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 ITHEL&TANITH; the die is cast.

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▬ Contributions à l'histoire : 2037


Tanith Ruane

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MessageFeuille de route
MessageSujet: ITHEL&TANITH; the die is cast.   Jeu 09 Aoû 2012, 13:38



j'entends chanter,
la fille damnée,
j'entends chanter.

gif © TUMBLR


Brindilles et feuilles craquèrent, quand Tanith changea de position. Une entêtante odeur de mousse, de terre et de lichen lui emplissait les narines et la bouche. Quelque chose lui piqua le dos de la main, minuscule coup d’épingle qui la démangea aussitôt. Un moustique ou une fourmi. Elle sentait le venin se répandre dans son sang. Lorsqu’elle voulut chasser l’insecte, ce simple geste lui provoqua un haut-le-cœur. Où suis-je? La réponse vint en écho: Defòra, mon adorée, dehors. La Sorcière déchue gisait face contre terre, la peau humide, fraîche de rosée. Aube ou crépuscule? Son vêtement répandu autour d’elle était détrempé. En s’y prenant lentement, elle parvint à se mettre sur son séant, et, pour ne pas perdre l’équilibre, s’adossa contre un hêtre. Doçament, ma douce, doucement. Entre les arbres qui se dressaient au sommet de la côte, elle voyait un ciel blanc virant au rose à l’horizon. Des nuages flottaient indolemment comme des moutons immobiles. Elle distinguait les contours obscurs des saules pleureurs. Derrière elle, poiriers et cerisiers étaient incolores et dénudés à cause de la saison avancée… ou peut-être morts. L’aube, donc. Tanith tenta de scruter l’alentour qui lui semblait très lumineux, presque aveuglant malgré l’absence de soleil. Non loin, elle perçut les clapotis d’un ruisseau cascadant joyeusement sur les pierres et, dans le lointain, le hululement distinctif d’un grand duc rentrant de sa nuit de chasse. L’Héritière jeta un coup d’œil à ses bras, couverts de boursouflures et de morsures d’insectes, aux égratignures et aux entailles de ses mollets, à ses chevilles sur lesquelles s’étaient formés des croûtes de sang séché. En levant les mains, elle sentit que ses articulations tuméfiées étaient douloureuses. Entre chaque doigt il y avait des stries rougeâtres. C’est alors qu’un souvenir lui gonfla la tête comme une douloureuse migraine, un souvenir: celui d’être traînée, les bras raclant le sol de la forêt… La peur qui lui picota la nuque… Perilhòs, danger. Difficilement, elle porta sa main à sa tête, libérant une plainte quant elle parvint à la masse compacte de cheveux et de sang agglutinés derrière l’oreille. Le souvenir des mains rampant sur elle comme des rats l’incita à fermer hermétiquement les paupières. Des mains d’hommes, empestant une même odeur de cheval, de paille et de bière… Le fait de se mettre debout était une rude épreuve. Il lui fallait portant s’enfuir, trouver son chemin, retourner chez elle. Elle voulut se lever, quand ses jambes se dérobèrent. Sa tête se mit à tourner, et elle sombra dans un impalpable sommeil. Ses tentatives pour rester consciente étaient vaines. Passé, présent, futur se fondaient dans un temps d’une infinie blancheur. Couleurs, sons et lumière avaient cessé d’exister. Ainsi allait-elle mourir au beau milieu d’une forêt qui lui était inconnue, sans que personne ne le lâche; la nature, seule témoin du trépas de la terrifiante Sorcière de Lanriel…

♔ ♔ ♔

Quand elle reprit conscience, Tanith ne gisait plus dans l’herbe, mais reposait entre des draps de coton frais. Les oreilles lui sifflaient comme le vent d’automne dans les branches des arbres et son corps lui semblait étrangement lourd, comme lesté d’un poids étranger. Elle avait rêvé qu’un homme étrangement familier était à son chevet, une main posée sur son front, comme s’il avait souhaité chassé la fièvre qui l’accablait. Pourtant, malgré cette impression de déjà vu, la Sorcière ne parvenait tout simplement pas à reconnaître un nom sur ce visage… La paupière frémissante, elle ouvrit les yeux et reconnut aussitôt le ciel d’un lit, des baldaquins indigo entre lesquels se glissaient des lueurs crépusculaires mordorées. Bien que suffocant, l’air était chargé des promesses rafraîchissantes de la nuit. Tanith capta les émanations douceâtres de romarin et de lavande se consumant lentement dans le brûleur. Des voix de femmes, graves et éraillées, lui parvenaient de l’intérieur de la chambre, à peine plus qu’un murmure, afin, sans doute, de ne pas l’éveiller. Certains mots sifflaient comme une goutte de graisse tombée dans un feu, d’autres coulaient comme ce petit ruisseau qu’elle avait écouté plus tôt. La jeune femme tourna lentement la tête, et, prêtant oreille, reconnut les inflexions d’une voix masculine cette fois. Ils étaient accroupies, tous trois, près de l’âtre, habillée des reflets rougeâtre d’un feu indécent, pareilles à trois corbeaux éreintés et rancuniers. Méfiante à l’endroit de ses inconnus, Tanith s’interrogea sur leur présence dans cette chambre, qui à bien y regarder, était plutôt une large pièce rectangulaire où s’entassaient une vieille table de bois, trois ou quatre chaises taillées du même tronc, des casseroles suspendu au plafond et tout autre objet susceptible de se trouver dans une maison de paysan… « Elle n’a rien d’une héritière », lâcha l'une d'entre elle. « Ce ne peut être la Sorcière dont il nous parlait, elle est si pâle et si maigre ». « Ma grand-mère serait plus coriace! » s’exclama l'autre en s’esclaffant toutes deux d’un rire croassent comme des perroquets. « Taisez-vous donc vieilles mégères, claqua alors l’homme, il a dit qu’il lui fallait du repos ». Tanith voulu se clore à ces commérages bassement terre à terre. On aurait cru des vautours se disputant une charogne. « pfff, une sorcière que cela! Nenni. » La jeune Héritière se tendit alors, sentant les regards des trois personnages converger sur son lit.

Tanith écouta le caquet des deux femmes sans rien apprendre de plus. Les ombres s’étiraient, tandis qu’elle sombrait dans le sommeil, s’éveillait, puis se rendormait. À un moment donné, les veilleuses se retirèrent, ne restait plus que l’homme. Le bruit de la paillasse qu’il amenait de sous le lit tira la jeune femme de son sommeil. Elle perçut le bruit moue de son corps s’affalant sur le grabat, et le crissement de la paille au moment où il s’installa pour la nuit. Quelques instants plus tard, un ronflement nourri entrecoupé de grommellements lui apprit que le veilleur était endormit. Tanith fut soudainement pleinement éveillée, l’esprit bourdonnant de recommandations que lui avait fait Vorlun. S’asseyant silencieusement sur le bord du lit, elle chercha des yeux une quelconque indice qui pourrait lui permettre de s’orienter, au beau milieu de ce fouillis, de morceaux d’étoffes, de bout de chandelles, de parchemins et de paille. Mais elle n’y trouva rien de satisfaisant. Prenant soin de ne pas réveillé l’homme, Tanith explora l’intérieur du petit meuble qui faisait office de chevet, puis l’espace entre le bâti du lit et le matelas, au cas où un objet plus intéressant y serait glissée. Res. Rien. Se glissant hors du lit à présent, la jeune héritière alla à pas de loup jusqu’à la chaise le plus à sa portée. Une cape y était posée. Quelqu’un avait, visiblement, tenté de la nettoyer, mais des croûtes de boue séchées subsistaient sur la capuche. Elle empestait l’aigre et l’écurie. Dès lors, les évènements se précipitaient. Les ombres familières prenaient soudainement un tour menaçant. Elle en était assaillie jusque par les grommellements qui s’élevaient au pied du lit. Cortage, mon adorée, courage. Saisissant une lampe à l’huile posée sur la table, elle en assura la combustion. La seule pensée de traverser un territoire inconnu dans l’obscurité avait beau l’effrayer, elle ne pouvait pour autant rester assise dans sa chambre et attendre qu’un évènement survînt. Toujours aussi silencieuse, elle entrebâilla la porte de la chambre et s’assura de la quiétude des lieux. Une autre pièce, voisine à la sienne, tout aussi grande, mais vide de vie. Elle en fut soulagée et, dans le même temps, plongée dans un abîme de perplexité. Un feu crépitait dans une autre cheminée, sachant le risque qu’elle avait d’être découverte, elle se glissa à l’intérieur, après avoir jeté un coup d’œil par-dessus son épaule pour s’assurer que son veilleur dormait toujours. Un bruit en provenance de l’extérieur la mit sur le qui-vive. Tanith s’empressa de presser entre ses doigts la mèche de sa lampe à huile, puis s’en alla se dissimuler derrière une tenture… Au même instant, la porte s’ouvrit avec un grincement. Le nouvel intrus semblait hésiter, peut-être à cause de l’odeur d’huile brûlée, peut-être aussi en raison de la porte de la chambre qu’elle avait laissée ouverte… Idiote…

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a villain is just a victim whose story wasn't been told. the pariah who never had the chance to who proves himself to be good and faithful. the victim, the miserable one who never had chance.
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Ithel Garashi

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MessageSujet: Re: ITHEL&TANITH; the die is cast.   Jeu 23 Aoû 2012, 12:14


Jamais ses rêves ne lui avaient menti. Pour les bons ou les mauvais présages, Ithel avait toujours eu une confiance quasi aveugle dans son don pour la divination. Des années à le développer silencieusement, s’aidant des quelques conseils de son mentor pour atteindre un niveau de performance et pour toujours compter sur ses visions pour savoir exactement quoi faire. Et maintenant il savait. La sorcière des marais, impuissante, au milieu d’un tribunal inquisiteur et bizarrement cruel malgré toutes les atrocités dont elle était ouvertement coupable. Tanith elle-même, désorientée, délaissant presque sa rage naturelle pour un effroi quasi touchant. Emmenée loin de la capitale, exilée pour ne pas passer sous le fil de la hache du bourreau. Le roi prouvant ainsi son immense bonté qui pour certains paraissait complétement hors contexte ou alors stupide et dangereuse. Mais La sorcière des marais, la disciple de Vorlun, celle qui donnait des sueurs froides à quiconque, n’était plus que l’ombre d’elle-même. Il l’avait vu en rêve, avec ses cheveux sales, ses lourdes cernes, sa démarche trainante et vacillante dans la jungle dangereuse d’Odhra. Cela lui avait suffi pour savoir où chercher. Ithel ne désobéissait jamais à Mynkor, et ce dernier avait été clair sur son désir de voir Tanith rejoindre à nouveau les rangs des héritiers. Ceci plongeait le gourou dans la perplexité à vrai dire. Il le sentait, le savait, bientôt la sorcière des marais ne saura plus rien faire de ses dix doigts et sera complétement inutile. Mais Mynkor y tenait, et Ithel éprouvait un certain plaisir pervers de retrouver cette jeune fille et lui rappeller qu’il était le chef et qu’elle avait outrepassé les limites depuis longtemps. Tanith sera à ses ordres, pliée à sa volonté, et la voir rager à cette idée était une petite revanche personnelle.

Sa demeure à Noristana était bien trop éloignée de la jungle, et malgré toute sa bonne volonté et à allure rapide, il y avait peu de chance pour qu’il arrive sur place à temps, avant que toute vie n’ait quitté le corps maigre et fragile de la pauvre sorcière. Ithel avait donc dépêché certains de ses disciples pour récupérer la jeune fille et la soigner avant d’attendre la venue de leur mentor. Son choix était attardé sur quelques jeunes singuliers, ambitieux, serviles et dévoués à la cause, il était certain qu’ils obéiraient sans protester. Le devin avait donc dépêché un oiseau à l’aide d’un fauconnier local pour envoyer la missive. Ithel était connu dans le petit village de druide pour entretenir des correspondances régulière avec tout Lanriel, plus personne ne faisait attention à ses allers-venus. Et sans plus attendre, il était parti. Retrouver Tanith, en espérant que tout se passe pour le mieux. Il connaissait assez la jeune femme pour savoir qu’elle était instable, passablement folle, et que personne ne pouvait la maitriser. Mais seule et sans défense, il avait l’espoir qu’il puisse lui faire entendre raison sans trop d’ennuis.

Les protagonistes auxquels il avait demandé d’intervenir s’élevaient au nombre de trois. Trois jeunes gens, qui ne dépassaient probablement pas les 25 ans, enfants d’indigents réclamant une vie meilleure, qu’Ithel avait recruté voilà quelques années. Deux jeunes filles exubérantes répondants au nom d’Elizabeth et Léandra, et leur acolyte, plus posé, Théoden, fils de rôdeur ayant déserté le refuge. Ils avaient pour ordre de retrouver la jeune fille au milieu de la jungle hostile d’Odhra, chose que les compétences de Théoden pouvaient accomplir sans trop d’ennui. Son éducation de baroudeur l’aiderait à traquer la trace de la sorcière sans trop d’ennui pour éviter la faune agressive des environs. Les deux jeunes filles pouvaient ensuite soigner et prendre soin d’elle en attendant l’arrivée du commanditaire de l’opération.

***

Elle dormait. Voir la terrible sorcière de Lanriel dans un tel état de vulnérabilité était tellement rare qu’Ithel eut bien de la peine à la reconnaitre, malgré son teint toujours aussi pâle. Léandra lui avait parlé d’une légère fièvre très certainement à cause de la fatigue, mais rien d’alarmant. Tanith était donc sauvée, pour le moment. Le devin accueillit cette information avec un hochement de tête entendu avant de poser délicatement sa main sur le front légèrement chaud de Tanith, avant de la retirer rapidement. Simple précaution, pour se rassurer de savoir que la vie n’avait pas encore quitté le corps de la sorcière. Mynkor allait être satisfait, comme il n’était toujours quand on suivait ses ordres sans rechigner. Il invita la jeune fille à quitter la pièce avec lui, sans faire de bruit.

« Vous trois avez fait ce que j’ai demandé. » Commença l’écrivain un fois seul dans une pièce avec ses trois acolytes. « Je vous en suis profondément redevable, et Mynkor l’est également. »
« Sieur Garashi… » Commença Elizabeth, la plus jeune et la plus zélée des trois « Qui est-elle donc ? En quoi peut-elle aider les plans de notre dieu ? »

Ithel hésita une seconde à dire la vérité, mais il finit par considérer qu’il était ridicule de dissimuler une telle chose à des jeunes gens assez dévoués à sa cause pour plonger dans la jungle sans rien demander d’autre. « C’est la sorcière des marais. Vous en avez probablement entendu parler. Veillez sur elle, laissez-la prendre du repos, je dois m’absenter un instant. »

Pour sentir la présence de son dieu, Ithel avait besoin de silence. D’isolement. Et rester en présence de ces trois personnages n’allait définitivement pas l’aider. Le soleil était déjà bien bas, preuve que l’été était bel et bien terminé, mais ceci n’arrêta pas le devin, qui avait besoin d’entendre la voix de son maître, de sentir sa satisfaction de voir ses souhaits exhaussés. Il voulait être certain que Mynkor savait que Tanith était désormais entre de bonnes mains. Quelques minutes en solitaire avec son guide spirituel, et Ithel serait fixé. Seul, au milieu des herbes hautes de la jungle, à quelques centaines de mètres de la bicoque qui les hébergeait, les yeux fermés, enfin, Ithel sentit la présence si particulière de son bienfaiteur. Enfin, ils pouvaient converser seuls à seuls. Étrange pour un homme aussi solitaire, détaché et renégat, d’avoir à ce point besoin de la compagnie du seul être qu’il n’a jamais aimé depuis le tragique décés de toute sa famille. Mais si Ithel était un gourou, un homme craint et respecté, il était surtout un serviteur de la plus noble espèce, celui qui ne pense qu’à offrir tout ce que son maitre désir sans penser une seule seconde à lui-même.

Ce n’est que bien plus tard qu’il ouvrit la porte de la masure, alors que la plupart étaient en train de dormir. La plupart oui, car une petite souris s’était échappée, Ithel le devina aisément en voyant la porte entrouverte, branlante. Nul besoin d’être devin pour cela.

« Qu’espères-tu faire, Tanith ?... »
Chuchota Ithel pour ne pas réveiller les autres, alors qu’il scrutait l’obscurité pour retrouver la sorcière, cachée dans la pièce. Tout d’abord dans l’ombre des vieux buffets rongés par les termites, et puis derrière l’épais rideau qu’il poussait délicatement, sans violence aucune, pour découvrir le visage blafare et à moitié avalé par l’obscurité de Tanith. « Mes soldats t’ont sauvé d’une mort certaine et tu veux retourner dans le danger constant de l’extérieur… As-tu perdu la raison ? » le peu de raison qu’elle avait auparavant… Il savait pourtant que cela n’allait pas être facile.


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