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 Catch me if you can ~

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Izhelindë Hardansson

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MessageSujet: Catch me if you can ~   Jeu 31 Mai 2012, 12:34



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    Vastes étendues verdoyantes de Perllan, l'immensité des plaines bigarrées de pan de sylve sauvage. Existait-il meilleur endroit pour une chevauchée effrénée ? Labourant les terres fertiles de ses sabots, Yefahlan, la somptueuse monture opalescente de la princesse de Lanriel, traversait la contrée. Sa maîtresse installée sur son échine, tous deux crinières abandonnées au grès du zéphyr, ils avaient quitté les méandres citadins de Cathairfàl pour y préférer l'air épuré de la nature. Plusieurs jours qu'ils étaient en cavale, recherchés par tous les factionnaires du palais sans qu'aucun ne soit enclin à les retrouver. L'effervescence était telle que les cohortes de sentinelles parcouraient la ville de long en large sans guère de répit, il était devenu délicat de musarder dans les venelles sans risques d'être reconnue et escortée jusqu'à la demeure royale. Malgré tout, Izhelindë s'étonnait de ne point avoir encore croisé Azazel, le quidam qui se lançait à sa suite dès lors qu'elle disparaissait, à moins qu'elle ne soit devenue trop finaude pour que ce dernier ne puisse lui mettre le grappin dessus. Néanmoins, elle était consciente des probabilités de perdre la partie si elle demeurait plus longuement dans les environs, raison pour laquelle elle eut pris la décision de prendre par la grand' route. Quelques-uns de ses accointances étaient susceptibles de lui offrir l'hospitalité en échange d'une simple oeillade implorante et d'une risette de circonstances. Galahad avait été le premier à lui tendre une poigne amicale – à sa façon, certes – et elle lui vouait depuis une plus grande estime que naguère. Certains passages de leur nuitée de pochardise lui échappaient encore, mais il lui semblait se souvenir du plus substantiel, pointant d'un doigt conquis les témoignages d'affection discrètes mais existantes de l'indigent à son égard. Les deux comparses n'avaient guère eu le loisir de converser quant à cette soirée de folle ébriété, et à bien y songer, peut-être était-ce mieux ainsi. Elle se promettait que ce n'était pas là leur ultime conciliabule, coercition maritale ou non, elle n'avait aucunement l'intention de trier ceux qui lui étaient proches, qu'importait que ceux-ci soient issus de la noblesse ou de la roture. Il lui faudrait redoubler d'efforts et d'imagination pour s'octroyer une flânerie parmi la plèbe, préserver ses marottes de jeune indocile pour être à la hauteur de cette notoriété qui la précédait. Prompte à se damner de certitude, ce n'était inexorablement pas ce qu'elle aimait à qualifier de chevaucheur de lézard qui ébranlerait son quotidien, du moins, pas plus qu'il ne l'eut déjà fait. Elle n'avait fait que l'apercevoir, un moment furtif et emprunt d'émoi – de furia, durant lequel elle s'était drapée de sa plus belle aube de succube. Sa terrible incartade supplantée de sa fuite n'avait fait que lancer les premières hostilités, qui se promettaient de n'être qu'une longue kyrielle de lutte. Et elle ne pensait pas si bien penser.

    Lancée en un galop modéré, ses prunelles de bleu céleste parcouraient le fastueux paysage où les habitations n'étaient que rares. Subitement, elle sentit un impalpable étau s'étrécir au niveau de sa poitrine, une sensation de lourdeur pesant sur sa respiration, un néfaste pressentiment pointant en son coeur. Il lui sembla que quelque chose approchait, qu'un prédateur la guettait en toute prudence. Troublée, la jeune femme entreprit de vérifier autour d'elle, jusqu'à apercevoir ce qui s'apparentait à une ombre majestueusement immense. Celle-ci l'engloutit, lui occultant l'astre diurne qui luisait de toute sa ferveur, et lui indiquant par la même occasion que la menace venait des cieux. Lentement, donc, ses mirettes se levèrent pour s'écarquiller en un éclat d'ébahissement. Même dans ses chimères les plus insensées, jamais elle n'aurait un jour imaginé admirer un tel spectacle se déployer à l'orée des nuages – nul ne la croirait lorsqu'elle le conterait ! Car au-dessus d'elle, l'une des plus augustes créatures que le monde ait jamais portée, démesurée, architecturale et tant d'autres qualificatifs qui lui échappaient. Un dragon comme elle n'en avait jamais vu auparavant, si imposant, si dantesque qu'elle aurait juré qu'il allait se repaitre du soleil lui-même. Son souffle se bloqua inconsciemment, la bouche immensément ouverte, spoliée de l'ensemble de ses sens.


    « Par la Bienfaitrice... »

    Mais au revers du souverain reptile, se camouflait un autre monarque en devenir et la réalité qui l'accompagnait. Izhelindë le comprit aussitôt, devina l'identité du cavalier céleste sans même l'avoir encore distingué. Rares étaient les dragonniers pouvant se targuer sillonner les alentours de Cathairfàl en toute impunité, sans craindre que le courroux des Singuliers ne les foudroient de la bonne parole du roi. Ces guerriers des cimes de Bairr Bàn étaient sources de nombre de qu'en-dira-t-on et autres légendes inhérentes à leur Ordre, attisant la méfiance et la couardise parmi le peuple. Un effroi justifié alors que l'on narrait leurs talents martiaux, et plus particulièrement, la puissance de leur monture. Leurs souls unifiés, des âmes soeurs perpétuellement liées qui se complétaient tant dans la concorde que dans la guerre. L'héritière avait ouï certains de leurs hauts faits, des récits pour lesquels elle s'était toujours passionnée, emportée au grès des paroles de ses conteurs. Mieux encore, elle avait d'ores et déjà fait la rencontre d'un de leur coursier dont les venues à Coróin étaient autrefois itératives. Au fil de ses visites, elle avait tant appris sur les siens, et s'était même pas plusieurs fois envolées sur le dos de son Flocon-Argent, avant qu'il ne s'évanouisse dans la nature sans plus jamais se manifester. Cependant, le dragon auquel elle faisait présentement face ne ressemblait en rien à celui qu'elle avait connu, et elle comprenait un peu plus cette réputation que les croyances populaires leur concédaient.

    Ainsi donc, lui aussi l'avait talonnée durant ces quelques journées d'errance. Comble de l'insoutenable, être ramenée par celui qu'elle fuyait en priorité – Eydis se jouait une fois de plus d'elle ! Que lui avait-elle donc fait pour subir son anathème de façon si récurrente ? Si le sieur Ildahel pensait être opiniâtre, il serait surpris de ce dont était capable sa jeune promise qui, envers et contre toutes les embûches plausibles, guerroierait avec acharnement. L'heure de retrouver l'opulence de sa vie princière n'était point encore arrivée et nul ne la contraindrait à modifier ses desseins. En toute sagacité, la dryade estima que le chevalier du ciel tenterait de lui barrer le chemin en se posant au loin, en travers de sa route, ce qu'elle n'entendait pas de cette oreille ! Reprenant le sens des réalités, elle claqua les flancs de son destrier pour que celui-ci s'élance au triple galop, une initiative pour but de prendre son assaillant de cours en s'extirper de son ombre – et donc en le dépassant. Parier son pécule sur la vélocité de son pur-sang aurait été futile, le dragon aurait tôt fait de les rattraper d'un ample mouvement d'ailes. Bien plus espiègle, la princesse prit un impromptu virage dextre pour disparaître parmi les arbres des pans de forêt. Cette protection n'était qu'éphémère, car il lui faudrait inéluctablement sortir de sa cachette pour en rejoindre une autre et espérer poursuivre sa chevauchée jusqu'à atteindre la plus grande concentration de futaies, là où elle entrerait dans la Forêt de l'Eveil. Une fois enfoncée dans celle-ci, elle serait alors hors de portée pour celui qui l'observait d'en haut. Là était son unique chance, elle le savait et ne comptait pas abdiquer en faveur de son antagoniste. Mais avant cela, le semer s'avérerait ardu, car déjà, elle se retrouvait à nouveau sur un terrain plat, une plateforme idéalement dégagée pour son poursuivant qui ne tarderait sûrement pas à réapparaître. Prestement, la belle repéra le prochain rideau de sylve qu'il lui faudrait rallier, droit devant elle. Lancée à toute allure en bordure d'une rivière qui fluait paisiblement, la guerre était désormais officiellement ouverte.

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Athran Ildahel

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MessageSujet: Re: Catch me if you can ~   Mar 05 Juin 2012, 08:00

Athran avait compris l'importance que la disparition de la princesse avait pour les parents de celle-ci. Son absence se faisait maintenant ressentir depuis plusieurs jours. Concrètement, il n'avait pas vraiment pris en compte que ces quelques jours sans signe de vie pourraient vraiment être dangereux pour elle. Les Dragonniers avaient pour habitude de partir sans donner signe de vie et cela ne posait nullement problème. Mais au vu du dépit que laissait envisager les têtes de la Reine et le Roi - sans oublier le sexe de sa promise- il avait bien compris que cette disparition était capitale et ne laissait inaugurer rien de bon. Sincèrement, il ne mesurait pas encore concrètement où était sa place par rapport à cette situation même s'il sentait au fur et à mesure peser sur lui le désarroi royal. Qu'avait donc en tête la princesse à agir de la sorte.Que complotait-elle et quel était son mode de fonctionnement ? Ses actes lui semblaient clairement puéril et dénués de toutes responsabilités mais au vu de la réaction parentale, il avait bien compris qu'il se devait de faire lui aussi des recherches comme les trois quart du royaume, simplement parce que celles actuelles n'avaient rien donné de bon. Et il devait reconnaître qu'à force de voir l'inquiétude trôner autour de lui à ce sujet, il venait à se demander s'il n'était pas réellement arrivé quelque chose à cette demoiselle qu'il savait de source sûre -lui-même pour l'avoir vu - qu'elle était intrépide et insolente. Forcément, il y avait de quoi se demander si elle ne s'était pas fourrée exprès dans les ennuis. Il n'espérait pas qu'il lui soit arrivé quelque chose car il avait beaucoup trop de respect voire d'amitié pour le roi. Et puis, bien que leur relation n'était pas prête de se considérée comme acquise, il n'avait jamais souhaité le moindre mal à la princesse. Son mécontentement était compréhensible, il espérait juste ne pas rapporté de mauvaises nouvelles. Toujours est-il qu'après ce laps de temps écoulé et donc l'initiative ancrée dans sa tête de parcourir Lanriel - bien que d'abord Cathairfàl où il espérait l'y retrouver - il grimpa sur l'échine d'Elthaïr dans le seul et unique but de retrouver sa promise. Sa monture n'était pas très encline à ce genre de motivation mais bien que son avis comptait énormément pour son acolyte humain, il ne tenait pas à laisser la royauté sans aide. Après tout, leur alliance impliquait les Dragonniers dans les affaires du royaume et bien qu'il savait évidemment que pour ce genre d'évènement, ils n'interviendraient sûrement pas, ici lui était particulièrement personnellement impliqué. Donc autant faire valoir cette alliance dès maintenant même si c'était davantage par respect pour le roi. Elthaïr capitula donc et s'élança dans les airs, Athran ne lui laissait de toute manière pas le choix.

Parcourir la ville des airs fut particulièrement rapide. Ca l'était bien plus qu'en toute autre monture tel un cheval par exemple. Enfin, il décida d'aller voir plus loin, ce qui était son but premier car la ville avait déjà été parcourue de long en large ne donnant rien de bon. Or il savait les hommes de main de haute qualité - du moins avec leur moyen- et était déjà au courant de l'élargissement obligatoire de ses recherches. Ainsi passa-t-il plusieurs heures dans les airs à parcourir d'autres contrées que Dinas Uchel sans succès. Il avait même parfois mis pied à terre pour essayer d'obtenir des informations de personnes susceptibles de l'aider. Mais toujours aucun signe de la princesse. Il ne lui restait plus qu'une contrée à parcourir et c'est ainsi qu'il se retrouva au dessus de Perllan avec comme un sentiment d'inutilité fort désagréable. Ne fut-il pas un miracle d'apercevoir au loin un cavalier, ou plutôt après un oeillade plus sévère un cavalière, qui ressemblait à s'y méprendre à la princesse. Pour s'en assurer, il fit perdre de l'altitude à son dragon avant d'effectivement reconnaître entièrement la donzelle. Il ne fut pas le seul à remarquer une présence car la princesse était subjuguée par l'imposante masse qui s'étendait au dessus d'elle. C'est vrai qu'il avait tendance à oublier ce qu'un dragon pouvait inspirer comme sentiment pour un non initié à leur présence. Mais contre toute attente, lui qui pensait la devancer assez pour se poser, la réaction face à un imposant reptile fut toute autre et ce fut avec une surprise certaine et le mécontentement de son homologue reptilien qu'il vit la demoiselle sur son destrier disparaître de son ombre pour galoper ardemment et tenter visiblement de le semer. Aussi loin qu'il ne s'en souvienne, personne ne s'était avancé à tenter la course avec lui, monté de la sorte. Il ne comprenait même pas son comportement mais confirmait par contre l'enfantillage dans lequel elle avait décidé de s'ancrer. Et pour peu qu'il était quelqu'un de patient, il n'approuvait guère un tel comportement alors qu'une famille entière et qu'un royaume étaient en état d'inquiétude à cause de sa petite personne. Ce fut dans cet état d'esprit qu'Elthaïr accéléra son vol, sans même qu'il n'eut mot à dire, leur proximité liant leurs pensées et il poursuivit alors cette princesse aux tendances égoïstes.

En la voyant disparaître dans ce petit coin boisé, il comprit à quel point elle était sérieuse et devançant son regard à son allure, il aperçu au loin une forêt bien plus dense et d'une superficie bien différente dont il ne voyait pas le bout et bien qu'il se disait qu'elle n'oserait pas, il se donna comme but obligatoire de couper sa route avant qu'elle ne soit en mesure d'atteindre cet endroit. Il ne pouvait pas la voir disparaître dans cet amas d'arbres sous peine de perdre clairement sa trace. Autant les dragons étaient bien plus puissants et rapides que n'importe quel autre animal susceptible de porter un cavalier, autant dans les endroits réduits, c'était quand même à pied qu'il devait s'y rendre. La forêt en faisait partie et il ne pouvait par conséquent pas se permettre de perdre sa monture pour continuer les recherches. Ainsi, lorsque la cavalière en fuite réapparu dans son champs de vision, il poussa Elthaïr à la dépasser ce qu'il fit sans mal avec quelques coups d'ailes d'un nombre augmenté. Il devait désormais se poser et lui imposer l'arrêt. Elle ne pouvait décemment pas continuer à le défier et à fuir ses responsabilités. Qu'elle ait son caractère était une chose mais rester une enfant était un stade qu'elle ne pouvait pas se permettre de garder. Elle n'était peut-être pas née là où elle le désirait mais si sa naissance s'était constituée bien plus bas dans l'échelle sociale, elle aurait donné tout ce qu'elle avait pour avoir cette place actuelle. Peu de femmes pouvait prétendre avoir un royaume à gouverner. Bien que cela impliquait de ne pas dormir sur ses lauriers, c'était un poste remarquable qui demandait bien sûr de s'intéresser à son peuple et son royaume, tout comme son père s'efforçait de faire en tant que roi actuel, et qu'il faisait - selon l'avis d'Athran- de manière exemplaire. Chaque personne avait ses propres responsabilités, les siennes l'avaient envoyé à son rite pour devenir Dragonnier et la mort l'avait tiraillée pour pouvoir avoir la chance actuelle d'être liée avec Elthaïr. Elle n'était pas une pauvre enfant, juste une femme qui se devait de monter un jour sur le trône et de prendre la place qui lui revenait par le sang.

Maintenant à une ombre dragonnienne d'elle, il se posa dans un bruit imposant au vu de la masse corporelle de sa monture et la regardant arriver, il prit même l'initiative de descendre de son fidèle compagnon pour ne pas avoir l'air de la toiser du haut de l'échine de son reptile. Il était près à l'accueillir sans heurt et à la raccompagner docilement jusqu'à son domicile. Du moins était ce le scénario qu'il espérait bien voir arriver. De toute façon, elle avait l'imposant Elthaïr, lui-même et la rivière. Elle ne pouvait pas vraiment faire autrement que s'arrêter. Elle en avait quand même tout intérêt car il ne comptait pas jouer constamment avec elle. Contrairement à sa dame, il avait d'autres choses à faire.

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Izhelindë Hardansson

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MessageSujet: Re: Catch me if you can ~   Ven 08 Juin 2012, 04:12

    La maudissait-il pour ces embûches qu'elle semait sur son passage ? La maudissait-il comme elle l'avait fait pour lui ? Il lui était encore plausible d'abdiquer, de se retirer de cette machination matrimoniale qui avait pris tout le pays à dépourvu. Il ne serait qu'un prétendant de plus à courber l'échine et à prendre congé, un homme de plus grande ampleur certes, mais un homme tout de même. Elle l'imaginait d'ores et déjà abjecte, altier comme tous ces courtisans, niché sur l'épine dorsale de son auguste monture. Elle savait pourtant que tous les dragonniers n'étaient pas dangereux, mais n'en avait rencontré qu'un de bas grade ; leurs dirigeants étaient dépeints d'une toute autre façon par les contes populaires.Mais si en d'autres circonstances plus officieuses, Izhelindë aurait eu matière à trembler sur son destrier, son poursuivant était interdit de porter la main sur elle au risque de recevoir le courroux tant paternel que royal. Au plus profond d'elle-même, la sylphide se doutait cependant que s'il avait pu marcher aux côtés de son père, ce quidam avait un semblant de dignité. Attester qu'il était un authentique quidam empli de bonnes volontés aurait été emphatique dans la réalité, elle savait d'expérience qu'il était fou de se fier aux apparences, particulièrement à celles des hauts placés. Mais alors, que signifiait ce comportement ? Pourquoi était-il descendu de son dragon pour patienter jusqu'à son arrivée et l'accueillir tel un brave ? La conclusion fut prompte dans l'esprit de la demoiselle : il se gaussait d'elle ! Inéluctablement et avec une désinvolture des plus outrageantes ! Certainement que le souverain ne lui avait point suffisamment narré ses exploits et son caractère véhément, elle n'était pas de ceux qui collaboraient en préférant la plus simple des solutions, bien au contraire. Si dédale alambiqué il y avait, ce serait cette route qu'elle emprunterait, n'eusse-été que par orgueil et résolution de se débrouiller seule. Elle n'avait besoin de l'aide de personne pour survivre – une théorie démentie par les innombrables fois où sa vie fut sauvée par quelques âmes charitables. Néanmoins, celui qui se situait en plein cœur de sa trajectoire n'était pas un allié, plutôt un cauchemar. Mais alors, que faire, alors qu'elle se rapprochait dangereusement de lui ?

    Les méninges en effervescence, une cataracte d'éventualités s'écoula dans l'esprit de la donzelle qui cherchait désespérément une issue. Rebrousser chemin aurait été vain, et l'illustre reptile aurait tôt fait de l'intercepter si elle tentait de simplement le contourner. A sa droite ne dansait plus que la rivière... La rivière ? Par bleu ! Son imprudence finirait par l'occire. Pour autant, l'hésitation fut succincte et sans crier gare, elle tira brutalement sur les rênes de Yefahlan pour lui faire changer de trajectoire. Côté dextre, le cheval s'enfonça dans l'eau glacée qui serpentait à ses sabots, submergeant bientôt l'héritière jusqu'à hauteur de buste alors qu'il luttait contre le courant. La cavalière susurra quelques discrets encouragements au brave qui nageait non sans mal, les muscles engourdies par la froidure de l'étendue aquatique. Elle-même frémit de déplaisir en sentant le froid l'étreinte dans une embrassade somme toute désagréable, mais elle se soulagea lorsqu'ils reprirent de la hauteur jusqu'à rejoindre l'autre rive, sains et saufs. Qu'aurait-donc dit son père ? Il l'aurait invectivée comme l'enfant qu'elle était encore, aurait manqué l'arrêt cardiaque en voyant sa précieuse mettre sa santé entre parenthèses par simple souci d'amour-propre. Par ailleurs, elle ne se gêna pas pour s'arrêter un instant et se tourner en direction de son promis qui n'avait pu que l'observer faire avec impuissance. Une mimique à demi railleuse et condescendante, ses prunelles célestes lui lancèrent des éclairs de défi, le jugeant comme s'il était le dernier des misérables. Avait-il enfin compris que, non, il n'avait pas à lutter contre n'importe qui ? Et si cela ne suffisait toujours pas, elle se ferait un plaisir de lui en faire une nouvelle démonstration. Avec toute la grâce de son éducation, elle heurta par deux fois les flancs de son pur-sang, qui s'élança après un hennissement dans les règles.

    Bien qu'elle ait pris de l'avance, elle savait que la course n'en était pas finie pour autant, sans compter la dignité bafouée d'un soldat du ciel s'étant fait ridiculiser par sa jeune fiancée. Fort heureusement, pour lui, que leurs seuls témoins étaient les arbres et les quelques animaux qui s'enfuyaient à leur fracas. Quant à l'indocile qui frissonnait encore de ce bain improvisé, elle disparut dans un autre pan de forêt avec toute la vélocité que son cheval lui octroyait. A la suite de longues secondes de chevauchée, ils s'extirpèrent de l'épaisse végétation pour entamer la traversée d'un plat terrain, similaire au précédent à l'exception du cours d'eau qui ne serait plus là pour la sauver. Face à elle, elle aperçut les réels prémisses de la sylve : Le Forêt de l'Eveil et son immensité, ses myriades de kilomètres de superficie qui lui fournirait une parfaite couverture. Son plan était en marche, car une fois parvenue à destination, dès lors qu'elle aurait traversé la première futaie, ne lui resterait plus qu'à s'y enfoncer pour semer son assaillant et se retrouver en sécurité. Si elle n'essuyait aucun échec, nul doute qu'elle festoierait toute la sorgue durant pour cet événement. Une éloquente preuve de l'inutilité de ce dit promis qui n'aurait pas même été capable de la vaincre – ou même de rivaliser – sur le domaine de la vitesse. Elle s'imaginait déjà s'en gouailler avec délice, et lui, la haïr pour l'incongruité dont elle ferait preuve. Mais pour l'heure, le puissant bruissement d'ailes, encore au loin, lui rappela qu'elle n'était point encore tirée d'affaire. Il avait eu le temps de relancer sa propre monture dans le jeu, et tous deux devaient être animés du même ressentiment et désir d'en découdre. Izhelindë tenta de les apercevoir, avant de juger préférable de se concentrer sur les grandes foulées de Yefahlan suffisamment effrayé comme cela. A nouveau, elle l'encouragea à franchir les dernières lisières de son endurance, la différence se compterait en secondes et elle espérait que, pour une fois depuis des lustres, Eydis se range de son côté.

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Athran Ildahel

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MessageSujet: Re: Catch me if you can ~   Lun 11 Juin 2012, 01:04

Aussi loin qu'il avait pu imaginer la personnalité de la princesse, jamais Athran n'aurait cru qu'elle était inconsciente. Irresponsable, certes ; juvénile, tout à fait ; têtue, ça allait de soi. Mais inconsciente, non. Ca il n'y aurait pas forcément pensé. Il fallait dire que dans ce panel de caractéristiques, on aurait pu croire qu'au moins elle le dispensait de cette dernière. Mais en réalité non. Cela vint tout simplement se rajouter à ce profil déjà dépeint pour faire comprendre, cerise sur le gâteau, que, si bien sûr, qu'elle était en plus inconsciente. Ainsi donc, persuadé qu'elle s'arrêterait, ne fut-il pas clairement surpris quand il remarqua que la princesse entraîna son animal dans une impulsion vers la rivière. Incapable de dire mot, ce fut l'inquiétude qui suivit la surprise voire l'ébahissement d'une telle idiotie. Cheval pratiquement englouti, sa dame presque autant, par les flots sauvages d'une rivière peu encline au repos. Voilà ce qu'elle lui offrait. Du danger pour simplement lui échapper. Il s'était avancé vers la rivière et se sentait impuissant face à cet acte qui semblait presque désespéré en plus d'inconscient. Qu'aurait-il pu dire si jamais elle ne s'en était pas sortie ? Aurait-il pu la repêcher avec Elthaïr ? Il n'en était pas persuadé. La bête ne lui semblait pas être assez délicate pour ne pas la blesser dans la prise, si prise il y avait. Et revenir avec une telle nouvelle au château... Il voyait déjà la tristesse marquée sur les visages parentaux. Etait-elle égoïste à ce point ? Ne pouvait-elle pas penser un peu à ceux qui derrière elle se faisait un sang d'encre ? Lui qui croyait avoir eu la cerise sur le gâteau déjà, il lui manquait en réalité la touche de chantilly par dessus. Et c'est ce que la demoiselle lui offrit une fois sortie de la rivière, s'arrêtant pour le toiser, pour le narguer et lui faire comprendre qu'effectivement elle n'avait pas pensé aux risques une seule seconde et que tout ce qui l'intéressait était de lui avoir échappé. Et comme si cela ne suffisait pas, elle se remit bien évidemment en route lui rappelant que la course poursuite était toujours imminente et qu'elle ne comptait pas arrêter ce petit jeu et surtout qu'elle comptait bien mettre en route ce fameux plan d'arriver jusqu'à la forêt libératrice. Stupide princesse se jura-t-il pour la première fois dans sa tête. Elle venait de narguer un Dragonnier. Elle se croyait immunisée simplement parce qu'il allait être son futur époux et qu'elle était la fille du roi, un ami ? Non. Maintenant il en avait marre d'être gentil et conciliant. Elle le provoquait, il allait répondre et elle allait surtout s'arrêter !

Il ne perdit pas une seconde pour revenir vers son dragon qui tout comme lui n'appréciait pas du tout l'attitude juvénile de la demoiselle mais qui en plus faisait écho au ressentiment de son homonyme humain. Tout deux donc s'élancèrent dans les airs de nouveau d'un coup d'ailes puissant et surtout signe d'un mécontentement certain. Elle l'avait bien évidemment devancé par sa monture agile et par le retard qu'il avait pris suite à cette surprise non démentie. Mais déjà il la rattrapait bien qu'elle avait de nouveau disparut dans un lieu boisé, mais pas encore celui désiré. Mais peu importe... Déjà elle réapparaissait et il élança Elthaïr. Il lui fallut bien moins de temps que précédemment pour la rejoindre. Il ne cherchait plus à l'arrêter gentiment, simplement et docilement. Elle ne voulait pas être sage, il allait la forcer à être sage. Et cela fut clairement démontré et observé lorsque dépassant la demoiselle, pas aussi haut que la première fois, même bien plus bas, sans prévenir ni crier gare, il fit se poser brusquement son dragon devant la monture, non pas à distance raisonnable mais plutôt juste devant manquant presque de toucher l'animal - même si bien sûr ce ne serait jamais arrivé - obligeant celui-ci à s'arrêter prestement et surtout à se cabrer pour éviter de lui arriver dessus dans une hennissement effrayé. Après tout, un cheval obéissait certes à son maître mais n'était nullement stupide. Face au dragon, il n'avait aucune chance. Ainsi la monture était arrêtée et la demoiselle mise à terre. il descendit rapidement de l'échine imposante du dragon pour attraper les rennes du cheval qui cependant peu satisfait de se retrouver aussi près d'un tel animal décida d'aller voir ailleurs si l'herbe n'était pas plus verte. Ce qui ne le dérangea pas car il ne comptait pas laisser repartir la princesse sur sa monture. Elle ne lui ferait pas faux bon deux fois de suite. Bien sûr Elthaïr n'était pas du tout d'accord mais il n'était pas dans un état de patience acceptable pour entendre les plaintes de son dragon. Pour le coup, il comptait bien faire les choses uniquement comme il l'entendait et pas autrement. Il laissa donc la monture de la princesse faire sa vie avant de s'approcher de la concernée dans un but, encore trop gentil sûrement, de l'aider à se relever. Il approcha donc et tendit la main.

"Ca y est, nous pouvons enfin rentrer chère princesse ? "

Son ton se voulait aussi aimable que possible, mais il devait reconnaître qu'il avait du mal d'être ravi. Lui, contrairement à la princesse, ne cherchait ni à la toiser, ni à l'impressionner. Il avait simplement offert son aide pour la retrouver, ce qui était maintenant fait, et par conséquent, il se devait de la ramener au bercail histoire de calmer l'inquiétude des parents et surtout du château qui était en effervescence à cause de cette fugue. Elle se devait de plus de reprendre sa place dans les pantoufles royales qui lui avaient été fournies dès sa naissance et d'arrêter de vouloir emprunter les chemins scabreux qui ne lui étaient pas destinés.

"Je pense que vous avez assez pris l'air ces derniers jours, si je puis me permettre."

Bien qu'ils ne se connaissaient pas vraiment, voire pas du tout, oui il s'était permis cette remarque qui laissait bien sous entendre qu'elle allait rentrer qu'elle le veuille ou non. Autant être clair. Elle était seule, face à lui, à pied, voulant faire face à un dragon en prime. En gros, elle n'avait désormais plus aucune chance de vouloir s'échapper. Elle n'avait plus aucune ressource - du moins c'était ce qu'il croyait et il allait vite comprendre que la princesse ne manquait jamais de ressources....

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Izhelindë Hardansson

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MessageSujet: Re: Catch me if you can ~   Lun 18 Juin 2012, 05:39

    Elle y parviendrait, une foi inébranlable en ses capacités et en celles de son destrier qui fluait gracieusement sur le plat terrain. Infatigable, même rafraîchi par leur impromptue baignade et crin au vent, les foulées de Yefahlan ne perdaient rien de leur vélocité et se rapprochaient dangereusement du pan de sylve dans lequel elle perdrait son assaillant. Intérieurement, elle se gaussait à l'imaginer ainsi ébahi et impuissant face à une jeune donzelle aussi folle qu'intrépide, lui qui était de ces générations de guerriers dont on contait la virilité. Il pourrait bien se lamenter de la vie conjugale qui l'attendait dans la mesure où il ne cède pas à la pression plus avant, jamais aucun quidam ne s'était approprié sa main avant de s'être confronté à la courtiser, ce qui finissait inéluctablement par les dissuader d'illustrer leurs desseins matrimoniaux. A bien y réfléchir, il n'était point étonnant que ce vieil Arsenios n'ait pas daigné la mettre au courant de ce qu'il projetait, il ne connaissait que trop bien les incartades et lubies de son aînée pour savoir qu'elle ne croulerait sous aucune de ses suppliques si cela voulait dire s'enchaîner à un époux. Opiniâtre et enragée d'exister, la bague au doigt ne lui apparaissait que comme un sceau ensorcelé qui la restreindrait à un quotidien qu'elle n'avait décidément pas choisi. Elle était indépendante dans l'âme, bien trop au goût de la plupart de ses accointances et de l'opinion du dragonnier qui fendait l'air pour la retrouver. Il semblait qu'elle se confrontait à un antagoniste des plus coriaces, mais par Eydis, elle se jurait qu'il ne pourrait la contraindre à regagner le domicile royal et familial si là n'était pas son désir : et il ne l'était pas ! Bien que ce fut vain, elle donna une secousse de plus sur les flancs de sa monture comme pour l'encourager à augmenter une vitesse pourtant déjà à son apogée, dans l'inébranlable espoir que cela suffise à la sauver de cette délicate situation. Le souffle en harmonie avec celui du pur-sang, elle entendit pourtant l'auguste créature ailée battre l'air au-dessus d'eux, leur faisant ombrage un court instant avant de les dépasser. Cette fois, toute l'issue de la course se jouait ici, l'ex aequo ne pourrait trouver sa place à moins de l'occire sous le colossal poids du son poursuiveur et de son reptile. Ce qui, à son plus grand étonnement, manqua de s'illustrer !

    Sans comprendre, sans pouvoir prévenir l'offensive, elle aperçut une montagne s'écraser sur son chemin. Presque fauchés, canasson et cavalière furent pris de panique en sentant la terre trembler sous la créature qui leur barrait désormais la route. Yefahlan en fut terrorisé, se cabrant sur ses pattes antérieures pour envoyer la princesse embrasser la poussière. Celle-ci se rattrapa comme elle le put sur son flanc, laissant sa frêle épaule endurer tout le choc de la culbute dans un douloureux heurt. Fort heureusement pour tous, son opalescente monture ne la piétina pas de ses sabots en prenant la fuite de son côté, abandonnant cependant sa maîtresse à son triste sort de prisonnière. Désorientée, elle mit un temps à prendre conscience de son échec cuisant et de la venue du victorieux qui se délectait certainement de ses agissements. Peu d'hommes pouvaient se targuer avoir intercepté l'héritière de Lanriel, nombre s'y étaient auparavant essayé, bien peu y étaient parvenus et ce fait ne contribuerait pas à l'appréciation de la jeune femme vis-à-vis de son promis. Basculée sur quatre pattes, elle se traina sur quelques centimètres, encrassée de la terre qui avait adhéré à l'humidité de ses vêtements et celle de son épiderme. Elle entendit ses pas le mener à elle, crut apercevoir ses bottes et son imposante présence. Furtivement, discrètement, elle le guigna pour voir cette main alliée tendue en sa direction, accablée par des propos qui bien qu'adéquats, lui furent insupportables. Dans toute la véhémence de sa notoriété et la frustration d'une biche attrapée par le chien de chasse, elle posa un pied à terre, signe évident qu'elle avait l'intention de se redresser. Moins manifeste, la lame qu'elle extirpa de nul part et avec laquelle elle esquissa une ample mouvance vers le guerrier. Celui-ci – et la déesse soit louée ! - l'esquiva dans un subtil et prompt réflexe qui lui évita de se faire trancher la gorge. La princesse avait atteint les lisières de la tolérance et de la décence, l'aurait-il violentée pour la remettre à sa place que nul ne lui en aurait tenu rigueur.


    « Arrière ! N'approchez pas ! »

    La sommation se voulait claire et concise, reflet de ce qu'il lui inspirait comme respect : trop peu pour qu'elle daigne en prendre compte. Si d'autres n'auraient ressenti que crainte et admiration face à cet homme de Mhian Dhiaga, Izhelindë n'était pas de ceux qui se laissaient impressionner de la sorte. Orgueilleuse – il fallait l'avouer – et enfantine, elle ne mesurait nullement – ou peut-être justement trop – les conséquences de ses perpétuelles frasques. Qu'importait le pieux soldat qu'il était, présentement, il ne revêtait qu'un mauvais rôle à ses yeux et en paierait donc le prix fort. L'arme pointée en sa direction, le menaçant de s'en servir s'il osait désobéir à sa volonté de le tenir éloigné, elle se campa habilement sur ses jambes fuselées qui lui ployaient plus de prestesse que de force. Cette courte épée, elle l'avait empruntée à l'une de ses connaissances de Cathairfàl avant de prendre la route dans ce qu'elle eut pensé – à tort – être une longue pérégrination. Crocs sortis, essoufflée par les circonstances, elle le molesta d'une noire oeillade comme s'il eut été Mynkor en personne. Il pourrait bien l'injurier de folle à lier, elle ne courberait jamais l'échine face à l'adversité !

    « Retournez dans vos cimes, dragonnier, vous n'avez rien à faire ici ! » Elle sembla animer par une réelle animosité. « Je ne vous laisserai pas vous approprier ma vie et la couronne qui s'y associe, scélérat ! Félon ! Imposteur ! Hors de ma vue ! »

    Illustrant ses paroles, l'indocile fendit sur lui pour lui asséner une nouvelle attaque, que le dragonnier eut aisément évité derechef. La sylphide n'était pas un parangon d'aptitudes martiales, cependant, Athran pourrait sans mal juger qu'elle n'était pas dénuée d'une certaine maîtrise de son arme. Elle n'était pas inconnue au combat bien que l'arc et les flèches lui étaient préférables, certaines de ses rencontres l'avaient amenée à apprendre de ses compagnons d'un jour, dont le dragonnier qu'elle avait autrefois côtoyé. Néanmoins, les entraînements rimaient essentiellement avec délassement et frivolité plus que la concentration, il lui était ainsi difficile de retenir plus que des fioritures lors de ces exercices. En dépit de ce clair désavantage face à un guerrier qui maniait l'épée comme si c'eut été un troisième bras, elle ne se démonta point car aveuglée par son envie d'en découdre. Elle pensa à Dreann, l'être aimé dont elle devrait se priver si son promis se mêlait de trop près de son quotidien. L'infâme ! Cette réflexion lui légua un nouvel accès de colère qui lui fit enchaîner divers coups tous soigneusement contournés par le dirigeant de l'auguste ordre qui, s'il l'avait voulu, aurait eu tout loisir de lui faire la démonstration de ses propres capacités pour la désarmer. Espérait-il qu'elle finisse par se pacifier après s'être elle-même éreintée à tenter de le toucher ? L'hypothèse bien qu'intelligente ne serait nullement fructueuse, point avec une telle dame face à lui qui ne se lénifierait pas tant qu'elle ne l'aurait pas châtié comme il se doit. Emportée par son émoi, des larmes bordant ses longs cils d'ébène, elle n'en devenait pas moins dangereuse et fut rappelée à l'ordre par une tierce présence jusqu'alors omise. Elthaïr poussa un rugissement rauque qui l'obligea à s'immobiliser tant la puissance et la férocité de son expiration la prirent au dépourvu. Pour autant, elle ne fléchit pas.

    « Coucher, le gros lézard ! »

    Une impudence que la dryade ne se permettait dans la seule certitude que le dit lézard ne pourrait rien entreprendre contre elle. Le souverain ne pardonnerait pas qu'un quelconque mal soit fait à son enfant, ce qui lui assurait une inébranlable protection. Si tel n'avait pas été le cas, nul doute qu'Izhelindë aurait pris ses jambes à son cou pour mieux fuir face à un tel animal, même sa folie avait des limites qu'elle n'oserait jamais franchir. Dans l'action, elle fit l'erreur de tourner l'échine à Athran, offrant à ce dernier l'opportunité de l'intercepter à sa guise.

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MessageSujet: Re: Catch me if you can ~   Jeu 21 Juin 2012, 01:31

Croire que tout était enfin fini ? Que cette fameuse course poursuite réduite à néant mettra un terme à ces futilités infantiles ? C'était mal connaître la Princesse et sincèrement, il était évident qu'il ne la connaissait pas encore. Mais comment aurait-il pu ? Elle ne lui avait laissé aucune opportunité pour le faire. A peine rencontré elle avait fuit et ce pendant plusieurs jours au grand damne parental. Tout le royaume était en effervescence devant cette disparition inattendue et qui durait bien trop longtemps. Lui-même avait été obligé de prendre le temps de la chercher. Il avait perdu un temps inestimable à cette recherche. Il savait que ça faisait partie de ses responsabilités, il l'avait totalement accepté, et surtout il voulait apporter une aide qu'il trouvait justifiée dans un tel cas puisqu'il était doté de la monture la plus intéressante pour parcourir le plus de terres possible. Et tout ça pour quoi ? Pour une donzelle même pas capable de mettre un terme à ses enfantillages ? Parce que oui lui encore trop bon se disait en voyait la tenue salie suite à la chute, la peau dans le même état, qu'il y avait peut-être été trop fort. Certes il était exaspéré mais avait-il le droit pour la cause de provoquer un tel état chez la demoiselle ? La réponse était oui mais lui commençait déjà un peu à se remettre en question et à tendre une main aidante. Et cela lui valut simplement de se faire taillader par une épée sortie de nul part. La surprise fut grande et le mouvement de recul beaucoup plus du à un réflexe presque inné et une méfiance constante qu'il avait acquis depuis des années. C'était ça être un homme de terrain. On accroissait ses réflexes de combat et on était davantage prévenant avec le temps. Mais jamais, ô grand jamais, il n'aurait consciemment prévu cette attaque. Elle était pleine de surprise certes mais celle-là ne la fit pas rire du tout. Comme si elle n'avait pas montré assez d'inconscience jusqu'à maintenant ? Il avait levé les mains, toujours dans cet instant de réflexe, et abasourdi par les propos et la position de la Princesse, il la regarda presque incrédule en laissant ses mains redescendre lentement. Osez défier un homme d'armes et un dragon avec une épée si peu adéquate... Etait ce du courage ou une stupidité incroyable ? Il se permettait de penser davantage au second point. Il pouvait très facilement la désarmer mais cela impliquait de lui faire du mal. Néanmoins, il s'approcha lentement pour tenter un apaisement.

"Posez cette ép..."

MAis il fut coupé par un nouveau rugissement de parole emprunt d'une colère et d'un animosité nullement feinte. Il suffisait qu'il plonge son regard dans celui habituellement d'un bleu éclatant de la demoiselle pour savoir que s'il avait pu se teinter de noir il l'aurait fait. Nouvelle surprise que ces paroles d'ailleurs qui lui intimaient qu'en réalité tout ce qu'il désirait c'était cette place dans la royauté et s'offrir la vie de la princesse sur un plateau d'argent. Décidément, elle n'avait pas idée de ce que cette décision représentait pour lui. Mais au fond, elle avait l'air de s'en foutre totalement. Elle n'avait vu en lui qu'un homme souhaitant une main mise sur ses possessions et elle n'avait pas cherché plus loin. Il comprenait pourtant son désarroi face à un mariage arrangé. Il était clair que pour une femme de son acabit peut-être que c'était particulièrement déplaisant. Mais chaque personne avait des responsabilités. Lui-même avait fait ce choix pour le bien des siens et non pour son bonheur personnel. S'il s'était écouté et avait été égoïste, il ne serait pas là actuellement. Et la Princesse se devait de faire pareil, ce qui ne semblait pas prêt d'arriver. Mais il n'eut pas le temps de s'attarder davantage car déjà la jeune femme apporta quelques nouvelles attaques qu'il évita sans problème essayant d'analyser la meilleure manière de stopper tout ceci sans devoir user d'une force mal placée pour une si frêle stature. Car il avait bon avoir des tendances gentilles, il était ici dans une impatience de moins en moins contenue et si jamais un coup partait il pouvait être sûr que la marque resterait un temps sur cette peau de lait. Et ce n'était nullement ce qu'il voulait.

"Calmez vous s'il vous plaît ! "


il aurait voulu que ça serve à quelque chose mais déjà sentait-il la rancoeur de sa moitié reptilienne s'agrandir pour réagir alors ouvertement. Mais le pire fut la provocation claire et nette de la Princesse envers Elthaïr qui bien qu'au caractère compatible au sien impliquant donc un calme certain, il en avait eu plus que marre également des agissements de la demoiselle donc d'un coup sec il déplia ses ailes pour sommer une attaque quelconque mais Athran qui s'était approché rapidement dans le dos de la princesse leva la main d'un geste bref en accompagnant son acte de propos clairs.

"Elthaïr non !"

A ces mots se joignirent de nouveaux actes et il s'empara du poignet de la Princesse qu'il mit rapidement dans le dos de celle-ci en lui repliant le bras, amenant ainsi que si mouvement il y avait elle se ferait bien mal, ce que pour l'instant il ne cherchait pas plus que ça à faire, et de son autre main, il enserrait son autre bras l'obligeant ainsi à rester dos à lui. D'un geste précis sur le poignet, il entraîna une douleur subite nécessaire à faire lâcher l'arme qu'il envoya plus loin de son pied.

"Vous êtes totalement inconsciente ma parole ! Encore que me défier je trouvais ça puérile, mais alors défier un dragon ! Vous manquez cruellement de jugeote pour croire que l'on peut toujours parer un acte spontané de ceux-ci ! Comme si vous n'aviez déjà pas commis assez d'enfantillages jusqu'à présent !"

Oui il n'était nullement content. Elle avait quelque part de la chance que ce soit lui qu'elle ait comme Dragonnier en face d'elle - enfin de dos ici - parce qu'il était l'un des plus patients. Il savait bien qu'elle n'était qu'une gamine, qu'il parlait sûrement dans le vent, mais retenir toute cette colère qu'il venait d'accumuler en l'espace de simplement quelques instants à la poursuivre n'était pas faisable. Plus parce qu'il accumulait dans son quotidien trop de chose que vraiment uniquement suite à cet évènement. Parce que sa patiente était réellement à toute épreuve, mais ici entre fatigue ultérieure, vie totalement différente à celle d'antan, inquiétude parentale qui avait déteint sur lui et qui s'était accrue à la suite des actes fous de la demoiselle, il ne pouvait pas rester d'un calme olympien. C'était humainement impossible.

"Est ce que vous avez seulement conscience que vos parents mettent tout en oeuvre pour vous retrouver depuis des jours ? Vous comprenez seulement l'inquiétude que ça a été pour eux de patienter et d'attendre impuissant ? De ne pas dormir en espérant chaque nuit qu'il ne vous est rien arrivé ! Priant Eydis de vous protéger ! Votre égoïsme me sidère ! Maintenant que vous le voulez ou non nous rentrons !"

Il la lâcha mais pour mieux l'attraper et la poser sans délicatesse sur son épaule tel un sac de féculents. elle aurait bon se débattre, crier, le frapper, il la ramenait au Palais. Et une fois dans les airs de toute manière, elle n'aurait plus le choix. Donc avec un manque de respect clair pour son rang de princesse, il la trimbala sur son épaule jusqu'à Elhaïr qui, peu ravi, le fit sentir à son acolyte humain qui d'un regard lui intima de ne pas en rajouter si cela était possible. Puis sans aucune délicatesse, il la posa sur l'échine du dragon avant de lui même rejoindre la place qui était la sienne. Le dragon ne prit pas plus de temps pour prendre une position d'envol avant de rejoindre avec impulsion les airs et de monter dans le ciel de quelques coups d'ailes reptiliennes imposants. Pour peu qu'on ait jamais monté un dragon, cette chevauchée serait impressionnante déjà parce qu'Elthaïr faisait partie des plus grands dragons qui existaient et parce que du coup il aimait la hauteur ce qui amenait de prendre rapidement de l'altitude.

"A votre place, j'éviterais tout mouvement pour vous échapper. La chute risque d'être mortelle." dit-il avec froideur.

Pour n'importe qui on aurait pu croire que ces paroles étaient teintées d'ironie. Mais vu l'état actuel d'Athran, c'était une menace réelle. Ce qui voulait dire que si elle se débattait maintenant, il ne ferait rien pour elle. Oh bien sûr ce serait faux. Si jamais elle venait à glisser il ferait tout son possible pour la rattraper. Mais elle n'avait pas besoin de le savoir. Il était actuellement froid et peu enclin à de la gentillesse. Donc forcément, celle-ci ne pouvait transparaître dans ses propos. De toute façon, ils rejoindraient rapidement le Palais, le voyage à dos de Dragon était bien différent de celui à dos de cheval. Au moins, lui aurait-il accompli son travail de la retrouver et de la ramener. Ainsi, il se soulagerait d'un poids personnels et pourrait lui-même se décharger d'une inquiétude finalement appropriée.

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