AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
 

 It starded out does a feeling which then turn into a hope [Rp Flashback | Pv: Zoran A. Drahiyr]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

Invité
Invité
MessageFeuille de route
MessageSujet: It starded out does a feeling which then turn into a hope [Rp Flashback | Pv: Zoran A. Drahiyr]   Mer 25 Avr 2012, 10:45

Athye E. Catheilina, 20 ans



An 10 du Deuxième Age II...

Vénère tes larmes quand tu aime
Arrache moi les ailes et griffe moi
Car je ne peux survivre loin de toi
Même si pour cela tu dois me faire de la peine

Le vent fouette mes cheveux, mais ce n'est pas la course effrénée qui me met dans cet état mais uniquement la bourrasque de ce début d'hiver. L'air froid ne s'engouffrait heureusement pas sous mon épais manteau de fourrure qui recouvrait presque tout mon corps. Les secousses n'étaient pas très forte et la jument au pas me berçait d'un doux mouvement, sa robe se fondait presque dans la brume de cet après-midi peu chaleureuse. Depuis quelques semaines déjà les journées raccourcissaient, les températures chutaient et l'été s'évanouissait. Les habitants avaient revêtit leurs vêtements d'hiver et leurs sorties hors des murs de la cité se faisait de plus en plus rare. Les quelques oiseaux que l'on pouvait observer dans leurs nids quelques nuits auparavant avaient maintenant disparus avec les petits devenus assez forts pour s'enfuir avec eux. Un sourire s'élargissait un peu plus sur mon visage aux traits encore juvéniles. Mon visage exempté de tout passage du temps offrait sa fraiche beauté au monde. Cela faisait presque cinq mois à présent que je n'étais pas sortie, Zoran me gardait comme un chien de garde et je commençais à en être folle de cet enfermement excessif. J'avais eu besoin de sortir, d'avoir un peu d'air et de pouvoir tout simplement admirer la nature qui peu à peu aller sombre dans un sommeil funeste pour mieux renaître. Ce spectacle a coupé le souffle je ne l'aurais manqué pour rien au monde même si une crainte sourde demeurait enfouie au plus profond de mon être. Mon amant n'allait certainement pas apprécier de me découvrir ainsi échappée sur ma jument qui n'avait plus vu les fins traits de mon faciès depuis le dernier printemps. Ma balade n'avait certes pas été si longue, à peine plus d'un quart d'heure, mais il pouvait si facilement s'emporter que je ne doutais pas de son courroux au moment même ou ma silhouette apparaitrait dans son champ de vision. Ses traits durcis par la rage me revenaient sans peine car il m'interdisait bien des choses depuis qu'il avait connaissance de ce qui grandissait en mes entrailles. Moi aussi je perpétuerais le cycle sans fin de la vie. Eydis nous avait béni, lui comme moi par le don de la procréation. Avec un petit sourire bienveillant je caressais presque machinalement le ventre rebondi qui dépassait largement sous les couches pourtant épaisses de vêtements.

On me regardait avec joie ou avec horreur, je n'en avais que faire de ces colères sourdes pour l'irrespect d'une union maritale déjà consommée. Bien que prêtresse d'Eydis je me fichais totalement des règles de pureté édictées par les Singuliers, qu'ils s'étouffent avec dans leur frigidité proprement hilarante ! Eydis elle-même était faite d'amour et ne pouvait donc que cautionner les actes en la faveur de ce noble et brûlant sentiment. Mon coeur se consumait de ferveur pour cet homme parfois si tendre et distant, aussi glissant et doux que l'eau il avait ravi mon palpitant avec rapidité et il m'était désormais difficile de me souvenir de toutes ces années sans sa présence. Bien entendu Zoran en tant que Dragonnier avait des obligations et il ne s'étendait que rarement plus d'une journée en ma compagnie. Tout du moins c'est ce qu'il faisait juste avant ces derniers mois. Depuis la nouvelle de ma grossesse il avait été particulièrement présent, prévenant et attentionné ce qui je dois l'avouer m'avait subjuguée. Je n'allais certainement pas m'en plaindre moi qui avais tant priée Eydis pour ce don, je ne pouvais donc que l'en remercier. Ainsi nous formions une famille en devenir. Perdue dans ces nouvelles responsabilités qui allaient me tomber dessus je me plaisais plutôt à oublier cela dans d'illusoires scénarios de bonheur infini. Des questions revenaient sans cesse et je trépignais d'en connaitre les réponses. Serait-ce un garçon ? Une fille ? Serait-il ou elle plus de la souche Druidique que Dragonnière ? Je me réjouissais à l'idée de pouvoir transmettre mon savoir, mes valeurs à un petit être qui me survivrait. J'avais tant d'amour à donner que mon cœur en explosait parfois. Cette progéniture tombait plutôt à point nommé même si elle n'était absolument pas prévue, en tout cas pour moi. J'étais jeune, tout du moins je pensais peut-être un peu trop pour être capable d'assumer toutes les contraintes qu'une petite lueur de vie pouvait apporter.Je me laissais aller à toutes mes divagations tandis que mes pérégrinations prenaient doucement fin. Guidant ma monture à l'aide des rênes je la sentais parfaitement alerte mais surtout consciente que le petit périple s'achevait. Petit à petit elle prit naturellement et toute seule la direction de la modeste demeure que je partageais avec le Dragonnier. Ne pouvant me permettre d'être assise comme un homme en amazone je gardais les jambes du même côté en gardant un maximum de précautions pour qu'il n'arrive absolument rien au petit trésor endormi dans mon ventre. Comment pouvais-je savoir qu'il voyageait avec Morphée ? Un instinct, un pressentiment qui de nouveau égaillait mes traits. J'étais terriblement bien malgré ce poids qui tirait sur mes côtes.

Par soucis de sécurité j'avais été consulter d'autres membres de ma caste, pour avant tout m'assurer de la bonne santé de l'enfant. J'avais alors appris une grande nouvelle, non seulement ce petit être allait parfaitement bien mais en plus il n'était pas tout seul. L'oracle présente et le Druide m'avaient assurés que je portais des jumeaux vigoureux ce qui expliquait effectivement le ventre plus que conséquent que je devais me trimbaler un peu partout. Je m'étais bien entendu faite déjà sermonnée par eux pour avoir risqué le trajet à cheval. La raison de cette prise de risque ? J'avais envie d'un peu de changement, un peu d'adrénaline même si je ne me déplaçais qu'au pas j'étais contente d'avoir ce petit moment de liberté. Zoran n'avait pas été là lors de mon départ, vous vous en doutez certainement. Parti chercher quelques plantes médicinales que je lui avais appris à reconnaître il était parti pour la journée et j'avais bon espoir qu'une fois rentrée il ne serait pas encore lui même parvenu à notre logement. Déjà l'agitation de la ville et les nombreuses personnes déambulant dans les diverses artères principales laissèrent place au quartier de Perllan. Quelque peu moins fréquenté par la population ordinaire il était le refuge idéal à mes yeux. Côtoyant la nature il avait également l'avantage de ne pas être situé près des remparts sans cesse assaillies par ces créatures sorties tout droit des profondeurs putrides de l'Enfer. Bordé de végétations il offrait également toutes les ressources nécessaires à mes activités de Druide guérisseuse et d'herboriste. Tout en traversant les premières habitations je fus bientôt entourée de curieux, amis et autres voisins amicaux qui tout en prenant de mes nouvelles s'émerveillaient sur mon bedonnant nombril. Cependant je ne leur en appris que le strict nécessaire, je tenais particulièrement à ce que Zoran soit le tout premier informé du changement de programme. Il n'aurait plus à pomponner un nourrisson mais deux. J'osais espérer que cette nouvelle donne ne changera pas le court de notre histoire car si je le savais épris de moi je ne pouvais certifier de son comportement car chacun garde en lui une part d'ombre et de mystère que nulle ne peux contempler à loisir. Me mordant un peu la lèvre à l'idée que la joie ne puisse être l'émotion que je lirais sur ses traits j'essayais en vain de me détendre. J'allais bientôt arriver et il n'était pas question de me montrer faible face à son air peu avenant. Je n'avais pas peur de lui, je sais parfaitement qu'il n'est pas de ces hommes brutaux et rustres qui n'hésitent pas à cogner une femme sans une once d'esprit. Je pense assez le connaitre pour le juger à sa juste valeur mais aussi pour anticiper ses réactions. Redressant mon port de tête j'entrais presque fière de moi dans le périmètre de notre simple demeure. Cette maison de pierre était un payement d'un client trop fauché pour me récompenser d'avoir sauvé sa promise, il m'avait donc construit de ses propres mains et avec l'aide d'ouvriers cette petite maison un peu en retrait des autres. Respectant mon désir de solitude personne n'avait ensuite décidé de s'installer aux côtés de cette chaleureuse demeure que l'on considérait comme bénie puisque je pouvais être sollicitée facilement. Je ne suis certainement pas du genre à me vanter mais voyez-vous une Druidesse est toujours utile et spécifiquement une initiée des poisons et autres remèdes. Je commençais à peine à exercer cet art sans aucun chaperon de mon ordre mais je dois avouer que je me débrouille pas trop mal. J’aperçus sans mal mon homme non loin de la porte. J'avais probablement mal calculé sa capacité à trouver très rapidement l'objet de ses quêtes. Après avoir replacé une mèche rebelle à sa place je lui adressais tout de même un sourire. Je me répétais que je n'avais absolument rien à me reprocher mais c'était à vrai dire un peu trop gros pour me rassurer réellement. La culpabilité est une amie qui me quitte rarement même si les circonstances des choses et leur causes ne sont pas de mon fait.

Malheureusement pour lui aujourd'hui je n'avais pas l'intention de me démonter et j'assumerais jusqu'au bout les conséquences de mes actes. Précautionneusement je mis pieds à terre en prenant garde à mon réceptacle de vie. Une main constamment posée sur ce berceau constitué de ma chair je lui fis face avec courage. Je ne pouvais deviner l'expression énigmatique de son visage. En tout les cas je ne m'attendais absolument pas à une effusion de tendresse et de romantisme. C'était apparemment trop lui demander et je respectais cela. Bien que nous ayons une grande partie d'amis dans ce quartier les dissidents à la tradition n'étaient pas nombreux et en tant que couple non marié nous avions déjà eu à essuyer pas mal de remarques désagréables. Sans lui laisser le temps de passer à l'action ou de dire une seule parole je me rapprochais de lui aussi prestement que mon état pouvait me le permettre. Pour essayer de l'adoucir je plaçais ma main sur sa joue encore fraîche d'un trajet qu'il avait dû effectuer en toute hâte pour revenir aussi vite. Je déposais passionnément un baiser sur ses lèvres closes et je sentis alors une des nombreuses secousses d'un des petits bambins.

- Je sais ce que tu vas dire, et comme toujours tu n'auras certainement pas tords. Malgré tout écoute la justification de mon acte avant de commencer ton sermon car les nouvelles que j'apporte pourraient être d'un grand intérêt mon aimé. Je reviens d'une consultation d'un membre de mon ordre mais aussi d'avec une oracle. N'es-tu pas curieux de savoir ce qu'ils m'ont annoncé ?

Revenir en haut Aller en bas
avatar
▬ Contributions à l'histoire : 236


Zoran A. Drahiyr

▬ Contributions à l'histoire : 236

MessageFeuille de route
MessageSujet: Re: It starded out does a feeling which then turn into a hope [Rp Flashback | Pv: Zoran A. Drahiyr]   Ven 27 Avr 2012, 13:58


" Spread your dainty wings, Butterfly. Fly. Deep abyss of dark blind anguish, Butterfly. Die."






Il sentit les fanes mourir entre la rétraction de ses phalanges. Une bruine de pétales zinzolines dansa jusqu'au sol de terre cuite, sitôt bariolée d'une poussière pollinique au jaune criard. La fleur d'Hysope et celle de Tanaisie, deux variétés alors martyres de sa rage sourde. Ses prunelles de jaspe contemplèrent, alors qu'il cessa l'étreinte moribonde qu'il exerçait sur elles, les conséquences de son méfait. Les corolles abîmées pleuraient leur douleur, tiges et organes foliacés froissés et enchevêtrés en un noeud alambiqué. Piètre constatation que de voir sa frustration altérer ces oeuvres de la nature, pourtant, fallait-il se satisfaire qu'il n'y eut nul âme qui vive dans la même pièce que lui, en cet instant. Zoran prit une ample inspiration qui dilata ses poumons au possible, puis, déposa besaces et plantes sur la table à proximité. Achats et trouvailles réunies sur la surface de chêne poli, sa main malmena sa courte chevelure d'ébène, la décoiffant frénétiquement - plus qu'elle ne l'était d'ores et déjà tout du moins. Il aperçut alors un broc d'hypocras délaissé non loin de là, pichet de la veille dont il s'empressa de lamper le fond n'ayant point été consommé. Elle lui ferait perdre la raison avant le terme. S'était-il déjà tant tourmenté pour quelqu'un ? Il en doutait. Lui qui de coutume – et malgré la véhémence de la jeunesse – exhalait flegme et réflexion, se surprenait à des accès de fougue incontrôlés. Plus alarmé que l'engrossée elle-même, le futur pater ne supportait l'hypothèse que quelconque infortune puisse arriver au précieux poupon sur le point de naître. Plus de huit mois qu'il se drapait de transe à la moindre anicroche, qu'il ne cessait de parcourir la moitié du royaume pour alterner ses rôles de soigneur de l'Ordre et d'amant. Las de ces traversées entre les cimes de Bairr Bàn et la flore de Perllan, le dragonnier avait pris congé auprès de ses condisciples sans guère leur donner de justification. Absent pour plusieurs mois, telles avaient été ses paroles envers ses supérieurs hiérarchiques, ces derniers lui soupçonnant certainement une lointaine quête paléobotanique, l'une de celles qu'il entreprenait fréquemment. Il s'était ainsi installé à même la demeure de sa concubine, foyer qu'il n'eut jamais côtoyé plus de trois jours successifs auparavant. Leur existence toute entière eut à être révisée avec ce qui prospérait de vie dans la matrice de la sylphide, gemme de l'espérance de deux êtres établis en concubinat depuis qu'ils eurent pris conscience de leur future condition de parents.

Sur-protecteur, despotique dans de frêles aveux, il veillait sur la druidesse plus qu'il ne l'avait jamais fait jusqu'à présent. D'avantage inspiré par des fins personnelles, égoistes et secrètes, il supportait tant bien que mal les sueurs froides dont l'affublait parfois la jouvencelle. S'il ne la spoliait pas de toute compagnie – ami(e)s et voisinage faisant acte de présence dans leur quotidien – il aimait cependant à être au fait de ses moindres mouvements. Plus les jours s'écoulaient, plus sa bedaine se cambrait, moins il faisait preuve de tolérance. Etonnamment volumineuse pour une grossesse usuelle, ce fait manifeste contribuait à l'appréhension constante du jeune homme, craintif qu'un problème ne survienne avant ou après la mise au monde. Une angoisse palpable, qu'il s'évertuait à chasser sur l'échine de sa fidèle monture. Par ailleurs, un grognement rauque et originaire de l'extérieur scinda le silence des lieux. Le guérisseur s'orienta en direction du rugissement qu'il ne put que reconnaître, et qui l'incita à passer l'huis du domicile dans lequel il s'était engouffré à peine quelques minutes plus tôt. Le frêle aquilon qui l'accueillit lui remémora que l'hiver était au pas de leur porte, aussi s'emmitoufla t-il un peu plus dans l'ample cape qui lui couvait les épaules. Non loin de l'entrée, Iriel jouait de l'envergure de ses ailes en vociférant quelques grognements. Les calots de son maître se posèrent alors sur l'horizon, sur le galbe d'un cavalier qui se précisait avec les mètres. Il reconnut tout aussi promptement l'opaline pèlerine de fourrure et la crinière flavescente qui s'en dissociait, pour être celles de l'indocile qu'il aurait été sur le point de traquer. La vile l'avait envoyé en commission pour mieux se dérober à sa surveillance, une éventualité qui lui avait effleuré l'esprit dès lors qu'il l'eut quitté pour remplir sa besogne. Nul doute qu'il aurait été distrait toute la sainte journée s'il ne s'était pas hâté dans ses tâches, et pour le plus grand malheur de celle qui avait orchestré cette machination, il était parvenu à prendre de l'avance sur son retour. Si proche de la réussite – celle d'avoir rejoint leur demeure avant lui – la nymphe aurait tout loisir de s'offusquer de son échec et des vitupérations qui en résulteraient. Bras croisés sur son poitrail, il patienta que la fautive ne rallie sa compagnie, un éclat d'embrasement gambillant déjà au coeur de son regard.

Si elle fit risette, lui, préserva l'aridité de ses traits. Toute la virginité de sa vénusté n'aurait été suffisante à le lénifier tant elle s'enfonçait dans son infraction, par la simple observation qu'elle se présentait à lui sur l'épine dorsale de sa jument. Quelle idée incongrue de se risquer à la flânerie chevaline enceinte comme elle l'était. Inconsciente ! Bien malgré l'effervescence qui le gagnait, le soigneur demeura placide, circonspect. Il vint saisir les sangles buccales du canasson pour le maintenir immobile durant la descente de la donzelle, bras tendu, sans guère la quitter de ses sombres iris. Ses délicieuses lippes à l'embrassade des siennes ne le firent pas plus réagir, ni même la curiosité légitime qui aurait dû émaner de ses propos. Il ne voyait que la fourberie, et le danger qu'elle avait essuyé pour sa pérégrination aussi courte eut-elle pu être. Son faciès s'assombrit, un couplet de secondes plus tard, son baryton guillotina.

« Je me fiche bien qu'une bougresse à boule de cristal et un saronide pédant aient pu te conter fleurette. » Il décroisa les bras et se pencha sur elle, fulminant. « Espèce d'irresponsable ! T'es-tu regardée au moins ? A te trainer comme la dernière des éreintées, par une température comme celle-ci ! Ne te cherche pas d'excuses, nous avons nombre de voisines matrones, qui sont censées te faire accoucher le moment venu je te le rappelle ! Une visite chez l'une d'entre elles aurait suffit à te fournir une quelconque théorie fumeuse que tu es certainement allée chercher à l'autre bout de la cité... En t'y risquant à dos de cheval en plus ! » Dit-il en désignant la jument. Celle-ci, intriguée par cette main s'agitant devant elle, se mit à la humer. Geste qui en exaspéra le propriétaire. « Va donc voir ailleurs si j'y suis, toi ! »

Sa paume claqua sur le museau de l'animal qui, offusqué, tourna les talons en hennissant. Un rien aurait été susceptible de le bousculer dans ses derniers retranchements, car il n'osait imaginer ce à quoi s'était acoquinée Athyë durant son absence. Maudite femelle. Il commençait à comprendre pourquoi les dragonniers s'en étaient allés s'isoler aux abords d'un volcan, là où personne ou presque ne pouvait les importuner dans leur quotidien. L'on avait cessé de lui répéter que si les dames n'étaient point admises dans la forteresse de Mhian Dhiaga, ce n'était que pour des raisons savamment judicieuses. Elles n'auraient fait que détourner leurs mâles des responsabilités inhérentes à leur statut, enclines à défringoler l'entièreté de leurs moeurs ancestrales. Tous les dompteurs de reptiles ailés ne s'incommodaient pas de relations conjugales, pas plus que de progéniture pour faire perdurer leur patronyme, ce qui expliquait l'épuisement de leurs effectifs. Les Drahiyr avaient toujours su édifier un futur à leur nom, ce à quoi escomptait plus que tout le guérisseur. Il nourrissait l'éternelle crainte que quelque chose lui arrive, à elle, et par extension, à son enfant. Pourtant, il abhorrait ces moments où la frustration prévalait, en dépit de ce qu'il était, il n'appréciait guère hausser le ton sur la belle. Une vérité qui l'étreignit lorsqu'à nouveau, il toisa ses gemmes azurées. Son invective aurait aisément pu trouver suite, mais il se tût, se fit violence pour réprimer les semonces qu'il sentait survenir. Se cherchant une contenance, il se mit à gesticuler nerveusement, jusqu'à joindre ses deux mains dont les index vinrent s'accoller à sa bouche et son nez, comme s'il eut été en pleine patenôtre. Il expira à en perdre haleine et parvint à recouvrir un calme apparent. Un long et profond silence, deux amants aphones. Zoran l'observa, la considérant dans sa toute beauté. Puis, venant au plus proche de la naïade, il lui massa lentement les épaules en lui faisant toujours face. Que dire de plus ?

« Rentrons. »

Prudent, il se cantonna au minimum. Une sommation qui, au revers de son accalmie, n'en demeurait pas moins une. Il l'encouragea à prendre le chemin du leur foyer d'une frêle impulsion, puis la talonna de prés. Iriel se manifesta une fois encore, balbutiant sa jalousie notoire d'être ainsi omis en faveur d'une druidesse. Son maître ne lui légua qu'une succincte lorgnade, avant de pénétrer dans la maison de pierres froides. A l'abri de la brise, il suivit le déplacement d'Athyë du regard, avant de se dévêtir de son manteau qu'il déposa sur une chaise. Il avait, depuis longtemps, abandonné l'intention de lui faire prendre conscience de son imprudence. Elle l'entendait sans l'écouter, nouvelle preuve en était aujourd'hui. Qu'il haïssait cela. Puis il se souvint, qu'en dépit du jour encore éveillé, l'atmosphère thermométrique n'était pas des plus chaleureuses. Même en leur logis dont les parois les préservaient de la froidure environnementale, flottait une fraîcheur bien malvenue. S'il était plus question de confort que de survie, la condition actuelle de la jeune femme faisait d'elle un être précaire et allergique au moindre désagrément. L'Homme de la maisonnée alla se soustraire à la tâche, il récupéra des fragments de bois sec assemblés dans un coin puis s'approcha de l'âtre éteint. Il les déposa parmi la cendre refroidie puis s'attela à relancer le feu endormi, ce à quoi il parvint furtivement. Le brasier le fouetta d'une vague de chaleur qui fut la bienvenue, celle-ci embaumant la pièce de son réconfort. Zoran rallia la table sur laquelle reposait encore ses affaires et où il s'empara d'une bribe de tissu désuet. Il mira sa compagne, et songea à ce qu'elle eut voulu lui annoncer avant qu'il n'entame sa remontrance. Des nouvelles d'un grand intérêt, avait-elle avancé ? Bien qu'intérieurement offensé qu'un diagnostique se soit établi sans qu'il ne soit présent à ses côtés, il voulut connaître les tournants de l'histoire.

« Eh bien ? Qu'ont-ils pu t'apprendre que nous ne sachions pas déjà ? » Il plissa les mirettes. « En supposant qu'ils n'aient pas profité de ta candeur liée à cet instinct maternel en plein essor. »

Suspicieux quant à la véracité de ce qu'elle lui annoncerait, le dragonnier se méfiait des conclusions de certains praticiens – ou de ceux qui pensaient en être. Si Athyë avait pleinement – et rationnellement – confiance aux membres de sa caste, ce n'était point le cas de son amant.

_________________

Il a jadis existé,
Dans mon pays de bohème originel,
Une fête des vents, où l'adulte redescendait
Les marches des âges, pour célébrer son enfance, éternelle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Invité
Invité
MessageFeuille de route
MessageSujet: Re: It starded out does a feeling which then turn into a hope [Rp Flashback | Pv: Zoran A. Drahiyr]   Ven 27 Avr 2012, 16:58

Eydis est une lumière étincelante dans les mornes existences de ses progénitures mortelles. Ainsi cette déesse éthérée se plait parfois à voguer parmi les vivants tel un fleuve continu et sans fins aux aspects diverses et hypnotiques. Elle sourit aux amours heureux et pleure devant les cœurs brisés qui ne demande que le soulagement d'une mort libératrice. Cependant elle ne dit rien, ne divulgue pas un mot de toutes les connaissances qu'elle peut avoir sur les diverses routes que prennent les vies qu'elle parcoure. Car elle sait, elle voit et comprend chaque décision, chaque évènement qui transforme à jamais tout ce qu'ils touchent. C'est dans ces visions volages et attrayantes qu'elle observe aphone l'étrange demoiselle engrossée. Elle semble aux anges, totalement perdue et subjuguée par cet homme qui sait qu'il la possède totalement et non uniquement littéralement. La déité soupire de la tristesse à venir et préfère se tourner vers ce mâle à l'allure si fier et au maintien si royal. Il respire la suffisance et l'égoïsme mais aux yeux d'Athyë il est un soleil éclatant qui l'attire tel le papillon de nuit et elle ne voit pas qu'elle y risque bien plus que la brûlure cuisante de ses ailes cristallines. La dame profite de ses instants de plaisir si éphémères et occulte l'énervement qu'elle sait sincère. Elle est touchée par cette sincère préoccupation mais pense naïvement que cette inquiétude lui est également destinée alors qu'il n'en est rien. Pauvre créature si naïve et ingénue. Son virginal cœur d'or n'a jamais été profané par la traitrise et le mensonge, elle ne sait donc pas les reconnaître, Eydis ne lui a pas accordé le don des inquisitrices et malheureusement pour elle cela lui aurait été profitable pour voir la perfidie et l'illusion de ce tableau enjôleur. Ses contractions des zygomatiques sont sincères et les moindres mimiques sont empreintes d'un amour complet et exclusif. Damnée cette âme n'a plus aucun échappatoire et elle ne peut que plonger dans la toile si bien ficelée du dragonnier. Le sentiment de culpabilité ne transparait pas chez ce dernier, il ne reste que de la colère mal placée et des considérations loin d'être tournées vers sa dulcinée. L'être supérieur ne veut s'attarder plus longtemps sur ces destins tragiquement croisés et détourne ses yeux transcendants vers des sources plus pertinentes du moins pour le moment. De son côté la druidesse ne se vexe nullement des mots dur de son concubin qu'elle sait emporté dans une rage qui dépasse sa propre pensée. En silence elle le laisse pérégriner sur les frivolités qu'on lui aurait murmurer en sa vulnérable condition. Elle se sait parfaitement saine d'esprit et surtout plus à même que jamais de juger de ce qui est provenance d'incompétence ou non.

La demoiselle ferait plutôt résonner son rire chantant à la vision de l'absence d'intérêt de son compagnon sur les propos justement engagés. N'avait-il pas compris que cela était important ? Ou ignorait-il volontairement la chose pour prouver son agacement grimpant. Il valait mieux rester silencieuse et placide telle une gamine prise sur le fait et ne pouvait qu'accepter la punition. Si on pouvait croire qu'il portait la culotte Athyë n'était pas non plus de ces soumises moroses et dévastées qui n'ouvraient plus les lippes que pour pousser des cris de souffrances. Elle restait maîtresse de son destin tant que celui de sa progéniture car il n'était pas question de se laisser enfermer par un homme, fusse t-il roi ! Tout du moins c'est se dont elle est persuadée frêle créature dont la beauté est le seul cadeau empoissonné en plus de son humanité. Elle ne sait pas encore que ses semblables peuvent être d'une cruauté sans nom, n'ayant pas été éprouvée par la vie elle est dans l'ignorance et cela elle le payera bien trop cher à son goût. Irresponsable ? Ce terme lui paraissait un peu exagéré vu toutes les précautions qu'elle avait employé pour la mise à bien de son entreprise. D'ailleurs malgré la température plutôt négatives elle ne sentait même pas le froid et manquait presque la noyade dans ces épaisseurs plus qu'isolantes. Faisant mine de s'intéresser à ces propos elle repensait en complément aux paroles encore résonnantes des professionnels qui lui avaient annoncés une bien étrange nouvelle. Il avait beau presque écumer d'agitation sa concubine ne voyait pas là de motifs de s'alarmer et restait placide devant lui à attendre que la sauce refroidisse et qu'enfin elle puisse elle aussi placer deux mots dans la conversation puisque vu la tournure des choses il était impossible de lui dire quoique ce soit avant qu'il ne l'ai lui même réclamé à grand renfort de cris. Elle n'osait même pas le réprimander pour sa conduite brusque envers sa monture ce qui occasionnerait à coup sûr des représailles de la part de l'animale lors de la prochaine envie d'escapade de la belle, elle le soupçonnait même une part de préméditation dans ce sens. Enfin un semblant de contrôle de soi remontait à la surface et les traits du beau jeune homme reprirent une neutralité légèrement inquiétante. Si ce n'était signe de calme c'était au moins une preuve qu'il ne voulait plus s'attarder plus longuement sur le sujet sous peine d'explosion. Le soulagement de cette décision soulignait son aspect fortuit car Athyë avait des choses bien plus importantes à faire que de se prendre l'esprit sur des broutilles ou ce qu'elle considérait comme tel. Le massage bienvenu sonnait comme une proposition de cesser le feu et de paix qu'elle accepta volontiers.

Malgré tout l'ordre qui résonnait ensuite dans l'atmosphère n'en sonnait pas moins comme une invective, fronçant les sourcils et en essayant de considérer à grand peine cela sous un autre angle la dame suivit les pas du Dragonnier qui disparaissait dans leur demeure de pierres. L'atmosphère n'était que légèrement plus chaude à l'intérieur car sans le vent puissant les frissons se faisaient moins fréquents. Aux luxuriantes teintes verdâtres du quartier se succédèrent le gris morne des pierres froides. L'aspect glacial renforçait l'impression de gèle à venir et la future mère ne put réprimer un petit sentiment de claustrophobie face à l'espace peut spacieux. D'ordinaire cette étroitesse n'était qu'une illusion pour un endroit chaleureux et cosy mais à trois le voir pendant huit mois la jeune femme en devenait folle et croyait revenir à une ennuyeuse prison. Écartant le soupir qui lui venait en bouche elle prit la suite de son compagnon en ne prenant soin que d'enlever une épaisseur de fourrure, ce qui lui garantissait une protection supplémentaire malgré l'absence de source de fraîcheur. Elle ignora la tentative de son aimé pour raviver le feu mourant et lui préféra la douceur de la couche encore tiède, preuve d'un départ plus qu'écourté par la menace du retour. De nouveau sa main se pose tout naturellement sur le réceptacle de vie qui bouillonnait littéralement d'activité. Les coups de pieds se faisaient régulièrement sentir pour son plus grand plaisir et une véritable incandescence nourrissait l'endroit propice aux coups de froid. Satisfaite de la bonne santé de ces bambins la demoiselle détaillait la courbure de ses entrailles avec tout de même une lueur d'inquiétude, cherchant le moindre signe qui démentirait les dires des spécialistes en la matière elle couvait une terreur sourde de perdre ses enfants au sein de leur venue au monde. Des cas s'étaient déclarés de mise au monde post-mortem du fœtus. C'était bien entendu des situations d'une rareté avérée mais pour une mère porter une vie déjà éteinte est une chose véritablement inconcevable. Rassurée par les frénétiques sursauts de son bassin Athyë s'autorisa un instant de soulagement avant de reporter son attention sur un Zoran maintenant intrigué. Il apparaissait maintenant au fait des nouvelles qu'elle lui avait apporté et ce temps de réaction lui tira un sourire. Non pas qu'elle riait de lui mais elle était persuadée qu'il lui fallait revoir son ordre des priorités. Malgré tout avant de lui répondre elle méditait sur les paroles des anciens, sages et avisés qui lui avaient rappelés sa jeunesse et surtout les moult responsabilités qu'elle aurait à affronter avec à présent des efforts à dédoubler. Dans son esprit elle pourrait bien entendu compter sur la présence de son aimé et sur son soutien indéfectible malgré une mauvaise humeur qu'il ne tarderait pas à manifester lorsque les premiers désagréments pointeront leur nez. Lorsqu'elle releva les yeux pour les plonger dans ceux noisettes qui lui faisaient face une douleur aigüe se manifesta dans ce refuge où la naissance ne saurait plus tarder. La contraction prit si violemment et sans prévenir que la demoiselle ne put qu'échapper un cri tant de douleur que de surprise. Heureusement nulle autre ne pointa son nez, cela ne présageait donc pas un accouchement imminent. Bien que cette sentence ne tarderait guère la jeune femme était plus que remplie d'angoisse et d'appréhension à l'idée d'affronter ce moment intense et attendu. Certes Athyë n'était pas novice à cet évènement et l'avait par plusieurs fois présidée, faisant office de médecin, mais elle n'était pas totalement prête à, à son tour le subir. Restant crispée pendant quelques secondes elle ne put se détendre que lorsque la souffrance ne laissa plus de souvenir en son corps. Elle put de nouveau respirer normalement et parler. L'instant était proche, les contractions -bien qu'encore trop éloignées pour déclencher la rupture de la poche des eaux- se rapprochaient dangereusement. N'ayant d'yeux que sur le sort de ses propres limites la druidesse ne voyant pas la réaction de Zoran mais ne doutait pas que cela ré-haussait d'un cran les angoisses du géniteur quant à l'état de la mère de ses enfants. Prudent, enfin on pourrait dire, Athyë se blottit dans les couvertures de peaux pour retrouver une contenance. Muette depuis quelques minutes elle hydratait ses lèvres pour ne pas faire flancher son timbre de voix et ainsi donner pleine victoire à son interlocuteur qui y verrait une justification de ses remontrances.

- Ces charlatans comme tu me le prétends m'ont simplement rassurée sur l'état de la vie qui grandit en mon sein. J'avais particulièrement besoin de voir ce représentant de mon Ordre car je place en lui toute ma confiance et que ses conclusions n'ont jamais eu à défaut la véracité tant dans ces propres que dans les actes qui en découlaient. Tu apprendras aussi une nouvelle dont je ne m'attendais pas mais qui explique ainsi mon ventre un peu trop développé. En effet ce n'est pas un, mais deux enfants qui se forme en moi. Des jumeaux vigoureux m'a t-il assuré et certainement promis à de grandes choses j'en ai le pressentiment. Qu'en penses-tu ? Est-ce assez de nouveauté pour te contenter et effacer de ton faciès la rancune de mon écarte ?

Nul doute que l'annonce ferait son petit effet et là protégée par la douce armure de chaleur la jeune femme appelait de ses bras le réconfort et la brûlure corporelle du corps qui lui faisait face. Partager cette joie était son plus grand souhait et la certitude qu'ils allaient former une famille unie la faisait resplendir d'un bonheur communicatif. Nombres autres mères lui avaient autrefois demander des conseils, non en tant qu'être d'expérience dans ce domaine mais plus en sa qualité de guérisseuse. A présent elle aussi aurait vécu cette aventure extraordinaire de la vie féminine et cette communion de corps et d'esprit avec d'autres êtres, de fragiles perles de vie qu'elle chérirait plus que toutes ses possessions terrestres, plus même encore que l'homme qui lui avait ravi le cœur avec une si grande rapidité. C'était un charme, une alliance de leurs corps qui se concrétisait en cette nouvelle génération. Elle en aurait pleuré, d'ailleurs des larmes coulaient presque, emplissaient ses yeux et brouillaient sa vue.

Revenir en haut Aller en bas
avatar
▬ Contributions à l'histoire : 236


Zoran A. Drahiyr

▬ Contributions à l'histoire : 236

MessageFeuille de route
MessageSujet: Re: It starded out does a feeling which then turn into a hope [Rp Flashback | Pv: Zoran A. Drahiyr]   Mar 01 Mai 2012, 13:09

Il essuya les macules cendreuses existantes sur l'ensemble de ses phalanges, conséquences de fouilles impromptues pour donner genèse à un nouveau feu. Simultanément, le quidam vint reposer son séant sur la première chaise qui se présenta à lui, installé en diagonal à la couche sur laquelle s'était assise la sylphide. Il savait qu'elle lui préférait le flegme au spleen, et pourtant, il était au fait de la répartie dont elle était encline à témoigner lorsqu'elle le désirait. S'il pouvait se vanter la couver de sa mystique influence, il ne disposait pas d'une entière autocratie à l'instar d'un oisif sur son ilote. Si les insurrections de la belle étaient souventefois source d'accablement, au moins lui ployait-il le mérite de ne pas laisser leur quotidien s'embourber dans la monotonie. De plus, certes fantasque, elle exaltait suffisamment d'intellect pour connaître les lisières à ne pas outrepasser. Jamais, ô grand jamais il ne serait homme à lever la main sur elle, ceci quand bien même il n'était pas d'essence salutaire. Son autorité n'eusse été que physique - celle qui aimait à poindre au coeur de ses prunelles de jaspe sombre – était à elle seule adéquate à se faire craindre. L'excursion qu'elle s'était octroyée aujourd'hui n'était que d'une importante mineure, car il savait, au fond, qu'aucun mal ne lui serait infligé si elle restait sur le territoire de Perllan. Elle y connaissait la quasi-totalité de ses autochtones, dont la majeure partie de ces accointances était d'origine druidique et qui, de ce fait, se faisait avenante à son égard. Il doutait même qu'un seul local n'eut pas été mis au courant de cette grossesse casuelle ou ne sache point qu'il était lié à Athyë. Cette dernière se gonflait de tant de fierté et d'expectative quant à un divin avenir familial qu'elle ne perdait jamais une opportunité d'exprimer son optimisme. Pauvre femme. Si une chose était avérée, c'était que le dragonnier ne se risquerait plus jamais à musarder dans les environs une fois que ses desseins auraient été mis à exécution. Conjointement, il ne doutait pas que sa notoriété aurait promptement fait de proliférer aux oreilles de tous les membres de la caste druidique, desquels il prendrait soin à se faire oublier le temps qu'il faudrait. Tout ceci, dans l'hypothèse où aucune anicroche ne venait contrarier ses plans. Leur impossibilité de savoir quel serait le sexe de leur poupon faisait partie intégrante des grandes angoisses qu'il nourrissait secrètement, Des mois d'affection fallacieuse rendues infructueux si le fruit de leur mariage charnel n'était rien d'autre qu'une femelle, inapte à pouvoir s'acquitter des ambitions qu'il réservait à sa descendance. Cette conjecture ne faisait que le happer un peu plus vers une vésanie croissante, en harmonie avec la panse qu'il voyait évoluer chaque jour durant et dans laquelle se créait l'oeuvre de sa vie.

Inenvisageable était l'échec, d'autant plus que l'accouchement était susceptible de les surprendre à n'importe quel moment désormais. Une réalité qui lui fut rappelée lorsque, à brûle-pourpoint, il entendit la dryade expirer un glapissement crispé. Tressautant presque sur place, la détresse de sa compagne le fit prestement réagir, bien malgré qu'aucune de ses actions n'aurait été capable de la soulager de sa douleur. Lançant la bribe de tissu noircie à même le sol, il se hâta jusqu'à elle, puis tomba rotules à terre aux abords de leur lit. L'une de ses mains vint soutenir son épaule, tandis que l'autre alla se superposer à celle d'Athyë, sur sa ronde bedaine. Dans l'insupportable attente de la suite, il appréhenda un instant que le moment était venu. Si tel était le cas, il lui faudrait rallier les logis mitoyens pour prévenir les matrones que le travail s'était entamé sans elles. Dans la pire des perspectives, était-il encore apte à lui dispenser les premiers soins et conseils médicinaux, pour autant, la parturition n'était pas un événement auquel il avait déjà participé. Cette besogne naturellement réservée à des femmes expertes, les praticiens – alors généralement masculins – n'intervenaient qu'en cas d'embûches rencontrées, voire de pronostique létal. Qui plus est, son savoir était d'avantage orienté vers les augustes créatures reptiliennes que ses condisciples et lui chevauchaient qu'en convergence des êtres humanoïdes. Cependant, la sagacité alliée à la volonté ne pourrait que lui permettre d'être à la hauteur de son rôle quelle qu'en soit sa nature. Car déjà, de romanesques trames scénaristiques se bousculaient dans son esprit crucifié par l'impuissance, qui ne se lénifièrent que lorsque la nymphe eut loisir de retrouver une eurythmie normale. La frayeur du jeune homme s'estompa également, alors qu'il se laissa aller à un long soupir tout en se redressant. Il s'en alla récupérer le torchon lâchement abandonné qu'il posa sur le dossier d'une chaise, avant de s'emparer d'un broc d'eau fraîche pour en verser le contenu dans un verre. Boisson destinée à sa concubine, dont le clairon encore meurtri daigna enfin poursuivre leur conversation.

Sans guère la considérer du regard, occupé à remettre certains objets à leur place initiale avant de lui porter son breuvage, il leva les yeux au ciel lorsqu'elle souligna l'érudition de ceux qu'elle s'en était allée rencontrer. Discours qu'il n'avait que trop ouï par le passé, prétexte à la moindre de ses échappées et dont il avait du mal à croire la véracité. Puis, ce fut le coup de massue sur le crâne. Sa musculature s'ankylosa, le laissant tel un simulacre de granit que l'on eut à peine édifié. Il prêta l'oreille au reste de sa déclaration, sans pour autant être en mesure de réfléchir plus alors. Avait-elle dit que... Etait-ce possible ? Comment... Les termes auraient manqué quel qu'aurait été le dialecte utilisé, et ce fut dans les iris cérulescents de la druidesse qu'il partit en quête de sa raison. Faisant volteface en sa direction, la physionomie décomposée par la stupéfaction, il ne put réagir aussi furtivement qu'il l'aurait souhaité. La vie était, décidément, emplies de péripéties en tout genre, de facteurs font il n'aurait jamais soupçonné l'ingérence. Ses calots dévièrent sur un élément quelconque de la pièce, guettant le néant avec un égarement manifeste. Eternellement circonspect, la réflexion avant l'action, il se ploya un couplet de secondes pour songer à ce qui venait de lui être révélé. Ce qui aurait pu s'apparenter à une lacune de bonheur n'en était rien, car bien vite, une risette béate vint ornementer son faciès, avant qu'il ne lorgne à nouveau la naïade. Celle-ci le convia à une étreinte, bras élevés en sa direction et dont il rejoignit le creux, manifestant une attention toute particulière à ne point heurter son réceptacle de vie. L'entourant délicatement, il congloméra sa joue à la sienne dans une suave embrassade. A l'abri de son oeillade, la mimique du dragonnier mua en une expression avilie d'une satisfaction égotiste. Sur un binôme de progéniture, l'espoir d'être sanctifié d'un fils s'amplifiait, et si tous deux pouvaient être des mâles, le comble sera intégral. Une allégresse ainsi non feinte mais drapée dans une mystification dont l'épilogue approchait pernicieusement. L'envie d'en découdre bouillonnait dans l'être du quidam qui, irréprochable dans son mimesis, se voilà d'une expression plus usuelle tout en se reculant. Sa main cajola la surface ventrale qui subissait les fréquentes manifestations des bambins, empressés de voir le monde de leurs mirettes épurées. S'il n'était pas de ces paters aimant à palabrer avec le cocon de leur conjointe, il n'était de loin point exempt de tendresse,

« Je comprends mieux ce poids que tu as pris, je m'intriguais de ce fait. C'est... Assez incroyable. Il me semble... » Dit-il, sans exactement savoir comment qualifier la situation. « Eh bien. Des jumeaux déjà intrépides... Soit ils sont en train de guerroyer l'un contre l'autre, soit ils nous font savoir leur désir d'être mis au monde. Dans les deux cas, je sens du mouvement. »

Ses phalanges vibraient sous l'agitation qui, en dépit des apparences, n'était qu'une frêle démonstration de ce qu'ils étaient enclins à faire. Combien de fois avait-il aperçu Athyë sursauter sous l'assaut de l'un de leurs sacripants, ou une forme anatomique s'ébaucher sous son épiderme alors qu'ils contemplaient son nombril. Pour appuyer ses dires, le jeune homme vint adjoindre sa seconde main à la première, cherchant consciencieusement les recoins où la vie était la plus éloquente. Un rictus à la commissure des lèvres, il ne surjouait pas le plaisir certain qu'il prenait à ce genre d'auscultation, sans parvenir à imaginer que de précaires bébés naitraient bientôt. Ce qu'il pourrait alors ressentir lorsqu'il se pencherait sur leur minois, il ne pouvait guère le prophétiser, pas plus que ce qu'il adviendrait de la druidesse en son estime une fois l'évènement produit. Des décisions qui se feraient intuitivement, même si les priorités étaient d'ores et déjà établies depuis des lustres, La survivance de son patronyme était un but substantiel qu'il s'était promis d'honorer de toutes les façons plausibles. Les Drahiyr n'étaient pas en voie d'extinction dans l'immensité de Lanriel, mais c'était d'un univers somme toute disparate dans lequel persistaient les dragonniers. Celui qui deviendrait son légataire aurait nombre de preuves à fournir pour être digne de son géniteur et se forger un titre digne de ce nom au sein de leur Ordre. Tout n'était qu'affaire de patience, ce dont, heureusement, Zoran ne manquait pas. Ce dernier reporta son attention sur le délicieux visage de sa compagne, qu'il dévora d'une résolution spécifiquement masculine. Blasphème aurait été de médire sur sa vénusté, car s'il ne pouvait lui vouer une ferveur réciproque, il lui reconnaissait volontiers le lyrisme dont s'était inspirée Eydis pour ébaucher ses traits. Qu'ils soient physionomiques ou corporels, tout en elle l'attirait d'un stupre incandescent. Elle était une muse de volupté et il était intimement persuadé que leur portée serait gratifiée de toute sa joliesse, futile détail auquel il ne prêterait bientôt plus aucune attention. En attendant, il ne put que céder au véniel péché qui se profilait ostensiblement devant lui. Humectant sensiblement ses propres lèvres, il vint les juxtaposer à leurs consoeurs féminines en un baiser avide de bien plus, si les circonstances avaient été autres. Il consomma ses lippes mutines et charnues sans parcimonie ni mesure de temps, puis, déclara d'un baryton quiet une fois détaché d'elle.

« Cela fait une raison de plus d'être prudent. » Le dos de son index effleura sa pommette. « Il va te falloir faire fi de toute anxiété, je suis certain que l'enfantement se passera bien. »

Se disant, le dragonnier se leva de leur couche, s'étirant sur le chemin qui le mena jusqu'à la table jonchée d'objets hétéroclites. Il observa évasivement les variétés botaniques qu'il s'en était allé quérir un peu plus tôt, jugeant qu'il serait enclin à concocter un onguent prompt à aider la belle dans sa relaxation. Il savait que l'accouchement était source d'inquiétudes, ceci en dépit du réconfort apporté par les différentes matrones qui seraient présentes à l'instant fatidique. Ceci lui remémora une conversation qu'il avait récemment eue avec l'une d'entre elles, discussion qui l'avait laissé dubitatif. Tout en y repensant, il entreprit de rapporter le verre de liquide cristallin antérieurement servi à celle à laquelle il voulait éviter la déshydratation.

« J'ai eu le malheur de rencontrer ta maudite amie, comment s'appelle t-elle... » Il lui tendit le récipient. « Learyll. J'ai dû supporter ses phraséologies pour qu'à la finalité, elle demande à me dépouiller de quelques vêtements pour le jour de l'accouchement. Selon elle, la parturiente dispose de la force de son conjoint en portant ses habits, ou je ne sais quelle affabulation... » Il tiqua. « Des palabres de mégère. J'ose espérer qu'elle ne t'a pas insufflé d'autres idées de ce type. »

Zoran n'était pas convaincu de pouvoir tolérer ce genre d'inepties alors qu'il était question de la mise au monde de ses enfants. La simple supposition de ne pouvoir être présent durant la parturition avait le don de le rendre aigri, impossible alors qu'il en endure d'avantage.

_________________

Il a jadis existé,
Dans mon pays de bohème originel,
Une fête des vents, où l'adulte redescendait
Les marches des âges, pour célébrer son enfance, éternelle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé

MessageFeuille de route
MessageSujet: Re: It starded out does a feeling which then turn into a hope [Rp Flashback | Pv: Zoran A. Drahiyr]   

Revenir en haut Aller en bas
 

It starded out does a feeling which then turn into a hope [Rp Flashback | Pv: Zoran A. Drahiyr]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» 07. It's a new day, a new start, and I'm feeling good!
» oh sometimes i get a good feeling[17/05 à 13h46]
» 05. Can't fight this feeling anymore.
» Bed, stay in bed, the feeling of your skin locked in my head
» Got me feeling drunk and high. So high. (Mag)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Echo des Plaines : Chapitre VII ▬ Le Retour d'Inasmir :: HORS JEU :: Vous serez
tous pendus !
 :: Miroir aux souvenirs
-