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 "Il est au sein des bois un charme solitaire."

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MessageSujet: "Il est au sein des bois un charme solitaire."    Jeu 10 Mai 2012, 01:24


Czeslaw & Maelan



La forêt. Celle qui a le don d’effrayer les enfants par la noirceur de son cœur, par la forme des branches de ceux qui la compose mais surtout par les mythes qui l’habitent. J’ai été un de ces enfants que la forêt effrayait plus que tout, j’avais peur du vent qui soufflait entre les arbres, de ces ombres gigantesques qui donnaient naissances aux plus grands cauchemars de l’humanité. Ce sont des peurs irrationnelles pour certaines et tout à fait justifiées pour d’autres, mais notre instinct ne fait pas tellement la différence, il nous commande simplement d’éviter le danger, ou bien encore de prendre les routes les plus sûres. Et pourtant, parfois, dans ces immensités d’arbres, cachés dans la pénombre d’une canopée au combien fournie, se cache quelques dangers que mêmes les routes les mieux gardées ne saurait vous éviter. Il n’est dès lors plus question d’un loup tapis dans l’obscurité attendant le passage d’un lièvre ou encore d’un renard qui creuse afin de trouver le terrier d’un mulot malheureux, mais bien du seul prédateur à qui l’on avait offert bien plus de vices que de vertus. L’Homme. Il est un loup, il est un lion, il est un homme, qui se cache derrière le masque de chaque tyran, et il en est de même derrière chaque arbre d’une forêt, ils griment les bandits et dupent les passants.
Cette forêt qu’importe son nom, elle reste et restera cauchemar pour celui qui s’y aventure sans y être préparé, mais pour moi, enfant de la nature, sauvageon d’enfant, elle n’est rien d’autre qu’un énième membre de mon anatomie. Au même titre qu’une jambe ou que mon cœur, elle m’est profondément vitale. Et si je ne sais vivre sans cette nature environnante, ce n’est pas tant parce qu’elle a toujours été bienveillante avec moi, que pour les victimes qu’elle peut placer sur mon chemin, et j’y vois là comme une supplique. Il n’est que pure folie que de penser que les esprits de la forêts puissent ainsi demander à leur humble serviteur de les débarrasser de ces vils parasites que sont les singuliers, mais il n’existe pas un monstre à forme humaine qui saurait agir sans se trouver une excuse. La conscience semblant prendre le pas sur la vilénie et s’amusant à torturer celui qui aurait trop de cœur, ou pas assez d’excuses. J’avais abandonné le cœur pour me forger l’excuse dans une haine sans borne, ainsi je me trouvais libérer de cette conscience terriblement tapageuse et destructrice.

Libre de vaquer à mes occupations, j’aurais pu en cette fraiche matinée user mon couteau sur les tiges de vignes sauvages, des lierres ou encore d’autres plantes qui trouvaient naissance dans les sous-bois, à l’ombre d’un tronc. Mais il avait finalement terminé sa course au fin fond de la sacoche de cuir qui me battait le flanc en compagnie de mon herbier et de mes rares affaires, après que j’eus surpris au milieu de la clairière la présence d’un de ces nobliaux qui avait fait une halte que j’espérais malheureuse. Je l’avais ainsi, tapi à l’abri d’un bosquet, regardé évoluer, laissant son cheval brouter la luzerne qui avait envahi le trou forestier, alors qu’il se débarbouillait à force d’une eau qui jaillissait d’une outre pleine. Cet homme n’avait fondamentalement absolument rien fait de mal, il ne faisait que se reposer après un voyage qu’il avait assurément trouvé éprouvant, mais ce genre de boniment ne m’intéressait pas. Il n’y avait rien d’autre que cet instinct de mort pour dominer, le reste n’avait pas d’important tant que le sang se mettait à couler.
Silencieux. Je l’admirais pour son insouciance, ne soupçonnant pas le danger imminent qui le couvait d’un regard d’acier. Il y avait un certain parfum de défit dans sa façon de se tenir, dans sa façon de faire un pied de nez au destin, et c’était cette sorte d’effronterie qui finirait pas faire tomber le couperet, le saisissant sans aucune sommation.

Accroupis, une moitié cachée par les hautes herbes qui avaient l’audace de pousser dans cette ombre, l’autre entrecoupée de branches bourgeonnantes d’un buisson. Juste un peu d’attention lui aurait permis de me voir. Juste un peu d’attention et il aurait pu remarquer ce mouvement caractéristique, mais rien, le fait que je bande mon arc à moins de vingt-cinq mètre de lui, ne l’empêchait pas de déguster un dernier morceau de pain. Dommage, tirer sur une proie immobile ça n’avait pas tellement d’intérêt, il n’y avait presque plus aucun plaisir à chasser, mais à cet instant précis, ce n’était pas tant le plaisir de chasse qui m’avait assaillit que celui de tuer. Une soif de sang qui fallait étancher au plus vite. Et sans attendre, une flèche vint rejoindre l’arc fraichement bandé, placée au centre elle n’avait pour but que celui de viser juste. Instinctivement ma respiration se fit plus lente, mon cœur n’attendit pas longtemps avant de se calquer sur ce rythme, j’observais, calme, avant de bloquer mon souffle et de libérer la flèche.
Une interjection de douleur mêlée à la surprise vint jusqu’à mes oreilles, mais déjà une autre flèche se trouvé sur mon arc, et partait rejoindre sa compagne qui, elle s’était fichée dans le dos du voyageur. La seconde vint se planter au niveau de la gorge, mauvais jour pour avoir oublié de porter armure et gorgerin. L’homme s’effondra sur lui-même dans un gargouillis de sang qui s’écoulait de sa bouche comme de sa gorge. Le cheval quant à lui n’avait pas attendu son reste pour s’enfuir au grand-galop au travers des bois, s’il survivait, il rentrerait surement chez lui, désormais sans cavalier…

Le vent balaya le champ de luzerne qui s’était établi au milieu de cette clairière désormais vide de la vie d’un homme. Je raccrochais mon arc avant d’enjamber le buisson qui m’avait prêté de son ombre pour aller prêter un peu plus d’attention à l’homme que je venais d’abattre… froidement. Je me méfiais des alentours, je ne connaissais que peu de personne à user de mes manières pour venir à bout quelques badauds, mais mon cas n’était, de loin, pas exceptionnel. Les oreilles aux aguets, je m’approchais du cadavre dont le visage était désormais noyer dans une marée de sang. Les yeux de cet homme étaient encore éclatants, mais il n’y avait plus aucune vie dans ce corps. Prenant le parti de fouiller les poches du mort, je m’accroupissais à ses côtés, néanmoins je n’avais pas de grandes attentes, le cheval avait embarqué dans sa fuite toutes les sacoches de voyages du défunt.
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MessageFeuille de route
MessageSujet: Re: "Il est au sein des bois un charme solitaire."    Jeu 10 Mai 2012, 14:56



CZESLAW & MAELAN
« L'art pour l'art. » d'un Anonyme.




Tuer est un art. La saveur, le goût, le toucher chaud & onctueux de l'hémoglobine rend si particulier son odeur quand on le fait couler, quand on sent le dernier tremblement, la dernière pulsion de vie qui s'échappe. Vous vous sentez maître d'une vie que vous prenez, féroce. Vous vous sentez puissant de vous octroyez ce droit de vie & de mort que seul les dieux accordent ou prennent. Vous vous sentez griser, étreint, dépendant de l'adrénaline qui vous attrape à bras-le-corps quand la lame glisse sous la gorge ou que la flèche se fige dans le corps du nouveau cadavre. Vous ne pensez qu'à cette adrénaline, qu'à ce sentiment libérateur, expiateur & vengeur, vous ne pensez qu'à être le bras de la mort, sa main fidèle mais ferme qui tache sa peau de sang & qui appose un dernier baiser sur le front du macchabée. Le seul, l'unique, le premier & dernier baiser. Vous serez la dernière vision du mort. Son dernier vivant, son dernier regard, son dernier, son tout dernier. Avant que son cœur le lâche, pulsant dans des battements douloureux qui déverse le sang par une plaie béante, son corps devenant rivière d'hémoglobine, rivière de vermeille, crachant le rubis scintillant de la blessure, crachant mer rouge sur laquelle ma lame vole, s'éventre, s'écarte pour mieux arracher, couper, éventrer, tailler, tuer. Et j'aime tuer. J'aime ce pouvoir que je détiens entre mes doigts. J'aime l'ombre dans lequel je me fonds quand je deviens La Sirène, L’Assassin. Je me baigne & me nourrit de ce sang, de ses morts, de ses peines, de ses souffrances, de cette ombre qui me recouvre & qui jonche mon chemin. Je ne peux vivre sans mes meurtres. Je ne peux pas non plus vivre sans le craquement des os, le bruit sourd du corps qui tombe, la douleur comme un artiste ne pourrait pas vivre sans sa peinture, comme une cantatrice sans sa voix. Je suis artiste de la mort, serviteur de ses désirs, coupable de ses mains ensanglantés, je prends mais seulement pour elle. Tuer est devenu mon art.

Je ne fais que m'exprimer à travers mon art : le meurtre.
Et mes visions ne sont que l'outil de plus.

Alors quand l'or de mes yeux trahit le toucher d'Eydis -ou celui de ma volonté, je l'accepte, je le gobe & je chavire dans un océan de détails, de situation, de lieux, de gens, de voix, de sensations. Et j'ai souvent le sentiment de savoir. Je sais tout. Je sais déjà où, quand, comment, pourquoi. Je sais ou se trouve mes victimes & comment procéder. Je n'ai pas besoin de plus pour accomplir ce qui doit être fait. Le Cheval me transporte & c'est suffisant ainsi. Mais ce que j'ai vue, quand j'ai plongée mon regard vers l'avenir, ce n'était pas ce que je voulais. Ce n'était pas un meurtre habituel. Alors j'ai talonnée ma vieille bourrique, j'ai accélérée la cadence de son pas, le sentant suer, respirer plus fort, prendre de la vitesse. Il a continué ainsi pendant quatre ou cinq lieu avant que je le stoppe dans un mouvement.

J'ai sentie quelque chose. La magie, la nature, le frémissement des feuilles dans l'air du vent, dans l'air de l'été. Tout a frisonner. Tout a changer. Tout a cesser de vivre avant de rebattre de nouveau. A l'unisson, comme si un nouveau cœur entrait dans ce monde & qu'il faisait jouer le bois, la terre, la sève, les animaux, les branches, la rivière, le vent dans une seule mélodie, qu'il faisait gémir chaque plantes, chaque vies de cette forêt. Et je serre les dents. Cette forêt sent Eydis. Cette forêt irradie de sa présence, de cette garce putride & de ses charmes vénéneux. Je peine à ne pas rebrousser chemin & à ne pas plisser le nez face à l'odeur qui se dégage des fourrées. Je laisse Le Cheval derrière moi. Et j'entre, tentant de ne toucher aucune plante, aucune choses qui appartiennent à cette forêt & à Eydis elle-même. Je renâcle & grimace rien qu'en foulant la terre. J'ai envie de vomir. J'ai sincèrement envie de vomir. Je peine à avancer. Je peine également à ne pas m'enfuir à toute jambe. Je glisse pourtant, furtive, féline, animal sur la terre. Je cherche à étouffer le bruit de mes pas. Je cherche à capter le moindre bruit.

J'entends le hennissement d'un cheval. Et je m'avance doucement dans cette direction, je finis par me retrouver derrière un arbre auquel je me colle avec dégout pour observer. Une clairière baignée par la lumière qui n'offre aucune protection, aucune cachette pour tirer la bonne flèche, au bon moment. Je ne peux que regarder. Ma vue ne m'offrant que la vision d'un blasonné comme dans ma vision qui laisse paitre son cheval, tandis que lui se rafraichit.

Je connais déjà la suite.
Je sais déjà comment cette histoire va finir.
Mal. Très mal.

Pourtant je ne détache pas mes yeux, je ne détourne pas mon chemin. J'observe, silencieuse, maussade & colérique. J'observe la scène, l'homme qui se rapproche comme un ours dans l'eau, ses cheveux noirs en bataille & sale. Il tend son arc, y dépose une flèche, il attend. Alors que je sais que si c'était moi, ej n'hésiterai pas, je décrocherai cette flèche dans la seconde qui vient & je l’abattrai d'une seule traite. Mais ce n'est pas moi. Je me mords la lèvre, regardant de mauvaise grâce la flèche se ficher dans sa victime. Cette dernière lâche un râle de souffrance. Trop bruyant. Je me mords la langue pour éviter de parler tandis qu'explose le sang dans ma bouche & sur la terre. Une rivière vermeille qui n'est pas provoqué par mes doigts. Une sensation de frustration me gagne. Une deuxième flèche & il s'effondre, mort. Je ne lâche qu'un regard froid à ma proie, condamnant le mauvais travail de cet individu qui ne fait pas du meurtre un art. Je plains la mort de cette proie trop facile. Je plains l'apprenti & l'incompétent de son crime contre la Mort elle-même.

Et je rage face à ce travail de barbare. Je peine à me contenir, en réalité, je ne me contiens plus. Je ne veux plus em contenir. Je veux gueuler contre ce meurtre de boucher, cette indignation face à la mort. Je veux le haïr pour la frustration qu'il provoque en moi & qui éclot en mille saveur, semant les graines de l'assassin en colère parce qu'on lui vole sa proie, qu'on l'empêche de chasser & qu'on sabote le job. Et sans m'en rendre compte, ma dague sort de son fourreau & d'une pulsion échauffé, je l'étreins, oubliant ma taille, ma force de femme & ma récente fin de grossesse qui me lance encore. J'oublie tout.

Et ce n'est qu'en l'attrapant d'une main fougueuse & fugitive pour le mettre à terre & me poser d'un mouvement lourd à califourchon sur lui comme si il était ma monture que j'ose le menacer de ma dague en déposant la lame contre sa gorge offerte. Et je lui crache à la figure : « Boursemolle ! Couard ! Fou ! Gueux! Sais-tu bien ce que tu viens d'accomplir, hm? ».

Furie électrique, je ne fais pas gaffe à qui il pourrait être, je ne prends pas garde à cette lueur dans ses yeux; Cette lueur de vilenie pure, de méchanceté ignoble. Je ne suis que boule de frustration, de colère & de choc. Je ne peux calmer ma rage, je ne peux pas voir ce qui s'y cache & je le secoue, je le prends pour mon défouloir personnel. Et je lui balance ma haine, mon indignation au visage : « Abruti Tu viens de saloper mon travail? Sais-tu qui il était, hun? Un blasonné, un foutu blasonné de mes deux pour lequel j'avais un contrat. Il n'était pas censé mourir ainsi par un barbare qui déshonore la Mort, elle-même ! Comment peux-tu tuer de cette façon? Comment peux-tu laisser ta victime pousser un moindre cri alors que tu lui fiche une flèche dans le corps? Comment ose-tu la laisser saigné comme vache qui pisse alors qu'elle n'a même pas toucher le sol hun? Faut-il donc t'apprendre à tuer par Eydis ou es-tu doué de tes mains comme de tes pieds? ».

Tuer est un art, il ne le connait pas. C'est une faute impardonnable, n'est-ce pas?


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MessageSujet: Re: "Il est au sein des bois un charme solitaire."    Ven 11 Mai 2012, 07:59


Czeslaw & Maelan



Un blasonné comme un autre. Je repoussais un geste de la main la luzerne encore humide de la rosée matinale, et qui recouvrait déjà le corps chaud, comme prête à le dévorer, à le rendre à la terre et finalement à l’oublier. Je souhaitais tout de même savoir qui était tombé sous les flèches de mon arc. Curiosité assurément mal placée, mais je m’en fichais éperdument. Et les armoiries de sa famille, qui se trouvaient brodées sur son surcot m’étaient totalement inconnues, à croire que depuis ma dernière visite à la civilisation il en était apparu un nombre considérable de nouvelles. Mais quoi qu’il en soit, que j’en sache plus ou moins au niveau de la noblesse, qui plus est sa noblesse à lui, n’auraient absolument pas changé la fin de son histoire.
Cependant on ne pouvait lui retirer cette utilité de dernière minute qu’il avait eu, une sorte d’amusement de quelques instants qui avait fait poindre sur mon visage un petit sourire emplit d’une fierté un tant soit peu arrogante, et absolument dérangeante. Sa mort n’avait était qu’une simple finalité que ses mouvements désordonnés avaient précipité, il avait été certes dommages que je ne puisse gouter plus longtemps, ni me délecter ne serait qu’un tout petit peu plus de sa douleur, mais surtout de sa peur. Je n’étais ni un assassin, ni un barbare, juste un homme fasciné par la mort et la douleur de ceux que je voyais comme des personnages déméritant. Ca n’était, au final, qu’un juste retour de bâton, une revanche sur quelque chose de tout à fait personnel et qui aurait semblait à bien du monde, absolument, irrationnelle, voir même injustifiée et injustifiable.
L’examen du corps terminé ne m’avait pas donné plus de renseignements sur qui il pouvait être, et les poches du défunt ne m’avaient pas non plus fourni la moindre trace d’un trésor que j’aurais pu marchander à mon prochain passage en ville. Et j’entreprenais dès lors de me relever et de partir comme j’étais arrivé, retournant à mes occupations habituelles, laissant le corps pourrir là où il était tombé sans sépulture, laissant la nature reprendre de plein droit ce qui lui appartenait. Oui, assurément, c’est bien là ce que j’aurais fait si quelque chose ne m’en avait pas empêcher.

Pas le moindre bruit n’avait trahit sa présence, pas le moindre détail me permettant de faire volte-face et de parer à cette charge rapide non pas dénuée d’une certaine force. Ecrasé sous la violence du choc, j’en perdis le souffle durant quelques instants, et il en fut de même pour l’ordre de mes pensées. La surprise m’avait quelque peu fait perdre pied, il me fallait dès lors, dans l’urgence retrouvé toute ma lucidité, alors qu’une douleur me froissait le dos. Mauvaise chute, ce n’était malheureusement pas sur un tapis d’herbe que je m’étais effondré mais sur un amas de pierres qui avait trouvé sa place, quelque peu saugrenue, au milieu de cette étendue de plantes sauvages. Il me fallait faire fi de tant de choses à la fois, alors que le bourdonnement de mon sang dans mes tempes, les battements accélérés de mon cœur, ne faisaient que me rappeler l’urgence.
Si bien que je ne remarquais pas immédiatement que mon assaillant n’avait rien d’une grosse brute, et que c’était sous les traits d’une créature frêle presque innocente que se cachait mon assaillant. A califourchon sur moi, je ne pouvais que deviner sa rage au son de sa voix et à ses intonations, la lame de son couteau posée contre ma gorge, exerçant une pression trop forte pour que je m’avise à vouloir bouger ne serait-ce que d’un millimètre. A la légère douleur que je ressentais au niveau de son contact sur ma peau, et à ce léger chatouillis que provoquait mon sang en s’écoulant d’une plaie que j’imaginais infime, je ne pouvais me faire d’illusions sur la nature de l’aiguisement du métal. Le fait de déglutir m’inspire la grimace alors que ma peau me cisaille un peu plus contre l’ustensile qui semble distiller morts et tourments.
Cette fille, ou peut être cette femme, été entrée dans une colère que je jugeais absurdes, et si je n’écoutais qu’à peine ce qu’elle pouvait bien déblatère, j’en comprenais le sens, alors que je remettais de l’ordre de mes pensées. Mon cœur fini par se calmer, le sang de mes tempes reprit un flux normal, laissant à mes pensées le temps de reprendre leurs places. « Non, pitié ne me tuez pas ! Je vous en supplie ! ». Il me fallait juste un peu de temps, juste le temps que la nature m’offre l’opportunité dont j’avais besoin, juste l’espace quelques secondes, et s’il fallait feindre de n’être que ce qu’elle espérait alors il n’en éprouverait pas la moindre scrupule.

Un simple coup de vent, c’est ce qu’il me fallait. Un léger courant d’air à détourner, à amplifier… Et le vent à intervalles réguliers se mettait à souffler, couchant un peu les plantes, faisant bruisser les feuillages, et finalement me permettant d’éveiller la sorcellerie. Si celle-ci ne me permettait en rien de créer le vent, je pouvais me servir sans grand mal de moindre filet de vent qui pouvait se trouver non loin de moi. Juste une image, juste une réflexion, et comme d’un fait totalement naturel les choses se déroulaient comme je le souhaitais. Il n’était pas dans mes intentions immédiates de tuer la jeune femme qui se trouvait toujours sur moi, l’urgence se trouvait surtout dans l’éloignement de cette arme mortelle au plus près de ce qui pouvait m’être vitale. Un coup de vent un seul, venant soulever les épines des pins, les feuilles, les débris les plus proches, les portants à force de vitesse dans un simple tourbillon. Je ne pouvais pas voir la scène, je ne faisais que l’imaginer, et je pouvais sentir le vent se lever, entendre le sifflement du vent dans les arbres qui se rapprochait encore et encore. Mes yeux, clos, ne laissait en rien voir ma nature de sorcier, pas encore, pas encore… Il me fallait encore visualiser les choses avant de pouvoir tout relâcher.
Puis le moment vint, ça n’avait été l’espace que de quelques secondes, des secondes qui m’avaient semblé bien longues, preuves que mes pouvoirs s’étaient quelque peu rouillé dans l’inaction. Peu souvent utiliser, je savais néanmoins en sentir la présence. Mes cheveux remuant sous l’effet du vent, je pouvais aussi sentir la luzerne s’agiter autour de moi… Quand j’ouvrais enfin les yeux, c’était pour en voir les effets, le vent avait soulevé un épais nuage de poussières grisâtres, mes yeux d’un doré intense virent leur éclat s’accentuer un dernier instant alors que je relâchais tout pour saisir le bras qui tenait encore cette maudite dague, et d’un coup de reins je roulais, tenant toujours fermement le poigné de cette demoiselle. La manœuvre ne se fit pas sans douleur, je ne pus d’ailleurs pas retenir un grognement de douleurs en sentant une de mes vertèbres craquer. Ma chute avait laissée bien plus de traces que je n’aurais pu le penser.

L’éclat de mes yeux avait à présent totalement disparu, je ne pouvais le voir, mais jamais senti la magie cesser de traverser mon corps pour se ranger bien tranquillement dans sa petite boîte. Je surplombais dès lors la jeune fille, comme j’avais pu l’imaginer, elle n’avait pas l’air dangereuse, mais les apparences étaient bien trop souvent trompeuses pour que je puisse m’y fier. « Est-ce cela que tu souhaites m’entendre dire ?! Petite idiote, je devrais te couper la langue pour te faire comprendre le sens de tes propres mots. ». Puis de ma main libre, je me saisis du poignard avec une grande fermeté avant de le lancer plus loin, perdu dans les hautes herbes. Cette lame avait fait bien trop de dégâts sur moi pour lui laisser l’opportunité de s’en servir une nouvelle fois sur moi si un quelconque renversement de situation venait à opérer.
Ne jamais sous-estimer son adversaire, c’était ce que les gitans n’avaient cessé de me répéter durant mon enfance, et si pour eux il ne s’agissait que de simples combats de boxe, de chiens ou encore de coq, cet enseignement avait rapidement trouvé sa place dans ma vie. Mais je laissais tomber les réflexions pour me relever, lui rendant par la même toute liberté, je m’accordais par la même, sans pour autant la quitter des yeux, le temps d’examiner du bout de mes doigts noircis par la terre la blessure qu’elle m’avait infligée et qui saignait encore.
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MessageSujet: Re: "Il est au sein des bois un charme solitaire."    Dim 13 Mai 2012, 13:39



CZESLAW & MAELAN
« L'art pour l'art. » d'un Anonyme.




« Non, pitié ne me tuez pas ! Je vous en supplie ! ». J'haussais un sourcil, parfaitement surprise & sceptique face à cet homme qui avait déshonorer tout ce pourquoi je vivais, tout ce pourquoi je tuais. Il croyait que j'allais le tuer? Personne ne m'avait payé pour le tuer à ce que je sache. Personne ne m'avait commandé son meurtre, ni n'avait osé me donner ce que je voulais pour commettre un meurtre. Je n'allais pas le tuer. Je ne le voulais pas.

Je suis assassin, pas une guerrière.
Si j'avais voulue faire couler ma lame contre son cou, je l'aurais simplement pris par derrière & d'une pulsion discrète & violente je l'aurais égorgée, & il serait tomber à terre sans crier, se vidant de son sang mes yeux dans les siens. Je ne l'aurais pas renversée à terre pour le bloquer sous mon corps, je l'aurais simplement tuer sans explication, ni rien. Je n'aurais pas cherchée, je ne l'aurais pas accusée de mille maux, d'hérétique & de traitre à la Mort & de salir son art si parfait. Je n'aurais jamais explosée ma fureur, ma rage au nez & à sa barbe. Je n'aurais pas été jusqu'à le malmener & après ses paroles, je me mordais la langue pour ne pas lui rire à la figure. Je retenais mon rire, alors qu'il me chatouillait la gorge, courrait sur ma langue & menaçait de sortir si j'ouvrais encore la bouche. Pourtant, me moquer de l'homme n'était pas mon intention. Je voulais simplement lui cracher ma haine au visage au départ. Mais cette simple supplique avait changé la panelle d'émotion qui m'habitait, la faisant varier & changer de couleur, j'étais passée à une vitesse folle de la rage à la moquerie naissante. Comme si le feu naissant avait été noyée sous un mince filet d'eau. Pas toute à fait éteint, ni totalement allumée, je voguais entre deux émotions.

Et d'un sourire cruelle, je souffle « Si j'aurais voulue te tuer, tu serais déjà à mes pieds entrain de pisser le sang, chéri». Une voix douce, tendre sous un filet de cruauté, de méchanceté & de fausse délicatesse, du miel chaud alors que se cache la froideur polaire d'un océan ou d'un hiver. Il peut juste entendre, il ne voit rien. Il a clôt ses yeux comme pour se préparer à mon châtiment. Si seulement j'avais sue ce qui se cachait derrière ses yeux . Si seulement ma confiance ne m'avait pas abusée. Si seulement je ne m'étais pas laisser tromper par son air faible & vieux, j'aurais pu deviner.

Deviner quoi?


Le léger changement dans l'air qui s'abrutissait de magie, qui faisait frémir les arbres, les hautes herbes, la luzerne. Le goût infecte de la température qui chute de quelques menus degrés, alors que l'été continue sa course sur nous. Je n'avais rien sentie, absorbée par mes sentiments. Je n'avais rien devinée. Comment aurais-je pu me douter avoir affaire à un adversaire supérieur en tous points à moi? Comment aurais-je pu deviner l’œuvre de sa magie?

J'étais bien trop assurée dans ma position de force. Bien trop vantarde de ne pas avoir crue aux représailles & je me suis maudite quand j'ai compris l'agitation autour de nous, quand j'ai tout compris. Lui & sa foutue nature. Moi & ma foutue assurance. Mais il était trop tard, bien trop tard. Toute arrivait trop tard. Et j'ai simplement lâchée un cris quand la poussière s'est soulever pour percuter mes yeux violemment, j'ai simplement grognée de douleur quand il m'a blessé, sentant la douleur poindre dans mes iris, la haine révulser mes yeux. Et ce n'est qu'un surplus de douleur, quand il inverse les positions d'un coup précis & brutale de rein, qui me fait tanguer méchamment alors que je sens une prise sur mon bras. Une prise qui s'affirme quand je roule & que je sens son poids me couper la respiration. Je suffoque & je me débat, me cabrant brutalement pour qu'il se casse. Mouvement vain. Il a plus de poids dans son corps que moi dans un muscle, il a plus de force dans un muscle que dans tout mon corps.

Pourtant je rue comme un animal pris au piège, je bouge sous son corps, quand il cause, je m'égosille en même temps « Dégage, sinon je te fais bouffer ma langue! ». J'en ai rien à foutre de ce qu'il me fera. J'en ai rien à battre, j'ai juste horreur d'être prise au piège. J'ai l'impression d'être de nouveau esclave sur La Sirène, esclave de mon père, esclave de ses désirs, de ses commandements. J'ai l'impression d'avoir droit à une nouvelle cage & je ne peux le supporter, l'encaisser, alors je me débats. Je lui crache à la figure, je le griffe, alors qu'il bloque ma dague. Je crèverai d'envie de lui enfoncer dans son maudit cœur & de l'entendre dégueuler toute sa souffrance. Je le sens me dépouiller de mon arme d'une main puissante & le jeter. Je hurle encore plus, voulant l'atteindre alors qu'il m'enlève ma seule protection contre ses dons de sorcier.

Effectivement, je suis sans défense & sans rien face à lui. Et je ne peux pas me le permettre. Je ne peux pas lui laisser l'avantage à cette situation. Je ne peux pas rester soumise face à lui, privé de protection, abandonnée là à ses moindres désirs. Je grimace & me mord la lèvre en l'observant quand il me libère enfin, je respire mieux. Je me sens libérée d'un poids, mais le manque de ma dague se fait sentir. Et je grogne, animale, sèche, restant allonger parmi les hautes herbes, en observant le ciel dégagé, alors que le vent souffle encore. Il est là, tout prés, il ne s'est pas enfui. Il reste là, je sens son souffle, sa respiration. Et un léger parfum de sang. Cette note sucrée, légèrement acidulée & ferreuse m'excite, me donne des envies de me jeter sur lui & d'agrandir la blessure, de faire couler des flots de sang, de mordre, de griffer, de déchiqueter sa peau,lentement,douloureusement, calmement. J'ai envie que sonne le glas de son existence, que ses cris se perdent dans le creux de mes oreilles. J'ai envie de le faire hurler comme une fillette, que sa vie s'écoule sur mes doigts, son sang noircissant ma peau & me procurant plaisir délicat. J'ai envie de voir ce sang.

Je bride mes pulsions, grognant de frustration. Je me relève, un brasier dans le regard qui couvre le Sorcier, une boule de colère mêlé à la privation, une envie chaude sur mes lèvres qui menace de céder, alors que je me craquelle sous son poids. J'ai envie, tellement envie. Je me griffe, le lorgnant farouchement. Patience, je t'aurais un jour & je ferais de toi ma proie, mon animal de foire. Tu seras mien, c'est une promesse.

En attendant cet instant, je te quitte du regard, couvrant l'étendue verte. Je tente de repérer ce qui m'a échappé des mains. Pourtant dans l'étendue verte, aucun point lumineux, aucun éclat, je grogne & je crache : «  Tu me dois une dague, en plus d'une proie. ». Il m'énerve, me gonfle & m'excite, ce qui provoque une débâcle de sentiments contradictoire & abrupt qui s'emmêle & explose en mille sensations différentes. Et je ne peux que rajouter du feu à ma frustration, quand je me dis que j'ai sue ce qui arriverait, quand j'ai sue que cette proie allait me filer entre les doigts. Je grogne, en me relevant : «  Dire que j'aurais pu t'éviter toi & la perte de ma dague, si seulement j'étais pas aussi butée, si seulement tu n'avais pas saboté mon meurtre. Dommage que les visions n'aillent pas plus loin, j'aurais pu me préparer à ton petit tour de passe-passe, moi qui croyait que les sorciers étaient plus puissants que ça, je le parcours du regard, examinant sa tenue, ses cheveux longs & son corps, & plus fort. A croire que vous n'êtes bons qu'à faire mumuse avec le vent, hm? » . Une provocation.

Je joue avec le feu, me foutant de me brûler les ailes & de finir en cendre. « Peut-être que tu veux me montrer le reste de ta magie de foire? ». J'enfonce le clou, remarquant du coin de l’œil un éclat dans l'herbe. Un sourire s'étire: « Ou peut-être que tu as peur d'une femme qui t'a à peine égratigné? ». Je joue réellement avec le feu.


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MessageFeuille de route
MessageSujet: Re: "Il est au sein des bois un charme solitaire."    Mer 16 Mai 2012, 05:40


Czeslaw & Maelan



La main toujours posée sur cette plaie que je m’évertuais à compresser du bout de mes doigts sales, je ne la quittais pas des yeux. Préférant gardant cette fille qui avait sans nul doute perdu la raison, dans mon champ de visions, je ne savais absolument pas de quoi elle pouvait être capable et le fait que je n’ai pu l’entendre m’approcher au travers de ce champ de luzernes me faisait penser qu’elle n’avait rien de l’innocente jeune femme qu’elle avait l’air d’être. Apparences trompeuses. Je m’étais toujours méfier des apparences, et des cadeaux souvent trop alléchants qu’elles apportaient avec elles, ceux-ci avaient bien trop souvent des conditions beaucoup trop lourdes à porter pour un homme moyen et elles finissaient toujours par l’écraser.
Je pouvais sentir sous mes doigts les battements de mon cœur se calmer, reprenant peu à peu un rythme plus doux. Apaisé. Au contraire de cette menace qui se trouvait toujours à mes pieds, hurlante, rageante, insultante. Violente. Elle m’agaçait par ses mots, elle m’agaçait par sa présence, mais je n’en montrais rien alors que j’abandonnais l’idée de comprimer ma plaie, laissant le filet de sang qui s’en écouler s’échouer sur les tissus sombres de mon surcot. J’aimerais un peu de silence, mais elle ne semble pas connaitre ce terme, elle ne semble d’ailleurs connaitre de la vie que la sauvagerie. C’est d’ailleurs d’une folie bien trop farouche que ses yeux se posent sur cette estafilade qu’elle me fit à l’aide de sa dague, elle regarde avec envie, bien trop d’envies. Cette avidité pourrait être effrayante, à dire vrai elle est horriblement dérangeante. Macabre. Tout aussi macabre que cette liaison malsaine que j’entretiens avec la souffrance et la mort.
Droit comme un «i », je ne bougeais pas, me contentant de la regarder se mouvoir. Agile, presque féline, à présent qu’elle se trouvait être debout, je pouvais plus facilement la détailler. Grande, fine, blonde, rien de particulier, tout ce qu’il y avait de plus banale d’ailleurs, si ce n’était ce regard fou. Fou et plein de hargne, une hargne particulièrement haineuse que je comprenais sans mal, mais que je préférais ignorer alors qu’elle m’annonçait que je lui devais quelque chose… Elle, elle me devait une vie, celle-là même que je ne lui avais pas prise alors qu’elle préférait vociférer au lieu de trancher ma chaire de cette dague qu’elle souhaitait que je lui rende. Surement avais-je fait une erreur en la laissant en vie, surement avais-je suivi le même raisonnement qu’elle quand j’avais préféré la menacer plutôt que de l’égorger. Néanmoins quelque chose avait retenu ma main, un petit je ne sais quoi…

« Je ne te dois rien, tu ne dois la perte de ta dague qu’à toi-même, quant à ta proie si elle git à tes pieds par ma faute c’est parce que tu n’as pas su l’avoir avant moi. ». Froids, cinglants, mes mots se voulaient sans répliques, je n’avais pas envie de m’étendre à ce sujet, je n’avais d’ailleurs aucune envie de m’étendre sur aucun sujet en sa compagnie, je souhaitais juste la voir tourner le dos et partir, quitter ma forêt, ou tout du moins ces lieux que j’étais peu enclins à partager. Distrait je l’étais à peine, et pourtant, je n’écoutais ce qu’elle pouvait déblatérer que d’une oreille assurément distraite, je ne comprenais que trop peu ce qu’elle pouvait me raconter. Ou tout du moins, trop lentement pour pouvoir réagir directement au propos qu’elle tenait, et puis, elle avait ce don de passer du coq à l’âne sans que cela ne lui pose le moindre problème.
Haussant un sourcil, et croisant les bras sur ma poitrine, je souhaitais l’interrompre assez promptement alors qu’elle commençait à s’attaquer avec virulence à ma condition de sorcier. Peu d’importance, j’en avais vu d’autre, et ce genre d’attaque en traitre semblait être l’attaque favorite du genre féminin. Elles semblaient toujours penser que l’orgueil masculin primait toujours sur toutes autres réactions, brimant ainsi notre capacité de voir clair dans leur petit jeu… Peut-être. Mais je balayais d’un coup de main imaginaire tout ce qu’elle pouvait bien avoir dit, serrant néanmoins les dents une nouvelle fois à l’idée que j’avais fait une erreur en la laissant en vie. Mais peut-être, oui peut être bien était-elle de ceux qui détenait la clé de certains pouvoirs, qu’elle ne faisait pas parti de ce ramassis de pouilleux qu’étaient les singuliers… Enfin quand bien même elle aurait eu un pouvoir, elle restait toujours une sacré casse pied.
« Qu’entends-tu par des visions ? Serais tu devin ou trouve tu lucratif de te faire passer pour tel ?! ». J’en avais vu de ces imposteurs qui se faisaient pour ce qu’ils n’étaient pas, j’en avais croisé de ces singuliers qui aimaient à faire croire à leur entourage que leurs tours de passe-passe n’étaient autres que de la magie… Mais jamais il n’avait eu cette lueur dans les yeux rien de tout cela, quant au devin, je n’en avais jamais vraiment rencontré sur mon chemin… Et les rares qui s’étaient retrouvé au travers de ma route étaient de ces loques qui préféraient ignorer leur extraordinaire destin pour se faire passer pour de simple mortels. Déplorable. Absolument insoutenable. Je la regardais, elle, cette inconnue, sans discontinuer, tentant sans réelle chance que cela fonctionne, de pouvoir percer le mystère de son existence. Le mystère de ces origines… Mais je n’avais pas le pouvoir de lire dans les pensées, je n’avais pas le pouvoir de voir l’avenir, je n’avais aucun pouvoir de ce genre-là. Alors je préférais de loin rester méfiant.

Mais toute la méfiance du monde ne faisait pas avancer les choses, à force de rester sur mes gardes rien ne se déroulerait, et ce serait d’une inefficacité certaine. Je remarque ce sourire qui vient illuminer son visage, je remarque que quelque chose ne vas pas, que rien ne peut faire changer d’attitude aussi vite si ce n’est l’espoir. Cette saleté d’espoir qui vous prend avant de vous lâcher tout ce qu’il y a de plus vulgairement. Je n’aime pas ça, mais je fais tout de même un pas en avant, je me rapproche, enfonçant les herbes qui m’entoure à chaque pas que je fais en sa direction. C’est un pas lent mais assuré, je cherche en même temps ce qui a pu lui rendre ce sourire. Je cherche mais ne trouve pas… Suis-je aveugle ? Je n’en ai pas la moindre idée. Néanmoins je cache cette appréhension par des mots, de simples mots qui sont là pour occuper son esprit plus que le mien. J’entre dans son jeu, j’y entre sans savoir si je pourrais en sortir. « Ta bêtise te pousse à provoquer un sorcier. Ne serait-ce pas là quelque peu présomptueux de la part d’une assaillante qui se fait désarmer à cause de… ». Je m’interromps faignant d’avoir perdu mes mots, frottant mon menton de mes doigts désormais rouges de mon propre sang, avant de reprendre d’une fois parfaitement égale. « Comment as-tu appelé ça, déjà ?! Ma magie de foire… Enfin, il est agréable de savoir que si elle est de foire, tu es le fanfaron qui l’accompagne. ».
Si elle savait jouer avec les mots, je pouvais en faire de même, et au vu de l’esclandre qu’elle venait de déclencher au beau milieu de la nature, il y avait fort à parier que cela aurait plus d’effet sur elle que sur moi… Et puis il y avait la fougue de la jeunesse, celle-là même que j’avais mis de côté depuis de longues années, me rendant compte que cela m’apportait un peu trop de problèmes, je l’avais rangé au fin fond des méandres de mes habitudes alors que j’apprenais à contrôler ma colère et ma haine. Pourtant malgré ça, je sentais mon sang bouillir au travers de mes veines, n’attendant qu’un geste, un simple geste qui me donnerait une raison de la voir souffrir. Souffrance, et douleurs étaient les maîtres mots de ma vie.
« Alors ? J’attends que tu sonnes le clairon que je puisse te montrer le reste de la foire, à toi qui semble si impatiente de tout découvrir. ». Sourire un brin narquois collé aux lèvres, je me surprenais à détester cette jeune femme, mais a gouter avec une joie comprimée la situation. Cela faisait si longtemps que je n’avais pas vécu quelque chose d’aussi exaltant, et cela venait combler un certain vide. Néanmoins, malgré, toute l’assurance que je pouvais avoir, je desserrais mes bras que je tenais jusqu’alors croisés contre ma poitrine, pour les poser sur mes hanches, au plus près de la dague qui se trouvait enlacée dans l’étui qui se trouvait lui-même attaché par des lanières de cuirs à sa ceinture. Mieux valait prévenir que guérir.
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