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 Celui qui sait parler sait aussi quand il faut parler.

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Arsenios Hardansson

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MessageFeuille de route
MessageSujet: Celui qui sait parler sait aussi quand il faut parler.    Dim 20 Mai 2012, 10:02

« Celui qui sait parler sait aussi quand il faut parler. »
●Arsenios Hardansson & Galahad Caherval●



Izhelindë avait disparu à la nuit tombée. Depuis son éclat au palais, pas un homme n'avait entrevu la princesse et nul ne pouvait renseigner sa majesté sur les lieux propices à l'accueillir. Esendril avait été interrogé, tout comme le reste du cercle privé de la jeune femme. La majorité avait feint de ne rien savoir et la plupart, sans doute, disait vrai. Une sincère inquiétude se lisait dans leurs prunelles. Ainsi le château se voyait-il remué de fond en combler pour trouver trace de l'héritière Hardansson, fraîchement disparue.

Toutefois, depuis leur dernière dispute et les révélations faites innocemment, Arsenios avait pris soin d'assigner quelques hommes à une filature discrète de sa fille, ordre renforcé dès l'annonce de ses futures fiançailles. Izhelindë avait un caractère si versatile qu'il en devenait presque prévisible. Ainsi, bien que la demoiselle se soit mise hors de portée, son père savait que dans son sillage quelques bonnes âmes veillaient à sa sécurité, et seulement cela. Aucune de ces ombres imposées n'avait pour mission de la ramener. Ce choix lui appartenait et c'est en cela que consistait la majeure crainte du souverain de Lanriel. Sa foi en son enfant n'était que trop souvent malmenée.

Cette soirée en était une preuve supplémentaire. Dès le lendemain de sa fugue, l'un de ses bijoux fit son apparition dans le marché noir de la capitale. Étroitement surveillé depuis la déconvenue de la grande place et du vol d'un précieux collier, aucun bijou marqué par le sceau royal ne pouvait plus y circuler sans déclencher arrestations et interrogatoires. De fait, le tavernier qui espérait revendre son bien s'était vu convoqué et questionné sur sa provenance. Ce dernier s'était dès lors insurgé sur les deux escrocs qui avaient vidé sa cave et mis en doute son honnêteté irréprochable alors que « bon dieu, (il était) un bon comm'çant ».

Ainsi, Arsenios avait-il eu vent de la manière dont sa fille occupait, occasionnellement, ses nuits. Malgré son mécontentement, l'affaire aurait pu s'arrêter là si la présence d'un homme ne contrariait pas cette vision d'ensemble. L'homme en question ne payait pas de mine d'après les dires du tenancier. C'était à se demander comment « qu'il a tombé sur ste pouliche. Y a même pô mis la main d'ssus !  (Détail qui jouait en la faveur de l'indigent, soit dit en passant.) alors que, par Eydis, y la connaissait, ça, j'y mettrai ma main au feu. ». Suite à cette confession, les recherches avaient débutés et un nom fut bientôt rapporté: Galahad Caherval.

« - Il semble porter ferveur à l'entité qu'on nomme Mynkor, Sire. Il ne s'en cache pas malgré les réactions qu'ils déclenchent suite à une telle annonce.
- Ma fille était-elle... Izhelindë se trouve t-elle en sa compagnie ?
- Je ne pourrais vous répondre avec certitude, votre majesté mais aucun rapport ne fait mention de la princesse. Il parait seul. Devons-nous le mettre aux fers ? 
- Non... »


Pas pour l'instant. Ce Galahad semblait être cet homme dont lui avait parlé sa fille au monastère. Connaissait-il la véritable identité de celle qui parcourait les tombeaux avec sa gracieuse personne ? Arsenios voyait mal comment une telle chose pouvait s'ignorer. Izhelindë manquait parfois de jugement et les détails qui lui semblaient insignifiants ne l'était point pour qui prêtait intelligemment l'oreille. Sa bague à elle seule, ne soulevait-elle pas les plus suspicieuses questions ? Il voulait en avoir le cœur net et surtout, au plus fort de l'absence de son aînée, il désirait accorder crédit à ses allégations.

De fait, à peine le soleil s'était-il couché que le roi et une mince escorte s'était-il dirigé vers la taverne incriminée. Arsenios s'était établi dans une arrière-salle de manière clandestine. Dissimulé par une large capuche de toile, le gérant croyait avoir affaire à un nobliau soucieux de son anonymat, à peu de choses près, la version était vraie. Depuis que chaque piécette du royaume était frappée de son visage, il était devenu plus laborieux au roi de se fondre dans la masse, ce qui était fort étrange sachant le peu de considération qu'on accordait généralement à ce genre de portrait. A une époque encore proche, seule comptait la valeur de la pièce.

Quoiqu'il en soit, tandis qu'il patientait devant un verre bien rempli et quelques mets appétissants, trois hommes s'étaient lancés sur les traces du forgeron. Ils finirent par revenir peu de temps après, encadrant dont il était difficile de savoir s'il s'était débattu ou s'il se débattait encore. Chose somme toute normale, à première vue, une telle convocation aurait inquiété n'importe quel quidam. D'un geste de la main, Arsenios ordonna aux soldats de lâcher le singulier. Il était jeune.

« - Navré pour ces simagrées, je ne savais comment vous contacter. Il s'adressa ensuite à ses hommes. Vous pouvez nous laisser maintenant.
- Mais s.. mon seigneur... C'est imprudent et je.. 
- Sans vouloir offenser notre hôte, en plus d'être armé, je pense être apte à le tuer à tout instant. Restez derrière la porte. »


Il offrit un fin sourire au capitaine de sa garde, un vieil ami, puis reporta son attention sur celui qui occupait une place encore imprécise dans le monde de sa fille. A contre cœur, les gardes en faction se retirèrent de la pièce et ils se retrouvèrent seuls, l'un en face de l'autre.

« - Asseyez-vous... Il s'empara de la cruche pour verser lui-même de cet excellent vin dans le verre de son vis à vis. Vous connaissez les lieux, il me semble. En déduisez-vous la raison de cette entrevue ?  »


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Galahad Caherval

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MessageFeuille de route
MessageSujet: Re: Celui qui sait parler sait aussi quand il faut parler.    Lun 21 Mai 2012, 09:16

     Galahad avait quitté Izhi depuis quelques temps déjà, leur soirée beuverie était déjà classée dans une section « souvenirs » de son esprit et il se concentrait sur l'avenir. Leurs sorties en tête-à-tête étaient fréquentes et ce n'était pas la première fois qu'ils allaient se promener ensemble dans Cathairfál, par conséquent il n'y avait absolument aucune raison pour que le jeune homme se doute que cette fois ne serait pas aussi paisible. Était-ce le bijou dont la belle s'était servi qui avait déclenché tout cela, ou n'était-ce qu'un malheureux hasard ? Le Singulier n'en saurait certainement jamais plus à ce sujet et pour être sincère, il s'en moquait pas mal. Le forgeron n'était pas du genre à se soliloquer pendant des heures pour savoir quels étaient les faits qui avaient mené à une telle conséquence, seul le point de chute importait. De toute manière, ce n'était pas sa faute, jamais, il était bien trop doué pour se faire avoir aussi bêtement. C'était du moins ce qu'il s'imaginait, même si la réalité était bien loin de ses espérances, même avec les preuves sous le nez l'arrogant personnage n'en démordrait point. Autant dire que lorsque trois hommes lui tombèrent dessus dans une ruelle, il ne s'y attendait pas du tout. Les pensées défilèrent rapidement dans son esprit, se demandant si c'était la vengeance d'une personne qu'il avait délestée de quelques bijoux ou piécettes pour assurer ses besoins. Mais quelque chose lui disait que ce n'était pas le cas. Il n'avait pas été roué de coups, simplement sommé de les suivre sans obtenir davantage d'informations, même après en avoir exigé. Il était inutile de se débattre, Galahad ne faisait pas le poids face aux hommes du peuple alors face à ces personnages aussi entraînés qu'ils semblaient l'être, il s'épuiserait surtout inutilement. Mais qui disait suivre sans se défendre ne disait pas y mettre de la bonne volonté et son humeur se gâta passablement alors qu'il constatait qu'une fois de plus, la situation lui échappait totalement.

     Ils pénétrèrent dans une taverne que le jeune homme connaissait bien et où il ne se souvenait pas avoir laissé d'ardoise, mais il était peu probable qu'un tavernier s'amuse à envoyer des hommes armés cueillir un mauvais payeur. Sa curiosité fut enfin satisfaite lorsqu'ils se retrouvèrent dans une salle très commune, mais où se trouvait une personne qui l'était largement moins. Comme tout le monde, le forgeron n'avait jamais rencontré « son » Roi en personne, les seules images qu'il avait à l'esprit étaient celles qu'il s'était faites à partir des pièces où était représenté le royal profil. Il fallait avouer que la ressemblance y était. La première pensée qui vint à l'esprit de l'Héritier était bien évidemment que cette convocation avait un lien avec Izhi, vu ce qu'elle lui avait conté lors de leur dernière discussion, la dispute avait été très vive et peut-être que son père s'inquiétait de ne point la voir refaire surface ? Cessant les hypothèses, Galahad resta muet alors que les gardes le lâchaient avant de se faire congédier. La manière dont le Roi réconforta ses hommes n'aidait pas à rassurer le roturier, mais étrangement il ne se sentait pas particulièrement en danger. Il pouvait toujours prétendre ne rien savoir de tout ce qui se passait, la Princesse en personne pourrait en témoigner d'ailleurs. Avec le départ des trois gardes, le Singulier et son Roi se retrouvèrent en tête-à-tête. Ce dernier ne tarda pas à se lancer dans le vif du sujet, invitant toutefois son interlocuteur à s'installer, demandant à Galahad s'il connaissait la raison de sa présence ici. Le jeune homme aurait été tenté de sourire si le moment n'était pas aussi... étrange. Il s'en doutait bien évidemment, mais ne comptait pas l'avouer. Il était préférable de passer pour un idiot sans cervelle qui ne représenterait aucun danger pour la jolie Princesse. Après s'être installé, le forgeron sortit de son mutisme après avoir secoué la tête d'un air hésitant. Pourtant il ne l'était guère.

     ▬ Je l'ignore. Je présume que ce n'est pas étranger à mes croyances, sinon je dois avouer que je n'en sais rien. »

     Pour être sincère, Galahad doutait que la rumeur d'un adorateur de Mynkor soit arrivé aux oreilles royales. Après tout, le seigneur de Lanriel devait avoir bien d'autres chats à fouetter qu'un simple roturier qui ne possédait aucun talent particulier. Il aurait été légitime de penser qu'une personne aussi commune que le jeune homme n'avait rien à voir avec les Héritiers. Après tout, le forgeron représentait tout ce que les membres de ce groupe méprisaient. Les yeux du jeune Singulier ne quittaient pas le visage du Roi, il était conscient que ce n'était pas vraiment un comportement très adapté à la situation, mais devait-il se mettre à trembler à chaque parole de cet homme ? Certes, il possédait un charisme qu'un calme olympien renforçait, de quoi impressionner n'importe qui et il fallait admettre que le jeune homme n'en menait pas large. Il n'avait pas été préparé à faire face à une telle situation, les réponses toutes prêtes n'étaient pas disponibles et il allait devoir compter sur son talent à mentir sur commande, ou du moins à détourner la conversation sur un sujet moins embêtant. C'était dangereux de s'aventurer sur ce terrain glissant avec une personne telle que le Roi, mais il n'avait pas énormément d'autres solutions. Il fallait jouer la carte de l'ignorance, que l'homme de pouvoir face à lui s'imagine qu'il avait affaire à un sot personnage qui ne valait même pas le coup du déplacement qu'il avait fait pour le rencontrer. Sa voix reprit, il avait ôté l'habituelle teinte d'arrogance qui habitait toujours sa voix.

     ▬ Je n'en ai aucune idée pour être sincère, je n'ai jamais été doué aux devinettes. Si vous ne souhaitez pas perdre votre temps, vous devriez peut-être me dire clairement ce que vous attendez de moi. Il ne voulait pas avoir l'air de donner d'ordres où d'être présomptueux. Vous devez avoir des affaires plus pressantes que moi. »

     La situation ne l'enchantait guère, pourquoi diable, le Roi lui-même était venu jusqu'à cette auberge pour s'entretenir avec lui ? L'idée de ne plus être un visage anonyme le gênait au plus haut point, même s'il visait les hautes sphères et qu'il souhaitait acquérir le respect qui lui était dû, Galahad avait bien évidemment compris que cela n'incluait pas les liens avec la famille royale - excepté Izhi - surtout les relations négatives. Et quelque chose lui disait que le Roi n'était pas ici pour faire ami-ami avec lui. Après un très bref instant de silence, le Singulier termina sa réplique d'une voix volontairement perdue.

     ▬ Mais que ce soit vous en personne qui veniez me parler me fait me dire que ce n'est certainement pas bon pour moi. »

     Se trompait-il ? Peut-être bien, il l'espérait en tous les cas, il était bien trop tôt pour qu'il finisse dans les geôles du palais. Surtout qu'il n'avait rien fait de très grave au final, enfin, rien dont il subsiste des preuves.

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Dernière édition par Galahad Caherval le Jeu 09 Aoû 2012, 04:39, édité 2 fois
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Arsenios Hardansson

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MessageSujet: Re: Celui qui sait parler sait aussi quand il faut parler.    Mer 08 Aoû 2012, 13:57


D'un mouvement poli, Arsenios encouragea Galahad à gouter au vin tandis que lui-même portait son verre à ses lèvres. Muet, il savourait son effet sur l'individu. Son statut intimidait et nombreux craignaient l'image qu'ils pouvaient offrir à leur souverain. Or, en cette nuit étoilée, du souverain il ne possédait aucun atour.

« - Je suis surpris. Ôtez ses richesses à un homme et rares sont ceux qui reconnaitront en lui le gentilhomme d'autrefois.  »


Lourds de sous entendus, il appuya ses mots d'un sourire quand son regard se fit plus perçant. Jusqu'ici, il avait pris soin de ne pas mentionner son titre. Bien qu'il soit clair qu'il soit un blasonné par la manière dont sa garde s'adressait à lui, il était convaincu que le nombre d'indigents capables de l'identifier sans sa couronne n'excédait pas la poignée. Pour le peuple, la royauté se résumait au couvre-chef et au riche entourage. La princesse de Lanriel, grimée en habitante lambda, n'aurait pu se faufiler si souvent dans son peuple si tel n'était pas le cas. Néanmoins, il était plus difficile de dissimuler toute une éducation quand l'on entretenait une relation régulière avec un individu. Peut-être parce que lui-même avait tenté cette supercherie, Arsenios savait que ce genre de secret ne perdurait guère dans le temps et son intuition lui soufflait que l'homme en face de lui n'ignorait rien du statut de sa fille.

La famille royale avait beau limiter les sorties officielles, leurs portraits restaient accessibles et le récent grand tournoi avait ravivé la mémoire de ceux y trouvant intérêt. Pour tout dire, il s'étonnait de n'avoir encore vu aucun indigent se poster aux portes du palais et clamer connaître personnellement la princesse. Une telle amitié pouvait rapporter gros à qui possédait une certitude. Était-ce le cas ici ? Arsenios ne pouvait le certifier catégoriquement. De fait, il était plus judicieux de ne pas orienter le sujet sur son règne et ce, au détriment de ses soupçons naissants. Mieux valait feindre le flou sur ses fonctions plutôt qu'admettre à vive voix ce que l'indigent devinait, probablement, avec justesse. Aussi opta t-il pour un discours qu'il espérait le plus neutre possible.

« - Pour tout vous avouer, je suis inquiet pour le royaume. Je crois en Eydis mais des bruits courent sur un prétendu frère. J'ignore tout des préceptes liés à cette déité. D'ordinaire, lorsqu'une religion émerge, il est logique que ses disciples revendiquent lieux de culte, considération et reconnaissance. De récents éclats ont mis en lumière un groupe autoproclamé les Héritiers. Faut-il faire le lien entre ce groupe et Mynkor ? Des hommes le supposent. »


Lui, n'est pas prompt à condamner sans bénéficier d'un minimum de connaissances mais ces dernières lui échappent. Son détour par les archives du royaume n'a que peu répondu à ses questions. L'histoire parle bien de Mynkor mais pas un seul recueil n'évoque ses fidèles, décimé lors du troisième âge. Arsenios ignore si la religion d'alors possède une once de ressemblance à celle qui se développe à l'heure actuelle et quand bien même tel serait le cas, aucune preuve écrite ne pourrait l'affirmer.

« - Pour ma part, je ne sais s'il le faut mais cette indécision doit cesser. Dans tout courant naissent des dissidences. Malheureusement on ne peut les considérer comme telles si nous sommes incapables de définir les principes desquelles elles s'affranchissent. Je suis père. J'aime ma famille. Il m'est difficile de ne pouvoir lui expliquer ce qui, pour moi, est un mystère. Or de l'ignorance découle la peur et de la peur nait la persécution. Je ne veux leur léguer pareil sentiment. Il n'est déjà que trop présent.»


Ses yeux rencontrèrent ceux du singulier. Izhelindë portait Galahad en haute estime. Comprendrait-il l'allusion au peuple de Lanriel ? Selon l'héritière de la couronne, l'homme possédait les informations qui faisaient, actuellement, tant défaut aux hautes instances. Il n'était pas courant pour un monarque d'être dans la demande envers l'un de ses sujets. En plus de l'indisposer, cette position lui laissait penser qu'elle ne serait pas sans prix. Pourtant, il fit taire son hésitation. Les informations de ce garçon étaient capitales pour le bien commun.

« - Il semble que vous soyez le seul adepte de Mynkor qu'on puisse trouver à Cathairfàl. Je le déplore pour vous, croyez-le, car cela vous oblige à devenir le porte-parole de vos camarades. Toutefois je peux vous assurer qu'aucun mal ne vous sera fait, quelque soit la teneur des propos que vous tiendrez. Votre coopération est essentielle. Comprenez bien qu'on attend de moi des réponses. »


Ou décisions, pensa t-il devoir préciser. Il n'en fit rien cependant. Calmement, ses mains se réunirent face à lui. Il était conscient que sa requête n'était pas anodine et qu'elle méritait un temps de réflexion. Il se façonna un masque de sérénité et patienta.
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Galahad Caherval

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MessageSujet: Re: Celui qui sait parler sait aussi quand il faut parler.    Jeu 09 Aoû 2012, 06:03

     La méfiance de Galahad était toujours aussi présente tandis qu'il observait son interlocuteur avec attention, bien qu'il se débrouillait pour arborer un air lourd d'incompréhension et tant qu'à faire, complètement largué. Passer pour un imbécile était le meilleur moyen pour être laissé en paix et même s'il était difficile pour lui de faire fi de son égo et de sa vanité pour se saborder volontairement, ma foi, le jeu en valait la chandelle. Docilement, le Singulier s'exécuta lorsque l'homme qu'il croyait être le Roi – ou du moins l'un de ses conseillers – l'invita à boire au verre qui lui avait été servi. Préférant, de prime abord, se montrer méfiant jusqu'au bout, le jeune homme aurait préféré garder une certaine distance avec la boisson, même s'il tenait bien l'alcool il se méfiant des verres servis « aimablement ». Peut-être trop paranoïaque, le roturier s'imaginait toujours le pire et c'était peut-être pour cette raison que rien de fâcheux ne lui était encore arrivé.

     Les paroles de l'homme concernant le fait de reconnaître un gentilhomme firent douter Galahad pendant quelques secondes. Est-ce qu'il s'agissait une personne connue du public ? Tout d'abord, le forgeron avait imaginé qu'il puisse se trouver face au Roi, mais plus il y songeait, plus il se disait qu'il était peu probable qu'un homme aussi occupé que lui, puisse envisager de s'absenter du palais juste pour discuter avec un homme lambda. Bah, au fond, cela ne changeait rien. Le Singulier se fichait pas mal de la famille royale pour être sincère, c'était à peine s'il connaissait les prénoms de l'épouse et du fils du Roi et il connaissait uniquement quelques informations à leur sujet en raison de son lien avec la Princesse. Un être aussi égocentrique que le roturier ne se fatiguait pas à apprendre des choses sur les autres. Même sur son Roi.

     Obstinément muet, il fixait donc l'homme dont il ne connaissait pas l'identité et ne fut pas déçu lorsque celui-ci reprit la parole pour lui faire savoir qu'il s'inquiétait pour Lanriel. Vraiment ? Et bien il était le seul dans cette pièce. Faisant tout son possible pour garder un masque de neutralité – et de stupidité – le Singulier se concentra toutefois sur ce qui sortait de la bouche du blasonné qui lui parlait comme s'il eut été un homme capable de le conseiller. Attendait-il vraiment une réponse du Singulier ? C'était engagé sur une mauvaise voie dans ce cas, parce qu'à cet instant précis, Galahad était bel et bien décidé à ne pas piper mot à propos des Héritiers. Mynkor, autant qu'il le voulait, mais les Héritiers c'était différent. Lorsque l'homme avança que Galahad était le seul adorateur de Mynkor en ville, celui-ci manqua de sourire d'un air amusé, quelle drôle d'idée ! Heureusement il parvint – ou pensa le faire – à transformer son amusement en une sorte de surprise. Pauvre homme, s'il avait su que même à ses côtés Mynkor avait des alliés. Mais il était évident que jamais le forgeron n'allait vendre la mèche. Devant le silence patient de son interlocuteur, le roturier se contenta de hausser les épaules comme s'il était désolé.

     ▬ Je comprends bien, mais je ne vois pas en quoi je pourrais vous aider.... Je ne suis qu'un simple citoyen et mis à part ma croyance, rien ne me différencie des autres. Même s'il était persuadé du contraire, il fallait le dire. Pourtant, Galahad ne mentait pas, au contraire il disait la vérité puisque rien ne faisait de lui quelqu'un d'exceptionnel. Ni sa naissance, ni ses contacts. Pour tout vous dire, je dois même vous croire sur parole si vous me dites que je suis le seul en ville à ne pas adorer Eydis, je n'ai jamais trop parlé de cela avec les autres. »

     D'une certaine manière, c'était vrai. Dès que le forgeron abordait le sujet de Mynkor il était toujours envoyé paître et rares étaient ceux qui toléraient un tel discours dans leur établissement. Même si Galahad ne dissimulait en rien son penchant pour Mynkor, il n'avait jamais parlé de lui en public avec qui que ce soit. Les Héritiers, c'était différent. Ils avaient rencontré Tanith Ruane et la sorcière qui l'avait recruté, mais sans jamais se mêler aux autres pour autant. Son but n'était pas d'aider les Héritiers à prendre le pouvoir, mais bien d'obtenir une meilleure place dans la société. Secouant la tête après un bref instant de réflexion, son regard se détourna du visage de son vis-à-vis.

     ▬ Je crois que vous vous faites des idées en imaginant que vos Héritiers sont en lien avec Mynkor. Ou alors ils ne sont pas organisés parce que je n'en ai jamais entendu parler. Je doute qu'ils s'embêtent à trouver de simples citoyens comme moi si tel est le cas, vous devriez tenter votre chance avec une personne mieux placée que moi. Comme à son habitude, il essayait de rejeter les ennuis sur un autre. Les gens ont toujours peur vous savez, que vous puissiez leur expliquer ou non, ils craindront toujours que vous leur cachiez des choses. C'est le truc des personnes hauts-placées ça, non ? »

     Son regard glissait sur les murs de la pièce tandis qu'il parlait, puis finalement termina sa course en se reposant sur le visage de l'homme. Quelque chose lui disait qu'il n'allait pas lâcher prise aussi facilement. Certainement qu'il lui faudrait poser clairement les choses à plat histoire que l'inconnu comprenne bel et bien qu'il n'avait aucune intention de lui réciter tout ce qu'il savait. Lui aider quelqu'un ? Et sans rien en retour ? Le jour où cela arriverait, il n'y aurait plus de méchant en Lanriel et tout le monde vivrait en harmonie. Soupirant légèrement, il conclut son intervention.

     ▬ Puis pour être sincère, moi Lanriel, je ne lui dois rien. Pas plus qu'aux autres habitants de cette ville et je n'ai aucune famille à qui je dois expliquer le pourquoi du comment. Haussant les épaules, il résuma la chose. Vous perdez votre temps avec moi. »

     Sous-entendu assez clair qui exprimait le fait qu'à aucun moment il ne comptait dévoiler quoi que ce soit, même si apparemment il ne savait pas grand-chose, si ce n'est rien.

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Arsenios Hardansson

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MessageSujet: Re: Celui qui sait parler sait aussi quand il faut parler.    Sam 11 Aoû 2012, 04:00


Plus le souverain du pays observait l'indigent et plus sa démarche lui semblait futile. Le forgeron refusait de se plier à l'exercice des confidences et se montrait désireux d'en finir au plus vite. Une telle attitude pouvait confirmer l'inutilité d'un tel entretien. Après tout, peut-être ne savait-il rien. D'un autre côté, cet empressement à écarter tout soupçon pouvait également devenir suspicieux. L'inconfort de la situation aurait du s'envoler dès la garantie de ne subir aucun mal avancée. Ce Galahad ne semblait pas tétanisé par ce face-à-face. Il était méfiant et parfois gêné mais ce malaise-ci concernait davantage ses propos. Les roturiers n'étaient pas coutumiers du phrasé de la Cour et nombreux d'entre eux voyaient dans des mots savamment alignés un piège constant. L'ami de sa fille, par son contact, s'était probablement éveillé à ce genre de pratique et tentait d'éviter toute réponse pouvant l'acculer. Il s'agissait maintenant de déterminer si une telle aptitude relevait du calcul ou non.

« - Vous m'avez mal compris. Vous n'êtes pas le seul à adorer Mynkor en ville. Vous êtes celui qui, parmi tous les autres, manque de discrétion. Vous voir demeurer à Cathaifàl était inattendu. Jusqu'ici, les adeptes de Mynkor se dévoilaient puis disparaissaient dans la nature. J'ai fait l'erreur de croire à une possibilité de dialogue mais il semble que me faire découvrir votre croyance ne soit pas un partage envisageable pour vous. »


Sans doute prônait-il sa foi comme une torche pouvait rendre son porteur discernable dans une foule la nuit. Il glanait un peu de la lumière d'un courant sur lequel les regards se portaient mais au fond, savait-il vraiment en quoi consistait sa croyance ? C'était chose délicate que de vanter les mérites d'une religion. Elevés depuis tout jeune dans le culte d'Eydis, nombreux étaient les habitants de Lanriel pouvant résumer en quelques mots l'histoire et les valeurs de leur déesse. Quant aux pratiques, elles faisaient partie intégrante de leur quotidien. Qu'en était-il pour une déité émergente ? L'éducation de ses fidèles passaient forcément par des prêtres mais leur nombre n'égalait surement pas celui des dévoués à Eydis. Parvenir à établir le contact avec l'un d'eux devenait une nouvelle priorité. Son savoir vaudrait beaucoup plus que les assertions d'un ignorant auto-proclamé. La vérité finirait pas éclater. Izhelindë saurait certainement tirer les vers du nez à son acolyte.

« - Du reste, je vous l'avais précisé. Votre coopération était essentielle. Je n'irai pas à l'encontre de votre décision.  »


L'opportunité de faire entendre sa voix venait d'être perdue. Était-ce un mal ? Un bien ? Un chapitre se refermait sans lui apporter de quoi se rassasier. Il en était un autre toutefois qui valait le coup d'être abordé. Arsenios s'empara de son verre et se leva. Il se dirigea vers un meuble au fond de la pièce dans un silence travaillé. Tout homme savait qu'il ne pouvait quitter une pièce sans recevoir de congé de la part d'un blasonné. Néanmoins, il espérait que son attitude annoncerait suffisamment clairement cette intention pour que le jeune homme trahissent quelques sentiments. Le roi espérait déceler une forme de soulagement, voire de regret. Ce Galahad pouvait peut-être finir par retrouver raison et délier sa langue au sujet de Mynkor...

« - Bien, puisqu'il n'est plus question de perdre mon temps avec vous. Il me semble judicieux d'en venir à la réelle raison de cette entrevue. »


Le roi posa son verre sur la commode et ouvrit un tiroir duquel il extirpa une bourse de satin. Il fit tomber son contenu dans sa main et bientôt se tint entre son pouce et son index une bague sertie d'une fine pierre bleue. Le bijou appartenait au trésor royal depuis des siècles et ornait les doigts féminins de la lignée d'Hardansson depuis son acquisition. Qu'Izhelindë ait pu se séparer d'un tel bien pour quelques chopes d'alcool échappait à la compréhension de son père. La nouvelle de ses fiançailles l'avait ébranlé. Il le comprenait et s'y attendait mais sa déception allait de paire avec celle de son enfant. L'héritière du trône avait été élevé pour régner et son plus évident devoir consistait en la pérennité de leur famille. Il était fou pour elle d'avoir cru se soustraire à pareille obligation. Agacé, il parvint néanmoins à dissimuler son sentiment et revint auprès du singulier.

« - Cette bague appartient à la couronne. Chaque membre de la famille royale est tenu d'informer le trésorier des dons et des ventes faits à la population. Aucun d'entre eux n'a mentionné ce bijou. Quel ne fut donc pas la surprise des hauts-placés de ce pays quand celui-ci apparut sur le marché noir de Lanriel. » Arsenios se permit un faux-sourire. « A une époque, le vol se punissait par une main coupée. Aujourd'hui, le roi se contente d'envoyer les fautifs dans une ferme-prison. Cela semble préférable mais le quotidien y est difficile.. » Il fit tourner entre ses doigts le fin anneau. « Où l'avez-vous volé ? »


Volontairement, le monarque orienta l'accusation sur le forgeron avant de se réinstaller à son siège. La fugue de la princesse avait empêché à cette dernière de signaler l'accord passé avec le tavernier. De fait, bien que le témoignage du commerçant indiquait clairement qu'aucun vol n'avait été commis, il était légitime de le croire. Les circonstances jouaient en la défaveur des soûlards or le seul à la portée de la justice se tenait actuellement face au roi.
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Galahad Caherval

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MessageSujet: Re: Celui qui sait parler sait aussi quand il faut parler.    Sam 11 Aoû 2012, 09:11

     Effectivement, Galahad avait mal compris ce que le blasonné voulait lui dire en parlant des adeptes de Mynkor. Certes, il confirmait être l'un des seuls à clamer haut et fort qu'il croyait en cette divinité et non l'autre imposteur, Eydis. Pourquoi s'en serait-il caché ? Le forgeron n'en avait aucune idée, à ses yeux adorer Mynkor ou Eydis ne changeait pas grand-chose dans les faits et personne ne pouvait lui en vouloir de préférer celui-ci et celle-ci. Condamnait-on les gens parce qu'ils préféraient les pommes aux poires ? Non. Même si en l'occurrence la croyance était une chose bien plus grave, elle n'était pas pour autant totalement différente. Dans son village natal le roturier aurait parfaitement pu continuer à adorer Mynkor sans jamais rien faire d'autre que de ne pas suivre les préceptes dictés par Eydis, seulement quelque chose – ou quelqu'un – l'avait poussé à se rapprocher des Héritiers et il était là désormais.
     Rebroussant chemin, le blasonné déclara tout simplement qu'il n'irait pas plus loin puisque la coopération du forgeron était essentielle. C'était une bonne chose qui ravissait Galahad, mais il fallait avouer que ce manque d'agressivité le surprenait. Il s'était toujours imaginé que les personnes haut-placées étaient du type à forcer la roture à faire ce qu'ils voulaient. S'était-il fourvoyé ? À moins que ce ne soit une tentative destinée à faire changer le jeune homme d'avis ? Si tel était le cas, cela risquait de rapidement porter ses fruits, ne serait-ce qu'en raison de l'esprit contradictoire du Singulier.

     Mais le sujet fut dépassé sans que l'Héritier ne réplique davantage, il se contenta de suivre l'homme du regard pour observer ce qu'il faisait avant de froncer légèrement les sourcils lorsqu'il comprit que ce n'était qu'une mise en jambe et non la discussion liée à sa venue ici. Méfiant, Galahad pensa aussitôt à la Princesse, avait-elle parlé de lui à la mauvaise personne ? Ou alors était-ce son garde du corps qui lui avait fait subir une belle correction dans la rue quelques semaines plus tôt ? Muet, il observa le blasonné sortir une bourse contenant une petite bague que le forgeron reconnu instantanément : celle avec laquelle Izhi avait payé leur soirée de beuverie la dernière fois. Ainsi donc la belle était bien le sujet principal ? L'accusation ne le fit pas ciller. En réalité, le Singulier se contenta d'esquisser un sourire à la fois amusé et étonné, même si la situation ne s'y prêtait guère.

     ▬ La réponse la plus logique serait : au doigt d'une Princesse d'après ce que vous m'avez dit à son sujet. Si la bague était effectivement censée appartenir à un membre de la famille royale, c'était l'évidence même. Se moquer de son interlocuteur n'était peut-être pas la meilleure chose à faire, mais tant pis ! Laissez-moi vous dire que si j'ai réussi à voler une bague portée par la Princesse, c'est qu'elle ne doit pas avoir appris qu'il ne faut pas laisser les hommes s'approcher d'elle et dans ce cas, je ne suis pas plus coupable qu'elle. L'idée qu'il puisse aller faire du gringue à Izhi était juste idiote et inimaginable, mais cela, personne ne le savait, sauf elle et lui. Même si j'aimerais beaucoup, je ne connais aucune Princesse ou aucune Reine, alors j'ai du mal à voir comment je pourrais avoir un tel objet voyez-vous. Je n'ai pas vraiment le physique requit pour côtoyer le gratin de Cathairfál. »

     Oh, il aurait pu s'éviter des explications avec cet homme en lui disant que c'était la Princesse qui avait donné cette bague en échange d'une bonne boisson, mais cela signifierait qu'il la connaîtrait et jamais au grand jamais, Galahad n'avouerait pareille chose. Pas à n'importe qui du moins et il ignorait l'identité de l'homme qui lui faisait face. Passer pour un imbécile, comme avec la jolie donzelle qui devait encore s'imaginer qu'il ne savait pas qu'elle était la fille du Roi. Les gens se méfiaient moins des abrutis. Le regard mordoré du Singulier scrutait le visage de son interlocuteur avec un air neutre comme s'il n'était pas concerné par tout ce qui se passait dans cette pièce. Son attention ne s'était attardée qu'une brève seconde sur la bague avant de s'en désintéresser. Certes il était voleur, mais ne se faisait pas souvent repéré, il ne volait que de l'argent, les bijoux étaient difficiles à revendre et permettaient de se faire chopper. Ce n'était pas son truc, mais pour des raisons évidentes il n'allait pas le signaler.

     ▬ Il n'y a qu'un blasonné pour croire qu'il fera peur à un roturier en lui disant qu'il finira dans une ferme-prison. Vous savez, pour beaucoup d'habitants de Lanriel, être enfermé là-bas signifierait avoir une meilleure vie que celle qu'ils ont en étant libre. »

     Pas lui cela dit. Il dormait sur une botte de foin et mangeait ce qu'il volait la plupart du temps, mais il n'avait pas besoin de travailler et pouvait papillonner et voyager où il voulait. Être enfermé, ce n'était pas pour lui, jamais Galahad ne tiendrait le coup dans un tel endroit. Paresseux et faible, tout simplement. Même s'il s'était juré de passer pour un idiot devant cet homme, le Singulier ne résista pas à l'envie de lui souligner un point qui pouvait s'avérer risqué pour lui.

     ▬ Par ailleurs... Vouloir parler d'un sujet alors que vous ne le prenez que de votre point de vue, ça n'engage pas à la discussion, même avec toutes les promesses d'immunité que vous pouvez fournir. Son regard ne dévia pas de celui de l'homme alors qu'il ajoutait quelques mots. Vous m'accusez... D'abord d'être un voleur, puis un Héritier... Vous ne me connaissez pas, vous me traitez comme un délinquant et vous voulez que je vous fasse confiance. Je suis navré d'avoir à vous avouer ça, mais il n'y a que les blasonnés qui s'exécutent juste pour faire plaisir à leurs supérieurs. »

     Comprendrait-il le message ? Il ne voulait rien en échange de ses informations, rien de bien palpable du moins, pas d'argent ou de conneries de ce genre, mais il y avait bien une chose qui pouvait l'appâter et c'était pour cette chose qu'il était toujours resté étroitement lié avec Izhi. Les Héritiers lui avaient proposé mieux, mais Galahad n'était pas hostile à de nouvelles propositions. Bien au contraire.

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MessageSujet: Re: Celui qui sait parler sait aussi quand il faut parler.    Dim 12 Aoû 2012, 11:23


Il ne fut pas déçu de la réaction offerte. Certes le quidam semblait prendre un malin plaisir à se jouer de la situation, persuadé qu'il était de ne rien craindre. Sans doute, y avait-il là une part de vérité. Arsenios avait passé son règne a instauré une justice dans lesquels les abus de pouvoirs et les indécisions n'étaient pas tolérés. Parce qu'il se savait innocent, le forgeron devait puiser dans ce fait la confiance nécessaire à son insolence. Le roi ne pouvait s'en prendre qu'au système. Néanmoins, il releva avec satisfaction les allusions à la princesse. La reine pouvait bien avoir été citée, le premier réflexe de l'indigent était d'avoir désigné l'héritière du trône. S'il ignorait le statut d'Izhelindë, il était impossible à Galahad de savoir qu'elle était la victime de sa compagne de beuverie. Dans le cas contraire, s'épancher ainsi sur l'éducation de la princesse ne l'aidait en rien. Cela ne sonnait que trop véridique aux oreilles du monarque et acheva de le convaincre du danger.

Sa fille éprouvait des difficultés à se lier d'amitié avec les jeunes nobles de la cour. Elle était dans l'incapacité de se complaire dans une relation protocolaire et bien souvent, son père se persuada que c'était là, la raison principale à ses escapades. Son enfant souhaitait découvrir un monde où l'aborder ne serait pas une succession d'opérations millimétrées. Si, comme il le supposait, elle s'était attaché à ce grossier personnage, il y avait quelques risques à le malmener. D'une part, un tel traitement remontant jusqu'à la capricieuse ajouterait davantage de tension à leurs rapports. D'autre part, cette dernière y verrait là matière à ennuyer son paternel et ne manquerait nullement de poursuivre cette camaraderie. D'un autre côté, cela ne les pousserait que plus l'un envers l'autre... Situation idéale pour qui veut soutirer des informations... Pourtant un doute l'étreignait, le cas présent serait à double tranchant.

Les pensées se bousculaient dans son esprit. Ce fut l'allusion au quotidien de ses sujets qui le rappela à l'ordre. Il maintint le silence toutefois. Il ne cherchait pas à s'opposer au jeune homme en lui coupant la parole et plus le forgeron alignait les phrases, plus le souverain cernait une personnalité insatisfaite de sa condition. Le clivage blasonnés et indigents était la plus évidente contrariété que soulignait son discours. Il n'attendait rien de la couronne. Il n’attendait rien de la société actuelle. Était-ce le sentiment d'un peuple entier ? Nombreux sont les homme rêvant de s'élever vers les hautes sphères mais tout autant sont ceux se complaisant dans un bonheur simple fait d'un foyer accueillant et épargné par la souffrance. Ces derniers temps n'avaient pas manqué d'être terribles pour tout citoyen, toutefois le retour de la prévenance d'Eydis pour ses enfants augurait des jours meilleurs. Son statut de privilégie pouvait bien lui obscurcir le jugement sur la réalité de son royaume, il était persuadé que les remparts n'accueilleraient pas tant de défenseurs si ces derniers n'avaient aucune parcelle de bonheur à préserver.

Ainsi son regard pourfendit-il l'audacieux. Il avait pris soin d'éviter dans son discours tout amalgame entre adepte de Mynkor et Héritier. Son vis à vis lui avait certifié ne voir aucun lien entre les deux termes. Grand bien lui en fasse, Galahad venait d'opter pour le second pour se qualifier et cela sonna comme un doux aveu. Ce gamin semblait connaître les rouages du pouvoir sur le bout des doigts tant il était prompt à en pointer les travers. En connaissait-il vraiment les conséquences ? Ses paumes s’aplatirent avec fracas contre la table. Ses iris irradiaient la colère et c'est d'une voix froide et implacable qu'il prit finalement la parole.

«- Assez de jérémiades ! Le témoignage d'un homme vous accuse de vol. J'ai mes torts. Vous avez les vôtres. Gardes ! » A l'appel tonitruant, les soldats s'engouffrèrent dans la pièce. Le capitaine vint se placer sur le côté de son souverain pour prendre connaissance des ordres tandis que les subordonnés empêchaient toute retraite au roturier. «Votre prière n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd, Caherval. Je compte vous offrir une meilleure vie que celle acquise en liberté.  Saisissez-le ! » Les hommes s'emparèrent du bougre qui contrariait leur roi avec une efficacité redoutable. « Conduisez-le en cellule.»


Ils acquiescèrent. Leur capitaine, quant à lui, restait en retrait, prêt à recevoir les directives à appliquer au prisonnier. On ne jouait pas impunément avec la patience d'un roi.

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MessageSujet: Re: Celui qui sait parler sait aussi quand il faut parler.    Lun 13 Aoû 2012, 05:55

     Si Galahad pouvait se targuer d'être une personne insupportable, il fit une fois de plus preuve de ses talents en la matière. Malheureusement, ce n'était peut-être pas le bon moment ou la bonne personne pour s'amuser à ce petit jeu. Se mettre à dos de simples marchands ou taverniers n'avait rien à voir avec titiller la patience d'un blasonné et visiblement celui-ci n'en possédait pas. Ou alors très peu. Certainement qu'il devait connaître Izhi pour l'avoir totalement épuisée ! Mais ce n'était pas le moment de jouer les malins, le forgeron manqua de sursauter lorsque l'homme frappa la table avant de le darder d'un regard qui ne disait vraiment rien de bon au roturier. La suite du discours éclaira d'ailleurs le Singulier sur ce qu'il risquait et pour être franc, c'était à l'opposé de ce dont il pouvait rêver. Tout d'abord, il songea à un coup de bluff en se disant que le blasonné cherchait simplement à l'effrayer, mais lorsque les gardes pénétrèrent dans la pièce pour lui bloquer la sortie et l'empêcher de s'en-aller, Galahad comprit qu'il s'était fourvoyé. Il aurait mieux fait de s'enfuir avant que les choses ne dégénèrent de la sorte ! Tout comme il aurait dû se taire et ne pas défier un homme trop puissant pour lui, mais c'était plus fort que lui ! Si le forgeron avait été moins impulsif ou plus réfléchi, il ne serait pas qu'un simple quidam sans intérêt me direz-vous et ce serait l'entière vérité. Une lueur d'inquiétude qui se mua rapidement en de la crainte pure et dure, passa dans les prunelles du Singulier lorsqu'il entendit l'ordre de l'amener en cellule. Il plaisantait ! Il n'avait pas le droit de l'envoyer pourrir en prison de la sorte, sans preuves et sans raison valable ! Réagissant cette fois-ci plus promptement qu'à l'accoutumée, le roturier se redressa aussitôt en tentant tant bien que mal d'échapper à son sort, en vain. La fuite était inutile et il n'avait aucune envie d'être traqué dans tout Cathairfál, ne restait alors que la tentative de persuasion.

     ▬ Vous ne pouvez pas ! Vous n'avez pas le droit ! »

     En réalité il n'en savait fichtrement rien. Cet homme pouvait aussi bien être un simple blasonné de bas-étage que le conseille direct du Roi que Galahad n'en saurait pas davantage. S'il avait le pouvoir d'envoyer n'importe qui en prison sans aucune raison, que pourrait bien faire un simple Singulier ? Les choses lui échappaient et très sincèrement, la situation était on ne peut plus désagréable. Serrant les dents devant cette injustice, il trouva ironique que, pour une fois qu'il n'était pas responsable de ce dont on l'accusait, il soit envoyé au cachot. Dire qu'il avait agi de manière contraire à la loi pendant des années sans rien subir en retour, était-ce Eydis qui se vengeait ? Sale garce prétentieuse ! Le souvenir de cette prétendue déesse rappela soudain quelque au jeune homme qui vit là l'occasion de s'en tirer. Peut-être du moins.
     Le tout était de gagner du temps, il avait tenté de se libérer de l'emprise des gardes en espérant que l'homme irrité allait lui laisser quelques instants de plus. Si ce n'était pas le cas, que pourrait-il faire de toute manière ? Déjà qu'il s'était ramassé une belle correction du « petit ami » d'Izhi, ce n'était certainement pas face à des gardes qu'il aurait une chance de s'en tirer. Injustice ! Décrochant un regard où l'inquiétude était plus que visible, à l'homme derrière la table, l'Héritier reprit la parole.

     ▬ Envoyez-moi en cellule et vous pourrez tirer un trait sur vos informations ! Vous croyez vraiment que c'est sans raison que tous les adorateurs de Mynkor s'en-vont d'ici dès qu'ils sont démaqués ? ! »

     Il ne parlait toujours pas des Héritiers, même s'il était vrai que cet aveu pourrait certainement le tirer de ce mauvais pas, il savait surtout que si Araëlle apprenait qu'il avait lâché des informations à ce sujet, son sort serait bien plus rapidement réglé que dans les cachots du palais. Courageux ? Même pas ! Il ne donnait rien sans être sûr de s'en tirer et s'il se retrouvait au fond du trou comme cela semblait se passer, il serait au moins encore en vie et aurait toujours l'infime espoir que la Princesse apprenne où il était pour venir le tirer de ce mauvais pas. Non, c'était définitif, il n'aborderait pas le sujet des Héritiers à moins d'avoir une véritable bonne raison d'en parler. Essayant d'être persuasif, il lâcha à nouveau quelques informations.

     ▬ Elle est belle votre notion de la justice, qu'est-ce qui vous prouve que ce n'est pas votre témoin qui ment ? C'est uniquement parce que je ne crois pas en votre prétendue déesse. Il ne faudra pas vous étonner lorsqu'ils décideront que vous avez fait l'erreur de jugement de trop. C'est votre esprit fermé qui vous met en danger, pas eux. »

     Eux, il faisait référence aux Héritiers, mais sans pour autant en parler clairement. Le fait de les citer ne signifiait pas qu'il était pour autant l'un d'entre eux, mais c'était une manière de laisser entendre au blasonné qu'il avait peut-être une chance d'apprendre quelques informations sur ce sujet. Sauf qu'il ne les aurait pas sans sacrifier quelques petites choses, même les blasonnés devaient apprendre que tout pouvait s'acheter et pas forcément se recevoir sans rien en retour. Est-ce qu'il avait trouvé les bons mots ? Vu son talent pour irriter cet individu, Galahad avait le droit de se poser la question, rien n'était moins sûr !

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MessageSujet: Re: Celui qui sait parler sait aussi quand il faut parler.    Lun 13 Aoû 2012, 09:56



«-  Je crois me souvenir que vous ne devez rien à Lanriel. De fait, le royaume vous doit-il quelque chose ?  Protection? Justice ? Ce sont bien peu de choses pour un être tel que vous. Vous êtes un homme qui se construit seul. Votre chute vous appartient. .»

D'un mouvement de menton, Arsenios mit fin à l'entrevue. Les soldats trainèrent Galahad hors de la taverne où un contingent de soldats en patrouille gonflèrent son escorte jusqu'aux cachots du palais. Dans la pièce, le calme régnait. Quand il fut clair qu'on ne reverrait plus le singulier, le haut-gradé humecta ses lèvres et s'adressa directement à son souverain. Les années passées à se côtoyer et s'exercer ensemble avait bâti entre eux une solide entente. L'homme de terrain ne manquait ni de bon sens, ni d'efficacité. En grande partie, cela justifiait la pérennité de son poste auprès de l'homme le plus important du royaume.

«- Faut-il le torturer pour lui soutirer ses connaissances, Sire ?
- Non... Non, mon ami, non. A nous, il ne dira rien. Aucun mal ne doit lui être fait. Il est innocent et je serais fou de le condamner pour un crime qui n'est pas le sien.
- Je ne comprends pas. Doit-on le relâcher ? »


Son roi eut alors un sourire énigmatique, celui là même qu'il affichait lors des batailles. Aucun des militaires n'ignoraient son sens. Cette expression prenait place sur chaque visage dont l'esprit venait d'amorcer une redoutable stratégie. Côte à côte, ils rentrèrent au palais et trouvèrent refuge dans l'une des pièces préférées du monarque. La plus haute tour du palais relevait quasiment du siège au conseil militaire. Si une bataille devait être menée dans le royaume, c'est ici que ses moindres détails seraient réfléchis. Or Arsenios possédait dorénavant un pion dont il fallait limiter les mouvements. Appuyé sur la table centrale, son regard balaya la grande carte de Lanriel épinglée sous ses doigts.

«- Avons-nous sous la main un officier à la réputation d'incorruptible ?
- Oui.
-Il faudra lui fournir des fonds.
- Une bourse suffira t-il ?
- Cela conviendra. »
Il leva le regard vers son vieil ami, animé d'une nouvelle flamme. « Demain matin, cet officier conduira une troupe dont la mission officielle sera de conduire notre prisonnier en direction des fermes-prison. A deux jours de marche de la capitale, l'officier prétextera des amis hauts placés et Galahad Caherval retrouvera la liberté. Si la situation le rend soupçonneux, la menace de l'épée devrait suffire à le faire déguerpir.»


Le roi de Lanriel admirait la confiance aveugle dont son vis à vis le gratifiait. La nouvelle génération de soldats que comptait l'armée n'aurait pas manqué de le submerger de questions. Son camarade n'en fit rien. L'expérience lui avait appris que son monarque ne manquerait pas de lui faire part de ses pensées si cela était opportun. Sa tolérance à cet égard serait récompensée ce soir.

« - Durant son absence de la capitale, il nous faudra agir rapidement. Nous allons lui bâtir la réputation d'un homme de bien.
- D'un homme de bien ?
- Il semble évident que ses informations ont un prix. Or, nous allons veiller à ce que notre offre devienne la plus alléchante. A son retour, il ne pourra faire aucun pas dans Lanriel sans être porté en héros.
- Il n'a pas vraiment le profil pour, sans vouloir vous offenser.
- Certes, mais je ne souhaite pas mettre en avant une force ou un courage qu'il ne possède pas. Le peuple ignore les détails de la capture de Tanith Ruane. Il est grands temps de partager la grande aide apportée par l'un de nos fiers sujets.
- Il vous a avoué connaître la sorcière ?
- Non et c'est inutile. L'information ne portera nul part mon sceau. Les bruits de couloir sont redoutables et se propagent plus rapidement. Pas un jour ne passera avant que cette histoire ne soit sur toutes les lèvres.
- C'est faire de lui une cible pour tous les partisans de cette femme et de sa cause.
- Exact et nous allons les conforter dans cette version. Trouvez sa masure et dissimulez quelques bijoux royaux dans ses affaires. Ces derniers ne peuvent s'écouler sans notre accord. Et cet accord, nous le lui offrons. De même qu'une chambre au palais.
- N'est-ce-pas excessif ?
- Vendre la femme la plus recherchée du pays mérite rétribution et s'il me faut avoir un œil sur lui, l'avoir entre mes murs semble être l'option la plus adaptée.
- On risque d'attenter à sa vie, Sire... S'il est innocent et n'a pour seul tort d'adorer un autre dieu, cela vous portera préjudice.
- Le risque mérite d'être couru. S'il est acculé, j'escompte le voir se tourner vers la seule personne susceptible de croire en sa mauvaise fortune...  »


Ses pensées se tournèrent vers Izhelindë. Privé de protection, il était une proie facile. Si les héritiers se liguaient contre le traître présumé, la princesse serait son seul recours. Son père espérait que son enfant verrait ici une occasion d'obtenir les renseignements désirés. Sa rancœur à l'égard de sa fille teintait toutefois ce vœu d'une étrange méfiance. Il n'était pas sûr de pouvoir compter sur son bon sens et le forgeron ne se priverait pas d'abuser de ses failles. Ce plan pouvait se montrer à double tranchant... Pourtant à cet instant, le roi prima sur le père. Le temps de la contemplation s'achevait. Izhelindë avait suivi une formation pour devenir la reine qui lui succéderait. Bénéficier de son affection était un privilège, la princesse ne pouvait continuer à céder ses faveurs sous le coup de l'impulsivité. Il lui fallait croire en son enseignement... et c'était là sa plus profonde inquiétude.


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