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 Une recherche qui prend fin [PV Zoran]

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Amaëlys Cathëilina

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MessageSujet: Une recherche qui prend fin [PV Zoran]   Dim 15 Avr 2012, 11:04

Rhewilf. C'était étrange d'être dans cette contrée et surtout depuis qu'elle y avait mis les pieds, une certaine appréhension commençait à naître en elle. Pourquoi me diriez vous ? Parce que Rhewilf était l'avant dernière étape pour arriver à Bairr Bàn. C'est-à-dire que bientôt...très bientôt elle rencontrerait son père. Cela d'ailleurs allait arriver bien plus tôt que ce qu'elle ne pensait. Mais ne pouvant prédire le futur elle n'en était pas consciente à l'heure actuelle. Elle arrivait donc à Rhewilf...terre hostile et glacière. Elle l'avait remarqué durant son voyage que la différence de paysage se faisait ressentir. Il n'y avait plus cette verdure qu'elle aimait et ce décor doux qu'elle avait pu apprécier.Elle s'était vêtue d'un manteau de fourure donc la capuche se trouvait sur sa tête, d'un bleu ciel qui correspondait parfaitement à ses yeux. Elle ne l'avait pas choisi pour cela, elle se l'était achetée pour l'occasion. D'ailleurs, on lui avait fortement conseillé de se munir d'une cheval pour l'accompagner sur cette terre car voyager à pied serait bien plus difficile que par des plaines ou des autours boisés. Elle s'était donc acheté les services d'un cheval qu'elle avait promis de retourner une fois son périple dans le nord réalisé. C'était donc sur une monture, bien différente de celle qu'elle pourrait sûrement voir bientôt c'est à dire des dragons qui se trouvaient dans cette région, qu'elle entra au village d'Insra. C'était un village très touristique dont on lui avait parlé. Aeron lui avait été rapporté comme agréable pour son intellect et sa culture. Elle espérait pouvoir y accéder également dans un second temps. Malgré l'appréhension et l'empressement qu'elle avait de pouvoir bientôt peut-être voir son père, elle avait envie de profiter des bienfaits de cette région également. Elle souffla doucement dans ses mains pour les réchauffer. On l'avait prévenue mais elle avait du mal à se faire à ce climat. Mais bon elle venait d'y faire face il allait simplement lui falloir un peu de temps pour s'adapter. Elle descendit de son cheval et entra dans une auberge qui lui semblait agréable et dans laquelle plusieurs personnes venaient de rentrer. La chaleur du lieu la réchauffa instantanément et elle soupira discrètement de plaisance. Elle enleva sa capuche et s'avança pour demander une chambre. Après en avoir connu le prix, ce qui lui sembla convenable - et elle devait être honnête, elle n'avait pas envie de parcourir le village par ce temps pour comparer les prix- elle accepta la chambre et alla y déposer ses affaires. Heureusement qu'elle faisait des affaires avec Javeed maintenant. Cela lui permettait d'obtenir un peu plus d'argent et dernièrement elle en avait récolté pas mal. Cela faisait un moment maintenant qu'ils faisaient des affaires tous les deux. Il l'aidait bien du coup. Et puis même s'il essayait toujours de l'avoir, elle avait une petite main mise sur lui suite à une menace qu'elle ne mettrait pourtant jamais à exécution. Mais c'était amusant qu'il y croit.

Elle quitta sa chambre et regagna la pièce commune ou elle demanda un repas. La matinée venait de s'écouler et un bon repas pour la clôturer ne serait pas le malvenu. Elle devait reconnaître qu'elle avait un peu faim. Lorsqu'elle eut fini de manger, elle décida de visiter quand même les lieux. Elle savait que la froideur n'était pas agréable mais elle avait pris un peu de chaleur ainsi que des forces et maintenant elle se sentait d'attaque de visiter. Elle renfila donc son manteau et sa capuche avant de sortir . Elle visita tranquillement le village avant qu'un petit garçon n'entre en collision avec elle. Elle fut un peu surprise mais sourit doucement au petit garçon. Il n'était pas vêtu très chaudement pour un garçon de ces terres. C'était étrange.

"Bonjour toi. Tu es tout seul ? Ou est ta maman ? "

"Je viens chercher de l'aide ! Mon chien ... mon chien est pas bien...et on ne trouve pas comment le soigner... Il va mourir ?"

"Oh... Mais non ! Je vais venir avec toi, je suis guérisseuse je pourrai peut-être t'aider."

Le garçon était sur le point de pleurer mais elle sentit naître l'espoir dans son regard quand elle lui parla de ses capacités. Elle lui sourit doucement. Elle fut surprise quand après quelques questions il lui rapporta qu'il venait du village d'à côté, Rieublanc. Il avait parcouru tellement de chemin pour arriver jusqu'ici, tout seul. Le pauvre garçon. Il devait réellement tenir à cet animal. Ce qu'elle comprenait. Les liens qu'on pouvait créer avec un animal pouvait être bien plus fort parfois qu'avec un humain. Surtout les enfants, c'était surprenant. Elle l'emmena avec lui sur son cheval l'entourant de son manteau pour qu'il se réchauffe. Il était tellement frêle et jeune. Il ne semblait pas fort épais également. Elle lui donna quelques provisions à manger pendant le chemin, tandis qu'il la guidait vers son village. Elle s'y rendit rapidement et grâce à sa monture, le chemin ne lui parut nullement long. Elle fut surprise du changement de décors comparé à Insra. Les habitations étaient bien plus modestes, la population bien moins nombreuses. D'un premier regard elle comprenait que ce village était pauvre et que c'était peut-être bien pour ça que les soins n'étaient pas disponibles. D'habitude elle faisait payer ses services mais là elle comptait bien faire gratuitement. De toute façon, face à la détresse de l'enfant, elle n'avait pas du tout envie d'user de son apprentissage commercial qu'elle avait du développer pour pouvoir obtenir de l'argent. L'enfant l'entraîna vers un petit rassemblement après être descendus de sa monture. L'animal était étendu au sol et semblait particulièrement mal au point. Elle fut tout de suite touchée par la souffrance qui s'échappait de l'animal. Il n'avait pas de blessures apparentes et après quelques questionnements, le chien c'était tout simplement effondré. Cela lui parut bizarre et elle ausculta l'animal avant de se rendre compte qu'il avait une blessure très légère au niveau de la jambe. Par contre elle ne connaissait pas ce genre de marques. Elle devait dire qu'elle ne connaissait pas beaucoup cette terre et les différentes plantes ou autres bestiaux que l'on pouvait y trouver. Ainsi elle ne savait dire s'il avait été contaminé par quelque chose qui l'avait touché ou si un autre animal s'en était pris à lui. Il aurait très bien pu se blesser un certain temps avant de s'écrouler. Elle fouilla dans son sac et regarda ce qu'elle avait. Elle prit une plante emballée dans un tissu et elle en coupa quelques feuilles avant de prendre son mortier de petite taille qu'elle avait partout avec elle. Elle commença à y écraser la plante pour obtenir un état applicable sur la peau, telle une sorte d'onguent. Elle l'appliqua sur une autre feuille qu'elle posa ensuite doucement sur la blessure. L'animal n'avait pas eu de réaction spéciale ce qui indiquait qu'au moins ça ne lui faisait pas de mal. Cette plante avait une forte capacité de guérison et permettait une imprégnation dans le sang et des propriétés antalgiques. Mais elle n'était pas sûre que ça marcherait parfaitement.

"On va essayer avec ceci. Peut-être que ça marchera... Sinon j'essayerai autre chose."

Tout le monde autour d'elle était un peu en attente également d'un effet qu'elle espérait venir, non pas pour avoir raison, mais simplement pour pouvoir soulager l'animal.

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Dernière édition par Amaëlys Cathëilina le Mer 02 Mai 2012, 07:02, édité 1 fois
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Zoran A. Drahiyr

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MessageSujet: Re: Une recherche qui prend fin [PV Zoran]   Lun 16 Avr 2012, 18:08


" Le Givre a ses dentelles sur les branches de Verre, Drapé de velours blanc et de sa robe d'Ether. "




Rhewlif. Un désert de beauté nivale, un intermède à la magnificence des cimes de Bairr Bàn. Une interlude contrainte mais appréciée pour le dragonnier, ce dernier préférant épargner sa monture du labeur d'une trop longue traversée des terres. D'innombrables jours qu'ils pourfendaient les cieux dans le dessein de retrouver leur mère patrie, la froidure de leurs montagnes. L'algide bourrasque qui les avait happés à l'approche de cette contrée à la blanche pèlerine était une douce réminiscence de leur foyer, là haut perché, qu'ils seraient certainement aptes à rallier avant le crépuscule. Tout droit revenus de leur odyssée dans les maquis d'Óir Gaiste - qu'ils avaient d'ailleurs partagée en compagnie de l'indocile Priranna - le binôme avait fait halte à plusieurs reprises dans les différents bourgs et hameaux qu'ils rencontraient en chemin. Des opportunités de visiter quelques accointances, comme ce fut à nouveau le cas dans la bourgade de Rieublanc. Sous la nitescence lunaire, leur arrivée reptilienne effaroucha la cohorte de villageois postée à l'une des entrées. Les rugissements d'Iriel amoindris, il délaissa son acolyte ailé où il se trouvait, puis alla à son tour quérir de l'hospitalité d'un comparse rencontré lors de l'une de ses pérégrinations. Enchanté de l'arrivée de ce puits de science, l'huis lui fut grande ouverte, de modestes denrées et un pichet de vinasse en guise de présentoir sur la tablée familiale. Une table dénuée de l'éclat d'hilarité d'enfants, non gratifiée du soin ménager d'une dame, corrodée par le temps et la négligence. La demeure sombre et sordide de son homologue quadragénaire miroitait son âme déchue, l'échec de sa vie d'époux et de père, sa sordide solitude. Leur sympathie mutuelle ne le surprenait guère, ils se ressemblaient plus que d'apparence, si ce n'était la façon dont ils avaient respectivement décidé d'appréhender les conséquences de leurs choix. Il était éploré, les viscères rongées par la culpabilité d'une existence galvaudée. Zoran lui, n'en avait cure, vivait en parfaite concorde avec ses méfaits d'antan qui - il en était intimement persuadé - ne le rattraperaient plus vingt années après. Deux décades pleines, qui auraient probablement suffit à jeter un voile maudit sur son patronyme. Des faits auxquels il jugeait futile de songer, et qu'au-delà de toute vilénie, il ne regrettait pas. Sans doute était-ce là la pire des véracités, celle qui le condamnait à demeure l'incube qu'il avait toujours été.

La nuitée fut bien menée, d'évasives discussions sur les récents ouï-dires du monde, sur d'autres sujets à portée plus philosophique ou les derniers édits du souverain Arsenios. D'innocentes gouailleries et les conjectures d'un avenir brumeux, avant qu'il ne gagne sa couche pour puiser toute la bienfaisance de sa narcose. Il crut entendre le glapissement d'un dragon en plein songe, son ultime berceuse alors que ses yeux se fermèrent jusqu'à l'éveil de l'aurore qui causa le sien. Ainsi levé avant que le coq enrhumé n'époumone son chant matinal, le guérisseur était d'ores et déjà apprêté de son armure et prend à avaler le reste de distance qui le séparait de Mhian Dhiaga. Pourtant, ce fut quiet qu'il passa la matinée, non brusqué par son envie de retrouver à ce qui s'apparentait à son chez lui. Il conversa longuement avec Iriel, sur leurs dernières et prochaines épopées, émettant l'éventualité de se rendre au palais Coróin pour profiter de son statut de convive et ainsi fureter sans embarras aucune dans la bibliothèque royale. Il doutait que quiconque - si ce n'était Athran - ne lui tienne rigueur de s'instruire de façon tout bonnement innocent - ou presque. Il était persuadé d'y dénicher de rares opuscules qui lui seraient utiles dans ses recherches, et qu'il emprunterait à des fins pédagogiques. Par ailleurs, il savait que certaines variétés de plante survivaient ici, à Rhewlif, endormies sous les draps de neige. Elles parvenaient à défier les lois de Dame Nature, à bouleverser le cours de la logique pour n'apparaitre qu'à ceux qui savaient où les trouver. Recueillir un nombre caduc de ce spécimen effleura l'esprit du botaniste, qui rejoignit la demeure où il avait délaissé sa besace et les outils inhérents à son rang. Une fois paré de ses affaires, il traversa la grande place du village où, dans le coin ouest, s'était rassemblée une partie de la plèbe. Intriguée par cette masse, il s'aventura parmi elle pour prendre connaissance de la nature du problème, et quel problème ! Au coeur de la concentration de rustres, un canidé souffrait d'obscurs maux. Le trépas des animaux était un malheur usuel dans ce genre de ménils reculés, ce qui n'avait jamais été une source de d'intérêt populaire et ne pouvait donc justifier la présence inquisitrice de tous ces paysans. Il s'approcha un peu plus, et comprit enfin. Le chien n'était point le centre des attentions, la mystérieuse sylphide s'essayant à panser ses plaies, l'était. S'il jugea de son jeune âge et de la vénusté qui l'agrémentait déjà, une bouffée d'exaspération le prit au gosier lorsqu'il l'entendit. L'inconsciente, l'indigne même. L'homme s'immisça entre les habitants ameutés pour rejoindre l'animal et observer de plus prés le travail de guérison effectué. Il retira sans vergogne la feuille peinte d'onguent pour mieux comprendre, au milieu de gens rendus curieux par cette intervention.

" Ne t-a t-on jamais dit qu'il fallait examiner une plaie avant de jouer aux soigneurs ? " Lança t-il, incisif, à l'étrangère. " Tu viens de condamner ce chien à la mort, ou à l'hémiplégie dans la meilleure des perspectives. "

L'effroi des villageois se mesura dans leurs longues inspirations, ils se lorgnèrent tous, puis orientèrent leurs regards sur la malheureuse. Zoran, lui, l'observa aussi, parfaitement placide, lui laissant le loisir de se dissoudre sur place face à sa bévue. Il abhorrait ces premiers venus qui se gonflaient de l'orgueil d'un guérisseur pour mieux corrompre la notoriété de ces derniers. La médecine était un vaste domaine fuligineux, dont il était impossible de posséder l'entière maîtrise, même après de conséquentes années d'études. C'était l'une des raisons pour lesquelles lui-même adulait cet art, dans lequel il ne cessait jamais d'épurer son savoir, même après une triade de décennies. Le décès par vénéfice était une toute autre notion artistique subsidiaire aux panacées, mais aux délectables effets. De frêles fléaux qui, logés dans les mains d'un ignorant, s'avéraient particulièrement dangereux. La mort ou le handicap était corollaire à la moindre inexactitude, le pouvoir de préserver la vie comme de la détruire. Si l'erreur était humaine, l'ineptie était subjective et intolérable, des lacunes de jeunes fous qu'il aimait à sanctionner de vils procédés. Ainsi prêt à dispenser une leçon que la dryade n'oublierait point de sitôt, il venait de lui livrer une constatation fallacieuse sur son diagnostique. Si les propriétés antalgiques du baume à l'instant concocté étaient reconnus, leurs vertus seraient - dans le cas présent - totalement futiles. Lui, avait l'avantage de connaître cette région polaire et les écueils que l'on y rencontrait, il s'étonnait d'ailleurs que nul originaire de Rieublanc n'ait émis d'hypothèse sur le préjudice qui empoignait le patient à quatre pattes. A la suite d'interminables secondes durant lesquelles l'enfant et propriétaire du chien s'était mis à larmoyer, le dragonnier se décida à agir, enfin. Il s'arma d'un coutelas à la lame tranchante, puis sollicita l'aide de quelques quidams environnants. Ceux-ci vinrent immobiliser l'animal, couvrant la moitié du spectacle alors que le soigneur se pencha sur sa patte antérieure, celle endolorie. Le mauvais quart d'heure se profilant, il enfonça l'extrémité de son arme dans la meurtrissure et s'amusa à y fureter. La douleur réveilla le martyr canin jusque là en pleine torpeur, qui se mit à japper de façon répétitive et surtout insoutenable. La mère du jeune garçon l'étreignit, la foule se glaça d'horreur à ces jérémiades suraigües qui durèrent un temps. Le quarantenaire se redressa alors, les phalanges maculées d'hémoglobine, puis s'approcha de la néophyte.

" La guérison s'avère difficile si l'on n'extirpe pas la source du problème. " Il lui montra la lame du coutelas, sur laquelle reposait ce qui s'apparentait à un dard. " Venin hexapode. Notre ami a visiblement fait la rencontre d'une vilaine bête et s'est tout simplement fait piquer. " Il s'approcha, très prés, trop proche de son délicieux faciès, et lui susurra. " On ne place pas de feu entre les mains d'un pyromane. Lorsqu'on ignore ce qu'on fait, il est coutume de s'abstenir, petite idiote. "

" Allons Zoran. " Intervint l'ami de ce dernier, récemment arrivé. " Elle voulait simplement aider, sois gentil. "

" Pour quoi faire ? " Glissa t-il sans quitter les prunelles de la demoiselle, avant d'exprimer un ricanement railleur quasi-imperceptible. Il passa à côté d'elle et entama son départ. " Réapplique lui un onguent analgésique, avec une haute dose de bactéricide cette fois-ci. Du moins, si tu en es capable. "

Puis il disparut au crochet d'une bâtisse, laissant les villageois encore indécis de la scène. L'enfant laissa éclater sa joie en rejoignant son compagnon, à présent persuadé que celui-ci survivrait. Le dragonnier espérait être parvenu à effrayer l'inconnue, et que celle-ci apprendrait de sa mordante désinvolture. De son côté, il rejoignit Iriel, allongé sur une rocaille aux abords du hameau.

_________________

Il a jadis existé,
Dans mon pays de bohème originel,
Une fête des vents, où l'adulte redescendait
Les marches des âges, pour célébrer son enfance, éternelle.


Dernière édition par Zoran A. Drahiyr le Mer 18 Avr 2012, 15:33, édité 1 fois
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Amaëlys Cathëilina

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MessageSujet: Re: Une recherche qui prend fin [PV Zoran]   Mar 17 Avr 2012, 02:12

Alors qu'elle attendait avec impatience le résultat de l'onguent qu'elle avait préparé, elle vit une main retirer la feuille de la patte de l'animal et elle eut à peine le temps de tourner le regard, qu'un homme, bien plus âgé qu'elle, lui indiqua qu'elle était bien médiocre et ce d'une façon qui ne pouvait suggérer que supériorité dans le ton de sa voix. C'était étrange... La surprise que cet homme imposa chez elle fut bien plus grande que la honte que cela pouvait entraîner. En réalité, et elle le savait pertinemment, l'essai de cet onguent était expérimental simplement parce qu'elle n'avait pas la moindre idée du mal qui rongeait l'animal. Bien sûr elle aurait pu vivement s'insurger et expliquer qu'elle avait observé la plaie mais qu'à part une fine marque, elle n'avait rien remarqué et surtout celle-ci ne lui avait pas du tout expliquer l'origine du maux. Elle savait qu'elle avait encore beaucoup à apprendre et que, à Perllan par exemple, elle était bien plus apte qu'ici dans ces terres hostiles oµ elle ne connaissait ni les plantes ni les souffrances que l'environnement pouvait entraîner. Elle observa l'homme qui venait de clairement la rabaisser auprès des villageois. Il devait avoir un certain âge et semblait bien connaître lui, à contrario d'elle, les terres actuelles. Bien qu'elle se savait en apprentissage, elle n'osa quand même pas regarder les villageois à qui elle avait offert un espoir qui en réalité aurait pu se révéler être un mauvais présage. N'empêche qu'il aurait pu utiliser un ton moins condescendant et surtout piquant pour lui expliquer son erreur. C'était certain, il était mauvais pédagogue. Ca devait être le genre de personne à aimer toujours avoir raison... En gros le genre de personne qu'il était peu agréable de fréquenter ! D'ailleurs, quand elle aurait fini de l'observer et surtout d'observer son travail - parce que oui s'il était plus malin il allait forcément soigner le chien et elle voulait connaître la procédure - elle s'en irait sans demander son reste en espérant ne plus jamais revoir cet homme infecte de sa vie ! C'était étrange car elle ne ressentait que rarement ce genre de sentiment négatif pour quelqu'un. Mais chez cet homme, presque avant qu'il l'ait rabrouée, elle sentait qu'elle ne l'aimerait pas forcément beaucoup. Etrange sentiment elle qui n'avait jamais de préjugé. Toujours est-il que vu ce qu'il s'était passé, forcément ça n'avait pas aidé. Et puis, bien qu'elle était en tort, elle ne put que soutenir son regard, même si avec le temps elle dut reconnaître que la froideur de celui-ci la fit d'abord frissonner mais de dérangement et ensuite, ne pas se sentir démunie était bien difficile. Ainsi, ce fut naturellement que son regard se baissa entraînant une inclinaison de sa part vis-à-vis de cet interlocuteur inconnu mais pas non moins imposant. Il fallut encore quelques secondes pour qu'elle ne sente plus les yeux rivés sur elle et qu'elle puisse arrêter de regarder ses genoux sur lesquels elle s'était assise plus tôt pour s'occuper de l'animal.

Ne préférant toujours pas regarder les villageois qui devaient sûrement se dire qu'elle aurait mieux fait de rester à Insra, elle observait l'homme mais surtout son travail quand il commença enfin à soigner l'animal. Elle ne put que serrer un peu sa robe dans ses poings posés sur ses cuisses quand la lame s'enfonça dans la chair pour y imposer sa sentence réparatrice. Ce n'était pas tellement du dégoût car son regard ne quittait pas la lame des yeux, mais les glapissements et la souffrance que l'être couché manifestaient ne purent que la toucher. Le supplice dura longtemps et elle ne put que délicatement poser une main sur l'animal en prononçant quelques propos druidiques à l'oreille de celui-ci, inaudible pour autrui , une sorte d'apaisement qu'elle connaissait bien, davantage psychologique évidemment que réellement physique car pour ça elle avait les onguents - quand elle pouvait les utiliser et qu'on ne lui faisait pas remarquer qu'ils ne valaient rien. Elle se redressa quand la lame quitta enfin la chair ensanglantée et c'est là qu'elle comprit le mal qui rongeait l'animal, avant que les explications suivent. Elle observait le dard mais son regard fut détourné par le visage très proche de son homologue masculin. Elle pouvait sentir son souffle sur sa peau quand leurs regards plongés l'un dans l'autre se toisaient, bien que chez elle la surprise et le fait d'être prise au dépourvu de la sorte par ce comportement inadéquat selon elle - ou provocateur principalement - prenaient le pas. Elle ne réalisa pas tout de suite le prénom de cet homme qui de son regard arrivait à la paralyser littéralement lui faisant largement oublier l'environnement. Elle reprit ses esprits quand il partit enfin et alors qu'elle prenait de quoi faire un nouvel onguent différent cette fois, en accord avec ses connaissances concernant les venins, elle s'arrêta net les yeux écarquillés. Zoran .... Zoran ? Zoran ?! non.... C'était ! Ce prénom... Combien de fois ce prénom n'avait-il pas tourné dans sa tête ! Combien de fois ne s'était-elle pas demandé si elle n'allait pas en croiser plusieurs ? Si elle n'allait pas se tromper en le voyant ou encore en rencontrer tellement qu'elle s'y perdrait finalement. Son coeur s'était arrêté une fraction de seconde à la réalisation de ce prénom. Elle plaqua une main sur sa bouche... Elle n'était pas loin de Bairr Bàn, elle le savait... Etait ce vraiment possible ? Pouvait-il vraiment être là ? A quelques pas d'elle ? Alors qu'elle l'avait autant cherché, qu'elle avait autant voulu le rencontrer ? Qu'elle avait pensé maintes et maintes fois à cette altercation entre eux ? Elle avait presque peur de tourner la tête et de l'apercevoir... Mais c'était un dragonnier. Elle n'avait pas vu son dragon... Il fallait qu'elle le cherche des yeux, qu'elle voit si c'était vraiment lui. Peut-être que non... Pourquoi après tout Eydis l'aurait mis ainsi sur sa route... Mais l'enfant la rappela à son premier devoir quand il lui demanda si l'animal souffrirait encore longtemps. Elle le regarda alors et sortit de quoi faire l'onguent à partir de fleur d'émeraude -plante qui servait dans bien des domaines mais qui dans l'immédiat agirait plus rapidement qu'autre chose même si elle l'utilisait peu en onguent- qu'elle fit aussi consciencieusement que possible avant de l'imposer à l'animal qui sembla après quelques secondes s'apaiser.

Elle ne put s'empêcher de tourner la tête et de voir la bête...l'immense reptile qui se tenait non loin de Zoran. C'était....son père ? Son père c'était lui ?! Elle repensa aux dires de sa mère, à la haine qu'elle avait pour cet être qui avait été d'antan cher à son coeur. En quelques minutes elle venait de retrouver les différentes caractéristiques que sa mère lui avaient décrites : froid, direct, désobligeant, dur... Mais une présence...tellement imposante ! Sa mère l'avait prévenu également de cela...elle avait eu quelques difficultés à comprendre mais maintenant elle voyait très bien ce que ça voulait dire. Elle ne prit pas la peine de réfléchir à deux fois et elle se leva et couru vers cet homme. Elle lui attrapa le bras et le tira - pas bien fort vu sa force comparé à la stature de ce monteur de dragons- mais assez pour qu'il soit obligé de se retourner. Elle le fixa de nouveau.... Une sorte de détermination dans les yeux inexplicable pour la concernée parce que maintenant qu'il la regardait elle ne savait plus ce qu'elle devait faire. Elle s'était toujours dit que quand elle le verrait elle lui imposerait sa personne, lui dirait qu'elle était sa fille, lui montrerait qu'il avait eu tort de les abandonner, lui demanderait ce qu'il avait fait de son frère.... Mais là, tout de suite, elle ne sut pas lui lancer tout ça à la figure et la seule chose cohérente qui lui traversa l'esprit, c'est qu'elle devait le côtoyer. Il fallait qu'elle lui impose non pas son statut, mais sa personne, en tant que femme là à l'instant, que guérisseuse, que personne de valeur. Il fallait qu'elle fasse ses preuves à son égard avant qu'il comprenne qui elle était. Et mieux, peut-être rencontrerait-elle plus vite son frère...

"Apprenez moi !" finit-elle par lâcher vivement.

Le fait d'avoir parlé lui fit reprendre un peu de contenance... Le peu qu'elle pouvait dans une situation comme celle-ci. Elle ne savait pas du tout où tout ça allait lui mener, si seulement il allait accepter. Elle avait bien compris que c'était le genre de personne qu'il fallait motiver. Elle ne pouvait pas se permettre de juste lui demander comme ça. Elle n'était qu'un vil insecte, qu'une chose futile, inutile. Elle devait s'imposer à lui.... Impose toi ! Elle le devait. Il devait reconnaître un intérêt en elle. Peu importe quoi...; Il le fallait c'était tout! Elle devait attirer son attention...lui montrer qu'elle pouvait lui servir. Elle le regardait alors que son esprit ne faisait que fuser et chercher encore et encore... Une idée alors lui vint. Elle ne prit même pas le temps de réfléchir à deux fois à celle-ci et elle s'élança.

"Je connais une plante rare... "Datura Stramonium". Vous devez forcément connaître. C'est une plante qui ne pousse qu'une fois l'an et qu'on ne trouve quasiment pas. C'est une plante à la fois dangereuse et curative. Si ... Si vous me formez, je vous guiderai vers elle."

Elle tenait encore fermement son bras comme si elle ne voulait pas qu'il s'échappe. Sa main commençait à refroidir car elle n'était pas habituée à un climat aussi rude et ce malgré le manteau plus chaud qu'elle s'était fourni. Mais c'était une cape à capuche et forcément, son bras ainsi sorti pour maintenir Zoran ne lui permettait pas de ressentir l'extrême chaleur de celui-ci. Mais elle ne voulait pas qu'il lui échappe. Elle voulait qu'il reste là, qu'il lui montre qu'ils allaient se revoir, qu'ils allaient faire un bout de chemin ensemble. Elle en avait besoin, sans comprendre pourquoi elle ne parvenait à pas appliquer ce dont elle avait tant rêvé. Mais peu importe. Il fallait qu'il accepte sa proposition et son regard rempli de détermination en disait long sur la persistance qu'elle comptait bien avoir le concernant.


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Zoran A. Drahiyr

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MessageSujet: Re: Une recherche qui prend fin [PV Zoran]   Mar 17 Avr 2012, 20:07

Les ineptes peuplaient décidément cette terre. Pourtant, ils étaient substantiels au commun des mortels, pour la simple et bonne raison qu'ils étaient la preuve que d'autres qu'eux étaient halés d'intelligence. Peut-être l'aurait-il remerciée de lui avoir permis de démontrer tout son talent, s'il avait aujourd'hui encore quelque chose à prouver. Or ce n'était pas le cas, son art, il l'avait maintes fois calligraphié dans l'opuscule de son histoire et n'avait cure d'être considéré ou non pour ses faits médicinaux. Ainsi, il n'attendait aucune gratitude en retour, aucune rétribution particulière qui lui permettrait de nourrir sa bourse. L'argent, il en possédait suffisamment pour édifier ses pérégrinations, puis disposait de toute l'aise conventionnelle essentielle à sa survie, voire plus. Les dragonniers également vivaient dans une forme d'opulence, avec bien plus qu'ils n'en n'auraient originellement besoin, mais ce dont ils usaient à bon escient. Il soupçonnait la belle nigaude d'avoir déployé ses artifices dans l'unique dessein de soutirer quelques pécules au propriétaire du martyr canin. Il connaissait l'avidité du genre humain, certains enclins à vendre leur âme pour le délicieux chant de piécette. Les deux prunelles d'azur éthéré auxquelles il avait fait face n'étaient que de piètres arguments à son innocence, il savait d'expérience que le maléfice émanait de là où on l'attendait le moins. De ce qu'il avait furtivement observé d'elle, ses habits n'étaient que défroques usuelles à l'indigent de base, loin de la glorieuse facture à l'origine de la garde de robes des Dames et Seigneurs du royaume. Le trépas d'un canidé n'était rien à la comparaison de l'appétit, d'un estomac qui chantait famine. Sans doute l'aurait-il laissé faire si sa piété pour la botanique ne l'avait pas enjoint à l'ingérence. Si, inéluctablement, la finalité de ces soins d'urgence l'importait peu, il s'accablait silencieusement de la bêtise de la jeune femme. Mais au chevet de sa moitié reptilienne, déjà il avait omis sa contrariété. Rien ne servait de ruminer sa lassitude si la fautive de son agacement n'avait guère l'opportunité de l'entendre. Pauvre fou. Il ignorait alors être talonné de prés, seul l'éclat intrigué dans les calots d'Iriel lui concéda un doute. Arrivait sur lui l'impudente. Arrivait, une page de son roman bien plus délétère qu'il n'aurait jamais pu l'imaginer. Il n'avait alors aucune conscience de la tribulation qui agricha son bras, de la solennité de l'instant.

Désarçonné par la stupéfaction, Zoran fut sommé de faire volteface, ses onyx rutilants allant sillonner le faciès de l'éhontée. Si l'acrimonie s'était parée à prendre le relais sur sa propre physionomie, elle fut néanmoins teintée d'une nouvelle vague de surprise lorsqu'il discerna la bizarrerie avec laquelle la dryade le mirait. Ankylosée devant lui, elle exhalait pourtant une indicible résolution à le retenir, à l'instar d'un misérable mortel au côtoiement d'une force fantomatique. Si elle eut besoin de le palper pour vérifier qu'il n'était pas une entité mais un quidam de chair tiède, elle sembla ne pas y croire malgré les faits. Ses lippes frémissaient de volonté, sa voix quant à elle, demeurait coincée dans son antre guttural. Il n'avait point souvenir que quiconque ait déjà agi de la sorte pour quelques railleries mesurées, avait-elle l'intention de lui faire payer son insolence en dépit du gouffre d'ancienneté qui les séparait ? Une scène pour le moins invraisemblable, et dont la langueur rongeait sa patience. Puis enfin, elle cracha sa requête comme si elle eut été retenue depuis toujours. Etonné derechef, il la toisa sans parvenir à comprendre, sans savoir ce qu'elle lui voulait réellement. Elle reprit avant même qu'il n'ait eu le loisir de considérer la demande, articulant son offre à l'instar d'un échappatoire sur lequel elle avait bondi sans plus de réflexion. Si le guérisseur s'était abstenu de toute réaction, c'était par l'unique responsabilité de ces mêmes yeux qu'il avait précédemment affrontés et prenaient désormais son être en étau. Rarement au long de son existence, il avait pu témoigner d'une telle témérité, car s'il eut cru ce qu'il voyait présentement, il ferait le serment qu'elle se serait damnée pour qu'il l'accepte. Si les propositions de ce genre n'étaient pas rares en ces temps d'incertitude, les étrangers qu'il s'était gaussé à humilier ne formulaient ordinairement rien de ce type. Avait-elle décelé en lui la quintessence du puits de science qu'il était ? Comment avait-il pu la subjuguer en seulement quelques répliques, en un diagnostique des plus aisés ? Il le reconnaissait de bonne foi, cette fille était un véritable mystère. Et si, au plus profond de son égotisme, il était fier de l'admiration qu'il suscitait, tout ceci lui semblait trop preste et nébuleux pour qu'il ne s'en méfie pas. Y avait-il donc une louve sous cette pèlerine de blanche brebis ?

Les phalanges frigorifiées de la sylphide lui gelèrent presque l'épiderme malgré son vêtement, ce qui contribua à la mortification qui pointait en lui. Même pour solliciter son savoir, de quel droit se parait-elle pour l'apostropher de la sorte, la petite sotte. Avait-elle déjà oublié la causticité avec laquelle il l'avait abordée ? Si tel était le cas, il se complairait à la lui remémorer sans plus attendre. Son visage s'ombragea, ses calots l'empalant simultanément à la bousculade qu'il lui infligea.

" Arrière, fillette ! " Dit-il en extirpant son bras de sa frêle poigne. " Qui penses-tu être pour me harponner de la sorte ? "

Il la fit seulement reculer de quelques pas, la lapidant du regard comme si elle eut enfreint une règle de vie fondamentale. Pourquoi donc les jouvencelles à peine fleuries de l'adolescence aimaient à le poursuivre ainsi ? Il espérait ne pas avoir rencontré une banale copie de ce qu'était Priranna, une indocile qui possédait tous les critères de sélection ou presque mais dont il ne pouvait rien faire. A la différence que l'éleveuse de chevaux avait pris le temps de le connaitre, ce qui n'était absolument pas le cas pour l'anonyme qui le suppliait presque. Il ne fut par ailleurs point le seul à s'offusquer de son comportement, car si Iriel s'était jusqu'alors fait discret, il n'en demeurait pas moins présent. L'âpreté que le dragon sentit émaner de son maître le fit réagir, cherchant instinctivement à protéger son dresseur de l'élément importun. Un rugissement fendit la quiétude de la nature pour siffler aux oreilles des êtres environnants, secouant les habitants du hameau d'angoisse et de confusion. Le reptile - sensiblement situé en hauteur - se redressa plus encore et rayonna de majesté lorsqu'il se gonfla de toute son envergure. Ailes déployées, une bourrasque impromptue naquit de nul part pour fouetter l'inconsciente, alors projetée sur le sol neigeux. Les dragons verts n'étaient que de moyenne taille en comparaison à un Roi-du-Ciel, mais ils ne demeuraient pas moins de ces mythiques reptiles, augustes et primitifs. Apte à gober un bovin sans difficulté, Iriel aurait pu paraître immense pour qui n'y connaissait rien en variétés draconiques. Si Zoran n'intervint pas pour stopper l'élan de son compère, il ne le laisserait inexorablement pas intenter à l'existence de la jeune femme, pas tant qu'elle ne lui aurait point fourni quelques réponses. Il s'orienta en direction de son compagnon, dont le hurlement résonnait encore en écho dans la bourgade, pour lui adresser un geste de la main.

" Iriel, il suffit ! " Puis il se tourna vers la nymphette, qu'il contempla de la où il était, comme la misérable qu'elle lui apparut. " Impudente en plus d'être négligente. As-tu d'autres qualités à nous présenter ? "

A la voir agir comme elle le faisait, il s'interrogeait sur le fait qu'elle soit toujours en vie à son âge, surpris qu'un coupe-jarret ne se soit pas déjà repût de sa dépouille. Le dragon se lénifia au commandement de son maître, repliant lentement ses ailes en s'installant sur son séant, sans quitter la naïade de ses calots chatoyants. Le soigneur ne parvenait toujours pas à croire de ce dont il avait été témoin, de cette folie qui l'avait animée et conduite jusqu'à lui. Non dans l'attente d'une réponse à son interrogation qui n'en était point vraiment une, il plissa les yeux pour mieux l'observer de toute sa hauteur, puis songea. Ses paroles résonnèrent dans son esprit : Datura Stramonium avait-elle dit ? Bien malgré lui, elle était parvenue à le piquer dans sa curiosité, bien plus que si elle s'était abstenue de faire référence à cette plante raréfiée. Mais avant de concevoir qu'il s'était hypothétiquement fourvoyé sur ses qualités de guérisseuse, il se devait de jauger ses connaissances. Seules les personnes jouissant d'une certaine éducation botanique étaient enclines à prononcer cette appellation argotique sans se tromper. Qui plus est, elle avait justement souligné la floraison annuelle de cette variété, se vantant même de savoir où la dénicher. Outre l'offense de se faire acheter pour une simple fleur - aussi rare eut-elle été - elle venait de lui démontrer un pan d'un acquis prometteur si non fallacieux. Néanmoins, il eut beau chercher une faille pour justifier son accès de connaissance, il n'en trouva point. Intrigué plus que de raison au revers de son voile facial placide, il voulut vérifier ses sources avant de s'édifier un quelconque jugement. Il se mut lentement jusqu'à elle et la ficela d'une oeillade inquisitrice, sans guère lui proposer son aide pour se redresser. Son phonème au flegme retrouvé prononça alors.

" La Solannée Furieuse... " Reprit-il en guise de synonyme pour la plante dont il était question. " Où as-tu pris connaissance de notre amie solanacée ? "

A son âge, lui ignorait encore l'existence de cette variété. Il avait déjà cueilli de cette Datura Stramonium fut un temps, mais elle avait ensuite disparu du terrain qu'il exploitait pour la trouver. Il s'agissait d'une espèce capricieuse, qui aimait à se faire mutine en interchangeant de place. Une source de poison plus que probante, qui fut autrefois l'un des ingrédients dont il s'était servi pour occire le dragon de l'un de ses supérieurs. S'il y avait l'occasion qu'il en découvre de nouvelles ressources, il la saisirait.

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MessageSujet: Re: Une recherche qui prend fin [PV Zoran]   Mer 18 Avr 2012, 01:56

Amaëlys ne pouvait le quitter des yeux. Elle pouvait entrevoir sa surprise qui n'en faisait qu'en rajouter à sa détermination. Effectivement, pour le coup, elle n'avait pas réfléchi, elle n'avait peut-être pas forcément réagi intelligemment non plus. Elle ne le connaissait pas. Elle ne savait pas s'il y avait une méthode d'approche, s'il fallait agir d'une certaine manière. Elle n'était de toute façon pas apte en cet instant pour le faire. Une seule idée trônait dans son esprit : qu'il l'accepte, peu importe comment. Elle d'habitude calme et posée se montrait impulsive et juvénile. Elle était là telle une enfant qui réclamait l'attention de son père. Evidemment il ne le savait pas et il ne le saurait pas dans l'immédiat. Voire peut-être avant même un moment. Elle n'en savait elle-même encore rien sur son plan d'action et les conséquences. Même s'il acceptait de la recueillir comme apprentie, sa connaissance du futur était inexistante car elle était druidesse et non devineresse. En cet instant pourtant elle l'aurait voulu. Elle aurait voulu connaître les pensées de cet homme imposant qu'elle maintenait ainsi avec une insolence étonnante, une permissiveté qu'on aurait cru impossible après avoir été rabrouée de la sorte, après avoir été meurtrie dans ses connaissances et après avoir vu la froideur qui caractérisait cet être. En réalité, il pouvait bien être un monstre - voire il l'était déjà pour tout ce qu'il avait fait - elle n'arrivait pas à se défaire de ce besoin maintenant totalement irrépressible de le côtoyer. Jamais au grand jamais elle n'aurait cru que ce désir naîtrait en elle. Le voir oui, c'était la quête de son voyage, mais passer du temps avec lui....elle ne l'avait jamais vraiment envisagé et encore ici elle voulait le faire en tant qu'inconnue. Elle était prête à être humiliée, mal traitée, rabaissée si au final il reconnaissait ses valeurs. Car ce serait à ce moment là qu'elle lui avouerait tout ce qu'il avait raté et tout ce qu'il n'aurait pas. Ce serait sa vengeance. En cet instant, elle ne voyait comme ça. Etre capable de reconnaître qu'elle avait un manque et souhaitait un père était impossible. Elle avait une détermination à cet instant vengesresse. Le futur apprendrait si ce sentiment pouvait perdurer chez une personne aussi peu animée d'animosité qu'Amaëlys.

Elle le fixait, ne sentait plus ses doigts, attendait. Elle voulait qu'il parle. Qu'il lui dise quelque chose. Ce qu'il fit en retirant assez fort son bras de sa main endolorie pour qu'elle vacille un peu et recule de quelques pas. D'un geste vif elle redressa la tête à sa question avec l'envie brûlante de lui crier qu'elle était sa fille. Pourtant rien ne sortit et seul son regard se faisait présent. Sa voix était muée dans un froid certain, une peur également qu'elle ne pouvait contrôler et un léger tremblement mélange du climat et de ce sentiment. Elle ne parla pas. Elle tentait de soutenir ce regard si invalidant, si douloureux. Il était écrasant réellement et elle savait que si, et seulement si, il l'aceptait à ses côtés, elle souffrirait. Elle le sentait au plus profond d'elle-même. Il n'était pas doux, il n'était pas gentil et il ne le serait vraiment pas avec elle. Cela l'effrayait de le connaître, elle avait peur de voir la suite, mais pouvait-elle nier que cela lui procurait de l'adrénaline ? Cette réaction hormonale qui lui permettait d'endosser le contact glacial sur sa peau, de ne pas s'offusquer d'un vent aléatoire mais piquant ? Ce climat était homologue de la dureté de cet événement. Il n'y avait pas meilleure mise en scène que ce coup théâtral. Cet homme avait occupé si fortement ces pensées que quand un bruit sourd mais sonore ce fit entendre à côté, elle détourna enfin le regard de son père pour se rendre compte alors de l'imposant reptile qui se dressait désormais à côté de lui. Ses lèvres légèrement entrouvertes étaient stupéfaites d'un tel reptile qui, elle le sentait, n'avait pas apprécié son approche. Qu'allait-il faire ? Allait-elle mourir ici et maintenant, de la main de son père. Car ses voyages lui avaient permis d'apprendre beaucoup de choses et en particulier sur les Dragonniers, par souhait d'être apte à faire face à celui qui se tenait actuellement devant elle. L'homme et la bête ne faisaient quasiment plus qu'un lorsque le rite était passé à leur 17 ans. Ainsi si le dragon s'en prenait à elle et la tuait, c'est que son père le souhaitait... Sa réflexion n'alla pas plus loin car une bourrasque la projeta à terre, la froideur du contact meurtrissant sa peau de lait. Un son lui avait échappé sous la surprise et le contact féroce du vent créé.

Alors sa voix masculine teinta de nouveau arrêtant l'animal avant de la mépriser de plus belle. Elle ne le regardait plus. Du moins pas tout de suite. LE choc avait été quand même rude et elle se redressait lentement retrouvant une position assise, les mains devenues insensibles, son corps gelé, son visage parcouru de fines pellicules glacées. Elle tenta vainement de sécher ce dernier du revers d'une de ses mains mais cela n'eut pas grand effet. Elle ne sentait de toute façon plus le contact, deux blocs de glaces représentaient désormais ses phalanges. Si la détermination n'était pas d'une telle force, elle aurait sûrement pleuré d'autant de médisance et d'humiliation. Mais ceci n'était que les prémisses d'un laborieux cheminement et elle se devait d'être forte. Elle était là face à un tournant de son destin. Eydis l'avait amenée ici, elle la mettait à l'épreuve face à l'homme qu'elle avait tant cherché. Elle n'avait pas parcouru tout ce chemin pour retourner penaude chez elle. Elle devait s'imposer, elle l'avait dit. Alors qu'il était revenu près d'elle et lui parlait à nouveau, elle rassembla ses forces pour se relever et se remettre entièrement debout. Elle lui fit face de nouveau, planta son regard déterminé mais plus calme l'impulsivité passée dans le sien. Elle le regarda longuement avant d'estimer lui répondre.

"Je suis guérisseuse, que vous l'acceptiez ou non. L'herboristerie est plus qu'un besoin professionnel, c'est un désir de connaissance. Je voyage depuis maintenant des mois et j'ai acquis des savoirs qu'on ne découvre que de la sorte. Je sais où est cette plante. Si vous la désirez il va falloir que vous partagiez vos connaissances. Donnant-donnant."

Elle ne savait pas d'où venait son aplomb. Elle ne comprenait pas comment elle faisait pour arriver à se dresser encore ainsi devant lui alors qu'elle était frigorifiée, tremblante, remplie de peur et de frustration. Elle jouait un jeu dangereux mais elle comptait bien le gagner. Eydis était avec elle. Elle le savait. Et elle ne comptait rien dire sur elle d'intime à Zoran. La plante, c'était sa mère qui lui en avait parlé quand elle était petite. Elle ne l'avait jamais oublié. Elle avait ensuite retrouvé sa trace dans un livre que Javeed avait "trouvé". Il avait été un puits de connaissance pour elle avec sa bibliothèque privée qui recelait des perles rares qu'elle pouvait consulter à sa guise. Etant toujours la bienvenue elle savait qu'elle pourrait y avoir accès encore longtemps. Il avait partagé un bout d'aventure tous les deux. Et puis bien sûr, si elle aimait autant les plantes, son rang de druidesse en était en grande partie la cause. Mais ça non plus elle ne le révélerait pas. Tout comme elle ne dirait pas qu'elle s'y connaissait en toxicologie. Du moins pas tout de suite. Si elle devait faire ses preuves en maniant les poisons, elle voulait que ce soit une surprise, un atout qu'il n'imaginait pas forcément chez elle. Elle se sentait folle de tenter de jouer avec le feu comme elle le faisait. Elle ne savait pas quelle serait sa réaction face à cette pointe d'insolente juvénile mais à la fois emprunte d'une détermination mature et indéfectible. Allait-elle encore avoir à faire avec Iriel, le dragon qui se tenait assis et qui l'observait de ses prunelles pénétrantes tel un félin prêt à bondir - à défaut qu'ici il s'agissait d'un reptile et que s'il s'exécutait elle était sûre d'aller rapidement rejoindre Eydis. Il fallait qu'elle force encore davantage les choses. Elle ne pouvait pas laisser ça comme ça. Pouvait-elle être plus insolente ? Ce n'était pas son tempérament mais elle ne pouvait supporter cette situation plus longtemps. Il fallait qu'il y mette un terme, soit en acceptant, soit en la dénigrant et l'humiliant une dernière fois, soit la tuant qui sait...

"A moins que vous ne soyez pas capable d'apprendre à quelqu'un... Ou peut-être que si j'avais été un homme ça vous aurait paru plus acceptable que je me dresse devant vous." A ces mots elle faisait subtilement référence à son jumeau qu'elle n'avait jamais vu mais qu'elle cherchait par tous les moyens de connaître, qu'il avait emmené simplement pour avoir une descendance masculine, digne de ce nom. "Mon âge vous rebute peut-être ? Vous pouvez avoir un nombre incalculable de reproches à faire, mais vous ne trouverez pas quelqu'un d'aussi déterminé, d'aussi obéissant et qui tiendra promesse de vous amener à cette plante rare, comme je le suis. Vous pourrez m'humilier autant que vous voulez, je tiendrai. "

Ces mots avaient plus d'impact qu'avec tout ce qu'il lui avait fait subir ces dernières minutes interminables. Elle se tenait toujours devant lui, faisant face au froid, à son corps meurtri, à sa frustration, son humiliation publique; l'humiliation de l'apprentissage que sa mère lui avait apporté. Tout ça se trouvait en elle et pourtant elle tentait encore de maintenir son regard dans le sien et d'être digne de piquer son intérêt. Elle se sentait faiblir au fur et à mesure écrasée par autant de pression sentimentale et climatique. Mais ces dernières paroles glissèrent encore de ses lèvres rosées teintées d'un bleu subtile.

"Et si vous en voulez la preuve, vous n'avez pas d'autres choix que d'accepter. si ça ne marche pas vous pourrez toujours me jeter ou me tuer. Comme bon vous semble."

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Zoran A. Drahiyr

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MessageSujet: Re: Une recherche qui prend fin [PV Zoran]   Jeu 19 Avr 2012, 17:28

Que cherchait-elle à faire ? Quel était son but, les sources de son indicible résolution ? Zoran avait l'étrange sensation d'être l'objet de son émoi, l'impression qu'elle userait de tous les stratagèmes plausibles pour se faire centre de son attention. Cependant, il ne s'agissait point là de la même lubie qui pouvait animer Priranna, lorsque celle-ci en faisait de même avec lui pour qu'il daigne la remarquer. Une aura bien moins intelligible découlait de la jeune femme, un mysticisme somme tout ineffable pour quiconque s'y heurtait. Il aurait juré devant toutes les déités existantes ou non que rien n'aurait pu l'arrêter. Elle s'était relevée sous le joug de sa détermination, sous l'impulsion d'une requête qui s'imposait d'avantage comme une injonction. Que possédait-il de si précieux pour qu'elle s'opiniâtre tel le soldat guerroyant sous l'éclat de son étendard, pour une cause qu'il ignorait légitime ou incriminable, dépurée ou condamnée d'avance ? Il n'était même plus un quidam dans la force de l'âge, il était comme ces plantes qu'il s'en allait cueillir, tentait de ne pas faner malgré les intempéries, patientait dans la pénombre qu'un peu de breuvage cristallin flue jusqu'à ses racines, qu'une lueur effleure ses noires pétales. Pourquoi diable venait-on vrombir à ses abords si ce n'était pour satisfaire la vilénie de la toute haïssable Eydis ? Peut-être se trouvait-il au chevet de l'un de ses hérauts, encore un dont il devrait se débarrasser s'il ne désirait pas en subir la néfaste saveur. S'il se précipitait en conjecture, son interlocutrice le pressait en décision. Impérieuse - Incongrue ! - elle sembla se sentir indispensable à sa quête aux plantes rares, le contraignant à conclure un échange de bons procédés s'il nourrissait l'espoir de dénicher la dite solanacée. Un affront qui fut presque une suave cajole en analogie aux suites de sa déclamation. Avec plus de minutie encore, elle bafoua sa dignité derechef, le lapida de théories injurieuses et fomenteuses en l'affublant de son oeillade polaire. S'il n'avait pas été au coeur de l'algarade, sans doute aurait-il démenti qu'une si jeune et caduque créature puisse faire preuve de tant d'impudence face à un homme tel que lui, face à un dragonnier avéré. La menace que l'auguste reptile installé non loin d'ici ne l'ingère en une once de seconde était vaine, ne dissuadait pas l'indocile quand bien même elle l'apeurait. Que l'angoisse d'un dragon aux crocs découverts ne trouve point écho dans le bon sens d'une jouvencelle était particulièrement inaccoutumé aussi bien qu'intriguant et inintelligible. Il doutait - en toute logique - qu'elle préserve sa contenance apparente s'il venait à lâcher son cerbère sur son charmant minois, ce que d'autres auraient assurément fait pour châtier son comportement. Ce qui l'empêchait d'agir de la sorte ? La curiosité sur les origines d'une telle effervescence.

Eut-elle été fortunée d'être tombée sur un homme tant circonspect qu'elle n'en aurait probablement point pris conscience. Savait-elle seulement ce que l'on pouvait faire d'une si attractive structure que la sienne ? S'il n'avait pas été emprunt d'un flegme à toutes tribulations, alors ne serait-elle d'ores et déjà plus de cet univers pour conter leur rencontre à autrui. Pourtant, en dépit des offensives, il demeura parfaitement maître de ses ressentis, drapé dans une placidité bien plus offusquante que ne l'aurait été l'emportement. Prétendre qu'il n'était en aucun cas stupéfait aurait été mensonge, il l'était, quand bien même il n'en prenait qu'une pâle expression. L'incompréhension couvrait son faciès alors qu'il sondait les prunelles de son vis-à-vis. Celle-ci serait désappointée de sa réaction si elle espérait qu'il ne se fasse aussi acerbe qu'elle ne l'était, ils n'étaient plus de ces jeunes inconsidérés obligés d'agir avec une puissance miroir en guise de réplique. Il aurait fallut lui admettre qu'elle ne s'avisait pas d'une méthode adéquate pour obtenir ses faveurs, bien au contraire. Si elle lui avait semblé digne d'une quelconque intelligence quelques instants auparavant, elle n'était à nouveau plus qu'une inepte incapable de réfléchir avant d'entrouvrir ses délicieuses lippes. La provocation était un assaut qu'il avait appris à ignorer, dont il se gaussait pleinement, car les tirades alors avancées n'étaient souvent que les victimes de l'énervement, donc irrecevables. Il lui était inconcevable de se sentir meurtri par ce qu'il savait faux, par l'estime d'une personne qu'il ne connaissait même pas. Qui était-elle donc pour le juger en ne l'ayant vu à l'oeuvre qu'une seule et unique fois ? Dans l'ignorance la plus exhaustive de ce qu'il représentait pour elle, elle lui apparaissait telle écervelée, dont il ne comprenait rien ou si peu de son énonciation. Longuement aphones tous deux restèrent, dans le simple murmure du frêle aquilon qui leur gélifiait l'épiderme, dans son chant le plus abscons. Il observait ce qu'il n'avait jusqu'alors jamais vu, une chose qu'il aurait été inapte à expliquer s'il eut fallu y mettre des mots. Un couplet de mèches grisonnantes vint strier son visage qu'il redressa sensiblement, pour la mirer de plus haut. Puis, pondérément, il lui emprunta la parole.

" Je n'ose te dire à quel point tu es ridicule. "
Il pivota sa physionomie, déposant son regard sur les courbes montagneuses comme s'il comptait y puiser une réponse, puis revint sur elle avec une mimique faussement conciliante. " Tu ne devrais pas tenter de te faire plus impressionnante que tu ne l'es, tu ne feras qu'attiser la pitié de ceux que tu rencontres. La juvénilité excuse beaucoup de choses, dans ton cas, elle surplombe même ce " désir de connaissance " dont tu te vantes. Aurais-tu des racines druidiques ? "

Boutade personnelle que la dryade ne serait pas encline à comprendre à moins de jouer de sa perspicacité. Sa référence à la peuplade filiale de la déesse n'avait guère là aucune relation avec leur prédisposition congénitale pour la botanique, mais bien pour la sottise dont elle faisait preuve. Au-delà de cette insulte maquillée, le dragonnier ignorait qu'il était dans la vérité la plus manifeste. Elle n'avait encore rien démontré qui eut été susceptible de le faire parvenir à cette conclusion, un détail qui aurait son influence si elle le lui révélait. Si elle ne le faisait pas, alors devrait-elle se prémunir d'être démasquée, au risque d'attiser une grande méfiance de la part du guérisseur. Ce dernier fureta ses traits un instant supplémentaire, avant de manifester un bref rictus au coin de sa commissure labiale, puis de se détourner d'elle. Si la sylphide voulait se complaire à l'attaquer en bas terrain, lui aimerait à lui vouer l'attention qu'elle méritait : aucune. Pourrait-elle fulminer autant qu'elle le désirait, il ne ferait que se gouailler de ses vains essaies. L'homme s'en retourna auprès d'Iriel qui tendit le museau en direction de son maître, ce dernier le lui cajolant consciencieusement. Ainsi, il aurait tout droit d'intenter à son souffle de vie si elle ne lui apportait pas satisfaction, c'était donc là les lignes du contrat qu'elle avait stipulées. Une offre alléchante, une exécution sommaire à laquelle il pourrait prendre plaisir dans la plausibilité qu'elle se soit jouée de lui pour quelle que raison que c'eut pu être. Pourtant, être l'hypothétique objet d'une fourberie n'était pas pour lui plaire, quand bien même il appréciait être ainsi convoité. Le contact établi avec son compagnon le contenta, même s'il n'était pas l'être auquel il avait toujours aspiré, il l'affectionnait inéluctablement d'un amour ineffable. Le dragon ronronna presque sous ses phalanges flatteuses, avant de considérer d'une lorgnade virulente la tiers personne, lui contre-indiquant silencieusement de s'essayer à une nouvelle approche. Puis, il émit un ronflement caverneux auquel Zoran adhéra d'un succinct ricanement. Tout en gardant une main posée sur l'une de ses narines, il guigna la jeune femme avec un air entendu.

" Il dit juste. " Souligna t-il comme si c'eut été limpide de sens, avant d'apporter précision. " Ne daignes-tu pas te présenter que déjà tu exiges mes bonnes grâces. Tu devrais te défaire de tes chimères, jeune fille. Je ne suis pas au service du premier venu, surtout lorsque celui-ci m'impose un accord en n'omettant pas l'aspect injurieux. "

Il espérait lui faire prendre conscience de la bévue dans laquelle elle s'égarait en agissant de la sorte. Il n'était pas encore trop tard pour qu'elle retrouve le droit chemin et use de son intellect plus que de sa véhémence. Le fait qu'il ne s'en soit pas déjà allé sur l'échine de sa monture était à lui seul un signe de son intérêt pour elle, qui serait apte à être désenchanté aussi vite qu'il eut été attisé. Il ne tenait qu'à elle de faire bon profit de ce qu'il lui offrait alors : un peu de son temps pour qu'elle tente de le convaincre, un jeu des plus délassants, qui lui permettrait de jauger sa répartie. Précieuse était cette opportunité, mais c'était vers un mont pentu qu'elle se dirigeait, infesté d'embûches et d'incertitude. Après un bref commentaire rauque de la part du reptile ailé, le soigneur revint lentement sur ses pas, l'air quiet. Si elle retenait les tumultes d'une rancoeur vivifiée, lui était propice à la tranquillité d'esprit, presque flâneur sur le tapis de neige. Ses yeux sombres dans les siens, il ajouta d'un baryton posé.

" Si tu n'as rien de mieux à faire que de m'invectiver de tes piètres bravades, je te conseille de t'en retourner et de ne pas empiéter sur mon... " Il posa l'index au centre du front de la demoiselle, puis donna une impulsion modérée pour la faire reculer. " ...espace vital. "

Réplique à double sens, il se mit accroupi puis balaya le sol d'un revers de l'avant-bras. Sous l'opaline couche nivale, apparurent de timides pousses verdoyantes malgré l'aspect météorologique de la contrée. Cette variété survivait sous la pèlerine neigeuse sans jamais se montrer au grand jour, aussi fallait-il savoir qu'elle se trouvait là. Une fois de plus, la longue expérience du dragonnier parlait pour lui.

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Amaëlys Cathëilina

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MessageSujet: Re: Une recherche qui prend fin [PV Zoran]   Ven 20 Avr 2012, 08:14

Pour la première fois depuis le début de son voyage - qui remontait à pas mal de temps maintenant- elle avait une irrépressible envie de rentrer, de retourner près de sa mère et de se lover en son sein pour retrouver une quiétude et une douceur qu'elle n'avait plus en ce moment même. Elle avait fait de magnifiques rencontres et peut-être pourrait-elle les retrouver elles aussi. Mais là...Là tout de suite, elle se demandait si cet homme méritait qu'elle agisse de la sorte. Ce n'était pas elle, ça ne lui ressemblait pas, elle ne défiait jamais les gens comme ça et surtout elle ne cherchait jamais à prouver quelque chose d'une telle manière. Il la poussait par désespoir à parler comme une jouvencelle en détresse qui s'accrochait à un navire qui ne cherchait nullement à la repêcher. Cet homme devant elle méritait-il les efforts qu'elle faisait pour lui paraître digne d'un peu d'attention ? De cette manière en plus. Après tout le simple fait qu'elle était sa fille aurait dû suffire pour un être normalement constituer. Savoir qu'elle était la chair de sa chair. Sa mère l'avait mise en garde. Elle l'avait prévenue qu'elle ne devait s'attendre à rien et qu'elle ne devait surtout pas espérer que parce qu'elle se présentait à lui son attitude ne change. Et ça, sa mère lui avait dit si elle se présentait comme sa fille. Là elle était une totale inconnue et il ne la traitait pas mieux du tout. Cet homme était-il un être aussi abjecte ? Avait-il besoin de lui dire aussi clairement à quel point elle était ridicule ? Elle le savait déjà assez mais il ne savait même pas lui que c'était pour lui plaire qu'elle faisait tout ça. Bien sûr que c'était stupide, bien sûr qu'elle s'y prenait mal. Mais elle n'avait jamais vécu ce genre de situation et n'avait jamais eu affaire à un homme de cette trempe. Comment pouvait-elle savoir comment il fallait agir ? elle n'était pas calculatrice elle. Elle était toujours unique et agissait avec ses convictions et guidée par Eydis. On ne lui avait pas appris à manipuler. Elle se savait être comme une brebis qui tentait vainement de s'échapper des crocs du loup. Et puis comment pouvait-elle en plus faire comme si elle ne sentait pas la présence écrasante du dragon derrière lui ? Il était tellement imposant et elle sentait au fil de ses paroles ses maigres forces totalement lui échapper. Alors comme ça il méprisait aussi les druides ? Elle se sentait totalement démunie et lentement elle entoura son corps de ses deux bras pour lui donner un réconfort impossible à obtenir autrement en ce moment. Son père détestait tout ce qu'elle était avant même de la connaître. Avait-elle vraiment fait tout ce chemin pour cet homme ? Non...Il n'y avait pas que lui. Au départ c'était pour son frère ! Elle voulait son frère. Cette entité qui était dans le ventre de sa mère avec elle et qui lui fut arraché après 9 mois. Mais...faire face à cet homme devenait tellement insoutenable. Il l'écrasait et prenait plaisir à le faire. Constamment. Il avait cette intelligence dominante qu'elle ne maîtrisait pas du haut de ses 20 ans. Bien qu'elle ne tarderait pas de passer se cap pour aller vers les 21 ans, elle n'était encore qu'une jeunette face à ce mâle d'une 40 aine d'années bien faites. Il avait bien plus d'expérience qu'elle n'aurait jamais face à lui. A son âge peut-être pourrait-elle prétendre égaler ses parents. Mais d'ici là...elle n'était qu'une novice, un bouton qui était encore loin de fleurir. Pourtant elle aimait la botanique, elle aimait cette vaste matière et ses découvertes éternelles. La flore n'avait pas de limite et des créations d'Eydis surprenantes pouvaient advenir sur cette terre. Elle aussi avait cette envie de connaissance, cet émerveillement des plantes et de leurs vertus. Ils avaient tout deux ce point en commun qui pourrait les rapprocher. Mais ici elle en avait mal jouer. Elle avait tenté d'entrer dans un jeu qui ne lui correspondait pas. Et il était homme à ne pas se laisser avoir facilement, il l'avait clairement vu et ne se lassait pas de la remettre à sa place.

Il se rapprocha de nouveau et alors qu'elle se meurtrissait du froid autant que de ses paroles acerbes, il la regarda et elle releva lentement les yeux - baissés bien plus tôt- pour le regarder. Bien que transparents, émus par une sentimentalité mise à rude épreuve, ils ne cédèrent pas et elle tint autant que possible son regard. Regard qui changea d'approche quand un doigt vint se mettre sur son front ce qui la surprit mais qui s'expliqua quand elle fut de nouveau obligée de reculer de quelques pas sous l'impulsion d'une force bien marquée par un corps actuellement emmitouflé. Elle l'observa avant d'être bien plus surprise par ce qu'il découvrit, actuellement caché par la neige et se trouvant sous ses pieds. Elle n'avait jamais vu ce genre de pousse car celles-ci vivaient dans les contrées rudes et c'était la première fois qu'elle se trouvait dans ces contrées. De plus, il fallait savoir où elles se tenaient ce qui n'était pas choses aisées. Cependant, au vu de la tournure des évènements, elle se décida à rebrousser chemin. Elle n'était pas assez forte pour faire face à cet homme. Elle l'observa un peu avant de se dire que toute façon son combat était vain. Ainsi, prise par le désespoir, elle se tourna et fit quelques pas avant de s'arrêter. Allait-elle rebrousser chemin alors qu'elle venait de lui dire qu'il pouvait faire ce qu'il voulait d'elle, elle tiendrait ? Elle ne sait quel miracle d'Eydis lui aurait permis d'avoir cette force là au final... D'où elle tenait ces propos qui ne lui correspondaient pas du tout. Mais pouvait-elle réellement abandonner ? Pouvait-elle après une simple rencontre le quitter comme ça ? Peut-être qu'elle ne le reverrait plus jamais. Et son frère ? Oui son frère... comment allait-elle le connaître si elle ne persistait pas ? Elle ne connaissait même pas son nom, elle ne savait pas à quoi il ressemblait... Elle ne pourrait jamais le retrouver seule. Nier d'autant plus que sa connaissance d'herboriste expert ne la titillait pas serait que mensonge éhonté qu'elle ne pouvait s'imposer à elle-même. Il était ce qu'il était mais il n'était pas impossible de se sentir attirer par cet homme. Ses cheveux mus par un vent hivernal balayèrent son visage provoquant une douleur à chaque contact. Elle releva alors ses cheveux qu'elle attacha de la même manière qu'elle le faisait habituellement, scellant la lanière de son poignet comme elle put de ses mains gelées. Elle remit sa capuche pour se réchauffer, remit son manteau convenablement et fit demi tour, se tournant à nouveau vers Zoran et faisant en sens inverse les quelques pas qu'elle avait réalisé y avait quelques secondes. Elle ne se rapprocha de lui. Elle respecta l'espace qui lui avait imposé. Elle n'avait plus cette détermination impulsive et juvénile. Elle redevenait en cet instant simplement elle-même.

"Je suis..." un instant elle hésita à révéler la vérité.... Mais "votre fille" mourut entre ses lèvres. "Amaëlys Daléia "

Un nom totalement inventé pour l'occasion. Après tout elle ne savait pas si le nom de sa mère était connu. Elle ne voulait nullement éveiller les soupçons. Elle avait de nouveau refusé de lui révéler la vérité ainsi devait-elle s'y tenir de nouveau. Il lui avait reproché de ne pas s'être présentée et il avait raison. Elle lui avait exigé des choses sans même donner en retour de sa personne. Il fallait qu'elle se reprenne. Rebrousser chemin était au fond trop tard. Elle était venue jusque Rewhlif qui était très loin de chez elle. Elle avait même prévu d'aller jusqu'à Bairr Bàn qui se trouvait encore plus loin. Il était donc bien trop tard pour faire machine arrière. Elle allait réaliser une dernière tentative. Bien plus saine, plus sereine, et qui lui correspondait bien plus. Elle ne sait pas ce qu'elle avait cherché mais s'il devait reconnaître sa valeur il fallait qu'elle commence à montrer réellement qui elle était. Elle n'avait pas besoin de surjouer, voire de jouer tout court. Elle n'était pas une actrice, elle n'était pas payée pour mentir. Elle n'aimait pas mentir. Eydis avait fait d'elle une de ses descendantes. Elle était druidesse, représentation de la déesse sur terre. Elle se devait de montrer qu'elle en était capable. Elle avait été capable de le faire jusqu'à présent, elle pouvait sûrement continuer. Et son père qui l'avait abandonné et qui ne se souciait nullement d'elle n'était pas une raison valable pour oublier ses principes. Mais si elle voulait qu'il la reconnaisse un jour, qu'il l'accepte et que peut-être il l'estime, elle devait se montrer qu'elle était digne de maturité et de confiance. Et pour ça, elle se devait d'être sincère. Se venger était une chose, mais devenir quelqu'un d'autre pour ça en était une autre. Et ça elle ne voulait pas. Elle respira donc calmement pour tenter d'emprisonner la peur et les tremblements qui la parcouraient de toute part. Elle resta à sa place sans s'avancer ne souhaitant obtenir la colère du reptile qui gardait un oeil sur elle.

"Vous avez raison... J'ai eu tort de vous parler comme je l'ai fait. Je cherche la connaissance mais je suis encore une novice dans le domaine et votre savoir semble immense. J'aimerais réellement que vous m'aidiez à devenir une bonne guérisseuse et à développer mon savoir. Même si cela s'avère rude et que vous êtes exigeant, je travaillerai dur." ... elle garda un peu le silence avant d'ajouter "Je suis évidemment toujours disposée par la suite à vous emmener à la plante."

Elle savait que cela l'intéressait donc elle le mettait bien sûr en jeu. Mais son ton était bien différent. ici, elle mettait ses dernières cartes en jeu dans un acte de sincérité pure. Elle avait été impulsive, insolente, déplacée et actuellement elle était simplement elle, avec une détermination qui n'en démordait pas mais une fatigue sentimentale qui indiquait bien que s'il refusait maintenant, il aurait totalement gagné et elle ne ferait plus aucun pas vers lui. En réalité, s'il refusait maintenant un quelconque accord avec lui, il ne lui resterait plus que deux choix... Soit lui avouer la vérité, soit repartir comme elle était venue et rebrousser chemin. Mais elle avait du mal à se dire qu'elle allait abandonner. Elle était quelqu'un de calme, de doux, mais elle avait un caractère fort. Elle avait vécu beaucoup de choses et elle s'était relevée à chaque fois, cela lui avait permis d'acquérir une carapace fine mais durcie qui lui faisait dire que peu importe les épreuves elle arriverait à se relever. Ce serait pareil ici. Elle avait voyagé pour lui, elle tiendrait autant que c'était possible. Mais elle devait reconnaître qu'elle n'avait plus de cartes dans son jeu et qu'elle venait d'abattre la dernière Mais bien que tout ça embrumait son esprit déjà largement refroidi, une curiosité vive ne cessait de la relancer constamment. Elle finit alors juste un pas de plus alors qu'elle observait le pan de verdure dégagé. En ce moment, la manière dont il avait pu trouver cette plante était bien plus importante. Etait-elle la fille de son père ? Elle n'en savait rien et ne se posait pas vraiment la question.

"Quoi que vous décidiez, pouvez vous au moins m'offrir cette connaissance.... Comment avez vous su que cette plante était ici ? Le paysage enneigé se ressemble et il est très difficile de savoir où elle se trouve..." Elle se mit lentement accroupi même si elle ne tenta pas une nouvelle approche mais cela lui donna l'impression de pouvoir mieux voir. "Ses vertus en plus sont vraiment sans équivoques et beaucoup de personnes se damneraient pour en avoir. Elle n'est pas rare mais difficilement trouvable. Il faut être fin connaisseur pour la trouver comme vous venez de le faire..."

On aurait pu croire que ses propos étaient emprunt d'une flatterie calculée. Mais non. En cet instant, il était clairement visible dans ses yeux qu'un émerveillement venait de naître au fur et à mesure de ses paroles. Si elle pouvait elle se serait emparée de ce miracle pour l'emporter et l'utiliser à bon escient dans des préparations intéressantes qui ne manquaient pas de la mentionner comme ingrédient principal. Bien que meurtrie par le froid, penser à cela réchauffa doucement son coeur. Pour une fois quelque chose de positif venait de s'insinuer dans son esprit depuis qu'elle était avec Zoran et ce n'était pas négligeable.

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MessageSujet: Re: Une recherche qui prend fin [PV Zoran]   Mar 24 Avr 2012, 13:57

Son flegme atemporel venait-il d'avoir raison de l'incongruité, et plus généralement de la témérité de la donzelle à la crinière flavescente ? Il savait que l'ataraxie en guise de réplique aux bravades était source de mortification, de désappointement quant à une réaction recherchée mais non engendrée. Eusse été une victoire pour la partie féminine s'il s'était encore évertué à camoufler une éventuelle vexation au revers de sa répartie, cependant, il n'était aucunement effleuré de ces calomnieuses injures. S'il déléguait cet accès sur l'échine de sa juvénilité apparente, cela n'excusait en rien cette vitupération qu'elle menait de front, celle qui le pointait du doigt comme le dernier des abrutis animé par une impéritie pédagogique. Lui qui faisait office de précepteur pour ses cadets – et quelques autres non affiliés à l'Ordre – trouvait en ces propos toute la cocasserie de la chose. Dans l'ignorance la plus manifeste de qui était le quidam auquel elle s'adressait, elle semblait vouloir se contenter de ce qu'elle conjecturait – à juste titre – comme d'amples connaissances. Un peu comme l'écrivain duquel l'on désirerait lire le chef d'oeuvre sans guère s'incommoder de son patronyme, il ne laisserait nul s'approprier sa culture sans y apparenter son identité. Spoliée de sa contenance, la sylphide crut bon de se résigner à l'évidence, de laisser sa requête s'effondrer dans une nébuleuse de poussière sans espoir de la faire renaître. Sans doute était-ce mieux ainsi, si elle n'avait guère le ressort de faire preuve de parcimonie, ce qu'il aurait alors été enclin à lui enseigner était voué à l'inanité. Galvauder son art était chose impossible, intolérable à ce versificateur de botanique qui voyait en sa prose plus que l'excellence d'un domaine. Il la laissait escamoter son inaptitude par la fuite, le temps lui était encore trop précieux pour qu'il le perde avec une inconsciente jeunesse. Il n'eut pas même la décence d'observer ce qu'il jugeait être son départ, n'aperçut que ses chevilles s'en retourner pour mieux s'éloigner, ne laissant qu'un tracé de sillons éphémères dans la blanche neige. Ses phalanges s'occupèrent alors à désencombrer les frêles pousses qu'il avait lestement dénichées, replongé dans des préoccupations mises en suspens par l'impromptue ingérence de la damoiselle. Qu'il fut candide d'imaginer qu'elle lui avait présenté sa reddition la lutte à peine entamée, car il comprit au discret grondement de l'auguste reptile que leur nouvelle amie s'était décidée à revenir sur ses pas. Alors ses gambettes chaudement emmaillotées réapparurent, préservant cette fois-ci le dit espace vital antérieurement cité. Toujours plus proche du sol que du ciel – accroupi, un pan de son long manteau allongé à terre – il ne fit que redresser ses obscures prunelles sur son galbe.

Elle entama une tirade, qu'elle ponctua de son individualité. Ce prénom aux mélodieuses consonnes lui laisser deviner quelques origines moins usuelles que la majorité des habitants de cette bourgade. S'il s'était laissé emporter par son jugement, alors aurait-il affirmé que son nom était de genèse druidique, lui qui avait tant côtoyé cette plèbe pour en connaître suffisamment à leur sujet. Mais il savait également que les apparences n'étaient justement qu'écorce, et qu'au final, un prénom pouvait être une forme de piété sociale comme un simple coup de coeur parental. S'ils étaient réellement amenés à se coudoyer, il aurait tôt fait de découvrir son essence qu'elle ne pourrait perpétuellement dissimuler. Il savait, d'expérience, qu'un druide entretenait une liaison singulière avec l'environnement qui l'entourait et que chassé, le naturel refluait tout aussi promptement. Ceci dans l'hypothèse où elle n'aurait point renié ce qui faisait d'elle une pouponne d'Eydis par ses legs génétiques et spirituels, mais tout ce tumulte intellectuel ne résultait que d'une présomption à laquelle il manquait de cruelles informations. Avant de se lancer dans une quête aux renseignements, Amaëlys juxtaposa son intérêt à celui du dragonnier, sur le tapis de plantes présent à leurs pieds après avoir prononcé quelques aveux de sa culpabilité. S'il fit aisément fi de la nouvelle référence faite à la Datura Stramonium, il fut néanmoins amusé de l'ingénuité avec laquelle elle quémanda son savoir derechef. Qu'elle eut inexorablement reconnu son puits de science eut au moins le mérite de lui tirer risette à défaut de le flatter plus que de raison. Ce n'était point les compliments d'une dryade versatile qui feraient poindre en lui l'orgueil d'un érudit. Commissures sensiblement redressées, il reporta son regard sur l'étendue de végétation timorée qu'il avait consciencieusement dégagée. Sans immédiatement discourir, il se mit à remuer le contenu hétéroclite de sa besace latérale, vraisemblablement à la recherche de quelque chose.

« Ces pousses sont une sous espèce de Galanthus, à mi-chemin entre le Nivalis et l'Elwesii. Plus communément appelée Perce-Neige. » Il extirpa une petite faux, mais avant d'entamer son mouvement de coupe, considéra la nymphe de ses iris d'ébène. « Bulbe émétique et corps alcaloïdique. Vois-tu ces roches ? » Il désigna les rocailles sur lesquelles était installé Iriel. « Les racines de ces plantes sont visibles à leur base, elles aiment le contact des minéraux, ce qui, étrangement, n'est vrai que dans la région de Rhewlif. Plus particulièrement à Rieublanc, à dire vrai. Il suffit donc de repérer les veinures des plantes pour savoir qu'elles ne sont pas loin. Elémentaire, mais encore faut-il le savoir. »

Elle qui eut tant escompté ce déploiement de savoir était à présent servie, et il ne l'épargnerait pas de son dialecte phytologique et pharmacologique quand bien même il ignorait si elle en avait connaissance. Lui qui était homme de science et de culture était au fait de la difficulté que représentait l'ensemble de ces termes, leur apprentissage avait meurtri plus d'un prosélyte, occis plus d'un disciple par leur intrication. Lui-même s'était d'ores et déjà surpris à confondre adjectifs et explications à mainte reprises, allant même jusqu'à omettre ce qui, avec le temps, lui était devenu rudimentaire. Encore aujourd'hui n'était-il point exempt d'une erreur de jugement en dépit de ses constantes recherches. Zoran se plut à observer la physionomie de son épigone de l'instant, affranchie de cette chevelure qui n'avait eu de cesse de lui strier les traits puisque emportée par l'aquilon qui susurrait toujours. Si un autre élément était venu engloutir sa tignasse de dorures, il lui ployait une meilleure vision sur l'ensemble de son faciès et le bleu céleste de ses mirettes. Son épiderme d'albâtre guerroyait contre l'églantine de ses lippes, une dissemblance sculpturale qui illustrait en ce petit bout de femme l'à peine éclat d'une vénusté encore gourmande de croissance. Elle disposait d'un air qui lui semblait familier, ce dont il ne s'embarrassa pas plus pour l'heure. Sa propre figure était barricadée de ses éternelles mèches et natte, une partie de son menton – de sa barbe grisonnante – clandestine au revers de sa chape. Seul le noir abyssal de ses calots associé à celui de ses tatouages jugaux venaient à contraster avec la clarté nivale qui les aveuglait. Elle respirait une limpidité éthérée, lui exhalait un halo d'occultisme, Pourtant, tous deux n'étaient pas si disparate que le guérisseur pouvait le penser, seulement, il l'ignorait encore. Il dévisagea ainsi celle qui n'était autre que sa fille biologique sans confusion aucune, sans faire preuve d'une quelconque discrétion dans son analyse physique. La désarçonner par son aisance à la désinvolture n'était point son dessein, c'était pourtant une chose qui ne découlait que trop des oeillades dont il s'octroyait l'oeuvre. Puis, il délaissa sa contemplation comme si elle n'eut jamais existé, se dévouant à la récolte des Galanthus dont il ferait bon usage. Dextre dans son procédé, il sectionna les tiges à même la lisière de la terre, en tâta parfois les nodules encore clos avant d'en installer une petite quantité dans son sac. Il laissa la majorité de la variété sur place, il n'était pas tant égotiste envers Dame Nature pour la dépouiller de tous ses fruits. Son bras réitéra son balayage dans le sens inverse, recouvrant les pousses de leur couverture hivernale sans s'interroger sur la plausible envie de la jeune fille de profiter de sa trouvaille. Après tout, pouvait-elle toujours les déneiger à nouveau si elle en désirait un échantillon. Loin de cette spéculation, le quidam se redressa de toute sa hauteur et l'observa, non sans cette nitescence à la fois sardonique et jaugeante qui le caractérisait tant.

« Amaëlys... » Reprit-il de bonne articulation. « Un prénom trop dépuré par sa consonance pour ne pas camoufler une disproportion de malice... Me fourvoierais-je ? »

Sa phrase se ponctua d'un ricanement caverneux, n'attendant une fois de plus pas de réponse particulière à une interrogation qui n'en était point une. Un bref accès de taquinerie, qu'il estimait pourtant non dénué de sens. L'introniser telle son apprentie ? Une requête à laquelle il se plaisait à ne pas donner suite, en tout volontariat. La frustrer en escamotant le coeur du sujet était une épreuve intéressante à lui faire subir, égarerait-elle de nouveau cette circonspection désormais ostensible ? L'aspect le plus affligeant de la situation était que son opinion était d'ores et déjà faite, il n'avait guère l'intention d'accepter quiconque n'aurait point prouver sa valeur auparavant. Puis, s'il consentait à lui ployer quelques bribes de son savoir en attendant, il ne lui ferait pas le privilège de leçons exhaustives et assidues avant une longue période d'observation et brimades en tout genre. Cela commencerait certainement par une étude approfondie de la naïade, qui aurait alors tout loisir d'user de ses talents de comédienne pour pallier à d'incertaines failles. Un jeu dangereux, mais une odyssée inéluctablement vouée à se conclure d'une seule et unique façon : par de douloureuses confessions. Comme pour ratifier le tacite accord qu'ils s'apprêtaient à sceller – celui d'une traque simultanée – il lui confirma ce dont elle se doutait déjà.

« Pour ma part, je suis Zoran Drahiyr, soigneur, soldat et dragonnier de son état. » Il exécuta une grotesque courbette de circonstances, un mince sourire aux lèvres. « Une présentation faite dans les règles de l'art même dans l'éventualité où cela te serait égal. Après tout, j'avais dans l'impression que seule ma science t'importait... »

Lâcha t-il dans un énième reproche à peine maquillé tout en se détournant de la belle. S'il faisait encore l'effort de lui indiquer la nature de ses bévues, c'était pour mieux l'admirer replâtrer ses fautes avec plus ou moins de gaucherie. L'entretien était amplement orienté en sa faveur, ce dont il profiterait jusqu'à la moelle de ses possibilités.

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Il a jadis existé,
Dans mon pays de bohème originel,
Une fête des vents, où l'adulte redescendait
Les marches des âges, pour célébrer son enfance, éternelle.
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Amaëlys Cathëilina

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MessageSujet: Re: Une recherche qui prend fin [PV Zoran]   Jeu 26 Avr 2012, 05:01

Amaëlys, fascinée, regardait les petites pousses vertes qui se tenaient non loin d'elle mais pas juste à côté car elle avait respecté l'espace vitale que son cher père avait imposé. Elle aurait très bien pu ne point le respecter car au fond ce n'était qu'une réprimande de plus qu'il lui faisait en l'espace de quelques minutes. Mais, qu'elle le veuille ou non, elle ne pouvait décemment pas l'affronter comme un inconnu qui s'en prendrait à elle. Ces liens familiaux qui la rapprochaient de lui, elle ne pouvait les ignorer quand même bien le concerné ne soit vraiment au courant de son identité. Il connaissait son prénom mais non son nom et il ne serait pas prêt de le connaître dans l'immédiat car leur relation venait seulement de naître et elle n'avait pas encore bon espoir qu'elle perdure. Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle pouvait au fond réellement faire avec lui. Elle voulait qu'il reconnaisse en elle un potentiel qu'il serait fier d'avoir pour progéniture mais était ce seulement possible ? Elle n'en savait rien et dans l'immédiat ne se posait même plus la question. Ils venaient tout deux de se trouver un nouvel intérêt commun. Plus tôt était cette plante rare qu'elle lui avait promis de lui fournir, désormais c'était une plante moins rare mais difficile à trouver qu'elle avait devant ses yeux. Et au comble de son ravissement, il lui apporta l'explication qu'elle attendait. Déjà petite, sa mère avait engendré chez elle une fascination pour la nature et ses ressources illimitées qu'encore maintenant elle était loin de connaître dans son intégralité. Druidesse, elle avait réellement une passion que sa mère lui avait transmise et qui était même encore plus poussée par une sorte d'instinct sensitif impressionnant. Du simple toucher, elle pouvait reconnaître une plante qu'elle avait déjà croisé. Ce n'était pas tellement un don mais plus une faculté qu'elle adorait tester encore et encore. Elle l'avait énormément fait dans les contrées de Perllan. Se balader, les yeux fermés, mains tendues et prête à toucher les différentes plantes environnantes. Alors là elle s'amusait à donner les différents noms que ce soit en latin ou encore les noms plus communs qu'on donnait. C'est pour ça que les plantes de Perllan n'avait plus beaucoup de secrets pour elle. Après 19 années à parcourir ses alentours, elle ne pouvait pas se permettre d'ignorer les richesses que sa contrée natale possédait. Mais de par son voyage, elle avait appris à connaître d'autres plantes. Des plantes qu'elle n'avait vu que dans des livres ou qu'elle ne connaissait réellement pas et dont elle avait du quérir l'information. Et cela lui avait plus fortement et lui plaisait toujours grandement.

Tout ceci l'amena donc à un émerveillement certain quant à la connaissance de son père. Aurait-elle osé dire que cela la rendait fière d'avoir un paternel doté de telles connaissances ? Elle ne le se serait jamais avoué. Après tout, elle se devait de ne pas oublier ce qu'il leur avait fait à sa mère et à elle. Mais chaque chose en son temps, elle devait d'abord l'approcher avant d'espérer obtenir quoi que ce soit. Mais ici dans l'instant, elle voulait surtout sa connaissance et elle but ses paroles avec émerveillement alors qu'il cherchait quelque chose et qu'il trouva rapidement. Une faux. Pratique pour recueillir les plantes à leur racines sans les abîmer. Elle même avait une dague qui lui servait à se défendre mais qu'elle utilisait également beaucoup pour se fournir en plante qu'elle trouait sur sa route. Ainsi observa-t-elle l'homme en travail mais celui-ci ne coupa pas directement cette trouvaille et planta son regard dans le sien comme il l'avait beaucoup fait auparavant. Il lui expliqua rapidement en quelques mots les propriétés de cette plante. En réalité elle les connaissait déjà et surtout le vocabulaire utilisé lui était courant et usuel. ELle ne fut donc pas surprise de l'apprendre mais la fascination s'empara d'elle quand il lui expliqua comment on pouvait découvrir cette plante. Un rapide coup d'oeil vers le rocher fit comprendre qu'elle écoutait avidement son tuteur provisoire et un pétillement dans ses iris confirmait cet émerveillement. Ce qu'il venait de lui apprendre ne faisait pas partie encore de ses bagages intellectuels. Ainsi venait-elle d'acquérir quelque chose et sans que ce soit négligeable, cela venait de son père. Et elle ne pouvait ignorer qu'elle était avide d'en apprendre bien davantage. Elle observa longuement les plantes résistantes face au vent aléatoire qui les faisait de temps en temps se mouvoir mais ses iris changèrent de cap quand elle sentit le regard imposant de son vis à vis. Aussi plongea-t-elle son regard dans le sien non pas par insolence mais par envie de le comprendre. C'était la première fois qu'elle ressentait les choses de cette façon. Bien sûr elle aurait voulu qu'il lui explique et elle voulait comprendre pourquoi il était parti. Mais le comprendre lui, dans son fonctionnement intime, dans ses croyances, ses pensées, ses ressentis. Elle n'y avait jamais songé. Pouvait-elle ressentir quelque chose de positif pour lui ou n'était-il que l'être infâme que sa mère avait dépeint ? Mais elle n'était pas seule juge. C'était lui qui déciderait si elle pourrait le côtoyer ou non. Et ça il ne lui avait toujours pas accordé.

Elle l'observa encore lorsque ce regard assombrit disparu. En réalité, elle n'avait su tenir son regard que parce qu'elle s'était perdue dans ses pensées. Car cet homme avait réellement des iris pénétrantes qui pouvaient totalement rendre mal à l'aise. Mais déjà après s'y faisait-elle, sans pour autant y être immunisée. Elle regarda ses traits marqués par l'âge mais par la vie aussi. Il n'avait que très peu de mimique, il semblait toujours imperturbable et dénué d'émotions caractéristiques. Elle descendit finalement pour observer ses mains, celles là même qui recueillaient les perce-neiges découverts. Elles aussi avaient vécues. Elles étaient bien plus imposantes que ses frêles minettes assaillies par le froid rude et typique de cette contrée. C'était des mains d'hommes aguerris, expert, adultes. Elle en fut fascinée une instant avant que la neige ne fasse disparaître ces pousses vertes et que l'homme reprit sa stature imposante debout sur ses deux pieds. Elle se sentit si petite quand ses yeux se relèvent pour l'observer de toute sa hauteur. Elle ne put que frissonner quand son nom fut prononcé si distinctement par cet homme qui lui apporta une nouvelle connotation négative dont elle se serait bien passée et à laquelle elle ne répondit pas se redressant simplement elle aussi sur ses deux gambettes tout aussi frêles que les autres membres de son corps. Elle n'était pas de faible constitution mais comparé à son père, elle n'était qu'une jeunette sans forces. Pourquoi devait-il toujours être aussi piquant. Elle se contenta de l'observer face à ce ricanement. Qu'allait-il faire d'elle maintenant ? La laisser là ? Lui permettre de le revoir ? Et s'il la laissait là....qu'allait-elle faire ? Continuer à le poursuivre ? Rentrer ? Elle attendait avec impatience un dénouement....qui ne vint pas car il se présenta - détail inutile mais qu'il ne pouvait savoir - avant de lui faire un énième reproche dont elle fut plutôt surprise.

"Non !" dit-elle précipitamment comme une enfant fautive.

Elle se reprit cependant. Elle n'avait rien à se reprocher et elle ne devait nullement l'oublier. C'était lui qui les avait abandonnées ! C'était lui qui était parti avec son frère sans se retourner, qui avait négligé son existence et son éducation. Elle n'avait pas à s'abaisser totalement devant lui. Elle devait être une femme sûre d'elle. Du moins un minimum car elle le sentait au plus profond d'elle -même : qu'en avait-il à faire d'une gamine insolente et inutile ? Elle n'était plus une enfant ! Elle avait encore beaucoup à apprendre mais elle était une femme et elle se devait de se présenter comme telle face à lui. Pas être qui elle n'était pas.... Elle l'avait ça parfaitement compris que ça ne mènerait à rien. Mais une enfant elle ne l'était plus. Alors elle le regarda un instant de ses iris bleutées avant de reprendre la parole.

"Si... Si votre passion pour l'herboristerie semble être celle que j'aperçois, elle ne peut être dissociée de votre personne. Votre savoir fait partie de vous. JE ne peux dissocier l'un et l'autre. Je veux connaître les deux. Pourrais-je séparer le savoir de son possesseur ? Je ne pense pas. Pour moi la meilleure manière d'apprendre est de s'immerger. Je souhaiterais pouvoir... vous voir à l'oeuvre autant que possible." Elle ajouta "Enfin si vous me le permettez..."

Il fallait qu'il dise oui. Pouvait-il refuser là tout de suite ? Comme ça ? Et terminer cet entretien sans plus aucune débouchée pour elle le concernant. Elle aurait voulu ajouter des fioritures à ses paroles, presque le supplier de ne pas l'abandonner une nouvelle fois. Mais elle ne devait pas agir de la sorte, elle ne devait pas se ridiculiser. Elle devait être digne et ce ne serait que comme ça qu'elle pourrait l'intéresser. Elle ne se souciait même plus du froid meurtrissant sa chair et de l'envie de chaleur qui se faisait pressant en elle. Elle avait besoin de savoir ce qu'il allait décider. COmment pouvait-elle l'influencer vraiment ? Etait-il homme à être influencé ? Elle n'en savait rien. Elle ne le connaissait au fond pas.... SA mère non plus. Il était énigmatique et taciturne sur lui-même. Pouvait-on déceler ses actes avant qu'il n'agisse ? Elle n'en était pas persuadée. Elle jouait inconsciemment avec ses mains avant de remettre une mèche imaginaire derrière son oreille en quête d'une réponse favorable.

"Je travaillerai dur..." s'entendit-elle répéter.

Elle ne savait pas comment s'y prendre, aussi était-elle un peu gauche, et un peu enfantine malgré elle. Il était après tout là devant ses yeux, l'homme qu'elle avait tant cherché et il allait sûrement disparaître d'ici peu sur le dos de ce reptile imposant. Mais elle avait juste besoin d'un espoir. L'espoir de pouvait le revoir. S'il partait maintenant, sans retour, elle ne saurait pas comment le retrouver à nouveau et cette rupture serait trop difficile pour qu'elle accepte de traverser de nouveau le monde en quête d'un homme.

"J'ai pas mal de connaissances, vous ne devrez pas tout m'expliquer. Je..."

Mais elle s'arrêta. Au final ce qu'elle n'avait pas voulu faire se présenta de nouveau. Elle se laissait avoir par la peur et n'agissait plus tant en adulte qu'en enfant quémandant une attention. Elle baissa les yeux. Il n'arriverait jamais à la juger en tant qu'adulte parce qu'elle n'arrivait pas à l'être face à lui. Reprends toi ! pensa-telle de toutes ses forces. Elle ferma un peu les yeux avant de les rouvrir et de les redresser pour le regarder de nouveau.

"Excusez moi." dit-elle simplement posément. Elle était une idiote. Le verdict, elle savait que Zoran le connaissait déjà. Juste il ne lui avait pas encore dit et quoi qu'elle fasse, cela lui ferait perdre des points. Bien que cela était trop dur pour elle, au final, et qu'elle se serait bien réfugier pour évacuer ce moment par des pleurs, elle le regarda simplement attendant.

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MessageSujet: Re: Une recherche qui prend fin [PV Zoran]   Dim 29 Avr 2012, 16:07

Une enfant. Zoran n'avait point d'autre illustration en mémoire la concernant, elle lui semblait n'être qu'une jeune pousse dont la corolle croissait à peine. Seulement animée par le désespoir d'être acceptée, la jeune femme en égarait toute sa contenance, sans pour autant omettre son dessein qui semblait n'être qu'orienté vers lui. Parfois, il se demandait si être exécrable n'avait pas l'effet contraire qu'originairement prévu, ralliant les gens à son âme plutôt que les dissuader de toute approche. Qu'exhalait-il donc de si enjôleur pour que les errants s'évertuent à lui rendre l'existence imbuvable ? Il songeait à devenir ascète, ne plus jamais outrepasser les enceintes de sa forteresse de genèse et se contenter de la compagnie de ce volcan qui les bravait de son brasier. Une solution qui, si elle aurait certainement été probante, ne le seyait guère. Parcourir Lanriel en quête de vénusté florale était son unique délassement, et le recueil rédigé à cette attention sa seule raison de vivre à présent qu'Eydis l'avait spolié de son descendant. Il la soupçonnait d'édifier nombre d'embûche sur son chemin – et si Amaëlys n'était pas une barricade à sa quiétude, qu'était-elle donc ? Il ne parvenait à le savoir. Curieuse, bien qu'agréable à toiser, il doutait pouvoir en tirer une quelconque satisfaction si elle agissait avec tant de gaucherie. Il prêta, bien malgré lui, l'oreille à son discours malhabile, frémissant d'incertitude quant aux usages à employer pour le persuader de sa bonne foi. Il visait juste, pointait les lacunes de son comportement avec tant d'exactitude qu'il ne faisait que l'aliéner à ses bévues. Ridicule, il aurait aimé le lui susurrer encore, néanmoins, il était intimement persuadé qu'elle en prendrait conscience seule. Plus d'un aurait abdiqué face à son aspérité manifestement barbare, sa propension à se faire antipathique avec quiconque. Pourtant, elle s'opiniâtrait à le confronter de ses gemmes d'azur diaphane avec une puissance devenue si frêle qu'il s'en gaussait à chaque seconde. En réalité, il ne savait plus que faire, gouailler jusqu'à ce que trépas s'en suive ou persévérer dans son flegme proéminent. Dans quel que cas que se puisse être, il ne pouvait que se complaire dans sa vanité, celle d'être halé de tant de valeur pour une sylphide qu'il n'avait alors jamais aperçue auparavant. Un avantage dont il userait sans aucune parcimonie, lui qui n'espérait guère rien venant de son interlocutrice. Au moins, pourrait-il lui concéder le fait qu'elle ait su le divertir à travers ses suppliques.

Il demeura placide, mais attentif, détail non négligeable pour le dyssocial qu'il représentait. Elle poursuivait dans la présentation de sa résolution, cartes d'ores et déjà abattues antérieurement et auxquelles il ne réagissait point. Puis, la dryade comprit, sans doute par le mutisme polaire et l'oeillade lasse dont son vis-à-vis témoignait, que ses tirades étaient vaines. Tel le condamné à la sentence de son juge, elle eut loisir de songer que le verdict était ainsi tranché depuis bien longtemps. Bien que pour l'heure décisive, la rebuffade du botaniste n'en demeurait pas moins encline à la révision, sous la seule force de persuasion de la principale intéressée. Du moins, entrevoyait-il cette éventualité quant à un hypothétique accord, et donc à de futures retrouvailles. Désirait-il réellement s'affubler de son poids, celui d'un probable épigone dont il ne connaissait rien si ce n'était le patronyme ? Sans même imaginer que celui-ci était, qui plus est, d'inspiration fallacieuse. Il se contenta donc de l'admirer dans sa pusillanimité, dans son expectative la plus crainte et laquelle il serait le seul apte à pacifier. Un mot, uniquement, pour faire fructifier sa détermination – quoi que bien téméraire - ou à l'antipode de cet enchantement, pour démanteler toute son espérance. Une prérogative jouissive s'il en était, de laquelle ne résulterait aucune culpabilité dans le pire des scénariis. Alors qu'il y songeait, l'aquilon vint s'engouffrer dans sa crinière cendrée par l'expérience, dégageant un peu plus les emblèmes d'encre noire qui ornaient ses pommettes. Puis, il entendit son dragon se mouvoir dans d'augustes répercussions telluriques, se réajustant sur l'équilibre de la rocaille sur laquelle il se trouvait. Après une dernière lorgnade pour la juvénile, le quidam excava la neige de ses pas, rejoignant Iriel qui – une nouvelle fois – présenta son museau,

« Et toi, qu'en penses-tu... » Questionna t-il au reptile. « Devrait-on subir ces supplications plus longtemps ? »

L'interrogation fut glissée sous une risette railleuse, sans qu'il ne considère la jeune femme dont il parlait pourtant. La réaction de la créature ne se fit point attendre, ce dernier exprimant une sternutation de réprobation en maugréant quelques mots en un dialecte draconique. Le désaccord manifeste de l'animal fit rire son maître, qui flatta sa narine derechef. Si Iriel tolérait certaines présences au côtoiement de son dresseur, toutes n'étaient pas épargnées de son acrimonie, et l'incongruité de la naïade n'avait absolument pas échappé au cerbère jusqu'alors circonspect. Celui-ci spécula sur l'étrangeté de la dite guérisseuse et l'irrespect dont elle l'avait lynchée. Si Zoran trouvait une once d'écho dans les dires de son pérenne acolyte, il savait que ces médisances étaient justifiées par la jalousie notoire de sa monture, et donc, amplement subjectives. Que n'aurait pas tenté le tétrapode aux écailles sinoples pour éloigner cette hypothétique source d'intérêt que représentait Amaëlys ? Le chercheur le soupçonnait de bougonner cette affaire durant un temps, et surtout, de ne point avoir pris la décence de prendre en compte son humble – ou presque – avis. Car même s'il feignait de quémander l'opinion de son comparse ailé, ceci dans l'unique but d'importuner la nymphette, la conclusion restait sienne. Du toupet ne résultait point toujours les meilleures conséquences, et s'il lui reconnaissait volontiers son courage, cela serait trop lacunaire pour le convaincre. Comme naguère, seule la litanie de la brise algide se fit entendre, sifflant aux oreilles des protagonistes à leur en léguer des frémissements. Puis, le dragonnier ravala la distance qui le séparait de la belle, ne s'immobilisant qu'à moins d'un mètre de son délicieux minois. Il la dévisagea sans plus d'émotions, simula une intense réflexion, pour finir par lacérer tous les espoirs de l'infortunée.

« Je ne te prendrai pas comme disciple. » Il eut un frêle rictus faraud. « Soyons réalistes, accorder un tel titre à une impudente incapable de se démêler dans ses propres logorrhées serait d'un ridicule. »

Le coup de guillotine asséné, le botaniste se détourna de la jeune lynchée. La cruauté de son méfait psychologique le rendit intérieurement hilare. La laisser se décomposer dans son désappointement n'était que vilénie gratuite, elle qui avait guerroyé de tout son soûl face à un plausible mentor aussi amène qu'un fauve famélique. S'était-elle donnée tant de peine vainement, sans expectance de percevoir la rentabilité de sa détermination ? Conclusion à laquelle elle aurait toute légitimité de parvenir tant qu'il ne lui ploierait pas l'opportunité de songer l'inverse. Feignant toute indifférence, Zoran referma sa besace latérale où sommeillait désormais les jeunes pousses de Galanthus, puis adressa un geste manuel au dragon vert. Celui-ci se redressa aussitôt, docile, il s'élança en déployant ses ailes. Flottant un succinct instant, sa masse s'écrasa sur le tapis nivale pour créer une pléiade de volutes non loin du couplet de guérisseurs. Son maître s'attela à le rejoindre d'une lente démarche, le regard jugeant les somptueuses cimes qu'ils s'apprêtaient bientôt à traverser. Au revers de celles-ci, l'illustre forteresse de Mhian Dhiaga, son doux logis que ses vieux os rêvaient de retrouver. L'appel de sa mère patrie lui embrasa les sens, ainsi parvenu jusqu'au flanc de son compagnon, il vint s'installer sur son échine, prompt à entamer les dernières heures de leur périple. Une fois convenablement installé, bien plus en hauteur qu'il ne l'était auparavant, il eut tout loisir de toiser la misérable créature qui se trouvait en contre-bas. Drapée dans sa pèlerine de bleu céleste, qu'elle lui semblait affligée. Piètre spectacle qu'elle lui offrait alors, mais il s'étonnait encore qu'elle n'ait pas d'ores et déjà tourné les talons pour rejoindre l'intérieur de la bourgade. Il s'amusait à l'illustrer le maudire pour les millénaires à venir, son patronyme et lui. Puis, en dépit de son délassement apparent, son phonème éclata à nouveau.

« Ceci étant... Admettons que la hardiesse soit notion de considération. Tu ne me sembles pas dénuée de ressources quand bien même n'en ai-je vu qu'une exigüité. » Il observa le paysage enneigé. « Disons que je suis disposé à vérifier s'il s'agit d'une imposture ou d'une érudition à en devenir. Dans la mesure où tu me dises où je puisse te rencontrer pour un aparté botanique. » Il la regarda avec un certain détachement. « La ponctualité sera de mise, je te conseille de réviser tes classiques et, subsidiairement, de te souvenir de la brève leçon dont tu as disposée aujourd'hui. »

Faisant référence au Galanthus antérieurement évoqué, il ne manquerait pas d'authentifier d'éventuelles lacunes de mémoire sur un sujet dont elle prétendait être férue. Bien qu'il n'eut pas été disposé à lui concéder le statut d'apprenti, il lui offrait tout de même une chance d'étinceler par ses actuelles connaissance et son appétence d'en apprendre plus à son chevet. Ne restait plus qu'à Amaëlys de lui fournir un lieu de rendez-vous où il lui serait aisé de la retrouver, car si la patience du dragonnier était légendaire, il estimait ne point avoir de temps à perdre inutilement.

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Il a jadis existé,
Dans mon pays de bohème originel,
Une fête des vents, où l'adulte redescendait
Les marches des âges, pour célébrer son enfance, éternelle.
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MessageSujet: Re: Une recherche qui prend fin [PV Zoran]   Mer 02 Mai 2012, 03:39

Ses paroles étaient totalement vaines. Bien que l'homme devant elle ne l'avait point coupé il n'en pensait pas moins sur l'inutilité de ses mots. Elle n'arrivait pas à le cerner. C'était un homme qui n'exprimait que désintérêt, amusement malsain et ego démesuré. Comment sa mère avait-elle pu le côtoyer si longtemps et enfanter avec lui ? Pourquoi avait-elle cet homme comme père ? Du charme il en avait indéniablement et cela elle ne pouvait feindre de l'ignorer. Mais à part ça... Une intelligence ? Une capacité à manipuler ? Etait-ce ça qu'on pouvait attendre d'un homme ? Pour sa part, elle n'y croyait guère. Elle était fatiguée de devoir se battre contre ce qu'elle était, contre la souffrance qu'il entraînait à la faire mijoter et bringbaler entre espoir et désespoir. Qu'elle le revoit ou non, elle s'en irait de cette contrée glacée pour chercher réconfort dans un lieu plus approprié. Cet environnement convenait à son père mais il ne lui convenait pas du tout à elle. Elle souhaitait un apaisement verdoyant, une plaine dont la brise ferait se mouvoir lentement ses herbes et des arbres colorés. Ici ne se trouvait que neige, froid et roches. Elle n'avait réellement pas l'habitude de ce décor et elle savait qu'elle ne pourrait jamais s'y aclimater. Elle regarda Zoran attendant. Elle n'avait fait que ça depuis d'interminables minutes. Attendre un geste positif de sa part. Le seul qu'il lui avait donné était l'explication concernant la plante qu'il avait dénichée sous la neige. Mais une fois le cours terminé, son caractère était revenu aussi vif et piquant qu'à son habitude. Son voyage l'avait grandie mais devant lui elle n'était plus qu'une enfant perdue. Comment pouvait-il en être autrement quand on retrouvait un être qu'on avait toujours imaginé depuis son enfance ? Un homme qu'elle avait désespérément cherché dépeint comme invivable, horrible et cruel. Et bien qu'elle s'accrochait à lui pour ne pas retourner à la case départ, elle était sûre que ce tableau de caractéristiques lui convenait fort bien. Et devoir le supporter allait être difficile. Pour un peu qu'elle ait une chance de le revoir.... Et plus le temps avançait moins elle espérait une chance - ou malchance - que ce désir lui soit accordé. Et maintenant sans un mot, il se détourna d'elle pour rejoindre son reptile, cet être immense qui était, selon les écrits, les réelles moitiés des Dragonniers. Un homme dont la totalité du coeur - pour peu qu'il existait et elle pouvait en douter pour Zoran- était déjà pris pouvait-il réellement aimer quelqu'un d'autre ? Elle s'en posait des questions et bien qu'elle avait envie de partir en courant, elle désirait ardemment en réalité connaître son père. Et puis son frère...Où était-il ? Etait-il quelque part à Rhewilf ? A Bairr Bán ? Ailleurs dans Lanriel ? Ca aussi il fallait qu'elle le découvre mais ce point ne pouvait être dissocié du premier. Tant qu'elle n'avouait pas qui elle était, elle devait aller étape par étape sans en brûler aucune, sous peine d'être découverte.

Ses mains enserrèrent son manteau quand elle entendit la question qu'il avait posé à son dragon. Ainsi se moquer d'elle devait se faire sous tes les formes. Directement, indirectement, subtilement, peu importe... Il devait juste la ridiculiser et s'amuser avec elle. Faisait-il ça avec tout le monde ? Pouvait-il seulement respecter un être quelque part dans Lanriel ? Elle en doutait... De toute façon, elle commençait à clairement comprendre qu'elle n'arriverait jamais à s'approcher davantage de cet homme. Il allait tout simplement partir anéantissant le maigre espoir qu'elle avait toujours eu de pouvoir passer du temps avec lui. De toute façon, elle n'avait jamais eu de père... Le perdre une nouvelle fois pourrait-il vraiment la blesser ? Tandis qu'elle regardait avec dégoût Zoran parler à son dragon, elle détourna le regard. La réponse à la question était en réalité oui. Le perdre une nouvelle fois casserait un espoir qu'elle avait toujours consenti à maintenir en cachette. Car à travers lui elle perdrait de nouveau son frère. Mais il était tellement ... exécrable ! Elle le regarda de nouveau en se demandant ce qu'il pouvait bien encore "dire" avec son dragon car même si elle ne comprenait pas leur langage et leur rapprochement, elle savait qu'elle était sûrement encore le sujet de quelques propos dérangeants. Il finit cependant par revenir vers elle, mais bien trop près comme à son habitude. Il lui demandait de respecter son espace vital mais lui n'en faisait strictement rien. Il piétinait l'intimité des gens sans vergogne. Elle plongea de nouveau ses iris azurées dans le regard sombre et froid de son interlocuteur. Elle attendit alors qu'il semblait réfléchir... mais en quelques mots son père se montra de nouveau abject, hautain et cassant. Elle tentait de tenir son regard comme elle le pouvait mais elle le savait pertinemment qu'elle n'était qu'une brindille sur sa route qu'il s'amuserait à écraser constamment. Elle avait tenu pour une discussion de queques minutes, serait-elle vraiment assez forte pour le côtoyer plus longtemps ? Et pouvait-il seulement se montrer gentil ? Elle n'y avait plus rien à faire. Elle avait anéanti au final elle-même ses espoirs. Il ne lui avait laissé aucune chance mais pouvait-il seulement prétendre avoir agi comme il le fallait ? Qu'allait-elle dire à sa mère en rentrant... Qu'allait-elle faire maintenant ? Elle qui avait réalisé ce voyage pour combler le vide en elle, cet instant venait de le creuser davantage. Heureusement que Zoran se détourna car déjà ses yeux brillaient de larmes qui ne couleraient cependant pas. "Sois forte" se répéta-t-elle plusieurs fois. Craquer maintenant serait la pire des choses à faire. Il fallait qu'elle tienne au moins jusqu'à ce qu'il parte car elle en était sûre, c'était ce qu'il allait faire. Et les mouvements de sa monture confirmèrent ses pensées. Le dragon quitta son siège pour se poser dans un bruit sourd sur le sol enneigé, adressant une brise sévère mais non violente, cependant assez forte pour faire disparaître la capuche de sa tête et faire voler les mèches attachées.

Zoran accéda au dragon et elle s'attendit simplement à le voir s'envoler sans aucune autre forme d'attention. Mais Il n'en fit rien dans l'immédiat. Alors son regard se tourna vers lui. Qu'attendait-il ? Oh oui...sûrement une phrase cinglante à lui lancer au visage encore une fois. Elle s'apprêta à encaisser de nouveaux propos piquants mais contre toute attente, c'est la surprise que les paroles apportèrent. Elle s'était attendu à beaucoup de choses - négatives- mais sûrement pas à un retournement de situation tel que celui-ci. Lui donnait-il réellement une chance ? Tout son désespoir s'envola quand elle comprit clairement que c'était bien le cas. Il ne comptait pas disparaître. Du moins pas définitivement. Il lui offrait l'opportunité de se revoir à l'endroit de son choix.Son regard reprit doucement sa détermination alors que quelques secondes auparavant il était simplement près à craquer de fatigue lasse.

"Les ruines. Je vous propose de se retrouver à Sliabh Órga aux ruines de Londunë. Je vous apporterai également le "Datura Stramonium"."


Cette plante, en plus d'être rare, n'était pas d'accessibilité facile. Elle se trouvait près des ruines et bien qu'elle aurait préféré qu'il aille la chercher lui même au vu de la difficulté qui l'attendait à obtenir cette plante, elle voulait finalement l'obtenir par ses soins et lui offrir comme preuve de ses capacités. Après tout, il ne lui offrait qu'une mince chance de se faire reconnaître. Si elle ne la saisissait pas la prochaine fois qu'ils se voyaient, elle pouvait définitivement clore le chapitre paternel. Mais des capacités elle en avait, et elle savait qu'elle pouvait lui montrer de quoi elle était capable. Et c'est ce qu'elle ferait. Si elle arrivait à obtenir la stramoine et en plus à lui apporter, elle marquerait déjà des points. Tant pis si c'était un accès difficile et si elle devait mettre des jours à l'obtenir et se mettre en danger. Mais elle se débrouillerait pour l'avoir et pour la ramener intacte. Ses pensées recommençaient à tourner car elle avait désormais une nouvelle quête qui s'annonçait périlleuse mais qui rapporterait beaucoup.Si elle savait, elle passerait également par la bibliothèque de Javeed pour s'offrir l'opportunité de connaissances théoriques vastes mais plus qu'intéressantes. Ses classiques elle les connaissait. Mais peut-être trouverait-elle des perles littéraires dans son domaine. Enfin cela dépendrait du temps qu'elle avait avant cette nouvelle rencontre. Car bien qu'il lui avait demandé l'endroit, il n'avait pas donné le délai temporel auquel elle avait droit.

"Je serai ponctuelle. Dites moi simplement quand."

En plus d'être déterminée, elle sentait une motivation évanouie se raviver. Elle ne savait pas si elle devait écrire à sa mère pour lui parler de tout ça. Elle lui écrivait régulièrement pour lui apporter des nouvelles et surtout la rassurer que tout allait bien. Mais ici ? Elle n'avait aucune information claire. Juste que désormais elle avait un être entier placé sur un patronyme et que celui-ci acceptait de la revoir. Mais elle n'avait rien de plus à apporter aux écrits maternels. Et puis peut-être que cela inquiéterait sa mère de savoir qu'elle avait rencontré l'homme qu'elle haïssait désormais. Elle ne savait pas ... Mais une chose à la fois. Elle devait d'abord clôturer l'entretien direct qu'elle avait avec son père. Parler de tout ceci à quelqu'un, elle en aurait besoin. Peut-être pourrait-elle retrouver Solan ou Kanvaël... ou encore parlerait-elle à Javeed de tout ça si elle le voyait ? Ses pensées étaient en ébullition et elle n'avait qu'une hâte, partir de Rhewilf et revoir son père. Et son frère. Car la prochaine tenterait-elle d'obtenir des informations sur lui. Regardant l'homme dressé sur sa monture effrayante qui la toisait sans détour, elle attendit qu'il lui fournisse la dernière information susceptible de l'intéresser dans l'immédiat. Et c'est ce qu'il fit après quelques instants avant de disparaître de sa vue dans un bruissement violent d'ailes. Alors qu'elle se serait écroulée là, elle le regarda disparaître avant de rebrousser chemin et de retourner à Insra où un lit et une chambre l'attendaient. Et sincèrement, elle en avait besoin.



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