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 I'll be sorry later.

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Islinss-Fay Argyris

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MessageFeuille de route
MessageSujet: I'll be sorry later.   Mar 17 Juil 2012, 06:18

    « Je te surprend, toi ! A vouloir voler mon échoppe ! »

    « Hein ? Quoi ? Mais non, pas du tout ! »

    Le bras enserré dans la poigne de fer d’un boucher de la place de Dinas Uchel, Islinss était en bien mauvaise passe, et totalement innocente du crime qu’on lui accusait. La gamine était même surprise qu’on puisse l’imaginer en train de voler, jamais un tel acte lui avait traversé l’esprit. Elle n’avait jamais eu besoin de rien, et maintenant qu’elle était inquisitrice, la simple idée de voler la répugnait au plus haut point. La gamine était d’ailleurs blanche comme neige pour une fois. Elle avait gentiment demandé à Aranka la permission de sortir en ville pour profiter de l’animation de la cité et pour voir les ménestrels chanter. Elle avait même prit une carte pour éviter de se perdre une nouvelle fois, s’était vêtus de vêtements communs mais qui ne la ferraient pas passer pour une crotteuse des rues. Et pour une fois, elle avait eu l’intention de rester sage. Pas en train de suivre des soldats, pas ennuyer des forgerons avec des questions sur des épées alors qu’elle n’y connaissait rien. Elle voulait juste regarder un peu à quoi ressemblait la place du village en plein marché et jeter des œillades curieuses aux échoppes. Aranka n’était pas décidée à la laisser partir seule, mais pour une raison curieuse, accepta la demande de son élève de partir sans escorte. Surement parce que la jeune fille était plus d’une fois partie toute seule, sans prévenir quiconque et été toujours revenue sans encombre. Quoique ce dernier détail était moins certain.

    Tout avait pourtant bien commencé. Personne ne faisait attention à elle, et Islinss en avait profité pour fouiller un peu ce qu’on pouvait trouver dans les échoppes avoisinantes. Certains marchands, remarquèrent qu’elle était relativement bien habillée et devait faire partir d’une classe moyenne mais qui ne touchait en rien aux mendiants, prirent la peine de lui parler pour qu’elle amène ses parents et en fait de potentiels clients, mais elle coupa court en disant qu’elle était toute seule et n’avait pas d’argents. Aucun n’insista, une gamine sans un sou n’étant pas du tout intéressant, il n’y avait eu que ce stupide boucher pour conclure qu’elle était une voleuse. De quoi attirer le regard des passants avoisinants alors qu’elle tirait un peu sur son bras pour le dégager. Mais c’était peine perdue et la douleur n’empêcha de recommencer quelque chose du genre. Islinss-Fay tenta bien d’annoncer qu’elle était inquisitrice en visite au marché, mais il ne l’écouta pas, se contenta de beugler à qui le voulait bien qu’il allait la trainer jusqu’au cachot. Un peu excessif pour une voleuse des rues, mais la seule chose qu’il rencontra c’est une profonde indifférence de la part de l’assemblée. Visiblement, personne n’en avait rien à faire d’une petite chapardeuse et de son assaillant. Et c’était tant mieux.

    « C’est ridicule ! Je n’ai jamais rien volé, je n’ai besoin de rien ! Lâchez-moi sur le champ !»

    Il y eu une brève étincelle qui traversa son esprit pour se loger directement dans le crâne du boucher, et ce dernier lâcha son bras sans se faire prier. La petite resta pantoise, se demandant un instant ce qui l’avait fait changé d’avis… Et puis comprit qu’elle avait utilisé son pouvoir sur lui, sans s’en rendre compte. On lui avait bien dit de ne jamais au grand jamais utiliser ses dons pour son propre besoin, mais c’était parti tout seul. Un peu comme la première fois où elle l’avait utilisé alors qu’elle jouait avec les autres enfants de sa petite communauté de nomade. Être accusée de vol, c’était une chose, elle était innocente et l’avait aurait vite été réglée dès que les autres inquisitrices auraient été au courant, mais les quelques passants qui avaient regardé le spectacle avec lassitude haussait maintenant un sourcil interrogateur.

    Islinss, comme tous les enfants en mauvaise posture, se mit à réfléchir à toute vitesse pour distraire leur attention. La seule chose qui lui passa par esprit, était de se précipiter vers le premier homme venu, de lui enserrer la taille de ses petits bras et de soupirer de joie.

    « Aaaah, Papa ! Enfin te voilà ! »

    Elle jeta un œil au boucher non loin d’ici qui la regarda faire avec une mine déconfite, se demandant ce qui venait de se passer.

    « Je t’ai cherché dans tout le marché. » Elle repéra le luth du malheureux qu’elle venait de choisir comme sauveur dans une situation désespérée, et elle osait espérer que ça marcherait. « Tu as fini de jouer, on peut rentrer à la maison ? »



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Eirnin Csintalàn

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MessageFeuille de route
MessageSujet: Re: I'll be sorry later.   Jeu 02 Aoû 2012, 08:37

La journée était belle. Au moins assez belle pour pouvoir se promener dans les ruelles à la recherche de chalands à détrousser, de belles damoiselles à qui chanter fleurette voire lever un ou deux seigneurs en quête de quelqu'un d'assez servile pour narrer leurs exploits. Le troubadour savait pertinemment qu'il ne les reverrait jamais, ou du moins que quelques années s'écouleraient -à preuve du contraire- avant qu'ils ne réussissent à lui remettre la main dessus pour escroquerie. Belle journée, oui.

Eirnin venait à peine de revenir à Cathairfal. La ville avait bien changé depuis la dernière fois où il y avait mis une chausse, mais certaines choses étaient restées fidèles à elles-mêmes. Comme les odeurs s'élevant des étals de poissons ou de pâtisseries, comme les sons sur les marchés, ou encore les discussions -toujours les mêmes- des badauds en pleine promenade. Les intérêts humains, manifestement, ne changeraient jamais. Tant mieux, d'un côté. C'était bon pour les affaires.
Traversant Dinas Uchel d'un pas allègre, le troubadour huma à pleins poumons la vie de son quartier natal. Il avait eu la chance inouie de ne pas retomber sur ses parents. Bah, ils devaient le croire mort et enterré, depuis le temps qu'il ne les avait plus vus. Même sa douce soeur, Doireann, ne devait plus croire depuis un moment qu'il fut en vie. C'était regrettable, mais mieux. Si quelqu'un venait à faire un rapprochement entre le troubadour et la tendre demoiselle, il pourrait lui demander de rembourser toutes ses dettes au centuple. Voire pire. Le barde chassa toutes ces pensées d'un mouvement de tête, agitant ses boucles blondes devant son nez. Il dépassait bien la populace d'une bonne tête. Une qualité quand on se retrouve pris dans la foule, devant les étals, et qu'on ne veut pas subir leurs odeurs d'aisselles. Un sourire apparut sur ses lèvres quand il arriva enfin, suite à une carrère qui semblait sans fin, à la place même du quartier.

Dinas Uchel. Il la connaissait par coeur. Et elle était toujours aussi belle, bien que grouillante de monde. Jour de marché oblige -tiens, la date a changé, depuis le temps-, les cris des marchands comme celui des pièces voyageant de main en main se répercutaient sur les grands murs de pierre des bâtiments, dans un écho familier. Certaines choses ne changent jamais. Nouvelle bouffée de ce parfum si particulier. Un sourire s'orna sur ses lèvres. Toute cette animation méritait un peu de musique, avec le monde qui déambulait sur la place, il aurait bien l'occasion de remplir en partie sa bourse. Consciencieusement, le troubadour tira sur la sangle sur son épaule. Une pression et son luth glissa rapidement sur sa hanche, lui atterrissant docilement dans la main. Ses doigts longs caressèrent tendrement la rosace marquettée avant d'empoigner le manche pour soulever l'instrument. L'intention était claire. D'un coup d'oeil, il repéra une petite marche devant une porte, tout juste ce qu'il lui fallait.

Sauf qu'alors qu'il se mettait en route, il sentit quelque chose de pas bien grand lui foncer dans le dos. Le troubadour poussa un léger cri de surprise en sursautant. Deux petits bras s'étaient noués autour de sa taille. Une ancienne conquête ? Un nain pickpocket ? Eirnin déglutit difficilement et allait donner un coup de luth à l'importun pour l'assommer, dans le doute, quand une voix fluette retentit derrière lui.
P..P...P...Papa ?!
    -P...pardon ?

Il en faut pour clouer le bec du troubadour. Beaucoup, même. Ce que la gamine accrochée à ses basques, pas plus haute que trois pommes -à vue d'Eirnin- avait réussi à faire avec brio. Il cracha rapidement, se retournant pour qu'elle le lâche un peu.
    -Tu dois te tromper, ou si ta mère m'a reconnu, c'est elle qui se trompe...

Un bref coup d'oeil pour balayer les alentours à la recherche de cette dernière. Aucune trace de mère éplorée dans les parages. Par contre, la fillette avait apparemment eu le don d'attirer les regards. Les sourcils froncés, quelques uns des badauds étaient maintenant tournés vers l'étrange duo et semblaient se demander si c'était du lard ou du cochon. Déjà, deux gardes approchaient, intrigués par le mouvement de foule. Il fallait réagir, et vite. Le troubadour éclata de rire et tapota la tête de la petite dans un geste qu'il voulait, à défaut d'être maladroit, au moins un minimum paternel.
    -Haha oui, ma chérie, j'ai fini, on peut y aller !

Un grand sourire se vissa sur son visage et il distribua une série de saluts rapides de la tête tout en poussant la fillette à sa suite, une main dans son dos. A pas vifs, ne se souciant que peu que sa compagne improvisée réussisse à tenir la cadence, il l'attira dans une ruelle déjà moins bondée. Le sourire crispé du troubadour retomba d'un coup, et il se pencha en direction de la gamine. Elle n'était pas assez pauvrement vêtue pour être une tire-laine, ou alors les moeurs avaient bien changé dans cette ville depuis qu'il était parti.
    -Non mais Papa... T'en as d'autres, des idées lumineuses, comme ça ? Ils sont où, tes parents ? Parce qu'il va falloir qu'ils me dédommagent le traumatisme, et ça va leur coûter cher...

L'intérêt passe avant tout. Tirant sur son pourpoint pour le remettre correctement en place, Eirnin grommella un instant. Cette gosse avait, pour le moment, ruiné ses espoirs de gagner sa journée.
    -Et t'as fait quoi pour que tout le monde te regarde comme ça, d'ailleurs ? ...moi qui voulais pas attirer l'attention...

Il grognait, oui. Et à juste raison. Ou pas.



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Islinss-Fay Argyris

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MessageFeuille de route
MessageSujet: Re: I'll be sorry later.   Dim 19 Aoû 2012, 12:34

    Rien à faire, il n’avait pas compris. Elle aurait dut s’en douter, mais la jeune inquisitrice voulait seulement que cette situation embarrassante s’achève. Car si se faire appeler papa était surement gênant, devoir serrer un parfait inconnu dans ses bras alors qu’on n’avait jamais eu de figure paternelle dans sa vie était tout aussi déstabilisant. Serrant les dents et fronçant les sourcils pour intimider le troubadour de suivre sa directive, Islinss espérait sincèrement qu’il ne fasse pas voler son stupide plan en éclat. Mais pas effrayante et convaincante pour un sou, c’est la foule qui finit par faire pencher la balance. Et fort heureusement, en sa faveur. Mais sans faire dans la finesse, le grand homme finit par entrainer Islinss loin de l’agitation. Enfin. Elle avait réussi à se sortir de ce mauvais pas sans trop de problème. La gamine aurait volontiers crié sa joie, mais la décence, et probablement le fait que l’homme marchait bien vite pour ses petites jambes, l’empêcha de le faire. Elle était sur le point de le remercier quand elle le vit se pencher sur elle pour lui faire allégrement la leçon. Certes, elle le méritait, mais elle trouvait que c’était tout de même une réaction exagéré. Un petit mensonge pour un plus grand bien, qu’est-ce que cela pouvait bien lui faire ? Bon, la gamine était on-ne-peut-plus-mal placée pour une dire une telle chose, car elle était inquisitrice et si il y avait une seule personne pour dire que le mensonge était une abomination, c’était bien elle. Mais entre mentir et se faire passer un savon parce qu’elle n’avait pas pu contrôler son pouvoir à cause de sa peur incontrôlée déclenchée par un imbécile de boucher, la question était réglée avait même qu’elle ne soit posée.

    Ses parents ? Ah. En voilà un problème. Non pas qu’Islinss était ce genre d’orpheline à pleurer dès qu’on parlait de géniteurs qu’elle n’avait jamais connu, très honnêtement elle se fichait bien de savoir qu’elle était d’X ou Y, elle avait été élevé par des gens formidables et étaient la protégée de la mère inquisitrice, tous les gosses ne pouvaient pas en dire autant. Le souci, c’était que peu de gens arrivaient à comprendre sa situation du premier coup, alors qu’elle préféra trancher au plus simple pour être certain qu’il ne pose plus la question. Quitte à ce qu’il devienne encore plus pâle. Il était d’ailleurs amusant de voir avec quelle rapidité l’homme avait perdu ses couleurs.

    « Des parents ? J’en ai jamais eu. Vous allez devoir vivre avec votre traumatisme, je le crains. »

    Répondit-elle avec un certain amusement dans la voix. Amusement qui disparut comme neige au soleil quand il lui demanda la raison d’une telle agitation. Islinss-Fay fixa ses chaussures un instant, pesant le pour et le contre de lui dire la vérité. Elle ne voyait pas le problème de lui dire qu’elle était une inquisitrice, mais elle ne voulait pas prendre le risque qu’il aille rapporter à la mère inquisitrice qu’elle avait utilisé son pouvoir en plein public et sans autorisation. Risque peu élevé certes, mais comme tout enfant prit la main dans le pot de confiture, la jeune fille avait une légère tendance à devenir paranoïaque et à penser que le moindre détail la condamnerait à une sévère punition. L’enfant des druides finit par trancher pour une solution ni toute à fait fausse, ni tout à fait vraie.

    « Il pensait que j’avais volé quelque chose. » Fit-elle en le fixant, paraissant vaguement sûre d’elle en croisant les bras. « Mais je ne suis pas une voleuse, ça se voit non ? »

    Islinss avait passé assez de temps à Cathairfal pour savoir faire la différence entre les pauvres et les riches. Et avec ses jolies robes, quoique plutôt simplistes, absolument pas pratiques pour marcher ou s’enfuir en courant, elle se distinguait sans aucun problème de la caste de la pauvreté. Un détail attira particulièrement l’attention de la jeune fille. Le luth que l’homme portait avec lui. C’était l’une des premières choses qu’elle avait remarqué, et elle quitte à changer de sujet, autant parler de lui, avec un peu de change, cela le flattera et il oubliera de demander des détails.

    « Vous êtes barde ou quelque chose du genre ? Personne ne sort avec un instrument sur la place du marché si ce n’est pour en jouer. »

    Islinss connaissait bien la musique. Ayant grandi dans une communauté qui élevait les enfants des druides, elle avait été instruite à cet art depuis son plus jeune âge. Voilà des mois qu’elle n’avait pas touchés à sa vielle à roue qui trainait dans sa chambre à prendre la poussière. Plus qu’elle ne voulait l’admettre, son ancienne vie lui manquait parfois et jouer lui rappelait parfois douloureusement que ses anciennes connaissances et amis étaient désormais morts et qu’un retour arrière n’était pas possible. Quoiqu’il en soit, la petite regarda plus en détail l’instrument de son père de substitution, et du admettre que c’était là un bien bel instrument. Sa curiosité naturelle prenant le dessus, elle espérait qu’il lui en parle plus en détail avant de s’enfuir loin de cette gamine qui avait visiblement bien déranger ses plans de la journée.


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