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 Flashback- Révélation [PV Athyë]

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▬ Contributions à l'histoire : 409


Amaëlys Cathëilina

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MessageFeuille de route
MessageSujet: Flashback- Révélation [PV Athyë]   Dim 29 Avr 2012, 13:09

Amaëlys était couchée dans son lit, ses iris bleutées fixées sur un point fixe de sa chambre regardant se dérouler devant elle l’ascension d’une coccinelle sur le mur immaculé. Cette petite bestiole seule affrontant les difficultés dues à sa taille. Elle la regardait déjà depuis plusieurs longues minutes sans pouvoir se défaire de cette image et de la force que cette petite demoiselle mettait pour s’en sortir. Qu’avait-elle fait elle depuis presque un an ? Elle passa lentement sa main sur son ventre. En son sein était mort un petit être qu’elle désirait voir grandir et s’épanouir parmi les siens. Elle l’avait à jamais perdu. Le fruit de ses premières fêtes de Beltane. Depuis des mois elle avait l’impression qu’elle ouvrait vraiment les yeux sur sa vie et sur ce qu’il s’était passé. Elle avait été tellement malade qu’elle avait détruit la vie qui était en elle. Pendant longtemps elle avait haï Eydis. Cette divinité qui lui avait pris son père et son jumeau, son ami d’enfance, son enfant…. Pouvait-elle seulement y croire encore ? D’abord la santé, puis une tristesse invalidante et imposante s’était imposée en elle une fois remise sur pied. Quoi qu’elle ne pouvait pas dire qu’elle avait réellement été remise sur pied… la mort de son enfant l’avait amenée à une dépression sévère que sa mère avait accompagnée autant que possible pour la faire sortir de son état. Elle avait pleuré des jours et des jours jusqu’à ce que les larmes deviennent inexistantes, le puits des sentiments s’étant asséché. Alors elle était passée au stade apathique, un corps humain existant mais ne vivant plus. Peut-être serait-elle morte si sa mère n’avait pas été présente. Elle ne savait pas et elle préférait ne pas y penser car la lueur du jour avait amené de nouvelles pensées, un réveil tardif mais qui était en train de faire son chemin. Elle était en train de se réveiller d’un long cauchemar. Un très long cauchemar. Mais Eydis ne l’avait pas abandonnée malgré toutes ses croyances erronées. Ce qui murissait dans sa tête aurait peut-être dû se produire il y a quelques années. Mais le moment était venu. Elle le savait, elle le sentait au plus profond d’elle-même. Il fallait qu’elle se relève et qu’elle avance. Et elle savait désormais comment elle devait s’y prendre. Elle avait passé vingt ans dans cette contrée, cette région qu’elle aimait tellement, avec sa mère qu’elle aimait plus que tout. Mais le moment était venu d’évoluer et de changer pour en apprendre encore d’avantage. Elle était encore jeune et elle avait l’opportunité de se reconstruire. Il n’était pas trop tard. Elle était femme mais le monde ne l’avait pas encore construire entièrement en tant qu’adulte. Et ce n’était pas à Perllan qu’elle le deviendrait. Cette révélation avait été plus qu’imprégnée ce jour. Elle avait compris également qu’il y avait un trou béant dans sa vie. Un manque que la disparition de deux personnes avait engendré. Le seul moyen de faire face à cela et d’y réagir, c’était de combler cette absence qui l’avait au fond toujours petit à petit fait stagner.

Lentement elle se mit en position assise dans son lit. L’aube venait de se lever et pour la première fois elle était réveillée la première. Vêtue d’une robe de nuit d’une douceur incroyable, d’un blanc virginal, elle resta immobile, les cheveux tressés magnifiquement sur le côté. La coccinelle avait presque atteint la moitié du mur et continuait péniblement à avancer. Elle se leva alors lentement et s’approcha de la coccinelle. Doucement elle glissa son doigt près de l’insecte qui après quelques réticences monta sur cette peau blanche aux sinuosités légères. Elle transporta alors doucement la coccinelle et se rendit à la fenêtre de sa chambre qu’avec quelques gestes sûrs et usuels, elle ouvrit en grand, doucement pour ne pas brusquer l’être fragile qui se trouvait désormais dans sa main. Elle lui présenta alors lentement l’air frais du matin qui venait glisser gentiment sur sa peau. La brise titilla doucement l’animal qui de quelques battements s’envola alors pour aller rejoindre son habitat naturel. Amaëlys la regarda aller avant de regarder au dehors. Elle avait l’impression de découvrir l’entourage de sa maison comme si elle était partie pendant longtemps. Il fallait qu’elle en profite car bientôt elle ne serait plus ici. Mais elle verrait d’autres choses, d’autres personnes, elle allait se reconstruire et avancer parce qu’elle ne pouvait pas abandonner. Eydis ne l’avait pas fait. Pouvait-elle aller contre Eydis ? Non. Même si elle l’avait maudite, Eydis comprenait et les épreuves qu’elle avait affrontées n’étaient pas d’une inutilité profonde. C’étaient des épreuves dont elle avait dû se relever et cette dernière avait été la plus dure mais maintenant elle s’était laissée largement aller, elle devait se réveiller. Elle resta un instant là, à regarder dehors, à s’aérer de ce petit vent doux avant de s’éloigner et de rejoindre la cuisine où elle décida de s’atteler à la tâche matinale du petit déjeuner. Elle prépara tout mais elle ne mit pas la table. Non. Aujourd’hui, c’était elle qui allait s’occuper de sa mère qui avait tant subit ces derniers mois. Elle lui en avait fait voir et surtout l’avait fait s’inquiéter bien au-delà de ce qui était possible de faire subir à un parent. Elle savait qu’elle ne pouvait rien y faire, que ce qui s’était passé n’était pas réparable, mais elle pouvait au moins la remercier comme elle pouvait de s’être autant occupé d’elle. Elle sortit ainsi un plateau de bois, finement sculpté et elle installa tout sur celui-ci pour un petit déjeuner au lit. Sa mère ne tarderait pas à se réveiller et elle ne pouvait surtout pas rater ce moment et la voir arriver dans la cuisine. Elle se pressa donc doucement, ces gestes étant devenus lointain pour elle sortant que depuis quelques minutes de sa léthargie dépressive. Elle emporta délicatement tout ça et précautionneusement elle se rendit à la chambre de sa mère. Un miroir se tenait sur le pan d’un mur, lors de son chemin et elle se regarda. Trop pâle, maigrie, elle s’observa impassible. Elle ne se reconnut pas. Comment elle si vivante s’était laissée aller de la sorte. Peu importe. Il ne fallait pas se poser la question du comment, ni se jeter les pierres indéfiniment. Elle n’avait qu’une chose à faire et c’était avancer.

Elle poussa doucement la porte de la chambre et vint délicatement poser le plateau près du lit. Elle regarda tendrement sa mère, si belle, étendue sur le lit, se reposant. Elle avait encore des cernes montrant l’inquiétude qu’elle avait eue à cause d’elle. Délicatement, elle laissa glisser sa main dans les longs cheveux soyeux dont elle avait en partie hérités. Ils étaient tellement doux. Elle avait toujours adoré toucher ces cheveux, depuis qu’elle était petite.

« Maman » prononça-t-elle doucement.

Ce mot n’était pas pour la réveiller, mais elle n’avait plus vraiment laissé ce mot sortir de ses lèvres. Elle n’avait réellement plus rien fait depuis tellement longtemps qu’une bouffée de tendresse et de reconnaissance émergea de ce petit mot tellement important à ses yeux. Délicatement, elle la rejoignit dans le lit et se glissa près d’elle, profitant de cette chaleur maternelle et de ce réconfort qu’elle allait bientôt quitter. Ca allait être difficile mais elle pourrait le faire, elle devait le faire. C’était plus que nécessaire. Couchée près d’elle, elle attendit qu’elle se réveille complètement. Et alors elles déjeuneraient toutes les deux comme avant, dans le lit comme elles l’avaient fait maintes fois. Ce moment doux et câlin qu’elles partageaient toutes les deux car elles n’avaient toujours été qu’elles deux. Et bien qu’elle voulait reconstituer le puzzle de sa vie, elle savait parfaitement que cela ne changerait jamais rien à cette entité qu’elles consistaient ensemble. La distance, qui allait s’insinuer entre elles, ne les séparerait jamais. Elles avaient toujours été unies et cela ne changerait jamais vraiment.


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