Echo des Plaines : Chapitre VII ▬ Le Retour d'Inasmir


 
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 Quand l'estomac crie famine (PV Solan)

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Amaëlys Cathëilina

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MessageSujet: Quand l'estomac crie famine (PV Solan)   Sam 07 Avr 2012, 00:40

Que de plaisir apportait ce voyage. Elle n'avait pas encore parcouru beaucoup de terres depuis qu'elle avait quitter sa région natale. Malgré le besoin de retrouver ses racines paternelles, elle ne pouvait se dépêcher devant les merveilles qui s'étaient aventurées sur sa route. Comment pouvait-elle empêcher les desseins d'Eydis de rencontrer sa route et de lui apporter connaissance et relations. C'est ce qu'elle avait toujours voulu. Toute petite, elle s'en souvenait, elle rêvait des voyages à travers Lanriel et des aventures ou mésaventures que l'on pouvait trouver sur sa route. Vivant à Perllan, quartier de passage, elle avait eu l'opportunité de rencontrer de nombreuses personnes. Sa mère avait beaucoup de relations dont l'origine lui était très floue mais au fond avait peu d'importance. C'était à partir de ces moments de narration intense qu'elle avait ressenti l'envie de découvrir les merveilles du monde par elle-même. Cependant, très ancrée à ses origines, elle était restée à Perllan jusqu'à ses 18 ans dépassés de plus de la moitié d'an. Mais les tournants que prirent sa vie en avait décidé autrement. Partie maintenant depuis plus d'un an, elle prenait le temps de s'arrêter là où l'entraînait Eydis. Bien sûr, elle gardait en tête la ligne directive vers Bairr bán. Mais ce voyage était celui de sa vie, elle ne savait pas ce qui l'attendait encore, alors elle devait profiter des moindres petites choses qu'elle pouvait atteindre durant celui-ci. Et elle ne manquait pas de le faire. Jusqu'à présent, elle ne regrettait rien. Certes ce n'était pas toujours facile. Elle était partie à pied, contenant le minimum pour se débrouiller. Mais elle se devait de faire des haltes ou trouver des moyens de récolter l'argent nécessaire pour les fournitures alimentaires ou se permettre confort primaire. Risquer inutilement sa vie n'était pas un de ses objectifs. Donc l'hospitalité se devait d'être parfois demandée et accordée. Mais elle ne restait jamais en reste pour rembourser comme elle le devait cet accueil fourni. Ainsi il lui arrivait de rendre des services ou de travailler pour combler les déficits financiers. Car tout le monde sait que l'argent ne pousse malheureusement pas dans les arbres. Et bien qu'elle soit druidesse, elle n'a pas le pouvoir de créer de l'argent, par Eydis ! Ainsi, elle se mêle aux quotidiens parfois des personnes qu'elle croise sur sa route et cela avec le plus grand des plaisirs et l'insatiable envie d'en découvrir toujours plus.

C'est ainsi qu'en cette journée somptueuse, d'un rayon de soleil moyennement chaleureux mais d'une luminosité exemplaire qu'elle quitta l'Auberge de la Colombe où elle s'était arrêtée pour la nuit. Elle aimait voire préférait dormir dehors, parmi la nature, néanmoins se mêler aussi à la population, voyageurs ou non, avait des avantages voire des plaisirs qu'elle ne pouvait trouver seule. Les conversations, les situations, la joie ou même les évènements incongrus et tirés par les cheveux que l'on ne pouvait trouver que dans des lieux fréquentés et peuplés de diverses personnalités. Même si elle restait seule à une table, soyons sincère ça n'arrivait jamais vraiment même si la compagnie qui lui était imposée n'était pas toujours la meilleure qui soit, elle appréciait observer l'agitation quotidienne d'une auberge fleurissante. Mais cela appartenait au jour précédent, et en cet instant, elle voulait se rendre aux Temples et Sanctuaires qui étaient réputés dans cette région. En tant que druidesse, tout ce qui se rapportait aux croyances et traditions religieuses ne pouvaient que lui plaire et attirer son attention. Les lieux de recueillement lui étaient nécessaire. Elle prenait toujours le temps d'y passer quand elle en entendait parler. Elle aimait se renseigner sur la région que ses pieds foulaient et en apprendre le plus possible. Ce voyage était un pèlerinage, une découverte du monde et une recherche familiale. Il n'y avait pas qu'un seul but mais un mélange de tout ceci. Sa surprise fut grande quand elle arriva à l'endroit décrit et qu'elle découvrit par elle-même la somptueuse architecture offerte à ses yeux. C'était magnifique et elle resta longuement à observer les lieux sans prendre la peine de s'en rapprocher tout de suite. Elle profita de ce premier Temple qu'elle aperçut. Elle le visita longuement et c'est avec regret qu'elle se força à le quitter. Les lieux religieux avaient tendance à lui apporter un apaisement mais surtout une sérénité d'esprit qu'elle ne pouvait négliger. Mais elle en avait encore d'autres à visiter. C'est ainsi qu'elle passa toute sa matinée. Elle avait commencé les visites tôt. Bien qu'elle profitait toujours des merveilles nocturnes, elle n'allait pas dormir aux aurores pour la cause. Le réveil se faisait donc à une heure raisonnable. Il fallait dire que l'excitation et le besoin de voyager lui apportaient des nuits d'une durée respectable mais qui ne tiraient nullement en longueur. Mais maintenant qu'elle avait bien visité, elle prit la peine de s'arrêter un peu plus loin du dernier lieu infiltré pour manger un peu les bienfaits qu'elle avait acheté le matin même.

Elle s'était assise à même un carré d'herbe, adossée à un arbre, dans un endroit un peu éloigné de l'agitation de la population. Le dernier temple visité était encore visible mais la silhouette qui le dessinait était bien plus petite que sa taille réelle. Avant de se sustenter, elle prit la peine de prendre quelques notes dans son cahier qui ne la quittait plus depuis son départ. Il était une sorte de recueil de ses aventures. Il allait bientôt arriver à terme et elle devrait incessamment sous peu se fournir un second. Une fois son esprit vidé sur papier, elle reposa celui-ci et inspira doucement avant d'entamer un chant mélodieux et envoûtant de sa composition, pour prier et remercié la déesse de cette matinée passée et des découvertes qu'elle avait encore effectuées. Quelques minutes s'écoulèrent pendant lesquelles sa voix retentissait d'un ton clair et d'un timbre harmonieux. Ses iris bleutées étaient plongées dans la pénombre le temps de ce chant et elle rouvrit lentement les yeux une fois terminés. Elle pensa un instant à sa mère qui devait toujours se trouver à Perllan et elle sourit doucement ressentant ce besoin indélébile de la voir mais qui n'était pas assez fort pour contrer celui du voyage. Le temps du repas était maintenant venu et elle prit les quelques condiments nécessaire à un repas agréable de fortune.

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Solan Runnarth

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MessageSujet: Re: Quand l'estomac crie famine (PV Solan)   Lun 09 Avr 2012, 13:32

Trois bruits sourds et successifs. On cogne à la porte ? Solan ouvrit les yeux malgré lui, grommelant un peu contre le patron de l'Auberge du Chant de la Colombe qui venait le réveiller tandis que les premières lueurs du jour commençaient à poindre. N'était-ce pas lui pourtant qui lui avait demandé qu'on vienne le sortir du lit, afin qu'il soit certain de pouvoir partir à l'aube ? C'était le cas, oui, et alors ? Cela ne l'empêchait pas d'être de mauvaise humeur. Il fallait avouer que la nuit qu'il venait de passer n'était pas de celles qui reposaient avant un voyage, loin de là: le clerc qui tenait cet établissement savait vraiment comment faire de son auberge un véritable petit havre où il faisait bon vivre, un peu trop en fait. D'ailleurs, Solan aurait déjà dû reprendre la route de Cathairfal l'avant-veille, mais les circonstances l'avaient poussée à rester plus longtemps à Tearmainn. Bien sûr, il avait vu partir le charretier qui l'avait mené jusqu'ici et avec qui il devait continuer le voyage, l'homme préférant ne pas perdre de temps pour livrer la cargaison de marchandises qu'il devait transporter à l'origine. Autant dire que le reste de son périple s'annonçait compliqué. Et il le fut d'ailleurs, et très tôt même: il eut à peine descendu les escaliers qui menaient à la salle principale de l'Auberge que déjà le patron lui faisait signe de s'approcher de lui. C'était l'heure de payer la note. Solan écarquilla les yeux quand il vit le montant exigé, tellement élevé qu'il crut d'abord à une blague. Est-ce que l'alcool bu la veille lui avait fait promettre qu'il payerait les dépenses de la moitié des clients de la taverne ? Il le crut sincèrement. Faisant mine de chercher dans sa besace alors même qu'il savait qu'il n'y trouverait pas de quoi régler sa dette, Solan jeta un œil discret vers la porte. Était-ce raisonnable ? Non. C'était trop tard pourtant, car déjà ses jambes avaient pris l'initiative. Bientôt, il se retrouvait loin de l'Auberge. Est-ce qu'on l'avait suivi ? Il en doutait, mais, par précaution, il choisit de s'engouffrer dans le premier temple venu.

À vrai dire, il n'avait jamais vraiment pensé mettre les pieds ici: il n'aimait pas beaucoup les lieux de cultes, et encore moins ceux qui y officiaient. Pourquoi étaient-ils les seuls ou presque autorisés à résider à Tearmainn ? Il s'était déjà fait la remarque en arrivant dans la région, alors qu'il admirait les bienfaits de la nature qui abondaient ici. Ils étaient oisifs et voleurs, au même titre que lui l'était, mais eux y étaient autorisés et même encouragés. Enfin, qu'importe, ce temple lui offrait un abri satisfaisant et c'était ça l'important. En silence, il déambula dans les allées du monastère, avant de se rendre dans la salle principale où quelques fidèles semblaient se recueillir devant une grande statue d'Eydis, toujours sans un mot. La pièce était sombre, éclairée par les lueurs de quelques bougies seulement, aussi il ne vit pas grand-chose, si ce n'est l'ombre d'une jeune femme près de lui, et d'autres croyants aussi. Comme mis à genoux par le poids du lieu et la paix qui y régnait, Solan ferma les yeux un instant et susurra les mots avec lesquels il convenait de s'adresser à une Déesse. Puis, le temps passa et il suivit les autres ouailles qui s'en allaient maintenant. Combien de temps avait-il perdu ici ? La position du soleil lui indiquait qu'il s'était écoulé au moins deux heures depuis qu'il était entré dans le temple. Alors certain que plus personne ne le rechercherait maintenant, Solan reprit la route. À pied. Heureusement pour lui, c'était une belle journée, aussi n'était-il donc pas trop désagréable de marcher. La route jusqu'à Cathairfal était encore extrêmement longue, les routes étaient peu fréquentées et la prochaine auberge était encore loin. Blasé, Solan songeait à la manière dont il allait bien pouvoir se débrouiller pour survivre jusque-là. À l'origine, il comptait prendre des vivres au Chant de la Colombe, mais il était évident que les circonstances ne lui en avaient pas laissé l'occasion.

Absorbé par toutes ces préoccupations, le paria continua de marcher le long de la grande route pavée qui serpentait entre les différents temples de la région pendant une bonne heure au moins. Une heure durant laquelle il ne rencontra personne, évidemment. Ce n'est que quand il entendit une voix féminine qui s'élevait dans les airs qu'il revint véritablement à la réalité. Il ne comprit pas d'abord, se demandant bien quel pouvait être ce chant qu'il entendait. Puis, alors qu'il cherchait à identifier la direction depuis laquelle la mélodie venait, Solan fut attiré en dehors de la route. Il fit plusieurs mètres ainsi, simplement guidé par son ouïe et sa curiosité. Il arriva finalement dans une petite prairie, clairsemée d'arbres et de buissons. C'est plus ou moins dissimulé derrière l'un de ceux-là qu'il observait cette jeune femme qui donnait naissance à de si jolis sons. Pourquoi se cachait-il ? Il ne se posa pas la question ... c'était naturel sans doute, pour un voleur. Il se contenta d'observer et d'écouter. De là où il était, il ne voyait qu'une silhouette féminine aux longs cheveux blonds adossée à un arbre. Bêtement peut-être, Solan n'osa pas aller à sa rencontre tout de suite, à la fois par peur de l'interrompre, mais aussi car il ne pouvait s'empêcher de voir en elle une victime potentielle. Il hésitait cependant, se contentant pour le moment de profiter de cette voix harmonieuse qui louait Eydis pour sa bonté, et tout un tas d'autres qualités qu'on lui attribuait peut-être à tord. À un moment pourtant, au bout de plusieurs minutes sans doute - Solan n'aurait pu l'affirmer -, la jeune femme s'arrêta pourtant, pour le plus grand malheur du paria qui eut l'impression qu'on le tirait du lit une seconde fois. Silencieux toujours, Solan épiait toujours. Apparemment, la chanteuse était maintenant sur le point de passer à table. C'est à cette vue que le ventre du jeune homme se manifesta finalement, grondant un peu comme pour faire en sorte que Solan n'oublie pas la faim qui commençait à poindre. Décidé, il se releva, avançant maintenant vers celle qui avait suscité son intérêt.

Le pas léger, elle semblait ne pas avoir remarqué sa présence encore. Il hésitait sur la manière de l'approcher. Sa main vint se placer sur le pommeau de son épée. Devait-il tenter de s'emparer de ses affaires par la force ? C'eut été le meilleur moyen, le plus rapide en tout cas, pourtant il ne put s'y résoudre et il abandonna cette idée au même moment que sa main quittait la garde de sa lame. Il s'approcha alors, et dit:

« - Vous avez une très jolie voix. » dit-il sincère. Il reprit alors qu'elle se retournait vers lui. Il semblait hésiter maintenant, comme si quelque chose l'empêchait d'aligner correctement les mots: « - Je ... je suis désolé de vous déranger, mais euh ... je voyage sans provision et je me demandais si ... enfin ... »

Il ne put terminer sa phrase qui avait pourtant débuté avec tout l'aplomb qu'il pouvait déployer d'habitude. Les yeux rivés sur elle, il semblait loin d'ici pourtant, comme emporté dans le vague. Était-ce possible que ... ? Quelles étaient les possibilités ? Il fallait se rendre à l'évidence, pourtant. C'était elle, il n'y avait pas de doute. Visiblement perturbé, il se rappelait cette nuit. Confus, il bredouilla quelques mots à nouveau:

« - Oubliez ça. » dit-il précipitamment.

Il se retourna alors et fit quelques pas dans la direction inverse. Il doutait que rester soit une bonne idée.
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Amaëlys Cathëilina

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MessageSujet: Re: Quand l'estomac crie famine (PV Solan)   Lun 09 Avr 2012, 21:07

Amaëlys était plongée dans ses pensées, appuyée sur le large tronc qui faisait office de dossier. Elle avait pris une première bouchée d'un morceau de pain et de quelques réserves fraîchement achetées posées dessus. C'était un repas de fortune mais elle n'avait pas encore l'opportunité de se permettre des mets de roi à tous les repas. Et puis cela lui convenait parfaitement. Elle aimait les aliments simples et cela rendait les menus qu'elle pouvait se permettre encore plus appétissant que si elle en disposait chaque jour. Surtout que ça lui permettait aussi de découvrir des saveurs locales et des aliments qui ne faisaient pas forcément partie de ses habitudes. Il fallait dire qu'elle n'en avait plus tellement de celles-ci. Chaque région où elle arrivait avec ses coutumes que ce soit de vie ou culinaires et elle avait pris le pli de suivre celles-ci pour justement découvrir de nouvelles choses. Elle n'avait pas toujours eu que de bonnes surprises, parfois il fallait reconnaître qu'elle tombait sur des condiments dont la nature lui était inconnue et surtout douteuse... Et bien qu'elle s'appliquait à goûter, ça ne lui permettait pas toujours d'aller plus loin. On l'avait déjà aussi piégée. Gentiment certainement, mais quand même. Pour une hilarité familiale, à certains endroits où on l'avait accueilli. Elle n'était nullement rancunière et encore moins portée sur la mauvaise humeur. Aussi rejoignait-elle ce rire collectif une fois que la mauvaise blague était digérée. Et puis c'était des anecdotes qu'elle ne pouvait qu'ajouter dans son palmarès de voyage. Elle n'avait pas envie de s'en passer. C'était bien trop amusant pour souhaiter y échapper. C'était à tout ceci qu'elle pensa alors qu'elle mangeait tranquillement. Ses aventures. Tout ce qu'elle avait vécu depuis maintenant plus d'un an. Elle avait l'impression d'avoir quitté sa mère la veille mais d'un côté que ça faisait une éternité aussi. Elle avait vu tellement de choses, pas que des bonnes d'ailleurs. Elle avait plusieurs fois rencontrés des créatures. Une fois, elle l'avait blessée avec sa dague puis lui avait échappé en demandant hospitalité. Une fois fois, celle-ci ne l'avait pas vue et elle avait pu discrètement aller se cacher. Elle se disait que pour plus d'un an de voyage, rencontrer uniquement deux fois ces horribles créatures étaient bien maigres et surtout faisait d'elle quelqu'un de particulièrement chanceuse. Elle avait déjà dormi tant de fois à la bonne étoile...Mais tant mieux. Qu'Eydis surtout la garde et la protège de telles malveillances. Elle tenait à rester en vie et si possible dans un état qui était proche de l'actuel. Mais jusqu'à présent elle n'avait pas trop à se plaindre à ce niveau là. Et puis elle avait une finalité et elle comptait bien l'atteindre ! Elle passa une main doucement sur son ventre se rappelant une perte qui datait maintenant de presque trois ans. Un heureux évènement qui avait suivi la fête de Beltane mais qui s'était malheureusement mal terminé.Elle préféra penser à autre chose. Mais elle se souvenait très bien du mauvais pressentiment concernant son frère et de sa maladie... Son frère. Où était-il maintenant... allait-il bien ? Son regard se perdit dans le vague, une main posée sur son ventre tandis que ses pensées se tournaient vers l'incertain, le questionnement. Elle espérait arriver à obtenir un jour réponse à toutes ses questions.

Une voix la fit revenir à elle. Une voix masculine. Elle tourna son regard et le posa sur un homme qui lui semblait bien grand au vu de son assise au sol. Il venait de la complimenter et c'est avec un doux sourire qu'elle le remercia implicitement alors qu'il ajoutait d'autres paroles. Elle comprit ce qu'il souhaitait et elle allait l'inviter à prendre place mais il semblait que quelque chose avait entraîné un comportement qu'elle ne comprit pas très bien. Avait-elle quelque chose sur le visage ? Il avait l'air plutôt assuré quand il l'avait accostée et maintenant il semblait totalement décontenancé. C'était plutôt étrange. Elle attendit un peu la suite mais il semblait totalement comme hypnotisé face à elle... Il semblait de plus en plus loin dans ses pensées et elle hésita grandement à l'interpeller. Peut-être qu'elle lui rappelait quelqu'un pour qu'il ait été autant perdu une fois que leurs regards s'étaient croisés. Il semblait en tout cas loin. Mais ça commençait à devenir un brin gênant. Enfin elle se sentait un peu elle aussi perdue face à un tel comportement.


"Exc..."

Mais il la coupa net en lui disant d'oublier et surtout qu'elle ne fut pas sa surprise quand il décida de faire demi tour. Elle ne le retint pas tout de suite car elle avait été elle aussi prise au dépourvu. Un homme comme ça qui débarquait près d'elle semblant demander un partage de ses aliments puis qui d'un coup fut absorbé et souhaitant disparaître par la suite.... C'était quand même totalement inhabituel. Elle prit en plus quelques secondes pour tenter de se rappeler si elle l'avait déjà vu. Car si cela se faisait, c'était elle qui était en tort parce qu'elle ne se souvenait pas de lui. Elle prit quelques secondes rapidement pour réfléchir mais cela ne lui revenait pas du tout. Elle tourna le regard alors pour le rappeler mais il était déjà loin. Elle se leva alors et parcouru rapidement les quelques mètres avant d'attraper sa main. Elle ne comptait pas le laisser filer comme ça ! Elle tenait aux rencontres fortuites que son voyage pourrait lui apporter et cet homme, qui ne semblait pas dangereux de prime abord -enfin vu son comportement elle pouvait se poser des questions mais il était peut-être simplement timide qui sait-, bien qu'elle avait vu son épée, faisait partie des rencontres qu'elle voulait faire.

"Attendez !"Elle lui sourit et le regarda. "Ecoutez je ne sais pas trop pourquoi vous souhaitez me fuir comme ça mais personnellement je préférerais que vous partagiez ce modeste repas avec moi. J'ai assez pour deux. En plus il me semble que si vous êtes voyageur et que vous n'avez pas de provisions vous devez être affamé. Alors venez !"

Elle tint sa main et l'entraîna avec lui. Elle fut alors un peu surprise car le contact avec sa main ne lui parut pas totalement inconnu. Elle essaya de ne pas trop y penser parce que c'était fortement impossible que ce contact soit un renouvellement. Elle tourna un peu la tête pour regarder leurs mains serrées l'une à l'autre mais elle ne s'attarda pas et sourit simplement à l'homme qu'elle entraînait avant de regarder devant elle. Mais cette impression était étrange.Cela suscitait en elle comme un souvenir plutôt lointain et cette sensation sur sa peau lui était de plus en plus familière. C'était bizarre parce qu'elle était sûre et certaine de ne l'avoir jamais vu avant. Son visage ne lui disait strictement rien. Et bien qu'elle pouvait se tromper, elle était quand même un minimum physionomiste. Enfin elle préféra ignoré cela pour l'instant. Cet homme lui semblait déjà assez perturbé donc autant ne pas en rajouter en lui disant qu'elle se demandait s'ils ne se connaissaient pas. Arrivée au petit carré de tranquillité qu'elle avait précédemment occupé, elle le lâcha et l'invita à s'asseoir reprenant sa place. Elle ouvrit son sac et sortit d'autres petites variétés de mets simplistes mais assez plaisants qui ne pouvaient qu'attirer une personne affamée.

"Regardez, j'ai diverses choses qui devraient vous plaire. Vous pouvez vous servir ! Ce serait avec plaisir que je partagerais avec vous." Elle lui sourit avant d'ajouter "Oh ! Veuillez m'excuser de ce manque de politesse. Je m'appelle Amaëlys. Et vous ? "

Elle était plutôt du genre direct. Pas qu'elle manquait de politesse mais son voyage l'avait plutôt poussée à accentuer sa sociabilité. Le fait de ne tenir qu'à une seule personne qui avait disparu de sa vie en un instant avait entraîné un besoin de côtoyer plus de monde avec des atouts différents et des caractéristiques variées et non de s'attacher à une seule personne et d'avoir des sentiments tellement forts pour elle que la perdre, d'une quelconque façon que ce soit, lui briserait de nouveau littéralement le coeur. Elle avait eu assez de pertes dans sa vie, désormais elle voulait juste profiter des rencontres qu'elle ferait dans sa vie sans chercher plus loin. Chaque rencontre était une découverte et la grandissait un petit peu d'une manière ou d'une autre. C'était donc pour ça qu'elle avait invité cet homme - enfin presque obligé elle devait reconnaître dans ce cas ci- à la rejoindre pour ce repas frugal. Elle l'observa un moment. C'était quand même surprenant cette impression de déjà vu au contact de sa main. Pourtant, elle n'était jamais venue de ce côté-ci des terres. En même temps il était en voyageur également. Et puis elle pouvait peut-être se tromper ! Elle savait qu'elle était davantage sensible aux sensations mais elle pouvait faire des erreurs quand même. L'un empêchait pas l'autre.

"Alors dites moi... Vous venez d'où ? Comme vous êtes voyageur c'est que vous ne venez pas d'ici. Enfin j'imagine. Et qu'est ce qui vous amène ? " elle rit doucement "Excusez moi j'ai tendance à poser pas mal de questions. Je suis plutôt curieuse et avide d'aventures. Alors comme vous êtes voyageur..." Elle lui sourit.

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Solan Runnarth

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MessageSujet: Re: Quand l'estomac crie famine (PV Solan)   Mar 10 Avr 2012, 23:38

Il faisait demi-tour. Pourquoi ? Il n'en savait rien. Enfin si, un peu quand même. Il ne se rappelait pas bien de cette nuit là, pas dans sa totalité en tout cas. Suffisamment pour se souvenir d'elle cela dit. Il la revoyait. Est-ce qu'elle l'avait reconnu ? Il en doutait, mais sa seule mémoire suffisait à rendre la situation ... gênante. Après tout, leur première rencontre n'avait pas été la plus banale qui soit. Quelque part, il désirait que cette nuit reste ce qu'elle était, rien de plus, et il crut d'ailleurs pouvoir faire en sorte qu'il en soit ainsi, jusqu'à ce que la jeune femme ne le rattrape finalement. Cette fois, c'est elle qui l'attira par la main et il eut comme une impression de déjà vu. Il voulut se défaire de cette emprise légère qui l'incitait à la suivre, mais il ne put s'y résoudre. Comment aurait-il pu faire autrement alors qu'elle lui faisait un si joli sourire, semblait si gentille et, surtout, lui proposait sa nourriture ? Solan ne dit rien, encore un peu déstabilisé par cette étonnante rencontre. Que pouvait bien avoir en tête Eydis en faisant se recroiser leurs routes ? Il se le demandait sincèrement, bien que, à mesure que le premier choc se dissipait, la perspective de pouvoir calmer sa faim devenait prioritaire, éclipsant presque entièrement le ridicule de la situation qui, à force de reconsidérer la chose, n'était pas si dramatique que ça. Ainsi, Solan suivit la jeune femme sans broncher jusqu'à l'arbre où elle était adossée l'instant d'avant. Il s'assit quand elle l'y invita, puis il l'écouta attentivement quand elle lui proposait de se servir à sa guise dans ses provisions, juste avant qu'elle ne se présente à lui. Amaëlys. Est-ce qu'il aurait préféré ne jamais savoir ce nom ? Il ne savait pas vraiment et comptait maintenant sur l'avenir pour ça. Son sourire, en tout cas, acheva ses dernières réticences à faire connaissance avec elle :

« - Ne vous excusez pas. Je veux dire, c'est moi qui suis le plus impoli de nous deux : je me permets de vous déranger, et en plus j'ai l'air d'un fou. » Il lui sourit à son tour. « - Enfin, je vous remercie pour votre gentillesse. Je n'abuserai pas de votre générosité, promis. » Il se tut, avant de se rendre compte de son oubli : « - Moi c'est Solan. »

Hésitant d'abord, il n'osa pas vraiment s'aventurer trop loin dans les provisions de la druidesse, se contentant simplement de s'emparer d'un bout de pain d'abord, afin de calmer son ventre qui gronda encore. Il y eut alors comme un moment de flottement : malgré qu'il se soit résigné à ne pas fuir ces retrouvailles surprenantes, Solan craignait tout de même de faire la conversation, et il semblait clairement mal à l'aise. Il ne dit rien alors et son esprit ne put s'empêcher de dériver peu à peu vers cette nuit là. Avait-il été plus bavard qu'aujourd'hui ? Non. Il n'était même pas certain d'avoir échangé le moindre mot avec elle. Il la revoyait à travers la foule, les images sont floues, l'alcool n'aide pas. Pourquoi elle ? Pour rien. Elle est belle, c'est tout, et son rire qui traverse la cohue lui plaît. Il s'approche d'elle et sans un mot lui fait comprendre le suivre. Si elle refuse ? Elle ne refuse pas. Il faut s'éloigner loin car d'autres les ont devancés. Bientôt, ils sont seuls. Soudain, il entend sa voix à nouveau. Ca ne fait pas partie de ce dont il se souvient. Solan revint alors à la réalité : cette voix qu'il entend, c'est celle d'Amaëlys qui rompt le silence. Quelques mots pour lui demander d'où il vient.

« - J'étais à Tuamarbh il y a quelques jours encore ... Une région étrange, sans grand intérêt à vrai dire. Je voulais voir ces tombeaux qui la rendent célèbre, mais il est risqué de s'y aventurer seul alors ... » Solan n'avait pas tiré grand-chose de ce voyage. « - Tearmainn est simplement sur ma route pour retourner à Cathairfal. » Il croqua un bout de pain, avant de reprendre une fois la bouche vide : « - Et ne vous inquiétez pas, vos questions ne me gênent pas. D'ailleurs, qu'en est-il de vous ? Vous chantiez les louanges d'Eydis. C'est ce qui vous amène ? »

Il en avait une vague idée, en fait. Lorsqu'ils s'étaient rencontrés il y a plusieurs mois, c'était lors des Feux de Beltane, la célébration de l'union sacrée entre le jour et Eydis. Lui n'avait pas fait le voyage jusqu'à Tearmainn comme avaient pu le faire beaucoup d'autres, préférant rester à Cathairfal. D'abord il avait jugé que c'était une occasion idéale pour se faire une petite fortune. Ses pas l'avaient guidé jusqu'à Perllan, où des druides assuraient le bon déroulement des festivités. Solan avait deviné que Amaëlys était une des leurs, ils étaient reconnaissables. Ainsi il n'était pas invraisemblable que ce qui amenait la jeune femme ici fût tout ces temples voués au culte de la Déesse Mère. À ce moment, Solan se demanda bien pourquoi il tenait tant à ce qu'elle ne se souvienne pas de lui ? Après tout, ce qu'ils avaient fait n'avait rien de déplacé, c'était une volonté d'Eydis, paraît-il, et beaucoup d'autres s'y étaient laissés aller. Néanmoins, Solan ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir un peu : il l'avait emporté sans vraiment de tendresse et, bien que la situation ne s'y prêtait pas vraiment, il se demandait quel souvenir la jeune femme pouvait bien en avoir garder.

« - En tout cas, je vous remercie encore pour votre bonté. Il n'y a pas d'autres auberges avant des lieues, et celle qu'il y a plus haut sur la route est tenue par un voleur. »

Évidemment, il ne craignait pas l'ironie de ses propos alors qu'il était celui qui s'était enfui pour éviter d'avoir à abandonner l'intégralité de sa bourse à ce brigand en soutane. Plongeant à nouveau ses yeux dans le vague, son esprit glissèrent vers d'autres temps et d'autres lieux encore. De quoi s'inquiétait-il, de toute façon ? Cette nuit-là, il n'avait pas dit un mot et son visage était dissimulé par un masque qu'un inconnu lui avait offert plus tôt dans la soirée, alors il n'y avait aucun moyen qu'elle le reconnaisse, pas vrai ? Son regard s'égara maintenant sur la druidesse et il lui sourit, inconsciemment sans doute. Qu'importe les craintes qui lui occupaient l'esprit maintenant, il ne regrettait pas le moins du monde cet instant où ils s'étaient unis. Comment le pourrait-il, de toute façon ? Son corps était aussi désirable qu'il lui était apparu cette nuit-là, et le peu de son âme qu'il avait déjà découvert lui laissait deviner une personnalité non moins digne d'intérêt. Soudain, alors que son regard s'était perdu sur le bras d'Amaelys, il vit une araignée qui se baladait le long de ce dernier. Sans doute était-elle tombée de l'arbre qui s'élevait au dessus d'eux, en tout cas Solan s'empara presque machinalement du poignet de la jeune femme avec sa première main, tandis que l'autre la débarrassait de la visiteuse incongrue qui courait sur cette peau délicate. Pourquoi s'était-il permis tant de familiarité ? Il craignait que ce soit là l'un des effets secondaires de ce passé commun dont il était le seul à se souvenir.

« - Je ... Excusez-moi. » Solan lui sourit maladroitement, avant de se servir encore un peu dans les vivres de la belle.

Le paria redevint aussi silencieux qu'il l'avait été un peu plus tôt, se concentrant sur la nourriture que son ventre réclamait encore. Dans sa tête tournait encore cette question : ai-je bien fait de rester ?
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Amaëlys Cathëilina

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MessageSujet: Re: Quand l'estomac crie famine (PV Solan)   Mer 11 Avr 2012, 12:01

Cela se voyait-il qu'elle avait l'air content ? Certes, ce n'était pas grand chose au final, ce moment. Simplement partager un repas avec un homme qui passait par là. Bon, beaucoup aurait dit que c'était folie que d'inviter un total inconnu à sa table. Mais ici elle n'avait pas vraiment de table, là où elle était c'était plutôt public, et en plus des inconnus elle ne rencontrait que ça depuis des mois. Elle n'avait que peu de contacts en dehors de Perllan donc forcément, le monde en soi lui semblait totalement inconnu. Et même les personnes qui s'étaient aventurées par chez elle et qui connaissaient sa mère n'étaient pas pour la cause devenus des amis intimes de sa personne. Donc des connaissances, elle en avait peut-être, mais de là à dire qu'elle connaissait vraiment quelqu'un...non. Donc au final, inviter cet homme à se joindre à elle n'était qu'une habitude parmi tant d'autres qu'elle avait adoptée depuis qu'elle était partie. Et cela lui convenait très bien. Elle avait droit à de très belles surprises de la sorte, aussi à des moins bonnes, mais tout cela l'avait forgée et lui avait permi d'être à la fois enjouée et méfiante. Quoi qu'ici, sans savoir vraiment dire pourquoi, elle n'arrivait pas à être méfiante. Ce ressentiment de familiarité avec cet homme, bien qu'il était surprenant, avait tendance à rabaisser toutes craintes éventuelles qui pourraient passer par là. Ce n'était pas forcément un bien vu qu'il était armé et qu'elle ne savait pas du tout qui il était vraiment. Mais ça lui était bien égal. Jusqu'alors il ne lui avait encore rien fait.... Enfin elle apprendrait rapidement que si, mais elle ne s'en souvenait pas encore. Et puis, elle devait reconnaître que bel homme, sa compagnie n'était donc nullement dérangeante. Oh bien sûr elle ne se focalisait pas là dessus. Elle avait rencontré des hommes d'une beauté moins apparente mais qui débordait d'une gentillesse sans limites et parfois particulièrement concomittante avec ses besoins du moment. Et puis, la beauté intérieure était bien plus belle à ses yeux qu'une beauté extérieure superficielle. Mais pour pouvoir la voir, il fallait bien apprendre à connaître la personne. Donc forcément, il fallait une première approche et celle-ci elle l'avait déjà réalisé avec cet homme, puisqu'il était assis près d'elle pour partager son repas.
Souriante, elle venait de s'excuser pour autant d'avidité et elle écouta ses paroles qui demandaient également pardon et qui le présentait enfin. Elle ne put que rire délicatement de son timbre de voix tout aussi doux que lorsqu'elle chantait, lorsqu'il se diagnostiqua comme fou. D'un geste elle balaya gentiment les propos concernant un abus quelconque de nourriture. C'était elle qui l'avait invité donc elle comptait bien à ce qu'il se nourrisse à sa faim. Il y avait de toute façon bien assez pour ce modeste repas et lorsqu'elle aurait faim plus tard dans la journée, elle trouverait de quoi se nourrir, soit dans la nature soit d'une autre façon, comme elle en avait pris l'habitude. Elle ne s'inquiétait nullement de ces petits détails inutiles. Sa gentillesse dépassait sa capacité à projeter ses besoins dans le futur. Et puis il ne fallait pas oublier que cela lui faisait réellement plaisir de pouvoir apporter son aide à une personne demandeuse. D'habitude elle le faisait souvent avec ses capacités de soins, peu de poisons, mais là pour une fois que c'était elle qui pouvait offrir un repas. D'habitude, c'était quand même elle qui était demandeuse d'un partage de provisions. Ici, tout était, pour la plupart des condiments, fraîchement acheté. Elle le laissa donc se nourrir le regardant. Elle arrêta cependant pour ne pas le mettre trop mal à l'aise, déjà qu'il n'était pas naturellement détendu, et elle reprit son pain également, abandonné alors pour pouvoir rattraper cet homme et elle mangea. Elle s'était après tout arrêté dans ce but et elle aussi son estomac ne serait pas contre de récupérer enfin un peu de contenu. Elle avait bien vu qu'il avait l'air de nouveau perdu dans ses pensées mais elle s'était quand même risqué à lui adresser la parole, sa curiosité étant trop intense pour qu'elle arrive à simplement la contenir. C'est avec soulagement qu'elle apprit que ça ne le dérange nullement. Parce qu'au final, elle qui voulait juste lui adresser la parole, elle avait posé pas mal de questions d'un coup. Mais il y répondit pour sa plus grande satisfaction. Elle lui sourit.


"Non. Enfin... Je dois dire qu'en réalité, je n'ai pas de but précis. Du moins dans l'immédiat. Je tente d'atteindre Bairr Bàn. Mais je ne suis pas pressée alors avant d'en arriver là, je voyage tout simplement. Je suis arrivée ici par le hasard de ma route et j'en ai profité pour visiter les temples et sanctuaires de la région. Il faut dire que ce sont des lieux somptueux. Après une telle visite je n'ai pu me retenir de chanter pour Eydis. Oh d'ailleurs ! Je vous remercie pour le compliment que vous m'avez fait...concernant mon chant." elle n'avait nullement eu le temps de le remercier réellement vu qu'il avait ...fuit. Mais ça elle ne comptait pas le remettre sur le tapis pour ne pas en rajouter. Après tout ce n'était pas important et ça lui était bien égal vu qu'il se trouvait à côté d'elle en ce moment. donc tout est bien qui finit bien. Elle continua alors. "Je comptais justement me rendre par là bàs, à Tuamarbh, pour voir ces tombeaux. J'en ai entendu parler ici. Mais puisque vous avez l'air de dire que c'est dangereux quand on y va seul... Je crois que je ne me risquerai pas non plus. Si vous vous ne le faites pas, ce serait que folie de le faire moi." elle sourit amusée.

Elle devait reconnaître que vu son galbe, s'il n'avait pas affronté le danger il valait vraiment mieux qu'elle ne l'affronte pas non plus. Elle était bien plus frêle que lui et c'était donc déraisonnable de tenter Mynkor. Bien sûr, elle avait des connaissances en tant que druide qui lui permettait d'acquérir certaines capacités intéressantes. Mais bon... Elle maîtrisait bien plus ses capacités de guérisseuse et de connaisseuse en poisons que de pseudo sorcellerie. Et puis de tout temps il était bien connu que les sorciers étaient de loin supérieur à eux en ce qui concerne la magie et toutes autres capacités spéciales. Mais elle aimait ce qui était spirituel de toute manière. C'était difficile à nier quand on était les représentants de la déesse Eydis. Et puis sa mère lui avait enseigné toutes les connaissances possibles et qu'elle avait à ce sujet. Elle sortit de ses pensées lorsque l'homme en face d'elle, qu'elle pouvait désormais nommé, lui adressa de nouveau la parole. Il le remercia de nouveau pour son offre ce qui la fit sourire. Il devait vraiment être quelqu'un de gentil pour être aussi poli. Ca ne lui déplaisait pas. C'était quand même plus agréable de partager son repas avec quelqu'un de correct qu'un rustre barbare. Y en avait assez dans les auberges qu'elle côtoyait parfois et, même si ça pouvait l'amuser, ce n'était pas la compagnie qu'elle préférait. Mais elle devait reconnaître que ça avait son charme aussi... Juste pas tout le temps.

"Ne vous en faites donc pas. C'est un réel plaisir pour moi de vous avoir en ma compagnie. C'est plus agréable de manger à deux que toute seule !"

Par contre elle repensa, en reprenant une bouchée délicatement, au fait que c'était peut-être un voleur celui qui tenait l'auberge. Serait-ce pour ça qu'elle l'avait payé un peu plus que dans les autres auberges ? Elle avait des idées de prix et elle pouvait comparer et quand il y avait plusieurs auberges, elle choisissait souvent la moins cher même si ce n'était pas la meilleure au niveau de la qualité. Mais ici il n'y en avait pas d'autres donc elle n'avait nullement fait attention au niveau pécuniaire. Oh elle trouverait bien quelqu'un à qui elle pourrait vendre ses soins. Elle sourit à Solan sur lequel son regard c'était fixé et qui lui souriait agréablement. Elle terminait son petit pain tranquillement quand elle fut surprise par le geste de Solan qui lui attrapa le poignet pour chasser une araignée qui avait décidé que sa peau était intéressante à escalader. Elle aurait du le remercier... réagir...sourire mais elle resta interdite. Cette sensation... Cette pression sur son poignet, cette force, la préhension de cette main masculine... Le ressentiment qu'elle avait eu plus tôt lorsque leurs mains s'étaient jointes venait de lui revenir en force mais avec une netteté à laquelle elle ne pouvait croire. On lui avait déjà tenu le poignet de cette façon. Mais cet homme en face d'elle l'avait repris exactement comme cette nuit là. Non... Ca ne pouvait pas.... Ce n'était pas possible ! Ca ne pouvait pas être lui ! Elle avait une chance infiniment maigre de le rencontrer, de le revoir, et surtout de connaître son identité. Jamais elle n'aurait cru qu'il aurait laissé une telle marque indélébile sur son corps. Bien sûr il était sa première fois... Donc il avait laissé une trace de leur rencontre. Mais... Que ce soit à ce point ancré en elle au point de pouvoir le reconnaître à la simple préhension sur son poignet...elle n'aurait jamais cru. Elle leva lentement ses yeux sur Solan... Etait-ce réellement lui ? Il n'avait tenu son poignet que quelques secondes comparé à cette nuit. Pouvait-elle vraiment juger sur si peu ? De toute façon elle ne pouvait pas laisser ce doute planer. Si c'était lui elle devait le savoir ! Elle devait le prouver ! Elle attrapa le visage de Solan l'obligeant à la regarder.

"Il faut que nous nous unissions !!"

Elle le regarda avec un regard déterminé avant de le relâcher et de douter de nouveau, repartie dans ses pensées personnelles, sa main refermée près de ses lèvres dans un signe d'intense réflexion. Non c'était trop radical. Après tout si elle avait pu le reconnaître juste avec une préhension, autant le faire recommencer et le faire tenir son poignet plus longtemps. Evidemment... La simple idée de lui demander ne lui avait strictement pas traversé l'esprit. Comme si le trop simple n'était pas naturel... Ne se souciant pas de l'effet que ses paroles avait eues, elle prit la main de Solan et elle le fit serrer à nouveau son poignet. Le ressentiment apparu directement et avec force alors qu'elle regardait cette main forcée de tenir son poignet comme il l'avait fait plutôt. Elle n'en revenait pas ! C'était lui ! elle sentit une extase et un ravissement pur l'étreindre alors qu'elle retrouvait une personne qu'elle pensait ne jamais plus rencontrer... Même si quelque part elle avait toujours souhaité savoir à quoi il ressemblait. Le mystère avait son charme mais elle était encore plus heureuse de pouvoir mettre un visage sur cet homme qui lui avait offert des sensations encore inégalées jusqu'à présent. Enfin elle devait reconnaître que jusque là, elle n'avait réitéré l'acte qu'à la dernière fête de Beltane et cela n'avait quand même rien eu avoir... Donc c'était une petite déception quand même. Elle relâcha alors la main et lui sauta au cou comme si elle retrouvait quelqu'un de cher à son coeur.

"Par Eydis ! Je n'aurais jamais cru vous revoir un jour !!"

Mais alors qu'elle l'étreignait avec force... Elle se rappela soudainement de cette nuit...de leur échange...des sensations qu'elle avait eues et qui lui revenaient maintenant, elles aussi, avec force. Il ne fallut que quelques secondes avant qu'elle ne le relâche prestement et qu'elle ne s'écarte, les joues définitivement rougies, les bras un peu repliés contre elle. Cet homme l'avait vue dans son plus simple appareil et surtout avait eu des gestes avec elle qui n'étaient nullement anodins. Une gêne importante alors s'imposa à elle et elle regarda ailleurs glissant ses cheveux derrière son oreille avant de faire glisser un peu nerveusement une mèche entre ses doigts. La sensation était étrange parce que maintenant qu'elle pouvait mettre un visage sur ce masque, qu'elle le voyait là devant elle, qu'il n'était plus un mythe dont elle avait longtemps cru que ce n'était qu'un rêve, ce fameux acte et toute cette nuit prenaient une dimension totalement...réelle. Elle sentit alors une chaleur inhabituelle et l'envie de se terrer dans un trou quelque part.

"Hm... Je ...excusez moi de vous avoir sauté dessus..." Elle ne voyait pas pourquoi elle était aussi gênée subitement alors qu'il y a deux secondes c'était des retrouvailles inespérées qui la rendaient des plus heureuses. "Je suis désolée de réagir comme ça... Mais...enfin...c'est tellement surprenant de vous revoir..." Elle le regarda un peu et lui sourit discrètement. elle avait osé en plus lui proposer de s'unir à nouveau... Quelle honte !


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Solan Runnarth

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MessageSujet: Re: Quand l'estomac crie famine (PV Solan)   Jeu 12 Avr 2012, 12:33

Perdu dans ses pensées encore, il ne fit pas vraiment attention à la réaction de Amaëlys à cette petite initiative qu'il avait prise quelques secondes plus tôt. A vrai dire, il se demandait maintenant s'il n'était pas mieux qu'il lui avoue qui il était ? Après tout, sans qu'il ne lui vienne à l'idée de se vanter de quoique ce soit, au contraire, ça avait dû être une nuit importante pour elle. Bien plus que pour lui en tout cas, il en était certain, bien que cela n'enlevait rien au souvenir qu'il en avait. Alors, peut-être que connaître l'identité de celui qui pour la première fois l'avait emporté l'intéressait ? Ou peut-être pas, d'ailleurs: il était assez clairvoyant sur sa propre nature pour deviner qu'il était aisé de regretter avoir eu affaire à lui, et c'était encore plus vrai dans le cas très précis de Amaëlys. Au final, il restait bien incapable de dire quelle serait la réaction de Amaëlys s'il décidait de lui apprendre qu'il était l'homme de cette nuit: peut-être est-ce elle qui s'enfuirait et prendrait les jambes à son cou ? Enfin, est-ce que cela le dérangerait vraiment ? Avec un peu de chance, elle oublierait ses vivres. Il se maudit intérieurement à cette pensée, même s'il avait du mal à dire qu'un éventuel rejet lui causerait de la peine ou quoi que ce soit dans ce genre. Au fond, que l'un connaisse le corps de l'autre ne les rendait pas plus proches que ça, pas vrai ? Bientôt son regard revient se poser sur Amaëlys qu'il fut surpris de voir un peu ... désemparée. Il se demanda bien pourquoi ? Ce n'était pas son geste qui l'avait perturbé, pas vrai ? En tout cas, il ne pensa pas, ce n'était pas si terr... Qu'est-ce que ?! D'un coup, elle s'était élancée vers lui, tenant maintenant son visage entre ses doigts délicats. Il la crut devenu folle, incapable de trouver une justification à ce comportement si soudain, jusqu'à ce qu'elle lui glisse quelques mots qui l'achevèrent.

« - Pa ... pardon ? » eut-il du mal à dire, incapable de répondre quoique ce soit d'autre.

Venait-elle réellement de lui proposer qu'ils s'unissent ? Il devait avoir rêver, c'était tellement ... inattendu ? Il n'avait jamais eu à se plaindre d'un éventuel manque de succès auprès de la gente féminine mais là, quand même, c'était plutôt surprenant, surtout venant de quelqu'un comme Amaëlys qui, si cela n'enlevait rien à son charme de jeune femme, n'avait pas l'air d'être du genre à faire ce types de propositions à tout ceux qu'elle croisait sur les routes de Lanriel. Il la regardait toujours, désireux de mieux comprendre ce qui lui passait par la tête. Il ne mit pas bien longtemps à comprendre, évidemment, qu'elle avait, par il ne savait quel miracle ou quelle malédiction, deviner qui il était. Néanmoins, ça n'enlevait pas toute l'étrangeté de sa proposition. Supportant d'abord son regard d'un air gêné, il ne put s'empêcher d'arquer un sourcil quand ses mains quittèrent son visage et qu'elle retourna à sa position initiale, semblant replonger dans ses pensées. A quoi jouait-elle ? La regardant surement comme si elle lui semblait étrange, il attendait maintenant une quelconque réaction de la druidesse. Puis, au bout de quelques secondes, cette dernière revint vers lui, l'incitant semblait-il à qu'il se saisisse de son poignet une nouvelle fois. Il ne comprit pas vraiment, se contentant de lui obéir, curieux de voir l'intérêt qu'elle trouverait à pareil geste. Qu'importe comment, elle sembla en tirer une certaine satisfaction et, tandis que le paria la regardait toujours avec son air médusé, elle le lâcha pour mieux lui sauter au cou, apparemment ravie.

« - Qu'est-ce ... » dit-il, une nouvelle fois sous le coup de la surprise.

Alors qu'elle l'étreignait avec une certaine force, Solan lui n'osait pas trop bouger. A dire vrai, il ne pensait pas vraiment que leurs "retrouvailles" puissent susciter en elle une si vive réaction: elle avait l'air si ... joyeuse ? Elle était vraiment bizarre, en fait. Comme elle sans doute, leurs deux corps à nouveau si proche lui faisait revenir des images certes délicieuses mais atrocement gênante dans un tel moment et, s'il n'osa pas vraiment chercher à se dérober à cette étreinte si surprenante, il n'en fut pas moins soulagé quand elle se détacha d'elle-même, les joues rougies par la gêne et l'air presque penaude. Ne sachant pas vraiment quoi lui dire, il laissa le silence s'installer de nouveau. Y avait-il une phrase appropriée à pareilles occasions ? Il en doutait sincèrement, songeant que, si leur cas n'était peut-être pas unique, les chances qu'ils se retrouvent étaient minces sinon nulles. Il était donc difficile pour lui de savoir quoi lui dire. Après tout, elle ne se contenterait surement pas d'un "oui, c'est bien moi". Au final pourtant, c'est bien elle qui reprit la parole, l'air beaucoup moins enjoué que l'instant d'avant. Au contraire même, elle semblait maintenant tout à fait gêné. En même temps, c'était compréhensible: elle venait de lui proposer qu'ils s'unissent à nouveau, comme si de rien n'était. Solan ne connaissait pas vraiment les mœurs druidiques, mais tout de même, il doutait que cela soit la coutume. Gêné lui aussi par sa propre confusion, mais aussi par le trouble qui semblait traverser Amaëlys, Solan se leva et fit quelques pas, ne sachant toujours vraiment que dire ou que faire.

« - Ce ... ce n'est rien, je crois. » dit-il hésitant. « - C'est vrai que les circonstances sont plutôt étranges ... Tu ... Vous comprenez pourquoi j'ai voulu rebrousser chemin en vous voyant. »

Sa langue avait fourché, lâchant la marque d'un tutoiement qui, s'il l'avait laisser passer, aurait sous-entendu qu'ils étaient relativement proches. Était-ce le cas ? Difficile à dire pour lui qui n'avait jamais vraiment eu l'occasion de passer du temps avec celles dont il avait partagé la couche: la plupart du temps, leurs routes se séparaient une fois le matin venu et ils ne les recroisaient jamais vraiment. Ainsi, à quel point étaient-ils liés maintenant ? Et surtout, à quel points voulaient-ils, l'un et l'autre, être liés ? Pour sa part, Solan n'avait pas vraiment idée de ce qu'il attendait de ces retrouvailles. Pas grand chose, peut-être ? Difficile à dire dans l'état de confusion dans lequel il se trouvait à ce moment. Il attendrait de voir, sans doute. A vrai dire, la proposition qu'elle lui avait dans la précipitation lui faisait craindre quelque attente de la part de Amaëlys, pourtant il n'osa pas vraiment lui parler de ça:

« - J'ai hésité à vous dire qui j'étais, je craignais que ... » Il cherchait ses mots, ne trouvant pas vraiment les raisons qui l'avait retenu. « - Je ne sais pas, que vous le preniez mal peut-être, mais vous aviez l'air plutôt ... contente ? »

Il pesait ses mots, il ne voulait pas la froisser ou la gêner encore plus. Quelque part, il était simplement curieux de savoir le pourquoi d'une telle réaction. Bien sûr, il comprenait qu'elle puisse être réjouie de pouvoir mettre un visage sur lui, mais quand même, elle avait été un peu plus que réjouie ! Solan songeait à sa propre réaction, et s'il peinait à montrer autant d'entrain qu'elle, il se demandait s'il ne risquait pas de froisser Amaëlys. Il chassa vite ces pensées, pensant qu'il le verrait bien assez tôt. En attendant, une autre question lui brûlait les lèvres:

« - Je ne comprends pas, comment vous avez fait pour deviner ? »

Évidemment, il se doutait que sa petite manipulation l'y avait aidé, mais il ne voyait pas comment. Intrigué, il fouillait maintenant dans sa mémoire pour se rappeler quel genre de pouvoirs possédaient les druides, mais il doutait qu'ils aient celui de se rappeler des choses par un simple contact.
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Amaëlys Cathëilina

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MessageSujet: Re: Quand l'estomac crie famine (PV Solan)   Jeu 12 Avr 2012, 19:16

Amaëlys se demandait si elle ne venait pas en moins de quelques minutes passer pour une folle. Comment avait-elle pu sauter comme ça sur lui après avoir retrouvé les souvenirs de cette nuit et surtout l'avoir reconnu ? elle savait que c'était tellement inespéré que son contentement avait été soudain et que l'effervescence de ce contact l'avait totalement submergée. Mais un peu de tenue n'aurait été nullement négligeable. En tant que femme en plus elle se devait de faire attention à certains actes. Elle n'était pas forcément naïve, ce mot était trop fort, mais elle n'était pas non toujours très réfléchie sur les contacts que pouvaient avoir un homme et une femme sans que ça devienne trop osé. Elle était plutôt du genre spontané donc si elle était heureuse, elle n'hésitait pas à le manifester. Et cela pouvait se révéler parfois inadéquat selon les personnes que l'on avait en face de soi. Toujours est-il que c'était donc le cas ici présentement. C'était d'ailleurs pour cela qu'elle était profondément gênée. S'ils n'avaient pas eu ce genre de relation elle n'aurait pas été aussi offusquée par son effusion de joyeuseté en tout genre . Ils avaient été proches voire très proches. Elle avait connu son corps bien avant sa personnalité, avant même son visage en entier. C'était tellement étrange de se dire que l'homme qui était devant elle, qui était, il y a à peine quelques minutes, un total inconnu. La donne avait littéralement été bouleversée par cette prise de conscience. Mais, bien qu'elle était honteuse, elle ne regrettait pas de l'avoir reconnu. Il fallait juste que s'estompe cette gêne réciproque qu'elle venait de jeter sur eux. Maintenant qu'ils s'étaient retrouvés, elle n'allait pas faire tout rater simplement parce qu'elle avait été largement trop expressive. Si seulement elle avait eu un peu de retenue... En plus Solan venait de se lever et elle commençait à craindre de l'avoir froissé. Après tout, ce n'était pas parce qu'une nuit de fête ils avaient échangés une relation charnelle que ça faisait de lui quelqu'un qui appréciait les contacts au quotidien. Après tout, une nuit ne donnait strictement pas le caractère d'une personne et on ne pouvait décemment pas se baser sur si peu pour cerner quelqu'un et encore plus un inconnu. elle baissa un peu les yeux se demandant si elle devait de nouveau s'excuser pour qu'il se rasseye et accepte de continuer à partager son repas. Ou alors allait-il partir de nouveau ? Elle l'aurait mérité... Il devait se demander pour qui elle se prenait... Il ne fallait pas que la situation empire. Elle allait de nouveau s'excuser avec moins de gêne et plus d'assurance auprès de lui. Après tout, ce n'était pas parce qu'ils s'étaient déjà vus qu'elle avait tous les droits.

Mais alors qu'elle allait reprendre la parole en le regardant, il prit les devants. Elle fut quand même surprise de ne pas l'entendre dire qu'il partait. Après tout elle s'était fait un scénario tel que pour elle il n'y avait plus que ça dont il avait envie. Or non... Il répondait juste à ses propres paroles qu'elle avait déjà oublié en se perdant dans ses pensées anxieuses et au scénario catastrophe. Elle comprit finalement pourquoi il avait fait demi tour. Ce n'était nullement parce qu'il était timide ou par trait de caractère. En réalité il l'avait reconnue bien avant lui - il fallait dire qu'elle n'avait pas porté de masque et à part vieillir un peu, elle n'avait pas tellement changé- et c'était donc par souci d'inconvenance sociale qu'il était parti. Elle sourit doucement. En fait, il avait quand même des traits de gentillesse. Et puis elle trouvait ça touchant qu'il soit aussi confus qu'elle-même. Bon il fallait reconnaître que c'était plutôt de sa faute en soi... Elle avait agi comme une innocente inconsciente ces dernières minutes donc il avait de quoi être totalement déboussolé. Mais elle préférait oublier ce qu'elle lui avait dit.... C'était mieux si elle voulait sortir un jour de sa honte. Et comme elle comptait bien faire connaissance, il fallait que cette gêne collective disparaisse. Le rouge naturel de ses joues avaient un peu de mal à disparaître mais elle tenta quand même de se reprendre. Elle ne savait pas trop où ces retrouvailles les mèneraient mais si elle n'essayait rien, elle ne le saurait jamais. Elle le regarda donc quand il reprit la parole tentant de reprendre clairement contenance. Elle ne put que sourire amusée quand il montra sa surprise au contentement qu'elle avait vu quand elle avait compris qui il était. Elle non plus n'avait jamais cru qu'elle réagirait comme ça. En fait ce n'était nullement planifié. Elle avait pensé des dizaines et des dizaines de fois à cette rencontre, mais jamais ça n'avait fini comme maintenant. Et parfois ça finissait d'ailleurs de manière inavouable et elle préférait ne surtout pas y penser maintenant alors qu'elle avait décidé de quitter la honte qui l'avait submergée.


"Et bien...oui je suis plutôt contente de vous voir et de savoir à quoi vous ressemblez. J'ai beaucoup pensé à vous après ce....moment ... et c'était parfois frustrant de ne pas connaître votre visage. Alors quand enfin j'ai pu combler ce manque, je n'ai pu que me réjouir. J'ai réagi de façon très puérile...veuillez m'excuser. En plus je n'ai même pas pensé à vous en agissant ainsi ... Mais vous savez retrouver quelqu'un que je pensais avoir "perdu"... Enfin c'est un peu l'histoire de ma vie de perdre des personnes importantes alors je ne sais pas... peut-être qu'au final je vous ai assimilé également à ça et que j'ai été bien trop réjouie de vous voir... Je suis vraiment sotte !"

Elle rit doucement et brièvement. Peut-être qu'au fond oui... Cet homme avait peut-être été assimilé à tous les hommes qu'elle avait perdu dans sa vie. Si ça se faisait son enfant était peut-être un garçon... Elle se l'était déjà dit nombreuses fois. Mais elle ne préférait surtout pas s'attarder sur cette pensée maintenant. D'ailleurs la perte de cet être qui avait grandit en elle n'était jamais une pensée qui stagnait dans son esprit. Elle en avait fait le deuil depuis plus de deux ans et elle ne comptait pas du tout revenir dessus, même si le père était en face d'elle. Tout ça n'avait plus d'importance. Elle s'était relevée et elle ne comptait pas replonger. Le tiroir était totalement clos, préservé par Eydis. Elle sourit à la nouvelle question qui lui était posée. Comment avait-elle deviné... Ce n'était pas tellement compliqué finalement.

"Je ne sais pas si vous vous souvenez... Mais en fait, cette nuit là, quand vous m'avez choisie, votre main est venue saisir mon poignet et vous m'avez entraîné avec vous. On a marché assez longtemps mais comme c'était ma toute première fois, je me suis énormément focalisée sur l'étreinte. Et puis, je suis très sensible aux contacts que j'ai... C'est naturel. Je saurais reconnaître différentes plantes au contact que je pourrais avoir, les yeux fermés. Il en est de même avec les personnes que je côtoie apparemment. Et le contact que nous avons eu ce soir là aurait difficilement pu échapper à ma sensibilité. C'est pour ça que déjà quand je vous ai pris la main je me suis sentie...étrange. Alors que vous avez réalisé le même geste que cette nuit là, je vous ai totalement reconnu." Elle rit doucement. "C'est un peu étrange je sais mais au final ça vous a empêché de devoir m'avouer qui vous étiez."

Elle le regarda encore un moment alors qu'il était toujours debout. En fait, cet évènement au fond n'était sûrement rien d'important pour Solan. Pour elle c'était sa première fois, mais ce n'était que des fêtes de Beltane. L'échange charnel était courant et il fallait qu'elle arrête de comparer ses unions avec celle-là. Bon elle n'en avait qu'une après mais elle l'avait tout de suite rapproché à celle qu'elle avait eue avec Solan. Et il fallait qu'elle arrête. Ce n'était qu'une nuit... Il fallait qu'elle se dise ça. Rien de particulier. Solan était un voyageur, il avait sûrement rencontrer nombreuses femmes...ou alors peut-être qu'une femme précise l'attendait quelque part, des enfants ? Elle ne savait pas mais elle comptait bien le découvrir. Pas dans une intention malsaine, simplement parce que comme toute personne qu'elle rencontrait, elle voulait la connaitre. Alors elle allait faire de même avec lui. Il suffisait qu'elle tourne une nouvelle fois la page. Ca ne servait à rien de rester accrocher au passé. Elle ne pourrait sûrement jamais oublier ce moment, ces sensations...cette étreinte...mais c'était un moment parmi tant d'autres. Peut-être plus dans la vie de Solan que dans la sienne, mais c'était lui qui était avec elle en ce moment et donc elle devait avancer, et le faire avancer en cet instant. Donc après quelques secondes, elle se leva également et s'approcha de Solan. Elle lui sourit doucement et reprit sa main, ne pouvant retenir un frisson le long de son bras parce que son corps répondait pour elle, mais elle ne fit rien d'autres que de le faire revenir et elle le lâcha ensuite avant d'appuyer sur ses épaules pour qu'il reprenne place au sol. Elle vint se mettre à genou également et elle lui sourit doucement.

"Je vous propose quelque chose... On recommence tout d'accord ? C'est vrai qu'on a partagé quelque chose de .... enfin un contact rapproché disons. Mais ce n'est arrivé qu'une fois et ça nous met tout deux mal à l'aise alors qu'il n'y a pas de raisons. Donc je vous propose qu'on oublie tout ça et qu'on fasse connaissance. J'ai très envie d'en apprendre plus sur vous. D'ailleurs on pourrait même se tutoyer ... Qu'en pensez-v...qu'en penses tu ? "

Elle savait pertinemment qu'elle n'y arriverait pas aussi vite que ça et qu'elle aurait peut-être encore parfois des petites gênes par ci par là. Mais elle était sûre qu'il avait sûrement beaucoup de qualités qu'elle avait besoin de connaître. Elle était devenue particulièrement sociale cette dernière année et elle ne tenait pas à laisser passer une seule occasion. Il était venu à elle, c'était le destin, cette rencontre faisait partie des projets d'Eydis pour elle. Il devait en être ainsi, alors elle ferait avec et en tirerait le plus de bénéfice ! Et puis ça ne pourrait qu'être positif. Elle fit un magnifique sourire à Solan et elle lui prépara rapidement de nouvelles victuailles avant de lui tendre en signe de "paix". Elle prit d'ailleurs le pas ensuite.

"Alors dis moi ! Tu viens d'où cher voyageur ? Après tout on a tous un point d'ancrage ou du moins un lieu de naissance. "

Elle espérait sincèrement qu'il suivrait le pas et qu'il ne partirait pas. Ce serait vraiment dommage et elle n'en avait pas du tout envie. Mais c'était à lui de décider ce dont il avait envie et elle ne l'empêcherait nullement.

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Solan Runnarth

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MessageSujet: Re: Quand l'estomac crie famine (PV Solan)   Ven 13 Avr 2012, 22:18

Solan écouta avec attention Amaëlys. Il ne répondit rien d'abord quand elle lui expliqua pourquoi elle avait été si heureuse de le revoir, lui qui pourtant n'était guère plus qu'un inconnu. Quelque part, il fut soulagé d'entendre qu'il ne lui avait pas laissé un mauvais souvenir: certes c'était flatteur, mais c'était pour d'autres raisons qu'il s'en estima heureux. Lesquelles ? Il ne les déterminait pas bien, il faut dire. Peut-être était le simple fait d'avoir compté pour elle qui le réjouissait ? C'était un sentiment très égoïste, mais aussi très humain, au fond. Sans doute eut-elle été elle-même heureuse d'apprendre qu'il ne l'avait pas oublié, que son visage, ses traits lui étaient revenus d'abord, dès qu'il l'avait vu; puis son corps aussi, plus tard, le souvenir qu'il en avait du moins. Bien sûr, c'eut été déplacé de le dire ainsi, et ce n'était pas très ... convenable, mais c'était la vérité, au moins. Solan fut particulièrement surpris quand elle lui parlait de la perte de personnes importantes, du fait qu'il était possible qu'elle l'ait assimilé à elles. Il ne comprenait pas car, bien sûr, cela restait très confus, et il n'osa pas la questionner à ce sujet: son manque de curiosité pour ces choses-là l'en empêchait. Peut-être plus tard, s'il qu'en parler était nécessaire. Il ne put s'empêcher de remarquer pourtant que, malgré l'amertume qu'elle avait dans la voix en prononçant ses mots, elle ne pouvait s'empêcher de ponctuer ses phrases de sourires et de petits rires qui, il ne savait comment, parvenaient à le captiver, en quelque sorte. Elle semblait pleine de vie, radieuse. Il appréciait ça.

D'ailleurs, elle sourit encore quand elle entreprit de lui expliquer comment elle avait bien pu le reconnaître. Il écarquilla un peu les yeux en comprenant que c'était par la manière dont il l'avait entraîné ce soir-là qu'elle avait deviné qui il était. Il n'y croyait pas vraiment, doutant que cela ait suffi à la convaincre tout à fait. Il ne put s'empêcher d'esquisser un sourire quand elle lui avoua que ce qu'elle appelait leur "contact" n'avait pu échapper à sa sensibilité. Décidé à reprendre un peu d'aplomb, il se risqua:

« - Évidemment que je me souviens, comment oublier ? » Il sourit de nouveau. « - En tout cas, je pense que je dois vous remercier alors. Si vous aviez dû compter sur moi, sans doute ne l'auriez-vous jamais appris. »

Après tout, il se savait lâche et si cette lâcheté ne se manifestait pas dans les situations les plus dangereuses, c'est bien quand il s'agissait de relations humaines qu'elle se faisait le plus pesantes. À vrai dire, il était plus facile pour lui d'être à l'aise avec des inconnus qu'avec des gens dont il se sentait réellement proche. Una était le parfait exemple, sans doute. Soudain, Amaëlys se leva et, le sourire rire aux lèvres, sa main vint cueillir à nouveau celle du paria, l'invitant encore une fois à s'asseoir. Évidemment, cela sous-entendait qu'il reste avec elle encore un moment. Était-ce sage ? Il en doutait sincèrement, pourtant l'air radieux de la jeune femme acheva de le convaincre comme la première fois, et il retrouva finalement la place qui avait été la sienne, juste en face de la druidesse. Elle lui fit une proposition qui l'étonna un peu. Il n'était pas certain de comprendre tout à fait:

« - Oublier ce qu'il s'est passé ? » Il semblait surpris, mais il était difficile de dire s'il l'était ou s'il jouait un peu la comédie. « - Pourquoi faire ? Ce serait difficile, et puis je n'en ai pas envie. » Ça avait le mérite d'être franc. « - Cela dit, je suis d'accord pour que l'on fasse connaissance. »

Il prononça ses derniers mots un sourire chaleureux aux lèvres. Il était sincère, aussi bien dans la volonté de ne pas ignorer ce qu'ils avaient déjà vécu il y a plusieurs années de cela que dans celle de mieux la connaître. Pour la première, c'eut été renoncé à la seule chose qui les rattachaient vraiment l'un à l'autre pour l'instant, et puis ils étaient suffisamment adultes pour passer au dessus de ça au fur et à mesure que la conversation avancerait. Du moins c'est ce qu'il pensait. Pour la seconde, c'était surtout qu'il ne pouvait s'empêcher de penser que ces retrouvailles étaient trop improbables pour être tout à fait un hasard. Alors, peut-être Eydis avait-elle jugé bon de les réunir ? Par le même hasard, il avait retrouvé Una et, s'il peinait encore à dire ce qu'elle lui avait vraiment apporté, il était certain qu'il en avait tiré beaucoup de bien. C'était peut-être la même chose avec Amaëlys ? Il l'espérait. En tout cas, c'était en apprenant à mieux la connaître qu'il serait à même d'avoir une idée sur la question. Conciliant, il se saisit de la nourriture que lui proposa la jeune femme, puis écouta attentivement la question:

«- D'où je viens ? » Il sourit. « - C'est une bonne question ! Je suis né à Darya, puis j'ai été ... emmené en Lanriel vers l'âge de dix ans. Au final, je n'ai vraiment connu que Cathairfal. »

Ses mots s'évanouirent bientôt, animés par beaucoup moins d'enthousiasme que ceux qui les avaient précédés. Parler de son passé était difficile, même depuis qu'il avait partagé un peu de ce fardeau avec Una, il y a plusieurs mois déjà. Si Amaëlys le voulait, il en dirait certainement plus, mais sans ça il éviterait de trop se perdre en détails qu'il jugeait ennuyants pour tous ceux qui étaient étrangers à cette histoire. Il avait peut-être tord, ou bien raison, difficile à dire vu qu'il ne l'avait jamais raconté en entier à quelqu'un à part son amie d'enfance, et qu'il n'avait jamais jugé bon de le faire non plus. Sa réflexion le plongea peu à peu dans le silence et, quand il s'en rendit compte, il voulut y remédier:

« - Enfin, c'est une longue histoire qui n'intéresse pas les gens, je pense. » Il marqua une pause, avant de reprendre: « - Et toi ? Tu as parlé de voyager vers Bairr Ban ? C'est de là que tu viens, peut - être ? »

Solan se montrait curieux, désireux de ne pas laisser mourir la conversation et, surtout, d'en apprendre plus au sujet de Amaëlys. Après tout, rares étaient les gens qui se rendaient dans cette partie du monde: à part les dragonniers et les singuliers qu'ils protégeaient, il n'y avait aucun intérêt à s'y rendre. Enfin, c'était peut-être parce qu'il raisonnait comme un voleur qu'il n'y voyait pas d'intérêt. Peut-être qu'une druidesse, elle, en avait un ? Solan reprit:

« - Ou bien c'est peut-être en tant que druidesse que tu t'y rends ? »

Solan ne connaissait pas grand-chose aux différents peuples qui composaient Lanriel et, s'il avait déjà eu l'occasion de voir des druides par le passé lors de diverses célébrations, il ne les connaissait pas vraiment.
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Amaëlys Cathëilina

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MessageSujet: Re: Quand l'estomac crie famine (PV Solan)   Dim 15 Avr 2012, 16:29

Amaëlys fut particulièrement surprise mais surtout gênée quand il lui avoua que lui n'avait pas du tout envie d'oublier cette nuit. C'était un beau compliment pour elle car malgré la gêne éventuelle que cela pouvait provoquer chez eux, il s'y accommodait préférant ça qu'oublier leur échange passionnel. C'était plaisant à entendre même si elle n'était pas du genre à avoir un égo démesuré. Mais elle trouvait que pour un homme qui avait sûrement déjà connu des femmes, elle ne devait pourtant être qu'une bagatelle dans son histoire. Or malgré tout, il se refusait de l'oublier - en précisant que ce serait difficile en plus - et acceptait en accompagnement de faire connaissance. Il acceptait donc d'en savoir plus sur elle. Elle n'avait pas d'attentes de cette rencontre et encore moins en sachant ce qu'il lui avait offert une telle nuit. Mais savoir que son besoin social était partagé par Solan était parfaitement plaisant. Elle mit donc doucement ses cheveux derrière son oreille en souriant un peu gênée avant d'oublier ça. Après tout elle avait décidé de ne plus avoir de gêne envers lui alors il fallait qu'elle s'y tienne. Et puis le sourire si chaleureux qu'il lui adressa ne pouvait que la pousser à avoir confiance en lui. Elle ne savait pas l'expliquer - et ce n'était pas uniquement du à leur relation passée - mais elle se sentait plutôt bien avec lui. Il avait l'air sincère et ne semblait pas vouloir profiter d'elle d'une manière ou d'une autre. Peut-être avait-elle tendance à vouloir faire trop vite confiance aux gens. Mais tant pis. Qui ne tentait rien n'avait rien. Et lui était en cet instant avec elle avec l'envie que ce moment dure et qu'ils puissent partager en quelque sorte leur histoire. Ils avaient tout deux envie de se connaître et c'était une occasion rêvée qu'elle ne comptait pas laisser passer. Elle ne savait pas où tout ça mènerait mais ça ne pouvait forcément pas être négatif. Et même si c'était le cas, elle aviserait à ce moment là. Elle n'avait pas envie de réfléchir à l'avance à ce que tout ceci pourrait donner. Elle écouta donc la suite des propos de Solan. Elle fut surprise d'apprendre qu'il avait été "emmené". C'était étrange mais vu la manière avec laquelle il en avait parlé et surtout cet air plus triste et sombre qu'il avait adopté en conséquence de ses propos, elle sentait que ça représentait bien plus de négatif que de positif. Elle l'observa longuement... elle voulait lui demander ce qu'il en était car sans comprendre pourquoi le voir ainsi lui donnait vraiment l'envie de le comprendre. Elle voulait pouvoir connaître cette peine qu'elle avait l'impression de percevoir à travers son comportement actuel. Peut-être se trompait-elle mais il lui semblait qu'elle était plutôt dans le juste. Néanmoins, avant qu'elle n'ait vraiment eu le temps de lui demander, il balaya son histoire comme inintéressante. Pourtant, et sans vouloir se montrer d'une curiosité déplacée, elle aurait voulu savoir en cet instant ce qui tiraillait son esprit. Elle posa doucement une main sur son bras alors que le silence s'était un peu imposé. En réalité elle était hésitante à lui demander ce qu'il en était. Peut-être que faire passer ça comme inintéressant voulait en réalité dire qu'il ne souhaitait nullement en parler. Elle n'était pas certaine de son coup et préférait ne pas le mettre mal à l'aise.

La décision fut donc celle de répondre à ses questions en continuant la conversation. Peut-être u'elle pourrait lui apporter une écoute utile plus tard s'il le souhaitait. Elle espérait que le fait de se connaître scellerait autre chose que la connaissance d'une nuit. Peu importe la relation qui découlerait tant qu'une relation se présentait à eux. Elle avait juste simplement envie... Aurait-ce été pareil s'ils ne s'étaient pas rencontrés avant ? Quoi qu'elle fasse, elle ne pouvait se résoudre à recommencer à zéro. Cet échange restait marqué en elle. Elle devait avouer également qu'elle s'attachait vite aux personnes qu'elle rencontrait. Ainsi était-elle peut-être déjà attachée à Solan sans en prendre vraiment conscience. Un rire doux s'échappa quand il évoqua sa nature de druidesse par rapport à sa quête d'atteindre Baiir Bàn.

"Oh non... Pas du tout. "...elle marqua une petite pause avant de sourire doucement simplement et de continuer."Je suis originaire de Perllan. J'y vivais avec ma mère."... un nouvel arrêt s'installa avant qu'elle ne reprenne toujours avec ce sourire dessiné sur ses lèvres. " Ma mère m'a raconté que mon père nous avait quitté en emmenant mon frère. Mon jumeau. Je suis actuellement à leur recherche. Il semblerait qu'il soit dragonnier et qu'il a emmené mon frère pour avoir un successeur. Je présume donc qu'ils sont donc tous deux à Bairr Bàn. C'est donc là que je me rends. Enfin, je profite quand même beaucoup de ce voyage aussi pour voir le monde. N'ayant jamais quitté Perllan avant de commencer ma route, j'ai beaucoup de choses à voir et une connaissance à acquérir." Elle regarda un instant Solan avant d'ajouter "Et tu sais... Pour hm...ton histoire à toi. Enfin je voulais te dire que je serais ravie de pouvoir la connaître. Donc si à un moment, ou même un jour plus tard si nous sommes amenés à nous revoir, tu souhaitais me la raconter, je t'écouterai."

Elle lui sourit doucement. Ainsi elle avait pu doucement placer l'idée qu'il pouvait lui parler, qu'elle serait là pour lui. Elle savait bien que c'était prétentieux de sa part alors qu'elle ne le connaissait finalement passer pour se permettre de la familiarité. Mais en lui parlant de la sorte, elle n'imposait rien et suggérait seulement. Ainsi il était maître de ses paroles et de la limite de la confidence qu'il pouvait lui accorder. Après tout, elle non plus ne lui avait pas tout dit sur son histoire. Elle ne lui avait pas parlé de ce pressentiment sur son frère qui lui faisait peur de ce qu'elle allait découvrir une fois en présence de son père. De la perte infantile qui avait succédé plusieurs années plus tard, ou encore de cet ami d'enfance qu'elle ne reverrait peut-être jamais et dont elle n'avait plus aucune nouvelle. En réalité, elle estimait quelque part qu'il n'y avait rien de plaisant à ouvrir ses déboires à une personne qui ne le demandait pas. Elle ne voulait pas l'ennuyer et même si elle estimait qu'il pourrait toujours compter sur elle en tant qu'écoute de ses souffrances personnelles, elle ne voulait pas imposer les siennes. Elle était bien plus altruiste qu'égocentrique. Aider les autres était primordial. Après tout elle était guérisseuse ainsi c'était naturel de s’investir pour la pallier à la souffrance d’autrui. Certes c'était davantage physique que psychologique. Mais parfois l'un et l'autre allaient de peur. Elle avait appris à le comprendre et c'était alors tout naturellement qu'elle avait appris à s'intéresser aux deux. Et puis pouvait-on ignorer la souffrance d'une personne ? Même si elle nous était inconnue ? Peut-être que sa sensibilité s'exacerbait avec le temps mais elle ne pouvait décemment pas négliger cet aspect là de la personne qu'elle avait en face d'elle. En attendant, comme elle ne souhait pas l'obliger à en parler, elle se devait de réorienter la conversation vers une suite logique. S'il souhaitait parler de son histoire, il pourrait le faire mais elle ne reviendrait plus sur le sujet.

"Quel est le but de ta route alors désormais ? J'ai retenu que tu étais venu pour les tombeaux et que Tearmainn était simplement sur ta route pour rentrer à Cathaïrfàl mais que feras tu une fois rentré ? Est ce que tu as un travail là bas ? Ou une famille qui t'attend ? "

Ainsi par ces quelques questions, elle allait apprendre pas mal de choses sur sa vie. Enfin elle trouvait que savoir s'il était attendu ou si c'était un vrai voyageur était déjà une information intéressante et non négligeable. Mais alors qu'elle le regardait en souriant, attendant que la conversation ne continue, elle aperçut une chèvre au loin qui gentiment s'approchait. Solan ne pouvait pas la voir parce qu'elle arrivait par delà son dos. Elle fut un peu surprise et se demanda ce que cet animal faisait donc seul en ces lieux. Peut-être son propriétaire n'allait-il pas tarder à arriver... Allez savoir. Alors qu'elle était en train de brouter un peu plus loin, la chèvre sembla soudain intéressée par Solan. Elle ne comprit pas tout de suite et observa l'anima finalement s'approcher davantage. Elle essaya de ne pas être trop attirée par cette vision voulant écouter les propos de son interlocuteur surtout que cela l'intéressait grandement et que la bête n'avait pas vraiment l'air ni de charger ni de tenter une attaque quelconque- enfin elle n'en avait juste pas l'air cela dit.... Alors qu'elle avait réussi à se concentrer de nouveau sur Solan, elle aperçut alors la chèvre planté un peu fixement derrière lui et alors qu'une expression de surprise s'échappa de ses lèvres, la chèvre s'empara sans prévenir de quelques mèches de cheveux de Solan qu'elle vient mâchouiller sans arracher pour détourner son attention et venir par la suite s'emparer du sandwich qu'il n'avait toujours pas fini. Elle resta à un moment interdite face à cette scène tandis que la chèvre mangeait tranquillement le repas de son cher compagnon de conversation. Un rire alors doux mais vraiment sincère s'échappa. Elle ne se moquait pas de ce pauvre homme qui venait de se faire voler sa nourriture mais c'était bien trop marrant pour qu'elle ne puisse rester sérieuse face à tout ça. Surtout que la surprise du voyageur ne faisait qu'en rajouter à l'amusement de la scène.

"Exc....sue moi.... Je te...promets que ...je ne me moque pas...mais..."

Et elle ne put s'empêcher de repartir de plus belle sans arriver à se retenir vraiment. Il fallait dit que la chèvre qui tranquillement mangeait le pain en regardant Solan l'air de dire "Tu ne le mangeais pas ton pain de toute manière" ne rendait pas la scène moins hilarante. Elle essaya tout de même de se reprendre pour ne pas l'irriter ou être trop déplacée mais elle ne réussit qu'après de longue minute d'hilarité. C'était quand même incongru comme situation.

"Pardonne moi..." Dit-elle un sourire persistant étirant ses lèvres.

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Solan Runnarth

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MessageSujet: Re: Quand l'estomac crie famine (PV Solan)   Lun 16 Avr 2012, 13:33

Il ne put s'empêcher de sourire un peu quand il entendit ce rire doux, délicat, à nouveau. Qu'avait-elle pour être si joyeuse ? Il savait que les druides étaient portés sur les plantes, si bien qu'il se demandait maintenant si elle n'était pas sous l'emprise de l'une d'elles pour avoir ainsi l'air si joyeux. Bien sûr, il se doutait bien que son imagination dépassait la réalité, mais cela en disait long sur l'impression de ravissement qu'elle dégageait en permanence. À vrai dire, il avait beau cherché dans sa mémoire, il n'avait pas l'impression d'avoir rencontré pareille comportement chez quiconque avait croisé sa route par le passé: personne ne lui était jamais apparu si ... gentille, dans le sens le plus pur que pouvait avoir ce mot. Personne ? Il fouillait ses souvenirs et, bientôt, un nom et un visage, sans doute plus fantasmé que réel, lui apparut. Il n'avait pas pensé à elle depuis des mois. Quel âge aurait-elle maintenant ? Le poids des années l'effraya lui-même et il ne put se résoudre à quelque projection que ce soit. Néanmoins, il ne put s'empêcher de sourire, un peu bêtement sans doute, à mesure qu'il la revoyait. Brutalement pourtant, il prit conscience du chemin dangereux qu'il empruntait maintenant et, conscient que se laisser aller à de tels souvenirs risquait de lui nuire plus qu'autre chose, il reporta son attention vers Amaëlys qui lui raconte son histoire. Elle ne le lui dit pas explicitement, mais ce qu'elle lui racontait n'avait pas l'air bien joyeux: elle le disait sans peine, certes, mais il sentait bien dans les mots qu'elle utilisait que ce récit tranchait avec la gaieté dont faisait preuve la druidesse.

« - Je vois ... » Il ne sut que dire vraiment, il n'était pas doué pour la curiosité poussée. « - La route jusqu'à Bairr Ban est encore longue depuis Tearmainn. Un mois à pied, facilement. Enfin, tu ne voyages pas seule, si ? » s'inquiéta-t-il.

Il savait que les routes de Lanriel n'étaient pas sûres, même si le danger se concentrait dans la région de Cathairfal, la présence des monstres la nuit et des bandits le jour n'arrangeait rien, d'autant que la capitale du Royaume en était aussi logiquement l'endroit le plus peuplé. Ainsi, il s'inquiétait de voir une jeune femme comme Amaëlys vagabonder seul à travers villes et campagnes, car les unes ne valaient pas mieux que les autres: si les premières étaient peuplées d'escrocs et de malfrats en tout genre, les autres regorgeaient de créatures et de bêtes qu'il était bon d'éviter. Il était donc aisé de faire une mauvaise trouvaille et, d'ailleurs, leur propre rencontre en était la preuve: en d'autres circonstances, il n'était pas dit que Solan se soit laissé attendrir par la jolie voix de la jeune femme. Bien sûr, la simple idée de lui faire du mal maintenant le révulsait tout à fait, mais il aurait pu avoir moins de scrupules si leurs routes ne s'étaient pas déjà croisées. Ne pas connaître sa victime était, pour lui, la clé du succès pour un voleur, un tueur à gages ou quelque profession criminelle que ce soit. En effet, comment aurait-il pu s'en prendre à elle maintenant qu'elle faisait preuve de la plus pure des gentillesses à son égard ? Il ne sut quoi lui répondre quand elle lui proposa d'écouter son histoire un jour. C'était une proposition qui lui fit plaisir, quelque part, même s'il était pour lui difficile de simplement accepter:

« - Ce n'est pas une histoire plaisante, ni à entendre ni à raconter. » lui dit-il comme un aveu, avant de reprendre en souriant: « - Et je crains que tu ne transportes pas avec toi les quelques verres d'alcool qu'il me faudrait pour que je puisse le faire sereinement. »

Il lui sourit de plus belle, signe qu'il appréciait réellement sa proposition. Il ne croisait pas souvent des gens qui se souciaient de lui, ou plutôt de ce qu'il était derrière ses simples activités criminelles. Au fond, il avait toujours été seul et n'avait jamais existé aux yeux des autres que par son habit de voleur, de paria, et depuis peu par celui de mercenaire, d'homme bon à faire les sales besognes pour de l'or, ce qui était vrai, mais il aimait à croire qu'il ne se limitait pas à ça. Il ne pouvait pas se limiter à ça, pas vrai ? Parfois, cette possibilité le prenait à la gorge jusqu'à l'étouffer vraiment. À ce moment, il voyait déjà la lourde main de ses inquiétudes qui s'approchaient de lui, prête à lui rompre le cou. Il chassa ses pensées, revenant à Amaëlys qui continuait de faire la conversation comme elle le pouvait. Visiblement, elle avait le don pour les questions qui, si elles ne le fâchaient pas, restaient néanmoins sensibles. Il cherchait une réponse concrète à lui donner, mais il craignait qu'il n'y en eût pas qui ne le fasse passer aux yeux de la belle comme le premier des ratés. Solan tarda à répondre:

« - Ça aussi, c'est une bonne question. Personne ne m'attend non, je le crains. » Il marqua une pause, hésitant à aborder la partie la plus délicate selon lui: « Concernant mon travail, je ... » Il fut interrompu par une sensation étrange.

Machinalement, sa main vint toucher ses cheveux alors mâchouillés sans violence par la chèvre. Au contact avec cette dernière, il se retourna d'un sens, tandis qu'elle partait dans l'autre, s'emparant de la nourriture qu'il avait délaissée alors. Se retournant, jurant après la bête. Son regard bifurqua sur Amaëlys qui, il la comprenait bien, ne pouvait s'empêcher de retenir un rire sincère: si la situation ne l'amusait pas spécialement elle qui était le principal concerné, voir l'hilarité qu'elle provoquait chez Amaëlys parvenait cependant à lui arracher un sourire amusé bien qu'un peu dépité. La jeune femme tenta bien de s'excuser et de retrouver son sérieux, mais rien n'y faisait et elle repartait chaque fois de plus belle, et à chaque fois elle riait plus encore. Pas énervé, mais un peu las, Solan entreprit de chasser la chèvre en la poussant juste assez pour la déranger et en lui disant de s'en aller, pourtant rien n'y faisait.

« - Je crois qu'elle aussi a été subjuguée par votre voix. Ou par votre nourriture. » dis Solan, dont l'attention fut en même temps attirée ailleurs.

Au même moment, on entendait venant de par delà les buissons des voix qui parlaient, l'une disant à l'autre qu'elle avait bien entendu des bruits venant de cette direction. Solan s'inquiéta alors, faisant signe à la jeune femme de ne pas dire un mot. Discrètement, il avait mis la main sur son épée. Il avait bien compris de qui il s'agissait, leur façon de parler, leurs propos et le cliquetis de leurs armures ne trompaient pas: c'était la garde qui les approchait. Toujours sans un mot, le voleur fit signe à Amaëlys de remballer ses affaires, ce qu'elle fit, sans doute un peu étonné. Interdit de toute réaction, Solan ne savait vraiment que faire: il ne voulait pas imposer de fuir à celle qui l'accompagnait, mais il ne tenait ni à se battre, ni à être arrêté. Bientôt, la chèvre se mit à bêler et deux hommes sortirent des buissons. L'un d'eux s'écria: « - Ah, canaille ! On t'a retrouvé ! Tu croyais pouvoir t'échapper, hein ? » Solan rabattit son regard vers Amaëlys. Il semblait profondément inquiet. Le jeune homme trouva la force de dire: « - Je ne comprends pas, vous devez faire erreur. Il n'y a personne ici qui puisse vous intéresser. » Le garde rétorqua d'une voix grasse, mais, étrangement, pas agressive pour un sou: « Ah oui ? Vous êtes sûr de ça ? Et elle alors, vous pensez que c'est quoi ? » Solan ne comprit pas, de qui parlait-il ? De plus en plus soupçonneux, il avait maintenant la main franchement cramponnée à la garde de son arme. « - La chèvre, triple idiot. Elle est à nous ! Elle devait finir dans les assiettes de la caserne, jusqu'à ce qu'elle s'échappe. Bref, on reprend ce qui est à nous et on vous laisse, les tourtereaux. » L'instant d'après, les deux gardes s'emparaient de la chèvre qui bêla de nouveau en signe de protestation, puis ils disparurent à nouveau.

Solan n'était pas certain de bien avoir tout compris, et il se trouvait maintenant bien bête d'avoir été si inquiet: alors qu'il croyait que c'était lui que les gardes étaient venus chercher, c'était de cette chèvre qu'il s'agissait, tout bêtement. Le regard du paria se perdit sur Amaëlys qui ne devait pas mieux comprendre que lui la situation. Solan était confus: il savait que son comportement l'avait sans doute trahi, et ne manquerait pas d'éveiller quelques soupçons dans l'esprit de la jeune femme. Il n'osait pas vraiment la regarder et, tandis que sa main quittait le pommeau de son épée, il songeait à ce qu'elle dirait si elle découvrait de quoi il vivait. Il ne s'était jamais soucié de ce que pensaient les gens de ses activités, mais cette fois, étrangement, il craignait que cela ne refroidisse Amaëlys à son sujet. Pourquoi ? Il n'en savait rien. Ramenant ses yeux dans les siens, il se risqua pourtant:

« - Tu m'as demandé si un travail m'attendait à Cathairfal. » Il réfléchit avant de reprendre: « - Disons que, pour ce que je fais, il y a toujours du travail. J'imagine que tu n'auras pas manqué de remarquer à quel point la présence de la garde m'inquiétait. » Il ne doutait pas de la clairvoyance de celle qui avait découvert son identité par un simple contact: « - Eh bien sans doute as-tu une vague idée de qui peut être inquiété par la garde. »

Solan laissa planer un long silence. Il craignait sincèrement que sa présence, en plus de déranger Amaëlys, elle qui semblait si bonne de nature, par la mauvaiseté de la sienne, ne vienne causer des problèmes à la jeune femme si c'était pour lui que venait la garde la prochaine fois. Décidé à ne pas lui imposer cela, Solan se leva à nouveau. Il s'assura que toutes ses affaires étaient bien en place et, un peu moins enjoué qu'il y a quelques minutes, il lâcha:

« - Je ne vais pas te déranger plus longtemps, et puis il ne s'agirait pas de laisser le jour traîner trop longtemps. Il faut que je reprenne ma route. » Il lui sourit, mais il se forçait un peu: « - Merci encore pour la nourriture. »

Puis, sur ces mots, il se retourna et, sans rien dire de plus, se mit en route. Etrangement, il ne chercha pas à regagner la grande route qui menait directement à Cathairfal, et sembla même s'en éloigner.
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Amaëlys Cathëilina

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MessageSujet: Re: Quand l'estomac crie famine (PV Solan)   Lun 16 Avr 2012, 17:18

Amaëlys fut surprise de l'inquiétude qui pouvait se lire sur son visage mais aussi s'entendre à sa voix lorsqu'il évoqua le fait qu'elle parcourait éventuellement les terres seule. Elle devait reconnaître que cette question ne lui était jamais vraiment venue, de la compagnie d'une personne avec elle. Sa mère n'aurait jamais pu quitter son échoppe à Perllan et même si elle l'avait voulu, Amaëlys aurait refuser cette offre de sa part. Si Elzaïr, son ami d'enfance, avait été présent au moment où elle avait décidé de venir, peut-être serait-il venu avec elle. Mais il brillait surtout par son absence et elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'il était devenu. Elle ne pouvait donc pas compter dessus et ça faisait maintenant plusieurs années qu'elle n'avait plus espéré un retour de sa part dans ses contrées natales. En entendant, face au sentiment de son interlocuteur, elle ne put se résoudre à lui avouer qu'elle parcourait effectivement les terres seules. Elle n'avait pas manqué d'éventuel compagnon de route, fortuitement ou parfois demandée si celui s'avérait être un excellent guide. Mais la plupart du temps, elle était seule et il était vrai qu'elle avait déjà eu affaire à des créatures peu rassurantes et à des personnes mal attentionnées. Mais ça permettait d'acquérir une expérience et de ne pas faire confiance à tout le monde. Enfin elle n'était pas si innocente que son air le suggérait. Elle ne suivait pas n'importe qui aveuglément et ne croyait pas tout ce qu'on lui racontait telle une brebis égarée non avertie des loups qu'on pouvait trouver. Elle faisait attention à ce qu'elle pouvait trouver sur sa route ne voulant nullement que son corps inerte anéanti par la mort ne revienne auprès de sa mère à qui on avait déjà arraché un de ses enfants. Et puis elle ne voulait pas mourir et encore moins être confrontée à des ennuis qu'elle aurait pu éviter avec un tout petit peu plus d'attention de sa part. Ainsi, elle gardait quand même une petite méfiance envers ceux qu'Eydis mettait sur sa route. Par la même occasion, elle apprit à travers les propos de son interlocuteur que Bairr Bàn n'était pas vraiment tout près. Elle s'en était bien sûr doutée ayant une vague notion de sa situation cartographique, mais le côté temporel rajoutait une idée de distance. Elle savait en plus que cette durée se faisait sans prendre en compte ses nombreux arrêts et détours qu'elle réalisait pour simplement découvrir en tant qu'exploratrice.

Elle écouta la suite et ne put que sourire doucement bien qu'amusée à l'évocation de l'alcool pour délier les langues. Elle avait déjà vu les effets que cela pouvait entraîner chez les êtres. Ne buvant que très peu de ces saveurs alcoolisées, elle ne pouvait pas comprendre par son propre vécu ce que cela pouvait entraîner d'en consommer. Mais elle avait effectivement observé que ça permettait une logorrhée régulière. Ca permettait aussi des comportements vite extravagants et imposants, voire des actes barbares et violents. Mais elle ne tenait pas à en faire une généralité car elle avait vu ça seulement quelques fois et ce n'était pas le comportement de tout le monde consommant. Donc elle ne tenait pas à penser que Solan ferait partie de ceux qui s'emporterait avec ces liquides. En attendant, elle avait compris que parler de son histoire de manière aussi vive serait trop difficile et elle n'insisterait pas. Mais au moins se sentit-elle heureuse de le voir sourire aussi chaleureusement pouvant lui laisser présager qu'il avait apprécié cette intervention, sincère, de sa part. Un voyageur était au fond toujours un peu seul. Enfin, pour sa part ça ne la dérangeait pas car elle réalisait aussi une sorte de pèlerinage pour se ressourcer elle-même avant tout.Trouver ses racines ne pouvait que l'aider dans cette tâche, ainsi trouver son père devait forcément être une quête importante dans son cheminement. Mais sans compagnon de voyage, il y avait des moments de solitude qui pouvait éventuellement peser. Solan n'avait pas l'air d'être accompagné mais il avait peut-être une famille comme elle venait de lui demander. Elle l'observa cependant car la réponse se faisait languir et elle fut surprise de ce délai d'attente. Ses questions l'importunait-il ? Elle n'avait pas tellement réfléchi aux conséquences que les réponses de celles-ci pourraient entraîner. Elle aurait du y réfléchir à deux fois... Elle n'avait pas pensé que ça pourrait le gêner et pourtant ce silence semblait lui faire remarquer. Mais alors qu'il lui avait finalement répondu et qu'il allait lui parler de son travail, la chèvre fit surface. Ainsi après l'hilarité qui l'avait envahie, oubliant tous ses doutes, elle sourit amusée avant de prendre la parole.

"Vu que je n'ai plus chanté depuis ton arrivée, je pense que ce serait présentement la nourriture qu'elle lorgnait avidement avant de s'en emparer."

Comme la chèvre ne sembla pas vouloir partir , elle se permit de passer doucement sa main sur la tête de celle-ci qui malgré son acte restait un animal bien gentil. En tant que druidesse, les animaux étaient pour elle l'équivalent des humains et elle était tout autant attirée par eux que par leurs homologues sur deux pattes. Ils entendirent alors un bruit qui venait des buissons derrière eux et elle tourna la tête se demandant qui faisait ce remue ménage avant de voir surgir deux hommes qui arrivaient avec grande hâte vers eux semblant apparemment en avoir après la chèvre. Mais elle put observer qu'elle fut la seule à le comprendre entre Solan et elle car subitement, celui-ci parut tendu et inquiet la poussant même à remballer ses affaires, ce qu'elle fit plus prise au dépourvu que vraiment inquiète par la situation elle aussi.Son comportement était étrange et elle en fut grandement surprise. C'était étrange car cette réaction laissait suggérer qu'il avait quelque chose à se reprocher. Or elle naturellement avait pensé à la chèvre égarée. Il était bien rare d'en voir de la sorte, sans surveillance, errer dans les terres ainsi. C'est d'ailleurs à ce moment elle qu'elle remarqua qu'il était même prêt à dégainer son épée. Elle voulut l'arrêter ou du moins le rassurer mais les hommes le firent avant elle lui expliquant qu'ils en avaient pour la chèvre uniquement. D'ordinaire, le mot "tourtereaux" l'aurait beaucoup amusée mais ici, elle était à son tour un peu inquiète pour Solan au vu du comportement qu'il venait d'adopter envers ces deux hommes qui n'avaient souhaiter que récupérer la chèvre, mais qui elle l'avait remarqué, faisaient partie de la garde. Elle observa alors l'homme placé à côté d'elle. A quoi pouvait-il donc penser ? Elle avait l'impression que ce moment agréable prenait une tournure plus sérieuse. Qui était-il vraiment ? Elle n'était pas curieuse, mais le voir agir de la sorte lui faisait se poser des questions. Il avait forcément quelque chose à se reprocher mais quoi ? Ou alors était-il recherché pour une raison ou une autre ? alors que leurs regards se rencontrèrent de nouveau, il lui parla avouant que son travail n'était pas le plus sain qui existe mais pourtant sans rentrer dans les détails. Elle avait compris qu'il y avait quelque chose mais jusqu'à quel point ? Etait-il un simple voleur ? Quoi qu'avec une épée telle que la sienne elle se doutait qu'il était sûrement un peu plus... Avait-il déjà tué des gens ? elle n'en savait rien et il ne semblait pas vouloir lui avouer clairement dans l'immédiat. Aurait-elle du être choquée ? Elle ne savait pas très bien dire mais elle se sentait en cet instant surtout touchée par la peur et la souffrance de Solan. Il n'avait pas l'air de trouver ça facile de lui avouer une telle chose. Or pourtant si c'était son métier, n'avait-il pas décidé de lui même de devenir ce qu'il était ? Peut-être s'était-il laisser entraîner dans un engrenage qui le dépassait... Elle ne pouvait pas le savoir avec aussi peu d'informations mais elle n'arrivait pas à briser le silence qu'il avait instauré....elle en avait envie pourtant.
Elle se décida alors à faire autrement et doucement elle voulut approcher sa main pour la poser sur son bras mais voilà qu'il se levait et elle fut fortement surprise par ses propos. Il voulait...partir ? Mais pourquoi ? C'est ce qu'elle lui aurait demandé s'il ne lui parlait pas de l'importuner. Alors là elle ne comprenait vraiment rien. Mais une chose était sûre et elle le sentait- sans comprendre pourquoi c'était aussi fort- elle n'avait pas envie de le laisser partir. Sûrement pas. Alors déjà qu'il s'en allait au loin,elle se leva également, ses affaires déjà prêtes vu qu'il l'avait obligé à remballer, et elle enfila rapidement son manteau puis son sac avant de courir vers lui.

"Attends !"Elle ne s'arrêta que quand sa main attrapa son bras pour le retenir. Elle le regarda dans les yeux un moment avant de sourire "Tu m'as demandé si je faisais le voyage seule ? Et bien oui... Et je dois reconnaître que je ne serais pas contre de la compagnie pour un petit bout de chemin."

En fait elle ne lui laissa pas tellement le choix et tenant toujours son bras, elle se mit en chemin avec lui, respectant son choix de ne pas se mettre sur la route. Du coup elle n'avait pas du tout d'itinéraire mais ce n'était pas important dans l'immédiat. Elle avait juste envie de se mettre en route avec lui et du coup s'éloigner un peu du village pour éviter une toute autre rencontre avec des gardes pour le moment. Elle ne savait pas pourquoi mais elle ne lâchait pas non plus son bras. Comme si elle avait peur qu'il lui fasse de nouveau faux bond. Elle l'entraîna par de là les champs pour finalement arriver sur une étendue non délimitée. Comme une plaine qui s'ouvrait à eux. Elle finit du coup par lâcher doucement son bras et elle lui sourit.

"Désolée je nous ai un peu pressé mais je ne voulais pas qu'on rencontre encore des gardes et que tu ne partes. Tu sais... Bon apparemment ton métier n'est pas le plus droit qui existe, mais pour l'instant ça m'est égal. Tu ne m'as pas fait de mal et mieux tu t'es montré inquiet pour moi et ennuyé de devoir m'avouer que tu avais peut-être, ou sûrement, commis des fautes. Mais si Eydis t'a mis sur mon chemin, je suis sûr que ça ne peut pas être négatif. Alors si tu veux bien de moi, on pourrait rester encore un peu ensemble, pour le voyage."

Elle lui sourit avant de se remettre en route. Elle ne savait pas très bien où tout ça allait les mener, mais pourquoi y réfléchir. Faire un bout de chemin ensemble ne pourrait pas la détourner de sa route et surtout lui faire beaucoup de mal. Et puis comme elle venait de le dire, elle faisait confiance à Eydis. Si Solan était là, ce n'était pas pour rien et peut-être un dessein commun les attendait. Mais alors qu'elle avançait gentiment elle entendit un bruit sourd, ressemblant à un galop, venir de derrière eux. Un "attention !" au loin se fit attendre et elle eut juste le temps de se retourner pour voir qu'un cheval seul galopait rapidement vers elle. Elle eut simplement le temps de se jeter au coup de Solan avec force pour échapper à la fugue intempestive de l'animal. Un autre cheval au loin avec un cavalier cette fois -celui là même qui avait crié au danger - s'élançait derrière espérant rattraper le premier. Mais son geste avait été tellement impulsif suite à la peur subit de l'animal galopant qu'en réalité elle avait renversé Solan et tout deux étaient étendus au sol, elle au dessus de lui, ses bras toujours autour de son cou. Elle se redressa lentement après quelques secondes quand les galops ne furent plus que lointain, enlevant ses bras du cou de Solan pour regarder où était les chevaux. Ils étaient loin et elle se tourna vers Solan pour remarquer qu'elle était sur lui et que son geste l'avait poussé à se rapprocher de la sorte voire à l'écraser au final. Elle mit ses cheveux derrière son oreille un peu gênée et elle se décala rapidement pour s’asseoir à côté de lui.

"Oh excuse moi ! Je ne voulais pas .... Enfin j'ai été surprise et... Je ne t'ai pas fait mal au moins ?" S'excuser était la moindre des choses qu'elle pouvait faire après tout ! Elle espérait quand même vraiment qu'il n'avait rien de cassé ! Penchée un peu au dessus de lui elle attendait qu'il se redresse l'air un peu inquiet bien qu'encore un peu gênée.

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MessageSujet: Re: Quand l'estomac crie famine (PV Solan)   Mer 18 Avr 2012, 13:33

Fuir, mettre plusieurs mètres en elle et lui, tout ça pour ne pas avoir à affronter son regard lorsqu'elle découvrirait quel sale type il est. C'était inévitable s'il restait avec elle, alors la meilleure solution était de disparaître tant qu'il en était encore temps, que ni lui ni elle ne s'en soucient vraiment, ou du moins il le croit. Il se fichait bien d'être pris pour un moins que rien par la moitié des gens qui peuplaient Lanriel mais, parfois, il ressentait le besoin d'agir autrement que par pure cupidité. Ces moments étaient rares, certes, mais ils existaient. Cette fois, c'était tout de même un peu différent: il n'avait pas manqué de remarquer à quel point elle lui ressemblait. Était-ce une coïncidence ? Il avait toujours du mal à se dire qu'Eydis, la Déesse Mère de tout un Monde, avait le temps de s'amuser à semer son chemin de pareilles rencontres, mais parfois, il se surprenait à penser que, peut-être, elle lui réservait à lui aussi un destin. En tout cas, il ne pouvait nier à quel point, elles semblaient proches: physiquement déjà, bien qu'il ne se rappelait plus vraiment ses traits. Cela faisait tant d'années déjà que le froid l'avait emporté, comment aurait-il pu ? Il essayait de ne pas s'en vouloir mais c'était trop tentant, tellement plus facile aussi. Alors qu'il marchait à vive allure vers l'inconnu, il songea à retrouver ce sous-bois dans lequel on l'avait enterré ; peut-être sa tombe était-elle toujours visible ? Il soupira. À quoi bon ? Ses pensées revinrent sur Amaëlys.

Il n'avait pas mis longtemps à se rendre compte qu'elle lui courait après et, s'il ne s'arrêta pas pour l'attendre, il n'accéléra pas pour autant. Fuir, au fond, n'était qu'un acte purement symbolique: qu'importe maintenant si ce qu'il était lui déplaisait, c'était elle qui avait tenu à le retenir. Bien sûr, ça n'apparaissait pas aussi clairement dans l'esprit du paria, mais c'est sans doute ce qui expliquait pourquoi il ne cherchait pas à la semer réellement. Alors la jeune femme le rattrapa bientôt, s'accrochant à son bras pour le retenir. Il croisa son regard et, encore une fois, il n'y vit que de la douceur. Son âme n'était-elle donc fait que de cela ? Il l'écouta lui dire qu'elle souhaitait voyager un peu avec lui et, sans vraiment lui laisser la possibilité de refuser, l'entraîna à sa suite. Au bout de plusieurs minutes à marcher comme ça, à vive allure, elle s'arrêta et dit quelques mots qui, quelque part, lui firent plaisir autant qu'ils l'amusaient:

« - Tu sais, Eydis m'a mis sur le chemin d'un tas de gens, et ça n'a pas toujours été positif pour eux. » dit-il l'air désabusé, mais manifestement convaincu. « - Comprend moi bien: je ne suis pas ... bon, mais ça ne me pose pas de problème. Je préfère simplement éviter que ça en pose à certaines personnes. » Il réfléchit un instant à sa proposition, puis reprit: « - Je n'ai pas repris la grande voie par peur de croiser la garde à nouveau mais, comme je te l'ai dit, il y a toujours du travail pour quelqu'un comme moi, peu importe où je vais. J'imagine que ... » Il hésitait, craignant ce que cela impliquait sur un plus long terme: « - J'imagine que je peux bien t'accompagner un peu. »

Après tout, son retour à Cathairfal n'aurait pas duré longtemps, une semaine ou deux peut-être, le temps de retrouver du travail et de montrer à ses rares connaissances qu'il n'avait pas définitivement disparu. En somme, il se fichait bien de faire un détour de quelques jours ou plus. De plus, il n'avait pas vraiment eu de réels contacts avec quiconque depuis qu'il avait quitté Una il y a quelque temps maintenant. Est-ce qu'il avait pris goût à la compagnie ? C'était possible, en tout cas ce serait mentir que de dire qu'il la fuyait volontiers comme ce put être le cas par le passé. Ainsi, Solan et Amaëlys se mirent en route pour une destination qui leur était inconnu. Ils étaient déjà loin des temples et traversaient maintenant une grande plaine, typiquement le genre de celle qu'il était agréable de traverser et qui rendait la région si agréable à vivre: verdoyante, balayée par une légère brise et clairsemée d'arbres fruitiers. Ils contemplèrent un instant le paysage qui se dévoilait à eux puis reprirent leur route en silence. Que pouvait-il bien lui dire ? Il s'était assez couvert de ridicule à son sens, si bien qu'il se refusait à en dire plus. Peut-être qu'il pourrait reprendre leur discussion là où elle avait été interrompue par l'arrivée des gardes ? Il s'apprêta à dire quelque chose quand un cri l'interrompit. Il n'eut pas vraiment le temps de réaliser ce qu'il se passait que déjà il se sentait tomber sous Amaëlys, plus emporté par la surprise que par le poids de la belle. Ils tombèrent ensemble dans un grand fracas. Qu'est-ce que ... ? Tout était confus, tellement ... Il se passa quelques secondes avant qu'il ne reprenne à peu près ses esprits. Amaëlys s'était jeté à son cou paniquée, l'emportant avec elle dans sa chute. La jeune femme se reprit vite lorsqu'elle se rendit compte dans quelle position ils se retrouvaient maintenant, s'asseyant alors auprès de lui, avant de s'inquiéter au sujet de Solan. Est-ce qu'il allait bien ? Il le crut d'abord, et ce n'est que quand il se redressa qu'il sentit comme quelque chose qui glissait le long de son cou: il saignait. Sa tête avait heurté une pierre lorsqu'ils avaient touché le sol. Poussé par Eydis seule sait quelle inconscience, le paria se releva et dit:

« - Ca va, ce n'est rien. »Il regardait à l'horizon: « - Reprenons la route, si tu veux bien. »

Sans même lui laisser le temps de réagir, il se mit en marche. Son esprit était encore confus, et il se tenait la tête. Ça lui faisait un mal de chien, mais il ne songea pas un instant à s'arrêter. Il fit plusieurs mètres l'air de rien, puis sa vue commença à se brouiller, ses pas devinrent chancelant, mal assuré. Il parvint à avancer encore un peu, puis il s'écroula à nouveau.

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Amaëlys Cathëilina

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MessageSujet: Re: Quand l'estomac crie famine (PV Solan)   Jeu 19 Avr 2012, 12:11

Amaëlys avait été plus que ravie qu'il accepte de faire route avec elle. Après tout, sa présence était fort agréable et même elle avait quelque chose de rassurant. Aurait-ce été pareil si jamais elle ne l'avait pas rencontré jadis ? Elle n'aurait su dire et quelque part, cela n'avait pas d'importance. On ne pouvait pas vivre dans son passé. Il en avait fait partie et ils se retrouvaient actuellement. C'était forcément Eydis qui les avait rassemblé dans un dessein encore inconnu jusqu'alors. Elle n'aima cependant pas ce petit côté négatif chez lui. Il ne pouvait pas être si mauvais que ça, si ? Elle n'en savait rien. Il ne lui avait donné de détails et elle avait cette impression forte qu'elle ne devait pas lui en demander. Comme si elle devait se contenter de ce qu'il lui offrait actuellement. elle n'allait pas s'en plaindre car c'était plutôt plaisant, mais elle se demandait si c'était bon pour lui qu'elle reste dans l'ignorance. Mais il avait eu tellement de mal à avouer qu'il ne travaillait pas comme gentil homme que finalement elle préférait le laisser faire à son aise. Tout comme pour son histoire personnelle. S'il préférait ne pas lui raconter pour le moment, il n'en serait rien. Il était libre de décider de ce dont il voulait lui parler et à quel moment. Après tout, l'échange charnel ne faisait pas d'eux des intimes. Il ne lui devait rien. A l'instant ils n'étaient que deux voyageurs qui s'étaient rencontrés au détour d'un chemin et qui allait faire un petit bout de route ensemble. Ni plus ni moins et elle ne devait pas en attendre davantage. D'ailleurs elle ne le faisait pas. Elle se voulait présente pour lui. Elle se sentait, elle, déjà attachée à cet homme mais sans encore en définir les limites. Le temps le ferait à sa place. La réflexion dans le floue et prospective ne servait à rien. Elle n'était pas devin. Ainsi, le futur lui serait révélé en suivant les bons-vouloir d'Eydis.
Toujours est-il que dans l'immédiat, elle avait un autre petit tracas. Entre se faire piétiner et sauver sa peau, elle avait choisi la deuxième option et cela l'avait poussée à littéralement sauter sur Solan pour les faire valser en arrière. Inquiète du sort qui lui était réservé après l'avoir écrasé, elle l'observait longuement espérant que ça allait. Elle n'avait pas aperçu la blessure qui se trouvait en arrière de la tête, suite au choc. Il avait quand même l'air un peu sonné, ce qu'elle pouvait comprendre. Il faut dire qu'il n'avait nullement eu le temps de se préparer à cette chute et par conséquent, il avait atterri de tout son poids, en rajoutant le sien. Même si elle était loin d'être dans les plus lourdes femmes de Lanriel, dans ce genre de circonstances, l'impact restait quand même imposant. Aurait-elle été une enfant que peut-être il aurait pu en subir de moindres conséquences. Mais ici, elle se doutait que le choc avait été rude. Elle le regarda se redresser ne s'étant toujours pas rendu compte de la blessure qu'elle ne pouvait toujours pas apercevoir.

"Prends ton temps pour te redresser... Il faut que tu forces trop vite!"Mais déjà il lui disait que ça allait, répondant à sa précédente question et il l'invitait à reprendre le chemin. "Attends je crois que tu devrais d'abord rester un peu assis..."

Mais c'était vain. Il était debout déjà et avançait tel un automate sans réfléchir. Elle se releva aussi et se mit à marcher. Elle vit qu'il se tenait la tête et elle sentait bien qu'il n'était pas totalement adéquat et qu'il avait sûrement reçu un choc sur la tête qu'il ne voulait pas lui avouer. La main cachait la plaie éventuelle qu'elle ne pouvait voir plusieurs pas les séparant. Elle allait se mettre à courir un peu pour être à sa hauteur histoire de l'obliger à s'arrêter. Elle ne voulait pas qu'il soit blessé par sa faute et surtout, elle ne voulait pas qui lui arrive quelque chose. Elle était inquiète et de loin elle préférait qu'il se repose un peu avant de reprendre la route. Après tout, enfin pour elle, ils n'étaient pas pressés. Ainsi, prendre quelques minutes pour que le choc s'amenuise n'était pas vraiment un lourd tribut. Mais alors qu'elle allait le rejoindre, elle n'eut pas vraiment le temps de lui imposer quoi que ce soit que déjà elle le vit vaciller avant qu'il ne s'écroule littéralement au sol. Elle sentit son sang se glacer et l'inquiétude monter en flèche ! Qu'avait-il ? Etait-ce grave ?? Pourquoi s'écroulait-il ainsi ? Elle n'avait même pas des sentiments de guérisseuse en elle, mais bien plus de femme. Elle était une femme qui voyait quelqu'un d'important pour elle s'écrouler. Oh bien sûr elle comptait bien appliquer toute ses connaissances pour l'aider mais de prime abord, elle avait d'abord cette inquiétude forte et envahissante.

"SOLAN !" cria-t-elle quand il fut à terre avant d'accourir vers lui.

Elle tomba directement à genoux à côté de lui et l'observa. Ecroulé sur le côté, elle aperçut enfin sa blessure et elle ressentit une culpabilité très forte. S'il était ainsi c'était uniquement de sa faute. Après tout elle aurait bien pu faire un bond en arrière à la place. Elle ne l'aurait pas fait tomber et il n'aurait pas été blessé. Mais elle devait se ressaisir. L'heure n'était pas aux sentiments négatifs. Après avoir rapidement attaché ses cheveux sous forme de queue avec la lanière autour de son poignet, elle se pencha premièrement pour observer la plaie. Ce n'était pas profond, voire assez superficiel. Il avait des chances que la chute soit davantage du au coup en soi qu'à la blessure et ses conséquences. Tant mieux. Elle allait lui appliquer un onguent curatif et cela permettrait de réparer la plaie. Elle nettoya d'abord bien la plaie avec l'eau qu'elle transportait avec elle puis elle mit quelques minutes à préparer tout avant de l'appliquer sur une autre feuille pour la poser sur la plaie. Ce qu'elle ne fit pas tout de suite. Après tout c'était bien beau mais comment allait-elle faire tenir ? Elle observa sa robe une fraction de seconde avant d'en déchirer une partie pour avoir une bande de tissu. Elle appliqua alors la feuille puis redressant doucement la tête, elle entoura celle-ci du tissu pour maintenir la feuille sur la plaie. Sinon il y avait peu de chance que ça marche. Quand ce fut réalisé, elle se mit correctement à genoux et posa délicatement la tête de Solan dessus pour qu'il ait un appui confortable pour sa tête déjà meurtrie. Elle n'avait laissé sur le côté de peur de lui faire mal si elle appuyait sa tête sur l'endroit blessé. Et puis elle l'avait installé correctement donc ça ne devrait pas poser de problème qu'il reste ainsi. Elle se maudissait de ne pas avoir emporté avec quel un petit flacon dans lequel se trouvait un mélange capable de réveiller les morts. Elle aurait pu ainsi le passer un peu sous son nez pour le faire émerger. Là elle se devait d'attendre. Il reviendrait sûrement rapidement à lui mais l'inquiétude voulut que cela arrive plus vite. L'attente était difficile. Elle savait que ce n'était rien de grave, mais elle n'arrivait pas à se raisonner entièrement. Elle regarda alors longuement Solan qui donnait l'impression de dormir. Elle n'arrivait pas à le dissocier de cette nuit dont des bribes lui revenaient encore. Elle se força à les faire partir. Ce n'était pas le moment alors qu'il était blessé et mal en point. Elle se devait de veiller sur lui. Elle dégagea doucement les mèches de cheveux qui s'étaient laissées glisser sur son visage impassible pour que cela ne le gêne pas quand il ouvrirait les yeux. Il était quand même pâle. Il lui faudrait manger quelque chose de sucré à son réveil pour reprendre un peu de force. Et boire aussi. Elle lui donnerait tout ça quand il serait réveillé.

Après quelques minutes à simplement regarder Solan, elle voulut accompagner son réveil et le rappeler doucement vers elle. Alors de sa voix mélodieuse et envoûtante, elle se mit à chanter doucement. Cette mélopée racontait l'histoire d'un roi qui envoûté par une femme abandonna son peuple pour vivre l'amour éternel que la demoiselle lui avait promis. Il recréa alors un monde ailleurs, où sa déesse personnelle devint sa reine et où leurs enfants connurent le bonheur indéfectible de leurs parents. Elle aimait cette chanson. Elle était douce et apaisante, le contenu était optimiste et beau. Elle connaissait nombreux chants de guerre, d'aventures ou encore de prière. Mais cela ne lui semblait pas adéquat pour accompagner l'homme étend non loin d'elle, dont la tête reposait sur ses genoux. Elle voulait quelque chose de doux. Ainsi chanta-t-elle doucement, sa queue de cheval se mouvant doucement au gré du vent frais d'un temps ensoleillé. Elle regardait toujours de temps en temps Solan pour être sûre qu'il ne se réveillait pas. Elle ne tenait pas à ce qui se lève d'un coup dans son état. Elle avait besoin qu'il se repose et qu'il profite de ce temps allongé. Quand elle le vit enfin ouvrir les yeux, elle arrêta son chant à la fin d'une phrase et le regarda un petit instant avant de parler.

"Comment tu te sens ?"

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MessageSujet: Re: Quand l'estomac crie famine (PV Solan)   Jeu 26 Avr 2012, 14:26

Il fait noir. Partout. Il essaie d'ouvrir les yeux mais ses paupières sont trop lourdes. Il reste aveugle. Et sourd ? Il n'entend rien en tout cas. Il tend l'oreille, se concentre. Rien. Rien d'autre que le silence. Quel est ce néant qui l'entoure ? Immobile car incapable de faire le moindre mouvement, il attend. Il n'a même pas la présence d'esprit d'être inquiet. Il attend seulement. Il est mort peut-être ? Qui sait, qu'importe. Il n'essaie pas de parler, il sait que c'est inutile. Il ne sent pas son corps et il ne le distingue pas de l'obscurité qui l'entoure, totale. Il ne s'en inquiète pas. Au fond, il est bien comme ça: l'esprit calme, il ne pense à rien et, son corps disparu, il ne souffre plus du tout. La réalité n'existait plus qu'à travers un vague souvenir, lointain. Il n'essaie pas de s'en rapprocher, il n'en sent ni l'utilité et il ne sait de toute façon pas comment s'y prendre. Il attend alors. Bientôt pourtant, une image lui vient. Lis. Confus, son visage lui apparaît sous les traits d'Amaëlys, pourtant il ne peut que deviner sa véritable identité. Sans vraiment le vouloir, des souvenirs lui reviennent. Des souvenirs heureux: il croit que ce sont les premiers de sa vie d'homme car, avant elle, il n'avait été que solitude et, après elle ... Est-ce qu'il l'avait aimé ? Aujourd'hui, il savait que oui. À l'époque, comment aurait-il pu le savoir ? Il ne parlait même pas la langue, n'avait jamais vraiment vécu parmi les hommes, pas ceux de Lanriel en tout cas. Elle lui avait tout appris. Il la revoit rire, chanter, pleurer aussi. La vie n'avait jamais été facile ni pour elle ni pour leurs autres compagnons d'infortune, et tout était devenu pire encore après que le froid l'ait emporté. Ni lui ni Freagairt, ni aucun autre membre du groupe n'avaient été le même à partir de ce jour. Qu'est-ce qui se serait passé, si elle avait survécu ? Il ne se risquait pas à penser qu'elle put avoir quelque sentiment que ce soit à son égard, évidemment, mais peut-être que ... Peut-être Freagairt n'aurait pris le risque de s'introduire dans cette maison ? Peut-être alors que Solan n'aurait jamais été pris, n'aurait jamais été à l'armée, n'aurait pas été tant dégoûté de cette existence dégueulasse que la légalité lui offrait. Solan en était convaincu: sa vie aurait été bien plus épanouie si elle n'était pas morte. Il revoyait sa tombe, creusée à même la terre d'un sous-bois isolé. Il sait que sa disparition est définitive. Et pourtant ... est-ce sa voix qu'il entend maintenant ?

Un chant, lointain. Happé à des lieues de là par toutes ces images qui lui étaient revenues, Solan ne parvenait pas à saisir le sens des mots qu'il entendait pourtant. Sans vraiment chercher à faire autrement, il se laissa guider par la voix mélodieuse qu'il entendait, comprenait de mieux en mieux. Un chant d'amour. Il n'en avait jamais été friand: selon lui, l'amour n'existait pas vraiment. Pas comme le laissaient apparaître ces chansons. Malgré ça, malgré son appréhension, il se laissa transporter volontiers par cette voix qui, il le sentait, le tirait peu à peu de ses songes, comme si quelqu'un avait plongé dans les abysses dans lesquelles il s'était retrouvé piégé pour mieux le remonter à la surface. Il n'avait aucun effort à faire, juste à se concentrer sur les paroles, sur leur douceur. Bientôt il sentit son corps à nouveau, sa blessure qui lui déchirait la tête et toutes les petites gênes anodines qui avaient disparu en même temps que son esprit avait sombré. Ses pensées, d'ailleurs, redevenaient de plus en plus claires, plus pesantes aussi. Des tonnes de questions fusaient à l'infini, l'oppressaient: où était-il ? qu'est-ce qu'il s'était passé ? pourquoi souffrait-il autant ? La voix, elle, se faisait de plus en plus proche, de plus en plus belle aussi. Il se noyait maintenant tout à fait en elle et, l'instant d'après, il ouvrait les yeux. Un visage, flou d'abord, lui apparut:

« - Lis ? Comment ... » lâcha-t-il d'une voix faible, l'air surpris.

Il ne fallut guère longtemps avant qu'il ne se rende compte de son erreur. Ce n'était pas sa défunte amie qu'il voyait, mais bien Amaëlys qui le regardait l'air profondément inquiet. Il se sentait un peu bête et lui sourit fébrilement: comment pouvait-elle lui rappeler tellement Lis ? Il ne savait pas vraiment. La druidesse lui demande comment il allait, pourtant Solan ne répondit pas d'abord. Comment il allait ? Mal. La tête posée sur les genoux d'Amaëlys, il sentait néanmoins la douleur qui était toujours présente bien qu'amoindrie. Et puis, il avait encore ces images du passé qui lui revenait à l'esprit.

« - Pas très bien. » dit-il, bref. « - J'ai mal à la tête. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

Si Solan se souvenait bien de tout ce qu'il venait de revoir en songes, il n'avait qu'une idée confuse de ce qui s'était passé avant qu'il ne perde conscience. Les yeux rivés sur Amaëlys, il semblait encore un peu perdu. Après plusieurs secondes à rester immobile, il prit le temps de se redresser doucement afin de ne plus encombrer les jambes de la guérisseuse et, sans se mettre debout, il se positionna en face d'elle. Décidément, elle ne lui avait pas apporté que des bonnes choses, pourtant il ne pouvait pas lui en vouloir. Il comprit que, qu'il le veuille ou non, il était attaché à elle, si bien qu'une simple chute ne suffisait pas à l'énerver comme il l'aurait été si cela avait le fait d'une inconnue ou presque.

« - Combien de temps je suis resté inconscient ? J'ai l'impression que ça a duré des heures. » demanda-t-il, l'air soucieux. « - Merci d'avoir veillé sur moi, en tout cas. »

Bien sûr, la possibilité qu'elle ait pu l'abandonner était improbable, pourtant il lui était reconnaissant de l'aide qu'elle lui avait apporté. Soudain, la douleur le frappa plus violemment et il vint instinctivement poser sa main sur l'endroit de sa blessure, ce qui eut pour effet de lui faire remarquer le bout de tissu qui lui enserrait maintenant la tête. Il ne mit pas longtemps à faire le lien avec le morceau de tissu qu'il manquait à la robe de la belle. Il lui sourit, toujours un peu difficilement tant la douleur continuait de le malmener, et dit:

« - Je crois que je te dois une nouvelle robe. » Puis il se laissa tomber doucement à la renverse, calant son bras sous sa tête pour éviter qu'elle n'entre en contact avec le sol. Il rajouta ensuite: « - Qui t'a appris à si bien chanter ? De belles chansons, en plus. Je crois que c'est ça qui m'a permis de ... »

Il s'arrêta net, conscient que l'idée même que son chant ai contribué à le faire revenir à lui était tout à fait ridicule. Il chasse cette idée de son esprit et, à nouveau allongé, Solan contemplait le ciel bleu qui s'étendait à l'infini au dessus d'eux. Il s'étonnait encore de voir tant de similitudes entre Lis et Amaëlys. Rien que leurs noms étaient semblables et cela le fit sourire, sûrement un peu bêtement aux yeux de la druidesse qui ne devait pas comprendre pourquoi. En tout cas, il se demandait maintenant si cette ressemblance n'était pas que le fruit de son imagination. Il avait souvent cherché à retrouver chez les femmes qu'il avait côtoyées cette douceur naturelle, permanente, que dégageait Lis dans ses souvenirs, sans jamais y parvenir vraiment. Amaëlys, elle, semblait faire exception. Revenant un peu à lui, il ajouta finalement:

« - Laisse-moi cinq minutes, le temps que je reprenne tout à fait mes esprits ... puis nous reprendrons la route. »

Il se sentait déjà un peu mieux qu'il y a quelques instants.
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Amaëlys Cathëilina

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MessageSujet: Re: Quand l'estomac crie famine (PV Solan)   Lun 30 Avr 2012, 15:16

Amaëlys regardait Solan étendu ainsi sur ses genoux. Il avait l'air paisible malgré le bandage qui rappelait inévitablement le choc qu'avait entraîné sa chute. Il était là sur ses genoux et semblait lentement reprendre contenance et revenir de son inconscience. Elle ne bougeait pas et gardait, sans trop le toucher cependant, ses mains non loin de sa tête pour l'empêcher si jamais de faire des gestes trop brusques ou des mouvements qui pourraient lui apporter souffrance. Elle le regardait avec des yeux doux quand il ouvrit lentement les yeux. Surprise fut de remarquer qu'il ne semblait pas la reconnaître. Lis ? Qui cela pouvait-il être... Une femme certainement. Une personne de sa famille ? une amie ? Une femme aimée ? Elle n'en savait rien et dans l'immédiat, sa surprise semblait partagée par l'homme étendu devant elle. Peut-être avait-il perdu de vue cette femme ou alors s'était-elle éloignée de lui.... que de questions légitimes qui lui traversaient l'esprit mais qu'elle garda dans l'immédiat pour elle. L'important d'abord était de savoir s'il avait des séquelles de sa blessure actuellement ou s'il se sentait assez bien pour pouvoir continuer la route immédiatement - ce dont elle doutait. Elle attendit de le voir revenir à la réalité espérant quand même que la blessure qui était en train de se soigner grâce à son intervention n'était pas plus grave que ce qu'elle n'avait cru. Normalement, elle était malgré sa jeunesse quand même un brin experte de sa matière de prédilection, aussi savait-elle reconnaître une blessure grave d'une plus superficielle. Ici, le choc avait été rude mais la plaie lui semblait plutôt légère, mais pas négligeable pour autant. Un sourire fin finit par se dessiner sur les lèvres de Solan ce qui la rassura quand même bien qu'elle ne le sentait pas totalement bien. Son regard d'abord voilé reprenait doucement ses couleurs pour obtenir plus de clarté visuelle. Néanmoins, elle avait l'impression que ce choc avait amené une reviviscence de souvenirs qu'elle ne déterminerait pas de plaisant mais dont elle n'avait pas assez connaissance pour pouvoir vraiment le stipuler. De toute façon, au fond, elle en savait très peu sur la vie de Solan. Ils s'étaient rencontrés il y avait longtemps aux fêtes de Beltane mais tout ce qu'il avait vécu avant et tout ce qu'il avait vécu après jusqu'à maintenant, elle n'en avait nullement connaissance. Il réalisait un travail peu convenable semblerait-il mais quelle était sa vie ? Peut-être un jour arriverait-elle à mieux le connaître ou alors que le petit bout de chemin qu'ils allaient faire ensemble les rapprocheraient indéniablement. Mais elle ne pouvait en être certaine et de toute manière comme elle se le répétait souvent, elle était druidesse et non devineresse : le futur avait donc ses mystères qu'elle se devrait de découvrir comme tout le monde, avec le temps. Toujours est-il que pour l'immédiat, elle devait s'occuper de lui car il venait de répondre à sa question et de lui confirmer qu'effectivement il n'allait pas vraiment bien. Elle ne s'en étonna guère car il était quand même resté inconscient plusieurs minutes ce qui coïncidait plutôt bien avec un choc rude et non une simple égratignure. Il semblait même ne pas réaliser clairement ce qui lui était arrivé. Elle prit une voix douce et pas trop forte pour lui répondre. Si mal de tête il avait, un timbre de voix trop agressif pourrait ne point aider au rétablissement.

"Je t'ai fait chuter et tu t'es cogné la tête assez violemment sur une pierre. Par la suite, la confusion t'a amené à te relever trop vite et à vouloir poursuivre notre périple mais le choc t'a amené vers l'inconscience."

Les cheveux toujours attachés, ceux-ci ne tombaient qu'en petite masse peu gênante sur le côté de son visage, dégageant quand même fortement celui-ci, baissé pour pouvoir voir Solan. Cette position changea avec le redressement de l'homme qui finalement se mit en position assise. Elle l'aida doucement à se redresser en glissant ses mains derrière sa tête pour qu'il n'ait pas trop à forcer. Face à elle il la regarda et elle en fit de même redressant la tête et souriant doucement. Bien qu'observatrice d'un symptôme qui montrerait un désagrément important, son inquiétude laissait quand même place à un soulagement de le voir conscient. Elle avait cependant peur qu'il ait été trop vite pour se redresser mais comme elle avait accompagné sa tête, au moins était-elle sûre que le changement de position n'ait pas été trop rude. Il se questionna de nouveau sur son inconscience ce qu'elle comprit. Il n'était pas évident de vivre avec des trous noirs de sa vie. Cela devait être fortement déplaisant et elle ne tarda par conséquent pas à lui répondre.

"Tu es resté quelques longues minutes inconscient. Ce n'est pas anormal que tu aies cette impression car cela t'a désorienté. Et puis ne t'en fais pas. Je suis la responsable de ta chute, si je ne m'étais pas occupé de toi, j'aurais subi les colères d'Eydis."

Elle lui sourit amusée à cette idée. Ce n'était que pointe d'humour car au fond elle était déjà trop attachée à lui pour pouvoir ne serait-ce imaginer une seconde qu'elle le laisse souffrir sans rien faire. Déjà, même pour un inconnu elle ne l'aurait pas fait. Alors ici pour lui, il y avait vraiment peu de chance que ça arrive. Elle le vit alors en proie à une souffrance plus forte et s'inquiéta quand même un peu le voyant mettre par la suite sa main sur sa blessure. Bien qu'il lui sourit, elle perçut clairement la douleur dans cette expression et elle se demanda si maintenant qu'il était réveillé elle ne lui préparerait pas une potion apaisante. Il ne fallait pas grand chose et elle pourrait la préparer rapidement pour l'aider. Elle était déjà en train de réfléchir à ce dont elle avait besoin quand il lui parla de sa robe avant de se coucher. Elle avait déjà totalement oublié l'utilisation de son habit comme pansement de fortune. Elle lui sourit doucement.

"Te réveiller ? " termina-t-elle quand il parla de sa voix. "Je t'avoue que c'est pour ça que j'ai chanté. Je n'ai aucun mérite. Nous autres druides sommes très souvent voire tout le temps doté d'une voix au timbre très spécial. C'est pour cela que généralement on nous demande très souvent de chanter ou de jouer un instrument car nous avons beaucoup de facilités dans le domaine. Ma mère ayant une magnifique voix, j'en ai hérité. Elle m'a toujours dit que je la surpassais mais je n'en suis pas du tout convaincue." elle ajouta après un instant " Et ne t'en fait surtout pas pour ma robe, ce n'est que du tissu et j'en ai dans mon sac pour la raccommoder. "

Elle l'observa alors un moment remarquant qu'il était reparti dans ses pensées. Elle se demanda où son esprit errait dans les méandres des souvenirs mais elle ne chercha pas à le rappeler vers elle cette fois-ci. Il appartenait à chacun d'avoir le droit de plonger dans sa mémoire à la recherche de plaisirs d'antan. Elle même se remémorait souvent son enfance à Perllan et rien ne pouvait la rendre plus enjouée que de penser à sa mère et à sa vie là bas. Ainsi, elle ne priverait sûrement personne de profiter des capacités mnésiques du cerveau humain. Elle lui sourit de nouveau.

"Ne t'en fais pas prends ton temps." en se levant. "Je vais aller chercher une plante pour te préparer une potion qui apaisera tes douleurs. L'onguent que j'ai mis sur ta blessure ne fera que la soigner mais ça n'apaisera rien. Maintenant que tu es réveillé je vais te préparer ça. Ne bouge pas je reviens vite."

Elle le laissa alors et partit pendant quelques minutes pour trouver les plantes dont elle avait besoin. La potion qu'elle allait préparer était une base dans le domaine de l'herboristerie et heureusement les ingrédients étaient des plantes courantes et facilement trouvables. C'était bien pour ça que cette potion était une base. Elle revint alors près de lui et s'agenouilla avant de poser les ingrédients et de sortir de son sac de fortune de quoi écraser et préparer la potion. Elle s'attela à la tâche après précaution mais surtout avec des gestes sûrs et assurés car elle en connaissait le principe par coeur et cette potion n'avait vraiment plus aucun secret pour elle. comme cela mit quelques instants, elle se permit de le questionner à son tour.

"Dis moi... Lis qui est-ce ? Je ne veux pas me montrer indiscrète donc tu peux bien sûr ne pas me répondre.Mais je t'avoue que je ne pouvais pas retenir ma question."

Elle lui sourit. Elle ne voulait pas qu'il se force à lui donner des informations sur sa vie. Mais comme elle avait été prise pour cette demoiselle ou femme qu'elle ne connaissait pas, elle s'était permise une petite curiosité pour en apprendre davantage. Après quelques nouvelles minutes, elle lui tendit le petit breuvage, de petite quantité, mais bien assez suffisant pour l'aider.

"Voilà. Avec ça, ton mal de tête devrait s'atténuer et disparaître pendant un bon moment."

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Solan Runnarth

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MessageSujet: Re: Quand l'estomac crie famine (PV Solan)   Mer 09 Mai 2012, 18:10

Toujours un peu étourdi, il se remémorait les quelques instants précédents sa chute au fur et à mesure que Amaëlys les lui racontait. Il lui sourit un peu alors qu'elle lui expliquait qu'elle était la seule responsable de leur chute: il n'allait pas la contredire, mais il ne la blâmait pas pour autant. À ce moment, il maudissait ce cavalier qui avait surgi d'il ne savait où, poussant la druidesse a lui sauter au cou à nouveau pour éviter d'être renversé. Enfin, Solan n'en voulait pas à Amaëlys, d'autant qu'il ne s'agissait pas d'une si vilaine blessure. D'ailleurs, il n'aurait sans doute sombré dans l'inconscience s'il avait pris cinq minutes pour se reposer. En fait, il avait été imprudent, comme souvent. Il n'avait plus beaucoup d'espoir quant à ce penchant qu'il avait d'accorder si peu d'importance à sa raison, écoutant bien trop souvent tout ce qui pouvait le pousser à agir de façon inconsidérée, que ce soit son orgueil, son instinct ou un tas de choses encore qui, malheureusement, pesaient souvent bien plus lourd que la sagesse. Amaëlys lui expliqua ensuite d'où elle tenait cette si jolie voix. Il s'étonnait de n'avoir jamais remarqué ce talent chez les autres druides, pourtant si courant selon la jeune femme. Il ne se posa pas la question de savoir pourquoi celui de son amie lui apparaissait si clairement, se contentant de dire:

« - Au moins, cela m'aura permis de t'entendre chanter une nouvelle fois. Un mal pour un bien, comme on dit. »

Est-ce qu'il serait prêt à payer ce prix à chaque fois qu'il souhaiterait l'entendre chanter ? Non, sans doute pas, mais il ne pouvait pas toujours voir le mauvais côté des choses, n'est-ce pas ? Un tel désir de trouver du bon dans du mal était trop rare chez lui pour qu'il s'en prive. Toujours allongé sur le sol, Solan regardait Amaëlys qui s'éloignait dans le but de lui concocter une potion censée apaiser ses douleurs. À mesure qu'il la voyait virevolter ici et là à la recherche des plantes qu'il lui fallait, Solan ne put s'empêcher de repenser à cette nuit qu'ils avaient passée ensemble, il y a trois ans de cela. Il se répétait que tout cela n'était que pur hasard, et pourtant ... quels chemins avaient-ils pris tous les deux pour qu'ils se retrouvent à nouveau après tant de temps ? Ils n'étaient jamais censés se revoir, et pourtant c'était comme si le destin en avait décidé autrement. Le destin ? Il se sentait presque coupable d'avoir prononcé, même intérieurement, un tel mot. Il n'avait jamais cru en ce concept, pas plus qu'en la volonté d'Eydis. Malgré ça, il ne pouvait pas se résigner à penser que le hasard faisait si bien les choses qu'il puisse réunir deux individus comme eux après des mois de séparation. Ne pas savoir quoi penser était rageant, frustrant même: les choses semblaient beaucoup plus faciles pour Amaëlys qui, par sa nature de druidesse, croyait forcément que tout cela n'était que le fruit de la volonté d'Eydis. Elle, elle n'avait pas à se torturer l'esprit comme lui actuellement, au moins. À cet instant, il se demandait si le fait qu'Eydis les aient remis sur la même route impliquait une finalité, un but, quelque chose, n'importe quoi ... Y avait-il seulement une réponse à cela ? Il n'était pas né avec le don de divination et, à ce moment, il le déplorait.

Quelques minutes plus tard, Amaëlys revint finalement vers lui. Apparemment, elle semblait ravie de ses trouvailles et ne tarda d'ailleurs pas à se mettre à sa besogne. De son sac, elle extirpa quelques ustensiles dont la simplicité étonna Solan: de quoi écraser et mélanger les plantes, et c'était tout, apparemment. Ainsi, la fabrication d'une potion à même d'apaiser les maux était-elle vraiment si simple à réaliser ? Il avait payé assez de baumes et de mixtures en tout genre pour savoir que ceux qui les fabriquaient ne les cédaient qu'à prix d'or, si bien qu'il ne pouvait s'empêcher de se sentir flouer. Enfin, peut-être était-ce simplement les gestes experts d'Amaëlys qui lui donnaient cette impression de facilité ? Visiblement, elle savait ce qu'elle faisait et, quelque part, ça le rassurait. Soudain, la voix de la jeune femme attira son attention sur elle plutôt que sur son entreprise. Elle le questionnait sur Lis.

« - Lis ... Je n'ai pas entendu ce nom dans la bouche de quelqu'un d'autre depuis des années. » avoua-t-il, sans vraiment qu'on puisse deviner si c'était à regret ou pas. « - Lis était une ... amie. C'était il y a plus ou moins dix ans, elle et moi faisons partie d'un groupe d'enfants et nous ... survivions, disons, avec tout ce que cela implique. » Il se refusait encore à expliciter tout ça. « - Je viens de Darya, tu sais ? Quand je les ai rencontrés, je ne parlais que le dialecte de mon île. C'est elle qui m'a tout appris: à parler, à lire, à écrire ... Et d'autres choses encore. » Il se tut un instant. Il s'apprêtait à attaquer la partie de ses confessions qui lui paraissait la plus gênante: « - Tu me fais penser à elle. C'est tout. Elle est morte maintenant. »

Il ne lui rendit pas son sourire. Il ne lui en voulait pas de s'être montrée curieuse, mais ça le préoccupait trop. À vrai dire, il fut heureux que la jeune femme lui tende enfin le fruit de son travail. Il n'y avait pas beaucoup du précieux liquide, aussi il l'avala d'une seule traite. Il n'osa pas vraiment lui en dire davantage: si elle le souhaitait, il continuerait de satisfaire sa curiosité. En attendant, il se tut encore un moment et, bientôt, son mal de tête disparut.

« - Bien, je vais mieux. Reprenons notre route, tu veux ? »

Il se leva, ramassa ses affaires et attendit qu'Amaëlys remballe les siennes. Ensuite, ils reprirent leurs chemins, ensemble.
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