Echo des Plaines : Chapitre VII ▬ Le Retour d'Inasmir


 
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 It's hiding something || Araëlle

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Mikhaïl Navrátil

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MessageSujet: It's hiding something || Araëlle   Jeu 21 Juin 2012, 02:45

Tu veux être libre de toutes les choses qui te tirent en arrière - la routine, l'autorité, l'ennui, la gravité. Ce que tu n'as pas encore compris, c'est que tu es déjà libre, et que tu l'as toujours été.
Richard Bach


Il y a des choses qui ne changent jamais. La pluie, le sang, la douleur… Tout était toujours pareil et néanmoins différent. Il suffisait pourtant d’un rien pour que les choses basculent, d’un ciel gris l’on dessinait des arcs en ciel, du sang naissait la vie et de la douleur, la force. Quelque chose de bien finissait toujours par jaillir de celles qui nous plaisaient moins, c’était dans l’ordre des choses et Eydis l’avait bien fait. Ne croyez pas que je vous raconte ça juste pour le plaisir de parler –bien que ce soit un peu le cas-, non, si je vous en parle c’est simplement pour que vous compreniez que quoi que je fasse, il y avait toujours une chose qui ne changeait jamais dans mon existence.

    « Xochi quoi ? »
    « Xochiquetzal ! »
    « Xochi Kesséd’ça ? »
    « … Médor. »


La plupart du temps, quand les gens n’étaient pas effrayés par Xochiquetzal, ils voulaient l’approcher, la toucher pour ensuite s’en vanter auprès de leurs amis. Comme si c’était une chose extraordinaire. Jusqu’à preuve du contraire, Xochi n’avait encore avalé personne –quoi que…- et la toucher n’était pas vraiment dangereux en soit… Ecorcher son nom en était une autre… Et malheureusement elle ne tapait pas dans la facilité, la bougresse.

    « Et vous c’est quoi votre nom ? »
    « Mikhaïl. »
    « Mickey ? »
    « Robert. »


C’était comme ça et on ne pouvait pas y faire grand-chose et hormis la renommer Médor je ne voyais guère de solution. Solution qu’elle refusait néanmoins toute en vexation et en feulements outrés. Dommage, j’aurais bien aimé m’appeler Robert moi. Mais on faisait donc avec Mika et Xochi, quoi que j’attendis impatiemment qu’on nous demanda pour une raison ou pour une autre à la cour et d’ainsi pouvoir jouir de la vision des annonceurs se triturant les méninges sur nos prénoms ( « Mik… Myk… Mikaaaa…. Xo.. Xochikwa…. Oh zut ! La grosse chose jaune et le petit bonhomme là, c’est vot’ tour ! » jouissif je vous dis). En attendant ce glorieux jour, je me contentais d’embêter les personnes que je rencontrais, au grand damne de Xochiquetzal.

    « Bon eh bien, au revoir Robert ! Au revoir Médor ça a été un plaisir de vous rencontrer ! Quand je vais raconter ça à ma femme ! »
    « Tout le plaisir était pour nous ! Dites lui bien bonjour de notre part ! »



La journée, en elle-même, était une journée ordinaire, j’avais apporté quelques messages à Dinas Uchel, dans un laps de temps particulièrement court –oui, j’étais assez fier de moi, même si ça n’avait aucune espèce d’intérêt- et nous avions du mettre les voiles aussi rapidement que nous étions arrivés à cause des enfants. Les petits sont pires que les grands. Ne vous méprenez pas, j’adore les enfants ! Mais pas quand Xochi est dans les parages. C’était un peu comme leur mettre un magnifique jouet devant les yeux ! Ils voulaient tous la toucher, monter dessus, ils n’ont pas peur, l’idée d’être transformés en jambon grillé ne les effraie pas et il n’y aucun moyen de les stopper à moins de leur faire croire qu’un chat bleu vole dans les airs –et ce n’est pas toujours efficace-. Alors la meilleure solution était encore de fuir. Nous n’avions pas peur de Mynkor, ni d’Inasmir et encore moins des choses qui rôdaient mais alors les enfants… c’était une toute autre affaire. Je ne voulais pas qu’il arrive quoi que ce soit à ces gamins et exciter Xochi n’était pas vraiment dans leur intérêt, j’étais bien placé pour savoir à quel point ses flammes pouvaient détruire. Tout ça pour dire que ce jour là, aussitôt arrivés, nous étions repartis. Et c’est sans doute ce qui causa ce qui nous intéresse, car si j’étais parti plus tard comme je le souhaitais au départ, rien de tout ce qui suit ne serait survenu.

Nous survolions les bois lorsque je l’ai aperçue. Araëlle Sil-Emaïs. La belle Araëlle. La Dessinatrice. Qui ne voulait pas me montrer son don. J’avais toujours été fasciné par les Dessinateurs, si j’avais pu choisir ce que j’étais, j’aurais voulu être l’un d’entre eux. Malheureusement pour moi, je devais me contenter de les observer quand je le pouvais. Ce que je ne pouvais pas faire avec Ara puisqu’elle refusait de me montrer ce dont elle était capable. Comment pouvais-je alors savoir qu’elle en était une ? Eh bien c’est une drôle d’histoire qui commence en…. Vous ne voulez pas l’entendre ? Ah bon très bien… Araëlle ne m’aimait pas beaucoup, je le savais bien mais elle était la seule Dessinatrice que je pouvais approcher régulièrement et puis je la trouvais plutôt marrante moi ! Bon elle avait voulu me tuer à notre première rencontre, mais c’était un truc plutôt commun avec moi.
Quoi qu’il en soit, elle était là, sortant probablement de son bordel… ou peut-être bien qu’elle y retournait… Je n’ai jamais eu le sens de l’orientation voyez vous, ce qui est plutôt problématique lorsqu’on est coursier… mais de manière générale, Xochi s’occupait de nous garder dans le droit chemin. Jusque là ça n’avait pas trop mal marché. Oui je sais, je m’éloigne du sujet. Donc ! Ara était là, juste en bas et j’ai entendu Xochiquetzal râler dés qu’elle l’a aperçue.

    *On n’y va pas cette fois.*
    *Quoi ?? Mais si on y va ! Allez, descends, s’il te plait !*
    *Il n’en est pas question ! Elle va finir par te tuer Mika !*
    *… Médor….*
    *Va pourrir dans les flammes de l’agonie stupide bipède.*


Ca marchait à tous les coups ! Elle ne m’en voudrait pas bien sur et je me répandrais en plates excuses dés qu’elle re-pointerait son museau doré vers moi. En attendant, elle me déposa au sol, non loin de la sulfureuse Araëlle, reprenant directement son envol pour surveiller depuis les hauteurs.

    « Araëlllllle ! »


Avec la plupart des femmes j’employais Milady, Madame, Mademoiselle, Miss à la rigueur mais avec Ara c’était différent, j’allais même jusqu’à la tutoyer. Vous savez tous ces trucs de « ahahaha je vais te tuer ! » (bon j’exagère, Araëlle, ne parle absolument pas comme ça mais c’était pour bien que vous saisissiez parce que de là où vous êtes vous ne pouvez pas voir le regard assassin de la demoiselle et pourtant ça vaut le détour), eh bien ça rapproche !
En quelques pas, je rejoignais la jeune femme, un sourire ravi épinglé sur le visage. Une nouvelle occasion de la voir mettre en œuvre son talent ! Qui sait peut-être cette fois serait-elle la bonne ?

    « J’étais sur que c’était toi ! Je t’ai vu depuis le ciel…. Cela faisait un moment que nos routes ne s’étaient pas croisées, tu m’avais manqué ! »

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Araëlle Sil-Emaïs

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MessageSujet: Re: It's hiding something || Araëlle   Jeu 21 Juin 2012, 11:43

Araëlle avait passé une nuit éreintante. Elle avait du s'occuper personnellement d'un client pour Gregor et par conséquent avait du jouer de ses charmes dans tous les sens du terme afin d'obtenir certaines informations. Elle avait cependant du se retenir de tuer cet homme qui en plus d'être peu modeste était particulièrement pervers. Mais peu importe. Une fois l'information obtenue, elle l'avait tout simplement intimer de partir, bien sûr plus subtilement que l'envie lui demandait de le faire. Elle s'était alors assoupie et ne s'était réveillée que bien plus tard, alors que le jour était déjà levé depuis un moment et que Daärim, soigné, trônait à nouveau à ses côtés attendant que ses paupières soient levées pour signifier sa présence. Le reste se déroula comme à son habitude : se lever tranquillement, faire une toilette agréable et se vêtir avec ces vêtements si outrageux qu'elle aimait porter. Ici elle était vêtue d'une robe sombre comme toujours à brides minces et donc le décolleté laissait place à n'importe quel imagination. Cependant elle avait déjà fait plus osé. Ici la robe en soi restait sobre bien que simplement ses formes étaient totalement visible. Mais que pouvait-elle faire à cela ? Elle avait porté plus jeune assez d'habits négligés et cela ne lui convenait désormais guère. Après un tour du bordel pour vérifier que tout tenait toujours en place et qu'aucune règle n'avait été négligée, elle quitta le bordel souhaitant se rendre en ville. Elle enfila son long manteau , dont la capuche rabaissée trônait dans son dos, pour sortir acheter de quoi dessiner. Bien sûr, elle avait sur elle cette pierre qui lui permettait de dessiner rapidement sur presque toutes les surfaces. Mais ceci était dans un but de défense et non dans un plaisir artistique. Oh réaliser des armes étaient un plaisir mais étonnamment il n'était pas vraiment que pour l'art. Elle aimait également les utiliser. Mais parfois lui venait l'envie de simplement dessiner ce qu'elle voyait ou encore ce qu'elle imaginait dans ses pensées positives qui étaient les plus rares. Un moment de détente qu'elle s'octroyait de temps à autre. Mais là, elle avait épuisé ces dernières réserves, donc elle devait retourner en ville pour pouvoir s'offrir le luxe d'un matériel qu'elle était totalement capable de payer. Enfin ça c'était ce qu'elle aurait fait si elle était dans une optique luxueuse ce qui en réalité, n'était pas son cas. Donc elle avait simplement besoin de quoi crayonner et peindre éventuellement. Pas besoin de marchandises outrageusement chers. De toute façon, elle utiliserait le matériel de la même façon...

Ainsi, en route depuis quelques minutes, un bruit sourd se fit entendre au loin et sans même se retourner, celui-ci lui rappelait quelque chose et surtout quelqu'un qu'elle n'avait nullement envie de voir. C'était un Dragonnier certes, mais ce n'était pas Zoran. Déjà, et surtout, il ne prononçait jamais son prénom comme un enfant content de la voir. Et puis elle devait avouer qu'ils n'avaient pas du tout la même relation. Ici, ce jeune gamin qu'elle regardait débarquer devant elle n'était autre qu'un homme qu'elle aurait du tuer. D'ailleurs elle n'avait pas la moindre idée de la raison pour laquelle il était encore en vie. Il l'énervait, il la collait trop à son goût et il ne souhaitait nullement user de ses charmes. Non tout ce qu'il voulait c'était qu'elle lui remontre ses capacités de Dessinatrice. Ces fameuses capacités qu'elle ne montrait à personne, excepté lorsqu'elle devait se défendre. Et c'était ce qu'elle avait cru faire avec cet homme. Or elle s'était trompée et face à son attaque, il s'était montré totalement inconscient ce qui l'avait désarçonnée. Pas de peur, pas d'appréhension alors qu'elle le menaçait avec une arme. A ni rien comprendre. Et parce qu'elle était de mauvaise humeur elle l'avait poussé à partir et l'avait laissé en vie. Grave erreur. Mais maintenant qu'elle l'avait commise, elle ne comprenait surtout pas pourquoi elle laissait ça se réitérer et qu'elle ne le tuait pas. Bon évidemment, la perspective de mourir ensuite par une attaque de dragon devait peut-être bien jouer aussi. Elle leva un peu les yeux pour observer à travers les arbres la masse reptilienne qui jaugeait le ciel au dessus d'eux. Elle écouta les paroles stupides de son interlocuteur avant de se remettre en marche.

"Toi pas du tout. Tu peux t'en aller."

Petite précision alors qu'elle marchait à travers les bois vers la ville, Daärim sur son épaule qui s'envola après quelques instants. Elle était presque sûre que c'était parler dans le vent mais elle essayait tout de même. Ici, reposée, elle était plus calme et d'humeur plus souple même si au fond, même de cette humeur là elle était capable de tuer quelqu'un pour le simple plaisir de le faire. Ce qui était assez surprenant aussi chez ce garçon, c'est qu'il s'amusait de sa compagnie malgré le peu de bonne volonté qu'elle mettait de son côté. Elle se demandait ce qu'il cherchait vraiment ? Faire ami-ami ? Parce qu'il y avait peu de chance que ça arrive un jour. Sans s'arrêter elle reprit la parole.

"Qu'est ce que tu veux ? "

C'était une question sincère. Que voulait-il ? Il ne souhaitait pas user de ses charmes apparemment alors qu'il la savait tenancière, il voulait simplement qu'elle dessine avec ses talents particuliers pour lui. Et ça c'était hors de question. Quoi que peut-être arrêterait-il de la suivre par la suite ? Non elle n'en était pas persuadée. Et puis elle ne comprenait pas pourquoi il faisait une fixette là dessus. N'avait-il rien de mieux à faire finalement ? Elle avait demandé son nom, parce qu'il fallait connaître l'identité des personnes intéressantes comme des gêneurs. Elle s'était renseignée auprès de Zoran qui ne semblait guère porté d'intérêt à cet homme. Etonnamment, elle trouvait qu'il agissait comme un adolescent alors qu'au fond il avait dans la même tranche d'âge qu'elle. Mais il était plus spontané, plus positif, en somme le genre d'homme qui pourrait plaire à un nombre incalculable de fille mais qui avait tendance à parfaitement l'irriter. L'archétype du beau gosse avec des caractéristiques plaisantes et en même temps inconscient comme c'était pas permis. Bref elle ne savait pas quoi faire de lui.

"Si c'est pour je dessine c'est toujours non. Donc rentre chez toi avec ta bestiole."

Déjà les contours de la ville se présentait à sa vue. Peut-être que cela le dissuaderait de la suivre. Ou pas... allez savoir.



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Mikhaïl Navrátil

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MessageSujet: Re: It's hiding something || Araëlle   Sam 23 Juin 2012, 15:56

On m’a souvent dit que j’étais un peu… collant. C’est sans doute vrai, mais ces personnes ne savent visiblement pas ce que c’est d’être lié à un dragon tel que Xochiquetzal. Elle était mon ombre et me suivait partout, sauf dans les endroits où sa taille ne lui permettait pas de rentrer. Je ne m’en plaignais pas non, loin de là, elle était ma moitié et sans elle je n’étais rien, mais il n’empêche que parfois j’aurais aimé pouvoir la semer. Essayer donc d’accoster quelqu’un avec une gueule de dragon béante dans votre dos ! Je vous jure, quand il s’agissait de demander notre route, c’était un vrai calvaire ! Et comme elle avait marché sur ma boussole, j’étais bien embêté. Il m’arrivait parfois de tourner en rond pendant une ou deux heures avant de me rendre compte que « tiens cet arbre a l’air familier ! ». Autant dire que quand Xochi décidait qu’elle m’en voulait et que je devais me débrouiller seul pour retrouver le chemin, c’était la cata. Heureusement pour moi qu’elle ne m’en voulait pas trop souvent… C’était un coup à se perdre au fin fond du monde ça ! Nous nous aimions trop pour nous disputer longtemps et c’est ce qui m’amène à mon premier point. J’étais collant. Je l’admets. Mais pour ma défense, hormis les dragonniers, je ne pouvais trop m’attacher aux gens, je les croisais une fois, deux si j’avais de la chance alors quand quelqu’un faisait irruption dans ma vie, je me devais de tout faire pour passer le plus de temps possible avec cette personne. Et il y avait peut-être aussi du fait que Xochiquetzal déteignait sur moi… Je passais tout mon temps avec elle alors il est plus que certain que nous avons quelque peu influencé l’autre… Moi j’étais devenu collant et elle, s’était mise à aimer les fraises des bois. Chacun son truc.

Je pouvais comprendre qu’Ara déteste ça, il y avait peu de personnes qui, passé une journée, parvenaient encore à me supporter. Il fallait bien lui reconnaitre ça à Araëlle, elle était d’une patience à toute épreuve ! Bon elle menaçait régulièrement de me tuer, mais jusqu’à preuve du contraire – et je ne sais par quel miracle- j’étais encore en vie. Ara était donc d’un sang froid exemplaire, là-dessus, rien à redire ! Je n’avais donc aucune raison d’arrêter. Araëlle allait avoir du mal à se débarrasser de moi, et peu importe à quel point elle essayait. Pour dire vrai, c’était un peu sa faute. Elle avait voulu me tuer alors que je me baladais gentiment dans la forêt et rien de tout ça ne serait jamais arrivé si elle ne m’avait pas montré ses talents de Dessinatrice. Elle aurait continué sa route, moi la mienne et nous ne nous serions plus jamais croisés. Mais non. Et maintenant elle devait vivre avec le fait que j’allais passer la voir à chaque fois que j’en aurais l’occasion. C’était plutôt cher payé pour une petite erreur, je vous l’admets mais outre le fait qu’en tant que Dessinatrice, elle me fascinait, j’aimais bien aller la voir. C’était toujours drôle et franchement divertissant. C’est cruel je sais ! Mais si Ara croyait qu’elle pouvait me faire ployer en me menaçant, elle se fourvoyait lourdement ! Ce genre de choses ne marchait pas avec moi, je n’avais jamais eu peur de souffrir ou de mourir, ça n’allait pas commencer aujourd’hui. Si elle voulait me faire partir, elle allait devoir trouver un autre moyen. Elle pouvait essayer de s’entourer d’enfants par exemple. Les enfants étaient un très bon repoussoir : « Aaaaarg nooon ! Pas les enfants ! Tu as trouvé mon point faiiiible, je me meurs ! »… Mais j’avais comme un doute sur le fait qu’Ara soit le genre de femme à s’entourer de gamins, allez savoir pourquoi.

Ne pouvant m’en empêcher, j’ai éclaté de rire à sa remarque. Ce n’étai probablement pas la chose à faire mais c’était plus fort que moi… Nous savions tous deux que ce type de phrases était totalement inutile avec moi. La preuve étant qu’au lieu de me vexer, ça me faisait rire. Pas bien glorieux je sais… Araëlle pensait ce qu’elle disait, bien sur, mais je n’allais pas abandonner aussi vite. Loin de là même. Je me suis donc contenté de marcher à ses côtés, le sourire aux lèvres, comme toujours.

    « Tu sais très bien ce que je veux… Je ne comprends pas pourquoi tu refuses ! Je ne te demande rien, je voudrais simplement que tu me laisses te regarder pendant que tu dessines… »


Ca devait paraître un peu bizarre dit comme ça mais c’était pourtant la vérité. La magie me fascinait et celle des Dessinateurs encore plus. J’avais moi-même bien quelques capacités dues à ma relation avec Xochi mais ça n’était pas du tout pareil, ce que je dessinais ne devenait pas réel. Si je voulais regarder Ara, c’était simplement parce que voir cette magie opérer…. C’était tout bonnement magnifique. C’était la raison pour laquelle j’aimais tant les Dessinateurs et celle pour laquelle je suivais ainsi Araëlle. Je ne voulais pas être un de ses clients, je savais très bien qu’elle ne deviendrait jamais mon ami et je ne voulais rien obtenir d’elle. Juste avoir la possibilité de regarder ses talents à l’œuvre.
Au loin, la ville se dessinait. Dire que je venais tout juste d’en partir… Pas grave ! Ce n’était pas comme si je comptais m’éterniser de toute manière.

    « Oh on va en ville ? Chouette qu’est ce qu’on va faire là bas ? »


J’ai adressé un grand sourire à la jolie blonde pour bien lui montrer que je comptais bien lui coller aux pattes aujourd’hui encore et que j’irais là où elle irait. Sauf peut-être dans son bordel. Mais ça c’était plus une question de goûts personnels et Ara n’était pas du tout au courant. Je vois mal comment elle aurait pu l’être d’ailleurs.. Cela étant c’était très facile à expliquer : je n’aimais pas me dire qu’on puisse payer pour ce genre de choses. J’étais ahem… un peu coureur et j’avais toujours pensé que ce genre de choses se faisait juste pour le plaisir, ou , si on avait beaucoup de chance ce qui n’était pas mon cas, par amour. Mais je me voyais mal expliquer ça à Ara, ça n’était pas vraiment le type de trucs qui ferait remonter ma côte auprès d’elle et Eydis sait à quel point elle était déjà basse..

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Araëlle Sil-Emaïs

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MessageSujet: Re: It's hiding something || Araëlle   Mer 27 Juin 2012, 08:53

Si seulement elle était sûre que dessiner le ferait partir, elle l'aurait fait. Mais elle connaissait le spécimen et non seulement il allait s'ébahir mais en plus il en redemanderait, elle en était certaine. Et ça c'était hors de question. Elle avait horreur qu'on quémande de la sorte et en plus, peut-être qu'avec le temps il finirait pas se lasser et par se dire qu'il avait rêvé. Il est vrai qu'il l'avait décontenancée et qu'en plus de créer une arme - qu'elle aurait pu avouer avoir caché quelque part - en réalité elle l'avait fait disparaître. Sincèrement, être de mauvaise humeur lui faisait faire des erreurs de simple humaine qu'elle ne pouvait pas se permettre de faire. Heureusement que cet homme n'était qu'un simple dragonnier dénué de toute animosité et, elle n'était même pas sûr qu'il soit apte à un quelconque combat. Evidemment il avait un dragon, au fond ça suffisait, mais à part ça, elle n'était pas persuadée qu'il sache manié une arme. Mais ça lui était totalement égal. C'était de toute façon elle qui le menaçait le plus quand son dragon n'avait pas le temps de l'intercepter. Mais le tuer lui était impossible maintenant que cette foutue bestiole était constamment dans les parages. Et puis, ces animaux étaient intelligents, Zoran lui avait assez fait comprendre. C'était d'ailleurs sûrement le seul Etre que ce dernier aimait... Mais soit, c'était une autre histoire. En attendant, elle devait toujours se coltiner ce pot de colle qui avait tendance à n'en faire qu'à sa tête. Pourquoi fallait-il que ça tombe sur elle ? Après tout, elle n'était pas gentille, pas intéressée, elle était considérée comme la catin de service par le village, et elle avait mauvaise réputation. Pourtant rien de tout ça ne semblait altérer l'envie irrépressible de son compagnon de vouloir la lâcher. Comme s'il était mu par une stupidité innocente d'un enfant qui ne croyait pas à l'existence du mal dans ce monde. Ou alors simplement savoir qu'il était protégé par un dragon suffisait à rendre inconscient. Elle tablerait davantage sur le dernier point même s'il pouvait très bien présenter les deux défauts. En plus, elle pouvait très bien dessiner sans ne rien faire apparaître. Bon elle avait du mal... Mais concrètement ce n'était pas impossible. Enfin soit, de toute façon être dessinatrice c'était son secret que personne ne savait, excepté cette ombre humaine qui ne cessait de la suivre. Et apparemment le fait qu'elle aille en ville ne semblait pas vouloir le dissuader de l'accompagner. Dommage...elle se serait bien passé de compagnie. Surtout qu'elle allait acheter du matériel pour dessin...Ce qui quelque part, n'était pas très adéquat vu qui l'accompagnait. Enfin de toute façon, elle ne comptait nullement changer ses plans pour un tel gaillard. Elle irait acheter ce dont elle avait besoin avant de rentrer. Comme convenu.

Elle le regarda légèrement en biais lorsqu'il lui adressa la parole mais ne daigna point répondre pour l'instant. Daärim qui s'était envolé quelques instants revint prendre place sur son épaule en dardant le compagnon obligatoire d'un regard perçant, sans pour autant s'en prendre à lui. Si son acolyte humaine ne faisait rien, il n'allait pas intervenir. Une fois entrée dans la ville, les regards commencèrent déjà à se poser sur elle. Elle en avait clairement l'habitude mais par contre, pas du tout d'avoir un pot de colle avec elle. Lui aussi était dévisagé et déjà entendait-elle les rumeurs comme quoi elle se baladait ouvertement avec un client. C'est fou ce que les gens pouvaient jacasser sur des choses qu'il ne connaissait pas. Comme si elle se baladait à la vue de tous avec ceux qu'elle mettait dans son lit. Surtout que ces derniers n'étaient pas n'importe qui, alors elle préférait que ça ne se sache pas. Et puis, elle se voyait très mal avoir cet avorton - qui n'était guère plus jeune que lui cela dit - dans son lit. Il n'était nullement atteint de laideur mais son côté enfantin lui enlevait la virilité qu'elle préférait chez les hommes. Et d'ailleurs comme il n'avait aucun intérêt pour elle, s'il lui avait demandé ses services, elle l'aurait renvoyé vers une de ses filles. Mais il ne semblait pas animé par le désir de forniquer et sincèrement, elle n'en était guère étonnée. Après un instant de marche, elle s'arrêta devant une échoppe avant d'y pénétrer. Evidemment, il y avait de fortes chances qu'il la suive mais peu importe. Daärim par contre reprit son envol. Etre enfermé n'était pas son truc et quitte à se balader autant le faire dans les airs. Elle ne regarda que peu les différents éléments proposés dans les étalages, elle savait ce qu'elle voulait et elle allait simplement le demander.

"Bonjour. Je souhaiterais vous acheter différents crayons, noir et de couleurs, ainsi que de la peinture également."


"Mes prix sont assez élevés et ..."

"Oui oui je sais." coupa-t-elle "Les catins n'auraient pas de quoi payer, on me l'a déjà faite, mais en tant que tenancière cela ne me concerne pas." Elle sortit un petit butin négligemment sorti d'une poche de son long manteau avant de le poser sur le bureau "Ca suffira ?"

Son regard perçant et maquillé lui donnait un air dur auquel le vendeur ne put que répondre en s'exécutant. Il jeta un coup d'oeil à Mikhaïl le considérant tout aussi mal qu'Araëlle alors qu'il n'avait rien fait. Mais bon c'était les règles quand on était une catin, ou du moins quand les gens croyaient que vous l'étiez. Elle en avait l'habitude maintenant mais ça l'amusait que les gens essayent encore de l'intimer à s'enfermer dans son bordel par des sous-entendus comme quoi elle n'était pas la bienvenue. Comme si ça allait l'empêche de faire sa vie... Les gens la connaissaient bien mal et concrètement, il ne la connaîtrait jamais mieux. Elle était la catin, celle qui avait amené le bordel dans leur jolie petite contrée, elle ne valait pas grand chose et était juste une représentation de la débauche. Et puis vu comme elle s'habillait... Mais peu importe. Au moins cela leur donnait un sujet de discussion pour la journée. Le vendeur revint avec le matériel qu'elle paya et embarqua par la suite avant de sortir de l'établissement. Tout en avançant elle daigna s'adresser à son compagnon de route.

"Tu ne devrais pas traîner avec moi, tu vas finir par être considéré comme client si ce n'est pas déjà fait."

Tentative qui se voulait altruiste mais qui n'était en réalité donnée que pour tenter de le faire partir parce que sincèrement elle n'en avait rien à faire de la manière dont on pouvait le voir; Mais connaissant l'énergumène, elle avait la nette impression qu'il ne se laisserait quand même pas dissuader par ce bon argument. Dommage cela dit... Elle n'avait plus rien à faire en ville mais elle avait bien envie de se prendre un verre. Certes, ce serait en mauvaise compagnie, mais elle voulait un verre. Donc, après quelques pas, elle se rendit dans une taverne où elle prit place. On vint prendre leur commande et elle posa enfin longuement son regard sur son interlocuteur

"tu veux quoi ?"


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Mikhaïl Navrátil

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MessageSujet: Re: It's hiding something || Araëlle   Jeu 28 Juin 2012, 16:22

J’étais un homme tout terrain. J’adorais la nature et j’avais une très nette préférence pour les forêts, les plaines, les océans, tout ce qui impliquait qu’il n’y ait pas d’homme dans les parages, mais je pouvais tout aussi bien me fondre en ville, tout du moins, tant que Xochi restait dans les airs parce qu’il est vrai qu’une fois ma dragonne à terre, on était facilement et étrangement repérables. Je n’ai par ailleurs jamais compris pourquoi. C’est vrai quoi, un gros lézard à la couleur d’or, c’est quand même ce qu’on fait de mieux niveau discrétion !

Tout ça pour dire que peu importait l’endroit où Araëlle décidait d’aller trouver refuge, je n’allais pas la lâcher d’une semelle. Puisqu’elle s’était trouvée sur ma route ce jour là je n’allais pas faire comme si rien ne s’était passé et tracer ma route ! Quoi que je suppose qu’elle aurait apprécié. Mais je n’étais pas encore prêt à lui faire ce plaisir. Je n’étais pas particulièrement pressé puisque personne ne m’attendait et j’étais plus ou moins maître des routes que j’emprunterais –si on oublie le fait que Xochi était la véritable navigatrice et que je me contentais d’admirer le paysage- alors je ne risquais absolument rien à prendre un peu de temps pour suivre Ara. Et qui sait ? Peut-être cette fois ci serait-elle la bonne ? Peut-être allais-je enfin assister à une démonstration de son don ? Ouais bon… Peut-être pas. Mais je pouvais toujours espérer ! Après tout je ne savais toujours pas pourquoi on –bon d’accord ELLE- allait en ville ! Et mon esprit se plaisait déjà à échafauder mille et une hypothèses que je vous épargnerai dans un souci de préserver votre… hum… euh… Bon… Qu’est ce que je disais déjà ? La ville, ah oui. Etonnant comme j’arrive à divaguer loin si on m’en laisse l’occasion. Je ne l’avais quittée que quelques minutes auparavant, mais ayant emprunté la voie des airs, la route que nous empruntions à présent m’était inconnue. Je n’avais donc pas la moindre idée de l’endroit où nous nous rendions. Ca aurait tout aussi bien être chez le Roi que dans une forgerie ou un bordel, ça n’aurait pas fait grande différence pour moi. Enfin, je veux dire que ça ne faisait pas grande différence sur le chemin parce qu’il est vrai que les héritières et les prostituées n’ont pas tout à fait le même accoutrement.
Autant les gens me regardaient ordinairement avec une sorte de respect mêlé de crainte lorsque j’étais avec Xochiquetzal, autant lorsqu’il s’agissait d’Araëlle les choses étaient différentes. A croire qu’être tenancière d’un bordel n’apportait pas grands égards. Chose que je trouvais étonnante puisque la plupart des hommes qui nous dévisageaient comme la pire des vermines avaient déjà mis les pieds dans un établissement de ce genre plus d’une fois. C’était tellement facile de faire croire qu’on ne faisait rien en dehors des règles morales et éthiques mais c’était autre chose que de les respecter vraiment. Pour dire vrai cette hypocrisie indécente m’agaçait bien plus que l’idée qu’ils devaient se faire de moi à l’heure actuelle. Je n’avais aucun compte à leur rendre et pour ma part, je n’usais des services d’aucune femme, ça suffisait à soulager ma conscience. C’est donc d’un pas tranquille que j’ai suivi Ara, ne me départissant pas de ce sourire que j’avais accroché à mes lèvres. C’était une belle journée après tout et Ara n’avait pas encore menacé de me découper en rondelles à la fourchette, ça s’annonçait plutôt bien ! Nous pénétrâmes dans une échoppe et un vague espoir naquit en moi. Ara venait acheter du matériel pour dessiner. Quelle veine ! Quand je vous disais que c’était une bonne journée… Pendant que la demoiselle faisait ses emplettes, je me suis permis de faire un petit tour pour admirer les marchandises sous le regard mauvais du vendeur. Que du beau matériel en tout cas. J’en étais encore à contempler toutes ces merveilles lorsque la voix d’Araëlle se fit entendre. Eh ben dites donc, il avait du être particulièrement désagréable ce monsieur. Tournant la tête pour pouvoir voir de quoi il retournait, j’ai croisé le regard écœuré du marchand. Allons bon ! Et puis quoi encore ? Un sourire particulièrement mielleux vint s’inscrire sur mes lèvres et je lui adressais un petit signe de main. Un problème monsieur ? Notre présence vous dérange-t-elle ? Moi qui pensais que tant qu’il avait son argent, un marchand était satisfait.. J’avais visiblement encore bien des choses à apprendre sur le commerce ! Pourtant quelque chose me disait que si ce type commençait à faire le tri dans ses clients, il allait bientôt se retrouver sur la paille. Ce qui eut été dommage n’est ce pas ?
En sortant, j’ai jeté un coup d’œil dans l’espoir de me rappeler du nom de l’établissement pour y remettre les pattes aussi souvent que possible, histoire d’embêter le vendeur. Moi ? Chiant ? Non mais enfin qu’est ce que vous allez imaginer ! Ma présence dans sa boutique avait visiblement tellement plu à cet homme ! C’était un devoir pour moi que de revenir le voir ! Non mais. La voix d’Araëlle me sortit de mes pensées et je lançais vers elle un regard étonné. Est-ce qu’elle s’inquiétait pour moi ?? Ah oui… non… C’était juste une nouvelle ruse pour essayer de me faire partir. Raté ! J’ai éclaté de rire.

    « Les gens peuvent bien penser ce qu’ils veulent, je n’y prête aucune attention. Ce n’est pas comme s’ils me connaissaient ou me connaitraient un jour. »


Ce n’était que des ombres. Des fantômes à peine que j’aurais bien vite effacés de ma mémoire. Ca n’était pas le genre de choses qui me marquait je dois bien vous l’avouer. Pour dire la vérité, rares étaient les choses qui me restaient en mémoire. J’étais peut-être un peu trop distrait ou dans les nuages … -notez le jeu de mots !- Et pour l’instant j’avais bien plus important à faire que de noter les noms de tout ces donneurs de leçons anonymes. Comme trouver un moyen de faire qu’Ara me donne la permission de la regarder dessiner. Et croyez moi c’était beaucoup plus difficile. A peine sortis, nous voilà à nouveau rentrés, dans un bar cette fois et je m’asseyais à côté de la donzelle en silence histoire de me faire discret, pour l’instant tout du moins.

    « Une chope d’hydromel pour moi ! Tu permets que je paie ton verre ? Après tout, je te dois bien ça… »


Bon à dire vrai, si j’avais du compenser toutes les fois où j’avais suivi Araëlle, j’aurais du lui acheter le bar. Malheureusement je n’avais pas assez d’argent sur moi pour parvenir à faire ça. Ca serait donc quelques verres pour aujourd’hui. Mais je comptais bien me rattraper un jour ! Après qu’elle m’ait laissé observer son don. Bon … peut-être que ce jour n’arriverait jamais finalement. J’ai attendu qu’on nous serve avant de reprendre ma parole, lui lançant un regard en coin.

    « Est-ce que tout va bien ? C’est la première que tu m’amènes dans un bar au lieu de me menacer de mille et une tortures, je t’avoue que je suis assez surpris. »


Lui adressant un sourire amusé, j’ai bu une gorgée du breuvage qui ne tarda pas à me chauffer l’estomac. Pas que je me plaignais de cet étrange revirement de situation, au contraire, mais c’était tellement étonnant de la part d’Ara ! Lançant un regard circulaire autour de nous, je n’ai pas tardé à m’apercevoir que ceux qui nous observaient n’avaient pas l’air particulièrement bienveillant. Si nous nous éternisions ici, nous allions probablement avoir des problèmes. Resserrant les doigts sur l’anse de ma chope, je me suis demandé si j’allais devoir me battre avec tout ce beau monde. Aussi rustres soient-ils, ces hommes ne s’en prendraient pas à Araëlle, question d’honneur, mais moi c’était une toute autre histoire. Ce qui voulait dire que si ça tournait mal, la demoiselle aurait tout le temps de me fausser compagnie pendant que je m’occupais de leur cas ! Visiblement le dessin allait devoir attendre encore un peu…

    « J’ai l’impression que tout le monde te connait ici ! »

_________________
Maybe we’re not supposed to be happy. Maybe gratitude has nothing to do with joy. Maybe being grateful means recognizing what you have for what it is. Appreciating small victories. Admiring the struggle it takes to simply be human. Maybe, we’re thankful for the familiar things we know. And maybe we’re thankful for the things we’ll never know.
At the end of the day, the fact that we have the courage to still be standing is reason enough to celebrate.
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Araëlle Sil-Emaïs

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MessageSujet: Re: It's hiding something || Araëlle   Dim 01 Juil 2012, 13:16

Dommage qu'il s'en foutait des commentaires des gens autour, sincèrement il s'en serait bien passé de le garder à ses côtés. En fait quelque part, il lui ressemblait un brin dans le sens qu'il faisait ce qu'il voulait quand il en avait envie sans se soucier des conséquences. Concrètement, elle aussi. Sauf qu'elle ne se mettait pas en danger inutilement. Lui il avait sûrement du se retrouver dans des situations bien plus désastreuses à son avis, c'est juste qu'il ne s'en rendait strictement pas compte. Ou alors, il n'avait pas envie de s'en rendre compte. Elle ne savait pas si c'était pire d'être insouciant et de ne pas avoir conscience ou alors de l'être tout en sachant qu'on l'était. De toute façon, il devait risquer sa vie bien plus d'une fois ça elle en était certaine. Déjà elle elle avait failli le tuer plus d'une fois. Dommage qu'elle ne s'y était pas pris. Enfin concrètement, il ne présentait aucun risque et n'était pas bien méchant. C'était plus le fait qu'il avait un dragon qui l'était. Et ça avait sûrement joué sur le fait qu'il était toujours en vie. C'était un style de vie il fallait dire... L'insouciance. Elle l'avait été quelques années, durant sa tendre enfance, quand les parents étaient là pour s'occuper des bêtises qu'on laissait derrière soi et qu'ils ne devaient que ramasser. Or la suite de sa vie l'avait obligé à faire face à une réalité on ne peut plus cruelle. Elle avait du faire face aux personnes désagréables et peu encourageantes pour trouver un but à sa vie. Elle avait simplement souffert. Mais là elle s'en était tirée et elle reconnaissait qu'au fond, vu d'où elle venait, elle avait plutôt bien gérer. De toute façon, mourir n'était pas une solution, elle devait juste prendre le pas sur son éducation et elle l'avait bien mise à profit. Maintenant elle avait des relations, elle faisait partie de ces gens considérés comme cruels et dangereux dans le monde, et elle adorait ça. En plus elle avait son petit secret en tant que Dessinatrice ce que les gens de manière générale ne savait pas, excepté l'énergumène qui se trouvait en face d'elle en ce moment et qu'elle n'avait pas su tuer pour enfermer le secret dans un nouveau cadavre. Du coup, il était un pot de colle qu'elle traînait avec elle à chaque fois qu'elle le voyait. Pas de chance quand même... Enfin au fond, elle en avait l'habitude maintenant et c'était peut-être pour ça qu'elle ne s'en préoccupait que peu... Voire pas du tout. Il la suivait, et bien qu'il la suive, de toute façon elle était tenace et elle ne dessinerait jamais pour lui quelque chose qui prendrait vie. Et un jour, peut-être se lasserait-il et arrêterait de la faire chier avec ça. Il faudra juste espérer que jamais elle ne doive réaliser d'armes pour les sortir d'un mauvais pas, ce serait fortement dérangeant pour elle.

Elle le laissa commander et le regarda un peu quand il parla de payer le verre. Evidemment elle n'allait clairement pas payer parce que lui devoir, elle lui en devait pas mal de verre vu comme il s'incrustait à ses côtés. Au moins, il pouvait se vanter de pouvoir la côtoyer autant sans être un client et sans même avoir d'intérêt pour elle. Peu pouvait dire être capable de le faire. Et puis elle devait reconnaître que comme elle ne lui donnerait pas satisfaction, elle avait du mal à comprendre pourquoi il s'accrochait autant. En plus elle n'était nullement de bonne compagnie pour quelqu'un qui l'indifférait totalement. Mis cela non plus n'avait pas l'air de lui poser problèmes. De toute façon, pas grand chose lui posait problème à cet homme. Il aurait pu être l'homme parfait pour une femme somme toute normale. Pas elle quoi. Enfin peu importe, elle ne comptait nullement le draguer et lui ne semblait pas intéresser, donc à ce niveau là il n'y avait rien à faire. Il n'était pas moche mais elle ne s'intéressait guère à ça. Ses charmes étaient utilisés dans le cadre d'un profit et non pour un plaisir personnel. Il n'y avait qu'une personne avec qui elle agissait ainsi et c'était à peu près tout.

"Oh oui tu me dois bien ça et tu pourrais même payer les autres pour que j'aie le sentiment de compensation."

Elle observa un peu le monde qui se trouvai dans la taverne. COmme toujours elle subissait les regards soit pervers soit désagréables des gens qui estimaient qu'une catin ne pouvait pas vivre comme tout le monde et se taper dans une taverne. Comme quoi les gens avaient des croyances bizarres. Mais grand bien leur face, de toute façon elle ferait quand même que ce qu'elle voulait et si elle avait envie de rester un moment dans ce lieu, elle y resterait simplement. Ce n'était pas les autres qui allaient lui dicter sa façon de vivre. Elle avait déjà été recluse pendant des années contre son bouloir, cela suffisait amplement. Maintenant elle comptait bien gérer sa vie comme elle l'entendait, sans aucune contrainte excepté les siennes et pour les autres. Elle tourna son regard vers le dragonnier qui mettait en avant sa "gentillesse" du moment. C'était davantage de l'indulgence que de la gentillesse cela dit. Mais bon au fond, ça revenait au même peu importe le thème que l'on mettait sur son comportement. Elle le regarda un instant avant de parler.

"J'ai bien fait vu que je vais boire gratuitement. J'ai plus à y gagner de ta présence que de ton absence."

Dire qu'elle avait souhaité sa compagnie ? C'était totalement faux et surtout il aurait capté le mensonge de très loin. De toute façon, elle ne l'aurait pas dit avec beaucoup de crédibilité. Et puis la compagnie ce n'était pas forcément ce qu'elle recherchait le plus. C'était étonnant pour quelqu'un qui tenait un bordel avec un nombres de filles impressionnant dedans. Mais elle avait ses appartements en haut de la maison et concrètement, la solitude était ce qu'elle préférait. Encore une conséquence de son éducation. Elle ne le niait clairement pas. Et puis, à quoi bon être entourée ? Les gens avaient généralement peu d'intérêts et quand il en avait elle les côtoyait de toute façon, mais ils étaient rares ce qui lui donnait de l'espace pour sa solitude. Cela l'arrangeait parfaitement. Elle but plusieurs gorgée avant de répondre à la phrase de son interlocuteur.

"Evidemment que tout le monde me connait. Je tiens un bordel et je suis habillée comme une catin. Ca fait parler les gens dans ce genre de lieu. Des hypocrites ou des frustrés, des envieux ou des soi-disant fidèles dans leur couple. Au fond dans leur regard, il y a soit du réel dégoût en croyant que j'écarte les cuisses pour le premier venu, soit du dégoût où derrière il y a cette envie de me baiser qu'ils tenteront de faire ou qu'ils auront trop peur de tenter. Et puis il y a ceux qui sont déjà venus dans mon bordel et ça c'est ceux qui me regardent avec dégoût mais où je perçois également la peur de se faire gauler. Les hommes ne sont pas très doués..."

Elle parla avec une totale désinvolture tellement ça lui était égal. Elle avait vécu des années avec un homme qui n'avait eu cesse de la regarder comme un butin qu'il ne s'était pas privé d'user. Donc les hommes ne représentaient pas plus qu'une marchandise désormais à ses yeux à part quelques exceptions. Des amis elle n'en avait pas vraiment et elle n'en aurait sûrement jamais. Ca ne servait à rien de s'attacher, d'avoir des sentiments, à part foutre la merde. Se sacrifier pour quelqu'un, se démener pour quelqu'un, s'inquiéter pour quelqu'un.... non... Elle préférait faire tout ça pour elle même. C'était bien plus intéressant et ça rapportait bien plus. Au fond, personne ne s'était vraiment démené pour elle, alors elle ne devait rien à personne et ça l'arrangeait bien. Elle but une nouvelle gorgée avant de regarder de nouveau le dragonnier. Elle le fixa longuement le dévisageant de son regard noirci et de ses yeux qui n'avaient aucune honte à se rendre pénétrant. Le genre de regard désagréable mais qu'elle ne se privait pas de réaliser. Elle aimait bien toiser les gens. Concrètement avec le temps, elle ne le faisait plus vraiment exprès, son regard était toujours ainsi, cherchant les moindres failles de la personne qu'elle avait devant elle, les fixant jusqu'à les mettre mal à l'aise. Elle n'était nullement intimidée pour sa part de ce genre de comportement. Elle n'avait aucun mal à fixer quelqu'un qui la fixait. C'était ça être sûr de soi... Ou n'avoir pas peur. Elle se décida finalement à parler.

"Tu ne dois pas avoir beaucoup d'amis pour apprécier ma compagnie et traîner avec moi. Vu mon comportement envers toi surtout." Elle se pencha un peu vers lui en continuant de le fixer avant de dire "Et c'est fou ce que tu es insouciant. Je t'ai menacé, maintenant je t'enferme dans une taverne avec moi sans que ta bestiole puisse nous voir ce qui me laisse toute l'opportunité de te tuer à mon aise. Tu tiens si peu à la vie ? Si c'est vraiment ce que tu cherches je peux y mettre un terme, ça ne me pose aucun problème. "

Directe elle ? Non pas du tout... Mais être à ce point aussi naïf lui faisait se demander s'il avait vraiment conscience de ce qui l'entourait. Il n'était plus un gamin pourtant, il devait quand même comprendre certaines choses. Comme quoi.... De plus elle sentait venir une réponse qui allait sûrement en rajouter au peu d'estime qu'elle avait de lui. Même si au fond, cette insouciance était déstabilisante et amenait un brin de curiosité de sa part.


_________________

Toi, mon Faucon
Toi, mon ami
Toi, qui ne me quitte pas
Toi, qui s'envole à l'effigie de notre liberté commune
Nous sommes devenus un,
De ton nom, Daärim, tu te lies au mien.
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