Echo des Plaines : Chapitre VII ▬ Le Retour d'Inasmir


 
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 « on rencontre sa destinée souvent par des chemins que l'on prend pour l'éviter. »

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Echo des Plaines
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MessageSujet: « on rencontre sa destinée souvent par des chemins que l'on prend pour l'éviter. »   Dim 13 Nov 2011, 21:46

« On rencontre sa destinée souvent par des chemins que l'on prend pour l'éviter. »


À part le craquement des bottes des soldats dont l'allure se faisait régulière et monotone, le cortège progressait en silence. Nul ne fredonnait, nul ne chuchotait. Nul ne pipait mot. Ils avançaient, se rapprochaient de leur destination, et c'était tout ce qui comptait. Lances en avant et yeux fixés sur le sentier, ils n'avaient, semblait-il, nulle autre préoccupation que celle de livrer leur fardeau à bon port.
Elvire était ce fardeau et elle avait l'impression d'être au cœur d'un cortège funèbre. Mais, se disait-elle, elle n'avait pas tout à fait tord puisque, après tout, chaque pas qu'elle faisait la rapprochait un peu plus de sa mort. En effet, c'était sans doute ce qui l'attendait à Cathairfal, où les soldats du roi la ramenaient, et où elle serait jugée. Comme il était question d'un meurtre, elle serait sans doute confrontée à une inquisitrice et cette idée la terrorisait. Elle n'en avait rencontré une qu'une seule fois – quelques jours après la disparition de Léonie – et celle-ci lui avait paru bienveillante, désireuse de lui venir en aide, pourtant la crainte primitive et instinctive de la jeune femme pour tous les êtres que la Déesse avait pourvu de dons magiques avait depuis longtemps effacé la rencontre de cette jeune femme. Elle n'avait, d'ailleurs, laissé qu'un fugitif souvenir dans la mémoire d'Elvire et celle-ci avait oublié son visage, ses mots, ses gestes. Seule restait l'incroyable prestance que son corps dégageait et la singulière frémissait à l'idée qu'elle pouvait être la cible de l'aigreur – car quel autre sentiment que la colère réservait-on à un assassin ? - de l'une d'elle. Elvire ne voulait pas être soumise au pouvoir d'une inquisitrice, elle avait la profonde conviction qu'on la dépossèderait de son âme, qu'on briserait sa volonté et qu'elle ne serait plus jamais elle-même. D'ailleurs lorsqu'elle y pensait, les tourments et l'angoisse lui tenaillaient si bien le cœur qu'elle avait l'impression qu'il allait s'arrêter de battre d'un moment à l'autre. C'était une sensation épouvantable.

Mais pour l'heure, rien de tel. En effet si le cœur, l'âme et l'esprit d'Elvire étaient loin d'être apaisés, à présent, c'était surtout son corps qui lui faisait souffrir le martyre. La corde, trop serrée, qui reliait ses poignets les cisaillait à chaque mouvement qu'elle faisait, ses membres étaient éreintés par cette marche interminable et par la course-poursuite qui avait précédé sa capture et son genou, écorché après avoir trébuché sur les racines d'un arbre alors qu'elle courrait à travers la forêt, la lancinait si douloureusement qu'elle doutait de plus en plus que seule une écorchure – elle en avait fait l'expérience plus d'une fois au cours de ces derniers mois et avait désormais quelques notions de la gravité d'une blessure – fusse à l'origine d'une souffrance pareille. Quoiqu'il en soit, tout son être transpirait l'affliction et, comme pour parfaire ce triste tableau, les larmes brouillaient son champ de vision.
Elvire s'était pourtant jurée de ne pas verser de larmes mais c'était plus fort qu'elle. Elle pensait à tout ce qu'elle avait vécu ces dernières semaines et réalisait maintenant à quel point elle avait fait preuve de stupidité et de sottise en rebroussant chemin vers la capitale. Rien de bon ne pouvait l'attendre là-bas alors qu'en se dirigeant vers les lointaines contrées d'occident elle aurait certainement pu commencer une nouvelle vie en faisant table rase du passé. Pourtant, alors qu'elle avait perdu la trace d'Accolon depuis plusieurs mois, sans doute l'avait-il abandonnée à son triste sort, jugeant probablement qu'elle était une épine à son pied ; et alors qu'elle vagabondait comme une âme en peine sans autre but que celui de trouver de quoi apaiser sa faim et sa soif ainsi qu'un endroit où dormir en sécurité du jour jusqu'au lendemain, il lui avait semblé que revenir sur des terres connues était sa meilleure chance de survie. Mais elle s'était bercée d'illusions. Elle n'avait d'ailleurs tenu que quelques jours avant que la rumeur de sa présence dans les environs ne remonte jusqu'aux oreilles de la cour et les soldats envoyés par le roi n'avaient eu qu'à venir la cueillir dans la forêt de l'Éveil où elle avait cru trouver refuge. Bien sûr qu'elle avait tenté de s'enfuir et bien sûr qu'elle avait tenté de se débattre mais une frêle jeune femme comme elle, affaiblie par des mois d'errance en pleine nature et sans ressources, ne pouvait rien contre une dizaine de soldats respirant la santé et la forme. C'était comme penser qu'un agneau pouvait survivre à une meute de loups aux abois. La poursuite, et l'espoir d'en réchapper, n'avait duré tout au plus que quelques heures et désormais les soldats revenaient victorieux vers Cathairfal.

Ils y seraient à la tombée de la nuit et, au fond de son cœur, Elvire espérait que la ville soit déjà endormie lorsqu'ils y débarqueraient car elle avait une peur effroyable, irrationnelle et démesurée, du regard que l'on porterait sur elle. Aux yeux de tous, elle était une meurtrière doublée d'une lâche et la jeune femme savait pertinemment que sa fuite serait considérée comme une preuve accablante de sa culpabilité. En outre, Elvire savait que la lâcheté n'inspirait aucune clémence, bien au contraire, et ce quelle que soit l'ascendance sociale. Les nobles aussi bien que les villageois de basse naissance abhorraient ce travers peut-être plus que tout autre. Elvire, en revanche, n'avait pas la moindre idée de la position et du sentiment des inquisitrices à ce sujet...
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MessageSujet: Re: « on rencontre sa destinée souvent par des chemins que l'on prend pour l'éviter. »   Dim 15 Jan 2012, 23:04



Faire son devoir d'Inquisitrice était l'activité qui rendait Nelaissa la plus heureuse. Elle se sentait fière, utile, dévouée et à sa place lorsque ses pouvoirs étaient requis dans une situation.

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