Echo des Plaines : Chapitre VII ▬ Le Retour d'Inasmir


 
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 Interrogatoire • Eleonore.

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Scarlett de Vinter

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MessageSujet: Interrogatoire • Eleonore.   Jeu 21 Juin 2012, 18:00

Scarlett ne se rendait jamais dans les bas-quartiers. Elle les fuyait même comme la peste. Pourtant ce jour-là était un jour différent. La nécessité de ses recherches personnelles la forçait à s’y rendre. Elle avait troqué ses parures ordinaires, ses robes de soie et de satin, ses bijoux sertis de pierreries contre une tenue simple qui lui permettrait de se mouvoir sans le moindre problème dans les rues de Cathairfál. Elle n’avait pas souhaité prendre de cape. Dissimuler son visage ne ferait qu’attirer inutilement l’attention sur elle. Les gens qui la verraient se détourneraient. Personne n’avait envie de se retrouver impliqué dans les affaires d’une noble accompagnée d’une troupe mercenaire, spécialement quand il s’agissait d’elle. Pour une fois, sa réputation serait un avantage et non un inconvénient… Elle n’aurait qu’à se montrer, elle et sa troupe mercenaire et les gens présumeraient qu’elle était là sous mandat royal. Elle ne les détromperait pas. Elle voulait être tranquille pour conduire l’interrogatoire qui s’annonçait et, si la populace croyait qu’elle était là sur ordre du souverain de Lanriel, on lui ficherait la paix. Certes, la chose risquait également de lui attirer de sérieux ennuis quand Arsenios réaliserait qu’elle avait menti par omission et fait passer une mission personnelle pour un commandement royal mais elle savait qu’il finirait par lui pardonner. Elle était suffisamment efficace par ailleurs pour pouvoir se permettre quelques écarts de conduite occasionnels. Elle considérait que la circonstance exigeait d’elle une certaine démonstration de force. Elle ne tenait pas à ce que sa proie fasse la bêtise de la sous-estimer. Elle tenait aux renseignements que cette femme pouvait lui fournir pour des raisons très personnelles et elle les aurait. Elle sortit de sa demeure où un mercenaire l’attendait, les rênes de son cheval dans les mains. La saluant de manière militaire, l’homme l’aida à se mettre en selle puis prit la tête de la colonne qui devait la mener dans les bas quartiers. La petite troupe s’engagea dans les rues encore désertes sans causer une grande animation dans les venelles qui s’éveillaient à peine…

Ils atteignirent les bas quartiers, un moment plus tard mais la ville était déjà sortie de sa léthargie et du trot énergique des premières minutes, la troupe avait du revenir à un pas tranquille. Pour autant, la jeune femme savait que leur présence troublait la monotonie du quartier. Et que tous ceux qui avaient quelque chose à se reprocher tremblaient. Elle sourit. Il était parfois nécessaire de rappeler qu’il y avait un pouvoir au-dessus de leurs têtes et qu’il pouvait se manifester n’importe quand. Certes, les plus malins remarqueraient qu’elle n’était pas accompagnée de la garde mais d’hommes de main et sauraient qu’il ne s’agissait pas vraiment d’une mission royale. Mais elle pensait à tous les autres. Ceux qui n’avaient pas de jugeote, ceux qui n’étaient pas observateurs ou à qui l’éducation manquait. Ceux-là sentiraient la peur étreindre leur cœur et peut-être certains rentreraient-ils dans le rang. Sinon… Eh bien sinon elle n’avait qu’à souhaiter qu’ils rencontreraient la justice rapidement.

La colonne s’arrêta finalement sur un ordre du meneur devant un bâtiment qui ne payait pas de mine mais que même Scarlett elle-même pouvait identifier. Un lupanar, une maison de plaisir. En bref, un bordel. Sans même mettre pied à terre, la jeune femme donna un ordre sec. « Videz-moi ce bâtiment. A l’exception de celle dont nous avons parlé. » La compagnie mercenaire s’exécuta et finalement la Blasonnée daigna démonter. Elle pénétra dans la demeure à la décoration vulgaire et clinquante, monta quelques volées de marche pour arriver devant la porte d’une chambre que le capitaine mercenaire s’empressa d’enfoncer lorsque sa patronne l’eut gratifiée d’un regard éloquent. A l’intérieur de la pièce se trouvait deux personnes. Un client, homme ventru, les fesses à l'air, qui hurla lorsqu'il s'aperçut de la présence du mercenaire dans la pièce. Et la cible de Scarlett. Cette dernière connaissait par ailleurs ce Blasonné de petite envergure que ni sa fortune, ni sa faible influence n’avait jamais rendu particulièrement intéressant à ses yeux . Aussi n’eut-elle aucun remord à prononcer ses mots d’un ton détaché. « Foutez-moi ça dehors. » Le mercenaire se fit un plaisir d’obéir, la laissant seule avec la prostituée qu’elle était venue voir.
Scarlett jeta un regard circulaire sur la pièce, alcôve destinée à la pratique du stupre et de la luxure aménagée dans une ancienne bâtisse. On avait recouvert les murs de pierre d’un lambris de mauvaise qualité qui ne tarderait pas à tomber en ruine si on en croyait l’odeur de moisissure qu’il dégageait. Une décoration clinquante de dorures tout aussi pourrissantes courrait le long d’un plafond sculpté de figures érotiques. Elle avisa enfin une chaise chargée d’une pile de vêtements divers au nombre desquels devaient se trouver ceux des clients qui venaient d’être expulsés de la maison de plaisir sans ménagement. La Blasonnée dégagea les frusques sur le sol d’un geste élégant et vaguement méprisant avant de s’asseoir face à son interlocutrice. Elle la regarda avant de lui ordonner d’une voix froide, détachée. « Couvrez-vous. Je ne suis pas venue pour profiter de votre viande… » Contrairement à ce que son attitude pouvait laisser penser, Scarlett ne haïssait pas les prostituées. Elle se moquait bel et bien de ce qui pouvait leur arriver mais elle n’avait aucun remord à les utiliser comme agents de renseignements lorsqu’elle devait le faire. Cette femme-là avait potentiellement des informations sur son frère et elle n’avait pas l’intention de perdre son temps en ronds de jambe. Elle laissa le temps à son interlocutrice de se couvrir en s’enroulant dans le drap ou en récupérant ses frusques avant de reprendre son propos. « Je suis Scarlett de Vinter. Et je vais présumer que vous savez qui je suis puisque je ne serais pas ici sans une bonne raison. Vous avez un renseignement qui m’intéresse. » Elle marqua une pause le temps d’extraire une bourse qu’elle jeta sur la couche. « Et je suis prête à vous payer grassement pour cela. »

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Dernière édition par Scarlett de Vinter le Sam 23 Juin 2012, 10:21, édité 1 fois
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Eléonore Hidgard

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MessageSujet: Re: Interrogatoire • Eleonore.   Ven 22 Juin 2012, 21:51

Il existe différentes manières de gagner sa vie. Paysanne, serveuse, servante, lavandière, blanchisseuse pour les femmes les plus fortes, commerçante pour les femmes d'affaire, aventurière ou voleuse pour les plus adroites... La jeune femme soupira alors que l'homme la chevaucha. Elle songeait que, décidément, son métier était purement alimentaire, puis sourit, encourageante. Ce qu'il y avait de bien, cette fois, c'était l'idée saugrenue de ce nobliau ventripotent mais fort argenté, de l'introduire -sans jeu de mots !- dans un bordel à l'insu de la maquerelle. La chambre était d'un vulgaire ! vraiment, il y avait de quoi frissonner d'horreur. Ses pupilles se posèrent sur un guéridon couvert d'une nappe de brocard frangé... le summum de la vulgarité. Le client ahanait péniblement et Eléonore le griffa sur tout le dos en remontant le long de la colonne vertébrale, en suivant le creux dans la graisse.... breuuuuhhhh : de quoi faire froid dans le dos à n'importe qui. La jeune femme crispa brusquement son vagin, arrachant un cri de plaisir au gros homme, certain d'avoir provoqué un orgasme à la femelle qu'il chevauchait.

*Crétin... *

La professionnelle sourit, visiblement au septième ciel :

- T
u es un amant formidable.... son ongle remontait le long de l'épaule car l'autre avait cessé ses va et viens (ouf !) lentement, puis redescendit, visiblement subjuguée. et cette idée de m'emmener ici... c'est fabuleux... mais sale.

Le visage radieux du noble se ferma et il se retira. Eléonore en fut soulagée. De l'argent vitement gagné, elle roula sur le côté, sachant exposer avantageusement son corps souple et fuselé, sa peau douce et blanche au grain serré, imprégnée d'onguents précieux. Aux creux stratégiques, derrière les oreilles, pli des coudes et des genoux, un parfum de grand prix, toutes choses si parfaitement décalées en ce lieu proche de l'insalubre aux yeux de la jeune femme. Par contre, s'être installée dans l'un des plumards de cette peste de Westahilia la ravissait et lui donnait un teint incroyablement radieux. Ce qui, visiblement, suffisait au client pour s'en croire à l'origine. Elle avait un air boudeur qui lui seyait délicieusement et la courbe de ses fesses doucement éclairée par plusieurs chandelles exhalant des odeurs de roses -apportées par le noble- :

-
Allons... on s'est bien amusé tous les deux... murmura-t-il, le regard avide, la main baladeuse déjà sur le mollet, tandis qu'il portait à sa bouche les orteils du pied droit. *petit bruits de succion* parfaitement dégoûtant et horripilants pour Eléonore.

*Parle pour toi !* pourtant, elle marmonna : -
Mouiiii, et se retournant, lascive, repoussant de l'autre pied, le front du grassouillet qui se laissa faire, subjugué... et tomba du lit. Eléonore rit et le client remonta sur le lit, sautant littéralement sur le corps nu dans les draps froissés. Elle le repoussa rudement et s'enroula dans un drap, dignement, et foudroya l'homme du regard :

-
Ah non ! pour ce que vous avez payez, monseigneur, nous nous arrêtons ici.

Elle avait pris l'air bien décidé d'une petite fille butée tandis que le linge laissait impudiquement deviner le corps désirable qui lui servait de gagne-pain. L'homme grogna, fouilla ses chausses, jeta une deuxième bourse sur la robe d'Eléonore qui roula sur le lit pour la soupeser, et même l'ouvrir... l'homme, fou de désir, était devenu suffisamment dingue pour payer une fortune... le sourire carnassier caché au client se transforma en un radieux sourire :

-
Pour ce prix là... Je veux bien me recoucher, mais à l'avenir, promettez de ne point me ramener en pareil bouge.

-
C'est promis !

Il se jeta sur elle et l'écrasa, chercha l'entrée, mais sa bite molle n'y parvenait pas, Eléonore la serra donc un peu en l'agitant, obtenant de quoi tenir un assaut acceptable pour l'heureux propriétaire, qui s'essoufflait comme un âne, parvenant tout de même à articuler péniblement :

-
Mais la prochaine fois, tu me liras des poèmes à la mode.

-
Certes... marché conclu et...

La porte vola contre le mur et permis l'entrée d'hommes escortant une jeune femme. La tête d'Eléonore retomba dans l'oreiller minable alors qu'elle dit au nobliau :

-
Ta femme ?

-
Non... il se retira si vite et s'enfuit dans un coin qu'il en était pathétique, et la professionnelle ferma ses jambes, les pliant à demi en s'asseyant sur sa fesse gauche, toisant les gardes du corps, hommes bestials à souhait mais sans argent -pas assez pour se payer une indépendante comme elle, en tout cas- et à l'allure de la donzelle, elle était noble. La voir ici était risible. Cherchait-elle son mari volage ? ainsi, elle ignorait comment le combler...

* Pauvre fille... riche, elle a tout, sauf un homme... pitoyable*

« Couvrez-vous. Je ne suis pas venue pour profiter de votre viande… »

*Viande ?....* sans doute la jalousie animait-elle ses paroles... délectable. Impudique, provocante, Eléonore leva le menton et bougea légèrement pour que le regard des hommes ne puissent que se fixer sur ses jambes fuselées et sa taille souple. Visiblement, elle se savait belle et en jouait. D'une voix douce et délicieuse, elle répondit :

-
Auriez-vous égaré quelque chose, ma dame ?

Il y avait un brin de moquerie dans ces propos, mais pas trop, car le blasonné fichait le camp, la queue entre les jambes, sans demander leur reste : un homme dans toute sa splendeur, songea Eléonore visiblement dégoûtée.

« Je suis Scarlett de Vinter. Et je vais présumer
que vous savez qui je suis puisque je ne serais pas ici sans une bonne
raison. Vous avez un renseignement qui m’intéresse. »


La jeune femme se leva lentement, fit deux pas en direction de ses vêtements, passa une première chemise qui glissa sur son corps, la rendant plus délicieuse encore, hyptnotique, comme en témoignaient les regards des hommes accompagnant Scarlett...

* De Vinter, hein ? t'as un frère intéressant... qui rapporte bien. *

L'idée que la frangine s'occupe de la queue du frangin ne convenait
guère à Eléonore : tarir un importante source de revenu n'était pas pour
la mettre de bonne humeur.

- Je n'en doute pas... quel renseignement ?

Les deux femmes étaient seules à présent. Et les affaires allaient commencer. Si cette noble payait aussi bien que son frère... Scarlett semblait bien disposer, à en croire le poids de la bourse jetée sur le lit... La professionnelle sourit, mais sans toucher encore à l'objet si attirant :

« Et je suis prête à vous payer grassement pour cela. »

-
Quel renseignement ?

Le sourire, le regard, ne cachait pas une certaine curiosité, tout en exprimant un mépris à peine voilé. Qu'une femme de ce rang vienne la chercher jusqu'ici indiquait l'importance de la chose. Ah... ces pièces versées dans la jarre contenant le trésor de guerre d'Eléonore ferait un fort joli bruit...

*Oui...*

De quoi pouvait-il bien s'agir ? affaire de cul ? secret dévoilé sur l'oreiller ?

-
Car ce qui concerne mes clients reste parfaitement en sécurité avec moi...

de quoi annoncer la montée des enchères et les immenses possibilités d'informations que pouvait représenter la pro. Cependant, les dévoiler serait bien vite connu et... la clientèle était si volatile. Perdre une telle source de revenus n'était pas envisageable.

-
Vous arrivez comme cela, pour une fois, alors qu'eux.... (suspens, sous entendu... "ils reviennent" et "payent bien". revenu sûr, rente assurée...)






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Scarlett de Vinter

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MessageSujet: Re: Interrogatoire • Eleonore.   Dim 24 Juin 2012, 22:06

La femme qu’elle avait en face d’elle était arrogante… La chose se lisait dans son regard. Scarlett ne savait pas si elle était courageuse ou tout simplement stupide. Ou alors elle ignorait tout simplement la réputation qui se cachait derrière son patronyme. Elle envisagea très sérieusement cette dernière possibilité. La chose était rafraîchissante. Amusante même. Un sourire ravi se peignit sur le minois aristocratique de la Blasonnée alors qu’elle réalisait qu’il était évident que la réputation de sa famille n’eut pas dépassé les limites du territoire de Cathairfál et se soit limité, dans ce cadre très réduit, à la seule bonne société de la capitale. Consciente qu’elle ne se trouvait pas seules dans la pièce, la jeune femme jeta un œil aux mercenaires qui campaient sur le pas de la porte. Et qui se rinçaient l’œil sans le moindre complexe. Allons donc… Il était temps de les faire décamper. Il y avait certainement d’autres catins avec lesquels ils pourraient dépenser leurs soldes. Elle se tourna tout à fait pour leur adresser un sourire mielleux avant de leur rappeler d’un ton badin qui ne parvenait pas à faire oublier tout à fait l’éclat métallique menaçant qui naissait au fond de ses yeux. « Messieurs, je pense pouvoir prendre les choses en main à partir de là. Allez donc… sécuriser ces dames. » Autant dire qu’ils ne se firent pas répéter la chose deux fois. L’un d’entre eux salua, claqua la porte puis le bruit de leur cavalcade fit trembler le plancher et la porte, amenant une expression sceptique le visage de Scarlett. Elle les savait jeune mais de là à perdre toute réserve pour peu qu’on les autorise à se retirer pour aller courir la gueuse… Elle avait espéré un peu plus de professionnalisme de leur part. Elle se promit d’en toucher un mot à leur capitaine lorsqu’elle en aurait fini ici. Elle se tourna vers la prostituée qui attendait toujours sa réponse, en profitant pour la dévisager sans la moindre gêne. Quel âge pouvait-elle bien avoir ? Elle paraissait encore relativement bien conservée… Pourtant Scarlett savait que tapiner vieillissaient prématurément les femmes qui pratiquaient un tel métier. Ou alors avait-elle su mieux se préserver que les autres ? Difficile à dire. Et elle n’était pas sûre d’éprouver un quelconque intérêt pour la réponse. Elle préféra se concentrer sur l’urgence du moment. Savoir où Blake avait bien pu aller traîner sa carcasse d’extrémiste religieux… Scarlett ne pouvait décemment pas laisser son frère aîné baguenauder d’un bout à l’autre du continent et risquer de se faire trancher la gorge. Si jamais la chose arrivait, elle se verrait dans l’obligation de reprendre le flambeau familial. Ce qui signifiait devoir se marier puis pondre deux ou trois héritiers afin que la lignée de Vinter ne s’éteigne pas corps et bien. Il était hors de question qu’elle assume un tel rôle sans avoir essayé de retrouver l’héritier légitime de ses parents. Son frère aîné qu’elle n’avait plus vu depuis des années et dont elle savait qu’il la haïssait férocement depuis qu’elle l’avait empêché de se suicider bêtement au moment de la Chute du Bouclier. Ce frère qui s’érigeait en directeur de conscience mais qui fréquentait plus ou moins régulièrement une catin des bas-quartiers. Cette femme qui se trouvait en face d’elle.

«Je sais que vous avez vu Blake. Mon frère. Grand, les cheveux noirs, pas commode. Il vous a probablement farci la tête de ses conceptions religieuses »…pendant qu’il vous farcissait avec autre chose. Elle se retint d’ajouter cette dernière partie. Pas parce qu’elle ne tenait pas à heurter son interlocutrice dont elle se doutait qu’elle se moquait comme d’une guigne de l’opinion qu’une noble pouvait avoir d’elle. Elle avait probablement entendu bien pire de la part de ses propres clients. Pas par égard pour son interlocutrice mais pour sa propre personne. Le contact avec des gens vulgaires avait ajouté à son vocabulaire quantités de nouveaux mots et à son esprit de nouvelles notions qui n’étaient guère compatibles avec l’éducation impeccable dont elle avait bénéficié. C’était une facette d’elle-même qu’elle n’assumait absolument pas. Une conséquence de sa fonction… Elle reporta ses yeux bleus porcelaine sur la femme à la présence féline en face d’elle. « Je sais que vous avez vu Blake et j’aimerais... » Non pas le retrouver. Elle ne comptait pas lui courir après comme si elle avait été leur mère. Elle voulait juste savoir où il était et lui faire comprendre qu’il était temps qu’il prenne ses responsabilités, peu importait la mission qu’il croyait effectuer pour la déesse. Jouer au petit chevalier avait assez duré. Ses pairs étaient rentrés dans le rang en assumant leurs rôles de maris ou de pères ou en intégrant la garde royale. Lui continuait à courir par monts et par vaux dans le but de contenter une déesse qui se moquait probablement de ses actions. « J’aimerais avoir de ses nouvelles. Savoir si il est en vie par exemple… »

Elle ne croyait pas un mot de ces secrets qu’elle prétendait garder pour l’intimité de ses clients. Comme si trahir un de ses clients avait pu faire fuir les autres. Comme si ses clients avaient parlé entre eux. Connaissant Blake comme elle le connaissait, Scarlett savait qu’il ne criait pas sur tous les toits qu’il fréquentait une prostituée pour assouvir ses besoins charnels. Il aurait bien trop honte et n’assumerait pas d’avoir fréquenté une telle pécheresse. Non définitivement imaginer que cette femme protégeait les secrets de quiconque était trop comique. Si l’un de ses clients se faisait prendre par son entremise il préférerait se taire plutôt que d’affronter la honte qu’entraînerait une telle révélation. Elle eut un petit rire amusé qu’elle tut avant de faire un petit signe de la main pour indiquer qu’elle était désolée de ce manquement aux bonnes manières. « Pardonnez-moi mais j’ai énormément de mal à croire à votre prétendue discrétion. Jouons franc jeu voulez-vous ? Je ne suis pas née de la dernière pluie. Vous… » Elle réalisa qu’elle ne savait même pas son nom. « Comment vous appelez-vous ? » Elle finirait sa phrase lorsqu’elle saurait à qui elle avait affaire.

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Eléonore Hidgard

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MessageSujet: Re: Interrogatoire • Eleonore.   Jeu 28 Juin 2012, 14:44

Voir ainsi fuir son client ne plaisait évidemment pas à Eléonore, pourtant, voir apparaître cette noble -elle en avait l'apparence, en tout cas, les manières, et des gardes-du corps aussi-, se demandant si c'était une épouse "lésée"...

*N'importe quoi ! elle n'a qu'a faire le nécessaire à son mari, et le pauvre homme n'aurait pas à se perdre avec moi !*

Mais en fait, plus qu'aux femmes, elle en voulait toujours plus aux hommes et se demandait lequel était le sien ? visiblement pas le bedonnant de tout à l'heure. Un courant d'air traversa la pièce et apporta des odeurs de sperme et de sueur écoeurantes. La soldatesque se précipitait au combat et Eléonore ne manqua pas de noter le pincement que cela provoqua chez celle qui lui faisait face :

*Pauvre petite chose qui ignore tout de la vie...*

Une de plus... Aux hommes le savoir, aux femmes l'ignorance, la peur, la soumission. Tout ce qu'Eléonore voulait combattre et combattait chaque jour, en faisant payer le prix fort à ses clients. Elle s'attendait à tout, bien que la professionnelle ne connut pas toujours la véritable identité de ses clients, du moment qu'ils payaient...

«Je sais que vous avez vu Blake. Mon frère. Grand,
les cheveux noirs, pas commode. Il vous a probablement farci la tête de
ses conceptions religieuses »


S.es yeux s'écarquillèrent un instant, révélant sa surprise, mais la brune se reprit bien vite et plongea son regard dans celui de la noble :

-
Votre frère, diantre... des grands aux cheveux noirs et pas commodes, c'est là la description de la plupart des hommes...

visiblement amusée, Eléonore attendait la suite. Une petite soeur inquiète pour le ménage en péril de son frère, venant de consoler sa belle-soeur et ravie pourtant de la voir souffrir, ou alors, après les lamentations du vieux père furieux de ne pas voir arriver d'enfants mâles pour perpétuer l'espèce. *hi hi hi... * pour peu, elle en eut ri. Mais non. Très sérieuse, appliquée et attentive, elle attendait d'en savoir plus, payée pour écouter... la courtisane savait s'adapter, et parfois, les hommes venaient la voir pour un peu de douceur, d'attention, devant des épouses revêches et ruminantes. Dans ces moments là, Eléonore les aurait presque plaint... mais non, définitivement, non.

« Je sais que vous avez vu Blake et j’aimerais... »

* Blake,... le Blake ? Vinter ?!!! *

Eléonore fronça les sourcils et pinça le nez, visiblement peu disposée à dire quoi que ce soit à propos de cet "amant" là. Car il était un peu son souffre-douleur, ce blasonné qui arrivait là, la bourse lourde, régulier et responsable en partie de la fortune de la jeune femme. Elle ne manquait jamais de lui dire son fait, de le rabaisser, lui si beau, si fier, qui venait la voir si souvent. Jamais la professionnelle ne s'était attaché à lui, pas comme Azazel... lui instillant un venin tout féminin.

« J’aimerais avoir de ses nouvelles. Savoir si il est en vie par exemple… »

La jeune femme haussa les épaules, et son châle glissa laissant apparaître une épaule fine, courbe et belle, d'une blancheur, et la peau à la texture souple et douce et tiède... difficile de résister... mais pour une femme, cela pouvait déclencher d'horribles crises de jalousie. Pourtant, Eléonore ne chercha pas à ramener le voile sur elle, non... elle observa un court silence avant de répondre :

-
Qu'en sais-je, moi ? je ne suis pas nourrice, quoique, parfois, je m'en pose la question...

Moqueuse était le mot qui la décrivait le mieux à cet instant. Si la frangine ignorait où était Blake, qu'elle se débrouille ! Blake n'allait pas la voir pour lui parler de ses histoires, non ? c'était que celle-là n'était pas digne de confidence : autant dire que la professionnelle ne l'éclairerait pas là-dessus. Quant au fait que l'intruse ne soit pas "de la dernière pluie", là, Eléonore rit de bon coeur, à la limite de dire "vraiment ?!!!", se retenant juste à temps : inutile de se mettre la famille de Blake à dos.

-
Alors, ma dame, vous vous trompez. Cela arrive à tout le monde...

(y compris aux blasonnés !) le sous entendu était si lourd. Mais se la mettre à dos était stupide, aussi, prudemment, Eléonore ajouta-t-elle :

-
Ceci dit, votre frère, en effet, me vient trouver pour des réconforts qu'il ne trouve nul part ailleurs.

Une certaine fierté transparaissait dans ses paroles douces et sans morgue.

Des pas retentir à nouveau sur le plancher du couloir "toc, toc, toc !" des pas précipités et colériques, portant la violence d'une femme en furie, pourtant, Eléonore était trop occupée à parler avec la frangine, comment s'appelait-elle déjà ? rohhh ! pas moyen de se souvenir...

- Je suis Eléonor Hildegarde.

*Et vous ?* mais Eléonor était bien trop au fait de la politesse pour se permettre un tel interrogatoire. Cela toucherait-il son interlocutrice ? peut-être pas. Bien qu'autant de tenue ne pouvait que surprendre chez une "putain".
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Scarlett de Vinter

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MessageSujet: Re: Interrogatoire • Eleonore.   Dim 01 Juil 2012, 21:23

Scarlett n’était pas d’humeur à jouer au chat et à la souris avec cette Indigente qui pratiquait un métier que beaucoup réprouvaient. Elle n’était pas d’humeur à encaisser son arrogance, son petit sourire en coin, sa façon de la prendre de haut. Elle eut soudain envie de demander à ses mercenaires de la ramener dans sa demeure où elle pourrait lui faire apprendre la politesse par un bourreau. Mais elle ne le ferait pas. Utiliser les ressources de la couronne ou dépenser ses propres deniers pour apprendre à une catin de bas étage à se comporter correctement en la présence d’une personne qui lui était bien supérieure n’était pas digne d’elle… Définitivement pas. Ce qui ne l’empêchait pas d’y penser très sérieusement. Elevée pour assassiner des nobles, elle éprouvait une impatience bien compréhensible lorsque quelqu’un qu’elle considérait comme largement inférieur à elle lui montrait un tel manque de respect. Elle évita de faire montre de sa colère, se contentant de substituer à sa frustration un sourire poli, tout ce qu’il y avait de plus diplomatique que démentait l’éclat métallique au fond de ses yeux clairs. Une fois qu’elle aurait remis Blake dans le droit chemin, elle s’assurerait de faire montre d’une autorité sans pareille. Il ne faudrait pas qu’il vienne à l’idée de cette femme qu’elle pourrait tirer partie de la présence d’un client d’aussi haute naissance dans sa chambre. Elle saurait se faire comprendre. Et si cette catin refusait de comprendre… Des accidents arrivaient tous les jours. Il suffirait de payer un mercenaire fiable et son interlocutrice disparaîtrait corps et bien. A moins que Scarlett ne trouva un moyen d’utiliser à son avantage cette femme exaspérante. Voilà bien quelque chose qu’elle aurait le temps de voir venir. Elle devait déjà mettre la main sur son frère pour le ramener au bercail. D’ici-là la prostituée avait tout le temps de se mettre à dos une autre famille Blasonnée de Cathairfál et d’être éliminée de la scène.

« Je suis sûre que la mémoire va vous revenir. Il est persuadé qu’Eydis en personne l’a mandatée pour redresser les torts causés par des êtres comme Inasmir. Il vous a probablement choisie parce que vous ne présentiez pas le moindre signe de don magique… » Elle avait envisagé d’utiliser les termes d’affligeante banalité mais elle ne comptait pas braquer son interlocutrice plus qu’elle ne l’était déjà. Blake était un abominable xénophobe qui avait toujours eu un problème avec ce qui n’entrait pas dans ses conceptions de la norme. La fuite d’Inasmir et la Chute du Bouclier n’avaient certainement pas arrangé les choses. Elle ignorait comment cette partie de sa personnalité avait évolué mais elle s’imaginait bien que les choses ne devaient pas s’être améliorées de façon exceptionnelle. Elle écouta la réponse de la compagne de coucheries de son frère en essayant de contenir son énervement. Visiblement, elle l’avait vu récemment ou avait suffisamment de contacts avec lui pour qu’elle puisse envisager de se considérer comme sa ‘nourrice’. Blake était donc en vie et capable d’aller et venir à sa guise. Voilà qui était déjà une excellente nouvelle. Elle ne serait donc pas obligée de se marier pour engendrer en urgence une tripotée de marmots pour que sa lignée ne s’éteigne pas.

A nouveau, la condescendance dont faisait preuve la catin l’exaspéra. Sa main délicate se crispa sur le bras de la chaise alors que sa mâchoire se serrait, ses dents grinçant presque sous l’effet de la pression. Un instant, elle fut sur le point de rappeler ses hommes, le capitaine mercenaire qui attendait dehors probablement en train de besogner l’une des pareilles de l’impudente en face d’elle. On verrait alors ce qui avait fait une erreur de jugement lorsque la catin devrait s’expliquer avec un homme dont la force physique et la férocité n’avaient d’égales que son avidité naturelle… Il savait que Scarlett le paierait rubis sur l’ongle et, pour cette raison, il s’était toujours montré particulièrement obéissant. Elle ne lui vouait aucune forme de confiance mais le considérait comme un employé relativement fiable. Elle abandonna l’idée de faire passer à tabac l’insolente. Le soulagement qu’elle éprouverait ne compenserait pas la perte d’informations… Ou le fait que la prostituée pourrait décider de lui porter préjudice en avertissant son frère de sa recherche. La jeune Blasonnée ignorait avec quelle fréquence Blake pouvait bien passer à la capitale dans le but de se livrer à quelques étreintes fugitives…

La femme finit par se présenter. Eléonore Hildegarde. Ainsi donc elle avait un nom. Inutile de gloser sur le fait qu’il pouvait être celui sous lequel elle était connue depuis sa naissance. Scarlett s’en moquait. L’identité que son interlocutrice lui avait donnée serait celle sous laquelle elle la connaîtrait. Elle entendit néanmoins la question implicite qui se trouvait derrière cette présentation… Elle n’avait pas retenu son nom. Avait-elle seulement suivi le début de la conversation ou était-elle trop idiote pour comprendre et enregistrer une simple information ? Un soupir irrité franchit ses lèvres alors qu’elle s’apprêtait à répondre, ignorant inconsciemment le bruit qui se rapprochait persuadée que personne n’aurait la stupidité de la déranger elle alors qu’elle menait un interrogatoire, sûre que sa réputation l’avait précédée et maintiendrait les importuns comme les curieux à l’écart. « Comme je vous l’ai dit mon nom est Scarlett de Vinter. Je me doute que mon frère ne vient pas vous trouver pour discuter géopolitique ou culture générale. Il a des interlocuteurs autrement plus appropriés pour cela. Sa tête est remplie de bigoteries dont je compte le débarrasser une fois qu’il sera rentré chez lui. Pour cela j’ai besoin que vous me disiez avec quelle fréquence vous le voyez. Et si vous avez une idée de sa destination, je doublerai votre paye... » Elle omit de dire ce qui se passerait si Eléonore refusait de coopérer. Elle se doutait qu’elle était parfaitement au fait de ce qu’elle risquait si elle attirait sur sa jolie tête la colère d’un Blasonné. Elle avait du entendre d’autres menaces. Et Scarlett n’aimait pas détailler par le menu quel genre de traitement les bourreaux réservaient à ceux qui ne répondaient pas aux questions qui leur étaient posées. Mieux encore, laisser un suspect imaginer les tortures qu’il subirait avait en général plus d’effet que des menaces précises. Elle s’apprêtait à ajouter autre chose lorsque la porte s’ouvrit à la volée et qu’une furie hystérique pénétra dans la pièce…

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MessageSujet: Re: Interrogatoire • Eleonore.   Sam 07 Juil 2012, 13:22

La jeune femme se rendit compte qu'elle agaçait, et surtout que celle qui se trouvait devant elle représentait un réel danger. L'idée plaisante lui vint que l'intruse pouvait, comme elle-même, en vouloir aux hommes en général, mais Eléonor ne partageait pas le plaisir de faire souffrir. Non. L'éclat métalique que la fille d'archer royal qu'elle était ne manqua pas de noter, l'avertit que sa visiteuse, comme le promettait l'expulsion du client un instant plus tôt, n'était pas à prendre à la légère :

*Mais qui est-elle donc pour qu'elle soit crainte par un blasonné, bénéficie d'une escorte de mercenaires hors de prix, se promène à toute heure en tous lieux ?*

L'air assuré offert ne semblait avoir aucune prise sur cette femme calme et déterminé, mais agir autrement paraissait tout à fait déplacé et impensable à Eléonore. Elle se souvint du dédain qu'elle inspirait depuis la mort de sa mère : moqueries des lavandières devant sa faible constitution et l'abandon de ses forces devant le moindre drap à blanchir, réprobation des voisines lorsqu'Eléonore commença son "commerce"... Les femmes non plus n'avaient pas été bonnes avec l'orpheline qu'elle était alors, non... loin de là. Autant dire que la solidarité féminine n'existait pas ! au contraire. Bien qu'elle s'interdit de le penser, de plus en plus, il lui apparaissait que les hommes se révélaient au final bien moins dangereux que certaines femelles. Et celle qui se tenait devant elle promettait beaucoup, beaucoup de problèmes... Le danger devait être pris en considération. Lentement, Eléonore se leva, gracieuse, féminine, mais sans pour autant user d'artifices pour forcer la reconnaissance de sa beauté. Non, de cela, point n'était besoin... Ce n'était pas pour rien que les femmes la haïssaient... Non... Son teint, son grain de peau, son corps svelte et souple, ses seins ronds et hauts, son cou long et gracile, ses bras fluets, ses cuisses fuselées, son corps élancé, son ventre plat, ses pieds petits, ses mains belles, sa chevelure abondante, tout incitait à l'amour ! Pourtant, tant de trésors ne purent s'apercevoir qu'un bref instant, celui de se glisser derrière un paravent où elle se vêtit en écoutant, la toile mince permettant de cacher son étonnement lorsque l'intruse avança ses argument

« Je suis sûre que la mémoire va vous revenir.
Il est persuadé qu’Eydis en personne l’a mandatée pour redresser les
torts causés par des êtres comme Inasmir. Il vous a probablement
choisie parce que vous ne présentiez pas le moindre signe de don
magique…
s :

Toutefois, elle tendit le cou et répondit :

-
Je suis grande adoratrice d'Eydis et si cet homme m'avait parlé de promotion, sous quelque forme que ce soit de ce maudit (Isnamir), je lui aurai tout simplement fermé mon lit : j'ai des principes !

Cette dernière affirmation pouvait faire sourire, mais le ton et le sérieux de la réponse prouvait assez que la professionnelle l'aurait fait. En serrant les cordons de sa robe de laine, Eléonore alla jusqu'à préciser :

-
Je choisis mes clients et si ce que vous dites est vrai, ce noble n'aura plus accès à mes charmes, que cela soit dit.

Eléonore parut, vêtue, semblable à une bourgeoise aisée et assurée par sa fortune et sa beauté, de forcer admiration et respect. Le doute n'avait pas sa place chez cette femme, et cela se voyait. Chaussures aux pieds, elle avança de deux pas en direction de celle qui lui avait si généreusement ouvert sa bourse, ou plutôt, jeté une bourse entière :

- Mon métier me pousse à n'aimer aucun client, que cela soit clair. Mais il demande également calme et sécurité pour mes "amants"... comprenez-vous ? s'il devait s'apprendre qu'un tel individu, un adorateur d'Isnamir, entrait impunément dans mon lit, je perdrais ma clientèle. Ce n'est nullement mon intérêt.

Quant aux allégations concernant sa condition et le manque de confidence de son frère à une "catin", car nul doute que la noble dame la voit ainsi..., Eléonore ne les releva pas, préférant simplement répondre :

-
Votre frère doit être trop occupé, ou il a changé de lit, car je ne le vois plus.

C'était vrai, et le manque à gagner était conséquent, ce qui faisait tiquer la jeune femme, mais donnant cette information, elle coupait la manne qui se préparait à travers la frangine... ce qui était largement compensé par le fait que mieux valait qu'on ne la vit pas avec Blake pour le moment... Eléonore aurait bien ajouté autre chose, mais la porte s'ouvrit à la volée, laissant entrer une matrone rougeaude et hors d'elle qui la traita de catin en rugissant, et avant de pouvoir échapper à sa charge, Eléonore se trouva sous la matronne, complètement étouffée sous la masse graisseuse, une gifle lui retourna la tête alors que déjà sa peau éclatait sous les coups. La jeune femme ne parvint pas à se dégager pour se défendre et subissait les assauts de la mégère... pourtant, elle éclata de rire. Oui... elle tenait sa vengeance, démontrant à tous de quoi était capable la mère maquerelle, pendant que des clients et des putains se pressaient à la porte restée ouverte pour jouir du spectacle de celle qui s'était laissée bernée au point qu'une indépendante se paie le luxe de squater une chambre et d'y amener son propre client... Nul doute que bientôt, la teneuse de bordel serait la risée de toute la capitale.

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