait les érudits et décourageait les plus coquets. Plongé dans le regard de sa descendante, Arsenios la couvait d'amour et l'enroulait de sa fierté. Elle ferait une grande reine mais, surtout, son amour pour la famille assurerait la lignée Hardansson. Il n'y avait qu'à l'entendre parler de son cadet pour mesurer le lien établi entre un frère et une sœur. Ce n'était que tendresse. Amenée sur le sujet des frasques du petit dernier, la princesse ne profitait pas de cette occasion pour détourner son père de ses péripéties personnelles mais imputait ses actes à sa jeunesse. Le souverain ne put qu'acquiescer du chef. Lui-même espérait que la maturité aidant, Lucius gagnerait en jugement.

« - Je l'espère. La jeune Bassey possède toutes les cartes en main pour s'approprier le cœur de notre jeune prince et... le satisfaire. »


Interloqué, le roi fixa ses prunelles sur le profil de son enfant. Outre son intonation chevrotante, son faciès exprimait maintenant un certain désarroi. Dans l'arène, il ne remarqua pourtant aucun signe suspect. Avec circonspection, il engloba le paysage de son regard et chercha à déterminer une quelconque menace. Personne n'ignorait que le tir à l'arc était l'épreuve la plus adaptée pour qui voulait intenter aux vies royales. Un tel attentat ne laisserait aucune chance à son instigateur mais l'occasion ne restait que trop belle pour tout rebelle un tant soit peu suicidaire. La garde surveillait avec insistance les participantes et leur effectif doublé -sous la demande de hauts dignitaires- semblait obsolète pour toute personne confiante en la bonne marche des évènements. En ce jour, Arsenios comptait parmi ces optimistes.

Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre d'où venait le mal être de son aînée. En contre-bas, la jeune rôdeuse affichait ostensiblement leur connaissance. Cette assurance et ce manque de convenance ne manquèrent pas de faire rire le roi. Comme lors de la précédente épreuve, il répondit à cette familiarité avec bonne humeur. Il la salua d'un hochement de tête entendu et leva index et majeur accolés en supplément de politesse. Elle n'avait pas manqué de faire le spectacle lors de l'adresse équestre et Arsenios savait comme son peuple était friand des signes le montrant accessibles et, oserait-il le penser, humain. De bonne humeur, il prit toutefois la peine de s'expliquer à sa fille.

«  - Aeron Priddeth. Elle a concourru récemment avec sa monture. Je pense que tu apprécieras son caractère. Il n'est pas... conventionnel. » Il eut un rire bref à cette définition et se pencha un peu plus vers sa fille, plus sérieux. «  A ce propos. J'ai ouï dire que la jeune Flore Merrivale se sentait un peu seule depuis son arrivée. J'ai pensé que vous pourriez lui prodiguer vos conseils sur la manière de survivre dans notre cour. Après tout, ne s'agit-il pas de votre cousine éloignée au peut-être 30ème degré ? »


Ses lèvres se pincèrent en un pli amusé. En vérité, il espérait qu'une nouvelle amitié inciterait Izhilindë à demeurer au palais. Le caractère provincial de la jeune femme suffisait à lui seul à lui assurer les bonnes grâces de la future reine. Peut-être une affection les préserverait-elle des travers du monde blasonné. Il pressa la paume de sa fille et retira sa main pour applaudir l'entrée en lice de la première participante. Son manque d'assurance était palpable et c'est sans grande surprise que les flèches évitèrent la cible. A sa décharge, il nota que son désappointement laissa rapidement place à une acceptation amusée. La seconde candidate s'avança et l'antagonisme avec la précédente ne devait pas s'arrêter à leur physique car cette performance-ci fut parfaite. Ses applaudissement rejoignirent ceux du public avant que ne vienne le tour de la rôdeuse. Si cette dernière ne fit pas un sans faute, elle s'en tira toutefois avec les honneurs. Il semblait au roi que la véritable compétition se déroulerait entre ces deux indigentes et c'est avec patience, qu'il se prépara à vérifier cette hypothèse.

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Izhelindë Hardansson

Izhelindë Hardansson

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Ven 17 Fév 2012, 16:31

    A présent loin de songer aux frasques libertines de son petit frère, elle eut néanmoins un pincement lorsque son prénom résonna en écho dans son esprit. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait guère eu d'activités en compagnie de Lucius, un fait qu'elle escomptait dédire dès lors qu'elle regagnerait le palais. Sa relation fraternelle avait toujours été, à ses yeux, d'une importance légitime. Elle aimait ce vil louangeur de la gente féminine et ne perdait jamais une opportunité de le faire savoir, notamment lorsqu'il s'agissait de prendre sa défense face aux assauts parentaux. Leur père avait toutefois raison sur une chose : si le prince avait été présent, il n'aurait pu qu'apprécier les nymphes archères qui faisaient certainement tout autant l'unanimité auprès de la foule. L'une d'entre elle se démarqua soudain, visant à saluer le souverain d'une façon toute somme sidérante. Surprise fut en effet Izhelindë, croyant même un instant que cette oeillade lui était destinée, ce qui aurait été d'ores-et-déjà moins étonnant lorsque l'on était au fait de sa propre attitude peu académique. Sa conjecture fut désavouée lorsqu'Arsenios jugea bon d'alléguer ce geste, comme par crainte que quelques idées fallacieuses ne soient imaginées par sa fille. Son rire accompagna celui du roi, mêlé à une admiration certaine. C'était en effet le genre de comportement qu'elle appréciait et elle était curieuse d'estimer la fantaisie de la guerrière.

    Elle imita son père lorsque celui-ci se pencha sur elle, intriguée et attentive. Ses prunelles furetèrent instinctivement les tribunes à la recherche de cette dite cousine rudement éloignée, qu'elle aperçut entourée de deux cerbères. Mais avant qu'elle n'eut le temps de répondre, l'épreuve s'entamait par la performance de son amie pirate. L'héritière ne réprima guère un rictus soucieux aux résultats, bien qu'elle prendrait garde à ne pas désigner de favorite, la victoire d'Una ne pourrait que la combler. Elle l'applaudit tout de même pour l'encourager, puis ce fut au tour de la seconde candidate. Outre cette crinière flamboyante digne de se faire jalouser par les plus bégueules des courtisans, la jeune femme s'avéra être d'une efficacité parfaite. Elle-même doutait qu'elle puisse en faire autant malgré toute sa bonne volonté et ne manqua pas d'afficher une frêle risette conquise. Elle profita du changement de compétitrice pour glisser quelques mots à son père.


    « Je doute que je sois l'exemple émérite d'une dame de la Cour, mes conseils ne feraient que vous attirer les râles du Seigneur Merrivale sur la corruption qui aura gagné sa fille. » Elle arbora une mimique taquine. « Mais la compagnie de Dame Flore me serait très agréable. Par ailleurs, si mes yeux ne me font pas défaut je crois l'apercevoir dans les tribunes. Puis-je la convier à partager l'épreuve avec nous ? »

    Après l'approbation du souverain, la princesse fit signe à l'un des gardes d'approcher et lui susurra quelques instructions à l'oreille. La sentinelle – rejointe par deux confrères - s'en alla à la rencontre de Flore pour lui faire part de l'invitation. Izhi ne l'avait que trop peu côtoyée pour réellement la connaître, mais les ouï-dires avaient contribué à la rendre moins anonyme. De ce qu'elle avait entendu, la blasonnée semblait être une femme de caractère, bientôt enchainée à ses devoirs d'épouse puisque promise à un noble de la Cour. Elle tenterait d'ailleurs d'en apprendre plus sur la saveur que lui léguaient ces épousailles qu'elle finirait par connaître elle aussi. En attendant sa venue, elle observa la prestation de la fameuse Aeron qui, malgré une faute, eut loisir de ravir le public. Les places étaient donc graduellement distribuées après ce premier tour, mais l'épreuve n'en était pas finie pour autant et des surprises s'ajouteraient sûrement. C'est alors qu'une illustration saugrenue lui vint en tête, dont elle s'empressa de faire part à Arsenios non sans une assurance emphatique.

    « Sur une épreuve comme celle-ci, je suis persuadée que je vous vaincrais, Majesté. »

    Insistant sur ce dernier qualificatif avec une moue mutine, elle feignit d'entièrement s'intéresser à l'archerie, laissant supposer que sa réplique ne pourrait de toute façon pas être contredite.

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Flore Merrivale

Flore Merrivale

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Mar 21 Fév 2012, 19:03

Flore observa la première participante avec intérêt. La jeune femme semblait d’une constitution un peu faible pour manier un arc mais la jeune Blasonné avait appris à ne pas se fier aux apparences. Elle-même était la preuve vivante que l’on pouvait affronter plus fort que soi. Malheureusement, la première concurrente ne fut pas en réussite. Flore applaudit poliment tandis que se présentait la suivante. Quand elle vit la chevelure rougeoyante, l’héritière des Merrivale lui donna instantanément sa faveur. Rouquine elle-même, et de ce fait peu gâtée par la nature, Flore appréciait quiconque partageait le même attribut qu’elle, qu’on appréciait aussi peu dans les canons de beauté de Lanriel. La voir mettre chacune de ses flèches dans le mille ravit la jeune fille, qui joignit ses applaudissements effrénés à ceux du public. La dernière concurrente s’avança et Flore constata avec amusement que tous les charmes du royaume étaient représentés dans cette compétition uniquement féminine. C’était probablement pour cette raison que le public se trouvait être masculin à la majorité… En tous les cas, la jeune femme blonde semblait très appréciée par ses voisins, qui applaudirent à tout rompre malgré une performance mitigée et Flore crut comprendre que le caractère de ce personnage leur plaisait beaucoup.

Alors que la dernière participante rejoignait les coulisses et que l’on s’activait sur la piste à changer les distances des cibles, un garde s’approcha de Flore. Par réflexe, les propres gardes de la jeune femme s’avancèrent avant de refreiner leurs instincts en voyant le blason royal sur leur livrée. Néanmoins, la fille Merrivale ne se sentit pas à l’aise pour autant. Cela avait-il un rapport avec l’événement de la veille ? Avait-elle fait quelque chose de mal ? Le soldat ne tarda pas à la rassurer en lui faisant part de l’invitation de la princesse à la rejoindre… Du moins, la rassura sur le fait qu’elle n’était pas coupable de quoi que ce soit. Ce qui n’était pas rien ! En revanche, si la jeune fille accepta avec joie, elle n’en était pas moins soucieuse. Blasonnée parmi tant d’autres dans la tribune, son rang ne la démarquait pas plus qu’une autre et, surtout, elle ne pouvait pas prétendre être une amie de la princesse. Elle ne lui avait jamais réellement parlé et leurs rares conversations se limitaient au protocole lors des cérémonies officielles auxquelles elle avait assisté. Mais Flore ne se laissa pas miner par les questions très longtemps et son naturel spontané prit le dessus. C’était un grand honneur de pouvoir rejoindre la tribune royale – et quand sa mère l’apprendrait, la fierté de son lien de parenté fort lointain avec la royauté ne ferait que se renforcer.

Flore intima à sa garde rapprochée de rester où ils étaient et de profiter de la fin du spectacle. Elle doutait être victime de quoi que ce soit auprès du couple le plus protégé de la capitale, et suivit le soldat. La deuxième partie de l’épreuve n’avait pas encore commencé quand la jeune fille de Vieilleville se présenta devant les représentants de la famille royale. Flore rougit. Le roi était bien plus impressionnant que ce à quoi elle s’attendait. Mais son air jovial la mit en confiance. Quant à la princesse, sa beauté était encore plus éblouissante que depuis les tribunes des Blasonnés.

« Votre majesté. » Révérence. « Princesse. » Révérence. « Je vous remercie de votre invitation. » Fit-elle à l’adresse de cette dernière.

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Una Syrion

Una Syrion

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Mar 21 Fév 2012, 21:06

Postée en retrait, Una ne put qu'admirer le talent dont faisait preuve la seconde concurrente. Certes, la distance n'était pas encore très impressionnante mais elle notait avec satisfaction qu'une parmi elles, parviendraient au moins à faire taire les commentaires masochistes du public. Elle tendit un visage avenant vers la rôdeuse qui en plus de la réconforter, se présentait à elle.

« - Merci. Je suis Una Syrion. »

Fallait-il préciser sa caste ? Elle n'en savait rien et préféra ne pas s'y risquer. Il y avait suffisamment de prétextes au mensonge dans sa vie, inutile de les chercher quand le contexte ne s'y prêtait pas. Sa nature de dessinatrice n'était pas une chose qu'elle partageait étourdiment et elle refusait de se considérer comme une singulière. Non pas que ce soit une réelle insulte mais ce serait trahir sa magie. Quoiqu'il en soit, son regard dérivant sur son arc, elle regrettait subitement de ne pouvoir utiliser son art. Une caresse sur le bois suffirait à lui donner une forme adaptée à sa personne ou du moins, l'agrémenter de quelques détails artistiques. A bien y réfléchir, il était étrange qu'elle n'ait pas opéré ainsi dès le départ. Sur le coup, cela lui avait semblé inutile et difficilement justifiable mais maintenant que plus rien ne comptait hormis le fait de parvenir à tendre une corde, elle aurait aimé que les attentions se portent sur des ornements plutôt que ses performances. C'était idiot, elle en convenait mais elle n'avait jamais fait preuve de logique, son côté artiste vraisemblablement.

D'une pichenette, elle chassa une poussière invisible sur le bout de son arc et refoula ses pensées au loin. La compétition se poursuivait et la politesse voulait qu'elle s'y intéresse. Sans compter que le tour d'Aeron arrivait et qu'Una souhaitait voir ses aptitudes. Chacune des candidates était scrutée par la foule, composée aussi bien des pires indigents que les plus dorés des blasonnés. D'ici, la tribune royale semblait un second soleil tant l'éclat des bijoux éblouissait. Face à tant de richesses, il était normal que les pirates prennent tant plaisir aux razzias des côtes. Le trésor de sa majesté ne devait pas souffrir de déficit et maintenant qu'elle prenait le temps de détailler les figures souveraines, elle trouvait cette réalité étonnante. Rien dans leurs tenues n'était laissé au hasard et quiconque débarquerait dans l'arène saurait instantanément les repérer, de leurs corps sourdait l'opulence. Avec au fond du cœur un brin de rancœur, elle cessa de fixer leurs apparats. La chasse aux pirates étaient tellement puérile quand on apercevait l'ampleur de la richesse Hardansson...

« - Bonne chance Aeron ! » L'espiègle s'avançait déjà quand Una s'était empressée de glisser ces mots. Elenwë, elle, se trouvait maintenant à portée de voix. « - Bravo ! C'était... Bien. Toi tires pour longtemps ? » Confuse, elle se reprit avec un petit rire. « - Tu tires depuis longtemps ? »

A force d'entrainement, l'exercice de la langue de Lanriel se simplifiait et elle parvenait maintenant à se rendre compte de ses erreurs. Toutefois, ses lèvres bougeaient toujours plus vite que ses pensées ne se formaient. Un mauvais réflexe qu'elle se forçait à maitriser. Pendant qu'elle rattrapait sa phrase, Aeron ne manqua pas de briller. Certes, elle rata la seconde cible mais au moins son honneur était-il sauf ! Una joignit ses applaudissements à ceux des autres. Il était toujours étrange de constater que le temps filait toujours quand il s'agissait des tours des autres mais qu'il paraissait durer quand venait le sien. Elle inspira, se saisit de l'arme et alla se poster aussi dignement que sa décontraction apparente le lui permettait. S'il lui était possible de voler, peut-être ses ailes se seraient-elles déployées pour mieux prendre place tant elle se sentait légère maintenant.

Elle fit craquer sa nuque de gauche à droite et choisit une flèche dans son carquois. A vingt mètres, la cible lui paraissait si petite... Et bien, elle tâcherait de faire au mieux. Son bras se tendit. Cette fois-ci, elle prit son mal en patience. L'arc déviait un peu sous la mince pression du vent. Un rien pouvait déstabiliser une flèche et la ficher un mètre plus loin que ce que l'on prévoyait. Elle s'accommoda donc de ce facteur avant de relâcher la corde. Un chuintement aigu suivit. Ses épaules se dénouèrent aussitôt bien qu'elle garda encore un temps sa position comme si cela pouvait maintenant sa flèche dans son alignement.
Spoiler:
 
L'exercice se révélait plus ardu. La chance semblait véritablement l'avoir quitté. Et bien, soit, elle tâcherait de ne pas trop s'apitoyer sur son inefficacité. Ses lèvres se pincèrent en un mince pli contrarié avant qu'elle ne chasse cette expression. Sans savoir si elle cherchait du réconfort dans des visages connus, elle parcourut l'assemblée du regard et s'immobilisa soudain sur le visage de la princesse. Sa mâchoire se contracta. Lors de la joute, Una avait cru discerner son Nylem en tant que jouteur et maintenant elle voyait dans la princesse de Lanriel, une rôdeuse et amie côtoyée par le passé. Eydis se jouait d'elle... La dessinatrice secoua la tête et revint près des autres participantes. Après un court instant de réflexion, elle annonça calmement:

« - La victoire se jouera entre vous. »

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Partout, sur ta rive chérie,
Où l’amour éveilla mon cœur,
Mon âme, à sa vue attendrie,
Trouve un asile, une patrie,
Et des débris de son bonheur,
Flotte au hasard : sur quelque plage
Que tu me fasses dériver,
Chaque flot m’apporte une image;
Chaque rocher de ton rivage
Me fait souvenir ou rêver...
Extraits des Nouvelles méditations poétiques, A. de Lamartine


Dernière édition par Una Syrion le Jeu 08 Mar 2012, 19:48, édité 2 fois
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Eydis

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Mar 21 Fév 2012, 21:06

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Aeron Pryddeth

Aeron Pryddeth

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Dim 26 Fév 2012, 11:20

Aeron ne s'attendait pas vraiment à ce que le roi du haut de sa tribune, l'aperçut ou même qu'il se rappela d'elle autrement que comme la femme qui s'était fait doublé par un troupeau de chèvres. Aussi fut-elle particulièrement surprise lorsque le souverain lui rendit son salut. La chose contribua à renforcer non seulement sa bonne humeur mais également la bonne opinion qu'elle avait d'Arsenios Hardansson en général. Ramenant son attention sur son interlocutrice, elle remarqua chez elle une pointe d'accent étranger qui la ramena à sa dernière expédition sur les rives de Darya. Il n'y avait que les natifs des îles pour parler le commun de cette façon. Quelles que fussent les hasards qui l'avaient mené à la capitale, la jeune femme était née sous d'autres cieux. Préférant garder cette constatation pour elle dans la crainte d'offenser sa compagne par des réflexions indiscrètes, elle se contenta de disserter sur des banalités. "Encore heureux qu'Eydis nous ait gratifié de ce beau soleil. Concourir sous la pluie eut été une vraie plaie." La Rôdeuse détestait la pluie lorsqu'elle devait tenir une arme. Les manches des épées devenaient glissant, le bois des arcs semblaient se transformer en une hampe de glace et plus généralement, les combats se résumaient à une tentative désespérée de ne pas laisser échapper ce qu'on avait la ferme intention de planter dans les entrailles de son prochain.

Son tour ayant été annoncé après l'éclatante réussite de la druidesse à la chevelure de pourpre, elle se dirigeait vers le pas de tir lorsqu'elle entendit les souhaits de bonne fortune d'Una. Cette fille ne gagnerait peut-être pas le concours mais elle aurait sans nul doute celui de la camaraderie et de la personnalité la plus agréable. Il était rare que les autres habitants de Lanriel fussent spontanément si sympathiques avec les siens. Même au sein des marginaux, les Rôdeurs apparaissaient comme des parias. Revenant des cibles après ce qu'elle considéra comme une victoire en demi-teinte, elle regarda d'un oeil distrait les serviteurs de la Cour reculer l'une des cibles d'une nouvelle dizaine de mètres. On allait entrer dans le vif du sujet et son arc à double courbure montrerait enfin sa vraie puissance. Un arc de guerre n'était pas fait pour flécher les lapins même si Aeron avait du quelque fois s'y résoudre. Dans l'ensemble elle préférait l'utiliser sur de plus grosses proies. D'abord parce qu'il transperçait généralement les petites de part en part rendant inutilisable la plus grande partie de l'animal ensuite parce qu'en raison de sa puissance, elle ratait régulièrement son coup. Voyant que la deuxième partie de l'épreuve pouvait enfin commencer, elle adressa à Una un grand sourire encourageant. "Bonne chance à toi."

Et se mordit la lèvre inférieure lorsqu'elle la vit rater son coup. La pauvre jouait vraiment de malchance. Ce nouvel échec venait de l'exclure définitivement de la compétition pour remporter le moindre sou. Avec une expression contrite, ignorant le départ ou les réactions de la seconde participante, la Rôdeuse se tourna vers Una. "Je suis partisane de récompenser tous les essais. Même ceux qui ne sont pas couronnés de succès. J'ai déjà perdu cette semaine. Je loge au Chant de la Sirène. On pourra conspuer la chance autour d'un repas." L'offre était dénuée de toute arrière-pensée, l'expression d'une spontanéité pure ainsi que nombre d'actes au cours de sa courte existence. Aeron appréciait la jeune femme et sa malchance lui faisait mal au coeur. À défaut de gagner, elles pourraient toujours lever quelques verres en l'honneur des glorieux perdants. Elle s'apprêtait à ajouter quelque chose lorsqu'un claquement reconnaissable entre mille se fit entendre. La corde d'un arc qui lâche. Le grincement douloureux du bois relâché trop vite se fit entendre et lorsque la Rôdeuse se retourna se fut pour découvrir que l'arme de la druidesse venait de rendre l'âme. Elle devait déclarer forfait au moins pour ce tour. Ce qui signifiait que c'était maintenant à elle d'essayer. Adressant une courte prière à Eydis dans l'espoir qu'elle la favorise un peu, la Rôdeuse s'avança. Les deux pieds plantés solidement dans le sol, elle banda son arc avec force, les yeux rivés sur l'objectif. S'en remettant au hasard, au destin ou à la chance, elle lâcha la flèche.

Spoiler:
 

Le trait franchit les vingt mètres qui le séparait de la cible en un battement de coeur et se ficha en son centre avec un petit bruit mat. Tout le corps d'Aeron se détendit en réponse à ce signal de victoire. Tout n'était pas joué mais au moins avait-elle égalisé. Résistant à l'envie d'exécuter un semblant de danse de victoire, la jeune femme retourna vers le duo avec un grand sourire.

A l'intention d'Elenwë
Spoiler:
 

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Dernière édition par Aeron Pryddeth le Dim 26 Fév 2012, 11:24, édité 1 fois
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Eydis

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Dim 26 Fév 2012, 11:20

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Arsenios Hardansson

Arsenios Hardansson

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Mar 28 Fév 2012, 19:45


« - Sur une épreuve comme celle-ci, je suis persuadé qu'il n'y aurait là aucune difficulté, princesse.  »

Arsenios appuya cette déclaration d'un sourire franc. Le tir à l'arc n'avait jamais fait partie de ses talents. Il maniait plus aisément l'épée que l'arc et s'il éprouvait parfois quelques vagues regrets à ce propos quand il fallait tenir une embuscade par exemple, il n'en restait pas moins que sa confiance n'était véritable que lorsque son poing tenait une arme à double tranchant. A cela s'ajoutait sa carrure tout à fait inappropriée pour faire de lui un archer émérite. Si son bras possédait la force nécessaire à tendre une corde, sa musculature limitait sa dextérité comme son agilité. En bien des occasions, le roi avait compris que ses performances de combattant se révélaient redoutables surtout au corps à corps. Ce qui, en soi, avait maintes fois horrifié ses conseillers suscitait fort heureusement respect chez ses officiers. Il n'éprouvait plus que rarement ses capacités en combat mais Arsenios se persuadait que les années n'avaient en rien affaibli sa technique et son endurance. Le maitre d'armes de son adolescence, un homme bourru et sévère, aurait quant à lui ajouter que la bonne chère qui distendait aujourd'hui sa chemise ferait une défense insuffisante pour tel ennemi qui le viserait. Évidemment, son sarcasme n'aurait pas manqué de blesser le roi et ce, malgré la vérité sous-jacente. Le temps qui passe est un fléau difficile à combattre.

D'un hochement de tête entendu, le souverain de Lanriel salua la jeune femme qui se présentait à sa fille et lui. Menue et rousse, les tâches de son qui parsemaient ses joues ressortaient avec le soleil. Le tout conférait à la blasonnée un petit air espiègle qui séduisit aussitôt son roi. Il pressentait un caractère agréable dans ce regard innocent mais également l'étincelle d'un trait mutin à réveiller. Flore ne manquerait pas d'être modelée selon le bon désir de la princesse. Arsenios n'y doutait pas. Izhelindë étudierait scrupuleusement la moindre parcelle de personnalité de la demoiselle comme elle le ferait avec un nouvel animal de compagnie. L'entreprise en soi n'aurait rien de malveillante mais s'avérerait parfois pénible. Il espérait que ce premier contact ne servirait pas de prétexte à débuter son évaluation, bien qu'il le savait, nul ne pourrait retenir les bavardages qu'un tel rapprochement serait à même de susciter. L'attention de la famille royale sur sa personne amènerait probablement quelques nouvelles tête dans le cercle de connaissances de la descendante Merrivale. A part lui, le roi se demanda s'il en serait de même du côté de son promis et si par leur grâce, ils ne précipitaient pas la conclusion d'une alliance matrimoniale.


Quoiqu'il en soit, si l'envie ne lui manqua pas de mettre en garde la singulière quant à son contact avec sa fille, il réprima cette pensée amicale pour se consacrer sur le reste du spectacle. Son rôle de chaperon n'avait pas lieu d'avoir cours en cette journée. Avec sérieux, il reprit donc sa contemplation des divers talents s'échinant à son intention. La brunette, et première candidate, ne lui offrit aucune surprise et son nouvel échec fut ponctué d'un savant mélange entre rires goguenards et applaudissement condescendants. Là, encore, elle ne parut pas s'en émouvoir et se campa en retrait. La talentueuse rousse ne put, quant à elle, réitérer son exploit. Son arc céda et son triomphe s'estompa par la même occasion, cela resserrait toutefois l'issue de l'épreuve. Tout se jouait maintenant entre la druide et la rôdeuse qu'il commençait à bien connaître. Cette dernière ne manqua pas de succès et cette prouesse fut accueillit par une salve de cris conquis. Arsenios ne pouvait que la féliciter. Outre son apparente complicité avec sa monture, la mercenaire épatait encore la galerie avec son efficacité. La dernière manche serait brillante.
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Izhelindë Hardansson

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Jeu 01 Mar 2012, 13:11

    Un rire limpide s'extirpa du gosier de l'héritière. Evidemment, elle avait grand peine à illustrer son paternel avec une dextérité archère, il était d'avantage sagace dans le maniement d'une arme tranchante, elle avait maintes fois pu le constater lorsqu'il avait entrainé son jeune frère. Quand bien même elle ne doutait guère de son talent, elle s'interrogeait quant à l'inaction martiale à laquelle ses devoirs politiques l'agglutinaient. Peut-être devrait-elle trouver une opportunité pour le provoquer sur ce terrain, durant laquelle elle pourrait elle-même lui démontrer ce que ses pérégrinations lui avaient enseigné dans ce domaine. Trouverait-il cela futile pour une dame prioritairement destinée à gérer les affaires intestines du royaume de son trône ? Son époux – dans l'incroyable supposition qu'ils parviennent un jour à un accord sur ce sujet – aurait très certainement une dimension militaire qu'elle ne possédait pas. Elle le lui souhaitait, car c'était là parmi les seules fonctions qu'elle daignerait lui attribuer, le reste lui appartenant de droit. Mais tout ceci, ce n'était que trop loin pour qu'elle s'en inquiète, la discussion des fiançailles n'avait point été abordée depuis que le dernier s'était enfui après ses facéties. Un fait qui lui fit penser à Flore, dont les mariages n'aboutissaient jamais selon ce qu'elle avait ouï-dire.

    Seulement quelques minutes après qu'elle ait évoqué le nom de la damoiselle aux gardes, celle-ci apparut devant eux, prudemment escortée par leurs sentinelles. Une risette se dessina instantanément sur les lippes carminées de la princesse lorsqu'elle l'aperçut faire quelques courbettes de déférence, elle répondit à celle lui étant destinée par une frêle inclinaison de la tête adjointe à un clignement des yeux.


    « Je suis ravie que vous l'ayez accepté, cette invitation. Prenez donc place à mes côtés. »

    D'un geste dextre, elle lui désigna le siège vacant sur sa droite, enchantée d'avoir une compagnie féminine. Les demoiselles n'étaient que trop rares dans son entourage proche, à dire vrai, il n'y avait qu'avec Dame Scarlett De Vinter qu'elle aimait à converser en dépit de leurs divergences d'opinions, et quelques servantes qu'elle connaissait depuis toujours. Elle savait que le roi déplorait cette réalité, il l'estimait bien trop solitaire dans sa Cour, l'inverse était tout aussi vrai lorsqu'elle s'escampait en dehors des enceintes du palais. Peu lui importait, mais Flore faisait partie de cette catégorie de personnes qui l'intriguaient bien qu'elle n'en sache que trop peu la concernant. L'éclat rutilant dans ses prunelles lui octroyaient une certaine malice au revers de la circonspection dont elle faisait preuve en public, notamment à son contact. Peut-être Izhelindë se fourvoyait-elle, mais elle n'épargnerait pas la jeune fille d'une expertise menée par ses soins. Elle aimait à scrupuleusement choisir les gens qu'elle côtoyait, du moins dans l'univers seigneurial. Si Flore s'avérait être l'une de ces jouvencelles excessivement bégueules, elle n'aurait pas plus d'intérêt qu'une autre. Si son regard s'égara discrètement sur la jolie blasonnée, son attention fut rappelée à l'ordre par le commencement de la seconde épreuve. Une fois encore, elle observa – navrée – l'échec de son amie pirate, qui mira en direction de la tribune royale. Instinctivement, la sylphide détourna le faciès dans l'espoir de passer presque inaperçue, et en profita pour s'adresser à la jeune femme à ses abords.

    « Je doute que nous puissions faire plus ample connaissance avant la fin de l'épreuve, surtout que mes propos se voient surveillés par la prévenance royale et paternelle. » Elle lorgna Arsenios d'un air faussement accusateur. « Mais il me serait agréable de partager une journée en votre compagnie, Dame Flore. Qu'en dites-vous ? »

    L'héritière reporta son attention sur l'arène lorsqu'elle entendit la clameur de la foule suite à l'insuccès de la rouquine. Puis vint le tour de la blonde dont les capacités l'impressionnaient décidément. La favorite du public était toute trouvée, préserverait-elle son avance sur ses concurrentes ?

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Flore Merrivale

Flore Merrivale

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Lun 05 Mar 2012, 11:02

Spoiler:
 

« Je vous remercie. »

Flore s’installa aux côtés de la princesse. Cette dernière la détailla quelques instants avant de se détourner pour suivre la prestation de la première participante, pour la suite des épreuves. Comme au premier tour, la frêle jeune fille manqua sa cible, provoquant des réactions que Flore jugea plutôt grossières. Mais sur le sable, la concurrente ne sembla pas s’en formaliser. Ce qui ne manqua pas de faire sourire la Blasonnée, admirative de ce sang froid qu’elle ne possédait en aucune mesure.

Elle ne quitta pas son sourire quand la princesse se tourna vers elle. Ses yeux pétillèrent de malice quand Izhelindë mentionna le fait qu’une surveillance les empêcherait de discuter librement. Mais si la princesse semblait le dire sur le ton de la plaisanterie, Flore savait que ses paroles étaient à prendre au pied de la lettre. La jeune femme ne pourrait pas se permettre une quelconque familiarité avec sa future souveraine en présence du roi lui-même et d’autres membres de la Cour. Elle doutait même de pouvoir le faire si elle avait été amie de longue date avec Izhelindë. En tous cas, il ne serait pas possible d’aborder des sujets personnels ou même politiques. Pas en cet instant, ni à cet endroit. Le badinage n’était peut-être pas le meilleur moyen de se faire une amie de la princesse – d’autant qu’elle-même détestait ces conversations sans fond – mais il aurait au moins le mérite de ne pas la faire passer pour une perruche rougissante. Ce qu’elle pouvait facilement devenir…

« J’en serais ravie, Madame. »

Honorée aurait peut-être été plus approprié, lui aurait rétorqué sa mère avec une moue sévère. Et elle l’était, bien évidemment. Mais la proposition de la princesse était pour Flore une source joie plus que la conclusion d’une envie d’élévation sociale étudiée. Aussi accompagna-t-elle sa réponse d’un large et franc sourire. Là où beaucoup aurait vu la parfaite occasion pour monter d’un ou plusieurs rangs dans l’entourage royal, la jeune fille de Vieilleville y voyait celle d’apprendre à connaître la jeune femme qu’elle admirait le plus en Lanriel, et qui deviendrait sans aucun doute sa souveraine dans le futur. Mais par-dessus tout, Flore y percevait la possibilité de se faire une nouvelle amie. Tout simplement. Elle en aurait probablement besoin maintenant que son destin la liait à la capitale et, si son mariage correspondait à ses craintes les plus sombres, avoir une princesse pour amie lui serait certainement d’un grand secours. Cette dernière pensée n’était pas dans les habitudes de Flore, aussi peu calculatrice qu’elle n’était douée de magie, mais l’approche de sa fatalité la rendait proprement nerveuse. De tous les points de vue, son monde allait bientôt changer alors, si dans celui-ci elle pouvait s’accrocher à une pensée positive, celle de passer une journée avec la princesse Izhelindë en était la plus brillante.

Flore reporta son attention sur le Tournoi lorsqu’un claquement sec la fit sursauter. La rouquine sur laquelle elle avait fondé ses espoirs venait de rompre la corde de son arc, au grand dam de la foule, qui mêla hoquets surpris et soupirs de déception. La jeune femme quitta la piste sous des applaudissements polis tandis que s’engageait la dernière concurrente. Sa réussite relança le concours, au grand plaisir du public.

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Una Syrion

Una Syrion

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Jeu 08 Mar 2012, 21:46

La chance sembla quitter Elenwë le temps de ce second tour. Son arc n'avait rien de commun et tout dans sa structure indiquait qu'il était conçu pour la silhouette de sa propriétaire. Una n'osait imaginer l'accablement qui pouvait étreindre la jeune femme. Sa prise se resserra sur le bois qu'elle maintenait et un sursaut la saisit. Perdre un objet aussi vital était terrible, d'autant plus si à cela s'ajoutait une valeur sentimentale. A son cou pendait toujours le croissant de bois offert il y a de cela des années par Galàan. Il ne l'avait plus quitté depuis lors et il était la seule chose qu'elle ne quittait jamais. Sa perte serait une grande souffrance et elle se refusait d'y penser davantage. Son regard se reporta sur Aeron.

L'invitation la surprenait et la ravissait tout à la fois. Attirer l'attention de la rôdeuse relevait un peu du rêve d'enfant: le gamin parvenait enfin à s'asseoir à la table de son héros. Et héroïne, Aeron l'était. Tout chez elle respirait l'aventure, la maitrise et l'assurance. La dessinatrice ne pouvait que se laisser bercer par les effluves d'inédit qui tournaient autour de la mercenaire. Elle l'admirait comme elle admirait chaque femme qui parvenait à s'imposer dans un monde d'hommes dans ses îles natales. Ses yeux s'arrondirent presque d'émerveillement et elle hocha frénétiquement du chef, impatiente déjà de se trouver en tête à tête avec une telle figure épique.

De fait, elle suivit avec encore plus d'attention son passage suivant et pépia de ravissement à cette nouvelle victoire. Suite à sa déconvenue, Aeron et la druidesse se trouvaient dorénavant au coude à coude pour le trophée et Una, en spectatrice privilégiée pouvait voir tout cela des premières loges. Monarques du royaume pouvait bien s'émerveiller de leur position haut placée mais de leur tribune si bien lotie, aucun d'eux ne profitait des commentaires des candidates, de la concentration tendue qui précédait chaque tir et de ce soulagement conquis qui semblait auréoler ensuite chaque amazone. Aucun d'eux ne goutait l'intensité de ces instants autant qu'elle et ce fait la comblait plus que tout.

De bonne humeur, elle s'avança donc pour l'ultime tir. La cible à 40m semblait dès les premiers abords un défi hors de sa portée, pourtant rien ne l'aurait écarté de sa trajectoire. Calmement, elle vint donc se placer sur le marquage au sol et ajusta sa posture. Elle prit une flèche dans un carquois et redonna discrètement un peu de lustre au bois. Son art filtrait de sous son épiderme avec la légèreté du vent. Elle inspira profondément et visa. A cette distance, le cercle de paille paraissait diminué du tiers. Doucement, son index glissa et libéra le trait.

Spoiler:
 

Elle ne savait si son don avait équilibré la flèche ou influé de quelque manière sur le résultat mais à sa grande surprise, elle fit mouche. La chance jouait peut-être. Peut-être que non mais cette performance lui vola une exclamation victorieuse et sa bouche s'ouvrit sur un large sourire, incapable qu'elle était de retenir sa fierté. Cette épreuve ne se finirait donc pas sur un gout amer. Elle galopa presque jusqu'à Aeron dont elle saisit des poignets pour laisser éclater sa satisfaction et lui enjoignit une chance aussi spectaculaire que son fugace talent. A cela, elle ajouta sa promesse d'offrir leur première tournée. Une telle performance se fêtait !

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Partout, sur ta rive chérie,
Où l’amour éveilla mon cœur,
Mon âme, à sa vue attendrie,
Trouve un asile, une patrie,
Et des débris de son bonheur,
Flotte au hasard : sur quelque plage
Que tu me fasses dériver,
Chaque flot m’apporte une image;
Chaque rocher de ton rivage
Me fait souvenir ou rêver...
Extraits des Nouvelles méditations poétiques, A. de Lamartine


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Eydis

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Jeu 08 Mar 2012, 21:46

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Aeron Pryddeth

Aeron Pryddeth

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Lun 19 Mar 2012, 09:45

Quarante mètres... La notion roula dans son esprit, marée incontrôlable. Toucher une cible à quarante mètres revenait à être capable d'abattre un soldat dans les rangs ennemis lorsque les rangs d'adversaires commençaient tout juste à s'ébranler. Quarante mètres était la distance reine. Celle qui distinguait les chasseurs des archers. Lorsqu'elle vit la jeune femme s'avancer, Aeron lui adressa un sourire encourageant. Elle avait certes échoué à ces deux précédents essais mais rien ne lui interdisait la voie du succès. Nombre de personnes ne supportait pas la pression, le regard du public, le bruissement permanent des spectateurs autour d'eux. Elle avait entendu parler des années plus tôt d'un archer capable d'abattre un homme à cinquante pied que la nervosité rendait incapable de participer à la moindre compétition. Le récit était peut-être une mystification mais quelque chose incitait la Rôdeuse à y croire. Ou du moins à y accorder un certain crédit.

Elle considéra les évènements des derniers jours. Après cet hiver interminable, la malchance causée par la malédiction d'Eydis, le retour des beaux jours et l'expérience de ce Tournoi était une très bonne chose. Ce soir, elle pourrait se réjouir de ces bons auspices en compagnie d'Una. Et pourquoi pas de la druidesse. Elle nota mentalement qu'il faudrait songer à l'inviter mais préféra garder le silence, ne voulant pas troubler la concentration de la jeune femme. Se statufiant totalement, elle retint sa respiration lorsque la flèche quitta l'arc avant d'exploser dans un véritable cri de félicitations quand cette dernière atteint son but. La réaction spontanée de joie d'Una faisant écho à la sienne, elle la congratula à grands renforts de braillements sonores ainsi qu'elle le faisait toujours à chaque fois qu'une personne qu'elle appréciait réussissait une entreprise. Une personne qui n'aurait eu que son ouïe pour juger de ce qui se passait aurait probablement jugé que la dernière concurrente venait de remporter la totalité de l'épreuve.

La rôdeuse tourna son regard vers la druidesse, espérant la voir s'avancer à son tour. Un seul coup d'oeil suffit à briser cette éventualité. La corde gisait encore brisée et il faudrait sans doute plusieurs jours avant de trouver un armurier capable de réparer son arc. La jeune femme rousse était bel et bien forfait. Ce qui la laissait seule pour clôre cette épreuve. Elle adressa une prière rapide à Eydis pour s'assurer ses bonnes grâces. Que l'épreuve ne se termine pas sur un ex-aequo. La chose eut été décevante. Raffermissant sa prise sur son arme, elle adressa un clin d'oeil à Una. "Bientôt nous fêterons nos victoires individuelles devant une pinte. Mais d'abord je vais régler son compte à cette cible." Tout en souhaitant ne pas devoir faire amende honorable de sa forfanterie, elle se plaça une ultime fois sur la ligne de tir. Avec des gestes mesurés, précis, différents de l'habituel bouillonnement d'énergie qui l'entourait perpétuellement, Aeron mit la cible en joue. Une nouvelle fois l'univers s'étrécit jusqu'à se réduire à ce cercle d'osier tressé recouvert d'un tissu blanc et noir et ses cercles concentriques. Elle lâcha la corde avec un petit soupir.

Spoiler:
 

La déception fut à la hauteur de ses espérances. Lorsque la flèche tomba dans le sable, Aeron se décomposa. Ce ne serait pas encore cette fois qu'elle gagnerait les deniers espérés. Haussant les épaules, elle s'en retourna vers les deux autres concurrentes. "Il faut croire que ce n'est pas encore pour cette fois."

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Dernière édition par Aeron Pryddeth le Lun 19 Mar 2012, 09:47, édité 1 fois
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Eydis

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Lun 19 Mar 2012, 09:45

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Arsenios Hardansson

Arsenios Hardansson

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MessageSujet: Re: Le Tir à l'arc    Mer 28 Mar 2012, 23:06



Brillante, cette dernière manche ne le fut finalement pas autant escompté. Contre toute attente, la jeune femme qui jusqu'ici ne semblait montrer aucune disposition au tir à l'arc parvint à toucher le cœur de sa cible tandis que ses adversaires goûtèrent aux affres du hasard et les déconvenues associées. Ainsi, la très performante rousse ne put s'avancer sur cette dernière épreuve. La corde brisée de son arc avait emporté avec elle les espoirs d'une victoire éclatante et nul ne put y remédier parmi les facteurs d'arc présents. Aeron, quant à elle, se présenta confiante et sérieuse et ce changement d'humeur parut troubler son talent car la flèche se ficha dans le sable à quelque distance de la cible. Départager ce beau monde devint dès lors la préoccupation principale du souverain car tout ceci lui échoirait une fois l'épreuve déclarée close. Toutefois ravi par le spectacle offert, il joignit gestes et attitude et applaudit les efforts de chaque participante avec un large sourire sur le visage. Lanriel possédait un panel d'individus remarquables. Ce tournoi en l'honneur de son couronnement ne cessait de le lui démontrer.

La nouvelle génération ne manquerait ni de vigueur, ni de courage. Malgré les incertitudes face à l'avenir, les yeux des bambins brillaient aujourd'hui face à leurs héros d'un jour qui, pourtant si proches de leur condition, pouvaient se démarquer le temps d'une épreuve et épater leur famille ou leurs amis. Chaque tournoi suscitait irrévocablement des vocations et Arsenios aimait se bercer par les ambitions juvéniles qu'autrefois il avait pu partager. Le temps s'était hélas écoulé depuis et si ses vieux os commençaient maintenant à le faire souffrir à la fin d'une séance d'entrainement, il n'oubliait pas le gamin qui, jadis, s'élançait à corps perdu dans l'apprentissage de l'art des « grands ». Avec enjouement, le roi quitta l'assise de son trône éphémère et repoussa le pan de sa cape entortillé dans ses jambes. Il jeta un œil à sa fille, prêt à lui proposer de le suivre et jugea plus opportun de la laisser s'entretenir avec la demoiselle Merrivale. A vrai dire, la prudence lui commandait de tenir éloignée sa fille de tout récit d'aventure. Leur trêve était récente et le père ne souhaitait tenter son enfant. De fait, c'est seul qui grignota l'escalier qui le menait au centre de l'arène.


Tandis qu'un héraut énonçait les enjeux en cours et le rôle de juge qui incombait à sa majesté, cette dernière déambula auprès du public et vint y désigner trois quidams dont une charmante enfant d'à peine cinq ans qu'il dut tenir par la main. Le jury, ainsi composé, ils allèrent se poster face aux toutes premières cibles d'Aeron et d'Elenwë. A même distance, les deux jeunes femmes n'étaient parvenues à s'accorder une unique fois. Les cibles à cinq mètres furent donc examinées avec soin pour déterminer le tir le plus précis. Le résultat ne se jouait qu'à un cheveu mais le groupe parvint à se mettre d'accord sur l'issue de cette journée. Arsenios confia le trophée en or à la petite poigne qui se balançait sur son flanc et apposa sa paume sur sa chevelure ébène. Le sourire ébahi de la gamine valait bien une telle entorse au protocole.

« - En ce jour d'été de l'an 30, moi, Arsenios Hardansson, souverain légitime de Lanriel et serviteur dévoué d'Eydis déclare Aeron Pryddeth victorieuse de cette épreuve. Veuillez avancer d'un pas, je vous prie. »


Il adressa un franc sourire à la vainqueur et poussa gentiment sa messagère pour offrir son trophée à la gagnante. La petite statuette reproduisait avec brio la position d'un archer accroupi au sol. C'était là une nouvelle preuve du talent de l'orfèvre royal. D'ailleurs, celui-ci peu désireux de voir son travail fondu en échange de livres avait d'ailleurs très justement proposé de les échanger contre espèces sonnantes à chaque champion. Le message passé par un apprenti du dit-artisan, Arsenios prit congé de ce beau monde et délaissa le costume du célébré pour revêtir celui plus contraignant du maitre de maison. La fin de cette épreuve ne relancerait que plus les festivités et ils seraient nombreux à faire des pieds de jambe pour l'atteindre. Un long travail de patience l'attendait.

Spoiler:
 


Dernière édition par Arsenios Hardansson le Mer 28 Mar 2012, 23:07, édité 1 fois
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