AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
 

 La loyauté, c'est aussi d'être fidèle à soi-même. 

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
avatar
▬ Contributions à l'histoire : 135


Arsenios Hardansson

▬ Contributions à l'histoire : 135

MessageFeuille de route
MessageSujet: La loyauté, c'est aussi d'être fidèle à soi-même.     Jeu 23 Fév 2012, 09:09

« La loyauté, c'est aussi d'être fidèle à soi-même.  »
●Arsenios Hardansson & Brawyn Medasan●


Le jour se levait à peine quand Arsenios prit le chemin de la tour d'astronomie. Cette dernière, la plus haute du palais, avait un accès limité au roi, ses conseillers et quelques gardes. L'ascension n'était pas sans éprouver les jambes et le souffle. Nul ne pouvait expliquer le pourquoi de sa construction mais depuis plusieurs règnes, aucun savant ou passionné n'y venait pour étudier les étoiles. Seuls les hauts dignitaires débattaient autour de cette table des problèmes du royaume. Ainsi mise à l'écart des autres pièces, elle assurait discrétion et calme pour ses occupants.

Quand le roi franchit le seuil, les battements de son cœur étaient encore vifs de l'effort fourni. La salle n'avait pas changé depuis sa venue récente. Au centre, une table ronde trônait. Quatre poids retenait une carte aplanie dont les courbures des angles trahissait son ancienneté. La topographie de Lanriel se présentait sous les yeux curieux avec une précision rare. Ressortie des archives, elle décrivait avec détails ce qu'était la forteresse de Mogarὸr dans son heure de gloire. Plusieurs parchemins recouvraient le reste du pays. La plupart relataient les observations d'espion et d'autres les informations glanés sur la sorcière du premier ordre qui était actuellement sujet d'état. Avec habitude, Arsenios ouvrit les volets et observa, satisfait, la présence d'un de ses pigeons.

Sa main se referma sur le corps du volatile avec douceur et après avoir inspecté l'état de ses plumes, il détacha le message accroché à sa patte. D'une caresse, il apaisa l'animal et jeta quelques graines sur la bordure avant de se détourner. Le message était succinct. Le tisserand avait bien croisé les fils que sa majesté commandait pour son anniversaire, le gros de l'œuvre avançait vite mais la nuit ne serait pas de trop pour mettre un terme aux finitions. En d'autres mots, le contingent supervisé par Dreann Aronwë était arrivé à Dorcha Dúil et l'assaut contre Tanith Ruane serait donné dans la soirée. Cette opération n'était pas sans risque et le souverain du pays espérait que les multiples renseignement récoltés sur cette affaire suffiraient à minimiser les dégâts. Attendre la fin du tournoi avait été pénible mais sa nécessité absolue. Les espions qui guettaient la jeune femme avait relevé du mouvement il y a peu. Plusieurs personnes s'étaient retrouvés autour d'elle et si on ignorait le motif de ces retrouvailles, Aeron Pryddeth les avait finalement révélés.

La rôdeuse était en effet venue trouver la couronne pour confirmer des soupçons et lever nombre de doutes. De fait, tout s'était précipité. Nylem Fairban avait rejoint le groupe et Arsenios espérait que l'association de deux de ses meilleurs chevaliers suffiraient à mener à bien cette capture. Toutefois toute angoisse ne l'avait pas quitté et ceci expliquait sans doute sa venue matinale. Penché sur le paysage de vélin, il cherchait à redéfinir les stratégies qu'avaient mise au point ces généraux. Si celles-ci s'appuyaient sur des faits tangibles, la zone n'était pas exempte de surprises. Il suffirait à la magicienne de quitter son antre pour se fondre dans les marécages ou la forêt alentour. On ignorait ses ressources et ses pouvoirs pouvaient très bien contrer leurs prévisions. Les sourcils froncés, il frappa du poing sur la table et se détourna.

« - Que je déteste cela ! Cette femme est seule et je ne peux pourtant me rendre là-bas pour superviser mes hommes. Me juge t-on impotent ? »


La question lancée dans le vide n'attendait nulle réponse mais le regard du roi se porta tout de même sur son ombre, Brawyn Medasan. Il savait que sa sécurité était la principale préoccupation de ses conseillers mais qu'il était las de devoir se confiner dans son palais. A cet instant, il n'était que trop proche de l'état d'esprit d'Izhelindë. Ses devoirs toutefois contrebalançait ses sentiments. Il balaya son interrogation d'un soupire fatigué, dévisagea le chevalier. Lui, non plus, ne semblait dans son meilleur jour. Depuis que cette affaire avait débuté, il lui semblait que Brawyn souffrait d'un mal qu'il ne parvenait pas à nommer. Plus d'une fois, Arsenios, avait surpris un regard tourmenté dans les prunelles qui le surveillait chaque jour patiemment. Le roi avait mis cela sur le compte de la frustration.

« - Je me sais difficile à supporter dans ces instants et j'en oublie ce que tu dois ressentir. Tu es là à me servir quand tes compagnons s'en vont battre compagne. Je n'ose imaginer ta contrariété. Quand bien même je t'octroie, sans nul doute, un grand honneur à te laisser me chaperonner, je n'ignore pas ta soif d'épopée. »


Quel soldat ne l'avait pas à son âge ? Chaque chevalier courait après le fait d'arme qui serait chanté par les ménestrels et écrit par les scribes. La gloire, l'immortalité, ce n'étaient pas deux émotions inconnues. Avec lassitude, le roi se laissa choir dans le fauteuil du coin et détailla le jeune homme. Il était encore si jeune et déjà écarté des véritables conflits pour se voir confier la carcasse d'un roi vieillissant qui ne quittait guère plus sa capitale. Comment aurait-il réagi à sa place ? Il l'ignorait mais sa certitude le poussait à s'imaginer moins conciliant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Invité
Invité
MessageFeuille de route
MessageSujet: Re: La loyauté, c'est aussi d'être fidèle à soi-même.     Jeu 23 Fév 2012, 12:02

Un petit sourire vint jouer aux coins de la bouche de Brawyn alors qu’il haussa les épaules, non pas nonchalamment mais plutôt pour indiquer qu’il ne voyait pas la logique dans ce que son souverain lui confiait. Il était bien vrai que Brawyn portait une affection particulière à l’art du combat et à la guerre; là où il se sentait véritablement dans son élément. Mais compte tenu de la présente mission qui s’effectuait et à laquelle il ne participait pas, il se savait soulagé de ne pas voir ce qui allait se passer. Le nom de Tanith lui brûlait la langue à chaque fois qu’il y pensait. Depuis qu’il avait appris l’identité mystérieuse de la jeune femme, la rage le consumait. Il avait fallu que la seule femme qu’il eut laissé prendre possession de ses pensées soit l’ennemi numéro un du royaume, doublée d’être une Héritière. Il s’était sentit trahit, quand même bien qu’il savait qu’elle ne lui devait rien.

« Sauf sous votre respect, Votre Majesté, être à vos côtés est loin de ne pas être une épopée.» Les bras croisés et le dos appuyé au mur, il regardait son Roi dans les yeux. Comme ce dernier l’avait si bien dit, c’était un honneur qu’on faisait à Brawyn d’être responsable de la garde de la personne la plus importante en ville. La tâche dans le passé avait toujours été attribuée à un chevalier de renom, souvent proche du Roi en place. Mais un surprenant concours de circonstances, Brawyn s’y était retrouvé. Il savait son adresse à l'épée et sur un champ de bataille, mais jamais il n'irait à dire qu'il était le meilleur du royaume.Sa position à la Cour ne pouvait non plus être attribuée à son haut rang et au renom de sa famille. Cette dernière, bien que très ancienne et toujours loyale à la lignée du Roi, n'avait jamais été dans les petits papiers de la famille royale. Son père avait combattu avec le Roi, ça finissait là. Néanmoins, Brawyn se retrouvait chanceux d'être aussi proche du roi, et honorait sa position plus que tout autre chose. Bien entendu, la vie à la Cour n’était pas toujours agitée comme celle sur un champ de bataille, mais le chevalier se reprenait la nuit et défoulait ses sentiments haineux et violents sur la vermine qui attaquait le palais. « J’aime bien à penser qu’on a tous un rôle à jouer. Et si le mien est de m’assurer que notre Roi ne se jette pas en bas d’une tour faute de désespoir, ainsi soit-il. »

Le ton était léger, à la blague. Après maintes réflexions, il s’était décidé à ne plus penser à la situation présente qui se passait avec Tanith, et se concentrer sur ses fonctions. Même si cela impliquait le fait d’écouter les longues plaintes des conseillers du Roi à journée longue. Le regard du jeune homme tomba pendant quelques secondes sur le pigeon, encore à la fenêtre. Brawyn refrénât l’envie de prendre des nouvelles de la mission de Dreann et Nylem. Il n’était pas d’une très grande loquacité. Si le Roi voulait lui en parler, qu’il le fasse. Mais Brawyn n’allait pas mettre son nez là où il n’avait pas d’affaire. Bien que les plans de la mission ne lui fussent pas inconnus, il n’y était pas personnellement impliqué et même s’il avait toujours été curieux, pour des raisons qui lui étaient bien évidentes, il préférait ne pas pousser le sujet. Il connaissait les bases, au cas où quoique ce soit arriverait et qu’il eût à ne pas être dans l’ignorance. Brawyn se contentait de ce qu'on lui donnait; la gourmandise et l'ambition étant deux choses qu'il redoutait plus que tout. Il savait ce que le coeur des hommes pouvait leur dicter lorsqu'une pensée contraignante s'insinuait en eux, et le chevalier fuyait ce genre de situations. De plus, il y avait assez d'hommes de ce genre dans l'entourage du Roi, Brawyn préférait offrir le plus loyal des services à son souverain.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
▬ Contributions à l'histoire : 135


Arsenios Hardansson

▬ Contributions à l'histoire : 135

MessageFeuille de route
MessageSujet: Re: La loyauté, c'est aussi d'être fidèle à soi-même.     Mar 28 Fév 2012, 13:30


Le rire d'Arsenios accueillit la dernière déclaration du chevalier. Le désespoir était une chose qu'il caressait parfois dans ses noires humeurs mais jamais il ne s'y était lové. Il y a des fonctions dans ce monde qui surpassent les hommes qui les portent et, dans son cas, son devoir lui commandait de maintenir sa tête hors de l'eau; il s'y efforçait chaque jour un peu plus. Il n'avait pas été éduqué comme un héritier mais le poids de son patronyme ne lui avait pas été épargné pour autant. Aucun règne ne se passait dans la facilité et la santé de son royaume découlait de ses choix. A bien des égards, son rôle dépassait le jeune garçon que, jadis, il avait été. A cette époque, son seul désir était de seconder son aîné et partir affronter les ennemis de la couronne pour démontrer sa valeur. Sa naissance lui avait octroyé des droits qu'il s'entendait bien conquérir légitiment. Diriger l'armée de Lanriel, lui avait finalement échu et le pays avec. Il ne regrettait rien néanmoins.

« - Le suicide n'est pas dans mes projets. Ma fille fera une reine exceptionnelle, je n'en doute pas mais, il lui faut encore apprendre quelques ficelles du métier... »


Il n'était pas sans méconnaitre sa dernière frasque. Si sa présence sur les remparts avaient réconforté les soldats blessés et sa conduite impressionné nombre des personnes présentes, la suite s'était vite détériorée. Une jeune femme blessée était une chose, une princesse combattant l'un de ses sujets en était une autre plus difficile à appréhender. Ce manque de sang-froid jetait un nouveau discrédit sur Izhelindë. Sa dévotion aurait redoré son blason aux yeux de tous, sans cette incartade, mais son caractère primait encore et toujours sur sa raison. Trait de caractère semble t-il hérité de son père. Octavia ne cessait de s'époumoner sur la voie dans laquelle semblait s'engager leur enfant. La princesse manquait peut-être de prudence mais sa mère en convenait, une fois qu'elle faisait l'effort de se fondre dans son rôle, ce dernier lui allait comme un gant.


Porté par ses pensées toutes personnelles, le roi était resté muet un court silence. Ses préoccupations n'avaient pas lieu d'être en cette journée. Ses chevaliers étaient partis livrer bataille contre une ennemie de la couronne et cela seul devait le tourmenter. Toutefois, peu désireux de se laisser submerger par des questions dont il ne pouvait pour l'instant obtenir réponses, il choisit de diriger la conversation sur un sujet plus badin. Sous ses airs de conspirateur, Arsenios était friand des ragots. La plupart recelaient des parts de vérité et étaient bien souvent un miroir qui reflétait des tranches de vie de ses sujets. Le roi les écoutait distraitement quand l'avisé s'en gorgeait. Sensé, Arsenios l'était. De fait, bien qu'il n'accordât pas toujours crédit aux bruits de couloir, il aimait pourtant en disséquer le vrai du faux. Ainsi, il s'enquit poliment auprès de son champion.

« - Cessons d'aborder l'avenir. Dis-moi plutôt comment se porte ta famille. Ta jeune sœur se plait-elle à la cour ? »


Aussi frivole que sa future reine, la cadette Medasan semblait mener rude vie à son frère et ses parents. Plusieurs fois des plaintes à son propos étaient remontées jusqu'au souverain sans toutefois y trouver écho. Par ailleurs, il lui semblait avoir ouï dire qu'une incartade lors des feux de Beltane l'avait contrainte à rester à l'écart de la cour. La situation résumée ainsi pouvait laisser supposer à une grossesse prématurée mais dans pareil cas, Arsenios doutait de trouver son aîné si calme. Dans la même trempe, la cour subodorait une aventure au blasonné. Un mariage prochain ne serait pas une mauvaise chose. Quelques cœurs seraient déçus mais si Izhelindë pouvait s'apercevoir que son entourage murissait, peut-être en ferait-elle autant.

«  - Et quand me présentera t-on cette noble inconnue qui logeait il y a encore peu chez mon champion ? Les badinages de serviteurs en dressent un portrait flatteur et je te mentirai si je ne te précisais pas que cela a piqué ma curiosité. Je me targuais de connaître le nom de toutes les beautés de ma noblesse ! »


Suite à cet étalage flagrant de ses connaissances, un sourire flotta sur son visage, conférant une expression paternaliste à souhait à ses traits. La jeunesse de son peuple gagnait en noblesse et cette nouvelle génération ne cessait de l'égayer.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé

MessageFeuille de route
MessageSujet: Re: La loyauté, c'est aussi d'être fidèle à soi-même.     

Revenir en haut Aller en bas
 

La loyauté, c'est aussi d'être fidèle à soi-même. 

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Sam et Frodo ou une amitié malsaine ?
» T'as toujours d'aussi beaux yeux ϟ Pabo
» Silsis => ma premiére image aussi...^^
» J'te déteste ! ... Moi aussi je t'aimerai toujours...
» . le business reste le business . aussi agréable soit-il . [Dess']

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Echo des Plaines : Chapitre VII ▬ Le Retour d'Inasmir :: HORS JEU :: Vous serez
tous pendus !
 :: Miroir aux souvenirs
-