Echo des Plaines : Chapitre VII ▬ Le Retour d'Inasmir


 
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 Les amoureux des bancs publics

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Flore Merrivale

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▬ Contributions à l'histoire : 85

MessageSujet: Les amoureux des bancs publics   Jeu 26 Avr 2012, 15:25

“Quand les mois auront passé
Quand seront apaisés
Leur beaux rêves flambants
Quand leur ciel se couvrira de gros nuages lourds
Ils s'apercevront emus,
Qu'c'est au hasard des rues
Sur un d'ces fameux bancs
Qu'ils ont vécu le meilleur morceau de leur amour...”


« Humpf ! »

Flore jeta un regard noir à la servante de sa mère qui venait de réaliser la dernière boucle – violente – à son corset, lui brisant probablement toutes les cotes. Si la jeune fille parvenait à se rendre au Jardin Princier sans mourir d’asphyxie jusque là, ce serait un miracle ! En attendant, il lui fallait souffrir pour montrer à son promis toute la richesse et la beauté qu’il possèderait bientôt, confirmant pour la première le contrat passé entre les deux familles et permettant pour la seconde de quoi exhiber dans les hautes sphères de la société de Lanriel. Si toutefois ses cheveux poils de carotte et ses tâches de rousseur étaient un canon de beauté suffisant pour son futur époux. Malgré que Flore se considérait être bien loin derrière toutes ces jeune filles aux cheveux d’or et à la peau de pêche – comme la princesse, par exemple – elle se trouva plutôt séduisante une fois la torture terminée. Elle n’avait même probablement jamais été aussi jolie que ce jour-là. Flore sourit à son reflet avant qu’on lui dise que la voiture était prête…

La jeune Blasonnée, comme beaucoup, s’émerveilla en entrant dans le Jardin Princier. Depuis le retour des beaux jours, la population de Cathairfál semblait profiter au maximum du jardin et, tandis que Flore et sa suite s’engageaient dans les allées, ils rencontrèrent un nombre incalculable de promeneurs, de gens discutant en riant sur les bancs publics, d’enfants criant de joie tandis qu’ils jouaient à divers jeux… Malgré les récents événements – la chute d’une tribune du Tournoi, la menace constante des monstres et, depuis peu, des Héritiers – et les rumeurs qui couraient sur l’emprisonnement d’une Sorcière, les habitants de la capitale semblaient relativiser et profiter des instants présents. Inspirée par cette quiétude et ce bonheur qu’elle sentait autour d’elle, Flore prit elle aussi beaucoup de plaisir à observer les magnifiques rosiers et les bassins ou l’eau transparente laissait entrapercevoir des poissons de toutes les couleurs. Son humeur, morose ce matin, était, en ce début d’après-midi d’été, bien plus joyeuse. Elle en aurait presque oublié la raison pour laquelle elle se trouvait dans le Jardin Princier.

Raison qui lui fut rappelée lorsque le petit groupe atteignit un kiosque à la bordure d’un bassin de nénuphars. Les deux femmes détachées par Dame Merrivale pour veiller sur sa fille allèrent s’asseoir sur un banc, en retrait, bientôt suivies par les deux gardes du corps de la Blasonnée qui se positionnèrent à l’écart, tout en étant prêts à intervenir en cas de danger. Quel qu’il fut. Flore, elle, entra dans le kiosque et s’assit sur la banquette ouvragée. Tout à coup, elle se sentit bête, là toute seule sur son banc. Elle se retourna vers les servantes, une occupée par un ouvrage de broderie, une autre par ce qui devait être un recueil de poèmes. Aurait-elle du prendre un livre, elle aussi ? Ou quelque chose pour occuper ses mains qui se tortillaient dans tous les sens en attendant son promis ?

Un promis dont elle ne savait toujours rien. Sa mère avait œuvré d’une main de maître pour cacher à sa fille pendant si longtemps l’identité de celui qu’elle épouserait. Si Flore en voulait à sa génitrice pour un tel complot, elle n’en admirait pas moins son talent dans le domaine, car elle se savait elle-même incapable de telles supercheries. D’un autre côté, cette situation avait donné à la jeune femme l’impression que ce mariage n’était que de la fiction et, jusqu’à aujourd’hui, elle ne s’en était pas souciée plus que ça. Du moins… pas autant qu’elle le ressentait maintenant. Flore était proprement terrifiée. A côté, son expérience avec le voleur quelques jours plus tôt n’était rien. Et elle aurait presque eu envie d’être victime d’une nouvelle tentative d’enlèvement que de découvrir l’homme avec qui elle devait passer le restant de ses jours. Malgré la chaleur de la journée, Flore frissonna. Elle essaya de penser à autre chose mais son regard ne faisait que tomber sur les hommes seuls qui empruntaient le chemin qui passait devant le kiosque. Etait-ce celui-là, avec la longue barbe blanche ? Non, les vêtements n’étaient pas assez riches. Cet homme à l’armure brillante ? Hum… quel genre de message cela ferait-il passer que de se présenter à sa fiancée en tenue de guerre ? Celui à la balafre sur l’œil ? Par Eydis, non ! Bientôt, Flore ne faisait plus de différence entre ceux à l’allure de Blasonnés et ceux issus de la plus basse couche de la population et son imagination ne manqua pas de lui faire imaginer des scénarios plus invraisemblables les uns que les autres. Haletante, il lui semblait suer à grosses gouttes sous sa belle robe…

L’attente ne finirait-elle donc jamais ?

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Gaeth Fitzroy

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MessageSujet: Re: Les amoureux des bancs publics   Sam 12 Mai 2012, 18:00

Le regard vide, le jeune blasonné regardait son reflet dans le miroir. Ce qu’il y voyait ne lui faisait ni chaud, ni froid. Son allure noble, ses vêtements de bonne facture et son charme discret parlaient d’eux-mêmes, et il n’était pas d’humeur à s’auto-persuader de son aptitude à séduire. Nulle trace de peur ou d’un quelconque sentiment ne transparaissait sur son visage, comme s’il était figé par quelque maléfice et pourtant, son esprit était loin d’être apaisé… Gaeth était partagé entre une certaine curiosité compulsive et un état d’énervement malsain. Il s’était levé tôt ce matin-là, trop préoccupé pour réussir à se reposer entièrement. Et à vrai dire, il préférait passer du temps à se préparer et à lire, plutôt qu’être dans la précipitation et de n’avoir pu réfléchir à ce qu’il allait faire ou dire. Car c’était tout bonnement une question cruciale pour lui. Ne voulant paraître ni grossier ni stupide, il pensait rester courtois et essayer d’engager la conversation sur des sujets qui pourraient à la fois plaire à la jeune femme et au jeune Blasonné. Le problème, c’est que dès qu’il commençait à penser à elle, il voyait le visage de la femme de sa vision. Ce visage le hantait nuit et jour, le torturait et le rendait plus nerveux que jamais à l’approche de ce rendez-vous galant. Pourtant, il n’avait que rarement rencontré la Blasonnée et se souvenait à peine de son vrai visage. Et s’il ne pouvait s’empêcher de revoir la vision face à la jeune Flore ? Et s’il n’arrivait pas à contrôler d’autres visions ? Et si, et si… Trop de questions se bousculaient dans sa tête pourtant déjà bien remplie.

Se dirigeant vers son bureau, il s’assit et resta un moment à observer des feuilles d’un manuscrit qu’il était en train de rédiger. Un bruit discret lui indiqua que quelqu’un entrait avec douceur dans la chambre. Tournant la tête, ses yeux vides rencontrèrent ceux clairvoyants de sa nourrice. Malgré son âge, Gaeth était très proche de cette femme. C’était elle la première qui le rassura après l’apparition de son don. Elle ne l’avait pas abandonné et encore aujourd’hui, elle avait une façon subtile d’être toujours à ses côtés sans pour autant l’étouffer. Ce simple échange de regard fit comprendre à la douce brune que le jeune homme était torturé. Quant à lui, il comprit qu’elle serait toujours là s’il en avait besoin. Devant cette attitude rassurante, Gaeth réussit enfin à lâcher un sourire sincère. Venant à lui, la nourrice posa une main sur épaule et lui dit avec un regard complice :

« Je préfère ça. Que penserait votre fiancée d’un jeune homme aussi sinistre ? » Elle passa une main dans les cheveux bouclés de son protégé et rajouta : « Ne tardez pas, il ne faudrait pas que vous soyez en retard à votre premier rendez-vous tout de même ! »

Se contentant de prendre la main de sa protectrice dans la sienne, Gaeth la regarda dans les yeux et répondit un simple : « Merci, douce amie… » Se levant, il attrapa sa cape et l’accrocha dans son dos d’un geste fluide. Jetant un dernier regard à sa chambre, il sortit d’un pas assuré. C’est à peine s’il dit au revoir à ses parents, et de toute manière, son Père était de sortie. Contrairement à Flore, Gaeth pouvait tout à fait venir seul à ce genre de rendez-vous. Le chemin jusqu’au jardin princier lui parut interminable. Pourtant en arrivant, il ferma les yeux en respirant la bonne odeur des fleurs. Les couleurs du jardin étaient incroyables et tout autour rayonnait la douceur et la joie de vivre. Ce qui était évidemment en total contraste avec notre jeune Blasonné. Il faisait des efforts pour paraître détendu, mais il était vrai qu’il se sentait ridicule à ainsi chercher fébrilement celle qui passera sa vie à ses côtés. Les bosquets se ressemblaient tous, mais on lui avait expliqué précisément où il devait se rendre, il n’avait pas donc pas lieu de s’inquiéter.

Ses pas le conduisirent alors au kiosque bordant ce superbe bassin aux nénuphars. S’arrêtant à quelques mètres, où il était encore caché par un arbre, il se surprit à observer de loin la jeune femme assise à l’intérieur du kiosque. Il vit qu’elle paraissait nerveuse et qu’elle-même observait tous les hommes qui passaient non loin de là. Il devait se lancer. Respirant un bon coup, il se dirigea d’un pas sûr mais tranquille vers son destin. Et quel destin ! Il ne pouvait nier que la jeune femme possédait un charme indéniable, charme peut-être discret aux yeux de certains hommes mais qui lui apparut presque immédiatement. En effet, le Blasonné n’était pas l’un de ces dandys de la cour qui cherchait à emballer uniquement les jeunes femmes à la beauté époustouflante. Il préférait les femmes qui s’assumaient et qui possédaient ce truc qui faisait qu’elles étaient uniques. Peut-être était-ce une déformation de son don qui l’incitait à voir plus loin que la surface… Un coup d’œil furtif lui apprit qu’il était surveillé et qu’au moindre faux-mouvement il risquait d’avoir quelques soucis. Et il ne savait pas qui craindre le plus : les gardes du corps surentraînés et armés ou les dames de compagnie au regard perçant et moralisateur ? Mais il devait se concentrer sur sa mission du jour. Arrivé à l’entrée du kiosque, il posa les yeux sur sa jeune fiancée. Son cœur manqua de faire un bond lorsqu’il put enfin examiner son visage. Le visage.

D’abord cloué sur place, son étourdissement ne dura pourtant que quelques secondes. Se reprenant très vite, il se racla la gorge avant de s’incliner avec respect face à la jeune femme.

« Ma Dame. Je vous prie de m’excuser si je vous ai fait attendre trop longtemps. Puis-je m’assoir à vos côtés?»

Il était pourtant à l’heure. Mais devant une Dame, il fallait toujours se montrer courtois et essayer de comprendre ce qu’elle ressentait. Elle attendait peut-être depuis pas mal de temps alors il lui fallait compatir… Et puis se posa une question stupide : devait-il rappeler son nom ou le savait-elle déjà ? Son cerveau bouillonnait. Ne supportant pas ce silence pesant, Gaeth reprit très vite la conversation, en profitant pour offrir le cadeau qu’il lui avait apporté :

« Veuillez accepter ce livre pour présent. C’est un récit romanesque et historique que j’apprécie beaucoup et qui j’espère vous plaira autant qu’à moi…»

Sur la première page du livre était inscrit quelques mots à la plume : « Faites qu’Eydis sache nous guider dans notre vie aussi bien que le héros de cette histoire…
Gaeth Fitzroy »


Il avait décidé d’être un peu plus original que les autres. Pourquoi un homme devrait-il tout le temps offrir des fleurs ou des bijoux pour être apprécié? Peut-être était-ce les pensées d’un intellectuel mais Gaeth trouvait cela beaucoup plus personnel de partager la lecture d’un bon livre plutôt que d’étaler sa fortune dans des cadeaux qui n’ont aucune âme. Ses yeux chocolats se posèrent sur le visage de Flore, essayant d’y lire ses réactions… Il était ébloui par les cheveux flamboyants et les yeux émeraude de la jeune femme. Il sentait qu’elle n’était pas l’une de ces soupirantes stupides qui parfois l’abordaient. Derrière cette jolie silhouette semblait se cacher une personnalité vive et explosive… Le tout était de savoir comment il allait bien pouvoir lui cacher son don pour le reste de sa vie…
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Flore Merrivale

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▬ Contributions à l'histoire : 85

MessageSujet: Re: Les amoureux des bancs publics   Dim 20 Mai 2012, 17:34

Flore avait hésité l’espace d’une seconde. Et si elle quittait le banc et s’enfuyait en laissant toute cette mascarade derrière elle ? Elle avait la force et le courage de vivre par elle-même et de devenir une véritable aventurière. Elle était capable de subvenir à ses besoins sans l’aide de qui que ce soit et avait suffisamment de ressources pour s’en sortir. Oui, elle aurait très bien pu tout planter là et changer de vie, vivre dans la liberté qu’elle rêvait depuis toujours… Mais il y avait les gardes derrière elle. La robe inconfortable qui l’aurait faite trébucher avant même qu’elle ne puisse s’élancer. Le terrain qu’elle ne connaissait pas. Et son père qui avait suffisamment de problèmes de santé sans en plus lui faire faire une crise cardiaque. Des excuses tout à fait valables… à moins qu’elle n’en ait finalement pas les tripes ?

Un coup d’œil derrière son épaule détruisit définitivement tout espoir de fuite. Jamais on ne la laisserait ne s’éloigner que de quelques pas. Si elle avait fait mine de se lever pour rejoindre le bassin des nymphéas, elle était certaine qu’au moins l’un de ses cerbères lui aurait emboîté le pas. A distance respectueuse, certes, mais suffisamment près pour lui couper toute tentative d’échappée. Alors elle ravala sa salive et reprit son examen de la foule. Deux ou trois personnes passèrent encore avant qu’un jeune homme ne s’approche, se dirigeant droit vers le kiosque. Etait-ce lui ? Flore l’observa, à la fois excitée à la perspective de savoir enfin de qui il s’agissait, et toujours méfiante, pour différentes raisons. Une chose la rassura, pourtant : il semblait jeune. Probablement plus âgé qu’elle mais pas autant qu’elle aurait pu le craindre. Et séduisant. Quand bien même Flore était réticente à l’idée d’un fiancé, elle ne pouvait nier que, jusqu’à présent, la surprise était plutôt bonne… à condition que ce soit le bon ! Peut-être venait-on seulement la chercher pour la conduire à un meilleur endroit où rencontrer son prétendant ? Peut-être venait-on excuser la non-venue du fiancé pour une raison ou une autre ? Peut-être… peut-être… Les questions tourbillonnantes de Flore devenaient énervantes pour la jeune femme, qui n’aimait pas être victime de tant d’incertitudes. Au départ, elle avait pris le jeu de sa mère par l’humour et la désinvolture mais elle se rendait compte en cet instant que tout ce mystère la rongeait de l’intérieur et que si elle ne savait pas bientôt la vérité, elle finirait par exploser !

L’homme s’inclina et ouvrit la bouche. Jamais Flore n’avait autant attendu qu’on lui dise quelque chose. Il aurait pu l’insulter que cela lui aurait sonné à l’oreille de la même manière qu’une parole de délivrance. Mais il ne le fit pas et ce sont des excuses qui franchirent ses lèvres. Il était donc bien celui qu’elle attendait. Consciente que son visage devait exprimer tout un tas d’émotions contradictoires – et donc fort peu avenant – Flore se contenta de hocher la tête quand il lui demanda s’il pouvait s’asseoir et profita du moment où il prenait place pour se composer une nouvelle figure. Quand il se tourna vers elle, elle se sentit moins crispée, bien que toujours dans l’expectative et le silence qui s’était installé aurait pu la faire pouffer comme une adolescente si ce moment solennel n’avait pas été aussi… plat. Depuis des semaines, Flore se faisait toute une montagne de ces fiançailles, se disputant avec sa mère, implorant son père, désobéissant à tout le monde… Et aujourd’hui, alors qu’elle rencontrait enfin son promis, elle ne ressentait… rien. Le mystère était presque dissipé et quand bien même son futur époux était un beau jeune homme, c’était comme si toute émotion s’était envolée. Voilà, elle venait de rencontrer son fiancé. Point. Pas encore final, mais presque.

Flore se rendit compte qu’elle fixait le jeune homme avait un peu trop d’insistance et elle détourna les yeux quelques instants, avant que son fiancé ne brise le silence en lui offrant un cadeau. Elle se redressa vivement sur le banc.

« Oh ! Euh… merci. »

La jeune fille sourit et passa une main sur la couverture du livre. Voilà une attention qui aurait marqué des points si sa mère avait été présente. Flore n’était pas une grande amatrice de lecture – l’appel de la forêt étant bien plus grand que celui d’une bibliothèque – mais tant qu’il ne s’agissait pas d’un traité assommant sur l’art de la couture, alors peut-être qu’elle s’en ferait la lecture. Elle l’ouvrit à la première page, pour en lire le titre, et lut la dédicace que son fiancé lui avait faite. Celle-ci la fit sourire et la rassura. Il était donc aussi inquiet qu’elle sur leur avenir. Et quand elle lut la signature, la réaction de Flore en fut beaucoup plus spectaculaire.

« Vous êtes un bât… cousin de la famille royale ! » Flore se rattrapa de justesse alors qu’elle s’était redressée comme un ressort pour faire face à celui qu’elle allait épouser. Le rouge lui monta aux joues quand elle se rendit compte de sa réaction et de ce qu’elle avait failli laisser échapper et elle se rassit, le livre serré entre ses bras.

Fitzroy. Elle allait épouser un bâtard. Sa mère, qui se réclamait fièrement de la lignée légitime des Hardansson l’avait promise à un enfant né de la cuisse gauche du père du roi. Son cas était-il si désespéré que Dame Merrivale avait du accepter une offre qu’elle aurait abhorré si Flore n’avait pas déjà essuyé trois échecs et grandit d’une réputation désastreuse ? Il n’était pas dans les habitudes de la jeune femme de juger ainsi la naissance des gens et elle ne faisait jamais grand cas de ce que l’on racontait sur sa prétendue malédiction mais cette découverte la blessait malgré tout et lui faisait prendre conscience que beaucoup l’avaient refusée sans même la connaître ou lui accorder une chance. Et tandis qu’elle relevait les yeux vers son futur époux, elle se rendait compte qu’elle venait de réagir exactement de la même manière. Elle rougit de plus belle et se mordit durement la lèvre avant de pouvoir prononcer quelques mots.

« Pardonnez-moi, je ne voulais pas… je… Je ne savais pas qui vous étiez, ma mère ne m’avait pas dit à qui j’étais promise et… » Elle n’osait pas le regarder en face, de peur d’y lire une réaction qui lui serait familière ou d’y découvrir qu’il la détestait, déjà.

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