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 Entre deux portes ▬ PV Athran

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Scarlett de Vinter

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MessageSujet: Entre deux portes ▬ PV Athran   Dim 01 Avr 2012, 07:35

Peau laiteuse sur le bois sombre, les doigts de la jeune femme parcouraient le lambris sombre du corridor alors qu'elle déambulait avec une nonchalance toute étudiée. Il lui fallait ignorer la tentation du soleil éclatant qui entrait à flots par les fenêtres, ignorer le spectacle des jardins en fleurs, les trilles des oiseaux, les notes de musiques et les échos des conversations animées qui lui parvenaient. L'envie de se joindre au reste des Blasonnés qui déambulaient lentement dans les allées parfumées de senteurs estivales la tenaillait mais la nécessité d'attendre et le devoir l'emportaient sur toutes ses envies personnelles. Elle ne se trouvait pas en ces lieux par plaisir mais parce que sa fonction, sa véritable fonction, l'exigeait. Il était temps d'avertir le fiancé d'Izhelindë de son existence et de tout ce qu'impliquait sa présence. Elle avait un instant envisagé de ne pas le faire avant que la situation ne l'exige mais il lui était rapidement apparu qu'elle ne pouvait pas se permettre une attitude aussi cavalière. Arsenios lui laissait la bride suffisamment longue sur ses actions mais elle savait qu'il tolérerait difficilement qu'elle ne mit pas son gendre, futur prince consort, dans la confidence. Faire un jour irruption dans son intimité pour l'avertir d'un éventuel complot sans l'avoir au préalable averti qu'il s'agissait de sa fonction eut été d'une impolitesse impardonnable. Aussi Scarlett avait-elle entrepris de traquer le dragonnier jusqu'à ce qu'il entre finalement dans une partie du palais qui se terminait en cul de sac. Là dans les logements de la famille royale, l'assassin pouvait tout contrôler. Et il ne restait officiellement Athran Ildahel qu'un seul chemin pour sortir. Celui par lequel il était entré. Celui dans lequel elle se tenait à présent.

Il existait certes d'autres passages, d'autres couloirs dissimulés dans l'architecture de l'antique palais. Mais sa cible ne résidait pas à Cathairfál depuis suffisamment longtemps pour les connaître. Personne n'avait sans doute pris la peine de l'entretenir des diverses voies de repli qui existaient au sein des appartements privés de la famille régnante et elle l'imaginait mal entreprendre de telles recherches seul. Il n'était pas dans les coutumes des dragonniers de rechercher de telles portes de sortie. Il y avait fort à parier que si le malheureux fiancé de leur intenable princesse cherchait à s'enfuir, il se contenterait d'ouvrir la fenêtre pour en appeler à son dragon. Ce dont elle ne le blâmait pas loin de là. Eut-elle disposé d'un de ces redoutables reptiles pour son usage personnel qu'elle l'aurait sans doute préféré à une fuite à travers les boyaux crasseux, pleins de toiles d'araignées que ne fréquentaient d'ordinaire que quelques espions malchanceux. Espions auxquels elle avait donné congé. Personne n'avait besoin de savoir ce qui se passerait lorsque Scarlett de Vinter, assassin royal, se présenterait à Ithran Ildahel. Les dragonniers étaient suffisamment instables et extrémiste pour que la jeune femme récolte un mauvais coup. Si c'était le cas, il était hors de question qu'il y eut un témoin.

Vaincue finalement par l'attrait des rayons du soleil et la perspective de réchauffer un peu le corridor glacée, Scarlett ouvrit une fenêtre faisant pénétrer dans la forteresse l'air chaud qui soufflait dehors. Enfin ce couloir sombre reprenait-il un peu vie... Le futur gendre d'Arsenios avait-il donc fini de la faire attendre ? Elle regardait d'un oeil impatient le bout du couloir lorsque des pas résonnèrent sur les lambris et les boiseries. Tout de même! Effectuant un dernier contrôle critique de sa tenue, elle se prépara mentalement à cet entretien. Apercevant la silhouette d'Athran Ildahel se diriger vers elle, elle se fendit d'une révérence gracieuse. "Sire, pardonnez-moi de vous importuner mais il faut que nous parlions..."

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Dernière édition par Scarlett de Vinter le Lun 07 Mai 2012, 06:28, édité 2 fois
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Athran Ildahel

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MessageSujet: Re: Entre deux portes ▬ PV Athran   Lun 02 Avr 2012, 02:13

Athran n'avait quitté la forteresse que depuis quelques jours à présent mais déjà celle-ci lui accordait nombreux manques comme partager le quotidien d'un Dragonnier. Certes il s'était préparé à une vie plus royale et un éloignement provisoire des actions du terrain et de chevauchées récurrentes avec Elthaïr mais cela ne restait cependant pas plus facile à supporter pour la cause. Heureusement, l'avantage était que maintenant qu'il avait été officiellement annoncé et que tout le monde savait qui il était, il pouvait librement errer dans les airs avec son compagnon de route comme bon lui semblait. Il devait reconnaître qu'il en avait bien besoin car il n'était pas homme à rester enfermé et au vu de sa relation avec la princesse, sa future épouse, s'aérer l'esprit était plus que nécessaire. Il revenait d'ailleurs d'une errance souhaitée dans les airs et d'un bol d'air bien frais que cela avait pu lui procurer. Il était particulièrement fatigué ces derniers temps suite aux responsabilités diverses et abondantes auxquelles il devait faire face mais aussi aux efforts importants qu'il réalisait envers la princesse qui ne daignait pas montrer un soupçon de geste positif envers lui. Il pouvait la comprendre mais cette relation ne pourrait jamais fonctionner s'il était le seul à le souhaiter. Mais peu importe.. Il n'était encore qu'aux ébauches de cette nouvelle vie et rien était encore jouer à ce jour. Heureusement, le Roi et la Reine étaient tout deux présents pour lui et lui accordaient au mieux leur temps pour qu'il ne se sente pas totalement dépassé. Il n'était pas le genre d'homme à chercher réconfort ni à souhaiter être materné, les responsabilités et l'initiative étaient des domaines qu'il maîtrisait. Mais une vie royale n'est pas chose aisée quand on n'a pas été baigné dedans et encore nombreux acquis sont à acheminer pour le futur rôle que sera le sien. Il tient à être digne des attentes d'Arsenios et des espoirs qu'il met en lui. Et puis au fond, il savait que bientôt viendrait le temps où il retournait à Mhian Dhiaga. Sa vie se ferait toujours entre ces deux endroits. Mais pour le moment, il avait des obligations au Palais au vu de l'annonce récente de ses fiançailles et il ferait avec et respecterait cela pour le moment. Au final, tant qu'Elthaïr était à ses côtés et qu'il pouvait le voir autant que cela était nécessaire, il ne pouvait décemment pas exiger davantage. Mais ce soutien lui restait capital et vital.

Athran quitta sa chambre dans laquelle il était revenu après son bol d'air aérien. Il était venu enlever le vêtement de chaleur et ceux plus dragonniers qu'il avait revêtu ce matin pour commencer cette journée. Maintenant qu'il lui semblait ne pas devoir quitter les autours de Cathaïrfál, il préférait porté des vêtements plus souples, moins militaires et qui lui donnaient un peu plus de prestance pour déambuler dans les alentours et réaliser ses fonctions royales. Ce n'était pas vraiment des vêtements qu'il avait l'habitude de porter mais il savait qu'ici l'habit dragonnier était plus apte au terrain et à une fonction militaire qu'à une fonction royale qui était désormais la sienne. Il ne porterait bien sûr pas que ça mais tant qu'il en était aux fiançailles, il se devait de faire bonne figure. Un dragon était de toute façon brodé dans son dos ce qui ne laissait pas suggérer autre chose qu'une origine dragonnienne, pour ne pas perdre ses racines, même si selon lui ce n'était qu'un détail et que dragonnier il l'était dans l'âme. Toujours est-il qu'il emprunta le couloir de sa chambre et qu'il avança pour rejoindre des quartiers connus et où sa présence était souhaitée. Son esprit toujours vif et en action n'avait cesse de réfléchir aux différentes choses qu'il devait réaliser ce jour. C'est alors qu'il prit à droite au bout du couloir plutôt que de prendre à gauche et ce ne fut que quelques minutes plus tard qu'il réalisa qu'il ne savait point où il était.Son sens de l'orientation était poussé et ses sens souvent affûtés mais ici il n'avait guère prêté attention aux détours du Palais dont il ne connaissait encore point les moindres recoins. Le temps lui avait manqué pour découvrir les magnifiques finitions et les couloirs sans fond de cette demeure gigantesque et inimitable. Aussi abandonna-t-il ses réflexions pour tenter de recouvrer le chemin adéquat, celui qui le mènerait là où il le souhaiterait. Après quelques demi tours forcés, il emprunta un couloir où la lumière lui était parvenue. Aujourd'hui était un jour clair et ensoleillé, raison pour laquelle il avait souhaité prendre l'air, et dans ces couloirs remplis de pénombre, la lumière lui avait semblé être un chemin intéressant. Il emprunta donc le couloir et aperçu une silhouette qui se dessinait dans le soleil. Une femme se tenait là et semblait attendre ou profiter de la chaleur qui pénétrait les lieux. C'était une bonne opportunité pour lui que de pouvoir demander conseil.

Alors qu'il se dirigeait vers elle, avant qu'il n' eut le temps d'ouvrir la bouche, celle-ci fit une révérence vers lui - ce n'était pas inhabituel maintenant qu'il était désigné futur roi - mais surtout tint des propos le concernant qui montrait que c'était sa personne qu'elle attendait. Le terme "sire" le prit cependant quelque peu au dépourvu. Bien que ce titre lui revenait, il n'était nullement encore le sien et il ne l'avait encore que peu entendu pour lui n'étant donc que peu familiarisé avec le terme. Il salua cependant cette jeune femme et lui sourit.

"Bien que le terme "sire" me semble prématuré, que puis-je faire pour vous mademoiselle... ?"

La suspension de ces trois petits points était une invitation pour cette dernière à se présenter. Ici la population était nombreuse et bien qu'il connaissait tout le monde dans sa forteresse, il ne pouvait en dire autant du Palais. Il avait encore beaucoup de personnes à rencontrer pour prétendre avoir fait le tour des sujets. pour lui il était important qu'en tant que futur roi, il respecte les personnes qui étaient autour de lui et pour ce faire, il se devait par conséquent de connaitre leur nom et leur fonction. Il était persuadé qu'Arsenios était de son avis et surtout connaissait ses fidèles comme il le devait. C'était donc à son tour d'apprendre désormais à connaître ces personnes qui allaient faire partie de son quotidien et surtout avec qui il devrait épauler la future reine le mieux possible.

"Je vous aurais bien invité à prendre place dans un endroit plus décent qu'un couloir pour discuter mais voyez vous, je ne connais pas encore assez cette demeure pour vous indiquer un chemin qui répondrait à mon attente."

il sourit toujours à cette demoiselle. Il avait entendu le ton plutôt officiel de la jeune femme mais cette note d'humour n'était nullement pour se dérober. Disons qu'en réalité ce n'était seulement que la vérité. Il était perdu dans ce dédale et elle pourrait sûrement l'aider. Et puis effectivement, pour lui il y avait meilleur endroit pour discuter si tel était le désir de cette inconnue. Il apprendrait bien vite qu'elle avait choisi ce lieu sciemment.



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Scarlett de Vinter

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MessageSujet: Re: Entre deux portes ▬ PV Athran   Dim 08 Avr 2012, 11:40

Du peu qu'elle avait côtoyé les Dragonniers, Scarlett ne les avait jamais apprécié. Leur esprit était certes affuté mais il était également roide et aussi peu malléable que la lame de leur épée. Aussi fut-elle particulièrement surprise de voir s'afficher sur le visage de son interlocuteur un sourire qui paraissait sincère et amical. Son humeur s'en trouva d'autant améliorée. Peut-être ne serait pas obligée d'entretenir des relations conflictuelles avec le futur mari d'Izhelindë. Voilà qui augurait de conditions de travail plus facile et d'un dialogue qui ne ressemblerait peut-être pas à une discussion entre deux ennemis de longue date. Réalisant qu'il attendait toujours qu'elle entama des présentations en règle, elle eut un sourire amusé. Athran Ildahel ne connaissait pas grand chose à la Cour malgré ses bonnes manières et son affabilité extraordinaire, il était encore complètement novice en la matière. Il ne connaissait probablement pas les blasons des grands aristocrates et ignorait que son parcours serait désormais semé d'embûches. Il avait de la chance d'avoir affaire à elle et non pas une de ces croqueuses de diamants qui cherchait à se rapprocher de la Couronne par tous les moyens. Il faudrait probablement qu'elle lui fasse un exposé des personnes à fréquenter et de celles qu'il devrait éviter absolument.

"Mon nom est Scarlett de Vinter, deuxième née du clan de Vinter. Veuillez me pardonner de cette chausse trappe, sire Ildahel mais vous êtes à présent un homme traqué de tous les Blasonnés importants de cette cour. Et des oreilles indiscrètes." Elle ponctua sa déclaration en toquant légèrement les boiseries et les lambirs ornés avant de fermer la fenêtre. Réalisant qu'il risquait d'y avoir méprise sur ses intentions, elle s'empressa d'ajouter à son pedigree les marques de sa fonction. "J'appartiens au Conseil rapproché de Sa Majesté Arsenios Hardansson et je suis... chargée de veiller à la sécurité de la famille royale. In extenso."

Ne voulant connaître la réaction de son interlocuteur que lorsqu'elle aurait fini de lui exposer la réalité de la situation, elle ne le laissa pas le temps de faire la moindre remarque. Elle comprenait qu'il eut pu douter de ses compétences en matière de protection mais elle ne voulait pas entendre la moindre raillerie de sa part pour le moment. Elle savait comment les hommes en armure considérait les femmes de son acabit et elle ne tolérerait ses insultes ou ses doutes éventuels que lorsqu'elle aurait fini son monologue. S'appuyant contre la baie qu'elle venait de clore, elle le regarda posément, de ses yeux bleu porcelaine pales et glacés avant de poursuivre.

"Vos fiançailles avec la princesse Izhelindë vous ont lié de manière irrémédiable à cette famille. Ce qui vous place directement sous ma responsabilité. Ce dont Sa Majesté Arsenios Hardansson tenait à ce que je vous avertisse moi-même." Elle laissa implicitement échapper l'information qu'elle n'était pas là pour le plaisir de sa compagnie ou de sa conversation, ou encore pour une amitié illusoire qu'elle aurait pu entretenir avec les têtes couronnées de Lanriel. Les assassins qui prenaient leurs employeurs pour des amis finissaient généralement par déchanter lorsqu'ils devenaient trop encombrants ou... obsolètes. Scarlett, les De Vinter, les espions et toute la petite société d'éminences grises dans laquelle elle avait été amenée à évoluer étaient des commodités. Des outils dont on se séparait lorsqu'ils avaient vécu ou qu'ils étaient devenus un poids mort de plus. Arsenios ou son aînée ne le concevaient certes pas de cette façon mais Seanan de Vinter n'avait jamais laissé sa nièce s'illusionner sur la réalité de sa situation. Il y avait eu des souverains plus sympathiques que les autres au fil des générations de cette étrange relation symbiotique mais on connaissait des deux côtés les raisons de cet arrangement. Les subordonnés avaient un jour trahi leur serment en cédant à leurs anciens instincts, à leur ambition dévorante et à leur goût immodéré pour le sang et l'intrigue, tentant de prendre la place de leurs maîtres. Seul l'ancienneté de leur lignée, le prestige associé à leur nom et cette idée folle de poste d'assassin leur avait sauvé la mise. On leur avait trouvé une utilité capitale, toutefois suffisamment dégradante pour qu'ils se souviennent de leur place véritable. Mais quelle que fusse les raisons pour lesquelles Scarlett se trouvait aujourd'hui dans ce couloir face au dragonnier, elle ne tenait pas rigueur à personne du passé...

"Je vous avertirais des éventuels complots contre votre personne. Je m'occuperais de l'élimination de ces menaces si aucune autre solution n'est disponible." Et Eydis savait qu'avec Arsenios au pouvoir, il était rare qu'une autre éventualité n'apparaisse pas dans l'équation. À tel point qu'elle se demandait parfois si il ne souhaitait pas la mettre au chômage. "Je vous fournirais des rapports sur la situation à la Cour. Ou sur toutes les questions qui vous tarauderont à un moment ou à un autre... Si notre relation ressemble à celle que j'entretiens avec les actuels membres de la famille royale, nous pourrons vivre en bonne entente et j'espère travailler de la meilleure manière possible. Compte tenu du fait que vous êtes nouveau à Cathairfál, je pourrais également répondre à vos questions concernant l'étiquette, les personnes à fréquenter ou les habitudes de votre fiancée..."

Elle marqua une pause, espérant qu'il ne s'offusquerait pas de son trait d'humour. La vie qui l'attendait se résumerait pour le moment à essayer de se faire accepter par l'intenable héritière du trône de Lanriel. Tâche pour laquelle il allait lui falloir du courage et une bonne dose de patience, elle le savait. Elle-même avait par moment caressé l'idée de suggérer à Arsenios Hardansson d'attacher son infernale progéniture au mur de sa chambre dans le seul but d'apaiser les nerfs de sa mère, de la garde royale et de son propre assassin. La manie d'Izhelindë d'être constamment par monts et par vaux avait contraint Scarlett à former Esendril Maronmeth, écuyer et indigent à la protection de sa princière amie. Elle n'osait imaginer ce par quoi Athran Ildahel allait passer et elle s'avouait parfaitement heureuse de ne pas avoir à le découvrir en personne. Elle savait pourtant que ce genre de mésentente aurait des répercussions sur ces conditions de travail et qu'elle finirait par devoir se ranger aux côtés de son souverain pour arrondir les angles. Une once de pitié vint tempérer son humeur. "L'avez-vous rencontrée ? La princesse Izhelindë ? S'est-elle montrée... cordiale ?" demanda-t-elle finalement. Elle n'osait pas formuler plus franchement sa question qui se résumait finalement de cette façon : le dragonnier avait-il réussi à instaurer un dialogue avec la tête de mule dont il devrait partager la vie ou quelqu'un devrait-il intervenir ?

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Athran Ildahel

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MessageSujet: Re: Entre deux portes ▬ PV Athran   Lun 09 Avr 2012, 08:42

Athran finalement comprit très vite que l'entrevue ici présente était une entrevue à la fois officielle et officieuse. Et surtout particulièrement formelle. Le formel il ne faisait que ça depuis qu'il était arrivé. Excepté avec sa future épouse qui elle par contre montrait tous les désavantages que pouvaient être de ne pas se montrer protocolaire. Mais bon... Il allait bien arriver à s'en sortir. Ne pas partir défaitiste était une chose, ne pas le devenir en était une autre. Mais le temps était de son côté. Tout ne devait pas être trop précipité. Le mariage n'était pas encore pour tout de suite, il avait le temps de faire un peu de chemin avec elle et d'espérer une meilleure entente. Mais pour le moment, une autre femme se tenait devant lui et elle avait à lui parler. Comprenant bien que le couloir serait sûrement le lieu fixe, il prit un rien plus ses aises pour pouvoir discuter. Il savait que nombreuses personnes impliquer dans la royauté allait apparaître devant lui pour l'informer des tenants et aboutissants du futur rôle qui serait le sien. Il y était préparé et il ne comptait pas chercher à y réchapper. il avait besoin de connaître tout les dessous de la royauté. C'était primordial à ses yeux. Il écouta donc la jeune femme, sans avoir aucun préjugé à son égard, se présenter. Il savait très bien que les hommes avaient tendance à mal juger les femmes et le pouvoir qu'elles peuvent avoir. Lui même, fut un temps, était plutôt macho sur les bords car il ne vit qu'avec des hommes. Mais depuis qu'il vient à la Cour et surtout qu'il côtoie le roi, il a appris que l'on pouvait gouverner à deux et surtout avec une femme à ses côtés. De plus, il ne fallait pas oublier que, certes il allait devenir roi, mais toutes décisions seraient prises par la Reine, sa future femme, et que son rôle n'était, après tout, que conseiller. Et c'était lui la personne à qui elle pourrait faire confiance, son confident, son soutien principal. Mais il n'était qu'agent secondaire dans cette histoire de trône et il en avait bien pris conscience. Depuis lors, le rôle de la femme avait changé pour lui. Il n'avait jamais été machiste jusqu'à l'extrême. Disons que c'était davantage ses conditions de vie qui l'avaient amené à peu avoir de femmes dans son entourage et surtout à un rôle important. Mais il n'était nullement quelqu'un de fermer et pour lui rien n'était jamais acquis. Ainsi, peut-être était-il un membre parmi les exceptions de son clan. C'était sûrement pour cela qu'il se retrouvait à ce poste en cet instant. Mais il n'oubliait pas qui il était et d'où il venait.

Il dut reconnaître être légèrement surpris par les propos de la femme qui se tenait devant lui et de la présentation qu'il venait de lui faire. Il n'estimait pas qu'elle n'était pas capable de réaliser son rôle... Mais il reconnait qu'il aurait davantage vu un homme pour protéger la famille royale. Mais peu importe. Si Arsenios jugeait que son travail méritait sa place, il n'avait nullement le droit de remettre en cause son jugement. Le roi était juste et correct. Si elle était là c'était qu'elle avait des capacités bien au delà de ses pensées. Et puis peut-être que justement en tant que femme, on se méfierait moins vite d'elle car les hommes restaient de ceux qui considéraient ces jeunes personnes comme bonnes à les seconder et à faire les basses besognes. Son comportement en plus laissait totalement suggérer un professionnalisme à toute épreuve. Il n'avait pas été plus sur ses gardes quand elle avait fermé la fenêtre. Elle tentait de faire parfaitement les choses et il ne pouvait qu'apprécier l'attitude. Il allait répondre à cette première présentation mais il n'en eut pas vraiment le temps. La jeune femme expliqua que vu son grade désormais et donc ses responsabilités, elle se devait d'être en quelque sorte à ses côtés également comme elle faisait pour le roi actuel. Il la regarda un instant et toujours avec un sourire des plus polis, ce qui n'enlevait en rien son attitude formelle et surtout le fait qu'il la prenait très au sérieux, il prit enfin la parole.

"Je suis ravi de vous rencontrer. C'est pour moi une nécessité que de prendre contact avec les personnes importantes de cette Cour que ce soit officiellement ou officieusement. Ainsi vous me voyez honoré d'être venue à moi en première. Je sais que ce n'est pas forcément évident de devoir travailler pour quelqu'un d'autres quand on a pratiqué longtemps aux côtés d'une même personne."

Il ne cherchait pas à la mettre dans sa poche ou à ce qu'elle soit de son côté. Il savait qu'ils allaient devoir travailler ensemble pour se connaître et pour que leur travail concorde et s'accompagne l'un l'autre. il était tout simplement sincère. Il n'était nullement évident de servir quelqu'un d'autre car, bien qu'il aspirait à devenir aussi bon roi qu'Arsenios, il n'était pas Arsenios. Donc ses principes n'étaient pas tous les mêmes que la jeune demoiselle ici présente et forcément il se pourrait très bien que leur façon de faire ne soit pas les mêmes. Sans compter qu'il n'avait pas le pouvoir décisionnel et que par conséquent la future Reine aurait aussi son mot à dire. Et elle n'avait les mêmes principes que personne. Il écouta la suite des paroles qui apportaient les informations dans le détail par rapport à sa fonction. Il se disait que cette demoiselle avait bien du travail parmi la royauté. Devoir être au courant de tout ce qui se manigançait à la Cour était un travail de dur labeur. Mais ce poste était très important. Lui même avait quelques espions à ses côtés, en tant que Dragonnier, et même s'il avait tendance à s'occuper de beaucoup de choses tout seul, déléguer était important pour une personne à grandes responsabilités donc il ne se plaindrait pas d'avoir une personnelle telle que cette dame de Vinter à ses côtés. Il ne comptait pas intervenir de manière inadéquate dans son travail mais il tiendrait effectivement à être informé de tout pour pouvoir connaître toutes les données avant d'en informer la Reine et de prendre une décision. Bien sûr, tout ce qui concernerait les complots officieux et les affaires du terrain, il s'en occuperait personnellement et n'informerait la Reine que si cela était nécessaire. Mais il n'en était pas encore là. Il n'était en ce moment que gendre du roi actuel et il n'avait encore acquis aucun pouvoir dans la royauté. Ainsi être pour le moment observateur et élève était une des tâches qu'il devait mener. Il sourit à la dernièr epartie des paroles. Elle aussi finalement savait avoir un très d'humour parmi tout ce côté officiel. Sa future épouse.... un cas à part.

"Et bien cela me convient parfaitement, gente dame. J'espère que nous arriverons à nous entendre comme vous avez l'air de vous entendre avec le roi. Personnellement, je préférerais également que notre travail conjointement réalisé donne de bons résultats. Ainsi, j'en attends beaucoup de vos rapports et de vos informations, comme j'espère que vous apprendrez à me faire confiance également. Nous aurons bien besoin de vos services et nous apprendrons, la future Reine et moi-même, à les utiliser à bon escient."

Il était un bon orateur il devait le reconnaître. Il n'avait pas appris qu'à s'exprimer dans un moment de guerre, dans un but de main mise et de dirigeant. Il avait également appris à parler dans des conflits, à être celui auquel on se réfère et demande conseil pour apaiser des foules en exaltation punitive. Ainsi, petit à petit avait-il créé une ligne de conduite capable de faire face à des personnes côtoyant constamment la royauté et donc d'un niveau plus élevé que celui qu'était le sien en tant que Dragonnier. Cela lui demandait un minimum d'effort mais il savait que c'était nécessaire et il ne comptait pas y réchapper. La dame face à lui aborda finalement un sujet quelque peu moins officiel mais qui finalement titillait toutes les personnes de la Cour. Apparemment, tout le monde connaissait le tempérament de la princesse. Oserait-il dire que leur première rencontre lui avait fait remarquer que bien qu'elle avait une beauté à couper le souffle, ses défauts du à son âge et son rang surpassaient tout le reste ? Effrontée, juvénile, insolente... Il n'avait malheureusement pas vu une future Reine en elle et il savait qu'il y aurait du travail pour que leur relation fonctionne. Mais pouvait-il seulement vraiment en parler ? Il n'était pas du genre à se confier. Un homme, un leader, se devait d'assumer ses responsabilités et d'y faire face seul pour justement se forger. Il avait toujours fonctionner ainsi. Cela ne voulait pas dire ne pas demander d'aide. Cela voulait juste dire que se plaindre ne servait à rien et qu'il fallait tout bonnement avancer et trouver les armes nécessaires pour réussir. Même quand il s'agissait de faire face à une femme. C'était très loin d'être facile, surtout vu celle qui était concernée actuellement. Il se contenta de sourire.

"Je l'ai effectivement rencontrée mais comme vous avez l'air de le sous entendre dans votre dernière question, la cordialité ne semble pas m'être dédiée en ce moment. Mais j'étais déjà au courant et je savais que notre rencontre ne serait pas des plus aisées. Néanmoins, nous avons encore du chemin à parcourir et je garde bon espoir d'un rapprochement nous permettant tout deux de trouver notre compte." Il ajouta après un instant. "Je vous remercie d'ailleurs de ces questions et de l'intérêt que vous portez à cette relation. Je me doute que cela ne vous touche pas personnellement mais que vous faites ça par souci professionnel et je tiens à dire que j'apprécie. Mais l'heure n'est pas encore aux inquiétudes."

Tout le monde savait que sa tâche ne serait pas facile. Il l'avait nettement compris à travers la Reine, le Roi quand il lui avait tracé le portrait de sa fille, et le fait qu'ici une dame de son rang et surtout de son métier ne lui pose ce genre de question. Cela ne le gênait pas. Mais il ne voulait pas que l'on pense que ce n'était pas faisable qu'ils trouvent un arrangement pour que la royauté soit entre de bonnes mains. Arsenios lui avait confié cette tâche, il avait donc confiance en lui et par cette entente il savait que beaucoup d'espoir était placé sur ses épaules. Il la regarda un instant.

"Auriez vous un peu de temps à m'accorder ? Il s'avère que dans l'immédiat je n'ai pas d'obligations et ce serait avec le plus grand des plaisirs que j'apprendrais à m'y retrouver dans cette demeure d'abord, dont vous devez connaitre tous les recoins, mais aussi parmi la royauté. Je pense que vous êtes peut-être la mieux placée pour m'apprendre tout ceci. Bien sûr, je comprendrais si ce temps vous est trop précieux et nécessaire que pour me l'accorder. Je sais le Roi très occupé, peut-être en est-il par conséquent de même pour vous." Il ajouta après un instant "Vous avez peut-être également des restrictions concernant vos allées et venues accompagnée. Vous voyez j'ai encore pas mal à apprendre..."

Il sourit. Reconnaître ses faiblesses était tout aussi important que de jouer de ses points forts. Il savait faire avec les deux. Il savait où ses qualités pouvaient l'amener et ce qu'elles pouvaient lui apporter concrètement mais il savait aussi où étaient ses défauts et ce que cela amènerait de ne pas chercher à y remédier.


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MessageSujet: Re: Entre deux portes ▬ PV Athran   Lun 09 Avr 2012, 14:28

Travailler dans le milieu de la politique avait permis à Scarlett d'en apprendre non seulement sur les autres mais également sur sa propre personne. Elle était consciente qu'effectuer ses devoirs sereinement aurait été une gageure si la personnalité du fiancé d'Izhelindë avait été celle de Rayner Renfor, l'intraitable chef des armées de Mhian Dhiaga. Au moins les dragonniers avaient-il eu le bon sens de choisir parmi tous les prétendants potentiels celui dont la compagnie était la plus agréable et dont le vocabulaire avait le bon ton de présenter un certain nombre d'expression de sympathie. La franchise réelle de ses sentiments importait peu à la jeune femme. Elle voulait simplement s'assurer que leur coopération se passerait dans les meilleures conditions possibles. Les ronds de jambes faisaient certes partie du rituel obligatoire et elle s'y livrait volontiers. Elle y avait toujours montré un certain talent et avait rapidement montré une habileté en la matière qui dépassait de loin celle de l'oncle Seanan. Maintenant assurée qu'elle ne se trouvait pas en terrain hostile et que la conversation ne risquait pas de virer purement et simplement à l'affrontement, elle se détendit, l'assassin froid et implacable laissant place à la jeune Blasonnée habituée aux soirées mondaines.

"Je ne suis probablement que la première d'une longue liste. Vous trouverez peut-être cela gratifiant au départ mais je peux vous promettre que quand tous les vieux barbons de cette Cour qui se targuent d'une quelconque utilité ou prétendument détenteurs d'une fonction prestigieuse seront venus vous rebattre les oreilles de leur importance fantasmée, vous serez nettement moins intéressé. Quant à travailler avec des personnes différentes j'ai eu mon lot de caractères dissemblables. Vous aurez remarqué que notre couple royal affiche des psychologies bien distinctes de leur progéniture. J'ai toujours fait en sorte de m’accommoder des particularismes de chacun. Pour peu que vous me passiez les quelques excentricités de ma propre personnes, nous devrions vivre en bonne entente."

Scarlett de Vinter était un assassin froid, implacable et calculateur. Et une jeune femme bavarde, avide de potins qui pouvait apparaître comme frivole. Sans compter sa propension avouée à être cynique, mauvaise langue ou même franchement acide lorsqu'elle en éprouvait le besoin. À présent qu'elle se trouvait en terrain connu, que cette conversation se résumait à une présentation en règle telle qu'elle en effectuait tous les jours ou presque lorsqu'elle rencontrait un nouveau venu à la Cour. À ce détail près qu'elle risquait d'en venir à parler de rapports ou d'assassinats. Il ne s'agissait certes pas de sujets qu'elle aurait prioritairement abordé en société mais elle n'avait aucun complexe à le faire sur un ton badin avec ceux qui se trouvaient dans la confidence. Elle eut un petit rire narquois à l'utilisation du terme gente dame.

"Vous êtes un vil flatteur, Sire Arthan. Le terme de gente dame, vous le découvrirez rapidement est rarement associé à mon nom. La plupart du temps on se sert des de Vinter comme épouvantails. Ou en tant que croque-mitaine. Je n'y fais pas exception. Si tu n'es pas sage mon petit, la vilaine Scarlett de Vinter viendra t'emporter pour te dévorer." Elle eut un nouveau ricanement mauvais, loin du standard des jeunes aristocrates maniérées et bien élevées. "Mais rassurez-vous en ce qui concerne mes rapports, ils sont tout ce qu'il y a de plus clair et de compréhensible. Je dispose d'un réseau d'employés et d'intermédiaires tout à fait compétents. Je vous rassure néanmoins vous n'aurez pas à les fréquenter. Certains d'entre eux sont utiles mais tout bonnement... inconvenants." Le mot était faible quant il s'agissait de qualifier le caractère et les manières de certains des individus qu'elle rétribuait pour les informations qu'ils lui fournissaient. "Izhelindë est formée depuis longtemps à subir mes exposés. Vous vous y habituerez sans mal, je pense... Pour l'essentiel, ils ressemblent à des réunions stratégiques militaires..." Elle n'ajouta pas que ce format était un choix délibéré de son oncle pour rendre les notions abordables pour tous. Y compris pour certains grands généraux dont l'esprit avait parfois du mal à suivre les circonvolutions politiques qui pouvaient parfois survenir à la Cour. Ce soldat de formation n'apprécierait sans doute pas qu'elle fasse ouvertement part de son avis personnel sur le quotient intellectuel moyen au sein des armées quelle qu'elles soient.

Il en vint finalement à aborder le sujet le plus épineux de leur entretien. La personnalité et le comportement d'Izhelindë à son égard. La chose faisait jaser les Blasonnés depuis l'annonce officielle des fiançailles de la princesse. On se perdait en conjectures, en paris malsains et Scarlett le savait il y avait eu de l'argent qui avait circulé. Une bonne partie de l'attention de la Cour était tournée vers le couple en devenir et pour ce qu'elle en savait les débuts était loin d'être considérés comme prometteurs. Leur petite princesse avait eu la bride sur le cou pendant tellement d'années que la contrainte inévitable de l'hymen s'abattait sur elle avec la brutalité d'une condamnation à mort. Et Scarlett la connaissait suffisamment bien pour savoir qu'elle n'était pas femme à s'y résoudre sans combattre. Son immaturité caractéristique s'exprimait en privé comme en public mais l'assassin croisait les doigts pour que la chose ne vint pas aux oreilles des plus extrémistes des dragonniers. Ceux-ci auraient tôt fait de déclencher un incident diplomatique qui mettrait en péril la fragile alliance que Rayner Renfor et Arsenios Hardansson tentait de nouer entre leurs deux cités. Entre leurs deux peuples. Izhelindë se devait de revenir à une attitude plus modérée ou quelqu'un serait dans l'obligation de lui rappeler les devoirs d'une princesse ainsi que la notion des mots qui entouraient la fonction royale : sacrifice et bien commun. Elle ramena ses yeux clairs sur son interlocuteur.

"Notre princesse a toujours eu un caractère pour le moins... affirmé. Pour ne pas dire difficile. J'augure qu'elle fera une excellente reine une fois qu'elle aura pris un peu de maturité. Elle est encore jeune et Arsenios a, je l'espère, de longues années de règne devant lui avant qu'elle... que vous n'accédiez tous les deux au trône. Laissez-lui un peu de temps. La nouvelle a été une surprise et je crains que celle-ci ne fut pas bonne, si vous me pardonnez ma franchise. J'ai toujours la vague impression qu'Izhelindë n'a jamais pris la mesure des sacrifices qu'imposent la pratique du pouvoir... Elle apprendra à vous connaître, il lui faut juste un peu de temps." Elle chassa d'un revers de main la déclaration de son interlocuteur sur son implication désintéressée dans les problèmes des autres. "Ne vous méprenez pas, sire Athran lorsque je vous explique que je ne puis être amie avec les membre de la famille royale. Ma fonction ne me le permet pas. Cependant mes autres... obligations me poussent à entretenir des relations plus étroites que celles qui lient d'ordinaire un conseiller à son souverain. Aussi ai-je tout intérêt à ce que l'ambiance soit au beau fixe."

Il en vint finalement à lui demander son aide, lui permettant de se glisser dans un rôle qu'elle adorait presque autant que celui de la demoiselle de bonne famille. Celui de la presque maîtresse de maison. Elle connaissait la Cour comme sa poche. Comme son propre manoir. Les moindres petites enclaves. Et les endroits que surveillaient le plus souvent les espions. Elle connaissait peut-être mieux le palais que les recoins tortueux de son propre esprit. Et les gens. Les habitués, les occasionnels. Ceux qu'on ne voulait pas y voir mais qui gravitaient autour des Grands de ce monde dans l'espoir de grappiller quelques miettes de prestige ou de reconnaissance sociale. Les fâcheux. Les amusants. Ceux qu'on fréquentaient non pas parce qu'ils pouvaient vous rapporter le moindre avantage mais parce que leur compagnie était plaisante.

"Voilà qui est parfaitement dans mes cordes, très cher. Vous permettez que je vous appelle ainsi ?" Elle n'attendit pas la réponse. "J'ai conscience que ce palais peut-être un vrai dédale. Cette bâtisse est vieille. Très vieille. Aussi vieille que Cathairfál. Et chaque génération ou presque y a ajouté un élément. Nul doute que vous vous perdrez un certain nombre de fois mais rassurez-vous je peux vous fournir une carte et je suis certaine qu'il y aura toujours quelqu'un pour vous indiquer votre chemin. Et en cas de problème, n'hésitez pas à lancer un appel aux bonnes volontés invisibles..." Elle tapota de nouveau les boiseries.]"Il y a toujours du monde à portée de voix. Ils ne se montreront peut-être pas mais laisser le futur prince-consort fait mauvais effet. Je pourrais discourir des heures de ce palais aussi faudrait-il que vous me disiez ce que vous voulez savoir exactement..."

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MessageSujet: Re: Entre deux portes ▬ PV Athran   Mar 10 Avr 2012, 02:27

Plus le temps et le discours s'écoulaient en compagnie de Scarlett plus il prenait conscience de ses capacités oratoires et surtout de son caractère qui ne correspondait que très peu à une dame de simple bourgeoisie. Oh non. Cette jeune femme avait les qualités requises pour être un assassin. Il le voyait clairement. Sûre d'elle, directe, ne semblant pas présenter des sentiments qui ne font qu'obscurcirent le travail qu'elle devrait fournir. Non cette femme avait un caractère franc et fort. Il pouvait le sentir. Il se disait d'ailleurs que le roi savait s'entourer de personnes remarquables car la femme qui se trouvait devant lui était une nécessité dans leur rang et non dans ceux adverses. Il n'aurait pas forcément voulu être la proie de celle-ci. Pas qu'il avait peur d'elle, loin de là, mais il sentait dans son tempérament qu'elle ne lésinerait pas sur les moyens nécessaires pour mettre un terme à une vie et surtout qu'on ne s'y attendrait pas forcément. Une telle force n'était pas courant, surtout auprès d'une femme. Mais ces dernières pouvaient se montrer mesquines et avoir des crocs acérés qu'on ne pouvait apercevoir de prime abord. Il avait encore beaucoup à apprendre d'elles d'ailleurs. Mais c'était d'abord de sa future épouse qu'il s'occuperait avant de chercher à comprendre les femmes de manière générale. Il avait déjà bien assez à faire avec celle qui allait devoir partager sa vie. Car oui pour le moment c'était bel et bien un devoir, que ce soit pour lui ou pour la princesse. Aucun sentiment à l'horizon. Un faible plaisir pour les yeux peut-être mais qui disparaissait rapidement sous les tonnes d'inconvénients que cette relation laissait pour le moment présager. Il savait que certains royaumes pouvaient être gouvernés par deux personnes n'ayant pas de sentiments l'un pour l'autre. Il avait cependant aspirer à au moins de la sympathie entre eux. Mais il n'avait pas encore fini de faire des efforts pour lui convenir. Il savait bien que c'était à lui à venir vers elle et il le ferait autant que cela était possible. Mais il devait reconnaître que cela le fatiguait beaucoup, en plus de tout le reste. Il avait affronté un dragon mais une femme pouvait être tout aussi épuisante et surtout bien plus difficile encore à conquérir sur le long terme. Après tout un combat avec un dragon devait se terminer à un moment... Conquérir la future reine, il n'y avait pas de limite de temps et il allait devoir tenir la distance. Au moins, elle était déjà formé à écouter les exposés de Scarlett... C'était un petit point positif dans les nombreux devoirs qu'elle aurait à faire en temps que Reine et qu'elle n'était pas prête du tout à assumer. il l'avait clairement remarqué. Dix ans les séparaient et il en avait bien pris conscience en la rencontrant. Ils venaient en plus de deux mondes diamétralement opposé. Lui avait été baigné dans les responsabilités depuis bien longtemps, elle n'avait fait qu'y échapper constamment. Il comprenait pourquoi le roi mettait tous ses espoirs en lui...

"Je suis totalement d'accord avec vous. Le temps fera son affaire nous concernant. Arsenios n'est pas prêt de quitter prestement le trône."

Tout comme le reste de la Cour, effectivement cette femme semblait tout aussi bien connaître la princesse. Elle avait le même avis qu'Arsenios et bien qu'on plaçait pas mal d'espoirs en lui, le roi ne craignait nullement de devoir mettre sa fille sur le trône. Il la sentait capable de régner et de diriger ce royaume. Certes pas seule, et c'est pourquoi il était là, mais elle avait quand même l'étoffe pour conserver les principes pour lesquelles sont père s'était battu et avait gagné. Il n'était pas forcément inquiet mais il savait qu'il y avait encore énormément de chemin à parcourir. Et que ça prendrait du temps simplement. Et beaucoup de patience de sa part... Il devait le reconnaître.
Il sourit au "très cher". Scarlett avait tendance à faire comme bon lui semblait. Et cela n'était pas tellement pour lui déplaire, tant bien sûr qu'elle n'extrapolait pas des consignes que le roi n'avait pas donné, mais ça ne semblait pas être le genre de femme à désobéir. Apparemment, malgré son tempérament, elle avait l'air d'être davantage fidèle à son patron que traîtresse. Du moins c'était l'impression qu'elle donnait. Peut-être se trompait-il mais il avait appris à cerner les gens. Et il lui semblait arriver à le faire avec la jeune femme placée devant lui. Mais il savait qu'il avait aussi encore des choses à apprendre sur elle. Il le sentait que bien que franche et sincère il n'était nullement au fait de tout son potentiel. Mais ce n'était pas plus mal. Apprendre tout d'un coup et d'une seule entrevue rendait les autres moins intéressantes. Ici il savait que chaque entrevue avec cette "gente dame" comme il l'avait surnommée plutôt recèlerait des surprises. Il l'écouta. Elle avait effectivement l'air parfaite pour lui apprendre certains rouages du métier. Et surtout sa connaissance semblait être un puits sans fond. Toujours est-il qu'elle acceptait de lui accorder du temps et qu'il comptait bien en profiter pour cerner quelques détours royaux.

"Et bien, comme vous venez très bien de le dire, ce palais est un dédale. Ainsi, retrouver des lieux connus ne me déplairait pas. Mais puisque vous êtes prête à m'accorder un peu de temps, très chère, pourriez vous me donner quelques conseils pour les jours à venir ? Car effectivement vous n'êtes sûrement pas la dernière personne que je vais rencontrer. Peut-être auriez vous déjà des noms de personnes dont je devrais me méfier ou justement auxquelles je pourrais me fier les yeux fermés. Quoi que je conçois que ce dernier point soit fort peu probable... Disons les yeux presque fermés, gardez un oeil reste important."

Il avait sciemment utilité les mots "très chère" pour répondre à la question précédemment formulée de savoir si cela le dérangeait ou non. Et bien non, ce n'était pas un problème, c'était donc pour cela qu'il empruntait le même chemin de familiarité. Il n'était pas encore roi, il pouvait se permettre ce genre de rapprochement anodin mais qui faciliterait grandement son intrusion dans la royauté. Comme dit plus tôt, il ne comptait pas la mettre dans sa poche. De toute façon on ne la mettait pas dans sa poche. Il était sûr que soit ça passait, soit ça ne passait pas. Très manichéen certes mais il était persuadé qu'il n'y avait pas de juste milieu avec ce genre de personnalité. Et surtout que si elle ne vous appréciait pas vous étiez plutôt mal barré. Mais pour le moment, il avait l'air d'être du bon côté de la barrière. Et il devait y rester. Mais ça il comptait bien le faire. Il se mit à faire quelques pas dans une direction qu'il pensait bonne pour retrouver le chemin vers des lieux communs. Mais les directions qui s'offraient à lui ne lui parlaient strictement pas. Il aurait du faire plus attentions aux différentes décorations qui ornaient les murs de ce Palais. Il était persuadé que celles-ci pourraient l'aider. Il avait tellement l'habitude de sa forteresse qu'il voyagerait presque aveuglément à travers celle-ci. Ainsi avait-il fait pareil pour le Palais, à tort. Il se tourna vers Scarlett.

"Voyez... Je ne sais par quel chemin je dois aller. Pourriez-vous m'aider et m'accompagner ? Je serais curieux de connaître les anecdotes que vous pourriez me fournir sur ce Palais et surtout exploiter vos connaissances qui semblent illimitées. Et si nous croisons d'autres personnes de la Cour, vous m'apprendrez ce que je dois savoir les concernant."

Une promenade un peu moins protocolaire ne lui ferait pas de mal. Cette jeune femme, bien que formelle de prime abord, semblait en réalité peu conventionnelle. Il ne serait donc pas désagréable de la fréquenter un temps pour permettre des pointes d'humour gentiment déguisées en conversation officielle. Il n'était pas quelqu'un à prendre ses responsabilités à la légère mais cette jeune femme avait attiré chez lui l'attention vers un souhait de plus de légèreté. Cela faisait longtemps maintenant qu'il préparait ses fiançailles que ce soit ici ou à Bairr bán. S'il voulait être solide et inébranlable, il devait relâcher un peu la bride. Juste un peu bien évidemment. Il n'avait jamais été grand fêtard ayant bien trop de choses à réaliser en tant que Leader de son Ordre. Même plus jeune, être Dragonnier, et avoir les qualités pour, étaient ses seuls objectifs. Il avait peut-être plus de liberté mais il en avait simplement profité pour se forger. La princesse ne serait pourtant pas sa première relation. De plus d'une nuit si sûrement. Mais il avait déjà rencontré des femmes, bien que pas à l'excès n'ayant pas beaucoup de temps pour ça. Mais ça ne faisait pas de lui un fêtard, juste un homme. Il n'était pas sans défauts ni sans vices. Il avait des désirs comme tout un chacun et il ne tentait pas de refouler ceux-ci. Il était loin d'être parfait et pour lui c'était plutôt une qualité qu'un désavantage. Tant qu'on se connaissait on pouvait avancer où l'on voulait. Et en cet instant, il savait que cette journée devait être ponctué de légèreté diplomatique. C'était bien pour cela qu'il avait réalisé une virée avec Elthaïr plus tôt dans la matinée. Scarlett l'aiderait peut-être à profiter de cette résolution du jour.

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MessageSujet: Re: Entre deux portes ▬ PV Athran   Ven 13 Avr 2012, 16:27

Sa journée prenait un tour surprenant mais dont Scarlett ne s'offensait pas, loin de là. Elle préférait discuter avec le futur prince consort d'Izhelindë sur des affaires triviales que de devoir lui exposer en long en large et en travers les détails de son poste. Il avait enregistré puis digéré l'information sans mal, ne lui avait pas fait l'offense d'ergoter sur son appartenance au beau sexe et semblait avide de profiter de sa compagnie pour les renseignements purement sociaux qu'elle pourrait lui fournir. Elle avait l'habitude d'initier de jeunes blasonnés de la province aux subtilités de la Cour aussi cet exercice n'avait-il plus le moindre secret pour elle. La première chose était d'apprendre à son nouveau pupille à se repérer dans sa nouvelle demeure. Elle l'enseignait d'ordinaire en dernier à ses élèves mais ces derniers résidaient généralement dans les quartiers des invités ou dans les demeures de leurs propres familles. Athran Ildahel au contraire devait apprendre prioritairement à pouvoir regagner sa chambre le soir venu sans quoi les rumeurs du fiancé d'Izhelindë dormant dans les couloirs, au mieux, ou dans les écuries, au pire. Le problème était de trouver des repères simples pour qu'il puisse se repérer. Elle-même avait depuis longtemps l'habitude du dédale de couloirs, du labyrinthe de galeries lambrissées, de la multitude d'antichambres, de salles d'apparats, de réception et aurait probablement pu s'y retrouver sans l'aide de ses yeux, par le seul recours de son odorat ou de l'ambiance subtilement différente dégagée par chacune d'entre elles. Mais Athran ne pourrait percevoir ces différences que lorsque il aurait passé autant de temps qu'elle au sein de la demeure royale. Elle se tourna vers lui.

"Nous commencerons par vous fournir une carte. Je pourrais vous donner des indices sur la façon de vous repérer dans le palais mais ils se basent principalement sur l'identification de l'âge de l'aile dans laquelle vous vous trouver. L'ennui est qu'à cause de la décoration, les boiseries, les lambris et les tentures que vous pouvez observer un peu partout, seuls les plus observateurs ou les plus familiarisés avec l'architecture de Cathairfál peuvent avec certitude identifier de tels éléments. Et je me doute que vous n'avez ni le temps, ni l'envie de subir un cours accéléré sur l'histoire de la construction... Je peux vous fournir une carte détaillée du palais et vous pourrez tenter de vous repérer par vous-même. Il existe cependant une autre alternative..." Elle marqua une pause, cédant à son penchant naturel pour la théâtralité et voulant laisser à son interlocuteur le temps de prendre en compte qu'il s'agissait d'un moyen moins conventionnel. "Comme vous le savez sans doute, ici les murs ont des oreilles. Et j'ai un certain ascendant sur ces dernières. Je pourrais faire en sorte de mettre à votre service personnel l'une d'entre elle pour vous aider à vous orienter les premiers temps..." Elle passa sous silence le fait que la chose lui permettrait également de garder une paire d'yeux supplémentaires sur lui avec son approbation. Peut-être verrait-il la manoeuvre ou peut-être pas. Mais le jeu politique impliquait généralement une bonne part de ces petites trahisons amicales et le tout était de ne pas être pris la main dans le sac. Elle était obligée de jouer franc-jeu dans une certaine mesure mais pour le moment et pendant une longue période, Athran serait un élément ambivalent dans le jeu de Cathairfál. De toute façon, Scarlett n'ignorait pas que son propre peuple avait sûrement infiltré un certain nombre d'espions dans la délégation venue de Mhian Dhiaga aussi n'éprouvait-elle aucune culpabilité à se comporter de la sorte. Sans attendre la réponse, elle l'invita à la suivre.

Pour le reste, l'élite de Lanriel était composée d'une multitude de strates. Un feuilletage complexe de personnes les plus diverses. On y trouvait outre les inévitables Blasonnés issus d'anciennes familles et de clans dont les racines remontaient à la fondation de la capitale elle-même auquels Scarlett appartenait, tout un panel de nobles plus ou moins récents, plus ou moins riches, plus ou moins prestigieux. Les fréquenter avait un intérêt divers et il était capital de savoir identifier les intentions de ses divers interlocuteurs dans les premières secondes d'un entretien. L'exercice était compliqué mais le dragonnier devait apprendre à le maîtriser si il ne voulait pas être submergé par les opportunistes ou tout simplement transformé en jouet par des diplomates plus forts que lui. Comme elle ne pouvait pas lui détailler tout le bottin mondain et qu'il recevrait de toute façon dans les prochains jours une épaisse pile de rapports qui lui apprendraient tout sur les rapports de force au sein de la Cour, elle décida de s'en tenir à quelque cas de figure généraux, réservant les avertissements plus personnels au secret des alcôves de ses mémos. Ses phrases au moins ne risquaient pas de parvenir aux intéressés lorsqu'elle les transmettait au papier qui était directement délivré à ses royaux destinataires. Aucun de ses messagers n'avait jamais commis le moindre impair à ce sujet, détail qu'il fallait sans doute attribuer à la créativité des bourreaux supposés châtier les criminels coupables de haute trahison. Et à la croyance bien implantée que les de Vinter étaient dotés de pouvoirs surnaturels les rendant capables de lire dans les pensées. Pour un peu, sa famille aurait eu la réputation de posséder des capacités dont seules pouvaient d'ordinaire se vanter les Inquisitrices. Être un croque-mitaine avait parfois des avantages qui non content d'être agréables étaient aussi fort utiles.

"Sachez tout d'abord qu'ici, les opportunistes sont légions. Vous ne les reconnaîtrez pas forcément au premier coup d'oeil aussi devrez-vous partir du principe qu'aucun de vos interlocuteurs, qu'aucune des personnes que vous rencontrez ne vous expose la raison véritable qui motive votre entretien. Eussiez-vous grandi parmi nous, vous auriez pu espérer conserver un ami fidèle issu de votre enfance mais vous êtes en ces lieux un étranger, une curiosité, si vous me permettez l'emploi de ces expressions vulgaires. Votre place de fiancé de la princesse Izhelindë fait de vous une cible de premier choix pour tous ceux qui recherchent un avancement quelconque. Et ce par tous les moyens. Certains se rendront sympathiques, d'autres indispensables. Sachez ne pas prendre pour argent comptant les démonstrations d'amitiés désintéressés. Vous n'êtes plus un être humain mais une institution. Un membre de la famille royale." Elle le considéra posément, remarquant à quel point la princesse et lui formeraient un joli couple une fois que cette dernière serait revenue à de meilleurs sentiments. "Les parents utilisent leurs filles pour sceller des alliances, parfois d'une manière moralement contestable. Méfiez-vous des jeunes femmes séduisantes, elles ont mené plus d'un Blasonné à devoir payer des pensions. Sinon à contracter un mariage peu reluisant. Entourez-vous de jeunes chevaliers de la Cour. Essayez de constituer votre garde royale." Elle chercha quelques noms à lui donner à titres d'exemples. "Dreann Aronwë qui a capturé la sorcière Tanith Ruane par exemple. La différence d'âge entre vous est à ce point mineure qu'il ne s'agit que d'un détail et je peux attester de sa fidélité à la Couronne. Sachez également reconnaître les outils à manier avec précaution comme le général Fairban." Une idée traversa son esprit retors. Elle mit quelques secondes à déterminer si oui ou non elle était bonne puis décida que la paix des ménages valait bien qu'elle s'exposa à une crise de colère de la part de la princesse. "Essayez de sympathiser avec le jeune Esendril Maronmeth. Il est certes un Indigent mais sa dévotion envers votre fiancée ne fait aucun doute. Il pourra peut-être vous aider à faire sa connaissance sans le carcan du protocole. Vous devez bien sûr fréquenter votre beau-frère, le prince Lucius, bien que je conçoive à quel point sa compagnie peut être irritante, compte tenu de son immaturité. Il est promis à une jeune dame nommée Ezephine Bassey dont je ne peux que vous recommander de faire la rencontre." Scarlett avait vaguement conscience de noyer son interlocuteur sous un flot ininterrompu de noms et de titres aussi mit-elle fin à son monologue de manière quelque brutale. Elle jeta un regard amusé à l'homme qui l'accompagnait avant de lui poser, cachant à grand peine son hilarité derrière un sourire éclatant, la question qui lui brûlait les lèvres. "Mais peut-être devrais-je vous laisser le temps de prendre des notes..."

L'insolence et un penchant éhonté pour les mauvaises blagues au dépens de ses supérieurs était deux traits de son caractère avec lesquels Athran devrait apprendre à négocier. Attendant sa réponse, Scarlett continua de se diriger vers les jardins de sa démarche assurée. Se faisant, elle prit le temps d'observer avec plus d'attention le dragonnier. Lequel, elle devait bien l'avouer affichait une ressemblance frappante avec une version plus jeune d'Arsenios. Peut-être était-ce du à un air martial qui leur était commun ou peut-être que les dragonniers l'avaient choisi en particulier pour cette raison. Sur ce point Scarlett ne pouvait gloser. Aussi se contenta-t-elle d'attendre ses réactions.

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MessageSujet: Re: Entre deux portes ▬ PV Athran   Lun 16 Avr 2012, 02:04

Athran était amusé par cette femme. Pourquoi ? Parce qu'elle avait tellement l'habitude de côtoyer les têtes couronnées qu'il voyait bien qu'il n'était qu'une simple bagatelle dans son palmarès déjà rempli de personnes dont elle devait s'occuper. Et vu on caractère, elle se permettait déjà des familiarités qui rendaient le contact bien plus agréable que s'il était totalement protocolaire. Après tout, au vu de sa fonction dans la demeure et surtout au dehors, il savait qu'il allait être amené à la voir souvent. Les conflits et les complots devaient être bien plus importants ici que par chez lui où déjà il était sollicité régulièrement. Mais cela ne le dérangeait pas. Il avait l'habitude des responsabilités, des décisions, des choix difficiles. Son mariage après tout en était un fameux de choix. Les Dragonniers avaient été de tout temps unis face au monde extérieure de Mhian Diaga. Il savait désormais que depuis cette annonce, son clan allait être officieusement séparé en deux partis. Officiellement, ils seraient toujours un peuple dont il faudrait être fou pour se le mettre à dos. Mais dans les relations internes, il savait que des tensions allaient se créer de plus en plus maintenant qu'il était réellement fiancé. Tant que ça n'avait pas été annoncé, on pouvait espérer qu'il rebrousse chemin. Mais désormais ce n'était plus possible et de toute façon, il n'avait jamais souhaité revenir sur sa décision. Il était quelqu'un de flexible mais l'autorité passait aussi par la capacité à assumer ses choix et les conséquences qui en découleront. Ainsi était-il prêt à assumer les colères de son peuple - heureusement étant soutenu par beaucoup ou au moins ceux qui n'étaient pas d'accord ne souhaitaient pas forcément mettre des bâtons dans les pattes de son dragon- et avec le temps, leur montrer que cette alliance était un bien plus qu'un mal pour eux. Mais pour cela il faudrait du temps, et les faits étaient encore trop récents actuellement.
Il ne put retenir un sourire quand, revenant à la réalité, il entendit Scarlett lui annoncer qu'il serait muni rapidement d'une carte. Il avait presque l'impression qu'il allait partir à la quête d'un trésor tels les aventuriers et qu'elle était la détentrice des informations qui pourraient mener à bien sa mission. Au final, c'était ça mais pour des raisons bien moi aventurières et beaucoup plus royales. Elle détenait le savoir qui lui permettrait de s'organiser mais surtout s'adapter très vite dans cette demeure. Le plus amusant était quand même cette évocation régulière des moyens détournés pour se tirer d'affaires. Et en plus avec un comportement tel qu'il sentait qu'elle aimait le mettre en valeur. Elle aimait impliquer les personnes qu'elle avait sous son ordre et qui passaient leur temps dans les détours officieux du Palais. Certes il était bon de savoir qu'il y avait de la sécurité mais en tant que leader et donc homme très indépendant, il comptait bien s'en sortir avec la carte uniquement. La forteresse de Mhian Diaga n'était pas réputée pour ses décorations et donc ses points de repères. Là aussi, soit vous connaissiez, soit vous pouviez rapidement être perdu. C'est donc pour cela qu'il avait un sens de l'orientation assez développé, pour peu qu'il fasse attention au chemin qu'il prenait - ce qui rappelons le n'avait pas vraiment été le cas aujourd'hui. Mais il savait que d'ici deux jours, il s'y retrouverait bien mieux qu'actuellement. Si déjà elle le guidait, il comptait bien en profiter pour observer cette fois-ci attentivement, les lieux s'imprimeront d'eux-même dans son esprit. Il était très attentif même s'il n'en avait pas l'air et surtout observateur. Avait-on le choix quand on était dans les instances supérieures d'une hiérarchie. Il fallait savoir et voir tout ce qui était possible. Il le savait très bien et l'appliquait surtout beaucoup. Un léger sourire aux lèvres, il suivit Scarlett qui ne daigna pas attendre une quelconque réponse de sa part avant de poursuivre. De toute manière, il ne tenait nullement à lui exposer son indépendance en pleine figure alors qu'elle mettait tout en oeuvre pour qu'il s'en sorte. Un simple "merci" échappa de ses lèvres pour les moyens mis à sa disposition.

Vint alors ce qu'il avait demandé. La première explication de ce qui allait être son travail. Des liens qu'il allait devoir tisser. Ce qu'il aimait beaucoup quand elle parlait, c'était son côté direct. Elle ne prenait pas de détour et de la part d'une femme -tentatrice des propos enjoliveurs- c'était plutôt étonnant mais ça ne manquait pas d'être un point plutôt positif. Ainsi, il savait que par son rang, elle ne lui mentirait pas. Ce n'était pas son travail et apparemment ce n'était pas non plus dans ses facultés les plus naturelles. Il ne doutait pas qu'elle savait parfaitement le faire, ça il en était même certain. Mais qu'elle soit directe et franche avec lui le mettait bien plus à l'aise et à sa place que si elle tentait des fioritures verbales qui n'étaient pas tellement son domaine. Du moins pas au quotidien. Il avait appris à avoir un discours adéquat selon les personnes qu'il avait en face de lui. Mais les trois quart du temps, c'était des Dragonniers, des hommes de poigne, de terrain, qui avaient pour fidèle compagnon un dragon. Cela changeait quand même pas mal la donne. Il acquiesça aux premières paroles, entendant et surtout enregistrant bien. Il s'en doutait beaucoup et forcément il savait qu'il ne devait pas faire fine bouche face aux obligations conventionnelles qui allaient s'amasser en vrac. Il savait qu'il était le futur roi, pas Athran, pas un Dragonnier - bien qu'il n'était pas stupide au point de croire que ça n'attisait justement pas nombreuses curiosités- mais le futur roi uniquement désormais. C'était à lui de faire ce qu'il fallait pour ne pas se perdre dans cette entité et rester intègre. Mais Elthaïr était là pour ça et il lui faisait confiance pour lui rappeler ses racines. Un amusement certain le parcourut quand elle évoqua les demoiselles qui risquaient de chercher un réconfort mais surtout une place dans la royauté à travers lui. Il était un homme certes mais de tels besoins ne passeraient jamais au dessus de ses devoirs. Et puis il n'était pas le genre à chercher concubines à droite à gauche. Aussi désirables soient-elles, les femmes avaient bien sur un attrait pour lui mais il travaillait bien plus qu'il n'était homme. Et puis désormais tout ceci était fini. Il était le futur époux de la princesse, désormais ce serait la seule femme de sa vie, celle qui lui offrirait une descendance - même si pour le moment c'était plutôt mal parti.
Des noms suivirent et son attention grandit. Il avait très peu fait connaissance, sa présence étant de trop courte durée actuellement pour qu'il sache qui était qui. Aussi ne manqua -t-il pas d'imprimé tout ça. Il avait bien fait de demander conseil à Scarlett car elle ne lui donnait pas que les personnes d'intérêt officiel mais aussi ceux qui pourraient officieusement l'aider dans ses affaires royales. C'était important de s'entourer de toutes sortes de personne. Il n'était pas du genre à cataloguer et surtout à décréter que parce qu'une personne appartenait à un tel rang elle n'en valait pas la peine. Il faut dire que c'était avec cette nature très ouverte qu'il était actuellement futur roi. S'il n'avait pas ce trait de caractère, Arsenios n'aurait sûrement jamais reconnu en lui un potentiel qui permettrait de joindre les deux bouts entre les Dragonniers et les Singuliers. Ce n'était pas encore gagné mais il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour que les choses s'organisent et s’emboîtent a mieux. Il réfléchit quelques secondes à ce nouveau flot de paroles quand il se rendit compte que la voix féminine qui l'accompagnait jusque là s'était tue. Il regarda Scarlett qui semblait amusée et il comprit rapidement pourquoi quand, avec insolence, elle le sous-estima ouvertement. Il ne put que sourire à cette dernière phrase et alors qu'il regagnait un chemin qu'il reconnaissait désormais parfaitement - s'étant rendu aux jardins pour rejoindre la Reine lors de son arrivée - il prit enfin la parole.

"Devrais-je me sentir attristé du peu de capacités mémorielles que vous m'attribuées ?" il laissa un léger étirement se réaliser de ses lèvres insinuant par ces propos un amusement certain à ceux de son interlocutrice. "Sachez que Dreann Aronwë et le général Fairban seront d'ici peu une priorité pour moi. Leur contribution rapide ne pourra que m'aider et surtout m'apporter les éléments nécessaires qu'il me faudra pour le terrain. Ce qui est mon domaine avant tout. Mais je ne manquerai pas de prendre contact avec Esendril Maronmeth - son côté Indigent me rebutant que fort peu- pour pouvoir complaire davantage à la princesse, car s'il est important pour elle, je me dois de le prendre en compte. Pour ce qui est de mon beau-frère, Lucius Hardansson, cela va de soi que je me dois d'aller me présenter à lui dès que cela sera possible." Il sourit innocemment à Scarlett avant d'ajouter "Ais-je passer votre premier examen ?"

Il n'était pas du genre insolent et d'ailleurs son ton ne l'était actuellement pas. Mais si elle le provoquait - gentiment entendons nous bien- il se devait d'y répondre. Surtout dans ce genre de contexte où il avait surtout des preuves à fournir plutôt que des acquis qu'il était seul à connaître. Ce n'était pas une exposition gratuite et intéressée de ses facultés mais juste une preuve tangible qu'il était apte à prendre ses responsabilités et il n'avait pas tellement envie qu'on en doute car ce serait du travail en plus pour lui de fournir davantage de preuves que ce qu'il ne donnait déjà quotidiennement depuis qu'il était au Palais. Etre sur ses gardes naturellement était son domaine mais à ce niveau-ci, où c'était sur ses gardes par rapport à son propre comportement et non par rapport à une attaque quelconque, c'était bien plus fatiguant et lui demandait bien plus d'efforts. Chez lui ses capacités étaient connues. Pas ici. Mais il s'était préparé. Un rayonnement vint rejoindre l'allée alors que les jardins se profilaient à l'horizon. Ils n'avaient finalement par rencontré beaucoup de monde et surtout, ils étaient bien plus près d'un lieu connu pour lui que ce qu'il ne croyait. Il regarda Scarlett et lui sourit désormais normalement.

"Je tiens à vous remercier pour ce bout de chemin en votre compagnie mais surtout pour avoir orienter mes pas vers un endroit connu. Je ne tiens pas à me séparer promptement de vous mais je ne veux pas vous retenir indéfiniment non plus car vous ne semblez pas dénuer de responsabilités également. "

Il aurait bien encore parlé avec elle mais effectivement, il savait ce que c'était de devoir s'obliger à respecter les demandes de la personne qu'on accompagnait. Il savait qu'il avait encore énormément à apprendre mais tout ne devait pas être fait dans la minute et il y avait assez à lire pour lui pour en apprendre par lui-même également. Ainsi, se faciliter la tâche grâce à cette femme, mais en contre partie lui prendre son temps, n'était pas dans ses habitudes. S'il voulait des informations, il pouvait aussi s'en procurer par lui-même. Le roi avait mis à sa disposition toute la demeure et tout le personnel pour l'aider à prendre ses marques. Ce n'était donc pas à Scarlett de le faire. Il estimait qu'elle ne faisait pas partie du même personnel et qu'elle avait un grade bien plus élevé. Surtout vu les festivités en place, les tentatives de profit des personnes malveillantes ne devaient pas manquer. Un bruit rauque se fit entendre un peu plus loin. Ce n'était sûrement pas un bruit dont les Singuliers avait l'habitude or lui par contre l'entendait bien souvent. Il n'était pas aussi puissant qu'habituellement mais il ne pouvait malheureusement pas poser Elthaïr dans les jardins. Aussi devait-il le poser un peu plus loin.

"Veuillez excuser mon dragon. La vie de château n'est réellement pas faite pour lui et vos pouvez entendre son râle d'ennui."

Bien qu'il ne le disait pas ouvertement, il n'en pensait pas moins. Bien sûr qu'il préférait de loin monter son dragon et voguer à travers le ciel vers d'autres occupations. Mais il en était ainsi et il se devait de répondre aux attentes qu'on avait placées sur ses épaules. Il irait sûrement trouver Elthaïr néanmoins avant toute chose car bien que ce râle suggérait fortement l'ennui, il y avait autre chose que lui-même pouvait également ressentir. Le manque. Même s'ils s'étaient vus ce matin, être aussi loin l'un de l'autre n'était pas du tout dans les habitudes des Dragonniers. C'était un point assez difficile pour tous les deux mais ils devaient faire avec - même si son cher dragon avait tendance à lui reprocher quand ils se voyaient. MAis ce n'était qu'une question de temps avant qu'il puisse le revoir plus souvent. Du moins il espérait...


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MessageSujet: Re: Entre deux portes ▬ PV Athran   Ven 20 Avr 2012, 08:52

Devrais-je me sentir attristé du peu de capacités mémorielles que vous m'attribuez ? [...] Ai-je passé votre premier examen ?" La phrase fit long feu entre eux et Scarlett se retint d'éclater ouvertement de rire. Bien au moins Athran Ildahel n'était pas un homme obtus à l'instar de l'hostilité monolithique mêlée de mépris et de machisme qu'on imputait traditionnellement à ses pairs. Il ne mettrait pas longtemps à frayer dans ce bassin à requins comme si il y était né. Ce genre de constatation était un soucis de moins sur les épaules des divers diplomates du palais. Scarlett n'était pas la seule à devoir s'inquiéter que les membres de la famille royale, pièce rapportées ou d'origine, ne provoquaient pas par leurs mots, leurs comportements ou même leurs simples attitudes un scandale public dont il serait compliqué de se dépêtrer. Elle savait que Mhian Dhiaga n'enverrait pas un enfant, un simple soldat incapable de se débrouiller mais elle nourrissait de sérieux doutes sur leurs définitions parfois très personnelles des notions de diplomatie, d'étiquette et de politesse. Elle se contenta d'une élégante révérence. "Mieux que vous ne l'imaginez, sire. Mais évitez de vous en vanter sans quoi je me verrais dans l'obligation de vous faire réciter le bottin mondain par le menu. Et en citant leurs alliances..." Elle se souvint d'une chose qu'elle avait oublié de mentionner. "Je ne sais pas comment fonctionne les choses à Mhian Dhiaga mais gardez à l'esprit qu'ici, il est rare qu'une famille ne soit pas apparentée à une autre à un certain degré. Je ne vous demande pas d'apprendre les généalogies par coeur mais cette notion vous aidera sans doute à mieux comprendre quelques étrangetés dans les liens diplomatiques. Les Blasonnés ne s'accouplent qu'entre eux et les familles récemment anoblies mettent quelques temps à se débarrasser de leurs..." Elle chercha un mot qui serait plus approprié et moins choquant que souillure. "anciennes origines. Les autres lignées ne chercheront pas en priorité à conclure des mariages avec eux aussi sont-ils généralement moins compliqués à comprendre et à catégoriser. Vous les trouverez sans doute plus logiques que la plupart de vos interlocuteurs." Elle évita de mentionner les problèmes de consanguinité qui courraient dans la noblesse de Lanriel. Si lui-même ne l'avait jamais noté, il ne tarderait pas à le faire et il semblait doté de suffisamment de jugeote pour comprendre la situation. Elle revint à ces conseils, essayant de passer en revue les personnes qu'elle aurait pu oublier...

Le visage de Blake, son frère aîné, emplit sa tête avec violence. Eut-il été présent à la cour qu'elle eut peut-être suggéré à Athran de tenter de le contacter mais il se trouvait encore par monts et par vaux et elle ignorait complètement quand il déciderait de rentrer. Avec une famille réduite à deux représentants, les responsabilités de l'héritier légitime auraient du être de se marier et de temps de repeupler la lignée mais le jeune homme avait préféré partir à la chasse à l'apostat. Elle le chassa de ses pensées, comme on se débarasse d'une mouche importune. "Dreann est un jeune homme issu de l'aristocratie Lanrieloise. Vous trouverez sans doute en lui un compagnon digne de ce nom. Tâchez juste de ne pas oublier que sa soeur a été assassinée l'année passée et que la meilleure amie de cette dernière a disparu avec le meurtrier... Nylem Fairban en revanche est un boucher avec un titre de général. Il a son utilité mais gardez-vous de lui tourner le dos. Il y a certaines zones d'ombre dans son parcours qui mériteraient d'être... éclaircies." Elle préféra se tourner vers des sujets plus appropriés à cette belle journée d'été, laissant au dragonnier le soin de se faire un avis personnel sur le militaire en question. "Esendril est une personne dont la compagnie est agréable. Il a vécu dans le voisinage de la cour toute sa vie aussi ne trouverez-vous sans doute rien à dire à son comportement. Quant à Lucius..." Elle soupira. "Lucius est encore jeune et il a le temps de mûrir..." Lucius passait suffisamment de temps à courir la jouvencelle pour que la possibilité d'un bâtard ou d'un mariage en catastrophe fut un motif d'inquiétude dans les hautes sphères du pouvoir. Mais ça, aussi le fiancé d'Izhelindë le découvrirait bien assez tôt. Voilà une surprise qu'elle ne voudrait surtout pas lui gâcher la surprise.

Il la surprit en lui parlant de ses responsabilités. Encore une fois sa politesse était étonnante pour une personne qui avait grandi dans un univers comme celui des Dragonniers. Ou peut-être pas. Peut-être que la discipline de fer qui régnait dans la cité entre les pics était à ce point rigide qu'il ne pouvait imaginer que sa principale fonction était de passer des journées entières de manière oisive à écouter les bruits de la Cour. Mais peut-être l'importunait-elle en fin de compte. Elle réalisa qu'il avait sans doute autre chose à faire que de l'écouter lui donner les noms et les adresses des personnes susceptibles de lui servir. Mieux encore il pouvait les trouver lui-même. Elle considéra la possibilité de retourner dans les jardins. "Vous le découvrirez rapidement, l'essentiel des mes fonctions consiste à être présente à la Cour et à participer à toutes sortes d'activité délicieusement futiles. Pour vous répondre, je n'ai rien de particulièrement pressé à faire. Hormis profiter de ce beau soleil tout en commentant l'horreur visuelle que constitue la dernière robe d'une comtesse que vous ne manquerez pas de remarquer la prochaine fois que vous fréquenterez les salles de réception. Vous saurez de qui je parle à coup sûr. Ses goûts vestimentaires et sa définition de l'élégance sont pour le moins personnelles et originales. Si une personne de sexe féminin vous donne envie de vous crever les yeux pour ne plus avoir à supporter le spectacle contre-nature de sa tenue, vous pourrez être certain que c'est d'elle qu'il s'agit...Elle a élevé le mauvais goût au rang d'art." Le rugissement du dragon mit fin à son bavardage. Un rugissement peu commun mais avec lequel les habitants de Cathairfál allaient devoir s'habituer. Contrairement à d'autres, Scarlett avait su garder sa dignité et ne s'était pas ruée au site d'atterrissage qu'utilisait le futur prince consort. Elle attendait pour cela que la masse des curieux se fut un peu dispersée. Un jour, la jeune femme se rendrait là-bas...

"Je le comprends. Je sais ce que c'est de ne pas se trouver dans son environnement naturel. Pour celà, il suffit que le roi m'envoie en mission à l'extérieur. Je suis une créature casanière." Elle s'apprêtait à ajouter autre chose lorsqu'un tumulte de voix féminines se fit entendre venant du bout du corridor qu'ils remontaient. Une troupe de jeunes femmes coquettes fit son apparition dans un véritable tourbillon de froufrous et de dentelles, les avisant. "Dame de Vinter! C'est donc là que vous vous étiez cachée!" Elles eurent un moment d'hésitation en reconnaissant l'identité de son compagnon et attendirent qu'on leur donne l'autorisation de continuer ce que fit finalement l'assassin au bout de quelques secondes. "Vous nous aviez promis de passer une après-midi avec nous... Ma cousine vient d'arriver de la maison de ses parents et elle ne connaît pas encore la Cour." Scarlett se remémora soudain cette promesse faite au cour d'une des multiples soirées qu'on donnait au palais. Effectuant une nouvelle révérence à l'intention du fiancé de la princesse, elle s'excusa. "Veuillez me pardonner, sire, mais je crains que le devoir ne m'appelle... J'espère que vous passerez une agréable journée. Et n'hésitez pas à me contacter si vous avez besoin de quoi que ce soit." Une nouvelle révérence élégante, puis la jeune femme invita ses compagnes à la précéder dans le couloir où elles se dirigèrent vers les Jardins dans un grand brouhaha de conversations...

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