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 La voie du coeur ou de l'honneur ?

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Octavia Hardansson

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MessageFeuille de route
MessageSujet: La voie du coeur ou de l'honneur ?    Mar 27 Mar 2012, 11:11


    D’un geste sec de la main, Octavia éparpilla les serviteurs qui s’agitaient autour d’elle et elle les renvoya à leurs tâches respectives. Le « ballet » était savamment orchestré et chacun savait exactement ce qu’il avait à faire. Les appartements du promis avaient été briqués de fond en comble, agrémentés de fleurs fraîches, d’un nécessaire qu’Arsenios jugeait utile à tout homme, et de menues attentions afin qu’il se sente au palais comme chez lui. Ce qui avait été un beau fouillis prenait maintenant joliment forme et depuis les cuisines on sentait fleurer toutes sortes de fumets qui promettaient des repas mémorables dans les jours à venir. Les sourires étaient sur tous les visages. Une véritable liesse s’était emparée de toute la ville et l’on se préparait à accueillir le futur roi comme un messie. Dragonnier. L’idée même poussa Octavia à se pencher à la fenêtre de la salle pour scruter le ciel. De dragons elle n’en avait vu que peu dans sa vie et le spectacle ne manquait jamais de lui couper le souffle. Elle admirait ces créatures autant qu’elle les craignait et croyait véritablement qu’avec ces êtres magnifiques à leurs côtés, les mauvais jours seraient bien vite derrière eux. Peut-être que c’était même une lourde responsabilité sur les épaules du dragonnier Ildahel, mais ces dernières années le plus mince filet d’espoir se devait d’être nourrit. Poussant un soupir elle s’éloigna de son post d’observation et croisa les bras sur sa poitrine. Avec la joie, venait immanquablement l’inquiétude. Arsenios avait été mandé pour gérer un conflit au sud et elle se devait de représenter seule la voix de la famille. Si elle voulait déguiser le tout sous l’aspect d’une visite d’un proche, il n’en restait pas moins que l’affaire était délicate et que sous le couvert de la courtoisie, elle faisait entrer un roi dans la famille.

    « Majesté ! » Elle sursauta sous le coup de la surprise puis se tourna vers un chevalier dont la figure était devenue rouge écarlate. Le souffle court, un genou à terre, il essayait de se montrer digne mais l’on voyait bien qu’il avait couru et qu’il était à bout de souffle.
    « Relevez-vous… »
    « Le… Le… Le dragonnier s’est présenté à la porte du palais. »
    « Comment ? »
    Le chevalier haussa les épaules, sûrement aussi surpris que sa reine. Elle fut la première à se reprendre. « Amenez le donc à ses appartements, qu’il puisse se rafraîchir et se changer après le voyage. » Elle conçut une certaine déception à cette entrée discrète mais sûrement plus judicieuse. « Vous le ferez ensuite venir au jardin est où je ferais servir une collation. Prestement ! »

    Elle avait prit l’habitude de son époux à faire les cent pas lorsque quelque chose la travaillait. Quand elle entendit enfin des bruits de pas se rapprocher, elle essaya de cacher l’agitation de ses mains et fit éclore son sourire le plus étincelant. Non qu’elle ait à se forcer, elle avait déjà rencontré Athran et c’était un homme charmant, sûr de lui, intelligent, à l’aise en société. Pour ne rien gâcher il était plutôt bel homme, en parfaite condition physique et plutôt galant. Nombreuses qualités qu’Octavia pouvait retrouver chez Arsenios et qui lui faisait penser que son époux avait fait le bon choix. Elle se souvenait, adolescente, des peurs qu’elle avait nourries à être mariée à un inconnue. La surprise s’était révélée plutôt bonne dans son cas, et elle rêvait du même dénouement pour sa tête de mule de fille.

    « Athran ! Bienvenue au palais. » Elle avança pour l’accueillir en lui tendant ses mains. « Vous nous avez surpris en choisissant la voie de la terre. Mais je comprends votre envie de discrétion. La ville est plongée dans un véritable bain de folie. Vous êtes la personne la plus recherchée du pays. » Le taquina-t-elle. « Excusez Arsenios qui ne peut être présent. Les affaires du royaume… Mais je ne vais pas déjà vous embêtez avec ça. Vous devez avoir faim ! »

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Athran Ildahel

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MessageSujet: Re: La voie du coeur ou de l'honneur ?    Mer 28 Mar 2012, 01:21

Athran attendait patiemment à l'entrée du Palais, vêtu d'une sorte de cape noire, à capuche, qui habituellement cachait l'entièreté de son corps, mais qu'actuellement il avait ouvert en écartant chacun des pans. Cette cape était doublée car celle-ci lui permettait de ne pas subir les froideurs du ciel lorsqu'il était avec Elthaïr. Mais il la portait également pour qu'on ne puisse voir le dragon orné sur le vêtement qu'il portait en dessous. S'il avait choisi la discrétion, il fallait qu'il l'assume jusqu'au bout. Il n'était pas venu à cheval puis à pied pour exhiber en contre partie un dragon sur ses habits aux yeux de tous. Maintenant qu'il était au Palais, cela n'avait plus d'importance car il avait ouvertement annoncé son arrivée en se désignant comme le Dragonnier dont on ne cessait de parler dans la ville. Il observait le Palais, cette fois-ci de l'intérieur, attendant le chevalier- qui semblait quelque peu novice ou encore jeune car il avait été plus qu'impressionné et dérouté de le voir- parti annoncé son arrivée. Un bagage était également posé à ses yeux, celui dont il avait besoin pour les jours à venir, car désormais ce lieu était sa demeure que ça lui convienne ou non. Mais ce n'était qu'un bagage de fortune, il savait qu'il devrait retourner à la forteresse avant qu'il ne devienne obsolète. Il avait prit l'habitude de venir dans cette demeure, mais aujourd'hui, il semblait être un total étranger et un parfait inconnu. Il ne venait pas pour une visite de routine, un entretien royal, repartant ensuite à ses occupations. Il venait pour honorer un contrat royal dont l'accord avait étéofficialisé il y a peu. Tout prenait désormais une autre tournure et il devrait faire avec. Sa vie de leader de l'Ordre était désormais caduque. Il allait devenir bien plus que cela. Mais il n'était pas encore marié. Actuellement il n'était que fiancé, et bien que cela représentait une étape primordiale, il avait encore un peu de temps avant de prendre ce rôle de roi de Lanriel. Cela lui convenait d'ailleurs parfaitement parce qu'Arsenios avait encore pas mal de choses à lui apprendre sur cela. Il n'avait eu cesse de le faire au cours de leur entretien, implicitement ou non, mais maintenant qu'il savait ce fait certain, il voulait pouvoir acquérir une sagesse et une force qui égalaient celle du roi actuel. Il était bien sûr encore jeune pour cela et Arsenios était un roi avisé et expérimenté. La tâche serait rude. La Reine aurait beaucoup à lui apprendre aussi, car même en étant roi, les décisions reviendraient à la fille de l'actuel, c'est-à-dire à sa future femme, la Reine. Et son rôle serait principalement de l'épauler et la conseiller dans le quotidien, rôle de la Reine actuelle envers son époux. Il n'était pas machiste et avoir une femme au pouvoir ne lui posait aucun problème.

Il sortit de ses pensées lors que le chevalier balbutia quelque chose qui ressemblait à une invitation à le suivre. Ce qu'il fit en emportant son bagage et en suivant le pas. Il se rendit premièrement dans ses appartements. Quel endroit somptueux et raffiné. Lui qui vivait dans une forteresse, remplie uniquement d'hommes, cet endroit lui semblait paré de bien trop de beaux atours. Mais l'attention était particulièrement délicate et il reconnaissait bien la Reine à travers celle-ci. Certains points le fit sourire néanmoins car le Roi était passé par là et il pouvait le voir à certains détails de la décoration. Le chevalier referma la porte lui annonçant qu'il l'attendait dehors pour l'amener à la Reine. Il le remercia et posa son bagage avant d'enlever sa cape qu'il posa soigneusement sur le lit. Il s'approcha du réceptacle d'eau et y lava ses mains avant que ces dernières ne rafraîchissent son visage. Il prit ensuite une serviette et essuya le tout. Après une bonne bouffée d'oxygène, il sortit de la chambre et suivit à nouveau le chevalier pour se rendre auprès de la Reine. Le chevalier avait depuis le début parlé uniquement d'Octavia. Peut-être que le Roi avait été retenu ailleurs. Ce n'était pas tellement étonnant, il savait cet homme très souvent occupé par les affaires du royaume. C'était son rôle après tout et il n'était nullement vexé d'une telle absence. Sublime, la femme qui se trouva alors dans le jardin l'attendait et lui adressa un accueil chaleureux qui ne put retenir un sourire sur ses lèvres. Il vint à sa rencontre et prit les deux mains de la reine, avant d'y déposer un délicat baiser poli sur l'une d'elles.

"Bonjour chère Reine. Merci pour cet accueil." Il sourit davantage. "Je tenais justement à éviter de vous enlever le plaisir d'être les premiers à me voir en ce jour festif." Il écouta la suite et comprit qu'il avait vu juste et que le roi était bien occupé. "Ne vous en faites pas. Je sais que le roi est un homme occupé." Il sourit "Vous avez vraiment toujours ces délicates attentions pour vos invités. Ce serait avec plaisir que je profiterais de vos merveilleux mets." Il prit un paquet qu'il avait coincé soigneusement dans ses habits et le tendit à la reine."Je ne suis pas encore habitué à ce genre d'attention mais je tenais à vous offrir ce présent pour honorer mon rôle de gendre à votre égard. J'espère que cela vous conviendra."

Le paquet était emballé bien sûr et contenait un bijoux, délicat et fin, comme la reine. Il espérait que cela n'était pas déplacé mais il avait tenu à apporter un présent à chacun des membres de la famille. Ainsi en avait-il un pour le Roi, le fis de celui-ci et, bien évidemment, pour sa future épouse. Après tout, il faisait de leur demeure la sienne désormais et ils lui offraient également leur fille en mariage. C'était la moindre des choses de se montrer reconnaissant.Ce n'est seulement alors qu'il remarqua l'absence de la principale concernée. Il ne l'avait jamais vraiment vue et il venait souvent pour le roi uniquement, ainsi il lui avait fallu quelques instants pour remarquer que la princesse n'était pas dans les environs. Il hésita un instant à demander ce qu'il en était, car il devait reconnnaitre que cette rencontre était importante, mais il préférait taire ce fait et attendre qu'on lui parle de la princesse. Après tout, il ne connaissait pas les antécédents à cette absence et il ne préférait pas installer une gêne non souhaitée pour la reine. La jeune ne tarderait peut-être pas à arriver, même si d'après ce que le roi lui avait expliqué, elle ne serait sûrement pas ravie de venir le rencontrer. Il pouvait bien sûr le comprendre: elle n'avait rien demandé. Il tira la chaise de la reine pour lui permettre de prendre place avant de s'assoir également.

"Votre jardin est toujours aussi somptueux. Nous avons de la chance car le ciel est dégagé et le temps nous apparait radieux."

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Octavia Hardansson

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MessageSujet: Re: La voie du coeur ou de l'honneur ?    Sam 07 Avr 2012, 10:48



    Elle était certaine qu’il ferait son effet sur la cour, pensait-elle alors qu’il la saluait avec une politesse et une galanterie remarquable. Bien que l’animation ne manque pas à la ville, il s’était installé une sorte de routine qui avait rendu apathique un nombre considérable de personnes appartenant à la noblesse. Un air de renouveau avait soufflé dans les rangs à l’annonce du mariage et on en était seulement au début. Les festivités seraient à la hauteur des mariés, sans compter la surprise que ne manqueraient pas d’amener les dragonniers. Avec le feu, Athran soufflait l’espoir. L’espoir d’un peuple plus fort et soudé.

    « Occupé oui mais il n’est pas parti sans me donner une foule de recommandations pour votre arrivée. Et il espère être de retour pour le plus gros des festivités. La seule chose sur laquelle il n’a su se prononcer était pour l’installation de votre… » Elle hésita un instant. « Comment est-ce que vous dites ? Compagnon ? Nous avons une solution temporaire mais je doute que ce soit suffisant. Et je ne me risquerais pas sur ce terrain. C’est une histoire que vous réglerez entre vous. » Arsenios, tout homme qu’il était serait sûrement impatient de côtoyer plus amplement les dragons. L’admiration d’Octavia était plus modérée, elle voulait bien admirer la beauté mais elle craignait de s’en approcher de trop prêt. Une sorte d’attraction, répulsion, qui tenait surtout de la méconnaissance. Après tout, elle avait entendu dire que certains dragonniers créaient un lien si fort avec leur dragon qu’ils pouvaient communiquer avec d’une certaine manière. Une complicité sans failles. Un tel lien aurait du lui donner confiance, mais la bête n’en restait pas moins immense et puissante.

    « Votre arrivée a déchaîné tous les cuisiniers du palais. » Rit-elle. Elle aurait sans doute tempéré d’avantage les choses si elle avait été la seule à décider. Mais gouverner était parfois lâcher la bride. « Ils ont tenus à réaliser leurs spécialités. Il y en aura pour tous les goûts. Tout le monde s’est mis en tête de vous faire plaisir. Et je le comprends, c’est un événement important auquel nous assistons. J’espère que l’enthousiasme de chacun ne vous dépassera pas. » Qu’il ne soit pas effrayé par cette foi qu’on allait accorder à chacune de ses actions. Elle sourit encore, sachant que le pauvre allait être submergé par des sollicitations de toute part. Un mariage égayait le peuple, mais il mettait les époux en face de leurs responsabilités. Heureusement les deux mariés ne seraient pas seuls pour affronter cela, mais ce serait déjà un bon exercice au métier de souverain.

    « Oh ! » S’exclama-t-elle lorsqu’il lui tendit un paquet joliment emballé d’une manière qu’elle aurait qualifié d’exotique. Elle attendit d’être à table pour le défaire avec précaution, trop craintive qu’elle aurait été de l’abimer dans sa hâte. « N’est-ce pas ? Ces jardins sont ma petite fierté personnelle. Et après l’hiver que nous avons eut, un peu de soleil ne pouvait pas nous faire de mal. » Les premiers bourgeons avaient été une véritable bénédiction. Chacun avait retenu son souffle jusqu’à l’arrivée du printemps. Les pertes avaient été énormes. Le moral au plus bas. Avec les beaux jours, c’était tout le pays qui revivait. « Vous verrez certains donneront des fruits. » dit-elle alors qu’on leur servait leurs boissons et qu’elle se battait toujours avec l’emballage. Elle ouvrit enfin le paquet et découvrit une broche si finement réalisée, qu’elle poussa un soupir d’extase. Les dragonniers étaient un peuple qui réservait bien des surprises.

    « Athran vous n’auriez pu mieux choisir. » s’exclama-t-elle ne pouvait cacher sa joie. « J’ai rarement vu quelque chose d’aussi magnifique. Vos artisans font des merveilles. Je serais fière de la porter. Et croyez moi je ferais rapidement des envieuses. J’espère qu’ils n’auront rien contre quelques commandes venant de la capitale. » Elle confia le bijou aux soins d’une de ses dame de cour et profita qu’ils soient seuls pour enfin aborder un sujet qui devait beaucoup occuper ses pensées.

    « Ma fille devait vous être présentée juste avant le dîner de ce soir. Une entrevue intime avec seulement les membres de la famille. » Commença-t-elle en prenant entre ses mains une tasse de thé. « Il était difficile de prévoir le moment de votre arrivée. Et vous connaissez les femmes elles veulent paraître à leur avantage. Vous êtes donc tout à moi. » Commenta-t-elle avec légèreté. Inutile d’inquiéter le jeune fiancé en lui mentionnant les tempêtes qui agitaient le palais depuis l’annonce. Ni de lui laisser entendre que la princesse était présentement introuvable et que le page chargé de la trouver devait s’arracher les cheveux en parcourant le palais et ses environs à l’heure actuelle.

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Athran Ildahel

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MessageSujet: Re: La voie du coeur ou de l'honneur ?    Lun 09 Avr 2012, 05:21

C'était la première fois qu'Athran se retrouvait à discuter avec une femme dans un lieu si distingué sans aucun but militaire ou politique. Il n'était pas forcément homme rustre et brute qu'on associait souvent avec les dragonniers. Mais il n'avait pas le raffinement et la tenue d'un noble de la Cour. En cet instant il faisait un certain effort pour se tenir comme il le fallait en la présence d'une personne de qualité telle que la Reine. Il devrait s'habituer à ce genre de moments car avant qu'il ne reprenne entièrement son rôle sur le terrain, et qu'il n'accompagne plus la Reine que prendre des décisions autres que militaires, il savait que avant d'arriver au mariage il allait devoir faire ses preuves au niveau de la royauté et cela impliquait énormément de retenue. Il était quelqu'un de calme et de posé mais en tant que Leader, il savait se faire entendre et il savait imposer ses idées ou du moins les faire écouter. Ici, en cet instant, il n'avait aucun pouvoir décisionnel. Il n'était que le futur roi et surtout le futur époux de la princesse. Et il allait devoir prouver qu'il était capable de tenir se rôle comme il se doit. Il n'était pas effrayé. Il n'était pas homme à vitre être intimidé. Mais il devait reconnaître qu'il n'avait pas l'habitude de ce genre d'entrevue et que s'y habituer allait lui demander un peu de temps. Mais la Reine restait une femme de compagnie très agréable. Et puis elle était prévenante tout comme son mari. C'est pour cela qu'il n'avait nullement été étonné d'apprendre que le roi avait laissé des recommandations pour son arrivée. Ce n'était pas étonnant. C'était un homme qui n'oubliait jamais ses responsabilités et cela allait des détails lorsqu'il recevait quelqu'un dans son Palais aux besoins du peuples et aux utilités du terrain. Il n'oubliait jamais rien et c'était une qualité qu'il ne pouvait pas oublier. Lui-même avait cette ligne de conduite et c'était d'ailleurs bien pour ça qu'il était actuellement, là avec la Reine, fiancé à une princesse et dont le mariage rallierait deux peuples diamétralement opposés. Et bien que certains dragonniers étaient totalement contre, il savait qu'il avait à ses côtés de fidèles et qu'il y en avait plus que ceux qui souhaitaient mettre un terme à cette union. De toute façon il en avait décidé ainsi avec nombreux accords, et à part apporter leur aide, c'était surtout lui qui s'impliquait dans la royauté. Il n'aurait jamais imposé ce rôle à quelqu'un d'autre. Cette place lui avait été offerte, c'était à lui de la réfuter ou l'accepter. il avait choisi la dernière, il devait maintenant en assumer toutes les conséquences. Mais il avait foi en cette union et désormais il remettrait son destin entre les mains d'Eydis.

Il avait sourit à l'évocation de son dragon et de son imposante stature. Il est vrai qu'ici, personne n'avait l'habitude de ces reptiles. Autant lui n'avait pas l'habitude de la Cour autant celle-ci n'avait pas pour habitude de voir des dragons s'imposer dans le ciel.

"Ne vous en faites pas. J'ai laissé pour le moment mon compagnon dans un endroit où la place ne lui manque pas, en dehors de la ville. Je discuterai avec le roi des modalités le concernant. Et pour faciliter ce sujet, sachez qu'il s'appelle Elthaïr. Vous aurez plus facile de le nommer ainsi."

Son dragon n'était pas qu'une monture, qu'un animal ou qu'un simple compagnon. Il était, pour eux dragonniers, comme une personne à part entière pour qui ils avaient une estime, un respect et un lien plus important qu'avec n'importe qui d'autres. Sans eux, un dragonnier n'était rien. De toute façon, la finalité du rite de passage montrait bien ce qu'il en était. Deux options uniquement s'imposaient : la mort ou l'obtention d'un compagnon dragon. Il n'y avait pas de demi mesure. Si on était pas apte à s'associer avec un d'eux, alors on ne méritait que la mort. Ce n'était pas une sinécure d'être dragonnier. Cela était naturel mais ce n'était pas forcément facile à porter. Nombreux parents souffraient d'une perte familiale et ce n'était pas toujours évident à gérer. Lui-même aurait très bien pu ne pas s'en sortir. C'était un combat de longue haleine dans lequel l'humain devait s'imposer face au dragon. C'était difficile et éprouvant mais ça valait tout l'or du monde. Il quitta les pensées concernant Elthaïr qui se trouvait bien trop loin de lui en ce moment même mais il avait souhaité cela pour permettre la discrétion qui lui convenait le mieux en cet instant. il avait sourit de nouveau à l'évocation de l'excitation des cuisiniers. Il se doutait que recevoir le futur roi n'était pas quelque chose qu'ils devaient négliger et que lui plaire était devenu une sorte de priorités. Il ne ferait pas le difficile. Le raffinement culinaire n'était pas de son rang mais il s'y accommoderait comme tout le reste.

"Ne vous en faites pas, il m'en faut beaucoup pour me déranger."

Le cadeau semblait être une surprise et cela lui fit plaisir. Non pas qu'il cherchait à marquer des points dans un but stratégique comme c'était une mesure diplomatique. Après tout, il était en quelque sorte en terrain déjà conquis vu qu'il était déjà fiancé. Mais il n'était pas du genre à s'imposer sans chercher à ce que cela se fasse dans les meilleures commodités. Ainsi il tenait à ce que sa présence soit agréable pour le roi et sa famille. Donc c'était principalement pour sceller une union agréable qu'il tentait de faire plaisir. Il ne réussirait sûrement pas avec tout le monde, il en était bien conscient mais qui ne tentait rien n'obtenait forcément rien. Donc autant essayer et il rattraperait les pots cassés s'il fallait. En suivant les dires de la Reine, il observa ce jardin. Des endroits de verdures aussi magnifiques ne faisaient pas vraiment partie de Bairr Bán. Habitué ce paysage, il faudrait maintenant s'habituer à celui-ci. il savait déjà où il n'atterrirait jamais avec Elthaïr. A moins qu'il veuille saccager les lieux...

"Je suis curieux de voir cela. Des fruits de saisons et surtout cultivés personnellement doivent apporter une certaine satisfaction à être mangés."

Il détourna son regard pour observer la reine et voir si ses propos collaient réellement avec son expression. Cela semblait être le cas. Bien qu'il n'était pas très âgé, il avait pourtant appris à déceler le mensonge même à travers des propos qui semblaient sincères. C'était un travail important que de savoir à qui l'on pouvait faire confiance. Bien sûr cela était surtout pour le terrain, ici la reine n'était pas personne vers qui il devait avoir certaines méfiances mais c'était une sorte de déformation professionnelle de tenter d'apercevoir la sincérité dans le surjoué et il sentait qu'en plus il en aurait bien besoin maintenant qu'il allait être confronté à un monde avec beaucoup d'hypocrisie. Mais ici la Reine avait l'air réellement ravie et il ne put que sourire et apprécier l'effet de son présent. Il n'était pas réputé pour les plus beaux autours mais ils avaient des mains de maître parmi les leurs qui avaient appris à travailler le matériel brute, plus en terme d'armes et d'armature qu'autre chose. Cependant, un d'eux avait accepté de lui faire un présent, voire deux car il en était de même pour sa future épouse, pour apporter en ce jour. Et il devait reconnaître que le travail méritait la rétribution qu'il lui avait donnée. Il sourit amusé.

"vous cherchez à me faire désapprouvé des miens chère Reine. Bien que ce présent me ravit par votre contentement, nos artisans préféreraient de loin vous fournir en armes qu'en bijoux. Mais je suis cependant content que ce cadeau vous plaise. Ce serait un plaisir de le voir faire partie de vos accessoires."

Il écouta la suite et comprit alors pourquoi la princesse n'était pas là. Bien sûr, au vu des dires du roi sur sa fille et de la façon avec laquelle elle pourrait prendre leurs fiançailles, il n'était pas convaincu que c'était la vérité, du moins entièrement. Mais il ne tenait pas du tout à entrer dans ce remise en question. Si la princesse n'était pas là et bien soit. Chacun prenait l'évènement à sa façon. Il espérait juste que ce ne serait pas aussi difficile que ce qu'il s'imaginait. Mais s'il avait su ce qui l'attendait... Il aurait pris bien plus de repos que la maigre nuit qui avait été la sienne la veille. Mais peu importe, pour le moment il était encore dans l'incertitude et c'était mieux ainsi. Un calme avant la tempête. Autant en profiter.

"Cela me va parfaitement. Il est vrai que je n'avais pas donné d'heures particulières. Mais il me paraissait plus opportun d'être là en début de journée car je me doute que celle-ci ne sera pas de tout repos, autant pour vous que pour moi, donc je me devais d'être présent pour apporter ma contribution à l'évènement. Cela aurait été malvenu de ma part d'être dans les derniers arrivés."...il sourit avant d'ajouter " Etre en votre compagnie me semble être plutôt agréable de plus, donc je n'ai pas à me plaindre pour l'instant." . Il regarda un instant la reine avant de se lancer. "D'ailleurs... à ce propos..."

Il lui semblait que c'était le moment opportun pour acquérir des informations qui lui permettraient de mieux cerner son rôle. Il avait vu grâce aux différentes entrevues avec le roi durant toutes ces années ce que cela voulait dire, de gouverner un peuple. Il était Leader, il savait prendre ses responsabilités, des initiatives, être stratégique, intelligent et surtout rallier son peuple. Mais les Dragonniers étaient bien moins nombreux et leurs responsabilités étaient bien moindres. Maintenant qu'il allait avoir un des rôles les plus importants qu'il soit , il fallait qu'il s'y prépare et pour se faire, comme il l'avait déjà pensé, la reine était un atout également et surtout était plus disponible que le roi, ce qu'il comprenait parfaitement.

"Dites moi... Bien que je sais ce que cela représente être roi, même si j'ai encore pas mal de choses à apprendre, ici je ne suis qu'un fiancé. Pouvez vous m'éclairer sur mon rôle avant le mariage ? J'aimerais que cet évènement se fasse le plus agréablement possible pour tous car je sais que m'accepter au sein de votre famille demande du travail, surtout vu mon statut de dragonnier, ainsi j'aimerais être le plus utile possible. Vous qui avez constamment soutenu et aidé le roi, je pense que vous êtes la mieux placée pour me guider. vous comprenez les enjeux d'un terrain bien différent de celui que je pratique mais qui va devenir le mien. "...il garda un peu le silence avant d'ajouter "Même en ce qui concerne la princesse. Je peux concevoir que cet arrangement ne lui convienne peut-être pas autant qu'à nous. Mais pour que cela se passe au mieux avec elle, peut-être auriez vous des conseils aussi."

Il n'était pas tellement du genre à tourner autour du pot, ainsi c'était leur première vraie discussion et entrevue tous les deux alors peut-être allait-il trop vite et ne savait apprécié l'instant présent. Les dragonniers étaient tous des hommes qui avaient besoin d'une certaine maîtrise des situations. Ils n'étaient pas tous impatients. Ils restaient des humains avant tout donc chacun avait ses spécificités, ses qualités, ses défauts. Lui-même était quelqu'un de patient, mais il avait besoin de savoir où il mettait les pieds pour s'y préparer. C’était son côté stratégique, même s'il savait bien sûr également s'adapter. Mais pour se faire il fallait connaître un minimum les bases.

"J'espère que vous ne me trouvez pas trop formel ou direct. Mais je ne suis nullement habitué à ce milieu et j'ai besoin d'en connaître les enjeux pour me mettre le mieux possible à ma place."

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Octavia Hardansson

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MessageSujet: Re: La voie du coeur ou de l'honneur ?    Jeu 26 Avr 2012, 14:09



    « Elthaïr… » Répéta la reine en fronçant le nez, s’habituant à la sonorité d’un nom étranger dans sa bouche. Elle hocha doucement la tête, signe que l’information ne serait pas oubliée. Elle sentait que la créature était importante pour le jeune homme et elle essaya de se figurer ce qui pouvait ainsi les lier mais cela échappait à sa compréhension immédiate. On décrivait le lien entre un dragonnier et un dragon comme magique et si spécial qu’il aurait fallu l’éprouver pour en connaître la profondeur. De son côté elle ne pouvait que ressentir du respect pour quelqu’un qui avait combattu un tel « monstre » et s’en était sorti vivant. A coup sûr cette histoire se valait d’être racontée, mais elle préférait garder le récit pour un moment où ils ne seraient pas seuls. Peut-être cela arriverait-il à toucher le cœur, ou au moins l’esprit de sa rebelle de fille. Sirotant sa tasse de thé, elle ne put retenir un sourire à la réponse du dragonnier.

    « C’est surtout qu’il ne faut pas que vous vous croyez obligé de finir vos assiettes à chaque fois. Autant de débauche aurait raison des gloutons les moins repentis. » Elle rit doucement, se rappelant qu’au moment de ses propres fiançailles son appétit de moineau avait été mis à rude épreuve. Elle en avait gagné un coup de fourchette plus endurant mais elle avait aussi apprit à picorer de tout sans se gâcher son appétit avant la fin du repas. Elle s’égaya d’avantage quand il parla de son jardin. C’était sa petite fierté et il la flattait parfaitement. Il se montrait décidément bien plus charmant qu’elle ne l’avait d’abord escompté. Son emploi du temps était bien moins chargé que celui du roi, et ses enfants n’étaient plus à un âge où ils demandaient toute son attention. Aussi avait-elle du trouver de quoi remplir ses journées, en particulier quand le roi partait en mission dans le pays. Jardiner s’était révélé excellent pour son moral, car elle avait besoin de voir et de mesurer les résultats de ses efforts et elle était décidément moins patiente avec la broderie.

    « Peut-être pas autant que celle d’avoir un dragon pour compagnon. Mais j’aime cet endroit oui. » Elle en avait oublié sa maison d’enfance où elle avait grandit si heureuse. Elle ne savait encore si une fois son enfant au pouvoir il faudrait à elle et Arsenios prendre du recul avec la cour, mais elle redoutait parfois que l’instant arrive. Ce palais était sa vie, le fruit d’un travail de toute une vie, même si elle n’aimait pas compter les années. Chaque pièce berçait un souvenir. Elle savait où Izhelindë avait fait ses premiers pas. De la première chute de Lucius, et de ce fait de sa première bosse. Et de ses milliers de petits endroits où Arsenios n’avait été qu’à elle. Toute son âme appartenait à ce palais.

    Ses doigts jouant sur la nappe, elle fut un instant distraite, curieuse de savoir quels autres souvenirs viendraient s’ajouter à ceux qu’elle berçait déjà. La compagnie d’Athran la mettait complètement à l’aise, et le sourire sur son visage n’avait rien de feint, alors qu’elle avait été loin de montrer la même assurance lors des préparatifs de cette journée. Elle nourrissait toujours certaines craintes, mais elle voyait dans le dragonnier un homme capable de faire face aux obstacles.

    « Pardonnez-moi Athran. Mais je parle avec le cœur et les intérêts d’une femme. Je sais en revanche qu’Arsenios adorera le travail de vos forgerons. Je suppose que les parures des guerriers sont leurs épées. » Elle haussa les épaules. Il y avait chez les hommes une ardeur à aller au combat qu’elle ne comprenait pas toujours. Combien de fois avait-elle dissuadé son époux de se jeter au front ? Elle n’osait plus le compter.

    Haussant un sourcil, elle se redressa sur son siège alors qu’il lui semblait que le jeune promit cherchait à aborder un sujet qui devait lui tenir à cœur. Elle devait admirer une fois de plus sa noblesse et bénir le choix de son époux. Elle n’éprouvait pas une grande satisfaction à marier sa fille pour des questions de paix et de royaume mais au moins avait-elle le plaisir de savoir que c’était un homme au moins aussi bon que le sien. Et qu’à force de compromis il pourrait lui apporter une part de bonheur.

    « Pour tout vous dire Athran j’aime assez votre franchise et votre bienveillance. Le mariage d’un enfant est assez délicat et je crois que je n’aurais pu être d’avantage ravie. Je vais être franche à mon tour et ne pas vous leurrez en vous disant que la route qui vous attends sera facile à emprunter. Je ne peux pas non plus vous dicter votre conduite. Comprenez que l’équilibre dans un couple est différent selon chaque personne. La chose la plus importante je crois est de rester fidèle à votre personne. Ne trahissez pas votre cœur au nom des convenances. Même si cela semble être ce que l’on attend de vous. Vous allez devoir trouver votre voie seul. Même si je ne vous fermerais jamais ma porte. Il est évident qu’on ne vous laissera pas seul au milieu des prédateurs. Vous aurez à prendre des décisions plus ardues que les miennes. Je ne m’y entends pas en matière de guerre et parfois je n’aurais pas aimé être dans les chausses de mon époux. Concernant ma fille… » Elle esquissa un sourire puis but une nouvelle gorgée de son thé avant d’offrir une réponse, qu’elle ne voulait pas précipitée.

    « Je ne sais pas si vous avez connu beaucoup de femmes. Mais Izhelindë est plus délicate qu’elle ne voudra le montrer. Le conseil le plus précieux que je pourrais vous donner c’est de vous montrer patient. Cela en vaut la peine. »


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Arsenios Hardansson

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MessageSujet: Re: La voie du coeur ou de l'honneur ?    Mar 01 Mai 2012, 10:33


La cavalcade prit fin dans la cour du palais Coróin et déversa sur les pavés tout un contingent d'hommes salis par la chevauchée. Parmi eux, se trouvaient quelques hommes qui arboraient des bandages sous lesquels se trouvaient des blessures sans gravité. Les serviteurs se frayèrent un chemin vers le gros de la troupe et jusqu'à leur souverain qui mit pied à terre au même instant. Ce qui ne devait être qu'une visite de contrôle aux alentours de Port-aux-Princes s'était muée en bataille pour la sauvegarde d'une ville côtière. Les pirates repoussaient de plus en plus les limites et cette vérité n'avait rien d'étonnante. L'assaut quotidien des créatures nocturnes, les héritiers qui continuaient de semer la graine de la rébellion et les divers conflits intestins faisaient de Lanriel un royaume tiraillé et fragilisé. Leur victoire sur les forbans n'était que partie remise. Arsenios ne se leurrait pas. Leur assurance ne ferait que s'accroitre tandis que les diverses préoccupations royales risquaient à tout moment de délaisser tel ou tel conflit, créant ainsi l'ouverture parfaite.

« - Votre Majesté... »


Clopin-clopant, un de ses plus anciens conseillers parvint jusqu'à lui. Avec la révérence habituelle, il marqua le début de l'entretien à venir. Il ne s'agissait toujours que de cela. Aucun répit n'était accordé au souverain et l'adrénaline ne coulait toujours que bien trop dans ses veines pour qu'il s'en offusque. Son besoin d'action réclamait occupations. L'essoufflement manifeste du blasonné ne manqua pas de soulever l'intérêt de son roi. Ce n'était pas dans les habitudes des nobles de se précipiter à sa rencontre, quand bien même le danger était-il extrême.

«- Et bien..?
- Sire Aldahel.
Il baissa la voix pour n'être entendu que par son roi. Il est ici. La reine Octavia le reçoit actuellement dans son jardin et je...
- Très bien. Faîtes mander mon valet. J'irais les retrouver. Envoyez également des artisans sur la côte. De la main-d'œuvre supplémentaire accélérera les réparations.
- Bien, Votre Altesse. »


Alors qu'il s'élançait dans un corridor, Arsenios fit demi-tour et frotta la ligne de ses sourcils du plat de son index, peu désireux d'obtenir la réponse à une question qu'il était, toutefois, bien obligé de poser. Ce problème-ci avait beau être à sa portée, sa résolution n'était pas aussi aisée qu'elle le supposait. Néanmoins, il ne pouvait y couper et c'est avec une lourde appréhension qu'il se risqua:

« - Ma fille... L'a t-on vu récemment ?
-Il semble qu'elle n'ait pas quitté sa suite depuis l'annonce... Son écuyer nous assure de sa bonne santé. Toutefois. Sire, la princesse est intrépide, peut-être lui faut-il encore du temps avant d'accepter.. peut-être de comprendre la charge qui lui incombe.
- Mon ami. Ma fille est une tête de mule dont les caprices ne sont que trop fréquents. N'enrobez pas ces derniers de jolis mots.»


L'homme opina du chef et quitta celui qu'il servait. Le roi prit ensuite la direction de ses appartements et se glissa dans un baquet d'eau dont la température brûlante délassa ses muscles pour le bref instant durant lequel il s'y plongea. Si Athran n'aurait en rien mal vécu l'arrivée d'un souverain crotté, la douce Octavia, elle, n'y gouterait guère. Sa reine était le salut de ce quotidien difficile et, tandis qu'il se laissait vêtir, l'apaisement le gagnait. Durant le court laps de temps qu'il consacrerait au rôle d'hôte, les soucis inhérents à sa fonction de souverain seraient tus pour le bien de tous. Ainsi, il fit marche jusqu'au jardin dont les douces effluves sublimaient le tableau. Sa femme possédait un talent rare pour sublimer les choses. Jadis, le lieu n'était que paisible. Aujourd'hui, il était enchanteur. Son entrée peu discrète ne manqua pas d'attirer les regards sur sa personne et c'est d'une mine joviale qu'il vient saluer son invité avant de poser un chaste baiser sur le front de son aimé.

«  - Nous ne vous attendions pas si tôt, Athran, mais quel plaisir ! Je présume que mon épouse vous a transmis nos vœux de bienvenue. »


A ces mots, il inclina la tête vers cette femme qu'il n'avait pu serrer contre lui durant les dernières jours, absence ô combien terrible pour cet homme amoureux, et s'assit à la table. Puissent les dieux accorder un mariage aussi heureux aux deux jeunes gens que dragonniers et singuliers unissaient. Lanriel bénéficieraient de deux grandes forces à sa tête.
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Athran Ildahel

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MessageSujet: Re: La voie du coeur ou de l'honneur ?    Mer 02 Mai 2012, 05:03

Athran avait posé une question importante à ses yeux, non pas à un niveau personnel mais davantage lié à sa future fonction. Aussi espérait-il une réponse qui l'aiguillerait sur la marche à suivre à partir d'aujourd'hui. Etre leader était une chose qu'il maîtrisait parfaitement. Etre roi pas du tout. Il vit que sa requête avait été prise au sérieux par la Reine et il en fut ravi, bien qu'il n'en attendait pas moins d'une femme telle que celle-ci. Cependant les propos apportés ne firent que lui confirmer ce à quoi il s'attendait déjà. Bien que toutes ressources étaient à prendre, il se doutait forcément que le vécu serait plus porteur d'aide que les paroles. Etre intègre lui convenait parfaitement bien et il n'avait jamais été question de changer ça, il en était d'ailleurs incapable. Bon nombre de Dragonniers aimaient jouer avec le feu et surtout se montrer hypocrite. C'était le lot de toute région et de toute peuplade. Il n'y en avait pas une pour rattraper l'autre. N'avoir que des êtres intègres, sincères et bienveillants était d'une naïveté à toute épreuve. Or il n'était pas naïf. C'était donc bien pour cela qu'il en était là aujourd'hui. Il préférait de loin être cash, avec un ton calme et neutre, que mentir dans un ton mielleux et sournois. Dans ces convictions, ça ne lui apportait rien d'agir de la sorte. Ainsi, la reine bien que disponible pour lui ne pouvait décemment pas faire le travail à sa place. Il s'en doutait mais avoir des conseils n'était jamais de trop. Là il devait s'attendre à tâter le terrain par lui-même et à s'adapter en conséquence. Et bien soit, il ferait avec. Et comme la Reine l'avait justement souligné, il se devait de prendre en compte la femme qui ferait partie désormais de sa vie. Evidemment, il ne l'avait pas encore rencontrée mais ne s'en formalisait pas. Bien qu'il ne redoutait pas cette rencontre, il l'appréhendait néanmoins car il avait l'impression que ce qui l'attendait n'était pas de tout repos. Il avait d'ailleurs la nette impression que les indications qu'on lui fournissait concernaient davantage la princesse et son comportement que le futur poste qu'il allait acquérir. A croire que les gens craignaient son jugement par rapport à sa future épouse. C'était bien cela qu'il appréhendait... Que leur rapprochement paraisse plus difficile que l'ascension au trône l'avait d'abord surpris avant que l'habituation le gagne puisqu'on ne cessait de parler de la princesse avec des pincettes. Le roi lui avait fait un portrait de sa fille mais il sentait que tout ceci n'était rien en comparaison de ce qu'il allait devoir subir avec elle. Il devait reconnaître que les relations de couple c'était ce qu'il maîtrisait le moins dans le panel des responsabilités qu'il devrait réaliser dans le futur. En tout cas il avait bien compris une chose : sa patience allait être mise à rude épreuve. Il n'avait de toute façon plus le choix.

"Alors je vous crois sur parole et me montrerai d'une patience exemplaire."

Eut-il à peine le temps de finir sa phrase qu'une agitation, légère mais visible, se fit ressentir. Tout deux tournèrent leur regard pour apercevoir alors majestueusement le Roi qui s'avançait dans ce magnifique paysage dans le but de les rejoindre. Il ne s'était pas attendu à le voir si rapidement au vu des nombreuses affaires qu'il avait sûrement du traiter mais il n'en fut pas moins ravi.Bien évidemment, il ne mit que quelques secondes pour se relever de sa chaise pour accueillir cet homme, Roi, mais néanmoins ami. Il lui sourit après s'être incliné poliment en signe de respect et de salutation distinguée.

"Votre épouse a été parfaite avec moi et surtout m'a accordé un accueil agréable et tranquille. Je suis arrivé tôt car, comme je l'ai souligné à votre épouse, je m'attends à une journée longue et tenait à être présent dans les premiers et non les derniers."

Il fut touché par le sentiment qu'il put apercevoir entre les deux figures royales. Il devait reconnaître qu'il ne les avait vues que très rarement ensemble et cette complicité remarquée ne pouvait que lui rappeler à quel point cet homme était un exemple pour lui, du moins maintenant qu'il serait porté à le remplacer. Les discussions intimes n'avaient jamais été de mises entre eux, du moins par sur ce domaine, ainsi ne savait-il pas s'ils avaient tout deux été promis sans consentement mutuel en préliminaire ou si c'était un mariage d'amour pur qui se tenait devant ses yeux. Que ce soit l'un ou l'autre, il devait admettre que leur rapprochement n'était qu'un bien pour Lanriel qui se devait d'être gouverné d'une main de maître. Il aspirait à un jour atteindre cet exploit que ce soit dans sa vie intime ou professionnelle future. A Bairr Bán, les femmes n'avaient que peu voire pas de place. Seuls les hommes avaient le pouvoir et c'était les dragons qui désignaient la hiérarchie. Le mode de fonctionnement était donc très différent et une certain machisme ornait les rangs des Dragonniers. Il n'en faisait pas partie simplement parce que le sexe lui était bien égal. Seul la performance et les capacités avaient d'importance à ses yeux.

"Les affaires du royaume se portent-elles bien ? "

Par cette question souhaitait-il savoir si le roi s'en était sorti de ses obligations royales qui l'avaient retenues avant de revenir au Palais. Ce domaine de discussion lui convenait fortement.

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Izhelindë Hardansson

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MessageSujet: Re: La voie du coeur ou de l'honneur ?    Jeu 03 Mai 2012, 11:14

    Inconcevable. Nul mot ne parvenait à être prononcé, nul susurre expiré, pas même une larme égarée sur ses joues d'albâtre. Traitre démystification qu'elle ne parvenait encore à estimer, un songe noir dont elle aurait loué son âme pour être épargnée. Combien de temps déjà, était-elle assise au coeur du faste de ses appartements ? Elle n'avait trouvé d'autre refuge si ce n'eut été l'étreinte de son aimé, délégué à une chasse au sorcière à l'antipode de Cathairfàl. Immobile sur les mornes soieries de sa couche, elle observait les pauvres tuées : ses innombrables flacons de fragrance dont les corps de cristal brisés jonchaient le sol. La symbiose de leurs effluves ainsi libérées rendait l'atmosphère irrespirable, aussi âcre que l'affliction qui prenait en étau la princesse de Lanriel, qui n'avait vu autre exutoire que la maltraitance de sa coiffeuse et des objets d'apparat qui s'y trouvaient. L'épître toujours entre ses phalanges rétractées, celle qui venait de faire basculer son existence à jamais, elle n'osait point s'en débarrasser. Le déni de ce qu'elle avait toujours su inéluctable n'aurait été qu'affres supplémentaires, pourtant, elle n'était pas disposée à accepter la fatalité alors que son coeur s'était récemment épris. Par-delà ses sentiments lacérés, il y avait aussi la désillusion filiale, celle d'une enfant dont on avait édifié l'avenir sans même la consulter. Une solution de facilité qui était, aux yeux d'une majorité de personnes, la meilleure que le couple royal n'eut jamais entreprise. Elle ne cessait de s'interroger, mouvant du sombre espoir d'une brimade officielle à l'accablement d'une inexorable réalité. Ce qu'elle avait toujours redouté, le roi l'avait fait, l'aliénant à jamais à un consort dont elle n'avait aucune idée de l'identité. Etait-ce la détresse du poids croissant des années sur son galbe de souverain, le tourment paternel envers une candide pouponne ou l'opportunité d'une ligue avec l'une des plus illustres et impartiales castes que le pays eut portées ? Sentimentales, éthiques ou diplomatiques, mais quelles étaient donc les origines de cette contingence qui déferlait subitement dans sa vie ? L'endeuillée songeait à agoniser dans sa cage de parfums, pour qu'à jamais l'on puisse conter de l'héritière Izhelindë qu'elle s'en était allée avec son intègre fierté, et toute l'incongruité qu'on lui concédait.

    Néanmoins, elle savait ne trouver aucune satisfaction dans une mort somme toute dérisoire, ni même dans la résignation que l'on espérait d'elle. Cette vérité déployée devant ses mirettes embrasées eut tôt fait de renouveler la furia qui s'était emparée d'elle lorsqu'elle avait appris la nouvelle. Le faciès altérait par une occulte colère, elle se leva, prompte à traiter des causes et conséquences intrinsèques à ces dites fiançailles. Simultanément, une trinité de coups résonna à son huis close, elle reconnu la phonème de l'un de ses plus chers amis. Esendril avait été à ses côtés lorsque la missive lui fut délivrée, et il n'avait point quitté le pas de sa porte depuis qu'elle s'était enfermée. La jeune femme s'en alla lui ouvrir, se retrouvant face à une oeillade dont elle put jauger toute la compassion à peine l'eut-elle croisée. Qu'aurait-elle pu lui dire qu'il ne savait déjà. Absolument rien, ce pour quoi elle demeura dans un mutisme qui n'était que le fard de son effervescence courroucée. Elle s'enfonça sans plus attendre à travers les corridors de la demeure millénaire, en quête de ses bourreaux. Elle fit halte aux appartements de son frère, sur son chemin, sans pouvoir y trouver ce dernier dont la présence lui aurait été réconfortante. Peut-être Lucius avait-il été convié au conciliabule auquel la missive faisait référence, même si elle doutait le trouver au chevet de leurs parents. Puis, elle se hâta jusqu'au boudoir favori de sa mère, à l'office de son père, leur chambre conjugale, sans qu'aucun d'eux n'y soit. D'insaisissables minutes qui fluaient en même temps que sa course effrénée, toujours talonnée par son écuyer qui tentait, itérativement, de lui faire entendre raison sur une réaction qu'il devinait cataclysmale. Perdue, désorientée au coeur de son propre foyer, Izhelindë ne s'arrêta qu'à l'orée d'une nouvelle pièce qu'elle savait aussi exempte de monde que les précédentes. Ses mains vinrent couvrir sa physionomie alors qu'elle sentit ses organes pulmonaires s'atrophier sous l'anxiété et la mortification. A la lisère de l'implosion, même sous l'avenante compagnie de son ami, elle devint rubiconde, prête à se ronger les mains jusqu'à l'ossature avant qu'une hypothèse n'effleure ce qu'elle avait préservé d'esprit.

    L'éden de la reine, antre intime dans lequel elle était persuadée dénicher cette dernière. Sans même renseigner son acolyte de leur prochaine destination, elle reprit sa débandade sous les regards fuyants des domestiques et courtisans qu'ils rencontraient en chemin. Puis, parvenue aux verdoyants et florissants jardins dont Octavia avait fait son art, la nymphette fureta les moindres recoins avec une résolution à la mesure de l'évènement. Enfin, elle crut entendre des palabres émaner d'une pièce adjacente, qu'elle rejoignit alors. Une triade installée sous la douceur des bourgeons s'appliquait à spéculer de gérance administrative, les cibles d'une vitupération naissante dans le gosier asséché de la princesse. Esendril s'essaya une ultime fois de la lénifier, vainement, car déjà s'en était-elle allée faire ingérence dans la quiétude ambiante du courtil.


    « Comment... Comment avez-vous osé ?!! » Tonitrua t-elle à l'attention de son père et roi, fondant tel un rapace en chasse devant le dragonnier qu'elle ne considéra pas même un instant. « Vilenie ! Vous m'avez trompée ! Je ne puis croire ce que vous avez fait, vous m'aviez toujours juré un bien-fondé sur celui qui serait mon promis... Menteur ! » Injuria l'héritière, alors loin de la déférence coutumière. Mais son imputation ne s'arrêta point là. « Escomptez-vous réellement à faire de moi, votre propre fille, un gage de bonne confédération ?! Je ne suis pas l'un de vos biens meubles que vous pouvez céder pour accord ! »

    Les serviteurs présents préférèrent se retirer de l'endroit de carnage, par crainte de ces spleens princiers qu'ils ne connaissaient que trop bien, mais dont l'actuel atteignait l'apogée. L'indécence avec laquelle fulminait la jeune femme ne ressemblait pas à la princesse qu'Arsenios et Octavia avaient éduquée, pas sous une telle forme d'incongruité. Outre l'invective de leur fille, le couple souverain aurait tout loisir de se lamenter sur l'apparence de cette dernière. N'ayant point pris le soin de se changer au retour de sa flânerie chevaline, la naïade était affublée d'habits rapiécés et suffisamment amples pour être d'avantage masculins. Braies et bottes maculées de fange, crinière non peignée, elle exhalait en plus un amalgame de senteurs certes florales et sucrées, mais bien trop disparates pour être agréables au sens olfactif. Une incurie physique certainement prompte à outrager sa génitrice, laquelle avait jusqu'alors été épargnée de semonces. Une bonne fortune à laquelle l'indocile s'empressa de remédier, car elle le savait, la reine n'était assurément pas étrangère au complot.

    « Vous ! » Reprit la jeune femme en faisant volteface en direction de la souveraine. « Vous l'avez influencé, des fiançailles, vous n'espériez que cela depuis des lustres ! Que vous devez être satisfaite... Que cherchez-vous à travers cette machination ? Contrôler une jeunesse que vous n'avez guère plus ?! »

    Unifiant rancoeur d'antan et accusation présente, les paroles outrepassèrent la pensée de l'héritière, devenue fielleuse dans ses propos. Izhelindë n'en prit conscience que trop tardivement, les mots – et maux – avaient d'ores et déjà meurtri. Elle fit quelques pas à reculons, la haine autant que le crève-coeur ornementant son visage de harpie improvisée. Esendril observait la scène dans des grincements de dents apeurés, non sans se questionner quant à l'identité du quidam vraisemblablement sidéré et dont il n'avait pas souvenir. La princesse n'en avait cure, estimant que le dit inconnu ne devait être qu'un membre du corps militaire ou un quelconque partisan à la cause de son père. Dans l'ignorance la plus intégrale que cet homme n'était autre que l'illustration de son malheur, elle se hasarda derechef sur le sujet qui la rongeait.

    « N'attendez pas de moi résignation. » Souligna t-elle en mirant ses parents. « Dragonnier ou non, il ne serait pas le premier à fuir ses desseins matrimoniaux si je veux l'y contraindre... Je souhaite que vous l'ayez choisi avec autant de résolution que d'espoir, cet homme en aura besoin ! »

    Les hostilités lancées, le souffle court, l'éhontée osa soutenir les prunelles du roi en dépit de l'inconvenance dont elle avait fait preuve. Tirades dont elle regretterait le mal une fois qu'elle serait apte à y songer, seulement calmée et disposée à réfléchir. L'action avant la réflexion était, malheureusement, l'adage de l'intrépide damoiselle.

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Octavia Hardansson

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MessageSujet: Re: La voie du coeur ou de l'honneur ?    Mer 16 Mai 2012, 08:47



    Peut-être Octavia allait-elle décevoir le jeune homme qui se tenait en face d’elle en ne lui offrant pas les clés de son destin. Mais elle n’en avait pas le pouvoir. Elle-même, alors que sa route avait été tracée par d’autres femmes avant elle, n’avait pu espérer le secours d’aucune. En particulier car les réponses dépendaient de la nature de l’épousé. A deux le couple royal devait rêver d’arriver à un équilibre parfait pour que le royaume n’ait pas à pâtir de mauvaises décisions. Octavia avait du parfois pallier au cœur trop tendre de son époux, quand la mère de ce dernier avait appelé son époux à plus de compréhension envers le peuple. Athran devrait concilier le caractère de sa future épouse, aux attitudes à tenir en publique. La reine se félicitait qu’il soit plus âgé, il pourrait veiller sur sa fiancée et lui apporter une certaine maturité qui lui faisait aujourd’hui défaut. Elle lui adressa un sourire chaleureux, ravie de la compréhension qu’elle lisait dans son regard et sentit son respect pour le jeune dragonnier grandir encore.

    « Bien je… »
    Commença-t-elle quand le calme dans lequel ils baignaient fut interrompu par l’arrivée de son époux. Surprise, mais néanmoins ravie, elle se leva aussitôt, muselant cette envie qu’elle avait de se réfugier dans ses bras. Un baiser sur le front, un regard échangé, leur fonction ne leur permettait guère plus lorsqu’ils étaient en public. Mais Octavia avait apprit à lire à travers ces échanges brefs les sentiments de son époux. Le détaillant avec tendresse, elle l’examina pour s’assurer qu’il lui était revenu intact. Satisfaite de voir que la tension du voyage et la fatigue étaient l’essentiel de ce qui pesait sur ses épaules, elle se rassit à table, effleurant juste son bras de sa main délicate. Un poids venait de s’ôter de ses épaules. C’était un moment important pour leur famille et elle ne s’était pas vue l’affronter seule. Prenant du bout des doigts une pâtisserie au miel, elle posa son regard sur les deux hommes dont la complicité était quasiment immédiate et voulu croire à ne harmonie future.

    Le bonheur de retrouver son époux avait du altérer ses certitudes car sitôt se laissa-t-elle aller à plus de sérénité, le cocon qu’elle s’était échinée à tisser vola en éclat. D’abord surprise son regard s’écarquilla devant la furie qui les invectivaient, sans vouloir comprendre qu’il s’agissait de sa fille dans un état déplorable et au bord de la crise de nerfs. Elle frémit aux accusations qu’elle portait à son père, n’ayant jamais vu pareil sentiment l’animer en regard de l’homme qui lui avait donné la vie. Entre son amour et sa fille, il y avait une complicité dont parfois elle avait du mal à comprendre la force car Arsenios vouait un amour inconditionnel à sa fille et ce malgré ses frasques. Mais elle n’était pas au bout de ses surprises et un hoquet de terreur la secoua quand sa fille la traita ni plus ni moins que comme une vieille harpie. Les mots étaient et la touchèrent directement au cœur. Octavia vit chez sa fille une rancœur qu’elle n’avait jusqu’à là pas mesurée. Bien sûr elle ne pouvait pas nier qu’elle espérait que cette union allait l’assagir mais elle le pensait pour son bien. Izhelindë devrait être mère avant de parvenir à la comprendre.

    L’effarement ne dura cependant pas, et après vint la colère et même la honte. C’était un bien pauvre spectacle qu’offrait la princesse et ses accusations étaient violentes. Se levant, elle marcha droit jusqu’à elle et lui administra un soufflet dont la violence la laissa elle-même interdite mais qu’elle croyait justifié pour faire reprendre à sa fille son sens commun. « Reprend ta place et les devoirs dus à ton rang ! Tu jettes honte et disgrâce sur notre famille et tu te conduis comme une enfant capricieuse. » Posant une main sur son cœur elle voulu en calmer les palpitations. « Tu as perdu l’esprit mon enfant… Tu nous dois des excuses à tous et en particulier à ton futur époux. »


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Izhelindë Hardansson

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MessageSujet: Re: La voie du coeur ou de l'honneur ?    Lun 21 Mai 2012, 08:13

    Si le but premier de la jouvencelle avait été de désarçonner ses parents, elle venait de réussir avec brio. Sans crainte des retombées, trop ensevelie dans le bourbier sentimental et éthique dans lequel elle était emprisonnée, elle jaugeait le couple souverain dans l'attente d'explications. Pour autant, elle savait d'avance qu'aucune allégation ne serait pour l'heure suffisante à la lénifier, elle doutait même que son père ait une quelconque justification à lui avancer. Avant d'être le roi, Arsenios était encore le chef de famille et le seul à avoir l'autorité sur l'existence de son indigne progéniture. Pour sûr, il eut certainement la sagacité de se préparer à essuyer le mécontentement de sa fille, mais l'avait imaginé de cette façon, en la présence du principal concerné ? Pire que tout ce qui avait pu être rapporté au sir Ildahel, l'illustration de ce qu'il se devrait d'endurer s'il se risquait dans le périmètre intime de la princesse – ce qu'il était présentement en train de faire ! Si le monarque eut fourni d'immenses efforts à dépeindre un portrait plus flatteur qu'injuriant de son héritière, le dragonnier aurait matière à se forger sa propre opinion. Qui donc viendrait à réagir le premier ? Izhelindë s'était naïvement attendue à faire face au courroux de son géniteur plus qu'à celui de la reine, dont elle eut à peine le temps de distinguer l'arrivée. Jamais, si on le lui avait prophétisé, elle n'aurait été à même de croire ce qui se produisit ensuite. Elle sentit une violente bourrasque faire escale sur sa joue, la privant ainsi de toute réaction l'espace de longues secondes. Impossible... L'avait-elle... ? La nymphette en fut totalement ankylosée de stupéfaction, les mirettes écarquillées et posées sur le galbe de sa mère qui, vraisemblablement, était tout aussi abasourdie qu'elle ne l'était. Deux femmes, face à face, rancune filiale et maternelle dont toute la vraisemblance venait de s'exprimer. Le fossé s'était plus qu'inexorablement excavé entre elles, l'amour qu'elles s'étaient toujours vouées fissuré et sur le point de s'effondrer. Y avait-il encore un espoir de mansuétude ?

    La main de la sylphide vint se poser sur sa pommette embrasée, ne délivrant rien de plus qu'un effarement des moins équivoques. Octavia lui délivra de calmes mais outragés semonces dont elle mit un instant à mesurer le sens. Outre des propos qu'elle n'avait que trop souvent entendus de la bouche de la souveraine, la remise d'une information qui ne fit que la désorienter plus encore. Des excuses à son futur époux ? Ses prunelles pivotèrent instinctivement vers le seul quidam dont elle n'avait nullement connaissance et qui, à l'inverse des autres personnes présentes si ce n'était Esendril, n'avait pas pris congé. Elle dévisagea Athran d'une façon presque surnaturelle, comme s'il eut été un fantôme auquel elle ne voulait point croire. C'était donc lui. Son promis, l'homme avec lequel elle finirait ses jours et partagerait son trône. Qui était-il pour intenter ainsi à son harmonie ? Qui était-il, tout court ? Pas une fois, elle ne se souvenait l'avoir un jour croisé dans les corridors du palais, quand bien même c'eut été le cas. Son père n'avait jamais fait référence à un plausible prétendant originaire de Bairr Bàn, elle n'était pas même au courant que la couronne entretenait une certaine connivence avec l'Ordre de Mhian Dhiaga. Elle tombait littéralement des nues, bientôt emplie par tant d'émotions qui lui fut presque impossible d'en exprimer un en particulier. Rubiconde d'opprobre, de fureur, de désillusion et d'angoisse, elle opina négativement du chef comme si cela lui permettrait de fuir la vérité, de la réprouver. Elle entreprit de lents pas en arrière, puis affubla le roi d'une oeillade si sombre qu'elle aurait pu être inspirée de Mynkor lui-même. Son poitrail se soulevait avec saccades, preuve qu'elle réprimait les torrents lacrymaux qui ne tarderaient pas à la submerger. Puis, après s'être sensiblement éloignée du trio, elle vociféra d'une voix déformée par l'ire à l'attention de ses parents – et quelque part, du dragonnier aussi.


    « Je vous hais !! »

    Sitôt sa haine exprimée, elle fit volteface pour entamer sa fuite. Ensendril tenta de la rattraper, se faisant violemment repousser par son amie de toujours. Celle-ci sortit promptement du courtil en manquant de piétiner quelques domestiques au passage. Comme si sa vie en dépendant – ce qui était plus ou moins le cas – elle traversa l'ensemble des couloirs pour rejoindre les écuries préalablement quittées. Son étalon n'avait pas encore été dételé de ses harnaches et, sans crier gare, elle chasse l'ensemble des palefreniers présents pour grimper sur l'échine de son compagnon chevalin. Dans un hennissement paniqué, sa monture renversa de nombreuses installations avant de retrouver son chemin jusqu'à l'extérieur où il fendit l'air tel un rapace en chasse. Lancée au triple galop, Izhelindë fut furtivement hors de portée, sans savoir réellement, où elle se rendait.

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La voie du coeur ou de l'honneur ?

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