Echo des Plaines : Chapitre VII ▬ Le Retour d'Inasmir


 
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 Garden of Shadows [PV]

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Tanith Ruane

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MessageSujet: Garden of Shadows [PV]   Mar 24 Avr 2012, 03:27


Garden of Shadows
« Follow sweet children, I'll show thee the way, through all the pain and the sorrows. Weep not poor children for life is this way, murdering beauty and passions. Hush now dear children, it must be this way, to weary of life and deceptions. Rest now my children, for soon we'll away, into the calm and the quiet »



Sous ses yeux, la forteresse de Mogaròr se déployait dans toutes les directions, tel un labyrinthe colossal de moellons gris, de murs, de tours, de cours, de tunnels, de salles tantôt si hautes et tantôt si basses, dans les parties les plus anciennes du château, que leur décalage interdisait de se prononcer avec certitude sur leur étage exact. Loin devant elle et de quelque côté qu’elle avait loisir d'observer, la Sorcière du Premier Ordre pouvait admirer s’étendre Mogaròr, tel un grand monstre de granit assoupi. Les tentacules austères de la bête caressaient leur environnement de leur envergure démesurée. En fait, se disait-elle, rien de plus vrai que les mots de Vorlun l'autre jour: « Au cours des siècles, la forteresse c'est développé comme un monstrueux arbre de pierre aux branches épaisses, noueuses, tordues et aux racines profondément plantées dans le sol. » Et si rares étaient encore les faces de pierre encore innabîmé, Tanith s'imaginait parfaitement l'air magistral que ces lieux avaient représentés quelques siècles plutôt. Encore aujourd'hui, la forteresse de Mogaròr irradiait d'une très ancestrale essence de magie qui parfumait les marais et ses alentours; leur donnant l'aspect d'un espace figé dans le temps où la nature et les frondaisons appesanties des quelques arbres ne vieillissaient jamais. Noir et désolé, tel était l'aspect de la prestigieuse forteresse des temps anciens depuis que des trous béants s'y étaient substitués aux portes de chênes et aux fenêtres garnies de volets qu'elle comportait naguère. Cependant, même en ruine et humiliée, sa silhouette dominait toujours de manière imposante les marais de Dorcha Dúil. À cette pensée, le château de granit poussa un gémissement si fort et si déchirant que la Sorcière cessa de respirer; la pierre craqua en se lézardant, et une partie de son faîte fortifié bascula dans le vide avant de s'écraser à terre avec un tel fracas que les environs en furent secoué. Tandis qu'un énorme nuage de poussière et de fumée s'élevait dans les airs, la Sorcière accepta stoïquement les accusassions silencieuses qui l'entouraient peu à peu. Des murmures sinistres envahissaient l'espace autour d'elle, coupant l'air immobile comme une lame bien affûtée. Chaque voix ajoutait une note de condamnation à la souffrance de son âme...

❄ ❄ ❄


Cher dragonnier,

Il y a bien longtemps que votre monture et vous n'avez fait l'honneur de votre présence à Mogaròr. Dites-moi, un quelconque pèlerinage vous tiendrait-il à l'écart de ce sombre repère? Et bien que je puis m'imaginer clairement le genre d'aventures que vous menez à l'étranger; une escapade des plus intéressantes eu lieu au cœur même de mon sanctuaire au cours des jours derniers; les résultats furent largement plus satisfaisants que ce que j'imaginais. Et s'il s'avère que votre absence lors de cette découverte fut largement remarqué, toute mon impatience se traduit, pardonner-moi, par mon empressement de vous annoncez une grande nouvelle; pensez-vous pouvoir rejoindre la forteresse avant la fin de la semaine? Ainsi pourrais-je vous racontez en détail tous ce que j'y ai vu et, peut-être trouverons-nous plus amples hypothèses sur lesquelles converser...

Tanith




Une fois le cachet scellé par un saut de cire encore chaud, ce qui ne rata pas de brunir légèrement la chair du papier parchemin, la Sorcière attacha le dit m.mot à la patte d'un petit rapace. Celui-ci battit les ailes en une vaine tentative qui indiquait son mécontentement à quitter l’abri naturel de la forteresse. Toutefois, le sifflement hargneux du naja perché plus bas lui rappela qu'il ne lui avait pas encore servit de repas, car il était encore fort utile aux yeux de sa maîtresse. Ainsi s'envola-t-il dans un long croissement sinistre, quittant rapidement le terrain sinistre et humide des marécages de Dorcha Dúil. Elle ne faisait plus affaire avec ce maudit Ryltar depuis quelques temps déjà, depuis que celui-ci avait ébruité la rumeur d’une quelconque expédition au cœur de la forteresse maudite. Et, bien que l'expérience porta ses fruits, l'angoisse qu'elle fut découverte lui rongeait encore l'estomac bien qu'elle savait tout danger envolé. S'étant aisément débarrasser de ce petit émissaire magique du quatrième ordre sans problème; plus jamais ne reviendrait-il se moquer taquinement de la terrible Héritière de Vorlun.
Observant encore quelques instants le ciel gris, Tanith glissa doucement sa main jusqu'à l'énorme tête reptilienne qui s'était hissée près d'elle. Caressant la peau d'écaille de son familier, elle approuva simplement son initiative et quitta ses rêveries pour vaguer à d'autres occupations; Mynkor revenu, il y avait, cependant, encore beaucoup à faire pour lui....

❄ ❄ ❄

[…] Le bois était trop mouillé pour prendre, quelque quantité d'étincelles que fit jaillir le battement de l'acier contre la pierre à feu. Les brindilles eurent beau émettre un brin de fumée, bernique, ce fut tout. Dégoûtée, l'Héritière s'assit par terre et, le dos contre un rocher, elle tira sa cape sur elle et se résigna à attendre sans lumière, une nuit froide et humide. Tout en rêvant d'un repas bien chaud, elle s'agaça les dents sur une lichette coriace de bœuf salé. Si affamée fut-elle, elle se résigna, un jour de plus, à vivre de viande trop sec et d'eau trop vieille: Au moins, pensa-t-elle, j'aurai fait l'effort de manger. À ses pieds, une incroyable masse lumineuse se pelotonnait à ses pieds. Comme pour lui donner du courage, il veillait inlassablement sur sa maîtresse depuis les vingt dernières années. Toujours fidèlement rampant à ses côtés, il ne s'était pas passé une seule seconde sans que cet énorme naja ne chatouille sa peau de sa langue fourchue. Même ce maudit hiver n'avait pas réussit à le chasser. L'atmosphère était trop saturée d’humidité pour que Tanith ne puisse voir le soleil se coucher, trop grise pour qu'elle puisse apercevoir la lune se lever. La nuit s'abattit sur les marais de Dorcha Dúil, noire et sans étoiles. Adossée à son rocher, Tanith se remémorait les histoires et les comptes de son mentor: « C'est à la faveur des ténèbres que les bêtes vinrent pour la première fois. Ils étaient des choses froides, des choses mortes, et ils détestaient le fer, le feu, le contact du soleil et les créatures à sang chaud. Ils balayèrent les forts, les villes et les royaumes, ils abattaient les héros comme le vulgaire, à tour de bras, montés sur des cadavres de chevaux blêmes, menant des nuées de morts, et si l'épée de l'homme était impuissante à contenir leur progression, les vierges ni les nouveau-nés ne trouvaient grâce devant eux. Ils traquaient les premières, tel du gibier, parmi les forêts gelées, nourrissaient de la chair des seconds leurs serviteurs morts... ▬ Taaaaaaaaaaaaanith! » Elle se réveilla tout d'un coup, le cœur battant, persuadée que quelqu'un de menaçant la surplombait. La journée avait été longue, et Tanith était exténuée. QUI plus est, sa blessure au niveau du flanc la faisait horriblement souffrir. En position assise, comme ça, le dos roidi contre la pierre, et tout environnée par le petit chant lointain d'insecte et grillons, elle sentit ses paupières s'appesantir. À deux reprises, elle s'assoupit. Tanith avait les membres engourdis, et son manteau s'était entortillé autour de ses chevilles. Elle se libéra d'une ruade et croisa les bras sous sa poitrine, son naja désormais écraser contre ses cuisses, immobile et silencieux: « ▬ Si ça se trouve, ce maudit oiseau c'est fait bouffé par un rapace plus gros!, marmonna-t-elle, visiblement agacée par le temps qui s'était écoulée depuis qu'elle avait balancé ce corbeau dans le ciel, il fait si noir maintenant, et les nuages sont si denses, que je doute que notre cher dragonnier puisse y voir quoi que ce soit; nous devrions rentrer pour aller nous couchés qu'en penses-tu? » Son naja lui répondit d'un sifflement conciliant, tout en fourrant tendrement son museau dans le mollet de sa maîtresse. Caressant précieusement sa peau. Elle se redressa, son naja se glissa, quant à lui, tout naturellement autour des épaules de sa Sorcière. Si son poids devenait de plus en plus gênant, elle parvenait encore à la soutenir sur ses os frêles. Gagnant alors la sécurité du toit de son sanctuaire, elle marcha, tête baissée, monta quelques escaliers, emprunta quelques corridors, avant de gagner une section méconnue de tous de la forteresse. C'est ici, à l’abri des éboulements de la pierre et des rafales de vent, que Tanith avait établit son logis depuis les vingt dernières années. Bien que la végétation aient envahit par endroit ses appartements, ils restaient suffisamment décent et douillet pour qu'elle y revienne à tous les soirs – où les de ces jours trop froid pour qu'elle songe à quitter la chaleur naturel de ses lieux.

Que misérable pièce que cela, fallait-il se l'avouer. Assez grande pour contenir au moins un lit, quelques armoires, une table, deux chaises et une immense bassine de pierre où un feu y régnait en permanence; cependant la décoration avait tout à envier à ses quartiers de noble qu'elle avait fréquenté quelques nuits en compagnie d'un mystérieux chevalier. L'air humide et tropical parfumait en permanence les appartements de la jeune femme au grand plaisir de son immense reptile. Plusieurs bougies disposées ça et là illuminaient la pièce, une fois la nuit tombée; car la Sorcière ne supportait pas que des masses sombres puissent se dessiner dans les ténèbres. Elle craignait ses images du passé, ses cadavres décharnés et lambeaux de peau depuis toujours. Au fond de la pièce, juste au-dessus de son lit, une unique fenêtre pourvue de volet taillé dans de l'écorce de pin, filtrait les pâles rayons d'un soleil malade. Oui, tel était la vie à laquelle Tanith s'était réduite. Forcée à chasser pour se nourrir les rats et, parfois, les oiseaux et oisillons qui nichaient un peu partout dans cet amas de granit. Quelque fois pendant l'année, son naja lui rapportait une carcasse de lapin, malheureusement ils avaient si peu de chair qu'elle ne s'en faisait qu'une maigre collation. Forcée d'arpenter les bois pour y ramasser bois sec et brindille pour alimenter ce feu, forcée de vivre de ses mains... Une fois à l'intérieur, son naja bondit sur la table et, lui faisant face, observa sa jeune protégée en claquant l'air de sa langue. Prenant place sur la chaise, elle attendrait encore quelques minutes avant de gagner son lit; sait-on jamais, Zoran avait ce don pour la surprendre.

fiche par century sex.
CHRONOLOGIE & RÉSUMÉ : Ce rp se situe après l'intrigue des héritiers,
soit quelques jours avant la capture de Tanith.
La sorcière envoie une missive à un ami
de longue date afin de lui faire part
des derniers évènements survenus à Mogaròr.
Music by Ramin Djawadi, Game of Thrones OST
Echo des Plaines RPG

_________________
a villain is just a victim whose story wasn't been told. the pariah who never had the chance to who proves himself to be good and faithful. the victim, the miserable one who never had chance.


Dernière édition par Tanith Ruane le Ven 27 Avr 2012, 05:17, édité 1 fois
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Zoran A. Drahiyr

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MessageSujet: Re: Garden of Shadows [PV]   Jeu 26 Avr 2012, 23:33


" Beyond the Pale and the Twisted Face, Universe is so Black and there's no Turning Back. "





A la caresse de denses nébulosités célestes, un voyageur traçait son sillon dans les ténèbres de sorgue, une nuit dénuée d'éclats stellaires. Même les faisceaux sélénites ne parvenaient à percer l'opacité des cumulus, et la lune pleurait sa solitude, ainsi injustement cachée. Ces conditions environnementales étaient inéluctablement intrinsèques à la contrée qu'il arpentait alors, Dorcha Dúil, l'hostile, le noir cloaque des terres australes. Une étendue de tourbe et d'agonie, infestée d'innombrable dangers, de créatures avilies et inamicales aux compagnies impromptues. Pouvait-on réellement aimer ce canton quand bien même l'on y fut né, malgré la volonté de certains d'en faire un foyer ? Zoran, lui, l'appréciait pour sa pluralité botanique, une richesse de plantes qui ne pouvaient s'épanouir qu'en terrain aussi sombre et marécageux. Une région qu'il foulait pourtant rarement à des fins expérimentales, parfaitement au fait des ombres qui y proliféraient, mais également enjôlé par de tout autres intérêts. Il crut l'apercevoir au loin, en dépit de la masse aveuglante, elle : la belle, l'auguste demeure, poumon de cultes impies et indécelables aux yeux du monde. La forteresse de Mogaròr, ésotérique et inaccessible, illustre et déchue, sa destination. S'il n'avait pas pris marotte de cet itinéraire qu'il parcourait de façon intermittente, sans doute aurait-il été incapable d'en connaître la position exacte, et encore, il remerciait le sens oculaire accru de sa monture qui lui faisait part de ce qu'elle observait. Vaines tentatives que d'essayer de mirer à travers les nuages, quant aux indices géographiques en contre-bas, la végétation alliée aux volutes de brumasse lui conférait peu d'espoir de se repérer. Ainsi, maître et dragon eurent à converser à travers télépathie jusqu'à ce que le galbe hiératique du bastion ne se dessine tant bien que mal, surplombant malgré tout, l'entièreté de sa patrie riveraine.

Mogaror, la somptueuse, celle qu'il aimait à surnommer l'Eternelle. Car si de sa superbe elle en avait égaré les traits, elle demeurait un ouvrage d'histoire, une oeuvre de disparus que le temps n'altérait pas complètement. Pourtant affaiblie par l'office des âges, il craignait – sans doute à l'instar de son habitante – que les parois ne finissent un jour par rendre l'âme. Si cette éventualité résonnait comme plausible, il refusait de s'y soumettre, et jurerait qu'il ne verrait point cela de son vivant. Tant que l'endroit persisterait à travers la sorcière qui y avait élu domicile, jamais il ne trépassera. Et si malheur devait lui arriver, Vorlun saurait que d'autres progénitures spirituelles seraient enclines à lui succéder. Avait-il l'orgueil de se compter parmi elles ? Il avouait, volontiers, qu'une telle demeure serait une gemme de patrimoine dont il jouirait bien de la possession. Une douce utopie, qu'il frôlait au moins de sa présence attendue et sollicitée. L'imposant dragon fondit en direction du logis qui serait leur pour quelques temps, deux ou trois jours certainement, une si grande traversée pour si peu de temps accordé. A défaut de cibler le pied de la forteresse, le reptile vint se poser sur un immense pan de remparts, lieu d'atterrissage usuel qui permettait au dragonnier de pénétrer les corridors sans guère patienter qu'on daigne lui ouvrir les huis. Ce dernier glissa sur la robe squameuse de son comparse pour, à son tour, gagner la stabilité du sol. Il fit quelques pas sur le revêtement de pierre froide, jusqu'à un âtre au bois de chauffage encore intact, que l'on avait vraisemblablement échoué à allumer. L'extrémité de son pied vint dégager les brindilles à peine noircies, supposant alors qu'on avait patienté ici il y avait peu de temps encore. Il ne doutait pas de l'identité du veilleur qui avait certainement espéré ouïr une mélodie draconique, l'arrivée d'un convive retardé par les intempéries. Il fit mouvoir son ample manteau, puis rabaissa le tissu qui couvrait la partie basse de son faciès tout en furetant les fortifications corrodées qui geignaient, et geignaient encore. Zoran accorda une dernière lorgnade entendue avec son compagnon ailé, puis s'engouffra dans ces couloirs qui auraient aisément pu s'apparenter à un dédale pour qui en ignorait tout. Loin d'en connaître tous les angles il parvenait néanmoins à s'orienter dans cette aile-ci, au moins jusqu'à quelques pièces substantielles dont une brillait de celle qu'il cherchait. Une démarche lente, presque feutrée telle une déférence exprimée. Il rallia les appartements de Tanith, dont il connaissait la localisation uniquement car celle-ci la lui avait explicitement montrée. Il entendit les crépitations du brasier alors que la porte se fit toute proche, ses pas se firent plus lourds, suffisamment sonores pour que sa venue n'apeure point la maîtresse de maison. Puis, il ouvrit la dernière membrane qui les séparait, lentement, dans un grincement moribond.

Sitôt repéré par la créature de sang froid alors installée sur une table, le quidam parcourut la pièce de son binôme d'onyx, jusqu'à croiser le divin minois de la magicienne. Il se plut à la contempler sans mot dire, sans plus d'expression que ne lui avait légué la froidure du climat. Son regard repartit alors à l'observation des éléments du décors, comme si c'eut été la première qu'il vint là, s'en allant céder à la mélopée du feu dont il chercha la chaleur. Positionné près de celui-ci, ses mains se tendirent en sa direction pour en puiser tout le brûlant délice, pour que ses membres engourdis puissent recouvrir leur circulation sanguine et donc leur usage. Longuement, il se tût. Ensuite de quoi, ses lèvres murent enfin.

« J'avais presque omis votre propension pour les décorations cossues. » Ironisa t-il concernant le piètre intérieur. « Nul doute que vous êtes une femme de goût. »

Il n'y avait guère mieux que taquineries et compliments en guise de salutations. Intègre dans sa singularité, Zoran restait le même protagoniste facétieux et flegmatique qu'importait la personne qu'il côtoyait. Si certains s'étaient certes attirés ses avantages, il s'évertuait à être loyal à la notoriété qu'on lui prêtait. Aussi pouvait-il faire preuve d'autant d'incongruité que de civilité aux côtés de la sorcière, beauté noire pour laquelle il avait néanmoins plus d'estime que pour la majeure partie de leurs condisciples humains. Peut-être manifestait-il plus d'intérêt envers sa personne, il le lui concédait. Il ne s'incommodait point de simagrées pour autant, ni même d'une politesse qui se serait voulue légitime à l'attention de son hôte. Puisqu'il était habitué à ne rien entreprendre comme le commun des mortels, il poursuivrait sur cette voie qui le dénotait de la normalité. Mais loin d'être également comparable à ses consoeurs de la gente féminine, l'Héritière était auréolée d'un scintillement mystique pour le moins ineffable, tant enjôleur que délétère, vers lequel tout ses sens convergeaient. Elle était la source d'une certaine fascination – certes peu salubre – par tout ce qu'elle représentait. Même après tant de conciliabules passés ensemble, Zoran doutait tout savoir d'elle. Ses prunelles aux iris inapparentes considèrent la présence de la donzelle, qu'il n'avait pas vue depuis ce qu'ils estimaient tous deux être trop longtemps. Lui-même s'était langui de leurs incessantes conjectures, il l'appréciait assez pour nourrir le désir d'entendre ses déclamations cristallines lui faire les éloges de l'adoration dont elle exhalait la quintessence. Cette fois-ci, le sujet de leur discussion à venir lui avait été annoncé dans l'épitre qu'elle lui avait adressée. Il se remémorait qu'Ithel eut fait référence à cette dite expédition dans leur dernière correspondance, que les deux hommes entretenaient fréquemment. Le dragonnier s'était dernièrement embesogné de quêtes botaniques cardinales à ses recherches, l'entretien de ses études juxtaposé aux tensions intestines à son Ordre l'ayant dispensé de tout autre loisir. N'eusse été que par curiosité personnelle, il aurait aimé s'adjoindre à cette cohorte d'Héritiers venue prospecter dans les plus bas sous-sols de la forteresse. S'il ne démentait pas être intrigué par le résultat d'une telle campagne, la hâte était un défaut auquel il ne céderait pas séance tenante.

Car un détail attira d'avantage son oeil avisé, celui d'une jeune femme ostensiblement éreintée. Une fois sa chaleur corporelle remontée à sa convenance, le guérisseur esquissa quelques pas en direction de Tanith pour mieux distinguer les cambrures de son délicieux visage. Ce qu'il put y lire ne le trompa point, il en connaissait passablement les traits pour savoir qu'elle n'était pas à l'apogée de sa santé. Cela ne l'étonnait guère, dans la mesure où, et bien malgré la magnificence de Mogaror, elle ne faisait que frelater son bien-être à petit feu. L'insalubrité de la demeure et la rareté de denrées dignes de ce nom jouaient en sa défaveur, si bien que le dragonnier se surprenait qu'elle n'ait pas fléchi plus avant. Il l'avait d'ores et déjà vue harassée par la fatigue et la famine, l'invectivant même tel un amant à sa dulcinée sur l'imprudence de son comportement. Un manque manifeste de sommeil et de pitance, une conclusion élémentaire qui ne fut absolument pas ombragée par l'hypothèse d'une meurtrissure qui lui tenaillerait le flanc.

« Vous me semblez bien blême, Tanith. » Dit-il d'un air inquisiteur. « Cela n'a rien de surprenant, je suppose que vous avez fait fi des conseils de mon dernier passage. C'est une chance que je vous connaisse suffisamment pour le prédire... »

Effectivement, le quarantenaire n'était pas apparu les mains vides. Un sac boursouflé était accroché à son épaule dextre, quelques friandises enclines à ramener les splendides érythèmes qui ornementaient ordinairement les pommettes de la sylphide. Déposant le poids sur le sol – loin des bougies qui menaçaient d'en dévorer le tissu – il s'appliqua à défaire le noeud qui, une fois retiré, laissa échapper différentes effluves. Tout d'abord celles de viandes habilement parfumées : de la charcuterie porcine, deux perdrix et lapins de garenne. Plus au fond, l'on y trouverait un peu de fruits, de verdoyantes fèves alliées à des morceaux de panais, puis du pain. En épicurien émérite, il n'avait évidemment pas omis le vin, et même une petite flasque d'hydromel originaire de Cathairfàl, achetée à un marchand itinérant rencontré sur les routes. Zoran n'était, peut-être - pas toujours - aussi rustre que la légende le disait.

« Il y en a aussi pour toi, naja. »

Si tôt annoncé, il extirpa une trinité d'ortolans ficelés ensemble, qu'il déposa sur la même table servant de piédestal au serpent. Somptueux reptile que le botaniste ne se lassait jamais de contempler dans sa danse.

_________________

Il a jadis existé,
Dans mon pays de bohème originel,
Une fête des vents, où l'adulte redescendait
Les marches des âges, pour célébrer son enfance, éternelle.
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Tanith Ruane

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MessageSujet: Re: Garden of Shadows [PV]   Sam 28 Avr 2012, 03:36


Garden of Shadows
« Follow sweet children, I'll show thee the way, through all the pain and the sorrows. Weep not poor children for life is this way, murdering beauty and passions. Hush now dear children, it must be this way, to weary of life and deceptions. Rest now my children, for soon we'll away, into the calm and the quiet »


Ainsi reclouée dans ses appartements, à l’autre extrémité de la forteresse – là où le terrain naturellement accidenté, bosselé et irrégulier laissait place à des fortifications plus solides faites de pierres et de marbres qui pourraient accueillir, et soutenir, une monture aussi imposante et majestueuse qu’un dragon dressé et son dragonnier – Tanith attendait patiemment l’arrivée de son invité. De ses yeux dorés à demi fermés émanait une somnolence quasi féline et de son beau visage un sourire de contentement, alors que sa main caressait doucement la peau reptilienne de son énorme naja. Assise sur une vieille chaise tremblante d'un bois étonnement sec vu l'humidité de la pièce, son autre main grattait inconsciemment un vieux papier parchemin. Plusieurs feuilles de papier de lin jonchaient le bois de la table, toutes noircies d'un ancien texte manuscrit. Dans le silence de la pièce, on entendait le crépitement sec du feu ainsi que le raclement de ses ongles contre les cernes de la table. Une subtile odeur d'humidité extérieure semblait parvenir; une entêtante odeur de mousse, de terre et de lichen qui lui emplissait les narines et la bouche. Tanith eut le réflexe d’esquisser un regard jusqu'à l'unique fenêtre de sa chambre pour s'assurer que les volets étaient clos. La forteresse de Mogaròr était naturellement conçue pour laisser un effluve salé flotté dans l'air qu'importe la pièce où l'on se trouvait, telle une plaie que l'on aurait volontairement laissé s'infecter. Nous ne laissons en ce monde que le souvenir de ce que nous fûmes et de ce que nous y avons accompli. Une empreinte, rien de plus. J'ai beaucoup appris. J'ai gagné en sagesse. Mais ai-je pour autant bien agi? Je ne saurais le dire. Pas à pas, se va luènh! Tanith n'avait cessé de lire et relire encore ce mémo. Une note très ancienne, ayant survécu au mauvais temps et à la vie cruelle entre ses murs de pierre. Écrit de la main de Vorlun, la Sorcière ne se lasserait jamais de caresser cette feuille jadis touchée par son mentor. Elle ne s'épuiserait jamais à connaître les pensées de cet esprit encore jeune et insouciante de son mentor; tout comme elle, il avait été incertain et fragile à une époque. J'ai regardé le vert printemps céder la place à l'or de l'été, les flamboiements de l'automne aux blancheurs de l'hiver, quand je restais assis, attendant le crépuscule. Jour après jour, je me suis demandé: pourquoi? Si j'avais su ce que serait de vivre pareil isolement, que d'être témoin esseulé du cycle éternel de la vie et de la mort, qu'aurais-je fait de plus? Je suis écrasé de solitude, mon ami, trop affaibli aussi pour l'endurer plus longtemps. Un vide, au fil des ans, devenu plus grand encore que mon cœur lui-même. Était-ce donc dans les gênes de la forteresse, dans ses plus anciennes racines, que de causer autant de chagrin et d'isolement au cœur de ses résidents? Tout ce que Vorlun avait écrit, elle le ressentait et le vivait à l'heure actuelle. Jamais ne s'était-elle sentie aussi seule et détachée du monde. Et pourtant, qu'avait-elle connu de ce monde! L'Héritière n'avait rien vu des beautés de Lanriel, qu'entrevu les pâles rayons d'un soleil malade à travers la silhouette de granit de son sanctuaire et la végétation maudite des marais. Elle lisait beaucoup et s'imaginait la chaleur des déserts de Sliabh Órga, la verdure tropical et colorée de la jungle d'Odhra, ainsi croyait-elle voyager... mais cela ne suffisait jamais à chasser la mélancolie de la Sorcière qui, chaque jour, devenait de plus en plus morose et éreintée. Je me suis efforcé de tenir les promesses que je t'ai faites. L'une a été tenue, l'autre non exaucée. Jusqu'à ce jour... Depuis quelque temps, je te sens près de moi. Ce temps qui était nôtre va bientôt revenir. Tout l'indique. Bientôt, ton tombeau sera retrouvé, bientôt il sera ouvert. Je le sais. Cette réalité me cerne de tous côtés...

Une fois la lecture terminée pour une énième fois, Tanith s'adossa à son siège, perplexe. Bien qu'elle ait lu cette lettre, cette confession plus d'une fois, elle ne comprenait toujours pas qui était le destinataire de ces aveux oubliés. Et comme le papier ne semblait pas avoir été plié, aucun enveloppe ou reste de cire sur la table, la jeune femme en était venue à la conclusion que ce message n'avait jamais été envoyé. À quoi bon écrire une telle missive alors, si ce n'était pour l'envoyée par la suite? Vorlun avait-il laissé tomber cette affaire? Et si ce message faisait référence à Mynkor ou à un prêtre quelconque? Ou, aussi farfelu cette idée pouvait-elle l'être, peut-être ce message lui était-il destiné après tout? Aussi étonnant fut-il, Tanith ignorait toujours quels avaient été les dons de son mentor spirituel. Avait-il possédé un don de clairvoyance, cela expliquerait, peut-être, cette hypothèse saugrenue, s'adressait-il à son adorée, des siècles les séparant? […] Elle fut alors interrompue dans ses interrogations silencieuses par les claquements de son naja, anxieux. La Sorcière leva un sourcil, prêtant oreille; la porte s'ouvrit. Des pas, puis la porte se referma dans un bruit sourd qui lui semblait de mauvais augure. Tanith ressentit immédiatement un changement dans l'atmosphère. Elle se tenait immobile, apaisant d'une simple caresse l'hostilité prononcée de son animal de compagnie. Bien que toujours méfiant, le reptile baissa la tête, mécontent, mais se concentra sur les douceurs de sa maîtresse; nul doute que s'il avait été un chat il aurait ronronné de bonheur. L'espace d'un instant, elle n'entendit que le silence, ensuite le bruit de quelqu'un se rapprochant de plus en plus près. Elle se tassa sur son siège, alors que, le dragonnier, s'immobilisa non loin d'elle, mains tendues vers la rougeur flamboyante au cœur de son havre de pierre. Silencieusement, son corps se contracta comme si, sous son épiderme, des milliers de fils la tiraient vers l'intérieur. Un geste qui ne manqua pas de la faire grimacer sous la douleur aigue de ses côtes fêlées: « ▬ J'avais presque omis votre propension pour les décorations cossues. Une voix qu'elle connaissait, froide et assurée, tranchante comme la lame d'une dague. Elle prit conscience que c'était celui qu'elle entendait, celui qu'elle redoutait, qu'elle reconnu dès qu'il eut passé la porte. Aussi, Tanith ne jugea pas nécessaire de répondre, reconnaissant la mesquine ironie à laquelle s'adonnait le dragonnier, Nul doute que vous êtes une femme de goût. » Debout devant les flammes de son petit brasier, la Sorcière s'accorda quelque seconde à le décortiquer de nouveau, sans répondre. Physiquement, il ressemblait à ses portraits de dragonniers qu'elle avait pu étudier dans les anciens textes de la forteresse. Grand, massif comme un taureau, son visage portait les traces des nombreuses campagnes militaires qu'il avait probablement soutenues au cours de ses voyages. Ses traits lourds au teint mat affichaient une expression taciturne accentuée par une épaisse barbe noire. Ses cheveux d'un noir tout aussi intense laissaient apparaître quelques fils d'argent... « ▬ Vous me semblez bien blême, Tanith. La Sorcière ouvrit d'un seul coup ses grands yeux félins, son visage affichant, tour à tour, inquiétude et étonnement, puis l'expression arrogante qui lui était coutumière Le seul fait de s'entendre appeler par son nom résonna comme une menace. Redressant fièrement le menton, cependant, elle était plus que déterminée à ne pas laissée sa faiblesse transparaître davantage: Cela n'a rien de surprenant, je suppose que vous avez fait fi des conseils de mon dernier passage. C'est une chance que je vous connaisse suffisamment pour le prédire... Un sourire ironique s'empara de ses lèvres tandis que la réponse se lisait intelligiblement sur le visage de l'Héritière: ▬ À quoi vous attendiez-vous? Après avoir été si longtemps captive de ses propres pensées, elle était tentée par l'occasion qui lui était donnée de s'en ouvrir enfin à quelqu'un. En quelques sortes, ils se connaissaient et ils avaient toujours entretenu d'excellentes conversations. Levant les yeux des nombreux parchemins, la Sorcière des marais remarqua que Zoran sortait de son sac plusieurs victuailles. Le sourire jusqu'alors accroché aux lèvres de l'Héritière se dissipa quelque peu tandis que le doux parfum de la nourriture l'affama davantage: Votre pommade n'eut aucun effet sur ma blessure; elle est toujours aussi rouge et douloureuse. »

L'odeur qui devenait de plus en plus grande laissa alors place au nouveau parfum du vin que son invité dégageait de son bagage. Débarrassant la table des nombreux parchemins pour y installer couver – ou du moins ce qu'elle possédait qui lui semblait suffisamment convenable pour recevoir son ôte, le serpent, quant à lui resta à sa place, fixant toujours hargneusement le nouveau venu dans son terrier. Cet animal faisait tout à fait preuve de sentiment humain, comme si l'âme d'un défunt habitant lui dictait sa conduite. Son naja faisait preuve de jalousie, ne plus avoir toute l'attention de sa maîtresse le rendait ainsi anxieux et haineux envers ce dragonnier. « ▬ Il y en a aussi pour toi, naja. » Appuyant ses paroles, le dragonnier déposa un petit paquet d'oisillons à porter la bête. Hésitant, mais visiblement tenaillé par la faim, il tourna son énorme corps vers sa maîtresse qui approuva l'initiative d'un petit mouvement de la tête. Sitôt, le naja s'en empara tel un véritable voleur, à l'image des meilleurs charlatans de la Cité, pour bondir dans l'ombre d'un recoin, surveillant attentivement la scène, prêt à attaquer si sa maîtresse en faisait le désir. L'invitant à prendre place à table, la Sorcière retourna s'asseoir: « ▬ Vous vous êtes grandement investi pour la cause des héritiers, Zoran. commença-t-elle d'un élan mielleux alors qu'elle savourait l'élan fruité du vin que lui avait proposé le dit dragonnier, rares sont les héritiers en qui je puis placée ma confiance, le fixant alors, elle le couvrit de son regard envoûtant ajoutant, plus rares encore sont ceux en qui je vois des alliés. Elle marqua une pause avant de poursuivre d'un même élan enjôleur quoi que plus déterminé et pesant bien ses mots: Aussi suis-je en mesure de vous apportez ce que vous désirez... Mais dites-moi, dragonnier, que saviez-vous de l'expédition que j'ai récemment mené au sein de la forteresse? Vous avait-on prévenu, par l'intermédiaire d'un messager quelconque, de mes intentions à travers cette exploration, je l'avoue, fort improvisée? Il s'avère que votre présence m'aurait été fort plus agréable; les idiots qui m'accompagnaient se sont tout de même montrés fort utile par moment... »

fiche par century sex.
CHRONOLOGIE & RÉSUMÉ : Ce rp se situe après l'intrigue des héritiers,
soit quelques jours avant la capture de Tanith.
La sorcière envoie une missive à un ami
de longue date afin de lui faire part
des derniers évènements survenus à Mogaròr.
Music by Ramin Djawadi, Game of Thrones OST
Echo des Plaines RPG

_________________
a villain is just a victim whose story wasn't been told. the pariah who never had the chance to who proves himself to be good and faithful. the victim, the miserable one who never had chance.


Dernière édition par Tanith Ruane le Lun 07 Mai 2012, 20:04, édité 1 fois
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Zoran A. Drahiyr

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MessageSujet: Re: Garden of Shadows [PV]   Mer 02 Mai 2012, 22:40

Les reptiles étaient des créatures stupéfiantes, empruntes de tant de grâce que même le plus leste des artistes n'aurait été enclin à en saisir toute la superbe. Ils étaient, aux yeux du dragonnier et ce à juste titre, parmi les plus belles ébauches de Dame Nature. Le simple fait qu'il ait toute sa vie durant étudié et choyé les plus augustes spécimens de cette variété tétrapode ne l'empêchait pas d'être inspiré d'une éloquente admiration au côtoiement du naja. Jamais, avant de croiser la route de celui-ci, n'avait-il eu l'opportunité d'en mirer un d'une telle proportion. Aussi lui semblait-il que le serpent n'avait jamais cessé de croître durant ces dernières années, quel fabuleux sujet d'expertise eut-il été s'il ne se faisait point si réticent à l'approche. Comment lui en tenir rigueur ? Zoran était le premier à bénéficier de la bienveillance d'une âme soeur animale, et simultanément, de sa jalouse possessivité. Il ne doutait point que délaissé à la seule compagnie des remparts, Iriel maugréait son abandon, dans l'attente que son maître ne daigne revenir à lui. Si patience était mère de vertu – acabit dont le dragon vert avait appris à se vêtir – il n'était pas exclus que celui-ci fende les sombres cieux de ses lamentations pour remémorer sa présence. En dépit des innombrables visites que le botaniste avait menées dans la forteresse de Mogaròr, l'Illustre, le cobra ne faillait pas dans son opaque méfiance. Sa prostration se miroitait à merveille dans l'ondulant mouvement que son corps avait intuitivement entrepris, comme si c'eut été une danse mortellement hypnotique, qui ne cessa qu'à la fragrance d'un hypothétique repas. A la suite de l'aval de la chaperonnée, l'aspic à la robe de squames chaparda la triade d'ortolans pour s'en aller la déguster dans un coin, veillant toujours tel un beau diable. Etre ainsi la source d'une surveillance accrue amusa le quidam qui, après avoir admiré les actions du naja, s'en retourna à la contemplation de la sorcière.

Convié à la table de bois partiellement corrodé, laquelle était désormais jonchée des diverses denrées, il s'en approcha jusqu'à tapoter l'angle de ses phalanges dans une symphonie compulsive, qui cessa aussi promptement qu'elle eut commencé. Cette longue pérégrination pour parvenir jusqu'aux cloaques de Dorcha Dúil l'avait éreinté, si bien que même le modeste confort des lieux lui semblait parfaitement à même au repos auquel il escomptait. Pendant que Tanith s'extasiait de l'effluence vineuse, le doyen retira ses mitaines puis son étole, les déposant sur la surface de la tablée en étirant ses muscles dorsaux. Vint les compliments sur ses activités en faveur des disciples de Mynkor, ce à quoi il ne prêta guère l'oreille alors que son séant trouva son aise sur l'une des chaises à sa portée. S'il était une figure notoire de leur caste, fréquentes étaient les fois où il disparaissait pour mieux se dévouer à ses propres besognes. Il appréciait toujours les réunions de connivence parfois abordées mais n'estimait pas pour autant nécessaire de ne vivre que par sa foi. Il était avant tout quidam à garder les pieds sur terre plutôt que l'esprit dans les cieux, sans doute était-ce cette part d'utopie qui lui faisait cruellement défaut. Ses absences bien qu'itératives n'étaient que trop remarquées, comme le lui souligna une fois encore la muse de noirceur dont il croisa l'oeillade. Leurs prunelles enchevêtrées, il lui sembla qu'elle s'essaya à le claustrer de son glamour magnétique. Que dire ? Elle était d'un indicible envoûtement, sans équivoque plausible, nimbée d'un corps astral à en occire le plus zélateur des apôtres d'Eydis. A l'image de son naja, une gorgone de vénusté apte à pétrifier ceux qui osaient lui faire face. Ce même regard qui l'abordait d'une façon bien trop grisante pour qu'il y soit insensible, lui, le simulacre de placidité. Elle savait de quelle attitude se draper pour le tenir en haleine et bien plus encore, quand bien même elle se hasardait à un jeu hautement risqué dont elle aurait tout loisir de se lamenter des conséquences si elle n'agissait pas avec parcimonie. Il se souvenait, non sans récréation, les fois où il avait pu admirer la jeune femme exercer sa magnificence sur des prosélytes de leur coterie. Ces pauvres néophytes devaient certainement s'en souvenir encore aujourd'hui, ankylosés d'intimidation sous le joug oculaire de l'une des personnalités les plus incontournables de leur organisation. Ruane, un patronyme qui était sur les lippes de tout Héritier qui se respectait, unifiant inexorablement Mogaròr et Vorlun à sa notoriété. Elle était une énigme à elle seule, et quelle délicieuse énigme avait-il à résoudre là. Sans jamais céder au poids de ses mirettes – l'affublant du poids des siennes en guise de contre-offensive – il humecta lentement ses lèvres dans l'intention de lui donner réponse, ce qu'il fit d'un phonème naturellement flegmatique.

« Je serais curieux que vous me confessiez ce que vous pensez connaître de mes désirs. Je suis persuadé que la nature de certains d'entre eux vous ferait balbutier jusqu'à en devenir aphone et rubiconde d'embarras. » Une mince risette vint ornementer son faciès alors qu'il la toisa furtivement. L'éloquente incongruité de son trait d'esprit le fit intérieurement ricaner, avant qu'il ne reprenne, plus sérieux. « Concernant la dite expédition, Ithel m'en avait fait part dans l'une de ses épîtres, me semble t-il. Du moins, il y avait fait quelques références qui n'eurent pas manqué d'éveiller ma curiosité. Il en faut peu pour m'intriguer lorsqu'il est question de Mogaròr, et c'eut été avec un plaisir dont vous ne pouvez douter que je me serais joint à vous si les circonstances me l'avaient permis. Je suis aussi navré qu'éploré de ne point avoir pu vous seconder. »

Sincère dans ses propos, Zoran était un homme d'intellect que la besogne n'apeurait pas. Il appréciait plus que tout les quêtes ésotériques et la visite de lieux inouïs, odyssées qu'il ajoutait aux nombreuses aventures qui édifiaient ses presque cinquante années d'errance en cet univers. Comme beaucoup de ses condisciples, son anatomie était bigarrée des stigmates de guerre, une notion inhérente à la vie de soldat à laquelle ils se dévouaient tous. Dans l'impéritie la plus intégrale sur ce qui se camouflait dans l'ombre de cette forteresse qui l'accueillait en ce jour, il avait toujours nourri l'envie de pallier à cette ignorance par le biais de minutieuses explorations. La tentation avait été grande lorsqu'il eut pris connaissance des recherches qui se préparaient sous la tutelle de la sorcière, néanmoins, les responsabilités intrinsèques à son rôle de soigneur vétéran l'avaient empêché d'entreprendre une quelconque pérégrination que c'eut été. La tension entre les disparités éthiques étaient palpables au sein de l'Ordre, Mhian Dhiaga était ensevelie sous des conflits d'intérêts et l'annonce d'un traité d'union improbable. Singuliers et Dragonniers, de ce qui se susurrait dans les corridors de la cité, une éventualité que le doyen n'aurait jamais songé ouïr de son vivant. La controverse était telle qu'elle était devenue le sujet principal des dernières semaines, agitant tant les approbatifs que les récalcitrants.. Un fait dont il n'avait point encore fait part à ses homologues Héritiers, ce qu'il hésitait encore à faire tant qu'il n'aurait pas la pleine certitude de la ratification de l'édit. Au final, avait-il encore l'espoir que tout ceci ne soit qu'une mauvaise facétie qu'ils auraient promptement fait d'oublier. Dans l'incertitude et jouissant d'un statut considérable dû à son ancienneté et à ses faits d'armes, il gardait une oreille attentive aux tumultes de cette affaire. Pour ce qui était de la raison initiale de son déplacement à Dorcha Dúil, il s'interrogea sur nombre de détails qui avaient animé l'expédition organisée par Tanith. Qui étaient donc ces ineptes auxquels elle avait fait référence, ceux qui l'avaient accompagnée dans la pénombre de son logis ? Ne furent-ils tous que des jeunes convertis – ou intéressés pour l'être – ou certains de leur plus vieux compères s'étaient-ils également déplacés pour l'occasion ? Où étaient-ils allés, quelles étaient les embûches qu'ils eurent à essuyer et qu'avaient-ils donc découverts ? Tant de questions que le botaniste mourrait d'envie de lui adresser, mais qu'il ne lui imposa pas à brûle-pourpoint. Agissant toujours par ordre de priorités, il y en avait une qui se présentait en tête de liste et dont l'évocation lui paraissait substantielle.

« Je suis impatient que vous me contiez votre péripétie, mais avant cela... » Il désigna l'exhibition culinaire auprès d'eux. « Prenez plaisir à vous sustenter, nous avons toute la nuit pour converser. »

Et tels qu'il les connaissait, voir l'aurore poindre sans qu'ils n'aient vu le temps fluer ne l'étonnerait guère. Tous deux étaient aptes à tenir leurs discussions des heures durant, allant des médisances sur le sieur Hardansson à la dernière épopée des tenancières de Port-aux-Princes. Cependant, le guérisseur ne désirait point faire passer leur logomanie avant la santé de la sylphide qu'il jugeait déjà chancelante. Il était parmi les premiers à être au fait de sa déplorable hygiène de vie et était prêt à parier qu'elle n'avait pas goûté à une nourriture digne de ce nom depuis bien trop longtemps maintenant. Le sacrifice de soi était le lot de tous ceux qui avaient vécu dans cette forteresse, lui avait-elle un jour confié, son maître spirituel n'ayant pas fait exception à la règle. Il comprenait tout le symbolisme de la chose, mais ne manquait jamais une opportunité de lui rappeler que se laisser dépérir serait chose vaine. Sans forces aucunes, que pourrait-elle donc faire, si ce n'était d'avantage se reclure dans son cloître ? Elle finirait par se sentir inutile, à juste titre. Une situation d'autant plus alarmante depuis que son flanc eut été meurtri par un vassal de la royauté. La fortune lui avait souri de n'avoir été qu'à peine victime du tranchant de son épée, car de ce qu'elle lui en avait dit, le chevalier aurait été prompt à lui porter l'estocade. Ainsi concerné par l'évolution de la dite blessure – et ayant pleinement entendu la remarque faite sur l'efficacité de la pommade – il reprit en se frottant le menton.

« Quant à votre plaie, l'onguent que je vous ai concocté la fois dernière n'était qu'un antalgique. Je l'ai fait en toute hâte et sans grandes ressources, je vous le rappelle. Qui plus est, je vous avais dit de vous octroyer une convalescence dans un endroit propice, là où vous pourriez vous nourrir d'autre chose que des rats déjà putréfiés. » Il posa son dos contre le dossier de sa chaise et croisa les bras sur son poitrail. « Si vous souffrez encore, ce n'est que la conséquence de votre négligence à votre propre égard. Ceci étant, je suis venu avec le nécessaire médicinal, si vous me permettez de vous ausculter à nouveau, plus tard. »

Si Tanith était encore sur ses gambettes, le développement de sa lésion ne devait pas être si préoccupant. Malgré cela, il tenait à lui faire un diagnostic et à lui donner la médication suffisante à une guérison totale, mais qui – une fois encore – dépendrait de sa rigueur.

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Il a jadis existé,
Dans mon pays de bohème originel,
Une fête des vents, où l'adulte redescendait
Les marches des âges, pour célébrer son enfance, éternelle.
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Tanith Ruane

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MessageSujet: Re: Garden of Shadows [PV]   Mer 09 Mai 2012, 22:12


Garden of Shadows
« Follow sweet children, I'll show thee the way, through all the pain and the sorrows. Weep not poor children for life is this way, murdering beauty and passions. Hush now dear children, it must be this way, to weary of life and deceptions. Rest now my children, for soon we'll away, into the calm and the quiet »


Une pluie froide tombait, ce qui donnait aux murs et aux murailles de la forteresse de Mogaròr une sombre couleur de sang coagulé. Pendant quelque temps, elle eut l’impression que le dégoulinement têtu, permanent de la pluie était le seul bruit du monde. Face au silence qui s’installait progressivement autour de la table, probablement dû au festin qui s’y étalait et non pas par leur manque de sujet sur lequel dialogué, la jeune femme eut un lent sourire, sans néanmoins souffler mot. Jusqu’à ce jour, Tanith Ruane avait consacré son existence à la cause des héritiers. Elle avait enduré les sévices de ce monde, l’insalubrité de sa forteresse, la faim et la soif, mais jamais n’était-elle tombée gravement malade ou ne s'était-elle plainte de ce mode de vie. Ainsi exilée de toute civilisation, recluse dans son sanctuaire qu’elle affectionnait tant malgré tout, l’héritière avait cherché par quels moyens se venger. Seulement, au fil des années, elle en était venue à oublier les raisons initiales de toute cette violence qui, par moment, lui semblait injustifiée. Vorlun lui avait murmuré à l’oreille tant de choses, tant d’images et tant d’histoires qu’elle n’était plus en mesure d’affirmer avec certitude quelles aventures étaient les siennes et quels étaient les voyages d’un autre monde imaginaire et fictif. C'était ce qui la rendait si méfiante envers les autres; consciente de sa faiblesse émotive et psychologique, elle était convaincue n'être qu'un livre ouvert dans lequel tous les reflets de son âme était exposé. Autant de souvenirs et d'aveux qu'un être fourbe utiliserait contre elle, pour la manipuler, pour lui faire du mal. Son mentor spirituelle l'avait mise en garde contre toute les cultures de ce monde, eh bien qu'elle aimait s'instruire et se cultiver, Tanith n'aimait pas être approchée d'étrangers, voir même les côtoyer. Curieusement, pourtant, Zoran était une exception à la règle. Bien que son naja se montre toujours prévenant et méfiant à l'égard du dragonnier, Vorlun avait immédiatement perçu l'utilité de ce chevalier à la monture ailé et, telle une élève aveuglée par le maître, l'héritière avait partagé ses idées. Et s'il n'était censé être qu'un pion au départ, Tanith avait trouvé en lui un être curieux et mystérieux en plus d'un allié redoutable en qui elle pouvait placée toute sa confiance... Devenu son émissaire du monde, elle ne se lassait pas d'entendre les récits et les informations qu’il lui rapportait, bien que son attitude d’un naturel froid et arrogant trompe son intérêt. Cela dit, Zoran n'avait pas à douter de la Sorcière; si elle avait souhaité se débarrasser de lui, il y aurait bien longtemps que sa route aurait à jamais été balayée de l'histoire de Mogaròr.

« ▬ Je serais curieux que vous me confessiez ce que vous pensez connaître de mes désirs. Je suis persuadé que la nature de certains d'entre eux vous ferait balbutier jusqu'à en devenir aphone et rubiconde d’embarras, la Sorcière fut désemparée pendant un moment, le rouge aux joues. Elle était choquée, autant par la petite remarque ambigüe de son partenaire que par la situation à laquelle elle devait faire face. Furieuse surtout de s’être laissé si facilement intimider par cet homme. Son émotion se dissipa peu à peu et, afin d’apaiser la nervosité qu’avait fait naître en elle cette remarque désobligeante, la Sorcière se servit à boire. Le vin corsé dans sa bouche avait un goût âcre qui lui picota désagréablement le gosier. Elle ne jugea pas nécessaire de répondre à la remarque du dragonnier, se contentant de lui offrir un nouveau sourire carnassier. Ce sourie, qu’elle savait si charmeur, mais également si terrifiant lorsque la discussion n’avait pas la même essence… De la famille mystérieuse et inconnue de son père, elle possédait le profil distinctif, aquilin et pâle, quoique enorgueilli de lèvres généreusement ourlées et d’yeux brillant de félins, bordés de longs cils noirs. Noires aussi les boucles de ses cheveux qui roulaient sur ses épaules que n’auraient pas reniées les plus grands sculpteurs… Tanith, malgré sa dégaine hirsute et ses cheveux emmêlés, possédait le charme et la grâce qui captent le regard. Nombre d’hommes se plairaient à la courtiser… Concernant la dite expédition, reprit-il d’un ton beaucoup plus sérieux, ce qui remit la Sorcière en alerte, dressée contre le dossier de sa chaise, Ithel m'en avait fait part dans l'une de ses épîtres, me semble t-il. Du moins, il y avait fait quelques références qui n'eurent pas manqué d'éveiller ma curiosité. Il en faut peu pour m'intriguer lorsqu'il est question de Mogaròr, et c'eut été avec un plaisir dont vous ne pouvez douter que je me serais joint à vous si les circonstances me l'avaient permis. Je suis aussi navré qu'éploré de ne point avoir pu vous seconder Les bras étirés sur la table, chaque côté de son plat, la Sorcière soupira. Comme toujours. L’héritière se débrouillait toute seule. C’est mieux comme ça. De nature très indépendante, elle préférait ne compter sur personne. Bien qu’elle se doute qu’un dragonnier d’un tempérament tel que Zoran ne soit pas du genre à s’attacher à quelconque bien matériel, la Sorcière était difficilement parvenu à renoncer à sa présence lors de cette expédition; il avait bien fallu pourtant lorsqu’après deux jours, son allié des montagnes lui avait annoncé son incapacité à être céans le jour choisit. Sa force de caractère et de jugement en aurait fait, certes, un conseiller bien plus avisé que les idiots qui l’avaient accompagné au cœur de son sanctuaire. Mais l’espoir de partager un jour la même aventure n’était pas écartée, à cet instant, cependant, elle n’était pas tout à fait certaine d’être céans pour s’occuper elle-même voir même organiser ou participer à de prochaines expéditions. D’un regard furtif, elle examina là plaie sous son bras gauche qui colorait le tissu sombre de sa robe. Elle s’était remise à saigner, l’humidité de la forteresse l’empêchait de sécher. Redressant fièrement le menton, elle fit mine de ne pas s’en préoccuper. Sa tête s’emplit soudain de murmures, de bruits dissonants, à la manière d’échos qui auraient traversé le temps. Incohérents, pourtant, ils s’adressaient tous à la Sorcière... comme une mise en garde. Je suis impatient que vous me contiez votre péripétie, mais avant cela..., un bref regard vers sa main tendue lui laissa comprendre que la nourriture n’était pas simplement là pour décorer la pièce et qu’elle ferait probablement l’objet de sa prochaine prise de voix: Prenez plaisir à vous sustenter, nous avons toute la nuit pour converser. À ses mots, Tanith croqua un morceau de pain, son naja, un peu plus loin, lui, croquait à son tour dans les petits corps inertes que constituait son repas… Qu’elle incroyable synchronisme tout de même. »

La nourriture ne lui avait jamais semblée aussi savoureuse. Elle se régalait de tout, mais avec grâce et élégance, bien que l’envie de se jeter sur ses plats lui chatouillait l’estomac. Elle grimaça alors lorsqu’elle tendit la main pour prendre de nouveau la bouteille de vin. Chaque mouvement brusque qui suggérait un mouvement de son flanc gauche lui était insupportable et douloureux. Et bien qu’orgueilleuse, elle tentant de dissimuler ce pincement éreintant, la surprise l’obligeant quelque fois à abandonner ce masque froid d’indifférence. « ▬ [...]Si vous souffrez encore, ce n'est que la conséquence de votre négligence à votre propre égard. Ceci étant, je suis venu avec le nécessaire médicinal, si vous me permettez de vous ausculter à nouveau, plus tard.Ce n'est rien, lâcha-t-elle en ignorant tant bien que mal l‘étau qui semblait se resserrer autour de sa taille, mon état de santé ne concerne que moi, vous pouvez jugez de l’inconséquence de mes actes, mais ne doutez point de mes bonnes intentions, Zoran. Tanith devinait qu’il n’était pas convaincu et qu’il ne comprenait probablement les motifs de cette négligence volontaire, cependant, elle se garda d’argumenter plus avant. Cela dit, si vous souhaitez être rassuré, je vous laisserai volontiers examiner cette plaie au cours de la soirée, déclara-t-elle avec un demi-sourire. » Inconfortable à présent, elle se redressa, abandonnant son reste sur la table pour se diriger vers le puits en pierre dressé au beau-milieu de ses appartements. Le bourdonnement monotone et presque inaudible des flammes qui dansaient joyeusement dans un vieux bassin de pierre; elles éclaboussaient, vacillantes, le dallage et le les murs de bois et se révélaient être la seule source de chaleur dans tout le refuge. Son corps inlassablement tenaillé par la douleur, elle ne trouvait pas meilleur moyen pour l’apaiser que de plonger son regard d'or dans le rouge flamboyant du petit brasier de moins en moins incandescent. Son naja vint alors la rejoindre, son énorme corps rampant agilement sur le sol, se glissant autour de sa jambe, de sa taille, s’enrôlant autour de ses épaules pour venir caresser la joue de sa maîtresse… Dans la pénombre grandissante, son expression se durcit, alors qu’elle élevait de nouveau la voix: « ▬ Il y a quelques jours de cela, j’ai trouvé une brèche dans le mur des cachots. Je ne m’y suis pas attardée, pensant que ce trou était le résultat des éboulements incessants de la forteresse, cependant, comme je m’apprêtais à passer mon chemin, j’y ai perçu une énergie… une essence magique et très ancienne, lui faisait dos, elle ne doutait pas le tenir dans ses rets. D’autant plus que ce récit était la raison initiale de leur rencontre, Ce trou béant, cette brèche, se révéla être un passage, creusé il y a de cela des milliers d’années au sein même de ce sanctuaire. J’ai voulu en faire l’exploration par moi-même, mais Vorlun me conseilla plutôt de m’entourer de compagnons plus vaillants… c’est que, voyez-vous, j’étais au début de ma convalescence et cette maudite plaie m’obligeait à m’arrêter maintes fois pendant la journée pour des tâches que je n’aurais pensé aussi exigeantes… À ce jour, le moindre effort lui était pénible. Vorlun lui avait même interdit d’utiliser sa magie en quelconque occasion, cela pourrait avoir de graves conséquences sur sa survie. Ainsi vivait-elle depuis quelques semaines à la manière d’un singulier. Cette pensée lui arracha un frisson que son naja s’empressa de chasser en claquant l’air de sa langue comme pour la rassurer: Vorlun m’avait longuement confié avoir cherché cette entrée sans jamais l’a trouvé. Et c’est par hasard qu’elle m’est apparue à moi, nonobstant. Elle se tourna vers lui, les yeux pétillants de malice: Mynkor était fin près
à revenir sur les terres de Lanriel.
»

fiche par century sex.
CHRONOLOGIE & RÉSUMÉ : Ce rp se situe après l'intrigue des héritiers,
soit quelques jours avant la capture de Tanith.
La sorcière envoie une missive à un ami
de longue date afin de lui faire part
des derniers évènements survenus à Mogaròr.
Music by Ramin Djawadi, Game of Thrones OST
Echo des Plaines RPG


_________________
a villain is just a victim whose story wasn't been told. the pariah who never had the chance to who proves himself to be good and faithful. the victim, the miserable one who never had chance.
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Zoran A. Drahiyr

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MessageSujet: Re: Garden of Shadows [PV]   Dim 13 Mai 2012, 14:03

Il l'observait dans sa dégustation, presque preste, mais auréolée d'une suavité que l'on eut pu prêter à une dame de la Cour. Le botaniste s'étonnait toujours de cette constatation autant qu'il s'en gaussait, la noblesse n'était pas intestine aux familles de courtisan contrairement à ce qu'il était légitime de penser. Nombre de ses pérégrinations l'avaient amené à côtoyer les plus hauts quartiers de Cathairfàl, Dinas Uchel et ses quidams infatués, tout comme les tréfonds de la cité royale et sa vulgaire roture. Il ne prenait guère partie pour l'un de ces opposés sociaux dans la simple mesure où lui n'était point fait du même bois, ne partageant rien de plus que son apparence humanoïde avec la peuplade de Singuliers qui foisonnait dans la capitale de Lanriel. Un fait qui s'étendait à l'ensemble des autres contrées et castes, par ailleurs, il était conscience d'exhaler une ostensible forme de roguerie similaire à celle de ces nobliaux que l'on exécrait tant. Les dragonniers n'étaient pas des idéaux d'humilité, bien au contraire, connus et reconnus pour leur indicible superbe. Un patrimoine dont ils prenaient orgueil, des élus qui avaient pleinement conscience de leur condition et qui n'omettaient jamais une opportunité d'arborer leur grandeur. S'il s'agissait d'un archétype parmi tant d'autres, la plupart des dompteurs d'augustes tétrapodes ne faisaient pas exception à la règle, ils ne faisaient qu'exprimer leur fierté de diverses façons. Zoran n'avait jamais camouflé sa vanité, il en surjouait avec fourberie, quel qu'était son vis-à-vis. Ainsi, il comprenait la mimique affectée avec laquelle la sorcière savourait les mets, ceci bien qu'il ne doutait pas que le désir de se bâfrer la tiraillait intérieurement. Epicurien né, il aimait à abuser de tous les délices dont la vie était susceptible de le gratifier, et s'il lui était aisé de s'accommoder du strict nécessaire lors de ses déplacements, il lui était peu envisageable de se priver d'ambroisie comme le faisait l'héritière de Vorlun. Elle avait fait le choix d'assumer son statut de légataire avec un zèle sans égal, il avait cherché à savoir, il avait compris, mais il ne témoignait pas de commisération pour autant. Il palliait à sa famine, et plus généralement à son impécuniosité, lorsque l'opportunité se présentait et uniquement dans ce cas. Elle avait gagné son estime et non pas sa miséricorde, l'inverse n'aurait été qu'insulter la femme qu'elle était et vêtir un rôle qui n'était absolument pas le sien. Il n'était pas un héraut de l'obligeance, point un bon samaritain prompt à secourir la veuve et l'orphelin. Cette besogne, il la laissait volontiers à qui serait enclin d'en faire quelque chose.

Il partageait donc l'avis de la sylphide. Sa santé et la négligence immanente à celle-ci ne concernait qu'elle. Comme certainement la plupart des praticiens, il ne faisait que soumettre une expertise de laquelle il n'attendait rien si ce n'était renseigner l'intéressé. Le guérisseur faisait ce pour quoi il était doué, une déformation professionnelle qui le contraignait à se faire une opinion sur les cas médicinaux qu'il rencontrait. S'il se complaisait à souligner l'incurie avec laquelle elle avait agi en dépit de ses prédications, il n'escomptait pas à la faire culpabiliser ou pire encore, à lui faire adopter un comportement salutaire adéquat. Si la belle ne désirait rien ouïr, il ne lui ferait rien entendre. Tant pis si elle devait d'avantage subir les conséquences de son inadvertance, tant mieux si elle était apte à se démancher seule pour son rétablissement. Le quidam n'en était pas offusqué, elle lui rappelait qu'elle n'était pas l'un des dragons qu'il choyait quotidiennement et avait probablement raison de le faire. Lorsqu'elle lui octroya son aval pour l'auscultation à venir, il ne fit que détourner son regard d'onyx sur un pan de la pièce, reflétant une bénignité d'esprit peu manifeste. Puis, il aperçut son galbe fluer en direction de l'âtre flamboyant, avec l'impression que les flammes épousaient le pourtour de son corps telle une pèlerine de feu. Un aspect perspectif qu'il eut depuis sa place et qui ne fit qu'agrémenter la scène d'un halo mystique. L'instant parfait pour entamer la narration d'une occulte quête, ce qu'il jugea imminent lorsque le clairon cristallin de la dryade entama sa déclamation. Aussitôt interloqué par les prémisses de ce qui se promettait d'être un rare récit, l'homme se redressa sur sa chaise, à l'écoute comme l'aurait été un félin en chasse.

Elle sut savamment l'envoûter de son exposé, le tenant en haleine avec une habileté verbale qui ne légua que plus d'hermétisme à la chose. Il fut ainsi enchanté d'apprendre que Mogaròr recelait d'un dédale dont nul n'eut connaissance avant la découverte de la magicienne, bien qu'intérieurement désappointé de n'avoir pu jouir de l'exclusivité d'une telle trouvaille, un désagrément dont il était le seul responsable. Graduellement, la conteuse parvenait à l'essence de son sujet sans que jamais son auditeur ne faillisse dans son attention. Dans toute l'harmonie du mouvement, elle s'orienta en sa direction, les prunelles scintillantes d'une nitescence ineffable, à peine croyable. Zoran comprit la solennité de l'instant dès lors qu'il sentit ses viscères harponnés par une indélicate sensation, soulevés par un alliage de ressentis prompt à lui créer une horripilation. Un réflexe pilo-moteur qui eu finalement lieu lorsque le nom de leur déité fut prononcé, l'impossible se présentant alors à lui. S'il fut frappé de stupeur, sa physionomie ne fut voilée que d'un trouble perceptible, des traits fermés et un visage en proie à la méfiance. Plus circonspect que jamais, il était pleinement conscient des enjeux inhérents à ce que la jeune femme affirmait, là était toute l'origine de sa réaction. Le sujet était bien trop substantiel pour que son esprit ne fuse point déjà de mille et unes conjectures, d'une réflexion encore décousue mais ô combien avide d'en savoir plus. Il était homme à toujours songer avant d'entreprendre une quelconque action, raison pour laquelle il était parvenue à intercepter son ébahissement plutôt que de tomber des nues comme l'aurait inexorablement fait tout autre quidam. Il n'en demeurait pas moins particulièrement interloqué, ce dont Tanith ne devait pas douter. Précautionneusement, il se leva, les calots agglutinés à ceux de son interlocutrice qu'il rejoignit à pas presque feutrés. Il fut rapidement auprès d'elle, l'observant de toute sa hauteur avec une mimique des plus graves. Si elle eut l'envie d'être son nouveau centre d'intérêt, elle avait prodigieusement réussi. Seuls les crépitements du feu faisaient office de mélodie ambiante, les enveloppait d'une chaleur piquante encline à conforter le dragonnier de se hasarder plus encore dans la proximité. Sa main se redressa et voulut authentifier le velouté de son épiderme d'albâtre, se risquer à la caresse de sa joue dans un élan tactile. Cependant, l'âpre présence du naja le dissuada d'établir un contact et il s'immobilisa dans son mouvement. La langue fourchue du cobra fut, lui sembla t-il, comme un avertissement aphone, et s'il n'était pas dénué de témérité, il n'était pas fou au point de faire défiance à une telle créature. Il rabaissa le bras non sans une lorgnade pour la bête, avant de reconsidérer la maîtresse de ce dernier.

« Usez de votre gloriole avec parcimonie, ma Dame. » Conseilla t-il, calme. « Vous êtes sans nul doute la mieux placée après Ithel pour jauger de l'avènement qui nous est accessible avec... Ce que vous me dites ici. Même s'il y a matière à se réjouir, restons au guet. »

Peut-être l'estimerait-elle inepte de ne point faire preuve d'allégresse, ou au moins, de plus d'enthousiasme à la suite de cette déclaration. Le dragonnier préférait rester prudent quant à l'expression de sa position, en particulier lorsque tout reposait sur du discursif. Son esprit pragmatique quémandait des preuves sans que cela ne se juge par un manque de foi envers la sorcière. Il ne put d'ailleurs résister à la provoquer d'un nouvel assaut sybarite, usant de cette même main pour ébaucher la forme de son thorax sans établir le moindre contact charnel. Il contourna la sensualité de son sein, phalanges dans le vide, pour descendre jusqu'à la macule d'hémoglobine qui souillait son habit et dont il effleura à peine l'humidité, sans omettre l'incisive présence du naja qui l'empêchait de sauter le pas. Allier l'utile à l'agréable aurait été un ravissement supplémentaire à ses fréquentes visites, un désir lascif, celui de cette anatomie tout en convexité pour lequel il ne cachait nullement son attrait. Il s'humecta les lèvres, puis releva ses calots sur le faciès de la naïade pour reprendre la parole.

« Je ne vous apprend rien en disant que nous ne parlons point là d'une vulgaire figure héraldique. Mynkor ne s-- »

Le botaniste fut coupé dans son élan. La forteresse sembla frémir sous un poids anonyme, un puissant heurt qui fit trembler les parois pour en surprendre les habitants. L'on entendit quelques rocailles s'émietter et créer quelques cataractes de poussière qui s'échappèrent du plafond. Les prunelles de jaspe du soigneur furetèrent ce dernier comme s'il eut l'intention d'y apercevoir quelque chose, alors qu'un rugissement caverneux fendit le silence mortuaire des lieux. Maudit dragon vert. Car après ce grondement, il en était persuadé, ceci était l'oeuvre d'un Iriel mécontent. Quelle ironie que celui-ci se soit décidé à agir au moment même où son maître avait prononcé l'appellation de la déité noire, une concomitance pour le moins troublante et qui eut presque convaincu Zoran qu'il s'agissait d'une intervention de Mynkor lui-même. Il quitta les abords de la donzelle pour se diriger vers la persienne d'écorce de pin, qu'il ouvrit pour se pencher par la cavité murale. Il observa furtivement les environs avant d'examiner ce qu'il pouvait avoir des toitures, là encore dans l'espoir d'apercevoir quoi que ce put être. Et il lui sembla bien entrevoir l'extrémité d'une longue queue reptilienne qui disparut aussitôt pour rentre à la nuit toute sa quiétude. Vraisemblablement offensé d'avoir été délaissé au profit de Tanith, Iriel tentait de manifester sa présence en faisant s'écrouler le bastion. Une hyperbole qui n'empêchait pas d'affirmer que la créature risquait d'affaiblir la constitution de la bâtisse s'il recommençait ses facéties, ce qu'il n'avait point intérêt de faire s'il ne désirait pas provoquer la furia de son maître. Ce dernier fit fi de l'intervention et referma les volets d'abiétacée pour se reconcentrer sur l'intérieur de la pièce. Il fit volteface en direction de la belle et la toisa succinctement. Elle était meurtrie et sa robe témoignait de l'état de sa plaie, pour autant et dans tout l'égotisme qui était sien, le guérisseur estima que leur conversation était prioritaire. Au besoin, il la ramasserait – peut-être – si elle en venait à s'effondrer à même le sol de sa chambre, mais voulait d'abord en apprendre plus. Car si elle n'avait délivré que le strict minimum, c'était bien pour qu'il l'interroge et sollicite la suite de sa narration. S'installant l'échine contre le mur, c'est ce qu'il fit donc.

« Tout ceci me paraît simple... Beaucoup trop simple. Si vous avez trouvé ce à quoi je pense, je doute que vous n'ayez pas dû essuyer les revers de quelques embûches. Cela justifierait que vous vous soyez entourée de comparses et que vous ayez désiré ma présence. » Il croisa les bras. « Ne me faites pas plus languir, poursuivez, je vous prie. »

_________________

Il a jadis existé,
Dans mon pays de bohème originel,
Une fête des vents, où l'adulte redescendait
Les marches des âges, pour célébrer son enfance, éternelle.
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Tanith Ruane

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MessageSujet: Re: Garden of Shadows [PV]   Mar 15 Mai 2012, 21:34


Garden of Shadows
« Follow sweet children, I'll show thee the way, through all the pain and the sorrows. Weep not poor children for life is this way, murdering beauty and passions. Hush now dear children, it must be this way, to weary of life and deceptions. Rest now my children, for soon we'll away, into the calm and the quiet »


Plus loyal et dévoué que ne l’était un frère d’armes, le naja manifesta rapidement son éreintement en claquant jalousement l’air de sa langue fourchue. Cette créature partageait étroitement l’exclusivité de sa maîtresse et se montrait des moins cordial à l’adresse des invités qui pénétraient le sanctuaire ; un comportement que l’Héritière ne jugea jamais nécessaire de réprimer tant il lui était un ami fidèle. Ils se côtoyaient depuis vingt ans maintenant – une vie anormalement longue pour un reptile aussi énorme – et le naja n’avait encore jamais déçu la Sorcière. Il s’était toujours démontré des plus satisfaisants et son acharnement à remplir sa besogne n’en faisait pas moins un compagnon idéal pour cette femme aux sombres desseins. Agréablement surprise de constater qu’elle détenait Zoran dans ses rets, elle avait poursuivit son monologue, l’étincelle aux yeux. Et ce ne fut non pas sans satisfaction qu’elle le vit se redresse, sur toute sa longueur, pour s’avancer prudemment vers elle. Inclinant la tête de côté, elle laissa, presque inconsciemment, ses parfums capiteux éveillé l’esprit du dragonnier qui s’avançait toujours. Plus qu’impatient, le corps massif du serpent se glissa jusqu’aux pieds de la jeune femme, ou il s’y enroula aisément, sans que sa grosseur ne semble gêner Tanith. Elle distingua rapidement l’audace de son invité, sa main levé près de sa joue, une action de le naja chassa immédiatement d’un sifflement furibond. Affichant un sourire narquois, la main de l’homme s’abaissa, ainsi s’abstenait-il tout contact physique, chose censée alors que Tanith connaissait la puissance considérable des mâchoires, un peu plus bas, qui n’en attendait pas moins pour s’en emparer définitivement. « ▬ Ithel est excellent guide pour nous tous accepta-t-elle de le concevoir, bien que leur relation ne fut jamais des plus harmonieuse. Ils s’étaient rencontrés en quelques occasions, et s’ils s’étaient efforcés d’afficher une complicité hors du commun, leurs visions des choses étaient trop différentes pour qu’ils puissent simplement accepter l’opinion l’un de l’autre. Aussi Tanith se considérait-elle comme la générale des armées qu’il s’apprêtait à dresser contre l’empire de la Déesse. Mais ses actions étaient trop longues et il y avait peu de résultat pour la cause de Mynkor ; la Sorcière avait donc prit des initiatives plus draconiennes pour faire valoir sa cause. Elle avait su, pourtant, combien le risque était grand d’entreprendre une telle démarche. Les enjeux étaient de taille et encore plus considérable aujourd’hui: l’écho de leur expédition aurait des répercutions jusqu’à l’oreille des autorités royales, il fallait faire vite: Ceci étant dit, les avènements survenus au cœur même de Mogaròr ne le concerne pas. Cette expédition s’est déroulée sous ma supervision, et je rendrai, dès l’aube, à Noristana dans le but de lui remettre les mêmes informations que je partagerai avec vous ce soir »

Ces paroles achevée, Tanith le considéra d’un œil malin. Ce cavalier du ciel semblait toujours aussi méfiant, voir hésitant à croire ce que Tanith lui avait plus ou mois avoué. Elle avait perçu le sens de cette hésitation et s’était apprêtée à lui donner de plus amples informations lorsqu’elle s’arrêta dans son élan, interdite. Le regard foudroyé sur la main ambiance de son invité, elle retenait son souffle, alors qu’il continuait, intensément, de la narguer d’une telle façon. Ce ne fut que lorsque sa main fut à la hauteur de sa blessure que son naja, de nouveau, entra en jeu. Celui-ci se dressa rapidement, ouvrant la gueule ne manquant pas de faire saliver, de façon pâteuse, ses deux longs crochets qui se gorgeaient de venin. Il avait immédiatement sentit la raideur inhabituel de sa maîtresse et s’était hisser, sans lui décrocher la moindre grimace de douleur cependant, jusqu’aux hanches de sa maîtresse. Son habilité sans mesure le rendait encre plus fascinant de jour en jour. Était-ce la férocité de son animal qui calma ses ardeurs ou le faisait-il de son propre choix, sa main s’immobilisa et il redressa calmement les yeux, comme si la présence de la bête ne l’intimidait en rien: « ▬ Je ne vous apprends rien en disant que nous ne parlons point là d'une vulgaire figure héraldique. Mynkor ne s— » Le visage empourpré de rouge, toutefois, elle fut gagner par la même surprise que Zoran lorsque la forteresse commença à trembler inexplicablement. Ou du moins, c’était ce que ces quelques secondes d’affolements lui avait inspiré, les hurlements impatients du dragon à l’extérieur, eux, lui rappelait peut-être plus cruellement que Zoran n’était certainement pas venu à Mogaròr sans la présence encombrante – quoi que fort rassurante – de son destrier ailé. Lui décrochant un regard ahuri, elle le regarda s’éloigner vers la fenêtre en déposant fébrilement sa main contre sa poitrine. Elle se sentait encore trop tremblante pour l’y rejoindre et lui concéda la tâche d’identifier la cause de se désagréable dérangement. Par l’unique volet ouvert de ses appartements, Tanith distingua une pénombre terrifiante à l’horizon. Ainsi la soirée était-elle plus avancée qu’elle ne l’avait pensé. Il lui faudrait accélérer la cadence et cesser de lui parler en énigme. Son temps à Mogaròr était compté. Il lui fallait encore préparer son départ pour les bois de Riocht na Elves…

Quelques instants s’écoulèrent, lorsque Zoran jugea la situation plus détendue – c’est du moins ce que pensait Tanith qui s’amusait également à croire qu’ils avaient échangés très brièvement quelques mots à l’aide d’une télépathie qui ne lui était pas tout à fait inconnue – le dragonnier referma les volets de bois avant de faire volte-face et reprendre la conversation: « ▬ Tout ceci me paraît simple... Beaucoup trop simple. Si vous avez trouvé ce à quoi je pense, je doute que vous n'ayez pas dû essuyer les revers de quelques embûches. Cela justifierait que vous vous soyez entourée de comparses et que vous ayez désiré ma présence. Elle hocha la tête, Ne me faites pas plus languir, poursuivez, je vous prie. Acquisçant d’un sourire, elle entreprit d’arpenter doucement la pièce, contournant par le fait même la bassine de pierre: J’avoue ne pas avoir saisi immédiatement les réticences de Vorlun, car je me sentais prêtre pour découvrir les secrets sur lesquels j’avais grandit. J’ai tout de même respecté ses indications et me suis entourée d’hommes de mains vaillants, quoi que stupides et sans intérêt. Nous étions sept à nous aventuré. Ce lot comptait deux autres héritiers, Galahad Caherval ainsi que Axl-Nethun Philoen, un autre sorcier du Premier Ordre que je ne connais, hélas, que très peu. Les autres étaient des singuliers sans importances, des rôdeurs d’expérience. Il y avait un autre sorcier également, un certain Madwyn Dinaflet qui vaut un culte indéniable pour la puissance et la gloire… Elle s’arrêta un instant, désireuse de se mettre en mémoire chaque visage énoncé avant de reprendre d’un ton empreint de lassitude: J’ai, bien évidement, entreprit quelques recherches avant de m’y aventurer. Il était dit que, autrefois, au temps les plus sombres d’une autre époque, que les catacombes de la forteresse était protégée par des basilics et autres énormes serpents afin de dissuader tous pilleurs de profaner cette tombe. Or, comme plus d’un siècle s’était écoulée depuis la parution de ses manuscrits, j’ai jugé ses créatures mortes, leurs cadavres séchés. J’avais raison ; n’en restait plus que les squelettes jaunes, a-demi réduit en poussière. Mais ne me pensez pas irréfléchie, Zoran, j’avais envisagé bien d’autre piège que ses montres reptiliens. Son naja rampant à ses pieds, elle se permit une petite caresse affectueuse lorsque celui-ci grimpa à sa hauteur avant de poursuivre: Des arachnes, l’obscurité, la peur, le désarroi, autant d’ennemis possibles que j’ai douté un instant que certains de mes compagnons ne se retournent contre moi. Il y avait plusieurs tunnels, creusés dans la terre et la pierre, et plus nous nous aventurions dans les ténèbres de ses cavités, moins grand était l’espoir de retrouver le chemin qui nous guiderait jusqu’à la sortie… Je vous épargne les détails plus ou moins intéressants de notre voyage, mais, somme toute, nous sommes finalement parvenu jusqu’au tombeau de Mynkor pour l’en délivrer Sa marche silencieuse l’avait finalement conduit jusqu’à la hauteur du dragonnier. Levant son regard d’ardoise vers son visage, Tanith eut le plaisir de constater qu’elle était finalement parvenue à le surprendre. Ainsi ce que nous souhaitions depuis longtemps est enfin arrivé. Mynkor est libre désormais, son tombeau est ouvert, libre à lui de lancer ses premières attaques contre Eydis et ses fidèles… C’est à nous de rester alerte à quelconque signe, de nous rassembler auprès d’Ithel qu’il a choisit comme messager… »

fiche par century sex.
CHRONOLOGIE & RÉSUMÉ : Ce rp se situe après l'intrigue des héritiers,
soit quelques jours avant la capture de Tanith.
La sorcière envoie une missive à un ami
de longue date afin de lui faire part
des derniers évènements survenus à Mogaròr.
Music by Ramin Djawadi, Game of Thrones OST
Echo des Plaines RPG

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Zoran A. Drahiyr

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MessageSujet: Re: Garden of Shadows [PV]   Ven 18 Mai 2012, 15:13

Passionnant récit, que jamais il n'aurait songé entendre de son vivant et qu'il n'aurait même jamais cru véridique de la bouche d'un autre que la sorcière elle-même. Tanith n'avait guère aucune raison de calomnier à ce sujet, elle n'était pas de ces rodomonts qui s'amusaient de leurs hâbleries dans le seul but d'être estimés. Si tel avait été le cas, la belle n'aurait rien eu à gagner si ce n'eut été le mépris proportionnel à ses forfanteries. Ce n'était point là un sujet sur lequel l'on pouvait s'octroyer quelques traits d'esprit, quand bien même le dragonnier faisait-il preuve d'une piété puissante mais néanmoins discrète, il préférait converser de Mynkor en des termes élogieux et expectatifs. Il ne se laissait pas aveugler par ses croyances nées deux années plus tôt, l'occulte déité prenait une place substantielle de son existence mais son âme était encore sienne et il n'escomptait guère à s'en séparer pour quelconque démiurge. Sa foi s'immobilisait aux pourtours de son égotisme, il était fait de ce bois-ci, sa personne passait avant tout et toute chose. Heureusement pour les Héritiers qu'il eut pris connaissance de leur existence qu'une fois sa juvénilité disparue, à l'époque, sa volonté d'accéder à la primauté aurait été plus puissante que le reste. Eydis avait eu le loisir de le stigmatiser de son anathème et ainsi d'attiser l'aversion qu'il nourrissait pour elle. Aujourd'hui, il préférait mille fois périr sous l'étendard de son noir jumeau que de se laisser confortablement agonir dans la forteresse de Mhian Dhiaga, tel un dragonnier anémié par le poids de l'âge. Si on lui concédait volontiers tout son intellect, il était également un soldat et se devait d'allier l'action à la réflexion, raison pour laquelle il était sans cesse en pérégrination. Cela lui évitait par la même occasion d'avoir à se confronter à quelques personnalités hautement placées tel que son antagoniste de toujours, le sieur Ildahel, avec lequel ses relations ne faisaient que s'étioler à chaque nouvel entretien. La confrontation qui les guettait finirait par arriver, le guérisseur savait qu'Athran était à l'origine des récentes controverses dans leur cité et que par conséquent, tout n'était qu'une question de temps. Opprimé d'un côté, le quidam n'était pas peu réconforté par les excellents propos qui édifiaient la discussion qu'ils menaient présentement. Cela – bien qu'il tairait ce fait – le ranimait d'un certain espoir.

L'audition au guet, il ne la quitta pas de ses sombres mirettes alors qu'elle reprit sa narration. Dans son élan, elle lui cita l'identité de deux de leurs compères, lesquels il s'empressa de retrouver dans son esprit. Galahad, il le remettait, il se souvenait l'avoir plusieurs fois compté parmi les présents lors de certaines réunions de leur confrérie, un Singulier parmi tant d'autres. Quant à Axl-Nethun, là encore, ce nom ne lui était pas inconnu, il lui semblait être en mesure d'y associer un vague visage, sans grandes distinctions. Le reste de la cohorte n'était qu'anonyme, cependant, il s'étonnait de ne pas entendre les patronymes de quelques-uns de leurs plus pieux homologues. Peut-être ces derniers, tout comme lui, n'avaient-ils simplement pas pu se joindre à l'expédition. Dans une autre hypothèse, il n'était pas impossible que la jeune femme ne les ait tout bonnement pas conviés à l'accompagner. Ne faisant point l'unanimité parmi les plus proches accointances d'Ithel, la méfiance était de rigueur, même en plein poumon de leur secte. Qu'importait, car la sylphide poursuivit sur sa lancée en lui ployant une pléiade de détails qui ne manquèrent pas d'attiser son intérêt. La citation d'arachnes dans un bastion tel que Mogaròr ne le surprit point, ces maudits aranéides aussi hideux que dangereux avaient le don de s'introduire partout où ils seraient enclins à tisser leurs arantèles. Une bâtisse comme celle-ci, certainement traversée par un dédale dont il n'avait pas conscience de l'étendue, était un véritable éden pour ces créatures qu'il avait lui-même moult fois combattues. Mais plus horrifiant encore, il était vrai, l'atmosphère fuligineuse qui les avait inexorablement accueilli et talonné durant toute leur péripétie. Il imaginait parfaitement la chose et le corps astral oppressant qu'ils avaient dû endurer, une aura ineffable et ô combien dérangeante. Les aventuriers avaient certainement lutté contre eux-mêmes avant de guerroyer contre les embûches qui barricadaient leur route. L'idée de ce dépassement de soi et du butin final le fit plus âprement regretté de n'avoir pu y participer. La sorcière désormais au plus proche de lui, il l'observa avec intensité, ne pouvant réprimer un écart visuel sur ses lippes charnues qui murent dans une ultime réplique, avant de revenir aussitôt à la contemplation de ses scintillantes prunelles.

« Il est vrai. » Concéda t-il en guise d'approbation. « Libéré, Mynkor s'est certainement manifesté auprès de son émissaire. Je ne serais point étonné qu'Ithel soit en pleine entreprise de futures actions, néanmoins, c'est un homme circonspect, nous n'en saurons probablement pas plus avant qu'il ne juge l'instant propice. Ceci étant... » Il décroisa les bras et se redressa. « Vous êtes peut-être la maîtresse des lieux, Tanith, et je sais à quel point votre coalition avec notre ami est chancelante, mais soyez prudente. Ce qui concerne le dieu noir concerne les Héritiers, et par extension, concerne Ithel en priorité. La légitimité de cette quête ne valait pas l'intelligence de partager vos intentions avant de les engrener, votre mentor aurait dû vous encourager en ce sens. » Il reprit presque aussitôt, sans lui laisser le temps de répliquer. « Entendons-nous bien, ma chère, je n'ai cure de vos différents, il n'est pas dans mon intérêt de m'y impliquer. Je vous connais suffisamment tous deux pour ne pas avoir envie de choisir un camp, bien que, en toute spéculation, nous soyons tous du même. »

Le dragonnier n'avait fait que souligner un fait qui lui semblait évident, à savoir la communication entre ces deux têtes pensantes de leur coterie. S'il coudoyait le devin depuis bien plus longtemps que la sorcière, cela ne l'empêchait pas de faire preuve de tout autant de connivence avec elle. Ils avaient leurs raisons et leurs façons de remplir leur besogne, trop disparates pour qu'ils puissent agir de concert. Zoran, lui, observait leurs machinations en ne s'autorisant ingérence que lorsqu'il jugeait cela nécessaire. Tanith était une nymphe entreprenante, puissante de surcroit et avide d'agissements. Récemment, ils lui devaient cette belle notoriété qui se susurrait de bouche à oreille pour endoctriner de nouveaux prosélytes. C'était cette même véhémence que l'autre apôtre réprouvait, lui qui privilégiait la passivité tant qu'il n'était pas certain de l'impact de ses prouesses. Cependant, peut-être cette suave mésentente prendrait-elle fin – ou se lénifierait tout du moins – si Mynkor lui-même se prononçait auprès de ses adeptes. L'avenir se promettait intéressant, la Providence s'était ralliée à eux pour la découverte de sa sépulture maudite, ne restait plus qu'à espérer qu'elle demeure à leurs côtés pour la suite de leurs méfaits.

« Vous faites bien de vous rendre à Riocht Na Elves pour prendre connaissance de la situation, je vous y rejoindrai pour prendre part au synode qu'exigeront les circonstances. » Son regard s'égara un furtif instant sur le naja. « Qui plus est, j'ai moi aussi des informations dont débattre. Pas des meilleures qui soient, je le crains. »

L'opportunité d'évoquer le traité dont on ne faisait que parler dans l'Ordre était trop bonne pour l'ignorer. Qu'il décide d'en parler ou non, si l'accord était bel et bien ratifié – ce qui n'était point encore le cas présentement -, ce ne serait là encore qu'une question de temps avant que tout le royaume ne soit mis au courant. Une confédération entre Singuliers et Dragonniers, de quoi faire balbutier le plus illustre des politiciens. Le botaniste n'avait pas encore la certitude que cela allait se produire, raison pour laquelle il n'avait encore rien confessé. Il n'osait imaginer la situation dans laquelle les dresseurs de dragons s'embourberaient s'ils devenaient en partie dépendant du bien-fondé de la royauté, ce qu'ils avaient pourtant toujours évité jusqu'à maintenant. Les affaires de l'Ordre étaient au plus mal, les plus anciens percevaient en cela une indicible bévue là où d'autres voyaient une preuve de pacifisme. Une catastrophe à en devenir, des siècles d'indépendance réduits à néant par la candeur de l'un de leurs dirigeants. L'ironie de la chose n'était cependant pas pour l'amuser, le débat était grave, solennel, et il était l'un des premiers à en jauger l'ineptie. En y repensant, le quidam se sentit l'âme de noyer son accablement dans une coupe de bon hypocras. Ainsi, il se déroba sur le côté pour rejoindre la table antérieurement quitté, sans empressement aucun d'entamer les palabres. Il se servit un fond de vin dont il huma longuement les effluves, reprenant la parole tout en flattant son sens olfactif.

« Je vous ferai part de cela tout en vous auscultant. » Il désigna évasivement la macule d'hémoglobine de la jeune femme. « Votre plaie suinte, il me faut l'examiner. » Il ajouta, pour la forme. « C'est là le seul contexte dans lequel je peux vous sommer de vous dévêtir sans lubricité. L'on se console comme il est possible de le faire. »

A ces mots, il porta son verre à ses lèvres pour savourer la douceur du breuvage, sans une lorgnade pour la principale concernée. Le dragonnier restait, en toute circonstance, fidèle à lui-même et aux incartades qui le caractérisaient.

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Il a jadis existé,
Dans mon pays de bohème originel,
Une fête des vents, où l'adulte redescendait
Les marches des âges, pour célébrer son enfance, éternelle.
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Tanith Ruane

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MessageSujet: Re: Garden of Shadows [PV]   Mer 23 Mai 2012, 17:05


Garden of Shadows
« Follow sweet children, I'll show thee the way, through all the pain and the sorrows. Weep not poor children for life is this way, murdering beauty and passions. Hush now dear children, it must be this way, to weary of life and deceptions. Rest now my children, for soon we'll away, into the calm and the quiet »


Au-dessus d’eux subsistaient les ruines fumantes de ce qui, naguère, avait été une grande forteresse. Des nuages de cendres grises s’élevaient dans un ciel opaque, et que les vents répandaient sur la région vaincue. De temps à autre, mêlé au grommellement de l’orage, leur parvenait le grondement sourd d’une toiture ou d’un pan de mur en train de s’écrouler. La journée avait été froide, grise et humide. Il avait plu des trombes toute la journée; un temps si détestable était de nature à décourager même la Sorcière. Alourdis par l'humidité ambiante de la pièce, ses longs cheveux noirs pendaient lamentablement en une tresse dénouée, dont quelques mèches rebelles parvenaient à s'en échapper pour se plaquer à son front et à sa nuque. Au loin, à travers les volets clos de la petite pièce, la Sorcière devinait les nuages qui défilaient rapidement dans des cieux gris de colère, bien que l'air demeure étrangement immobile. Des confins de l'horizon, lui parvenait de temps à autre un roulement de tonnerre, grondant comme un ours tiré de son hibernation. Nul doute qu'une tempête se rapprochait. À la hauteur du Dragonnier, son regard déroutant laissait entrevoir, au-delà de son urbanité, la détermination et la pugnacité d'un battement implacable. Son regard étincelait d'un zèle inquiétant avec lequel ne pouvait rivaliser que le fanatisme exacerbé de l'Héritière de la forteresse. Dès leur première rencontre, il avait suffit de dix misérables minutes pour que Tanith ne sût précisément à qui elle avait affaire. Nonobstant ses quarante ans, Zoran était fort comme un bœuf. Lunatique, peu loquace, il inspirait à Tanith une loyauté proche de la dévotion. Un homme d'honneur, très certainement, pour qui la passion des femmes ne lui avait pas échappé. Elle avait su tiré avantage de sa condition féminine et ses charmes pour le tenir dans ses rets, pour le tenir alertes du moins. Sitôt ses paroles terminées, la jeune femme écouta avec une grande attention les propos de son invité, bien qu'elle ne daigne plus poser son regard sur lui, mais plutôt sur la masse lumineuse qu'était devenu son naja à la lueur du petit brasier. Ses écailles scintillantes miroitaient de la même façon que l'acier polie des armures d'un chevalier. À cette pensée, ses doigts s'égarèrent quelques secondes au niveau de ses hanches, le souvenir amère de la lame s'y plantant, alors qu'elle réprimait difficilement un frison. Un sentiment que son animal perçu immédiatement et chasse en allant se glisser doucement très de la main tendue de sa maîtresse. Elle ne détourna son regard que lorsque Zoran aborda l’ambiguïté de la relation qu'elle entretenait avec le dit Ithel Garashi. Cet homme de grand pouvoir qu'elle se plaisait à mettre au défi et à provoquer à la première occasion avec depuis longtemps prouver sa valeur au sein des Héritiers. Malgré tout, Tanith reconnaissait difficilement son autorité et il n'en tenait qu'à son statu de messager de Mynkor, sans quoi elle s'en serait probablement débarrassée. Acquiesçant en inclinant la tête, un petit sourire discret naissant sur la commissure de ses lèvres, à la fois sarcastique et charmeur, tel qu'on lui connaissait, la voix pragmatique et caverneuse de l’homme lui figea néanmoins les mots sur les lèvres. La Sorcière du Premier Ordre soutint le regard du dragonnier, incertaine quant aux paroles qu’elle voulait prononcer. Si son ton péremptoire déplut à Tanith, elle n'en laissa rien paraître et se contenta de l'observer.


« ▬ Vous faites bien de vous rendre à Riocht Na Elves pour prendre connaissance de la situation, je vous y rejoindrai pour prendre part au synode qu'exigeront les circonstances. À ses mots, l'énorme reptile de la Sorcière claqua l'air de la langue, peu satisfait de comprendre que sa route croiserait de nouveau l'opiniâtre chevacheur de dragon. La jeune femme caressa sa tête, apaisant quelque peu les ardeurs de sa bête jalouse: Qui plus est, j'ai moi aussi des informations dont débattre. Pas des meilleures qui soient, je le crains. Gagner par la curiosité, les sourcils levés, la Sorcière l'encouragea d'un regard à poursuivre sur sa lancée. Elle dissimula mal son agacement à son petit silence, tandis qu'il rejoignait la table qu'ils avaient si bien ignoré depuis quelques minutes. Dehors, le petit clapotis de la pluie contre le bois et la pierre se changea subitement en une furieuse averse. La tourmente s'abattait sur la forteresse de Mogaròr et les marais avoisinants avec violence, les éclairs craquèrent avec une telle colère qu'on eût cru que les cieux allaient se désintégrer. Leurs lumières déchiraient le ciel, suivis de grondements du tonnerre. L'atmosphère soudainement plus tendue, elle le dévisagea abusivement jusqu'à ce qu'il ne daigne reprendre la parole: Je vous ferai part de cela tout en vous auscultant. D'un mouvement de la main, il désigna la blessure de la Sorcière. Celle-ci baissa le regard, comme pour s'assurer qu'elle y était toujours. La désagréable humidité de son vêtement souillé de sang lui rappela également qu'elle était toujours aussi douloureuse: Votre plaie suinte, il me faut l'examiner. Comme de fait, les doigts de la Sorcière, rougis par le sang, tremblaient sous l'exactitude de son constat, elle s'efforça néanmoins pour ne pas sembler trop préoccupée par l'état de cette plaie et essuya ses doigts contre les chiffons de sa robe: C'est là le seul contexte dans lequel je peux vous sommer de vous dévêtir sans lubricité. L'on se console comme il est possible de le faire. » Désorientée par la puissance de ses émotions, la jeune femme secoua la tête. Un sentiment de détresse la saisit; la gêne se referma sur son cœur comme un poing. Tanith accusa très brièvement le choc, car son visage eut tôt fit de retrouver son air habituel. Redressant le menton, les yeux dorés de la Sorcière lancèrent des éclairs. Beaucoup plus pudique qu'elle n'y paraissait, la Sorcière était des plus désabusée devant cette nouvelle situation. Elle chercha vainement un moyen de s'en échapper, mais en vain. Si elle désirait connaître les informations de son invité, il lui faudrait également collaborer et piler sur son orgueil démesuré.


« ▬ Fort bien... » Acquiesça-t-elle simplement. Elle déambula avec un intérêt mitigé jusqu’à son lit, ses réflexions désespérées ne faisaient que l’exaspérer davantage. L’écrasante impression qu’elle avait ressentie quelques secondes plus tôt la laissait vaguement irritée. Ses mains tremblaient quand elle entreprit de trifouiller dans ses atours. Elle avait dix pouces pour doigts, et tous étaient démantibulés. Mais elle parvint néanmoins vaille que vaille à se dépêtrer de tous ses lacets, de tous ses boutons, la robe, le corset, les jupons de soie glissèrent tour à tour à terre, et elle finit par émerger de l’ombre, en sous-vêtements. La chair de poule granulait ses jambes et ses bras. Elle avait gardé ce faisant les yeux obstinément baissés, trop effarouchée pour affronter la vue de Zoran, mais cette épreuve-là terminée, jeta sur lui un coup d’œil furtif et découvrit qu’il la détaillait fixement. Il y avait une fringale dans ses yeux sombres, crut-elle discerner, une fureur folle peut-être. Elle eût été fort en peine de dire lequel des deux la terrifiait le plus. Il ne cessait de la scruter, dans l’attente, sans doute, d’une quelconque bourrade verbale, mais les mots l’avaient désertée, la seule chose qu’elle pouvait faire était de rester là, tremblante, sans s’effondrer. « Approche-toi, mon adorée. Il saura soigner ta blessure; je veillerai à ce qu’il ne s’attarde pas trop. » Bien qu’elle ne fut pas totalement rassurée par les indications mentales de Vorlun, elle avança, presque timidement, une lueur obstinée et froide dans le regard. Prenant place sur une chaise, elle grimaça au contact glacial du bois contre ses cuisses. Elle resta un autre moment figée par la torpeur, puis s’impatienta à le dévisager à travers l’écran de ses cils noirs: « ▬ Quelles sont donc ses informations dont vous souhaitez débattre, Zoran? Donnez-moi donc des nouvelles du monde, le mouvement des Héritiers se seraient étendu davantage depuis votre dernière visite? Les monstres nocturnes sont-ils de plus en plus nombreux à percer les défenses de la Cité? »


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CHRONOLOGIE & RÉSUMÉ : Ce rp se situe après l'intrigue des héritiers,
soit quelques jours avant la capture de Tanith.
La sorcière envoie une missive à un ami
de longue date afin de lui faire part
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Zoran A. Drahiyr

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MessageSujet: Re: Garden of Shadows [PV]   Sam 26 Mai 2012, 13:58

Le breuvage vineux se fraya un sentier à travers l'oesophage du quidam qui en savoura toute la teneur. Il fit tournoyer la boisson dans son verre pour en admirer la robe, alors qu'il entendit la sorcière se résigner à assouvir sa demande. A bien y réfléchir, Zoran n'avait cure qu'elle objecte contre l'idée de se dévêtir devant lui, certainement par crainte qu'il ne se fasse plus entreprenant que ce n'était déjà le cas. Si nul ne panser sa meurtrissure, l'infection finirait par poindre – sous supposition que ce n'était point déjà le cas – et la coercition d'être alité ne l'épargnerait pas. Une telle contusion nécessitait une convalescence assidue, une succincte sinécure qui lui permettrait également de lénifier les tourments qui lui tenaillaient l'esprit. La lame du chevalier l'ayant châtiée de son arme avait entaillé avec l'irrécusable volonté de lui porter l'estocade, cette blessure était à elle seul le témoin d'une rixe qui eut certainement été d'une violence somme toute viscérale. Nul doute qu'il aurait été curieux de se faire confesser l'identité du fautif, il était toujours de bonne augure de connaître ses antagonistes encore plus foncièrement que ses acolytes. Il se demandait avec quel ressort la muse de noirceur avait-elle bien pu se défendre face à un homme doué de son épée et instruit des tactiques martiales dignes de la royauté. Cette interrogation des plus intéressantes fut néanmoins laissée à son impéritie lorsqu'il put ouïr les premiers bruissements de textile précurseurs à une griserie oculaire dont il s'était naguère déjà délecté. Lors de sa précédente visite, eut-il bien fallu qu'elle se sépare également de sa tenue pour qu'il soit enclin à l'ausculter. Cette anatomie, il l'avait donc admirée dans son presque entier dépouillement, un fait ne l'empêchant pas de s'ébaudir à la perspective que ceci se reproduise. Ce fut alors qu'à l'instar d'une gracile panthère, la jeune femme quitta la pénombre pour se révéler à son convive avec un trouble plus qu'ostensible. Emprunt du même flegme qu'à l'accoutumée, le dragonnier n se priva néanmoins pas de jauger toute la vénusté corporelle qui se dévoilait pour son unique plaisir. Des courbes pleines et concupiscentes, tout l'intérêt féminin prompt à émerveiller les membres de la gente masculine. Lui, admirait les nymphes, louait leur beauté tant il lui semblait qu'elles le méritaient. La déférence n'intervenait nullement dans son rapport avec les femmes, il les aimait pour leur chair et la jouissance dont il pouvait en tirer, rien de plus. Indélicat dans l'âme, incongru dans cette oeillade dont il l'affublait sans pudeur. Le déhanchement qui mena la sylphide jusqu'à une chaise présente dans la pièce devint le centre de son attention, une source de fantasme qui le laissa à l'imagination de nombre de scènes lascives dont il aurait apprécié lui faire partager l'illustration. A la kyrielle d'interminables secondes de voyeurisme non dissimulé, il fut rappelé à l'ordre par la principale intéressée et victime de sa licence, laquelle il regarda enfin dans les yeux après s'être tant égaré sur ses cambrures voluptueuses. Une succincte risette s'ébaucha aux commissures de ses lèvres qu'il humecta ensuite, il s'empara de sa besace abandonnée un peu plus loin et s'approche de son sujet d'expertise tout en comblant sa curiosité.

« Le monde, ma Dame, n'a jamais tourné bien rond. » Jugea t-il bon de souligner dans une portée philosophique, avant de se faire plus concret. « Il m'a été donné l'occasion de discutailler avec une vieille connaissance de Cathairfàl, ces chères créatures intempestives ne cessent de mener des offensives contre les différentes ailes de la cité. Les effectifs du roi agissent avec efficacité lord des raids nocturnes, mais les monstres ne font que revenir à chaque lune. Les pertes et la redondance des assauts accablent les hommes, certains voient leur foi ébranlée, doutent même de leur souverain et de sa descendance. » Il la regarda, un sourire sardonique. « J'ai ouï-dire que l'un des soldats s'était même insurgé contre la princesse Izhelindë elle-même, nécessitant l'intervention de ses supérieurs avant qu'il ne se jette sur la damoiselle. »

Sa tirade se ponctua d'un frêle ricanement expressif de son dédain, du mépris qu'il ressentait pour cette donzelle de sang-bleu qui n'attirait que l'opprobre sur son patronyme. La dignité filiale était un point substantiel dans l'éducation de ses enfants, son fils, avant sa mort, fut un parfait épigone. Jamais n'aurait-il entrepris quoi que ce put être susceptible de mortifier la notoriété des Drahiyr quand bien même celle-ci n'était point immaculée. Lui, au moins, avait eu l'opportunité d'être fier de son sang et était persuadé qu'il le serait encore aujourd'hui si Eydis ne les avait pas accablés de son anathème, d'un trépas prématuré et arbitraire. Mais ces affligeantes réminiscences disparurent aussi promptement qu'elles s'étaient manifestées à son esprit lorsque son essence de guérisseur reprit le dessus. Mais contrairement à ce que la belle eut pensé en prenant place sur la chaise, les soins méritaient de se faire dans une position plus confortable et pratique. Ainsi, galant, il présenta sa main à Tanith dans le dessein qu'elle s'en saisisse, puis une fois cela fait, l'accompagna jusqu'à sa couche qu'il lui désigna pour qu'elle s'y installe. L'embarras n'en serait que décuplé, cependant, le procédé n'était – pour l'instant – qu'inspiré de professionnalisme. Une fois qu'elle fut allongé au milieu de ses tissus désuets, il s'assit à ses côtés, matériel à portée de main et se pencha sur la plaie qui échappait une ichor écarlate mêlé à un fluide suppuratif. A la vu de cette sanie, le soigneur plissa les calots et en recueillit une infime substance entre ses phalanges pour en vérifier la teneur. La meurtrissure était laide, le foyer infectieux était sans équivoque et il fallait y remédier au plus vite avant que cela n'empire.

« Je vous épargne mes semonces de praticien, vous aurez amplement le loisir de regretter votre négligence dans les prochaines minutes. » Il la lorgna sans compassion. « Vos galipettes dans les dédales de la forteresse n'ont fait qu'aggraver votre blessure. Cette fois, je n'ai d'autre choix que de suturer. La fortune vous sourit, j'ai toujours aiguilles et fil de soie à ma disposition. Cela vous épargne la cautérisation. » Il se saisit d'une petite flasque dont il s'enduisit les mains du liquide, puis s'empara d'une bribe de tissu propre qu'il imbiba. « Avant cela il me faut nettoyer cette horreur, je vais vous débarrasser du plus de sanie possible, mais cela a un prix. Je vous conseille de serrer les mâchoires. »

La sorcière payerait à travers la douleur, car il n'avait guère l'intention de lui offrir un quelconque analgésique pour un simple nettoyage alors que bientôt, il viendrait à coudre à même son épiderme d'albâtre. Si certains quidams se gonflaient d'orgueil pour être suturés à vif, la plupart des patients quémandaient une anesthésie pour se préserver de cette tribulation, ce qui serait probablement le cas de l'Héritière. Cependant et avant cela, se devraient-ils de clôturer leur conversation, car la narcose emporterait inexorablement la belle pour la nuit entière même dans la perspective où elle lutterait contre sa somnolence. Pour la première fois depuis certainement d'innombrables lunaisons, son sommeil serait profond et elle ne s'en éveillerait qu'à la clarté de l'aurore. Avant cela pourtant, ils devaient débattre, car même s'il l'eut voulu, elle ne l'aurait pas laissé s'enfermer dans un mutisme professionnel. A son tour, il la tenait à sa merci, en haleine concernant des informations tout aussi primordiales que ne furent celles de la libération de la noire déité. La sorcière avait matière à conjecturer, alors que le médecin en action se mit à triturer sa brèche cutanée suintante. L'antiseptique contenu dans l'étoffe avec laquelle il caressait sa blessure ferait savoir à la jeune femme toute la puissance de son action en lui léguant des vagues de picotements. Outre cette déplaisante sensation, Zoran était contraint de provoquer son mal en faisant lui-même couler l'humeur suppurative signe de l'infection, tâtant la chair du bout de ses doigts ensanglantés. Ne lui avait-elle pas reproché la stérilité de la pommade qu'il lui avait prescrite la fois dernière ? N'aurait-elle plus loisir de maugréer, désormais. Le quidam lorgna brièvement le naja dont il sentait la lourde oeillade sur son échine, sûrement outré qu'il ne fasse ainsi souffrir sa maîtresse sans qu'il n'en ait pourtant le choix. Puis, dans le but de divertir sa patiente pour lui faire omettre les soins effectués à son flanc, il lui fit la conversation.

« Vos hauts faits ont trouvé leur auditoire, à présent, Mynkor se susurre sur toutes les lèvres des sujets du royaume. L'on parle d'une sorcière portant l'étendard du Mal, devenue source de fascinations pour certains impies qui n'osent encore s'affirmer. Les gens s'interrogent, quelques-uns cherchent les membres de cette mystérieuse confrérie, d'autres encore se drapent dans leur piété pour s'en protéger. Le roi Arsenios est conscient de la menace qui pèse sur son peuple. » Si jusqu'alors ses propos n'avaient été que positivement orientés, sa physionomie s'assombrit. « Tant conscient qu'il semble en quête de coalitions, même les plus inconcevables. Nous ne sommes point épargnés de tumultes, à Mhian Dhiaga. » Ses sourcils se froncèrent, il fut songeur, contrarié. « Pour tout vous dire, notre Ordre est en pleine effervescence, le fossé se creuse... Je crains que la royauté n'ait fait ingérence dans notre tiédeur... Et que nos dirigeants n'aient pas choisi de servir le meilleur des partis. »

Il appliqua l'étoffe sur l'ensemble de la plaie pour superposer ensuite sa main, les prunelles déviées sur son côté dextre non sans une certaine frustration. La découverte de Tanith et sa cohorte dans les profondeurs du bastion était une indicible avance pour le mouvement des héritiers, en revanche, le souverain de Lanriel semblait avoir également joué sa carte dans cet inextricable jeu de finauderie.

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Les marches des âges, pour célébrer son enfance, éternelle.
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Tanith Ruane

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MessageSujet: Re: Garden of Shadows [PV]   Mer 30 Mai 2012, 04:04


Garden of Shadows
« Follow sweet children, I'll show thee the way, through all the pain and the sorrows. Weep not poor children for life is this way, murdering beauty and passions. Hush now dear children, it must be this way, to weary of life and deceptions. Rest now my children, for soon we'll away, into the calm and the quiet »


Horriblement gênée par la situation dans laquelle elle se trouvait, la tête baissée et les yeux voilés sous ses longs cheveux sombres, la Sorcière de la forteresse resta silencieuse jusqu’au moment ou le regard qu’elle sentait se peser sur sa psyché blanche et démodée lui semblait trop entreprenant. S’imaginant fort bien les pensées que nourrissait son compagnon à son égard, elle chassa volontairement les idées de Zoran en le pressant de divulguer ce qu’il savait ou avait appris depuis sa dernière visite à Mogaròr. C’est qu’un homme tel que lui – ou plutôt tel qu’elle le connaissait – ne devait pas être ignorant quant aux évènements et rumeurs du monde. Si Tanith était forcée de vivre dans les ruines de ce qui fut jadis l’épopée des temps sombres, le dragonnier, quant à lui, avait la chance et l’opportunité de voyager librement, évitant par la voie des airs les nombreux contrôles des chevaliers ou les villageois trop curieux de Lanriel. C’était d’ailleurs l’information nouvelle qu’il rapportait régulièrement qui en faisait un allié si important, sans oublier bien évidement la bête considérable qu’il chevauchait quotidiennement. L’observant prendre sa besace et ses effets, la Sorcière leva énigmatiquement la tête, s’interrogeant de plus en plus impatiente. « ▬ Le monde, ma Dame, n'a jamais tourné bien rond. N’ignorant pas la touche psychologique avec laquelle il avait lancé ses mots, la jeune femme sourcilla légèrement; la réplique quelconque qu’elle lui réservait se lisait intelligiblement sur le visage de Tanith: Il m'a été donné l'occasion de discutailler avec une vieille connaissance de Cathairfàl, ces chères créatures intempestives ne cessent de mener des offensives contre les différentes ailes de la cité. Les effectifs du roi agissent avec efficacité lord des raids nocturnes, mais les monstres ne font que revenir à chaque lune. Les pertes et la redondance des assauts accablent les hommes, certains voient leur foi ébranlée, doutent même de leur souverain et de sa descendance. Accompagnant le sourire sarcastique du dragonnier d’un air faussement désolé, elle s’imaginait trop cruellement les nombreuses vies que sacrifiaient chaque nuit le Roi dans la protection de sa Cité tant aimée. Et bien qu’elle n’éprouvait aucune compassion pour ses hommes qui sacrifiaient leurs vies; leurs trépas ne la touchèrent guère plus que celui d’un chien dans la rue, l’image de Brawyn lui voila brièvement le regard, ce qu’elle chassa presque brutalement en adoptant de nouveau son air indifférent et hautain: J'ai ouï-dire que l'un des soldats s'était même insurgé contre la princesse Izhelindë elle-même, nécessitant l'intervention de ses supérieurs avant qu'il ne se jette sur la damoiselle. »

Notant le rire dédaigneux de son compagnon, son regard glissa momentanément vers la blessure qui lui lacérait presque la totalité du flanc gauche et fronça elle les sourcils. Tanith éprouvait plus de dégoût encore contre les chevaliers que contre la princesse. Ceci étant dit, elle ne s’était jamais réellement préoccupée de la vie de l’héritière de la couronne, son terrible courroux se centrait sur son père uniquement. Mais il y avait fort à parier qu’une fois sa vengeance contre le père orchestrée et assouvie, elle se serait indubitablement tourner contre l’épouse et les enfants. Cherchant visiblement à reprendre ses esprit, elle regarda quelques instant le sol sans comprendre ce qu'il adviendrait du royaume si le monarque et sa famille devait être assassinée... Au prise par de profonds débats intérieurs, la jeune femme fut surprise par la main que lui présentait le dragonnier. D’abord réticente à l,idée de s'en saisir, elle comprit que son invité ne l’ausculterait pas sur la chaise, mais dans un endroit fort plus douillet et d’un point de vue objectif plus pratique. Dissimulant fort mal son agaçant, elle empoigna sa main sous les sifflements furieux de son naja pour regagner sa couche qu’elle avait quitté quelques minutes plus tôt. Si couchant sans cérémonie, certains muscles tendus lui semblèrent plus coopérant au contact moelleux et chaud des couvertures et des tissus. Se couchant sur son flanc droit, elle s’exposa de dos à son guérisseur afin de lui faciliter la tâche. Il lui était également, plus facile, d’éviter le regard brûlant du dragonnier à cet instant ou elle se trouvait vulnérable. La jeune femme sentit ensuite le matelas se creuser au niveau de ses reins et son avant-bas, ce qui lui laissait croire que Zoran s’était assit à ses côtés. Rassurée de voir le museau de son naja au niveau de ses yeux, elle savait ainsi que tout geste impertinent du dragonnier serait puni par une morsure brutale de son animal.

Tandis qu’il palpait la blessure du bout de ses doigts, Tanith gigota furieusement au contact glacial de sa peau et réprima tant bien que mal un frémissement douloureux: « ▬ Je vous épargne mes semonces de praticien, vous aurez amplement le loisir de regretter votre négligence dans les prochaines minutes. Têtue comme elle l’était, elle n’exprima pas même le moindre regret tandis qu’il se penchait davantage sur cette lacération. Depuis toujours, Tanith n’avait jamais prit sa santé en considération, elle œuvrait depuis toujours à percer les secrets des catacombes de la forteresse et, depuis peu, à faire entendre les motivations des Héritiers du Royaume. Vos galipettes dans les dédales de la forteresse n'ont fait qu'aggraver votre blessure. Cette fois, je n'ai d'autre choix que de suturer. La fortune vous sourit, j'ai toujours aiguilles et fil de soie à ma disposition. Cela vous épargne la cautérisation. La panique se lut rapidement sur son visage et son corps se raidit. Elle appréhendait déjà la douleur que cette opération coûterait et songea un instant à lui demander à la mettre sous un quelconque anesthésiste. Mais l’orgueil démesuré de l’héritière l’en dissuada et elle acquiesça silencieusement: Avant cela il me faut nettoyer cette horreur, je vais vous débarrasser du plus de sanie possible, mais cela a un prix. Je vous conseille de serrer les mâchoires. » Puis, une sensation déplaisante l’assaillit, déchirant sa chair comme des milliers de petits éclairs. Elle brûlait d'envie de rejeter au loin cette maudite guenille avec lequel il nettoyait la plaie, de hurler en la pressant. Cependant, la jeune femme s'en abstint. S'efforça au contraire de se détendre. Si elle se crispait, la douleur serait plus intense... Trois minutes, trois misérables minutes et c'était fini. Mais, dans ces trois minutes, sa chair outragée l'agressait de mille protestations véhémentes dont chacune aurait presque suffit à la faire renoncer. Il lui fallut se battre contre son instinct de préservation, un instinct qui l'avait bien servie jusque-là, et qui s'opposait farouchement à l'ordre qu'elle donnait à l'ensemble de son corps. Ainsi, pour ne pas céder au désespoir, elle se concentra sur les écailles scintillantes de son naja, sur son désir de voir Mynkor devenir le seul et unique Dieu de Lanriel, une cause à laquelle elle s'était vouée de tout son être. En esprit, elle revit ses instants passés à Mogaròr lorsqu'elle était encore une enfant. Une étrange léthargie s'empara de Tanith. Elle se sentait bien lasse, elle avait froid. Elle songea alors que la résistance à la douleur ne déciderait sans doute pas de l'issue du combat. Il lui semblait qu'une flaque plus large grossissait sous elle, tâchait ses vêtements, souillant sa couche de son propre sang; mais ce n'était que ses délires éphémères engendrés par la douleur qui dupliquait davantage.

« ▬ Vos hauts faits ont trouvé leur auditoire, à présent, Mynkor se susurre sur toutes les lèvres des sujets du royaume. L'on parle d'une sorcière portant l'étendard du Mal, devenue source de fascinations pour certains impies qui n'osent encore s'affirmer. Les gens s'interrogent, quelques-uns cherchent les membres de cette mystérieuse confrérie, d'autres encore se drapent dans leur piété pour s'en protéger. Le roi Arsenios est conscient de la menace qui pèse sur son peuple. Tanith ne se retourna pas pour regarder le dragonnier, elle ne voulait pas penser à ce qui se passait dans son dos, se réjouissant presque que toute son attention soit uniquement consacrée à la maintenir éveillée et attentive au monologue de son invité. Trop concentrée à serrer la mâchoire, elle s'abstenait à prendre part aux négociations, bien que les mots lui brûlaient la langue, toujours curieuse d'en savoir davantage, d'être au fait des derniers évènements du Royaume. Tant conscient qu'il semble en quête de coalitions, même les plus inconcevables. Nous ne sommes point épargnés de tumultes, à Mhian Dhiaga. Par-dessus son épaule, elle lui lança un regard qui lui laissait comprendre qu'elle trouvait ce concept tout aussi révolutionnaire qu'inacceptable. Pour tout vous dire, notre Ordre est en pleine effervescence, le fossé se creuse... Je crains que la royauté n'ait fait ingérence dans notre tiédeur... Et que nos dirigeants n'aient pas choisi de servir le meilleur des partis. » Il reprit, appliquant alors l'ensemble du chiffon trempée sur la plaie en y appuyant légèrement la main. La poitrine de la Sorcière se soulevait et retombait à un rythme précipité. Effleurant son bras du bout de ses doigts, elle grogna. Des spasmes déformèrent sa mâchoire, puis un frisson la parcouru de nouveau tout entier. Plié en deux par la douleur, devenue plus cuisante, elle ferma les yeux en triturant les draps entre ses doigts, imaginant le cou de du responsable de sa blessure qu'elle s'amusait à tordre. Un homme probablement acclamé pour son geste. À cette pensée, elle sera les tissus plus fort, et vit en pensée la marque rouge s'imprimer sur la peau de son assaillant. Si elle n'était pas totalement consciente sur le moment, les traitements du dragonnier altérait son jugement comme sa coordination, et elle ne tenait pas à se conduire de manière inconvenante, ni perdre la face devant Zoran.

Puis la peau se mit à la picoter, à la brûler comme si elle était tombée dans les orties; une sensation si vive, si déplaisante qu'elle mourrait d'envie de se gratter. Mais elle tenta tant bien que mal à chasser cette nouvelle envie en s'adressant finalement au dragonnier, d'une voix tremblante et haletante, comme si elle revenait tout juste de faire une course contre son destrier ailé: « ▬ Gardez-vous de les sous-estimer, Zoran. Vos supérieurs sont au fait de certaines choses qui pourraient nous causer grand tort. J'en suis fort convaincue. Il lui semblait fort probable que l'ordre des dragonniers, malgré leur réputation neutre dans les conflits de la Ciét, n'étaient pas si ignorants quant aux évènements du monde. Tout comme elle se l'imaginait, ils devaient posséder leur petit réseau d'informateurs et délateurs. Ainsi, lorsqu'ils avaient sentit la sécurité de la Cité menacée par leurs homologues héritiers, ils avaient finalement prit part dans l'histoire de la Ciutat. Des questions se posent, déclara-t-elle, mais dites-moi d'abord quel accord fut donc scellé entre le Royaume du Roi Arsenios et les montagnes des Bairr Bàn? Vos dirigeants ont-ils conclu cette accord en consultant l'ensemble de leur peuple? Pensez-vous qu'ils puissent avoir été soudoyer pour signer une telle entente? Poursuivez je vous prie... éclairez-moi et expliquer-moi ce que vous tenez pour informations... »

fiche par century sex.
CHRONOLOGIE & RÉSUMÉ : Ce rp se situe après l'intrigue des héritiers,
soit quelques jours avant la capture de Tanith.
La sorcière envoie une missive à un ami
de longue date afin de lui faire part
des derniers évènements survenus à Mogaròr.
Music by Ramin Djawadi, Game of Thrones OST
Echo des Plaines RPG

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Zoran A. Drahiyr

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MessageSujet: Re: Garden of Shadows [PV]   Mar 05 Juin 2012, 11:50

Les chaudes substances corporelles sur ses phalanges lui rappelaient à quel point il était contemplatif des corps et de leur organisme. Il était si aisé de tuer, si facile de causer mille affres sans occire, mais si ardu d'être maître de sa propre anatomie. Paradoxalement, c'était bien plus la mort que la vie qui passionnait le guérisseur qu'il était, et les sujets d'autopsie lui étaient toujours particulièrement intéressants. Illustrer la somptueuse sorcière vêtue d'un linceul, les lippes blanchies par une léthargie létale et sans plus cet éclat d'orgueil au cœur de ses prunelles mordorées, était... Intriguant. Un malheureux spectacle auquel il ne répugnait pas d'assister dans la mesure où sa délicieuse enveloppe corporelle lui était ensuite laissée. Cependant, emporté par l'insalubrité de son fantasme, le dragonnier allait vite en besognes. Tanith n'était diamétralement pas à l'orée du trépas, il sentait presque ses pulsations se répercuter en kyrielle jusqu'à son écorchure, son épiderme brûlant de transe et de souffrance. Son heure n'était point encore venue, surtout pas entre ses mains avisées quoi qu'impitoyables pour l'occasion. Mais cette douleur n'avait été causée que par la sylphide elle-même et son manque de vigilance, il doutait que cela suffise à lui faire retenir la leçon, quand bien même elle n'omettrait pas cet instant d'embarras. Elle savait pourtant que ce qu'elle endurait là n'était que suave cajolerie en comparaison à bien d'autres maux, certains auxquels elle n'était pas inconnue. Le poids des regrets ou de la frustration, du désappointement, étaient des fardeaux bien plus lourds à porter. Néanmoins, l'observer dans sa lutte interne avait quelque chose de plaisant. Elle cherchait malgré tout à préserver un semblant de contenance, une once d'honneur qu'il brutalisait par sa médecine. En d'autres circonstances, sans doute le quidam se serait-il gouaillé, leur sujet actuel n'était cependant pas propice à cela. L'heure était bien plus grave que ne le subodoraient les mimiques du praticien en service, outre son secret statut d'adepte à la déité noire, il y avait son quotidien au sein de l'auguste forteresse de Mhian Dhiaga qui menaçait d'être démantelé pétale par pétale jusqu'à la mise à nu du pistil. Tout un équilibre sur le point de se rompre pour les lubies d'un jeune écervelé féru de la royauté, reniant ainsi ses racines draconiques avec la plus grande des incongruités. Pour autant, le sieur Ildahel n'était pas un individu anodin sous ses airs de trentenaire ataraxique. La dryade alitée le mettait en garde contre trop de mésestime susceptible de se retourner contre lui. Savait-elle seulement de quoi elle parlait ? Il en doutait, les conditions de vie des dragonniers n'étaient connues que de ces derniers, nul autre ne pouvait émettre d'opinion.

« Pensez bien que je ne déconsidère pas les homonymes avec lesquels j'ai grandi, je n'ai pas encore atteint cet abysse d'ineptie. »

Le temps où il ne se souciait que trop peu de ses antagonistes était fort lointain, l'expérience lui avait appris à jauger ses opposants avant de s'y risquer. Or, il savait que ses principaux rivaux n'étaient autres que ses plus proches collaborateurs et même, ses propres supérieurs hiérarchiques. Incluant même son vieil ami Rayner envers lequel il avait une réelle estime, mais trop de leurs disparités les entraînaient dans des directions inverses qui ne faisaient que les mettre face à face plutôt que côte-à-côte. Pourtant, Mynkor savait combien furent les fois où ils avaient guerroyé en toute coalition, ce qui n'avait guère jamais été le cas avec Athran pour lequel il ne ressentait qu'un profond mépris. Des détails bien futiles aux oreilles de la sorcière qui n'avait nul intérêt d'être mise au fait de ses relations, mais à laquelle il attestait la considération de ses ennemis. Preuve en était, il lui faisait part de cette terrible nouvelle avant même qu'elle ne se drape d'un aspect officiel, ce qu'il partagerait également avec Ithel lors de leur prochain conciliabule. Cependant, sa compagne de nuitée soulevait un point sur lequel ils étaient tous deux en accord : des questions se posaient effectivement. De substantielles interrogations auxquelles ils n'auraient probablement pas réponses avant que le truisme ne les étreigne dans le feu de l'action. A défaut de cela, encore était-il enclin à combler les quelques curiosités qui quémandaient la suite de sa narration. Ses calots entrecroisèrent ceux de la nymphe, avant qu'il n'aille l'état de sa meurtrissure, tâtant délicatement la chair lacérée avant d'y appliquer à nouveau l'étoffe humectée de sa concoction.

« Seul un dragonnier est capable de soudoyer un autre dragonnier, toute autre décision est mûrement réfléchie. Le futur édit ne résulte que de flagorneries et d'un désir de reconnaissance ethnique. J'entends que le roi ne possède rien dont nous pourrions être envieux, il ne s'agit que de l'utopie d'une génération qui ne se retrouve plus dans nos mœurs ancestrales et qui se laisse dévorer par la curiosité du jeune âge. Une rébellion assurément guidée par un leader qui veille à penser pour tous. » Il soupira en repensant à ces circonstances alambiquées. « L'ensemble de notre Ordre a été appelé à la réflexion et au vote, le choix nous a été laissé, ce qui ne sera guère suffisant j'en ai peur. En réalité, je suis intimement persuadé que nombre des miens n'imaginent pas être un jour mêlés aux déboires des Singuliers. Car la confédération repose sur un principe des plus simples : le souverain a trouvé en l'un des nôtres son futur gendre et successeur, un représentant de notre condition dans les affaires internes du royaume, nous permettant donc d'avoir un pied dans la politique du pays. En échange de quoi, nos effectifs combattraient aux côtés de la royauté en cas de guerre. » Il la regarda. « Inutile de vous préciser que les Héritiers sont parmi les cibles premières, et que malgré que le décret ne soit pas encore officialisé, ce n'est là qu'une question de temps. »

Un dragonnier coiffé de la couronne, une perspective que nul n'aurait pu imaginer avant que l'idée ne soit évoquée par le Haut Conseil. Il se demandait comment les Singuliers avaient été convaincus par leur monarque, eux qui nourrissaient tant de méfiance envers les habitants de Bairr Bàn depuis d'innombrables siècles. Il lui apparaissait qu'Arsenios ne cherchait que la puissance militaire, particulièrement pour lutter contre leur mouvement naissant. Ce ralliement de castes pour le moins improbable n'était pas qu'un plein de négativité pour l'Ordre, faire ingérence parmi les courtisans et être parmi les premiers connaisseurs des nouvelles politiques pouvait s'avérait fortement utile. Qui plus est, il leur deviendrait légal de musarder à même le palais royal et ses alentours puisque membres intégrants de la Cour, une faille que Zoran avait d'ores et déjà l'intention d'exploiter si le décret venait à être ratifié – et il était certain que leurs dirigeants finiraient par le leur annoncer. Ce pacte fonctionnerait-il ? Il risquait de diviser les soldats qu'ils étaient, les temps de quiétude ne seraient bientôt plus que d'idéales réminiscences. Le botaniste avait partagé ses informations avec son hôte, il ne pouvait désormais rien lui assurer de plus. Il récupéra la bribe de tissu pour la déposer sur la surface la plus proche, puis fouilla dans le contenu de sa besace. Il en sortit une bobine de fil de soie, solide et fin, duquel il se servait toujours pour les coutures sur peau. Il déposa le tout non loin de la sorcière à laquelle il ne comptait pas faire endurer cette douleur éveillée – par chance, n'était-il peut-être pas si cruel qu'il ne le laissait supputer. Pour ce faire, il extirpa une nouvelle étoffe, puis une autre fiole emplie d'un mystérieux liquide. Comme il le fit auparavant, il en imbiba généreusement le tissu – une concoction faite à base d'opiacés pour le principal, rehaussée de quelques autres ingrédients tel que la mandragore. Des propriétés narcotiques qui servirait à plonger Tanith dans un sommeil plus ou moins profond, un état d'évasion suffisant pour qu'elle n'en soit anesthésiée et qu'elle ne sente aucun mal. Pour autant, il savait qu'il restait sur la surveillance aiguisée du naja qui ne cessait de fureter le moindre de ses mouvements, et auquel il accorda une succincte lorgnade.

« Ceci, est une éponge soporifique. Elle vous endormira pour que je puisse travailler sur votre flanc sans que vous ne souffriez de chaque point de suture. La recette a une base hallucinogène, il n'est donc pas exclus que vous soyez prise de rêves, noirs ou non. Un sommeil fallacieux qui ne vous permettra pas de récupérer, vous serez donc encore exténuée à votre réveil. » Il joignit la dite éponge au reste de ce qui s'apparentait à des instruments de torture. « Je serai de toute façon présent lorsque vous émergerez, je tiens à vérifier votre état. Prévenez-moi lorsque vous vous sentez prête. »

Ce ne serait seulement qu'après qu'elle lui ait donné son aval qu'il lui ferait humer ces effluves médicinales, mieux valait que le sujet soit un minimum prompt à accepter l'anesthésie. Qui plus est, ils ne seraient plus enclins à poursuivre leur conversation, il avait donc la politesse de la laisser assimiler les renseignements offerts et la plausibilité d'y réagir avant de s'endormir. Quoi qu'il en soit et comme il le lui avait souligné, il ne quitterait pas le bastion tant qu'il ne serait pas certain qu'elle tolérait les soins pratiqués.

_________________

Il a jadis existé,
Dans mon pays de bohème originel,
Une fête des vents, où l'adulte redescendait
Les marches des âges, pour célébrer son enfance, éternelle.
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