Echo des Plaines : Chapitre VII ▬ Le Retour d'Inasmir


 
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 You win or you die [PV]

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Tanith Ruane

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MessageSujet: You win or you die [PV]   Dim 25 Mar 2012, 04:30


You win or you die
« Elle voudrait que tout le monde cesse de la regarder, elle a envie qu'on la laisse seule. Et voilà qu'elle a une autre vision, celle d'une vie à venir encore plus affreuse que celle d'avant... »


À Mogaròr, Tanith avait déjà eu la sensation de séjourner dans des geôles. Ça ne lui avait pas plu alors, et ça ne lui plaisait pas davantage maintenant. Elles les imaginaient toutes faites d'un seul bloc, comme les brutes qui y séjournaient. Des personnages gris et suintants, besognant entre des murs gris et humides, avec des manières aussi pesantes que l'architecture. Certains geôliers - et prisonniers - se délectaient de la crasse. Ici, en contrebas, les gardiens faisaient néanmoins des efforts pour, au moins, prendre soin de leur propre apparence. Les uniformes étaient propres, mais pas les cellules. Tanith avait été saisi par la peau du cou et traîné à une telle cadence, de son point de vue en tout cas, qu'il lui fallut courir. Plus d'une fois en chemin, l'impatience poussa ses geôliers à l'arracher complètement du sol pour la porter un instant. Mais, à chaque fois, elle n'était jamais reposée mais lâchée par terre. La main qui tenait son col l'empêchait de tomber, mais les trébuchements étaient pénibles. Elle savait que ces humiliations étaient délibérées, pour la remettre à sa place et la rendre plus docile. Cela ne les rendait pas moins douloureuses pour autant. Les escaliers étaient suffisamment larges au début, mais plus on descendait, plus il était difficile de s'y mouvoir. C'était davantage dû à leur armure qu'à leur architecture. Les infrastructures inférieures étaient beaucoup plus anciennes que les étages supérieurs. Les monarques successifs avaient construit de nouveaux bâtiments sur la fondation de ceux de leurs prédécesseurs. Autre temps, autres styles, à tel point qu'à la fin, ils descendaient un escalier en colimaçon à peine assez large pour y passer à deux côtes à côte. Il fallu à la jeune héritière toute sa concentration pour ne pas perdre pied. Si elle tombait, elle se disait qu'elle ne pourrait pas s'arrêter avant de s'écraser tout en bas. Heureusement, les marches usées et rendues glissantes par un dépôt visqueux gorgé d'eau qui s'écoulait des murs poussaient les gardes à être précautionneux et prouvaient que les visites étaient rares. La relative petitesse de la carrure de Tanith constituait un avantage, son centre de gravité placé plus bas et ses petits pieds lui permettait de négocier plus aisément sa descente en toute sécurité.

Les geôliers avaient amené leurs propres torches, car il n'y en avait pas en bas. Malgré l'intensité de leur flamme, le passage était dominé par des ténèbres si épais qu'on avait l'impression qu'elles absorbaient la source lumineuse. Ils se tenaient tous dans un cercle de lumières isolée, observant avec précaution les moindres gestes de leur prisonnière. Il y avait un goût de sel dans l'air, bien que rance, et l'humidité était si dense qu'à coup sûr quiconque y aurait séjourné un peu trop longtemps serait tombé malade. C'était cette Sorcière des marais, ils le savaient, qui faisait sentir son influence. « ▬ La plus part des gens ont oublié ces catacombes, mais pas moi, dit le capitaine dans un gloussement ». De tous, il semblait le moins affecté par ce lieu. Il avança jusqu'à la limite de la zone éclairée, laissant l'obscurité assombrir son visage et lui donné l'aspect d'un monstre hideux tout en bosses et en creux. Tanith, qui avait vu et connu son lot de vrais monstres, n'était pas impressionnée, mais ne laissa pas transparaître ses sentiments. « ▬ Je me dois de connaître chaque pouce des sous-sols du donjon. Je ne pourrais pas être un bon capitaine des gardes si je ne les connaissais pas comme ma poche, continua le capitaine. ▬ C'est tout à fait louable, poussa-t-elle d'un ton horriblement sarcastique. ▬ Tu te moques de moi, Sorcière? répliqua-t-il d'un ton cassant tout en lui empoignant la mâchoire entre deux doigts puissants, Je ferais attention si j'étais toi, sinon je pourrais oublier de dire à qui que ce soit que tu es ici. La menaçant du regard, il relâcha brusquement son visage avant de s'adresser aux geôliers : Des fers, mes garçons, aux poignets et aux chevilles. On en voudrait pas que cette dame aille se balader. Elle pourrait se perdre... Ou tomber sur quelque chose qui aurait envie de la manger , ajouta-t-il d'un air enjoué ». Sitôt ses ordres prononcés, on passa une torche au capitaine, qui resta en retrait, dans le passage et deux geôliers s'affairèrent à préparer la prisonnière. L'un d'eux la tenait fermement tandis que son camarade mettait soigneusement les fers en place. Ils n'étaient pas tendres, il fallait travailler vite et peu leur importait qu'ils lui fassent mal. Tanith ne protesta pas; c'était inutile, et ils ne l'écouteraient pas.

[…] La paille puait la pisse. Cette geôle ne possédait ni soupirait ni lit ni même de tinette. Une porte grise de bois noueux, épais de cinq pouces et renforcé de fer, des mûrs de grès rougeâtre encroûtés de salpêtre, voilà ce qu'elle imaginait. On l'y avait néanmoins jetée avec rage après lui avoir bandé les yeux par pure provocation. Une fois la porte claquée sur elle, Tanith se sentit désemparée, plongée dans les ténèbres absolues, cécité totale. Et la couleur opaque devant ses yeux inspirait tranquillement les affres d'une terreur sourde. À douter de n'être aveugle... ou morte. La douleur lui lancinait les poignets au moindre geste tandis qu'elle tâtonnait prudemment le sol sur lequel elle gisait presque. « ▬ Pas un geste, Sorcière, ou on te fera immédiatement empaler! ». Elle ignorait où se trouvait ces cachots, sous le palais du Roi, ou dans un bâtiment en recul de la Cité. Mais elle imaginait suffisamment bien - il suffisait de sentir l'odeur humide qui se dégageait de cet endroit - pour comprendre qu'elle se trouvait sous-terre, à des profondeurs qu'elle n'osait concevoir dans son imagination. Toutefois, l'Héritière n'y prêta aucune attention. Elle se concentra sur les pas qui s'éloignaient rapidement, avec une seule pensée en tête : Combien sont-ils, ils ne perdent pas de temps pour quitter les lieux; ce n'est pas du tout ce que j'avais en tête. Elle ouvrit grand tous ses sens, projetant son filet perceptuel au travers de la pièce. Elle se pinça pensivement la lèvre inférieure entre les dents en constatant qu'elle ne recevait, en retour, aucune impression des mûrs opposés, comme si l'obscurité dévorait ses pouvoirs comme elle l'avait fait pour le son des voix.

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Dernière édition par Tanith Ruane le Jeu 12 Avr 2012, 20:41, édité 2 fois
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Dreann Aronwë

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MessageSujet: Re: You win or you die [PV]   Mer 28 Mar 2012, 19:54

Deux jours s'étaient écoulés depuis que Dreann était revenu de la Forteresse de Mogaror d'où il avait ramené, grâce à l'aide précieuse de ses compagnons, Tanith Ruane. Dès son arrivée à Cathairfal, il avait mis sa prisonnière sous la responsabilité de la garde qui l'avait immédiatement conduite jusque dans les geôles de la ville, dans le Quartier des Forts. Quelqu'un d'autre peut-être aurait considéré que son était accompli et que l'affaire était close. Ce n'était pas le cas de Dreann. Tanith n'était pas n'importe quel malfrat ou criminel de bas étage, non, elle était bien plus que ça et nier cela revenait à nier ce lien qui les unissait, aussi funeste soit-il. Depuis plusieurs semaines maintenant, elle avait été le centre de son intérêt, la source de toutes ses inquiétudes et l'origine de tous ses tourments: pas un jour ne s'était écoulé sans qu'au moins une de ses pensées ne s'égare vers elle, ne l'imagine perpétuant d'autres atrocités là, juste sous son nez. Dès lors, il lui était simplement impossible de passer à autre chose tant qu'il ne serait pas certain que toutes les mesures seraient prises pour la mettre définitivement hors d'état de nuire. Qu'est-ce que cela impliquait ? La mort lui semblait la sentence la plus juste. Après tout, n'avait-elle pas pris la vie de plusieurs hommes ? Et à quelles fins ? Dreann, tout réfractaire à la violence inutile qu'il était, semblait pourtant intransigeant sur le sort qui devait être réservé à celle qui n'était à ses yeux qu'un animal doué de magie.

Le jour tombait quand le chevalier se décida enfin à rendre visite à celle qui restait, quelque part dans sa tête, sa captive. Il avait un peu hésité à venir jusqu'aux geôles et les récents évènements qui mettaient Cathairfal et lui même en ébullition n'avaient pas aidé. Pourtant, il s'était résigné, irrémédiablement attiré vers elle sans qu'il ne sache vraiment pourquoi. Par curiosité peut-être ? Il en doutait, mais ne voyait que cela. Ainsi, le chevalier s'aventura jusqu'à l'office des gardes qui en surveillaient l'entrée et, s'enquérant d'une torche auprès d'eux, entreprit la descente jusque dans les profondeurs de la Cité. Il n'aimait pas cet endroit et l'évitait comme la peste. À vrai dire, les rares fois où il y avait mis les pieds n'avaient jamais été des parties de rigolade: il savait qu'au bout de cet escalier se terraient les pires horreurs, que les pires monstres y côtoyaient les pratiques les plus décadentes. À mesure qu'il descendait ces marches qui semblaient le mener tout droit dans les entrailles de la Terre, des images d'atrocités auxquelles il avait assisté à contrecœur lui revenaient. Parfois, tous les moyens sont bons pour obtenir des informations.

Arrivé en bas, il passa le dernier poste de sécurité et se renseigna sur l'endroit où était retenue Tanith. Le capitaine en charge de la sureté de la prison, un homme qu'il n'appréciait guère tant il donnait l’impression d'être la pure incarnation de ces geôles puantes dont il était le gardien, l'emmena jusqu'à la lourde porte de bois derrière laquelle était manifestement retenue Tanith. Le maître des lieux déverrouilla l'entrée de la cellule , visiblement peu réjoui de voir qu'un visiteur inattendu ne vient perturber le calme relatif de ses geôles. Dreann entra, assurant qu'il ne serait pas long, et bientôt la porte se referma sur lui. Tanith était bien là, à demi allongée sur une maigre couche de paille qui aurait été jugée trop inconfortable pour la plupart des bêtes. La cellule tout entière puait, irradiait d'une odeur, non, d'un mélange d'odeurs toutes plus nauséabondes les unes que les autres. Aucune lumière ne filtrait si loin sous terre, pourtant on avait bandé les yeux de la Sorcière pour être certains qu'elle n'a aucun repère. Ses mains, elles, avaient été entravées de telles sortes qu'elles ne puissent vraiment lui servir. À quelques pas de la jeune femme, de la nourriture et un peu d'eau avaient été abandonnés là, juste assez loin pour qu'elle ne puisse vraiment y accéder.

« - Vous me faites presque pitié. » lâcha Dreann en guise de civilités. « - Enfin, ce n'est pas si différent de Mogaror. » dit-il, sans que ce ne soit pourtant de l'humour.

Après tout, n'était-ce pas la vérité ? Cette cellule puait, tout comme Mogaror et, tout comme Mogaror, l'humidité, l'obscurité brisaient vos sens, les rendait parfaitement incapables. Ses yeux se perdirent sur la meurtrière. Reconnaissait-elle la voix de celui qui pouvait s'enorgueillir d'avoir été, ces dernières semaines, son pire ennemi ? Celui qui, après lui avoir infligé une blessure qui eut été mortelle pour beaucoup, était parvenu à la débusquer jusque dans sa propre tanière ? En tout cas, Dreann l'espérait de toute son âme. Après tout, comment concevoir qu'elle avait été au cœur de ses préoccupations sans que lui eût été dans les siennes ? Il parcourait du regard celle qui, lors de leur première rencontre, l'avait impressionné par cette aura de puissance, de noirceur qui émanait d'elle alors. Aujourd'hui, elle n'inspirait plus rien de ce genre, ni à Dreann, ni aux nuisibles qui devaient grouiller dans l'ordure ambiante. Le chevalier, en fait, se surprenait à éprouver réellement un genre de pitié, et ce en dépit de toute la haine qu'elle lui inspirait. Il se refusa pourtant à se laisser aller à pareilles pensées envers celle qui s'était rendue coupable de tant d'atrocités.

« - Votre procès se prépare en haut lieu. Vous n'aurez pas à croupir trop longtemps ici. » dit-il d'une voix traînante. « - Il est encore temps d'exprimer des remords. Cela pourrait sauver votre tête une fois le moment venu. »

Dreann se demandait si cela avait une quelconque importance pour elle ? Il peinait à se l'imaginer autrement que comme un animal sanguinaire, dénué, au fond, de conscience qui la rendrait humaine et donc compréhensible. Ainsi, il ne s'attendait pas à la voir s'épandre en regrets et en excuses: de toute façon, le chevalier savait parfaitement que cela ne changerait rien à son cas. Jugeant de toute sa hauteur celle qui, couchée, ne donnait plus l'air du monstre qu'elle était, mais bien d'un animal en cage, Dreann s'interrogeait: pourquoi en était-elle arrivée là ? Quelqu'un savait-il seulement quelles avaient été ses motivations ? Bien sûr, rien aux yeux du chevalier ne viendrait excuser les actes de la Sorcière, pourtant la question tournait maintenant dans sa tête. Il n'osa pas la poser pourtant, en préférant une autre qui lui parut plus urgente:

« - Vous semblez mal en point. On vous a maltraité ? » questionna-t-il, sincère.

Paradoxalement, le soldat était certain de vouloir voir la tête de Tanith tombée, pourtant son sens de la justice lui rendait désagréable toute maltraitance, violence ou torture sur des prisonniers privés de moyen de se défendre. De cette façon, il avait veillé que, durant tout le temps qu'elle avait passé sous sa responsabilité, la jeune femme soit nourri suffisamment et qu'aucun mal ne lui soit fait. Pour lui, seule la justice était à même de demander réparation, qu'importe l'infamie dont elle avait bien pu se rendre coupable.

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Tanith Ruane

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MessageSujet: Re: You win or you die [PV]   Sam 31 Mar 2012, 16:46


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« Elle voudrait que tout le monde cesse de la regarder, elle a envie qu'on la laisse seule. Et voilà qu'elle a une autre vision, celle d'une vie à venir encore plus affreuse que celle d'avant... »


Elle était accroupie, hors de portée, faisant reposer tout son poids sur ses mains. La cause de ses larmes était évidente: elle était dans un état épouvantable, à tel point que certains gardes durent se contenir de toute leur force pour ne pas éclater de rire à la vision ensanglantée qu'elle leur offrait. Elle donnait l'impression d'avoir livré bataille à une armée d'aiguilles tant sa robe était déchirée et abîmée. Et que dire des multiples contusions qu'éclairaient par moment les torches enflammées de ses geôliers; l'attaque de ce maudit filet du diable lui avait très certainement cassé plusieurs côtes et n'avait qu’accentué la douleur brûlante de sa plaie qui s'entêtait à ne pas vouloir cicatriser. Mais c'était son orgueil qui, par-dessus toute autre douleur physique, souffrait le plus atrocement de cet emprisonnement. Anéantie par le malheur, il avait été si simple, si tentant, de céder à la lassitude de son âme, de se laisser submerger par le désastre dont elle avait été témoin, par ces atroces blessure infligées du monde... Il y avait peu, elle se serait arrêtée à cette litanie de souffrances et d'apitoiements. Aujourd'hui, étrangement, ces pensées la faisaient sourire... Depuis le début, bien que muet, persistait les reproches que lui faisaient Vorlun: « ▬ Si seulement tu m'avais écouté, tu n'aurais pas ses fers autour de tes poignets et de tes chevilles! ». À quoi venait s'ajouter, les deux pensées se percutant et s'encastrant comme deux chariots lors d'une collision, la longue liste, reprise ironiquement par son mentor spirituel, des consignes de Vorlun à celle qui aspirait devenir une puissante Héritière. Tanith se rappelait avoir désirée se titre plus que tout au monde. Et enfant, de retour de ses premières expéditions au cœur de la forteresse de Mogaròr, elle avait développé plus de pouvoirs que l'esprit torturé du vieux magicien n'en avait jamais possédés. Ce souvenir s'accompagna d'une pensée douce-amère, car à cet instant elle comprit le prix qu'elle avait à payer pour avoir tenu de pareilles ambitions... Elle refusait pourtant d'admettre le destin funèbre qui l'attendait.

[…] Il y avait bientôt deux jours qu'elle était captive de cette geôle. Les heures se faisaient de jours, à son sentiment du moins. Une douleur épouvantable lui brûlait le flanc gauche, là où une infection, peu à peu, rongeait sa chair et, bientôt, une fois la chair complètement dévorer, s'attaquerait aux os. Pas un bruit depuis qu'on l'y avait enfermé, hormis sa propre respiration. Au bout d'un temps indéterminable, elle se mit à parler tout haut, à seule fin d'entendre une voix. De peur de céder à la folie, elle échafaudait des plans, se bâtissait dans le noir des châteaux d'espoir. Du sommeil, du réveil, quel était le pire, elle ne savait pas. S'assoupissait-elle que les rêves affluaient, des images sombres, abominables, des cauchemars de sang, de parjures. Puis elle s'éveillait, alors, que faire d'autre que penser? […] Du dehors lui parvint un raclement de chaînes, une porte grinça. Blottie contre le sol, elle se pelotonna de la litière lorsque l'écho des pas se faisait de plus en plus pressant. Cette paille ne puait plus la pisse et la merde. En fait, elle ne sentait plus rien du tout... La Sorcière des marais s'était habituée à l’obscurité de cette cellule, si bien que lorsque la lourde porte grinça sur ses gonds, l'irruption brutale de la lumière flamboyante des torches lui blessa les yeux, même à travers le tissu qui lui couvrait la vue depuis qu'elle était arrivée ici bas. Puis la porte couina de nouveau et seul l'éclat d'une torche continuait à agresser sa quiétude. Elle sentait que quelqu'un l'observait, aussi imposant lui inspirait-il, elle ne devinait pas qui se trouvait là. Était-ce le Roi en personne? Un garde quelconque? Brawyn peut-être? Ce ne fut que lorsque sa voix cassa le silence, cependant, qu'elle se fixa et frissonna d'effroi à l'éveil de ses souvenirs; « ▬ Vous me faites presque pitié, fusent les premières paroles qu'elle entendit de la part de ce chevalier qu'elle maudissait. Son cœur martelait sa poitrine au rythme des tambours, une sueur froide lui glaçait le front sous ses longs cheveux sombres. L'instant d'un moment, elle en était venue à oublier délibérément celui qui, pendant des semaines, avait alimenté ces pires cauchemars. Combien de fois l'avait-elle vu levé son épée pour lui trancher la tête et non pas lui transpercer le corps? Combien de fois s'était-elle éveillée au beau milieu de la nuit, son naja lui barrant les jambes, au prise de terreurs nocturnes? Enfin, ce n'est pas si différent de Mogaròr. Il l'a provoquait, se moquait bien d'elle. Et malgré la peur sourde qu'il lui inspirait tant, la Sorcière du Premier Ordre acquiesça un sourire merveilleusement contrit. Bien qu'elle ignorait où regarder pour s'adresser concrètement à lui, Tanith se concentra sur les flammes qu'elle devinait vacillantes sous le tissu de son bandeau: ▬ Comme vous devez être fier... vous, chevalier du grand Roi de Lanriel... J'espère qu'il vous a récompensé. ».

À défaut de pouvoir le voir, elle s'efforça tout de même de se rappeler de lui. Un chevalier empreint de courage et de loyauté dans la voix, une mâchoire carrée et des cheveux bruns rasés courts. Il n'avait pas tremblé lorsqu'il avait dû abandonner son compagnon derrière lui pour maintenir Tanith au bout de son épée, bien que ses yeux trahissent un grand sentiment de déchirement. Il n'avait pas non plus hésité à plonger son regard d'azur dans le sien lorsque son épée s'était plantée dans la chaire de la jeune héritière. Elle ne doutait pas non plus qu'il s'était préparé à la voir mourir ce soir-là, qu'il s'était imaginé ramener son corps, victorieux, à son Roi pour lui prouver la foie et la bravoure dont il faisait preuve. Et elle savait pertinemment que, tout comme elle, à cet instant, il tentait de la déchiffrer, de la comprendre, peut-être même de s'imaginer le calvaire qu'elle avait vécu depuis leur terrible affrontement... « ▬ Votre procès se prépare en haut lieu. Vous n'aurez pas à croupir trop longtemps ici, lui annonça-t-il à la suite d'un long silence prononcé, Il est encore temps d'exprimer des remords. Cela pourrait sauver votre tête une fois le moment venu. À la fois provoqué par sa seule présence et la dernière idée qu'il venait d’émettre, Tanith siffla rageusement et répliqua d'un ton qui frôlait l'indifférence: ▬ J'en déduis donc que votre compagnon n'a pas survécu à cette vilaine petite chute... quel dommage. C'est avec horreur et ravissement que Tanith se rappela cette nuit fatidique où cet imprudent cavalier avait osé se mettre en elle et la sortie. Comme un animal sauvage prit en cage, elle avait réagit violemment et, à l'aide de la magie, l'avait propulsé un étage plus bas. Elle était loin de se douter que cet cascade aurait causé sa mort, bien qu'elle l'avais su grièvement blessé ». Arrachée à cette scène qui se jouait pour une énième fois dans son esprit, le chevalier s'était de nouveau dressé à elle. Mais il avait un ton plus conciliant dans la voix, peut-être plus doux, lorsqu'il s'enquit de l'état dans laquelle était Tanith. Pourquoi se soucier de son état de santé maintenant? Il y avait bien deux jours qu'elle pourrissait ici, chaque expiration était de plus en plus douloureuse et la forçait à se plier en deux. Il y avait bien d'autres ecchymoses qui s'étaient ajoutés depuis son arrestation à Mogaròr, on lui avait reproché ainsi son insolence plus d'une fois... L'air renfrogné, elle baissa la tête de la même façon qu'un enfant boudeur et lui répondit tout simplement « ▬ On m'a traité comme l'on traite une Sorcière accusée de plusieurs méfaits contre la Couronne. Toujours volontairement aveuglée, elle massa douloureusement ses poignets: Ces fers sont un peu trop serrés ».

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Dreann Aronwë

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MessageSujet: Re: You win or you die [PV]   Mer 04 Avr 2012, 20:55

Dreann cherchait encore, toujours à la comprendre. Comment trouvait-elle la force de montrer ne serait-ce qu'une once de fierté ? Enchaînée, battue, baignant dans l'odeur d'urine des prisonniers passés par là avant elle ... Était-elle vraiment si intacte qu'elle ne voulait le laisser croire ? Son ton arrogant cherchait à le faire croire en tout cas, pourtant le chevalier n'arrivait pas à croire qu'elle soit si peu soucieuse du sort qui lui était réservé. Enfin, peut-être ne craignait-elle pas la mort ? Lui la craignait, bien qu'une vie meilleure s'offrirait à lui une fois qu'il serait aux côtés d'Eydis. Mais elle ? Qu'est-ce que peut bien offrir Mynkor à ceux qui meurent en son nom ? Des gens dont le seul but avoué est de semer haine et destruction peuvent-ils seulement aspirer à goûter un jour à la quiétude éternelle ? Il en doutait. Peut-être Tanith s'épanouirait-elle dans ce monde sous terrain où réside maintenant son Dieu ? Après tout, elle n'était que violence et ténèbres: elle n'avait sans doute que faire du repos et de l'amour promis aux bonnes âmes qu'Eydis rappelait à elle. Enfin, la vie n'avait pas encore quitté la Sorcière. Certes son existence était désormais privée de tout intérêt et elle était plus que misérable, mais elle respirait encore. Péniblement c'est vrai, mais elle respirait. Dire qu'elle gaspillait son souffle à gonfler son orgueil ...

« - Vous voir hors d'état de nuire est une récompense suffisante à mon goût. » dit-il, sincère. Il marqua une pause ensuite, avant de reprendre: « - Sire Margan est décédé la nuit même. Son sacrifice, cependant, n'aura pas été vain. Ne vous avais-je pas dit que, s'il venait à mourir, vous mourriez aussi ? »

Il lui laissa le temps de se remémorer ses mots, en profitant lui aussi pour se rappeler, une fois encore, cette scène d'horreur qui le harcelait sans cesse, souvent la nuit, parfois en songe. Le temps avait son œuvre et les images s'enchevêtraient maintenant, parfois confuses, parfois limpides. Il revoyait les ruelles d'Unigol, les ténèbres de la nuit et, en leur sein, le corps de Margan qui chute depuis le second étage, son agonie aussi. À chaque fois il découvre de nouvelles teintes à son dégoût, de nouvelles raisons pour haïr Tanith. Puis, quand enfin il n'entend plus le sifflement pathétique de son compagnon mourant, tout ça s'apaise. Maintenant que l'assassin de Margan était enchaînée, prête à être châtié, est-ce qu'enfin ces images de mort cesseraient de lui revenir ? Il en doutait. Il l’espérait, en tout cas. Elle, elle n'éprouvait pas l'ombre d'un remords. Pire, elle s'en moquait comme s'il eut s'agit d'un acte banal pour elle. Énervé, Dreann serra les dents. Il n'avait aucune envie de se défouler sur elle comme c'eut été le cas si elle était tombée sur moins patient que lui, néanmoins cela ne l'empêchait pas d'éprouver un certain agacement lorsqu'il s'agissait d'essuyer l'indifférence qui venait salir un peu plus la mort de son frère d'armes. Enfin, il reprit là où il s'était arrêté:

« - Il m'est impossible d'honorer ma promesse moi-même, mais j'ai confiance en la Justice du Roi pour le faire à ma place. »

Il tâchait de répondre sans trop lui dévoiler l'énervement qu'il savait qu'elle attendait de lui, mais c'était chose difficile pour un homme d'honneur et de fierté, comme il était difficile pour Tanith de se plier aux règles et aux conditions qui auraient pu améliorer ne serait-ce qu'un peu son existence en ces geôles. D'ailleurs, la Sorcière confirma les craintes de Dreann à ce sujet: les gardes ne lui avaient pas rendu la vie facile. D'un côté, pouvait-on les en blâmer ? Même si le Roi avait été plus que discret au sujet de Tanith et de ses méfaits, tout finissait toujours par se savoir à Cathairfal, à plus forte raison quand les informations tournaient au sein de cercle restreint comme peut l'être celui de la Garde. Ainsi, en plus du meurtre de Margan, Tanith s'en était pris à des gardes royaux. Elle-même d'ailleurs ne s'étonnait guère du traitement qui lui était réservé. Dreann, lui, ne pouvait s'empêcher d'éprouver de la pitié. Pourquoi ? Il n'en savait rien ... peut-être était-ce que, allongée sur de la paille puante, l'air affamé, épuisé, blessé, elle ressemblait plus à une femme qu'à un monstre ? Un sourire s'afficha sur son visage quand elle lui dit que ses poignets étaient trop fortement entravés.

« - Allons, vous savez bien que je ne prendrai pas une nouvelle fois le risque de vous laisser les mains libres. La dernière fois, cela a permis votre fuite. Je ne suis pas assez bête pour refaire cette erreur. » dit-il, alors qu'il s'approchait pourtant de Tanith.

À défaut de défaire un peu de la pression exercée sur ses mains, il souleva un le bandeau que la jeune femme avait sur les yeux, le relevant juste assez pour que sa vue soit dégagée. Au moins pourrait-elle voir, une dernière fois peut-être, le visage de celui qui avait causé sa ruine. Puis, il se saisit de la nourriture et de la gamelle d'eau posées au sol, les rapprochant de la captive afin qu'elle puisse se nourrir et se désaltérer. Il put constater que ni l'eau ni la nourriture n'étaient fraîches, mais au moins elle ne mourrait ni de faim ni de soif et puis cela aiderait sans doute à calmer au moins une partie des maux qui la traversaient. Pour Dreann, la torture ne pouvait être une punition: la mort qui l'attendait était déjà bien assez suffisante à son goût.

« - Les gardes aiment bien faire ça, mettre la nourriture juste assez éloignée pour être hors de portée. » remarqua-t-il à haute voix. « - Enfin, mangez si vous le voulez. »

Dreann attendit un peu, en silence. Dans sa tête tournait encore et encore cette question, la plus cruciale de toutes à ses yeux et qui, pourtant, n'avait jamais trouvé de réponse à son sens: pourquoi avait-elle fait tout cela ? Par pure folie ? Il en doutait, un fou n’a que faire de la fierté. Par idéologie ? Peut-être, mais quelle idéologie ? Mynkor méritait-il vraiment que des âmes innocentes soient victimes du combat centenaire qu'Eydis et lui se livrent ? Si tel était le cas, adorer cette entité revenait, au final, à être fou à lier. Il hésitait à interroger Tanith sur cela, se doutant bien qu'elle se déroberait de toute façon. Pourtant, il s'y risqua finalement. Peut-être l'attention qu'il lui avait portée la lui rendrait moins hostile ?

« - Pourquoi avoir fait tout ça ? Je veux dire ... » Il cherchait ses mots: « - Vos pouvoirs auraient pu être tellement plus utiles employés à bon escient. Qu'est-ce qui vous a poussé à faire tous ces crimes dont vous êtes accusés ? Et encore, il y en a surement un tas dont nous n'avons même pas eu vent, j'imagine ... » Il se risqua à quelques hypothèses: « - Le simple plaisir de tuer peut-être ? »

Après tout, il y avait des êtres humains qui frémissaient de plaisir à la seule idée d'arracher la vie à leurs congénères. En fait, il en connaissait un paquet: l'Armée royale en regorgeait comme si elle eut été une chienne croulant sous le poids de tiques. Au moins avaient-ils eu la bonne idée de se servir de la guerre comme catalyseur à leur folie, aussi tuaient-ils pour la bonne cause. Est-ce que la légitimait les ignobles penchants qui les animaient ? Non, pas selon Dreann en tout cas, mais ça en atténuait la gravité peut-être. Perdu dans sa réflexion, le jeune homme avait l'air grave: « - Vous avez ruiné votre vie, et pourquoi ? » demanda-t-il finalement.

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Tanith Ruane

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MessageSujet: Re: You win or you die [PV]   Dim 08 Avr 2012, 17:00


You win or you die
« Elle voudrait que tout le monde cesse de la regarder, elle a envie qu'on la laisse seule. Et voilà qu'elle a une autre vision, celle d'une vie à venir encore plus affreuse que celle d'avant... »


Son hôte répliqua sèchement, après quoi la Sorcière ne rouvrit pas la bouche pendant quelques temps. Pendant un court instant, les bruits perceptibles parmi les ténèbres furent ceux des syllabes que prononçaient le chevalier et le crépitement des flammes de sa torche. Par moment, on entendait aussi le froissement de la paille et d'un vêtement; Tanith ne cessait de se tortillée, visiblement inconfortablement installée. Qui plus est, la douleur brûlante qui lui enflammait la peau sous les fers ne cessait de s'accentuer, comme si les paroles de ce chevalier en étaient le déclencheur. Était-ce la grâce de sa Déesse qui se transmettait aux fers et au métal? Était-ce Eydis, la Grande Déesse mère de Lanriel qui la châtiait volontairement, qui la punissait pour son acte de trahison? Maugréant de sombres insultes à l'égard de tous les noms qui lui passait à l'esprit, finalement, elle accorda un peu plus de crédibilité aux discours du chevalier qui, jusqu'à maintenant, s'était-elle moquer d'écouter: « ▬ Vous voir hors d'état de nuire est une récompense suffisante à mon goût. Sa modestie et sa sérénité n'avait, certes, pas d'égal, mais Tanith percevait un état tremblant dans sa voix. Quelle véritable torture ce devait être de voir l'assassin de son ennemi à ses pieds, sans être possible de véritablement se venger. La mort? Une délivrance, Tanith ne deviendrait qu'une martyr pour le clan des héritiers, un argument contre la politique injustifiée du Roi de Lanriel... la mort n'excuserait jamais les nombreux crimes contre la couronne et, ce détail, Tanith le maîtrisait parfaitement: Sire Margan est décédé la nuit même. Son sacrifice, cependant, n'aura pas été vain. Ne vous avais-je pas dit que, s'il venait à mourir, vous mourriez aussi? ». Cette dernière remarque bien placée lui arracha un sourire cynique, naissant au coin de ses lèvres éraflées et ensanglantées. Oui, elle se rappelait désormais chaque détail de cette nuit, de la flamme vacillante de la chandelle jusqu'au scintillement de son armure à la lune montée; aucun ne lui avait échappé. Et malgré l'obscurité de ses souvenirs, Tanith s'était habituée depuis son enfance à vivre dans le noir, aussi la clarté du jour lui donnait-elle des migraines abominables. Tout n'avait jamais été que ténèbres dans son existence, elle ne connaissait pas cette effervescence de lumière, cette allégresse, le bonheur...

Loin d'éprouver le moindre remord, Tanith s'agita de nouveau sur la paille souillée de sa geôle. Encore une fois, au son de la voix de son interlocuteur, les poignets de la Sorcière du Premier Ordre s'enflammèrent, ne ratant pas de lui arracher une grimace: « ▬ Il m'est impossible d'honorer ma promesse moi-même, mais j'ai confiance en la Justice du Roi pour le faire à ma place ». Cette sentence... ce procès, elle serait entourée d'un peuple hargneux et en colère. Peut-être la frapperait-on? On lui lancerait des injures, sans nul doute, mais l'idée d'être à vue de tous ne lui déplaisait pas totalement. Elle aurait son heure de gloire, et, sans l'ombre d'un doute, en présence de la famille royale... Cette idée lui donna un frisson de plaisir. Elle entendait cet instant de vengeance depuis le jour où lui avait cruellement arraché sa pauvre paysanne de mère. À son propre opinion, encrée dure comme fer dans son crâne d'Héritière, le Roi du pays était le répondant de ses malheurs, l'unique auteur de ce qu'elle était devenue. Il y a vingt ans, elle n'était rien de plus qu'une fillette, aux longs cheveux noirs, vivant avec sa mère qui l'élevait dans la fange et au beau milieu des indigents. Pourtant, elle avait été heureuse à cette époque.... oui elle se souvenait de cela également. Soudainement devenue plus tendre aux doux souvenirs que lui évoquait sa mère, elle redevint de glace lorsqu'elle cassa, finalement, son vœux de silence: « ▬ Épargnez-moi autant de flagorneries, messire. Vous auriez sauvé, au moins, un peu de salive... ». Désormais blasée par la visite du chevalier, elle ignorait ses véritables intentions. Peut-être venait-il uniquement la narguer, peut-être venait-il observer l'univers misérable dans lequel pataugeait Tanith depuis quelques jours... Un autre silence s'empara de la geôle, Tanith, toujours échouée sur le sol, ne bougeait plus, bien que sa chaire la démangeait horriblement. Par ailleurs, lui avait-elle fait remarquer plus tôt que ses fers étaient trop serrés. Il n'avait pas noté important de relevé ce détail jusqu'à maintenant: « ▬ Allons, vous savez bien que je ne prendrai pas une nouvelle fois le risque de vous laisser les mains libres. La dernière fois, cela a permis votre fuite. Je ne suis pas assez bête pour refaire cette erreur ».

Il fallait avouer qu'il avait raison; une fois les fers enlevés, Tanith aurait sans nul doute tenter de lui échapper de nouveau. Mais la Sorcière n'était pas sans se douter que ces geôles n'avaient probablement aucun issue omis l'escalier glissant qu'elle avait emprunté le premier jour. Impossible de les monter à la course, elle serait tombée et se serait fort probablement cassé le cou une fois en bas de la pierre. C'est alors que, sans qu'elle n’ait prévu cela, le chevalier s'approcha d'elle. Tanith eut le réflexe de se recroquevillée sur elle-même, car elle pensait qu'il allait la ruer de coup, sa patiente ayant atteint ses limites. Toutefois, elle sentit tout simplement le voile qui lui couvrait les yeux s'abaisser. Secouant la tête d'un air égaré, la pupille dilatée, l’œil blanc, Tanith se sentit désemparée. La lueur vive de la torche lui brûlait les yeux et lui brûlait cette partie du visage devenu sensible. Et sa vision, d'abord floue et embrouillée, devint plus clair lorsqu'elle reconnu enfin la silhouette debout devant elle: « ▬ Oui... je vous reconnais maintenant... ». C'était bien ce visage qui avait envahit ses cauchemars depuis les derniers mois, c'était bien son image qui la tétanisait lorsqu'elle abordait le sujet de la chevalerie... Toujours en mouvement, le dit chevalier attira ensuite le plat de nourriture vers Tanith. Elle qui ne pouvait toujours pas comprendre ces élans de douceur à son égard, elle regarda son geôlier d'un air méfiant. « ▬ Les gardes aiment bien faire ça, mettre la nourriture juste assez éloignée pour être hors de portée, lui avait-il fait remarquer avant d'ajouter, enfin, mangez si vous le voulez ». L'idée de manger et boire un plat passablement avarié lui arracha un grimace de dédain. Mais elle n'avait pas connu mieux à Mogaròr, elle avait rarement eu l'occasion de manger de la viande en vingt-six ans d'existence. Elle s'en accoutumerait donc... Se saisissant du morceau de pain devenu rigide, elle croqua tout de même dedans, dans un croc qui rappelait davantage la chair d'une pomme qu'une miche de pain tendre.

« ▬ Pourquoi avoir fait tout ça? Je veux dire..., visiblement perturbé par les idées qu'il émettait, le chevalier cherchait ses mots. La Sorcière se contenta, de son côté, à délaisser momentanément sa nourriture pour le fixer silencieusement: Vos pouvoirs auraient pu être tellement plus utiles employés à bon escient. Qu'est-ce qui vous a poussé à faire tous ces crimes dont vous êtes accusés? Et encore, il y en a sûrement un tas dont nous n'avons même pas eu vent, j'imagine... Le simple plaisir de tuer peut-être? Cette hypothèse lui arracha un petit étouffement ironique. Tout aussi absorbée dans ses pensées qu'il ne l'était, l'héritière de Vorlun le Non-mort cherchait les mots justes pour expliquer sa condition. Mais la dernière phrase qu'ajouta le chevalier d'un air grave lui fit froncer les sourcils: ▬ Vous avez ruiné votre vie, et pourquoi? Elle ne tarda pas à se faire entendre, il avait, inconsciemment plongé dans ses abysses de patiente restreintes: ▬ Croyez-vous sincèrement, messire le chevalier de la justice, qu'il était dans mon intention, encore enfant, de devenir l'ennemie publique du Royaume? Que ma naissance ne résulte que du plus profond des ténèbres de cette terre? Je suis née innocente et, cette innocence, on me l'a cruellement et injustement arraché à l'âge de six ans. Croyez-vous simplement qu'il est juste de conduire un peuple d'indigents malades et souffrants au cœur des marais de Dorcha Dúil? Ces gens ne pouvaient s'offrir le luxe d'une médication élaborée et le peuple noble de la Cité ne daignait pas leur accorder une aide suffisante pour les soigner. Tous condamnés à mort, messire, tous trop misérables pour attirer la sympathie de quiconque. La Sorcière sentit alors des larmes lui brûler la peau du visage. Lui confier cela lui paraissait inévitable, elle sera amené à raconter sa propre biographie tôt ou tard, un récit qu'elle avait gardé farouchement, qu'elle n'avait révélé à personne. Même Brawyn, l'unique être n'ayant jamais connu sa tendresse et son amour, ne connaissait pas les détails atroces de son périple des vingt dernières années. Il lui était d'autant plus douloureux d'aborder le sujet que de constater qu'elle connaîtrait, en fin de ligne, la même histoire que ses amis et voisins. Tanith ne serait rien de plus qu'un corps pourrissant, une image oubliée et souillée: Cette justice qui vous tient tant à cœur, messire, n'est qu'illusions et mensonges. Il n'a jamais été dans l'intérêt de la couronne d'assurer la sécurité de son peuple. Il est simplement question de défendre les plus riches et ceux qui ont les moyens de soudoyée les administrateurs de cette dite justice. Ces nobles et ses riches, elle en était venue à tous les détester. D'un certain point, elle en était même venue à détester Brawyn qui, pour l'honneur de son caste et de sa famille, ne reconnaîtrait jamais son amour pour une paysanne tel qu'elle. Se redressant alors difficilement, mais toujours enchaînée au sol, il lui était impossible d'avancer davantage. Mais les bras tendus vers l'arrière, elle testait visiblement l'efficacité de ses fers: Alors je vous le demande, messire, est-ce tout simplement un crime de vouloir obtenir sa propre justice? Est-ce un crime de revendiquer ce qui me revient de droit? Devrais-je être exécutée pour l'être que je suis ou pour les crimes que j'ai commis? Croyez-vous vraiment qu'une telle justice devrait être appliquée? D'autres se lèverons après moi pour vous dénoncez, vous et votre justice, et alors, vous souffrirez tous autant que j'ai souffert... Et alors vous serez ce qu'est la vie lorsque vous êtes seul et effrayé... le poignardant du regard, les yeux rouges et gonflés, son corps tremblait de haine et de colère, elle conclu: Je n'ai pas ruiné ma vie, messire, ON me l'a ruiné ».


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Dreann Aronwë

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MessageSujet: Re: You win or you die [PV]   Mar 10 Avr 2012, 17:38

Dreann allait enfin pouvoir satisfaire sa curiosité. A quoi bon passer son temps à combattre des gens s'il ne savait même pas ce qui les animaient ? Il avait juré fidélité au Roi, certes, mais il avait toujours été convaincu qu'il serait prêt à désobéir si la politique que conduisait ce dernier devait aller à l'encontre des principes moraux qu'il avait toujours juré de défendre avant tout. Après tout, l'Histoire n'était-elle pas jonchée de souverains en tout genre ? Arsenios était réputé pour être bon, mais ce n'avait pas été le cas de l'ensemble de ses prédécesseurs: tyrannie, corruption, bains de sang ... Pour le moment il n'avait jamais eu à se plaindre des ordres de Sa Majesté, pourtant c'est vers elle que semblait se diriger toute la haine de Tanith. Quand cette dernière se mit alors à lui expliquer les raisons qui, pour elle, justifiaient les actes cruels qu'elle avait commis, Dreann l'écouta avec attention. Elle parla longtemps, et avec beaucoup de sincérité. Il le crut du moins. Avait-il soupçonné qu'elle se confierait à lui de cette façon ? Non, pas à un seul instant. À dire vrai, c'est à peine s'il s'attendait à autre chose qu'à d'autres provocations. Pourtant, elle lui parla. Il ne comprit pas tout, cependant. Elle faisait référence à des gens abandonnés dans les marais ? Il n'avait jamais entendu parler de ça. Il la regardait, intrigué, bien incapable de l'interrompre, emporté par le flot de paroles qui, après avoir mis tant de temps à se déverser, semblait maintenant impossible à arrêter, pour lui comme pour elle. Accroché au récit de son histoire, il ne savait vraiment si la croire était une bonne idée. Qui sait si elle ne cherchait pas à l’apitoyer ? Elle cherchait peut-être à sauver sa tête, même s'il doutait sincèrement que les geôles du Roi fussent un destin plus enviable à la mort. L'instant d'après pourtant, il vit des larmes qui ruisselèrent le long de ses joues. Ce pouvait-il que toute cette histoire soit bien réelle ? Déstabilisé, le chevalier ne savait maintenant quoi penser. Il ne pouvait pas la croire. Enfin ... il était évident que, si elle disait vrai, ce n'était pas le genre d'histoire qu'on enseignait à des garçons comme lui: il n'était pas dupe. Il sentait bien la tristesse qui, pour un court moment sans doute, avait remplacé la haine dans le cœur de la Sorcière. Il gardait le silence alors, la laissant continuer.

Les mots qui suivirent furent quelque peu différents. Maintenant qu'elle avait terminé le récit des cruautés dont elle avait été la victime, elle s'adressa bien plus directement à lui, tentant de lui dévoiler ce qui était pour elle la vérité sur le monde dans lequel ils vivaient tous deux. Dreann resta impassible tandis qu'elle mettait à mal les fondements mêmes des institutions pour lesquels il s'était engagé. Encore un peu déstabilisé par les confessions de Tanith, il était prêt à entendre les critiques qu'elle faisait sur la Justice ou même sur le Roi, pourtant ce n'était pas suffisant pour qu'il la rejoigne. Bien qu'ils étaient parvenus à le faire douter sur son cas précis, les mots venimeux de la Sorcière n'eurent pas plus d'effet sur ce que pensait Dreann sur le Royaume de Lanriel dans sa globalité. Il voulait bien admettre qu'il pouvait y avoir eu quelques malheurs, mais, quand même, qui était-elle pour dire que tout était pourri par la corruption et l'argent ? Il faisait partie de ceux qui croyaient encore en la Justice du Roi, et en toutes les valeurs qui siéent à son rang de chevalier. Il avait voué sa vie à protéger la vie des plus faibles et la paix du Royaume. Pour qui se prenait-elle, elle qui venait la remettre en cause ? Il restait immobile, même quand elle se redresse quelque peu. Il ne dit rien toujours, la laissant continuer de plus belle. Tout en testant la résistance de ses fers comme si elle voulut l’impressionner, elle se lança maintenant dans un discours purement rhétorique, enchaînant les questions à son égard. Dreann la regardait maintenant avec un air intrigué. Devenait-elle encore un peu plus folle ? Ce qu'elle disait lui semblait maintenant complètement insensé, chassant totalement les doutes qui s'étaient emparés de son esprit lorsqu'elle lui racontait son histoire.

« - Avez-vous conscience de ce que vous dites ? » dit-il une fois qu'il fut certain qu'elle avait terminé son discours. « - Oui, vouloir rendre la justice soi-même par la violence est un crime. Oui, revendiquer ce qui vous revient par le meurtre est un crime. Et, vous devriez être exécuté pour les crimes que vous avez commis. » Ses mots claquèrent, tranchants. « - Peut-être avez-vous jugé que c'était là votre seule solution ... mais la Justice exige qu'aucune exception ne soit permise, peu importe combien vous avez souffert. Êtes-vous tellement satisfaite de la mort que vous avez semée qu'elle rend la perte des vôtres moins douloureuse ? Si c'est le cas, alors estimez vous heureuse, c'est peut-être tout ce que vous emporterez avec vous. »

Il supportait le regard plein de colère de Tanith, la fixant durement. Il n'avait pas peur d'elle, ni des menaces qu'elle ne pouvait s'empêcher de proférer maintenant, comme un petit animal qui ne cesse de grogner sans jamais mordre. S'il avait pu avoir un peu de compassion à son égard, il était maintenant beaucoup moins enclin à quelque empathie que ce soit. Il était profondément en désaccord avec ce qu'elle pensait, peut-être plus encore qu'avec ce qu'elle avait fait. Dreann recula d'un pas. Il lui sourit. Il n'a plus rien à faire de ce qu'elle dit.

« - Si d'autres se lèvent, si d'autres jugent que s'en prendre à des innocents est une bonne solution, si d'autres pensent qu'il n'y a pas en ce Royaume des hommes qui risquent leurs vies pour en protéger d'autres, alors ils connaîtront le même sort que vous. » Il garda le silence un instant puis se rapprocha de la porte. Néanmoins, il se retourna au dernier moment: « - Vous n'êtes pas la seule à connaître cette vie que l'on vit seul et effrayé. Seulement, ce n'est pas une excuse suffisante pour devenir une bête sauvage. »

À peine eut-il lâché ses derniers mots qu'il reprit le chemin vers la porte en bois massif par laquelle il était entré plus tôt. Sans même un mot de plus ni même un regard, il frappa lourdement et, l'instant d'après, on entendit le bruit des clés qui le libérait, laissant Tanith seule dans sa cellule. Il glissa quelques mots au garde, donnant l'ordre que l'on n'entrave plus la vue de la Sorcière et qu'on prenne soin d'elle comme la décence l'exigeait, puis il disparut.

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Tanith Ruane

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MessageSujet: Re: You win or you die [PV]   Ven 20 Avr 2012, 14:36


You win or you die
« Elle voudrait que tout le monde cesse de la regarder, elle a envie qu'on la laisse seule. Et voilà qu'elle a une autre vision, celle d'une vie à venir encore plus affreuse que celle d'avant... »


Était-ce la colère, la rancœur, ce sentiment d’impuissance, les fers aux poignets, sa dégaine hirsute ou son apparence négligée qui la rendait aussi nerveuse, aussi émotive? L’ensemble de son corps tremblait, de ses jambes qui peinaient à la maintenir debout jusqu’à ses mains endolories et meurtries par le tapis rêche et piquant de la paille qui recouvrait en partie le sol sa terrifiante geôle. Pourquoi diable lui confiait-elle autant d’informations si elle savait qu’il ne les considérerait pas lors de son procès tant attendu? Pourquoi se confier à ce chevalier, investigateur de ses malheurs, responsable de sa douleur? Il l’écoutait, certes, mais comprenait-il simplement les motifs qui l’avait véritablement poussé à agir ainsi ? La Sorcière n’avait mentit que sur très peu de point; l’ensemble de ses informations étaient vraies et fondées. Elle n’avait que six ans lorsque le peuple noble et aisé de la Cité ignora les lamentions des indigents du quartier pourri qui l’avait vu naître. Elle n’était qu’une enfant innocente et désemparée lorsqu’on l’assomma cruellement pour la conduire de force aux marais de Dorcha Dúil qui deviendrait dès lors le tombeau de plusieurs amis? Le cadavre de sa mère y reposait toujours. Combien de fois depuis ce jour fatidique Tanith était-elle retournée s’y recueillir pour jurer vengeance à l’honneur inexistante de sa mère ? Essayait-elle de passer pour une martyre? Peut-être, toujours est-il que Tanith était devenue une si bonne comédienne qu’elle ignorait seulement si ses larmes étaient sincères… Pensait-elle simplement que cet élan d’émotion lui serait suffisant pour que ce chevalier la prenne en pitié? Peut-être… peut-être pensait-elle que sa sympathie et son attitude d’homme de Justice bien-vaillant lui serait utile. Toutefois, beaucoup trop rapidement au goût de l’Héritière, alors qu’il répondait à ses précédentes interrogations, elle comprit qu’il ne lui accorderait pas le moindre pardon. Ses yeux brûlaient, bien que les larmes aient arrêtés subitement, tandis qu’elle le poignardait du regard. Ainsi ce maudit chevalier ne serait-il pas aussi simple à amadouer. Eh bien, tant pis. Alors qu’il s’éloignait, la laissant, pour ainsi dire, sur sa fin – elle aura beau répliquer, il ne l’écouterait pas plus longtemps, les bras tendus vers l’arrière par les fers cloués au sol, la Sorcière vociféra quelconque menace contre le chevalier, dont l’éclat de l’armure à la lueur des flammes s’atténuait plus il s’enfonçait des les ténèbres: « ▬ LAISSEZ-MOI SORTIR MAINTENANT OU JE SERAI OBTENIR VENGEANCE, CHEVALIER ! M’ENTENDEZ-VOUS?! LAISSEZ-MOI !! ».


[…] Il faisait une chaleur impossible dans la cellule, plus chaud qu’il n’était permis dans aucune cellule du monde. Sombre, pour ça, rien à redire, il y faisait sombre. La torche fichée dans une applique à l’extérieur diffusait bien, derrière la grille de fer massive, une vague leur orange et vacillante, mais sans dissiper les ténèbres ou était plongée la majeure partie de l’intérieur. Quant à l’humidité qui régnait là, rien à redire non plus, elle était parfaitement conforme à celle qui pouvait s’attendre sur une île aussi étroitement pressée par la mer de Darya. Et pour ce qui était des rats, il y en avait autant qu’escompté de tout cul-de-basse-fosse qui se respecte, et même quelques-uns de plus. En revanche, Tanith eût été malvenu de ses plaindre du froid. Les passages polis de la roche sous l’énorme masse de la forteresse conservait admirablement la chaleur, et l’on vous répétait à l’envi que plus ils s’enfonçaient avant, plus elle y gagnait. Elle se trouvait donc à une profondeur assez coquette, estima-t-elle, d’autant que si d’aventure elle y plaquait sa paume les parois de la cellule avaient de quoi l’échauder. Il se pouvait en fait que les vieux comptes disent vrai quand ils prétendaient les geôles bâti avec les pierres de l’enfer. Elle était malade à crever lorsqu’on l’avait amené là. La roux qui la tourmentait depuis quelques jours n’avait cessé d’empirer, tout comme la fièvre qui l’agrémentait. Elle avait les lèvres cloquées de gerçures sanguinolentes et, malgré la touffeur de la cellule, persistait à grelotter. Je ne flânerai pas longtemps, se souvenait-elle, la mort aura tôt fait de me prendre ici, dans le noir.
Elle n’avait pas tardé à se rendre compte qu’il se trompait à cet égard, ainsi qu’à des quantités d’autres. Deux geôliers étaient attachés à son service. Large et trapu, doté d’épaisses épaules et d’énormes mains de portefaix, le torse enserré dans une brigandine de cuir clouté de fer. Le second, plus âgé, voûté, cireux de teint, la peau granuleuse et le cheveu sale et graisseux, portait un doublet de velours blanc sur lequel se devinait, brodé d’un fil d’or, un cercle d’étoiles. Élégances qui ne l’embellissait pas, étant tout à la fois trop courtes et trop vastes, en loques au surplus et crasseuses pour ne rien gâcher… Ici bas, évidement, ni soleil ni lune ne brillaient là, les murs étant aveugle comme de juste. La seule activité des geôliers permettait de distinguer le jour et la nuit. Aucun des deux ne lui adressait la parole, mais Tanith savait qu’ils n’étaient pas muets, car elle les entendait parfois échanger quelques brusqueries lors de la relève. Comme ils ne consentaient pas même à lui dire leur nom, elle les avait affublés de sobriquets de sin propre cru. Le râblé, elle l’appelait Oignon, le cireux Le Gras. Quant à la succession des jours, elle l’évaluait d’après les repas qu’on lui servait et d’après le remplacement régulier des torches dans le corridor.

Dans le noir, la solitude devenait pesante pour la Sorcière ; et dans de telles circonstances, vous êtes vite affamé d’entendre une voix humaine. Tanith parlait à ses geôliers chaque fois qu’ils pénétraient dans sa cellule, soit pour la nourrir, soit afin de changer sa tinette. Sachant qu’ils demeuraient sourds à ses requêtes de liberté, de miséricorde, elle se contentait de les questionner, dans l’espoir qu’un jour ou l’autre l’un d’eux finirait par répondre: « ▬ Quelles nouvelles de la guerre?, demandait-elle, et: Comment va le roi? ». Peu importait la teneur des questions, jamais ils ne répondaient lors même que Oignon concédait un coup d’œil furtif qui, durant une seconde, faisait croire à sa prisonnière qu’il allait desserrer les dents… Ainsi croupissait-elle, encore et toujours au fond de sa geôle. L’anxiété d’avoir été oublier lui rongeait de plus en plus l’estomac et la raison; et si mourir ici était son châtiment? Et si le roi de Lanriel ne lui faisait pas l’honneur de la rencontrer ? Pourtant, bien qu’elle l’ignorait délibérément, la rumeur du Procès de la Sorcière se murmurait partout dans les rues de Lanriel. Si les marchands laissaient en effet circuler cette rumeur, les nobles de la court également entretenait cette rumeur. Dans quelques jours, Tanith Ruane serait jugée pour les crimes contre la couronne dont elle l’auteure, bientôt, elle serait exposé aux yeux de tous, dans sa robe en lambeaux, ses cheveux lamentablement montés sur sa tête – bien que quelques mèches maintenant s’acharnaient à retrouver les courbes de ses épaules et sa peau horriblement sale et blanche…


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♔ ♔ ♔
THE E N D

20/04/2011

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