Echo des Plaines : Chapitre VII ▬ Le Retour d'Inasmir


 
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 Artémisia, alliée des femmes, ne protège pas des brigands (pv Galahad Caherval)

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Eléonore Hidgard

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MessageSujet: Artémisia, alliée des femmes, ne protège pas des brigands (pv Galahad Caherval)   Lun 28 Mai 2012, 20:42

Eléonor était femme de tête et savait exactement ce qu'elle voulait. Quand elle avait sellé sa jument, robuste alezane qui amblait aimablement, c'était dans le but bien précis de sortir des murs de Cathairfal bien que cela fut interdit à une personne seule de le faire, mais elle avait payé un paysan pour assurer qu'il l'accompagnait. Evidemment, une fois arrivée à Perlann, elle dormit dans une auberge fort rustique et peu onéreuse. Au petit matin, la jeune femme avait sellé sa monture avant de s'esquiver discrètement. L'air était agréable et bien qu'habitant la capitale, la cavalière savait parfaitement où trouver la plante abortive dont elle avait besoin. Ayant suivit le chemin qui menait à la forêt, elle s'y enfonça quelque peu et lorsque la lumière n'y pénétra presque plus, descendit de la jument, releva ses jupes, ses bottes la protégeant des orties et autres ronces et de parvenir à l'endroit précis où elle trouvait souvent ce dont elle avait besoin. Accroupie dans la petite clairière, elle cueillait à l'aide d'un canif, les branches qui lui éviterait toute interruption de ses activités professionnelles. Une fois le tout mis dans le sac de jute prévu à cet effet, qu'elle attacha à l'avant de sa selle, Eléonor remonta à cheval après avoir resanglé et prit le chemin du retour, s'étonnant tout de même que la forêt fut toujours aussi sombre. Craignant s'être égarée, elle mit sa monture au trot afin d'en sortir plus rapidement et alors qu'elle se hâtait, Eléonor chuta lourdement sur le chemin de terre. Jurant en regardant son cheval détaler, la jeune femme avisa une corde tendue en travers du chemin !

- Ah çà ! c'est trop f....

BAM !

quelqu'un venait de l'assommer à l'aide d'un gourdin... tout devint si sombre, et cette impression de tomber, tomber... c'était sans fin. Une forme de peur s'empara de l'agressée. L'homme qui la regardait éclata de rire en voyant apparaître son compère :

- Facile et sans danger ! j'te l'avais dit ! j'l'ai r'pérée hier à l'auberge, avec sa bourse et tout ! R'gard' !

Déjà, il se laissait tomber à genoux aux côtés de sa victime et écartait le pan de manteau gênant l'accès au petit sac de cuir. Eléonor ouvrit les yeux, vit ce visage mangé de barbe et lui envoya son pied dans la figure en hurlant. L'homme prit le coup en pleine face et surpris, glissa sur la gauche, permettant à la femme de tenter une fuite éperdue dans cette forêt inquiétante, en coupant droit dans les fourrés :

- Au secours ! au secouuuuuuuuuuuuuur!

Mais qui pourrait bien l'entendre ?

* Stupide ! personne ! il n'y a personne ici ? *

Tout çà, c'était la faute de ces maudits bonhommes ! Les arbres silencieux regardaient sa fuite éperdue, poursuivie par les deux détrousseurs fous de rage devoir filer leur butin. Le coeur battant, les ronces agrippant ses jupes, déchirant sa capeline tandis qu'elle tendait ses mains gantées pour protéger son visage, alors que ses cheveux défaits se garnissaient de feuilles et d'épines. Personne, assurément, ne l'eut reconnu à Cathairfal !
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Galahad Caherval

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MessageSujet: Re: Artémisia, alliée des femmes, ne protège pas des brigands (pv Galahad Caherval)   Mar 29 Mai 2012, 16:18

     Il n'y avait pas grand-chose à faire en ce moment dans les rues de Cathairfál, sa récente tentative de vol sur une catin s'était soldée par un échec cuisant et l'égo meurtrit du jeune homme lui sommait donc de faire une petite pause dans ses loisirs illégaux. L'hostilité naturelle qu'il ressentait à l'égard des catins n'avait fait qu'accroitre la contrarié ressentie suite à ce traitement et il était reparti sans clamer sa honte sur tous les toits bien évidemment. C'était donc afin de ne pas se laisser tenter par une subite envie de détrousser une cible attrayante que le jeune homme s'était éloigné des ruelles de la ville. Il semblait qu'à force d'avoir l'habitude de voler pour se sustenter - ou tout simplement pour son plaisir personnel - le Singulier avait développé une sorte de kleptomanie et qu'à ce jour, lorsqu'il voyait quelqu'un il voyait avant tout ce qu'il pouvait lui dérober et de quelle manière. Galahad n'étant pas un voleur dans l'âme, il ne souhaitait pas devenir comme la lie de Lanriel à craindre de voir son faciès placardé sur les murs de la ville, la vie de fugitif, non, très peu pour lui ! Déjà qu'il essayait de ne pas se mêler de trop près aux affaires des Héritiers justement pour éviter ce genre d'ennuis, ce n'était pas pour s'y plonger lui-même.

     C'était donc pour cette raison qu'il se trouvait installé dans la forêt aux abords de la ville, jamais trop loin pour pouvoir s'éclipser si quelqu'un de dérangeant arrivait. Prudence est mère de sureté. Seulement cette fois-ci, ce ne fut pas à lui de se cacher. Alors qu'il était appuyé contre un arbre à compter les quelques piécettes que recelait encore sa bourse, le jeune homme entendit au loin les bruits d'une dispute ou quelque chose d'approchant. Des protestations, des cris, bref, une scène qui n'annonçait rien de bon. Seulement le Singulier n'était pas homme à s'embarrasser des règles de bienséance ou de politesse et il ne comptait guère venir au secours de la personne dans le besoin. Qu'elle se débrouille ! Mais, comme si Eydis venait d'entendre les pensées de l'Héritier, un bruit de course se fit bientôt entendre, approchant de l'endroit où le jeune homme se trouvait à son grand agacement. Puis ce fut des cris, des appels à l'aide, une voix féminine. Galahad soupira devant le mauvais sort qui semblait s'acharner contre lui. Il songea un instant à grimper dans un arbre pour avoir la paix, mais l'idée de se retrouver les habits pleins d'écorces et de devoir batailler contre un écureuil pour avoir le monopole d'une branche ne l'intéressait pas non plus. Il n'y avait plus trente-six solutions. Approchant du sentier sur lequel la femme devait courir, il regarda plus précisément et vit arriver une silhouette qui courait, les mains devant elle comme pour protéger son visage des branchages.

     Ni une, ni deux, il réagit instinctivement et tendit sa jambe devant lui juste à temps pour faire un croche-pied à la malheureuse qui ne l'avait pas vu venir. Elle s'affala sur le sol non loin du jeune homme qui regarda dans sa direction. Jupons sens dessus dessous, elle offrait un bien piètre spectacle qui fit presque sourire le Singulier. Puis deux hommes débarquèrent à sa suite en soufflant comme des porcs, visiblement il n'avait pas l'habitude de courir derrière leurs proies, car il ne faisait aucun doute que ces deux gus étaient des brigands. Ils regardèrent l'Héritier debout à côté de la demoiselle allongée sur le sol comme s'ils se demandaient s'ils venaient de se faire prendre de rapidité. Galahad leva les mains dans un geste de « paix ».

     ▬ C'était juste pour qu'elle arrête de hurler. »

     Les deux brigands semblèrent s'interroger mutuellement du regard, puis s'approchèrent de la jeune femme puisqu'ils pensaient visiblement – avec justesse d'ailleurs – que l'autre protagoniste n'allait pas intervenir. Ils entreprirent de fouiller la demoiselle en ignorant les protestations qu'elle pouvait émettre, puis la débarrassèrent de sa bourse et de tous les objets de valeur qu'elle pouvait avoir sur elle. Cela dit, Galahad doutait qu'elle puisse posséder quoi que ce soit de réellement digne d'intérêt. Les roturières n'étaient pas franchement intéressantes à ce niveau. Après avoir obtenu ce qu'ils voulaient, les deux hommes rangèrent tout dans leurs poches puis lancèrent quelques pièces à Galahad qui attrapa l'offrande tout en hochant la tête en signe de remerciement. Il était resté absolument passif en voyant la jeune femme se faire détrousser, visiblement cette neutralité payait bien mieux que les tentatives de vol qu'il avait lui-même pu effectuer. Glissant les pièces dans sa poche – afin de ne pas montrer que lui-même possédait une bourse – il regarda les hommes s'éloigner avant qu'ils ne disparaissent dans les feuillages, puis se tourna vers la fille, toujours allongée sur le sol. Il n'esquissa pas le moindre geste pour l'aider.

     ▬ Si tu n'avais pas gueulé, tout cela ne serait pas arrivé. »

     La bonne blague ! Il n'y avait que lui pour reprocher à une femme d'avoir demandé de l'aide. D'un côté, dans un monde où le vice avait une grande place, espérer qu'un homme allait voler à vitre secours revenait à croire au prince charmant. C'était tout bonnement ridicule.

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Eléonore Hidgard

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MessageSujet: Re: Artémisia, alliée des femmes, ne protège pas des brigands (pv Galahad Caherval)   Mer 30 Mai 2012, 16:35

Malheureusement une fourbe racine fit choir la malheureuse qui se retrouva bien vite à terre, se ramassant déjà pour reprendre sa course, dès qu'elle se serait relevée, sans mettre d'ordre dans ses jupes, car déjà, les essoufflements des pourceaux s'approchaient dangereusement. Tans pis pour les ronces, il n'était plus temps de se soucier des vêtements gâtés par cette course aveugle dans cette maudite forêt ! Furieuse, Eléonor se redressa et s'apprêtait à reprendre sa course sans un regard pour ses poursuivants, lorsque ladite "racine" s'exprima, faisant se tourner d'un bloc la demoiselle stupéfaite, qui découvrit un homme aux cheveux mi-longs et emmêlés, au visage mangé par une barbe à peu près faite qu'elle soupesa immédiatement afin de savoir s'il était ami ou ennemi, avant de foudroyer du regard ceux qui l'avaient attaqué, et de revenir vers celui qui l'avait fait chuter, qui déjà faisait des gestes de dénégation en déclarant :

C'était juste pour qu'elle arrête de hurler. »

* Le fourbe !!! *

Eléonor frappa du pied, rageuse, en lissant ses jupes, car il n'était plus temps de courir, bien que faire face pouvait sembler stupides, mais quelle autre solution ? Le silence de la forêt s'imposait et rien ne viendrait aider la voyageuse, alors... A Cathairfal, elle avait décidé de voyager seule, par nécessité, maintenant, la jeune femme devait assumer son choix. Mais en étais-ce vraiment un ? ruiner sa "carrière" et voir s'éloigner à jamais la perspective d'avoir un bon époux en s'encombrant d'un fils de pute, était une erreur de débutante que ne s'accordait pas Eléonor. Elle releva fièrement la tête, prête à faire face. Les poursuivants se mirent en devoir de la fouiller,elle résista, protesta, mais eux, la jetant à terre comme un sac, elle résista, firent bientôt passer leurs mains grasses sur ses formes heureusement protégées par ses vêtements épais, trouvant une bourse de cuir fin où se logeaient quelques pièces destinées à pourvoir au coucher et au dîner : protester n'eut servit de rien, aussi la détroussée se contenta-t-elle de les foudroyer du regard. Ils coupèrent également le cordon de soie qui retenait une représentation d'Eydis, car c'était là le seul bijou que portait Eléonor pour son périple... puis se redressèrent, contemplèrent leur larcin, sourirent, édentés et puants, repoussants au possible, si éloignés des habituelles fréquentations de la voyageuse, lancèrent quelques piecettes à leur complice de rencontre et filèrent dans les fourrés, la laissant seule avec la "racine" :

-
hum ! quel courage ! pas même un geste pour me détrousser ? vous faisant "grâcement" payer !

Eléonor fit deux pas dans sa direction et mit toute sa rage dans sa botte afin de frapper le tibia de ce témoin si peu touché par l'infortune qui la frappait. L'orpheline allait lui faire ravaler ses mots ! elle n'avait pas "gueuler" comme le font les bêtes, mais appelé au secours ! ne faisait-il donc pas la distinction, cet incapable, ce traîneur de guêtres, ce fourbe ! cet incapable pédant, ce fainéant, ce... aucun mot ne s'échappait de ses lèvres, mais son regard citait largement tout ce muet vocabulaire...
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Galahad Caherval

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MessageSujet: Re: Artémisia, alliée des femmes, ne protège pas des brigands (pv Galahad Caherval)   Mer 30 Mai 2012, 20:00

     Le courage n'était que pour les imbéciles et Galahad n'aimait pas se mêler des affaires des autres pour attirer tous les ennuis sur lui, ainsi lorsque la fille l'admonesta comme si c'était pas sa faute qu'elle s'était faite détrousser – ce qui était un peu le cas au final – il se contenta de hausser les épaules. Le jeune homme s'apprêtait à s'éloigner en laissant la malheureuse toute seule, après tout, il n'était pas là pour ramasser tous les paumés de Cathairfál, mais ses projets furent momentanément stoppés par une botte envoyée en plein dans son tibia. La surprise alliée au fait qu'elle visait un point sensible qui n'était pas vraiment protégé par les bottes du jeune homme, ce dernier sentit une subite douleur poindre dans son tibia. Instinctivement, il se baissa légèrement tout en relevant sa jambe pour enserrer la partie douloureuse tout en pestant allégrement.

     ▬ Ah ! Je vais t'apprendre à me frapper espèce de... »

     La fin de sa phrase se perdit dans un mélange d'insultes et de jurons qui auraient fait rougir une religieuse. Le cap de la douleur enfin passé, le forgeron reposa son pied sur le sol avant d'avancer d'un pas pour attraper brutalement le poignet de la jeune femme et serrer avec force. Il n'était peut-être pas musclé, il n'était peut-être pas aussi fort que les chevaliers ou les gardes du Roi, mais son métier de forgeron lui permettait d'avoir une poigne forte et sûre. Fronçant les sourcils, il darda son regard dans celui de la fille qui l'avait frappé sans raison. Enfin sans raison, c'était discutable, Galahad était tout de même en grande partie responsable de tout ce qui venait d'arriver, mais sa vanité l'empêchait d'accepter l'idée. Il serra les dents de rage pendant un bref moment avant de secouer la jeune femme comme un prunier sans se soucier du fait qu'il pouvait éventuellement lui faire mal. Après tout, elle lui avait aussi refilé un coup dans le tibia et ce n'était sûrement pas pour son plaisir personnel, mais bien pour lui faire mal.

     ▬ Le courage c'est comme l'honneur, c'est pour les abrutis et les suicidaires et ce n'est pas mon cas ! Je ne me suis pas fait payer, on m'a simplement remercié. »

     Ce n'était pas si différent dans le fond, mais aux yeux de Galahad si. Qu'est-ce qu'elle croyait cette fille d'abord ? Qu'il allait s'amuser à se mettre deux gars qui faisaient le double de son poids à dos ? Pour quoi ? Pour le joli minois d'une gueuse qu'il n'avait jamais croisée et qui l'aurait peut-être gratifié d'un simple sourire en guise de remerciement ? Très peu pour lui ! Le forgeron était ce que l'on appelait couramment un « connard » et il s'assumait parfaitement. Défendre la veuve et l'orphelin ce n'était pas sa tasse de thé, il préférait encore détrousser la veuve et envoyer l'orphelin voir ailleurs s'il y était. Galahad ne savait pas vraiment dans quel monde vivait cette fille, mais une chose était certaine, ils ne gravitaient pas sur la même planète. Encore une de ses nanas qui rêvaient du prince charmant qui viendrait les sauver sur son beau destrier. Manque de bol Galahad détestait les canassons et il avait plutôt le CV d'un vilain troll que d'un prince charmant. Il secoua une fois de plus la jeune fille avant de répliquer une fois de plus.

     ▬ Si tu ne voulais pas te faire détrousser, tu n'avais qu'à pas venir te balader toute seule en pleine forêt ! Il faut être stupide pour se trimballer avec sa bourse dans un tel endroit, tu n'as eu que ce que tu méritais ! Alors ne me reproche pas ta connerie. »

     Terminant de la secouer, le jeune homme lâcha finalement son poignet en la repoussant pour essayer de l'envoyer valdinguer par terre. Visiblement il n'y avait qu'en étant un peu brutal qu'il obtenait la paix alors même s'il préférait user de paroles plutôt que de gestes, ma foi, il ferait comme cela. Désignant le chemin d'où elle venait d'un geste de la tête, il lâcha quelques mots.

     ▬ Allez, dégage, tu ferais mieux de rentrer chez toi te plaindre aux gardes et t'estimer heureuse que je ne les ai plus aidés. »

     Ça c'était dit, mais quelque chose lui disait que cette furie n'allait pas se laisser faire aussi facilement et la légère douleur de son tibia confirmait.

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Eléonore Hidgard

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MessageSujet: Re: Artémisia, alliée des femmes, ne protège pas des brigands (pv Galahad Caherval)   Sam 02 Juin 2012, 16:52

Le coup porté était violent, colérique et produit l'effet escompté ! le drôle se saisit le jarret en couinant, ce qui ravit Eléonore, puis en pestant comme un "homme" se devait de le faire :

Ah ! Je vais t'apprendre à me frapper espèce de... »

Mais la jeune femme ne s'en laissait point compter ! son père n'avait-il pas été archer du roi ? et sa mère, lavandière ! les poings sur les hanches, solidement campée au milieu des fougères, elle toisa fièrement le jean-foutre et lui dit son fait :

-
Espèce de quoi ?!!!! Espèce de quoi ?!!!! Allez-y, charmant jeune homme, montrez jusqu'au bout l'étendue de votre éducation fourbe et malhonnête ! Espèce de quoi ?!!!!

hurlant le dernier refrain dans le vide de la forêt, tandis que l'autre jurait comme un charretier.

* Fi donc ! bon à rien ! encore un traine-misère, un tire-laine ! *

La jeune femme haussa les épaules pour toute réponse au chapelet d'injures, mais n'eut pas le temps d'esquiver la charge soudaine du faiseur de croche-patte, se tortillant de douleur quand il serra son poignet de toute sa force d'hommes et criant :

-
Ah ! mais lâchez-moi donc ! LACHEZ-MOI ! vous me faites mal, monsieur ! *

Mais avisant son regard et ses traits contractés, craignit le pire pour la suite des événements : cet homme n'hésiterait point à la battre ! et si elle était allée trop loin ?... doutant un instant, et même tout le temps où l'homme ne dit mot, Eléonore s'apprêtait à riposter de la même manière -un fort coup de pied, mais cette fois, dans les parties !- s'il levait la main sur elle : ah, non mais !!!! mais voici qu'il sembla se reprendre et déclara, à l'étonnement manifeste de la voyageuse :

Le courage c'est comme l'honneur, c'est
pour les abrutis et les suicidaires et ce n'est pas mon cas ! Je ne me
suis pas fait payer, on m'a simplement remercié.
»

D'abord muette face à cette tirade, mais peu portée à se taire lorsqu'on la cherchait, la femme ne se démonta pas et répondit du tac au tac :

-
Ce n'est pas du courage, ABRUTI ! c'est de voir le peu d'argent que j'avais être volé, avec la complicité manifeste de votre personne ! et si un merci vous suffit, alors, de grâce, je vous remercie et laissez-moi retourner au village.

Disant cela, Eléonore se tenait droite dans ses bottes, et visiblement sûre de son fait, comme l'étaient souvent les maîtresses-femmes des drapiers ou autre riches commerçantes sur lesquelles elle calquait à ravir sa conduite, comme en témoignaient ses vêtements aux couleurs peu voyantes mais de bonne qualité et de bonne coupe. Autant dire que dans sa bouche "le peu d'argent" était surtout preuve de rapacité ou d'avarice. Mais cela n'eut pas beaucoup d'effet sur le drôle qui, pour le coup, la secoua, provoquant de nouvelles douleurs qui la firent se plaindre doucement. Pour autant, Eléonore ne chercha pas à se débattre, sachant fort bien que cela n'aurait pour effet que de renforcer la prise, rendant plus difficile toute fuite ultérieure. Non, ce qu'il fallait, c'était que l'homme la relâche. D'ailleurs, il continuait de parler, preuve qu'il ne comptait pas la battre comme plâtre ou attenter à sa pudeur :

Si tu ne voulais pas te faire
détrousser, tu n'avais qu'à pas venir te balader toute seule en pleine
forêt ! Il faut être stupide pour se trimballer avec sa bourse dans un
tel endroit, tu n'as eu que ce que tu méritais ! Alors ne me reproche
pas ta connerie.
»

Eléonore planta alors son regard dans celui du quidam pour lui affirmer :

-
Certes, monsieur, certes ! vous avez raison ! c'est de ma faute, pour partie. Mais si vous vous étiez prudemment tenu à vous occuper de VOS affaires, sans doute n'eus-je point perdu ce que j'ai chèrement acquis. Mais évidemment, un homme tel que vous n'a point de métier, et se contente de ramasser de petits gains que d'autres lui donnent ! Jamais vous n'avez connu la sueur sur votre front d'une dure journée de travail !

Ah ! et puis, s'il ne la lâchait pas, elle allait encore crier ! c'était certain. Car après tout, qu'était-il, celui-là, qui n'avait aucun statut social et se prélassait dans les bois... peut-être un voleur, qui craignant d'autres voleurs, plus forts que lui, s'était abaissé à.... les aider pour tirer quelque finance de la proie...

* Je ne suis pas une proie ! la proie, ce sont ces salopards d'hommes !!! je me vengerai ! je me vengerai !!!! et n'aurait de cesse que de tous les renvoyer sans culotte, la honte au visage et... * Eléonore enrageait de se trouver ainsi prisonnière et son poignet lui cuisait si douloureusement....

* Si seulement Azazel était là... * se plaignit-elle en vain, ce qui fit qu'elle faillit s'étaler au sol quand l'homme la secoua une dernière fois avant de la lâcher en lui jetant au visage :

Allez, dégage, tu ferais mieux de rentrer chez toi te plaindre aux gardes et t'estimer heureuse que je ne les ai plus aidés. »

Alors, lissant ses jupes d'un air outré, et reprenant contenance de son mieux, Eléonore regarda l'inconnu et, si heureuse de s'en tirer à bon compte lui lança :

-
Eydis vous vienne en aide, jeune homme ! car je ne vous trahirai point auprès des gardes, étant seule sur les chemins, contrairement aux lois édictées par le roi. Nous voici donc, au final, hors la loi tous deux.

Inspira profondément, et prit le parti fou de tourner le dos au rustre, espérant se bien diriger vers l'orée du bois, là où se trouverait probablement sa jument en train de paître, car la bête n'était point sauvage...

* Pourvu qu'il ne change point d'avis et ne me poursuive pour... Eydis ! veille sur ton humble servante ! *

et si tel était le cas, elle ferait quelque offrande, tout en tachant de ne plus sortir seule, y compris en cherchant ses herbes abortives.
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Galahad Caherval

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MessageSujet: Re: Artémisia, alliée des femmes, ne protège pas des brigands (pv Galahad Caherval)   Sam 02 Juin 2012, 23:03

     Elle râlait, elle papotait, elle protestait. Décidément les femmes avaient un don ou des prédispositions à se monter le bourrichon pour pas grand-chose. Galahad détestait les filles qui hurlaient, cela lui rappelait avec frustration ses sœurs qui étaient tout simplement incapables de fermer leur bouche lorsque ses frères s'amusaient à les effrayer avec des bêtes ramassées dans les bois. Les filles étaient insupportables c'était un fait. Le forgeron se demandait ce qu'elles pouvaient bien avoir pour attirer autant les autres hommes. Étaient-ils tous totalement masos pour pouvoir supporter de pareils comportements ? Son irritation pointa rapidement le bout de son nez et il fut tenté de la secouer un peu plus pour la persuader de fermer sa bouche. Mais elle le comprit seule apparemment, car rapidement le silence se fit. Le jeune homme manqua de lâcher un soupir de soulagement devant ce repos soudain, il détourna les yeux en se disant qu'elle allait peut-être bien s'éloigner et fermer sa bouche. Mais non, même après qu'il lui conseille d'aller voir ailleurs s'il y était, elle trouva le moyen de continuer à parler en lui souhaitant l'aide de cette fausse déesse ! Est-ce qu'elle cherchait à le provoquer ? Galahad ne supportait plus le nom d'Eydis et en adorateur de Mynkor qu'il était, le forgeron ne pouvait envisager de la laisser filer avec de telles paroles. Oh, au fond il aurait parfaitement pu ignorer tout cela et il aurait été en paix pendant le reste de la journée, mais entendre loué le nom de cette déesse à longueur de temps commençait à le lasser.

     Lorsqu'elle déclara qu'elle n'irait pas le vendre aux gardes, Galahad eut un doute. Pour quelle raison garderait-elle le silence ? Soit, elle se trouvait seule hors de la ville, mais ce n'était certainement pas ce qu'allaient penser les autorités. Il doutait que le vol d'une femme passe après le fait qu'elle se promenait seule dans la forêt. Non, il suffisait qu'elle le décrive et il risquait d'avoir des ennuis, sachant qu'il avait déjà été repéré à plusieurs reprises par des gardes, le jeune Héritier risquait gros. Il la regarda s'éloigner de quelques pas, hésitant sur la marche à suivre, puis finalement s'élança derrière elle. En quelques pas il avait parcouru le chemin qui le séparait de la fille. Même si Galahad détestait devoir toucher les autres – et encore plus les femmes – il n'avait pas le choix pour ce coup. D'un geste de la main, il lui attrapa le bras juste sous l'épaule et la retint, l'empêchant d'aller plus loin.

     ▬ Pas si vite ! »

     Quelle fille traînait dans les forêts pour se promener ? Ou ramasser des fleurs ? Qu'est-ce qu'elle faisait là d'ailleurs ? À moins qu'elle n'ait quelque chose à cacher, il y avait peu de chances pour qu'une jeune femme de bonne famille décide tout à coup d'aller se promener seule pour profiter du beau temps. Il ne lâchait pas son bras, raffermissant même sa prise au risque de lui laisser la trace de ses doigts sur la peau une fois qu'ils se seraient séparés. Ce n'était pas grave, Galahad n'était pas d'un naturel violent, mais il ne reculait pas devant un peu de brutalité si cela pouvait lui servir. Regardant la jeune femme comme si elle lui cachait quelque chose, le forgeron décida de poser clairement la question puisqu'il n'arrivait pas à savoir ce qu'elle pensait réellement.

     ▬ Ne me prends pas pour un abruti. Tu crois franchement que je vais croire que tu ne vas rien raconter aux gardes ? Qu'est-ce que tu fiches là d'ailleurs ? Je ne crois pas que tu puisses avoir la conscience vraiment tranquille si tu te balades toute seule. »

     Il n'allait pas lui lâcher la grappe avant d'être parfaitement sûr qu'elle ne risquait pas de lui rendre la vie plus compliquée. Les quelques pièces qu'il avait en poche suite à cette aide inattendue n'allaient certainement pas payer une nouvelle réputation. Il n'avait à aucun moment fait un geste qui puisse plaider en sa faveur si jamais les gardes lui tombaient dessus. Bon, d'un côté Galahad n'avait pas participé à ce vol, il avait simplement regardé sans intervenir, c'était totalement différent non ? Ce n'était pas une simple bonne femme qui allait lui mettre des bâtons dans les roues et vu la manière dont celle-ci avait commencé à lui exploser les tympans, il doutait qu'elle puisse être réellement sincère. Les femmes mentaient toujours, elles manipulaient les hommes et il restait certaine qu'elle allait courir chez le premier garde de Cathairfál dès qu'elle serait loin de lui. Une expression hostile se peignit sur le minois du jeune homme alors qu'il reprenait.

     ▬ Pourquoi est-ce que je devrais te croire alors que tu as l'air en colère contre moi ? Tu te plantes de cible, ce n'est pas moi qui t'ai fauché ton argent, c'est les autres. T'aurais dû t'en prendre à eux au lieu de me reprocher ta faiblesse. Il serra les dents un bref instant avant de reprendre. Vous êtes toutes les mêmes en fait, vous voulez votre indépendance, mais on est obligés de vous protégez lorsque vous faites des conneries. »

     Aigri ? À peine !

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Eléonore Hidgard

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MessageSujet: Re: Artémisia, alliée des femmes, ne protège pas des brigands (pv Galahad Caherval)   Dim 03 Juin 2012, 08:51

La jeune femme avait souvent voyagé et toujours avait ramené quelque chose : de nouveaux poèmes, de nouveaux airs... jusqu'à cet instrument dont elle ravissait ses visiteurs. Aussi connaissait-elle la plupart des modalités du voyage, tout du moins, tant qu'il s'agissait d'aller sur les routes, descendre dans les auberges, trouver quelque échoppe digne de lui vendre quelque chose de fin et d'élégant, tout en étant acceptable financièrement. C'était qu'à force de fréquenter ces boutiques, et d'observer le comportement des femmes "dignes", Eléonor incarnait l'une d'elles, ou toutes à la fois, jusqu'à créer son propre personnage. Sûre, forte, exigeante, aisée, sachant parler en public de manière courtoise mais sans appel, certaine de bénéficier de l'ombre d'un homme qui la viendrait sauver au cas où... Pourtant, en s'éloignant de cet inconnu, en tournant délibérément les talons pour lui affirmer sa confiance en elle-même, la voyageuse éprouva quelques doutes, qui se renforcèrent lorsqu'elle entendit la course de l'impudent personnage à sa suite. Eléonore eut pu chercher à lui échapper en courant également, mais n'en fit rien, conservant une démarche égale et offrant, malgré la poigne de l'intrus, un visage serein, quoique légèrement déformé par la souffrance. Là encore, elle fixa son regard, mais cette fois, avec une interrogation du genre "quoi encore ?!" quelque peu agacée, qu'aurait pu lancer n'importe quel personnage vaquant à ses affaires.

* Sauf que lui n'a rien à faire de ses longues, très longues journées... hum ! qu'à attendre le chaland pour le détrousser !*

Forte de ses convictions, la jeune femme prit pourtant en pleine face le :

Pas si vite ! » bientôt suivit d'une cohorte de récriminations soupçonneuses :

Ne me prends pas pour un abruti. Tu
crois franchement que je vais croire que tu ne vas rien raconter aux
gardes ? Qu'est-ce que tu fiches là d'ailleurs ? Je ne crois pas que tu
puisses avoir la conscience vraiment tranquille si tu te balades toute
seule.
»

* Mais d'où sort-il donc, celui-là ?!!! * car pas une seconde Eléonore n'entrevit la possibilité que l'homme déteste ouvertement Eydis. Aussi inspira-t-elle profondément afin de répondre au mieux sans rien dévoilé de la véritable raison l'amenant dans ces bois :

-
Monsieur, je ne vous prends pas pour ce que vous n'êtes. Et si je vous ai dit que je n'en dirais rien aux gardes, c'est tout simplement parce que je n'ai point de compagnon de voyage, personne que je devrais trouver sur le chemin du retour pour éviter toute sotte question.

Elle reprit son souffle, et toujours fort posément, continua sur sa lancée, tout en regardant cette fois, la main qui la brutalisait et menaçait de gâter la blancheur de sa peau... comme si ce coup d'oeil dévasteur pouvait suffir à faire lâcher prise à ces doigts dotés d'une force toute masculine.

-
Quant à ce que je fais séant, sachez que je me suis égarée. Voilà.

Un tel aveu de faiblesse devant cet homme l'horripilait, bien entendu, cependant, n'importe quel type goberait immédiatement l'explication, tant il était commun aux femmes de se perdre, n'ayant point la légitime connaissance tridimentionnelle leur permettant de se diriger à loisir dans les espaces traversés. En attendant, elle avait vraiment l'air vexée -le "voilà" était terriblement boudeur- et ajouta :

-
Pouvez-vous, à présent, me lâcher, je vous prie. Vous me blessez.Et tant que vous y êtes, m'indiquer comment l'on sort de cette maudite forêt ?

Les hommes adoraient être supérieurs... Alors, pourquoi ne pas leur accorder ce trait si caractéristique ? De plus, il serait dommage de perdre du temps à chercher quelque chose que l'autre pouvait connaître, bien qu'Eléonor se dirigea d'un pas décidé vers ce qui était, de fait, la bonne direction. Enfin, du moins le pensait elle vraiment.

Pourquoi est-ce que je devrais te
croire alors que tu as l'air en colère contre moi ? Tu te plantes de
cible, ce n'est pas moi qui t'ai fauché ton argent, c'est les autres.
T'aurais dû t'en prendre à eux au lieu de me reprocher ta faiblesse.
Il serra les dents un bref instant avant de reprendre. Vous
êtes toutes les mêmes en fait, vous voulez votre indépendance, mais on
est obligés de vous protégez lorsque vous faites des conneries.
»

- En colère contre vous ? mais non voyons... après votre croche-pied, puis votre participation au bénéfice de mon détroussage, et le temps que vous me faites perdre à présent, alors que le soleil tend à se coucher et que bientôt, les ténèbres nous environneront... Mais plus sérieusement, monsieur, non, je ne suis en pas en colère contre vous, mais contre moi de m'être si bêtement laissée dévalisée par quelques pleutres sans envergure.

Après tout, Eléonore ne fréquentait que du beau monde, beau monde qu'elle détroussait allégrement et sans aucun remord, ne songeant qu'à échapper à la misère dans laquelle tous l'avait précipité. Alors, se faire détrousser par des hommes des bois la vexait énormément. Sa voix ne tremblait pas mais comportait une petite trace ironique, probablement dirigée contre l'inconnu d'abord, puis contre sa propre légèreté dans cette affaire. Mais lorsqu'il l'incrimina ensuite sans distinction, et malgré sa poigne sur son bras, Eléonore planta ses poings sur ses hanches, se grandit, se voulant mettre à hauteur d'homme pour lui dire son fait :

-
Comment cela, comme toutes les autres ? qu'entendez-vous par cela ? Quant à mon indépendance, mon cher, je ne m'en plains pas et porte haut la fierté d'en vivre, moi.

Elle ne criait pas, mais sa voix sourde donnait une force d'âme peu commune chez une femme aussi frêle et d'une beauté mal dissimulée, que la résidente de Cathairfal. Car après tout, l'homme l'avait piquée au vif et ne récoltait là que ce qu'il avait semé.

-
Je trouverai seule la sortie de la forêt : veuillez me dispensez de votre présence et de votre protection, monsieur.

Cette fois, Eléonor était vexée et pour un peu, aurait tapé du pied pour affirmer ses dires -ce qu'elle ne fit pas, conservant cette attitude digne empruntée aux commerçantes qu'elle imitait si bien-.

-
Et pour finir, sachez que tout le monde fait des "conneries" pour reprendre votre vulgarité, mais que ces "conneries" (ce mot semblait lui plaire, finalement) ne sont faites que par des gens entreprenant des choses, non par des inactifs rêveurs et inutiles.

La jeune femme ne se rendit même pas compte qu'elle allait trop loin, emportée par son besoin de se justifier et d'affirmer qu'elle s'assumait. Car l'homme l'avait par trop vexée, au point qu'elle perdit tout sens de la mesure. Elle ne manqua d'ailleurs pas d'ajouter à propos :

-
Car vous ne faîtes jamais d'erreur, n'est-il pas ?

en lui lançant un regard de défi.

* Tu es fort de ta force d'homme, mais tu n'es rien ! tu es comme tous les autres, un profiteur ! si les femmes avaient autant de force que vous, vous seriez des chiens ! *

Non, même au milieu des bois, et face à un inconnu visiblement bien plus fort qu'elle, Eléonor ne perdait pas de vue sa vengeance, aveuglée par elle, même, et risquant de provoquer une catastrophe.... Peut-être parce qu'il est si commun aux êtres ayant beaucoup souffert, de prétendre ne pouvoir souffrir davantage que ce qui a déjà été traversé... Peut-être parce que c'était un appel au secours de ce qui pouvait être arraché au passé ? mais rien du passé ne peut s'effacer. Le mal qui y a été commis est irréparable. Cependant, qui donc en est réellement conscient ? La justice des hommes elle-même ne prétendait-elle point y remédier, refusant par là-même sa faiblesse ?
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Galahad Caherval

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MessageSujet: Re: Artémisia, alliée des femmes, ne protège pas des brigands (pv Galahad Caherval)   Dim 03 Juin 2012, 17:47

     Elle avait un débit impressionnant, Galahad n'entendait même plus tout ce qu'elle racontait, une masse d'informations qui lui tombait dessus sans qu'il ne parvienne à décrypter tous les reproches qu'elle lui déversait sur le coin de la gueule. Les femmes étaient définitivement insupportables et il fut à deux doigts de coller sa main sur la bouche de la pipelette pour lui imposer le silence. Mais la garce aurait encore été capable de le mordre vu le coup qu'elle lui avait envoyé en plein tibia et il préférait éviter d'attraper la rage. Mieux valait donc se montrer prudent. Sur le coup, le Singulier regretta d'avoir eu l'idée stupide de la retenir pour s'assurer qu'elle n'allait pas caqueter ce qui lui était arrivé chez toutes ses amies. Seulement l'idée de pouvoir se retrouver avec les gardes de la ville aux fesses était bien trop dangereuse pour qu'il laisse tomber à cause de la pipelette à qui il avait affaire. Pourquoi est-ce que c'était toujours à lui de tomber sur des filles comme ça ? ! Elle eut même le culot de lui demander de l'aide, à LUI, comme si c'était marqué « bon samaritain » sur son visage. Non, l'expression qu'il arborait poussait plutôt à penser le contraire, mais visiblement cette gamine ne devait pas voir un ours au milieu d'un magasin de poterie. Elle ne comprenait pas qu'elle n'avait pas affaire à un jeune homme désireux d'aider son prochain. Pourtant force était de constater que l'Héritier faisait tout pour prouver que c'était bien le cas.

     Elle lui reprocha une fois de plus d'avoir participé au vol de sa bourse alors qu'il n'avait rien fait ! C'était peut-être justement là la source du problème, qu'il soit resté immobile alors qu'elle se faisait voler ses affaires et son pécule, mais d'un autre côté, elle n'avait qu'à pas arriver en hurlant et il n'aurait peut-être pas fait ce croche-pied. Après tout, Galahad ne l'avait pas fait simplement parce qu'il voulait pourrir la journée de quelqu'un, mais bien parce qu'il préférait ne pas voir toute une foule débarquer dans SON coin tranquille. Si elle ne pouvait pas comprendre cela et bien dommage pour elle ! Contrarié, il rétorqua du tac-au-tac.

     ▬ Je n'ai rien fait, je vais devoir te le répéter combien de fois ? Puis si tu as peur du noir, tu n'as qu'à pas sortir alors que la nuit approche ! »

     Peur du noir, ce n'était certainement pas pour cette raison qu'elle ne voulait pas se retrouver toute seule dehors en plein nuit. Enfin seule, elle était en compagnie du forgeron, mais ce n'était peut-être pas la meilleure chose pour elle en y repensant. Comme elle se débattait, Galahad ne fit que raffermir sa poigne sur le bras de la jeune femme, si elle s'imaginait qu'il allait la laisser partir parce qu'elle se redressait pour essayer de l'impressionner, elle se fourrait le doigt dans l'œil et jusqu'au coude ! Histoire de montrer qu'elle avait encore des réserves pour l'ennuyer, la demoiselle se montra vexée du fait qu'il la compare à toutes les autres. Et bien ? Elle croyait être supérieure ? Originale ? Non, il ne la voyait que comme une femme particulièrement insupportable. Il souffla à la fin de sa réplique.

     ▬ C'est ce que je disais, comme toutes les femmes, tu te crois indépendante et tu ne l'es pas. »

     De la provocation ? Si peu. D'un côté oui, il voulait voir si elle se laisser embarquer sur le sujet, il ne se gênerait pas pour la remettre à sa place si tel était le cas. Comme si elle voulait lui prouver ce qu'elle venait de dire, la jeune femme lui somma de la laisser tranquille pour qu'elle aille trouver la sortie de la forêt toute seule. Ma foi, libre à elle, les autres brigands l'attendaient certainement dans un coin du bois pour pouvoir éventuellement profiter d'elle. Surement qu'ils n'avaient pas osé parce que le forgeron se trouvait là avant, mais ils ne se gêneraient pas cette fois-ci. Comme elle disserta sur les « conneries » avant de lui poser une question, il la regarda avec un aplomb non dissimulé et parfaitement sincère, puis répliqua d'un ton assuré.

     ▬ Non jamais. J'enclenche mon cerveau avant de faire quelque chose MOI. »

     Se moquait-il d'elle ? Oui clairement ! Après avoir resserré sa prise sur le bras de la jeune femme, il la relâcha finalement et haussa les épaules comme si tout cela lui était égal.

     ▬ Et bien vas-y alors. Mais puisque tu râles que je ne suis pas galant, sache que tes deux voleurs t'attendent certainement dans un coin du bois pour te faire ton affaire. Alors amuse-toi bien avec eux ! »

     Il soupira d'agacement avant de se détourner, si elle voulait se débrouiller seule, et bien qu'elle le fasse donc ! Mais qu'elle ne vienne pas pleurer chez lui après.

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Eléonore Hidgard

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MessageSujet: Re: Artémisia, alliée des femmes, ne protège pas des brigands (pv Galahad Caherval)   Mar 05 Juin 2012, 22:54

Tout à ses pensées de vengeance et de triomphe, Eléonore marchait droit devant elle, ignorant le manque de sentier et persuadée d'arriver ainsi à l'orée de la forêt. En fait, elle enrageait en songeant aux paroles du jeune homme :

* Ainsi, il n'a rien fait ! et puis, cette manière d'être persuadé qu'une femme avait peur du noir ! pfuuuuh !*

Mais la nuit menaçant de tomber, un frisson la parcouru malgré elle : la voyageuse avait hâte de retrouver son cheval et de filer au village, bien à l'abri dans son auberge de fortune. Même ce lieu à la propreté douteuse et à la cuisine graisseuse paraissait maintenant un paradis à Eléonore. Bref, elle ne répondit pas à l'affirmation du rustre, mais laissant s'échapper un petit "hmmm !" de mépris. Ses pas trop grands faisait voler ses jupes autour des bottes protégeant ses jambes et écrasant force brindilles et autres branchettes, faisant de son déplacement tout à fait audible au plus sourd des habitants de la forêt. Aussi, il n'y avait pas de chemin ici !!! la colère et le dépit d'Eléonore ne faisaient que croître à mesure qu'elle s'enfonçait dans les fourrés.

* Et puis, si cet idiot c'était servi de son cerveau, comme il le prétend, il se serait hâté de me porter secours, il aurait eu beaucoup plus que ces ridicules piècettes ! *

Un large sourire triomphant éclaira le visage empourprée par l'effort et la rage d'Eléonore : plus de doute s'il en restait, les hommes étaient définitivement des idiots ! *Ne jetez plus de preuves !!!! il y en a assez comme ça ! *

C'était vrai, après tout, ces lourdaux imbus d'eux-même, se croyant à la fois fort, sage, intelligent (!!!) ! une ronce s'agrippa aux vêtements de la jeune femme jusqu'à l'empêcher de progresser. Se retournant brusquement, elle sortit les épines des tissus, éloigna la tige traitresse et souhaita que le trublion la prenne en pleine face ! mais il n'avait pas bronché. D'ailleurs, Eléonore était bien seule à présent et fit un tour complet sur elle-même pour le vérifier. Le silence était inquiétant et nul oiseau ne chantait plus ici. La voyageuse songea alors à tout ce qui se disait sur cette forêt maudite, les gens qui jamais n'en revenaient et tout ça.... La peur monta d'un cran, faisant battre son coeur : c'était une femme des villes, pas des champs, et moins encore des forêts sauvages ! Avisant les plantes abimées par son passage, elle rebroussa chemin et vit, toujours installé contre son arbre, l'irritant personnage. Avouer qu'elle était perdue lui coûta un bras, mais elle avança d'une voix douce :

-
Euh... je crois que je suis perdue. Messire, auriez-vous l'obligeance de me reconduire jusqu'au village proche de l'orée, je vous prie ?

*Rhhhhhhh !!!! * Eléonore enrageait littéralement, mais se faisait toute petite pour obtenir ce dont elle avait besoin : retourner à la civilisation !


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Galahad Caherval

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MessageSujet: Re: Artémisia, alliée des femmes, ne protège pas des brigands (pv Galahad Caherval)   Mer 06 Juin 2012, 16:05

     Galahad était en train de s'éloigner, persuadé que cette gamine agaçante et horripilante allait rentrer chez elle pour aller casser les oreilles de quelqu'un d'autre. La tête remplie de protestations alors qu'il se disait que Mynkor devait avoir quelque chose à lui reprocher, il leva les yeux vers la voute des arbres pour observer le ciel qui commençait à s'assombrir légèrement. Il n'allait plus falloir trop tarder sans quoi il risquait vraiment d'avoir des ennuis. Mieux valait ne pas se trouver loin du centre de Cathairfál lorsque la pénombre prenait possession des lieux et vu ses dons au combat à l'épée, il ne souhaitait guère les mettre à l'épreuve. Malgré tout, le jeune homme n'avait pas non plus envie de retomber sur la fille dont il ignorait toujours le nom, elle lui aurait encore reproché de la suivre où lui donner une accusation de ce style. Il connaissait ce type de femmes, elles reprochaient tout aux hommes alors que la plupart du temps elles attendaient toutes qu'ils les servent comme des princesses. L'Héritier n'était pas quelqu'un de misogyne ou de machiste, mais il était vrai qu'il avait plutôt une mauvaise perception des femmes en général, certainement parce qu'elles étaient souvent trop niaises à son goût.

     Il avait refait le chemin jusqu'à l'arbre où il se trouvait avant l'arriver impromptue de la jeune femme, s'appuya à nouveau contre le même tronc de profitant du silence enfin revenu. C'était impressionnant ce que les femmes pouvaient se montrer insupportables tout de même ! Alors qu'il pestait mentalement contre la langue trop pendue du sexe faible, il entendit un bruissement qui indiquait que quelqu'un – ou quelque chose – se dirigeait à nouveau dans sa direction. Il redressa la tête, portant son attention sur le chemin que l'excitée avait emprunté pour débarquer ici quelques minutes plus tôt. Est-ce que c'était les voleurs qui avaient dérobé la bourse de la fille ? Non, ils ne revenaient que rarement dans la même zone, des gardes alors ? Elle n'avait pas encore eu le temps de faire le chemin jusqu'à la ville et de revenir, c'était impossible. Ses questions s'envolèrent lorsque le visage de la jeune femme se dessina à nouveau, elle revenait ? Pourquoi ? Une seule réponse dans l'esprit du jeune homme : elle voulait récupérer ses pièces. Et bien qu'elle compte là-dessus, il n'allait pas lui donner quoi que ce soit ! Galahad fut toutefois pris de court lorsqu'elle lui déclara s'être paumée et avoir besoin de son aide. Il rigola légèrement lorsqu'elle se tut et ne cacha pas la teneur de ses pensées.

     ▬ Messire ? Tu m'insultais presque il y a quelques minutes et là j'ai le droit à du messire ? Tu essayes de ma flatter ? Bah c'est peine perdue ! Débrouille-toi sans moi puisque t'es si indépendante. »

     Ne venait-elle pas de dire qu'elle n'avait pas besoin de lui après tout ? Pour quelle raison est-ce qu'il se fatiguerait à essayer de l'aider alors qu'elle se disait très indépendante ? Galahad se décolla de son arbre et esquissa le geste de s'en-aller dans la direction opposée à cette de la jeune femme, puis après quelques pas, s'immobilisa finalement. Au fond, il y avait peut-être un moyen de s'entendre. Elle n'avait plus d'argent il le savait puisque les brigands avaient tout volé, mais elle devait avoir un objet de valeur sur elle qu'il pourrait certainement revendre à bon prix non ? Galahad pivota donc, observant la jeune femme avant de finalement approcher d'elle pour s'arrêter à une longueur de bras et reprendre la parole d'un ton qui ne laissait aucune réplique.

     ▬ Finalement si, je vais t'aider. Mais il faudra me payer pour ça. N'importe quoi, quelque chose qui ait de la valeur puisque tu n'as plus d'argent, sinon je te plante ici et tu te débrouilles pour retrouver la ville. En espérant y arriver avant l'arrivée de la nuit bien sûr. »

     Elle ne pouvait pas vraiment dire non et si elle le faisait, il n'allait certainement pas l'aider, mais bel et bien la larguer ici pour qu'elle se débrouille. Au moins maintenant aurait-elle une bonne raison pour détester les hommes.

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Eléonore Hidgard

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MessageSujet: Re: Artémisia, alliée des femmes, ne protège pas des brigands (pv Galahad Caherval)   Jeu 07 Juin 2012, 13:42

Evidemment, ce mufle ne manqua pas de lui rappeler la fameuse indépendance féminine. Elle avait bon dos, celle-là !

* Comment ?!!!! il refuse de m'aider ?!!! d'abord, il me fait tomber, maintenant il... GOUJAT !!!! Ah ! décidément les hommes sont tous des *?*@='!&* !!! *

Surprise, ses yeux s'écarquillèrent mais la jeune femme demeura coite. Au final, cet homme demeurait au pied de son arbre et semblait au demeurant y avoir pris racine, du moins ne s'attaquait-il pas à elle. Eléonore souffla bruyamment son mépris d'être ainsi traité, ramassa ses jupes et partit en faisant claquer ses talons sur la terre, visiblement furieuse de l'accueil, ne prêtant pas garde au fait que le compère faisait de même, enfin, jusqu'à ce qu'elle entende derrière elle :

Finalement si, je vais t'aider.

La voyageuse stoppa nette sa progression et se tourna d'un bloc vers le coquin, surprise de tant de magnanimité, esquissant déjà un pas de retour vers lui, quant il poursuivit sans vergogne :

Mais il
faudra me payer pour ça.


Oh ! comme elle aurait voulu lui voler dans les plumes, planter ses ongles dans ses yeux, le battre comme plâtre, le....

* Voyez-vous cela... *

Eléonore faisait tout pour conserver son calme, car étourdir l'ennemi signifiait ne plus rien pouvoir tirer de lui. D'ailleurs, heureusement qu'il poursuivait son discours, cela évita quelques mots malheureux qu'eut pu lâcher l'habitante de Cartaifahl :

N'importe quoi, quelque chose qui ait de la
valeur puisque tu n'as plus d'argent, sinon je te plante ici et tu te
débrouilles pour retrouver la ville. En espérant y arriver avant
l'arrivée de la nuit bien sûr.
»

Elle se rengorgea, visiblement peu encline à céder à de pareilles demande :

-
Effectivement, je viens d'être détroussée : quel admirable sens de l'observation... fit-elle, cinglante.

D'un autre côté, elle était seule, perdue, sous le coup encore de l'émotion d'avoir été volée, vexée, furieuse, ... et pas que. Ayant donc besoin d'un allié dans cette tempête, Eléonore fut bien obligée de féminiser sa réponse :

-
Certes, j'ai besoin d'un guide, mais pour vous régler, vous devrez attendre Cartaifahl, car je n'ai aucun objet de valeur ici.

La jument s'était sauvée avec la selle et les fontes où se trouvait encore un peut d'argent. Cependant, pourrait-elle la rattraper ? ou serait-elle condamnée à rentrer à pied et sans les fameuses plantes dont elle avait cruellement besoin. Il fallait absolument retenir l'unique protecteur se profilant à des lieues à la ronde :

-
Mais j'accepte votre offre et vous paierai pour votre escorte jusqu'à l'auberge la plus proche.

La faiblesse des femmes devait sans cesse paraître flagrante aux hommes, ce qui permettait de les manoeuvrer, en tout cas, un minimum, ou à tout le moins, de les mettre de son côté, au cas-où...

Un coup d'oeil lui apprit que le soleil se couchait vite et Eléonore voulait rentrer au plus vite, avant d'avoir peur et de céder à la panique devant les ombres de la nuit.


Dernière édition par Eléonore Hidgard le Ven 08 Juin 2012, 23:07, édité 1 fois
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Galahad Caherval

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MessageSujet: Re: Artémisia, alliée des femmes, ne protège pas des brigands (pv Galahad Caherval)   Jeu 07 Juin 2012, 19:46

     Elle s'imaginait franchement qu'il allait l'escorter sans aucune assurance ? Est-ce qu'elle croyait au bon samaritain ? La stupidité des femmes le sidérait, même si ce n'était pas très aimable de sa part de généraliser ce point. Enfin, visiblement le seul moyen de se débarrasser de cette fille trop envahissante était de faire ce qu'elle demandait pour qu'elle aille se rendre insupportable ailleurs. Malgré tout, fermer sa bouche était visiblement quelque chose de trop compliqué pour elle, il fallait qu'elle lui fasse une remarque « histoire de », à croire qu'elle savait mieux se servir de sa langue que de son cerveau. Il se contenta de la darder d'un regard contrarié, attendant qu'elle daigne la mettre en veilleuse avant de poser ses conditions idiotes. Si la sotte s'imaginait qu'il allait s'amuser à l'escorter et qu'elle pourrait le berner, elle se mettait le doigt dans l'œil et jusqu'au coude. Alors qu'elle se détournait pour partir dans une autre direction, Galahad l'interpella.

     ▬ Pas par ici. Il soupira légèrement. Il y a trop de passage dans cette zone. »

     Libre à elle de s'amuser à passer par l'autre côté, en tous les cas lui empruntait un autre chemin. Il détourna ses yeux de la fille qui venait lui demander son aide, mais prenait quand même la tête de l'expédition. Logiquement lorsque lui demandait le chemin à quelqu'un, il attendait que cette personne daigne passer devant, mais bon c'était une logique masculine et les femmes en étaient visiblement dénuées. Il emprunta donc un autre chemin, celui qu'il avait pris pour venir dans cette petite clairière – si l'on pouvait appeler cela de la sorte – sans s'assurer que la fille suivait derrière. Peu lui chalait, de toute manière il comptait rentrer alors bon, qu'elle se paume seule dans la forêt n'allait pas changer grand-chose à sa vie. Après quelques pas, il entendit toutefois des bruits derrière lui qui indiquaient qu'elle le suivait et il avança plusieurs dizaines de mètres sans ralentir, avant de se retourner d'un bloc. Le forgeron s'était immobilisé pour regarder la fille et lui lâcher quelques mots en plein visage.

     ▬ Sache que je n'oublie jamais un visage alors si tu essayes de m'arnaquer et de ne pas payer ton service, tu auras intérêt à ne plus te balader seule. »

     Des menaces ? Oui, sans aucun doute ! Galahad ne reculait pas devant grand-chose et même s'il n'avait jamais tué d'humain jusqu'à ce jour, ce n'était pas quelque chose qui le rebutait pour autant. Tout le monde devait mourir un jour ma foi. Que ce soit un animal ou un humain, quelle était la différence ? Lui n'en voyait pas en tous les cas. Il reprit sa marche, délaissant la jeune femme du regard pour se concentrer sur le chemin. Seules quelques branches qui craquaient brisaient le silence pesant de la nuit tombante, puis après quelques minutes d'une avancée muette, les deux jeunes gens arrivèrent aux abords de la ville. Il lui demanda où se situait son auberge pour pouvoir l'y mener, non pas désir de faire son « travail » jusqu'au bout, mais simplement parce qu'il avait envie d'avoir son argent. Galahad veillait à ce qu'elle ne fasse rien d'idiot – comme appeler les gardes par exemple – puis lorsqu'ils furent enfin arrivés non loin de l'auberge où séjournait la jeune femme, l'Héritier lui attrapa le bras avec fermeté.

     ▬ J'espère pour toi que tu n'espérais pas te moquer de moi. »

     Verdict ?

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Eléonore Hidgard

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MessageSujet: Re: Artémisia, alliée des femmes, ne protège pas des brigands (pv Galahad Caherval)   Ven 08 Juin 2012, 23:43

Pour autant, Eléonore ne minaudait pas et semblait toujours aussi décidée, quitte à foncer tête baisser, du moins, en apparence, car plus le jour baissait, plus l'incertitude montait, plus la jeune femme s'inquiétait sans rien en montrer, ce qui avait visiblement le don d'agacer le complice du larcin. Il était visible, au demeurant, que ces deux là ne comprenaient rien à l'autre, rejetant sur lui, toute la faute de l'incompréhension, tous les manquements du passé, projetant sur lui les pires images négatives accumulées depuis des années. Ainsi, la moindre qualité prenait-elle rapidement l'apparence du pire défaut et chacun campait-il sur ses positions, trouvant en son vis à vis, de quoi étoffer les sempiternelles critiques adressées par habitudes. Cependant, deux choses les réunissait : la contrariété. L'un car il n'avait pu dormir à son aise, l'autre d'avoir été spoliée du peu de biens emportés. et la recherche du calme. comment en effet, être à son aise au milieu des bois, endroit a priori rêvé pour rêvasser, alors qu'un vol se commettait, et comment une femme pouvait se sentir en sécurité en pareil coupe-gorge. En posant la question, Hildegard n'était pas sûre d'obtenir l'aide escomptée, et pourtant, elle vint ! Cachant immédiatement surprise et stupéfaction, la voyageuse ne se le fit pas dire deux fois, tant le temps pressait désormais. Ne disait-on pas qu'il y avait en cette forêt foule d'êtres si peu recommandables qu'on ne trouvait jamais nul corps ni trace de passage des disparus ? La jeune femme frissonna, mais ce pouvait tout aussi bien être de froid. Elle revint donc sur ses pas et se planta en face de son nouveau guide.

* sait-il bien de quoi il retourne ? et cet homme a-t-il la moindre idée du lieu où nous nous trouvons et de la manière d'en sortir ? *

Hildegard en doutait mais n'avait pas le choix : obligée de faire confiance à cet inconnu, elle faisait de son mieux pour le suivre, car visiblement, il n'avait pas l'intention de l'attendre. Totalement dépourvu de la moindre sensibilité envers les femmes, Hildegard se demanda comment sa mère avait élevé un garçon pareil pour qu'il réagisse ainsi. Car vraiment, il n'avait aucune tenue :

Sache que je n'oublie jamais un visage
alors si tu essayes de m'arnaquer et de ne pas payer ton service, tu
auras intérêt à ne plus te balader seule.
»

L'envie ne lui manqua pas de lui répondre du tac au tac, mais, trop pressée de sortir des sous-bois, la jeune femme ne broncha pas sous la charge. Puis, quelques minutes plus tard et malgré la situation, la peur du noir qui progressait à vitesse grand v, elle rit de bon coeur tout en marchant -surtout que le village était en vue et qu'ils marchaient dans les premiers prés, souhaitant ne pas perdre la trace du seul homme apte à la sortir de l'ornière : ce sale type qui l'avait volé -avec deux autres !-, lui disant, taquine :

-
Finalement, vous détestez les femmes autant que je hais les hommes... voilà qui est amusant ! hi hi hi

Nul doute qu'il la houspillerait encore d'avoir parlé, car Eléonor avait bien remarqué l'agacement provoqué par ses paroles, quelles qu'elles soient, mais tant pis ! maintenant, le salut était en vue et elle saisit parfaitement l'allusion lorsqu'il lui proposa de l'escorter jusqu'à l'auberge : ce n'était pas tant par galanterie -ce voleur en était parfaitement dépourvu !- que pour s'assurer du paiement de son "dû". C'est à ce moment qu'il la saisit par le bras pour la menacer. La jeune femme ne se défendit pas, certaine que cela n'irait pas plus loin et pas encore en position de lui fermer son clapet, elle attendait son heure. Une fois relâchée, et sans une parole, elle tourna les talons et traversa le pont enjambant un ruisseau aux eaux claires dont on voyait chaque pierre du fond et s'engagea sur la route principale du village. Un homme vint à leur rencontre et :

-
Ah ! vous voilà ?!!! mon garçon a trouvé votre jument à l'orée du bois, vous a cherché partout et a eu peur d'entrer dans la forêt, il a ramené la bête à l'écurie et...

L'aubergiste, car c'était lui, n'arrêtait pas de parler, ce qui fit bien rire Eléonor, prouvant ainsi qu'un homme pouvait plus pérorer qu'une femme et se demandant ce qu'en penserait le rôdeur qui l'escortait.

-
(...) une heure et voilà, je me mettais à votre recherche.

Cette fois, la cavalière l'interrompit :

-
Ne vous inquiétez pas, je ne suis point allée dans la forêt, comme vous me l'aviez recommandé, mais je me suis descendue, tenant Chance par la bride, quand elle a été effrayée par un bruit et s'est enfuie...

Pratique d'être une femme, d'autant qu'en bonne professionnelle, mentir lui était aisé. Et lui aussi ne venait pas la chercher par inquiétude, mais parce qu'elle devait lui payer encore un bon repas ce soir, probablement.

-
Ce jeune homme a eu la bonté de me ramener car je m'étais égarée... c'est si grand ici...

L'aubergiste sourit largement, visiblement appâté par le gain à venir, et les invita à le suivre. Bien vite, ils entrèrent dans une salle sombre au plafond bas encombrée d'un mobilier rustique et noir, mais chaude et où flottait une bonne odeur de rôtisserie et de soupe. Sans plus attendre, Eléonor traversa la salle, passa aux écuries, vérifia que Chance n'avait rien, jeta un coup d'oeil à ses fontes -constatant que tout y était encore !-, revint et se débarrassa de son manteau de voyage et actionna la pompe pour laver ses mains, avant de s'asseoir à une table près du foyer. L'hôtesse vint porter un poulet et deux bols de soupe, ainsi qu'un broc de bière avant de laisser ses clients pour s'en retourner au comptoir.

-
Alors... mangez, tout d'abord. Nous parlerons ensuite.

Eléonore avait retrouvé toute sa superbe et le faisait sentir... L'accueil réservé à l'auberge en disait assez sur elle et ne pouvait que surprendre son "sauveur", lui donnant un ascendant sur lui qu'elle ne manquerait pas d'utiliser.
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Galahad Caherval

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MessageSujet: Re: Artémisia, alliée des femmes, ne protège pas des brigands (pv Galahad Caherval)   Sam 09 Juin 2012, 20:13

     Il faisait tout pour garder le contrôle de lui-même, ne cherchant même pas à avoir l'air aimable – après tout, ce n'était pas comme si cela avait la moindre importance pour lui – et se contentant de se répéter que le supplice prendre bientôt fin. Comme la jeune femme lui déclarait avec un amusement visible qu'il détestait les femmes autant qu'elle les hommes, Galahad la darda du regard quelques instants. Oh, il ne détestait guère les femmes, Izhi ou Blodwen en étaient les preuves vivantes, mais disons simplement qu'il ne supportait pas les donzelles gloussantes ou criantes. Cela avait le don de lui donner le migraine et bien souvent des envies de meurtre qui n'aboutissaient jamais. D'un ton sarcastique, il répondit alors qu'elle reprenait la route.

     ▬ Je ne déteste pas les femmes. Juste celles insupportables. »

     En gros un peu comme elle. Ils marchèrent quelques instants et au final, un homme vint à leur rencontre pour s'adresser à la demoiselle en expliquant qu'il avait trouvé son cheval et qu'il l'avait ramené à l'auberge. Parce qu'elle avait un canasson en plus ? Comme l'homme semblait aussi avoir un débit insupportable, le forgeron détourna les yeux en soupirant de lassitude, observant les environs en espérant qu'il allait bientôt fermer sa grande bouche. Entre deux bavards, autant dire que le taciturne Héritier avait des envies de meurtre plus fortes que jamais ! Heureusement pour leur santé – et surtout la santé mentale de Galahad – la jeune femme dont il ne connaissait toujours pas le nom – et s'en moquait éperdument d'ailleurs – coupa son interlocuteur pour le rassurer. Elle montait effrontément et lui donna même le beau rôle. Loin de le ravir, cette constatation dessina une expression contrariée sur le visage du jeune homme. Bien sûr, quelle excellente idée comme ça il passerait pour un bon samaritain à qui l'on pouvait tout demander. Une fois de plus, le forgeron faisait preuve de sa mauvaise foi, il était incapable d'être satisfait et trouvait toujours quelque chose à redire à ce qui lui était proposé.

     Il resta muet comme à l'accoutumée alors qu'à son grand déplaisir – pour changer – l'aubergiste les mena à l'intérieur d'un bâtiment aussi sombre qu'une grotte. La jeune femme s'éloigna pendant quelques instants avant de revenir pour se débarrasser de ses affaires. Galahad était toujours debout au milieu de la salle, visiblement peu enchanté à l'idée de devoir encore poiroter ici avant qu'elle ne daigne lui donner son dû. Elle se fourvoyait si elle imaginait pouvoir le spoiler de ce qui lui revenait de droit et elle risquait surtout de le regretter. Avec agacement, le forgeron daigna toutefois s'asseoir sur une chaise disposée à côté de la table, mais sans pour autant faire preuve de la moindre bonne volonté. Comme un gamin, lorsque Galahad avait décidé de faire sa tête de lard, il y allait jusqu'au bout et n'épargnait rien à ses interlocuteurs. Secouant la tête de dénégation, il répliqua d'un ton presque acide.

     ▬ Je n'ai pas faim. Ce n'était pas totalement vrai, il n'avait pas mangé depuis un moment, mais il refuserait tout ce qui lui serait présenté du moment qu'il n'aurait pas obtenu ce qu'il voulait. Mange en silence comme ça je pourrai m'en aller rapidement d'ici. Soupirant légèrement, il ajouta quelques mots. Je n'ai pas que ça à faire. »

     En fait si, le jeune homme n'avait qu'à rentrer « chez lui » et attendre que le sommeil vienne le prendre. Quant à sa maison, ce n'était rien qu'une sortie d'écurie prêtée par un homme à qui il faisait du chantage et son lit se bornait à une meule de foin étalée sur le sol. Mais ça, elle n'avait pas besoin de le savoir. Alors qu'il détournait son attention de la jeune femme, obstinément assit sur sa chaise, pestant contre la lenteur des femmes dans leur vie de tous les jours, il attendit qu'elle eut mangé son plat pour relancer la discussion. Visiblement, il avait hâte de pouvoir lui fausser compagnie.

     ▬ Si tu allais me chercher ce que tu me dois maintenant ? »

     Toujours la même rengaine oui, il finirait par l'avoir à l'usure.

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Eléonore Hidgard

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MessageSujet: Re: Artémisia, alliée des femmes, ne protège pas des brigands (pv Galahad Caherval)   Sam 09 Juin 2012, 21:19

Pourtant, un tel comportement était idiot, car elle n'avait quasiment plus rien... Voyageant sans bijoux, sauf une petite médaille d'argent représentant un dragon crête dressée pendu à un cordon de cuir, Eléonor songeait au type de règlement à accorder au goujat. Car après tout, il avait déjà été payé par les voleurs, non ?

Je ne déteste pas les femmes. Juste celles insupportables.

* comme n'importe quel homme, quoi... *

Finalement, la jeune femme pensa qu'ils étaient sur la même longueur d'onde, quelque part (seulement), car elle ne "supportait" que les hommes riches, capables de la rémunérer et ... bon, d'être bref. Elle mangea distraitement, but lentement sa soupe en contemplant l'âtre, ravie d'être ici plutôt que perdue en pleine forêt et seule avec ces sauvages. Pour autant, la voyageuse refusait de payer un type qui l'avait faite tomber avant de profiter de la manne de son vol.

* Non ! *

Après tout, s'il n'avait pas faim, c'était son affaire. Il avait l'air d'un chien errant et famélique, mais visiblement sa fierté le poussait à refuser la nourriture. Mais pas l'argent !

*Pfuhhh ! *

Quant aux occupations de ce monsieur... Eléonor sourit à cette allusion, redressa la tête et, taquine :

-
Vraiment ? occupé ? à agresser les femmes dans les bois ? à les faire choir pour permettre aux coupes-jarrets de les détrousser ?

Elle se redressa et poursuivie, sérieuse :

-
vous avez raison. Je me demande même comment vous avez trouvé quelques heures pour me raccompagner...

Soupçonneuse, Hildegard se demanda s'il ne vivait pas de rapines et de rapts... auquel cas, cela deviendrait dangereux pour elle. Mieux valait sans doute l'éloigner au plus vite. Cependant, le payer pouvait attiser sa convoitise. Tout en pesant le pour et le contre, la jeune femme dégustait le poulet doré à souhait. L'auberge était pauvre mais bien pourvue à qui pouvait payer. Et ces gens étaient facilement impressionnable, même avec peu au vu des ressources habituelles de la cavalière. La précipitation de l'homme l'agaça :

Si tu allais me chercher ce que tu me dois maintenant ?

aussi répondit-elle simplement :

-
Non.

en se léchant les doigts visiblement satisfaite de la cuisine, et terminant le bol de soupe aux herbes sauvages qui accompagnait la viande. Sans se départir de son calme, elle choisit une pomme bien rouge et y croqua à pleines dents. Pleinement consciente que la tension était montée d'un cran à son refus d'obtempérer, mais confiante aussi car elle était désormais en sécurité au village -jamais l'homme ne s'en prendrait à elle ici !-. Le fruit était juteux et une poignée de noix décortiquées se joint à lui pour le plus grand plaisir des papilles d'Eléonore. Cette même main plongea dans les recoins d'une poche de sa jupe de voyage, en tirant une petite bourse dont elle délaça le cordon de ses longs doigts fins, qui plongèrent ensuite dans le sachet de cuir pour en tirer quelques pièces d'argent qui tintèrent sur le bois noir et luisant de la table, entre les deux convives.

-
Voici votre dû, monsieur.

L'aubergiste s'approcha et reçu une pièce pour le repas et la nuit. Autant dire que le "sauveur" avait bien gagné sa journée. Restait la soupe et deux ailes de poulet, que pouvait avaler le mécréant, ainsi qu'une ou deux pommes et des noix.
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Galahad Caherval

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MessageSujet: Re: Artémisia, alliée des femmes, ne protège pas des brigands (pv Galahad Caherval)   Dim 10 Juin 2012, 15:02

     Il ne répliqua pas à la provocation de la jeune femme, se fichant pas mal de ce qu'elle pouvait bien penser de lui. Ce n'était pas comme si elle avait la moindre importance à ses yeux après tout, ils ne se reverraient certainement jamais plus après cette « discussion ». Le forgeron détourna son regard sur l'ensemble de la salle alors qu'elle se gavait de soupe, encore un peu et elle allait finir comme une outre ! Après sa demande légitime pour qu'elle aille chercher ce qu'elle lui devait, la bavarde s'autorisa le luxe de lui répondre par la négative. Les yeux mordorés de l'Héritier se posèrent sur le visage de la jeune femme avec une froideur non feinte. Si elle voulait jouer avec lui, c'était la pire bêtise à faire. Galahad n'était pas un homme patient, bien au contraire et s'il ne ripostait pas immédiatement, croire qu'il la laisserait s'en tirer était une grossière erreur. Pourtant le jeune Singulier avait bien pris garde à l'avertir de ce qu'elle risquait si elle se jouait de lui, mais quelque chose lui disait que cette fille oubliait tout dès que ça rentrait dans une oreille et que ça ressortait par l'autre ! Tant pis pour elle, le forgeron ne se gênerait pas pour chercher lui-même ce qu'elle lui devait. Contrairement à ce que la fille semblait penser, il n'était pas un bon samaritain et encore moins avec une fille au caractère aussi insupportable.

     Il fronça les sourcils en la voyant déguster son plat comme s'ils étaient en plein milieu d'une conversation « agréable » alors que lui n'avait qu'une envie, s'en-aller d'ici le plus rapidement possible. Elle avait suffisamment joué avec ses nerfs et Galahad n'avait pas envie de s'énerver davantage. Il soupira à plusieurs reprises, la laissant déguster comme s'ils étaient là juste pour ça, puis elle daigna enfin lui accorder une attention qui lui convenait plus. L'Héritier tourna la tête vers elle comme elle glissait sa main dans les plis de sa jupes, se demandant ce qu'elle allait encore lui sortir, mais contrairement à ce à quoi il s'attendait, ce n'était rien de bien louche. Juste une bourse qui semblait contenir de quoi finance l'accompagnement jusqu'à la taverne. Une chance pour elle qu'il ne soit pas du genre à soulever les jupes des filles, sans quoi il aurait rapidement mis la main sur cette bourse et l'aurait laissée plantée au milieu des bois. Son déplaisir était clairement visiblement sur son visage et Galahad ne cherchait même pas à le masquer. Il attrapa les pièces dès qu'elles cessèrent de tinter sur la table, puis garda dans son poing le temps de la dévisager quelques instants.

     ▬ T'as de la chance que je ne sois pas du genre à chercher moi-même mon dû. »

     Il souffla d'un air lassé avant de se redresser. Maintenant qu'il avait ce qu'il voulait, le jeune homme ne voyait plus aucune raison de rester ici et il était bien décidé à fausser compagnie à la jeune femme. Une fois debout, Galahad laissa tomber les pièces dans sa poche et elles rejoignirent rapidement celles « offertes » par les brigands quelques temps plus tôt. Une bonne paie pour la journée au final, il n'allait pas s'en plaindre. Ainsi débarrassé d'elle, le forgeron esquissa le geste de se détourner pour quitter la pièce, puis se retint à la dernière minute. Après un instant de silence, il lui lâcha quelques mots d'un ton pas franchement avenant.

     ▬ Tu peux prier ta déesse pour qu'on ne se recroise plus, parce que la prochaine fois, même pour de l'argent je ne t'aiderai pas. »

     Galahad ou la gentillesse faite homme. Il détourna alors son regard d'elle, ne lui accordant plus la moindre attention avant de s'éloigner en direction de la porte. Désormais, il avait tout son temps pour profiter du silence et était bien décidé à ne plus entendre la moindre personne lui adresser la parole. Une fois dans la rue après avoir fermé la porte sur lui, le forgeron soupira de contentement. Au final, toutes les pièces n'avaient pas la même valeur et celles-ci avaient été acquises plus durement que toutes les fois précédentes.

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