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 Do you remember me, now?

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Jullanar Osgrey

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MessageFeuille de route
MessageSujet: Do you remember me, now?   Jeu 16 Fév 2012, 11:40

Pour une journée qu’elle avait pensée tranquille et gentiment divertissante, Jullanar avait été de surprises en surprises ! Elle était probablement la dernière personne à seulement imaginer se retrouver auprès du Roi de Lanriel. Et pourtant, c’est ce qui s’était passé. La Sorcière avait côtoyé l’homme le plus puissant du royaume et avait conversé – enfin… - avec lui comme s’ils étaient amis. Cet événement aurait pu suffire à la jeune femme mais il avait fallu que d’autres viennent s’ajouter. La victoire de son amie Aislin, tout d’abord, qui avait ravi Jullanar. Mais le plus étonnant avait été la suite, quand le roi lui demanda de l’accompagner sur la piste et de remettre le prix au vainqueur du concours. La Sorcière n’avait pas encore réalisé l’honneur que ce geste du souverain représentait. Les femmes étaient le plus souvent celles qui remettaient les récompenses, mais il s’agissait des reines, des princesses, des Blasonnées ou des invitées prestigieuses. Et Jullanar n’était rien de tout cela. Dire qu’elle ne s’était même pas donné la peine de revêtir une robe de circonstance ! Il n’était pourtant pas dans les habitudes de la Sorcière de se soucier outre mesure de son apparence – non pas qu’elle s’habillât comme une pauvresse mais elle avait toujours choisi le confort à la beauté – mais si elle avait su qu’elle côtoierait Arsenios Hardansson au cours de la journée, elle aurait fait un effort. Encore qu’il ne lui avait pas semblé que le roi eut prêté quelque attention à sa tenue. Peut-être même s’en fichait-il car il ne l’aurait pas invitée à l’accompagner sur le terrain si tel n’avait pas été le cas, non ?

C’est sur ces considérations superficielles que Jullanar avait regagné les tribunes tandis que, les applaudissements et la joie du public s’éteignant progressivement, celles-ci se vidaient. Le peuple de la capitale avait été contenté par cette nouvelle journée de tournoi riche en rebondissements et la soirée à venir s’annonçait toute aussi joyeuse. Pour les spectateurs comme pour les concurrents, qui avaient transmis leur plaisir à tous. Ainsi, dans le brouhaha des départs, des résultats des paris et des conversations diverses, on nettoyait la piste et les gradins pour préparer les épreuves du lendemain. Quant à Jullanar, et comme pas mal de mondes, elle se dirigea vers les coulisses où les concurrents avaient attendus durant les différents exercices. Certains venaient féliciter la gagnante ou les candidats qu’ils avaient soutenus, d’autres étaient simplement attirés par la curiosité de voir tant de Rôdeurs en un seul endroit. Jullanar faisait partie de la première catégorie. Malgré le fait qu’elle lui avait remis son prix en main propre, le protocole avait empêché la Sorcière de féliciter son amie de manière plus personnelle. Elle tenait ainsi à la voir plus longuement, en espérant que la Rôdeuse aurait la possibilité de lui accorder un moment. A dire vrai, elle avait même l’intention de l’inviter à séjourner chez elle durant le temps qu’elle resterait à Cathairfál. Elles auraient ainsi tout le loisir de prendre des nouvelles l’une de l’autre. Tout cela, évidemment, dans l’espoir qu’Aislin n’aurait pas à repartir tout de suite.

Il était cependant difficile de parvenir auprès des concurrents, sollicités de toute part. Les gens se comportaient comme des enfants et courraient un peu partout, se tenaient sur la pointe des pieds ou se frayaient un passage à coups de coude en espérant voir les Rôdeurs. Visiblement, Aislin croulait sous les félicitations et les hourras et la jeune femme blonde ne semblait pas non plus en reste. Il ne manquait que l’immense Rôdeur, que certains semblaient appeler en vain. Jullanar sourit devant toute cette agitation et, plutôt que de rentrer chez elle couverte de bleue, elle abandonna son idée d’aller rejoindre son amie tout de suite, et obliqua vers l’écurie, où elle aurait à coup sûr la chance de la voir débarquer quand les congratulations auraient cessé. Ce qui semblait un bon choix car il n’y avait personne dans le bâtiment. Hormis les chevaux, qui semblaient profiter de ces instants de calme après la compétition. Jullanar s’avança vers les stalles, avant de remarquer un endroit où elle pourrait s’asseoir et attendre patiemment son amie. Mais avant qu’elle n’atteigne son but, un géant surgit de nulle part et la Sorcière sursauta, laissant échapper un petit cri de surprise. Reconnaissant le Rôdeur, elle sourit de soulagement.

« Excusez-moi ! Je pensais qu’il n’y avait personne. »

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Wilhelm Nyström

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MessageSujet: Re: Do you remember me, now?   Lun 20 Fév 2012, 12:01

    Malgré la faible tentative d’Aislin de le retenir, Wilhelm ne se fit pas prier pour décamper discrètement l’épreuve terminée et la foule lâchée. Déjà, il ne voyait aucune utilité de rester ici alors que c’était fini, et puis l’idée d’être submergé par une horde de singulier qui d’habitude le regardait de haut, très peu pour lui. Son ainée avait vaguement eu l’air déçue, mais il lui accorda un bref sourire en partant. Il savait bien ce qu’elle pensait, qu’il était toujours trop satisfait de sa solitude et qu’il devrait chercher plus en profondeur le contact des gens. Notamment pour trouver une compagne un beau jour. Wilhelm avait eu quelques soucis à force de s’attacher, il préfèrait rester à une distance respectable de toutes personnes. Exception faite de ses amis rôdeurs de longue date. Lui, avait bien du mal à accorder son amitié, il avait toujours eu un caractère solitaire de toute façon. Du genre à passer des mois sur les routes sans voir âme qui vivent. Ça ne le gênait pas, les rares fois où il s’était attaché à quelqu’un l’avait découragé de retenter l’expérience à nouveau. Rien que son frère décédé en était la preuve. C’est sans regret qu’il laissa les honneurs à Aeron et Aislin pour se diriger vers les écuries. Toute cette attention le mettait mal à l’aise de toute manière, il n’avait pas répondu présent pour tout ça. Il ne cherchait qu’à obtenir certains contrats, et vu sa prestation, il ne devait pas trop s’inquiéter pour la suite. L’objectif était donc remplit et il avait quartier libre jusqu’à la prochaine épreuve, à savoir, la grande mêlée. Epreuve boudée par ces consœurs et par beaucoup de personnes.

    Son faucon l’attendait aux écuries, lequel eut un petit crissement de joie avant de se poser sur le bras tendu de son maître. Ainor était du genre solitaire et indépendant, mais il était le compagnon le plus fidèle que Wilhelm aurait jamais pu avoir. Il l’accompagnait partout depuis sa jeunesse, mais malheureusement, l’animal se faisait vieux, bien qu’il n’en laisse rien paraitre. Il ferrait encore au moins 5 ans avant de s’éteindre d’une mort naturelle et d’un sommeil bien mérité. Compagnon de route, éclaireur, gardien silencieux, Ainor était un excellent guide sur les routes. L’osmose qu’il avait pour son faucon lui avait bien souvent servit pour ses différents numéros de fauconniers. Bien que capable de s’en sortir avec toute sorte de rapace, celui-là c’était particulier. D’un bref coup de poignet, il intima le faucon de le lâcher, le temps qu’il aille un peu plus loin pour changer de chemise. Pour la dernière épreuve, il en avait mis une à jabot un peu plus sophistiquée que celles qu’il portait en temps normal, et il n’était pas vraiment à son aise là-dedans. Le tissu encore neuf et couteux le grattait affreusement et il se sentait presque aussi ridicule que les messieurs nobles qui se sentait si beaux et élégants alors qu’ils n’évoquaient à Wilhelm rien d’autre que des femmes habillées avec leurs rideaux.

    Il fut surprit t’entendre un léger cri et de voir une jeune femme sursauté alors qu’il se dirigeait vers ses affaires, non loin de sa jument. Il la reconnu vaguement pour l’avoir aperçu au côté du roi.

    « Moi aussi… »
    répondit-il en haussant un sourcil, se demandant bien ce qu’une fille assise dans la tribune royale pouvait faire ici. Il enchaîna avec « Excuses-moi un instant. » en retirant sa chemise pour en mettre une autre.

    Certes, il pouvait entendre d’ici ses consoeurs lui hurler que ce n’était pas une chose à faire devant une noble dame. Mais diantre ! Il était dans une écurie, pas un palais où le protocole était de mise ! Par ailleurs, si elle lui avait vaguement dit quelque chose dans la tribune, il lui jeta un nouveau coup d’œil. Le rôdeur se demanda un instant si sa mémoire ne lui jouerait pas un tour, mais finalement il posa la question avec toute la politesse dont il était capable, prennant même la peine de la vouvoyer. Il réalisa peu après que c’était complétement ridicule.

    « Pardonnez-moi, mais j’ai l’impression que l’on s’est déjà vu… »

    La réponse vint d’elle-même quand Valia, sa chouette, quitta son perchoir pour voler maladroitement vers la jeune femme. L’animal, naturellement peureux, n’allant pas régulièrement vers les étrangers, Wilhelm put facilement en conclure qu’il avait effectivement vu cette jeune femme. Il lui restait juste à savoir pourquoi, et il farfouilla sa mémoire pour trouver si aurait pu retenir, de cette façon, l’affection de sa chouette.


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Jullanar Osgrey

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MessageSujet: Re: Do you remember me, now?   Lun 05 Mar 2012, 10:35

Spoiler:
 

Quelque peu étonnée par le tutoiement, Jullanar marmonna un vague « je vous en prie » qui finit par mourir comme un vieux tas de chiffon quand elle se rendit compte que, sans gêne aucune, le Rôdeur se débarrassait de sa chemise de parade pour un vêtement plus confortable. Elle écarquilla les yeux, embarrassée, devant la musculature dénudée de l’homme qui aurait probablement déclenché une émeute s’il avait fait la même chose en dehors de l’écurie. Et finit par se détourner quand il termina de se changer. Dans quelle situation s’était-elle encore fourrée ? Depuis quelques temps, rien ne semblait aller comme Jullanar le souhaitait. Si même une simple attente dans un endroit tranquille lui réservait des scénarios invraisemblables, il lui faudrait considérer rester cloîtrée chez elle. Heureusement, l’homme ne sembla pas remarquer son trouble, comme si tout cela était d’un parfait naturel. Ce qui l’était probablement pour quelqu’un issu du sein même de la nature. N’étant visiblement aucunement retenu par les convenances, le Rôdeur ne se gênait pas non plus pour lui jeter d’intenses coups d’œil. Essayant de déterminer la raison de sa présence ici, ou bien pour un tout autre motif. En tous cas, et malgré son imposante stature qui aurait pu en effrayer plus d’une, cette inquisition n’avait pas pour but de la déstabiliser ou de lui faire peur. Jullanar en avait conscience puisqu’il s’agissait du même type de regard qu’elle avait pu lui octroyer lorsqu’elle l’avait vu sur la piste la première fois. Celui du « je l’ai déjà vu quelque part ». A moins que ce ne fût celui des personnes n’ayant jamais vu ces Sorciers aux yeux dorés qu’on évoquait dans les histoires merveilleuses. Mais elle doutait qu’un Rôdeur n’eût jamais fait la rencontre d’un de ses confrères.

Jullanar aurait probablement fini par s’excuser avant de partir attendre dehors mais le Rôdeur fut plus rapide et posa la question qui parcourait également son esprit. Elle n’eut pas le temps d’esquisser une réponse que quelque chose bougea. La Sorcière tourna la tête, s’attendant à une nouvelle surprise qui ne manquerait pas de marquer une dernière fois sa journée d’un événement incroyable. Une chouette volait vers elle avant de se poser, majestueuse, sur le bois qui marquait les limites des stalles. Jullanar sourit, agréablement surprise, cette fois. En tant que Sorcière, la chouette était son familier et, si elle n’avait aucunement appelé l’oiseau, celui-ci avait tendance à ne pas craindre Jullanar et parfois même à rechercher sa compagnie. Ce lien spécial entre un Sorcier et son familier était l’une des choses qu’il n’était pas possible d’expliquer avec des mots simples aux néophytes. En tous cas, sachant ce rapace de nature solitaire et nocturne, Jullanar n’avait pas eu beaucoup d’occasions de voir de tels oiseaux apprivoisés par des hommes. A dire vrai, il n’y en avait qu’une seule. Et soudain, la lumière se fit.

« Vous êtes le fauconnier de Vieilleville ! »

La Sorcière ne pensait pas se tromper. Il y a quelques années – ou peut-être pas si longtemps – lors d’un voyage au Riocht, Jullanar s’était arrêtée à Vieilleville, où une fête avait lieue. L’occasion lui restait floue, mais elle se souvenait que beaucoup de spectacles de rue s’y étaient tenus, dont celui d’un fauconnier. Oui, maintenant qu’elle l’observait mieux, il s’agissait bien du Rôdeur qui avait ravi enfants et adultes par les prouesses de ses rapaces et avec qui elle avait échangé quelques mots.

« Vous ne devez pas vous souvenir de moi. Mon nom est Jullanar. Jullanar Osgrey. » Elle approcha une main de la chouette, qui accepta la caresse, avant de jeter un coup d’œil sur le Rôdeur. « Je ne vous avais pas reconnu sans vos oiseaux. » Elle flatta une nouvelle fois le rapace avant de décocher un sourire malicieux au Rôdeur. « Je crois me rappeler que vous étiez bien plus à l’aise avec eux que sur un cheval. »

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Wilhelm Nyström

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MessageSujet: Re: Do you remember me, now?   Sam 17 Mar 2012, 15:57

    Parfois, il arrivait à Wilhelm de se dire qu’il manquait cruellement de savoir vivre et de bienséance. Il n’avait pas été élevé dans les mêmes conditions que la plupart des gens qu’il croisait, et passer pour un malotru ou un malpropre était un peu dérangeant. Mais la plupart du temps, il en avait tout simplement rien à faire. Et c’était ce cas-là maintenant. Que la jeune femme devienne écarlate à la vision de son pectoral et se dissimule les yeux, comme si c’était beaucoup trop de choc, voilà qu’il n’en avait plus rien à faire. Il ne prit même pas la peine de soupirer en pensant qu’elle était encore une de ses mijaurées citadine qui n’avait jamais vu d’hommes de leur vie. En plus il se souvenait l’avoir vu dans la tribune du roi, surement habituée au comportement impeccable et si détestablement supérieur des hommes de la cour. Non, le rôdeur n’avait pas envie de devenir aigri avant l’âge. D’ailleurs ce n’était pas pour ça qu’il la dévisageait depuis tout à l’heure. Non, il était persuadé de lui avoir déjà parlé il y a quelques temps, mais il n’arrivait pas à le resituer temporairement. Il avait eu cette impression de déjà vu juste en croisant son regard alors qu’il était en train de passer l’épreuve. Il mit d’abord cela sur ses yeux dorés et pleins de magies, mais le rôdeur avait croisé plus d’un sorcier, et aucun ne lui avait causé un tel sentiment. C’était étrange, et pourtant bien réel.

    C’est Valia, la chouette, qui éclaira la situation. Bien malgré elle, d’ailleurs. L’animal hulula gentiment, comme pour saluer la sorcière avant d’ajouter un piaillement suraiguë de bonne humeur. Quelque chose que toute personne lambda trouverait absolument adorable. Wilhelm ressentait toujours une fierté paternelle quand il voyait la chouette garder sa grâce innée malgré son aile brisée et ses difficultés à voler. La blonde fut néanmoins beaucoup plus rapide que lui pour deviner. Vieilleville. Il réfléchit une seconde pour se rappeler de la dernière fois qu’il était allé la bas, et qui il avait bien put croiser. Il trouva bien vite la réponse car il hocha effectivement la tête avec un sourire de circonstance. Il prit la plaisanterie avec bonne humeur, ne voyant pas pourquoi il prendrait la mouche. Elle avait raison qui plus ait.

    « On ne peut rien vous cacher. » Railla-t-il avant de siffler légèrement pour que la chouette revienne vers lui et se pose sur son poing. « C’était ma première épreuve. Une belle expérience, surtout quand on a une jument comme la mienne, qui adore parader. »
    Et qui avait très peu l’occasion de le faire en effet. Ce n’était pas dans la forêt ou sur les routes que le comportement princier d’Eliora avait de quoi être flatté. Mais elle suivait son maître sans se plaindre, et ne semblait guère incommodée par cette vie.

    Au loin, la clameur de la foule envers ses deux consœurs ne s’arrêtait pas, et visiblement cela semblait être partie pour durer un moment. Wilhelm aurait bien voulu les attendre pour discuter un peu, mais elles allaient surement être réquisitionnées pour la soirée, sans aucun moyen d’être tranquille. Soit. Elles étaient dans la ville de toute façon, il y aurait surement un moment où tous les trois pourraient se retrouver pour discuter un petit moment. Il se tourna vers la jeune femme en caressant distraitement la petite chouette perchée sur sa main.

    « Comme vous le voyez, c’est assez rare de voir des rôdeurs dans ce genre d’épreuve. Assez pour que mes amies soient assaillies d’admirateurs. » il eut un rictus cynique. « Je suis Wilhelm Nyström par ailleurs. Excusez mon impolitesse… et le reste. Disons que je n’imaginais pas du tout qu’une femme serait ici avec les chevaux. La plupart des gens sont dehors à discuter avec Aislin et Aeron. »

    Une façon polie de lui demander ce qu’elle pouvait bien faire ici. Ce n’était surement pas pour le voir lui ou bien pour discuter avec sa chouette. Bon, il doutait néanmoins qu’elle ne soit ici pour dérober quoique ce soit. Mais il était juste très curieux, elle avait tout d’une noble qui ne perd pas son temps avec des rôdeurs.



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Jullanar Osgrey

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MessageSujet: Re: Do you remember me, now?   Lun 26 Mar 2012, 07:38

Jullanar fut satisfaite de constater que sa réflexion n’avait pas été mal prise. Il était si aisé que les hommes se froissent lorsque l’on remettait en doute certaines capacités liées à leur virilité… Mais le jugement qu’elle avait eu alors sur le Rôdeur lors de leur première rencontre il y a quelques temps ne lui faisait pas défaut en ce jour. Maintenant qu’elle avait réussi à se souvenir de l’endroit où elle l’avait déjà vu par le passé, les souvenirs semblaient se faire plus précis dans son esprit. Ainsi se souvint-elle en effet de la prouesse avec laquelle le fauconnier menait son spectacle, émerveillant le public au même titre qu’un marionnettiste… ou un magicien. En revanche, Jullanar n’avait pas fait très attention au cheval lors de l’épreuve. Elle se contenta donc d’acquiescer, tout en se disant qu’elle manquait cruellement de connaissances sur les équidés et qu’elle aurait été bien incapable de distinguer les émotions d’un cheval dans un tel contexte. Malgré un pouvoir de métamorphose qui l’avait incitée à étudier au mieux la biologie animale, ses choix s’étaient plus souvent portés sur des oiseaux ou des petits mammifères. A dire vrai, rares sont les occasions où un ours est l’option la plus appropriée et, surtout, ce genre de forme figure généralement parmi les plus difficiles et les plus dangereuses à exécuter.

La Sorcière ne sut pas plus infirmer ou confirmer les dires de l’homme. Elle n’avait jamais beaucoup assisté aux Tournois et n’était ainsi pas particulièrement au fait des l’origine des concurrents. Mais au vu de la réputation des Rôdeurs, elle pouvait estimer qu’ils ne devaient effectivement pas être nombreux à tenter l’expérience. Pourtant, la réaction du public de la capitale avait aujourd’hui été très positive. Qu’importe la caste des concurrents, ils avaient été applaudis ou hués de la même manière que les autres. La compétition et le sport avaient parfois le don étonnant d’unir les ennemis. Une leçon que tout dirigeant devait sûrement connaître. Les manœuvres politiques n’avaient jamais été au goût de Jullanar mais elle commençait de plus en plus à en apprendre à connaître les rouages. Sa propre invitation dans la tribune royale en avait-elle était une aussi ? La Sorcière le découvrirait sûrement bien assez tôt…

En tous cas, Jullanar se retint d’ajouter que, si le Rôdeur s’était trouvé au dehors, et avait agi comme il l’avait fait avec elle, Aislin et son amie se seraient retrouvées bien seules. Les femmes auraient accouru en tous sens pour tâter du muscle du Rôdeur tandis que leurs hommes auraient tenté de rivaliser avec le géant pour récupérer leurs épouses ou leurs filles. La Sorcière se retint de sourire à cette évocation tandis que le Rôdeur lui donnait enfin son nom. Un nom qui ne lui disait rien pour peu qu’elle l’eut jamais connu ce jour où elle l’avait vu exercer son art.

« Ne vous excusez pas. Vous avez raison, je devrais plutôt être dehors à congratuler les gagnantes. » Un vivat plus impressionnant que les autres se fit soudain entendre, comme pour donner raison à la Sorcière. « Mais j’ai pensé qu’il serait plus sage d’attendre ici pour présenter mes félicitations à une amie de longue date. » Cela lui avait semblé être une bonne idée, jusqu’à ce que le Rôdeur émerge d’une des stalles. « Peut-être voulez-vous que je sorte, le temps que vous terminiez de vous changer ? » Après avoir changé de chemise, Jullanar n’était pas sûre de vouloir voir le Rôdeur changer le reste de son accoutrement. « La foule finira bien par se lasser, non ? » Elle sourit à Wilhelm, peu sûre de son affirmation, avant de tourner la tête vers la sortie des écuries.

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Wilhelm Nyström

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MessageSujet: Re: Do you remember me, now?   Ven 13 Avr 2012, 14:31

    Si au début de sa vie de jeune homme, il s’était révélé porteur du don de fauconnerie, Wilhelm n’avait jamais vraiment su comment l’utiliser. Très tôt, il avait dressé Ainor, joué avec les oiseaux qu’on pouvait trouver près du refuge, et il lui suffisait d’un rien pour se faire obéir de toute sorte de rapace. Pourtant, il n’y avait jamais eu que le combat qui l’intéressait, et c’est la seule chose dont il pouvait être certain de pouvoir survivre avec. La fauconnerie ne rapportait pas assez, et il avait toujours préféré voir ça comme un don ou un passe-temps que par réelle nécessité. Devoir en faire son métier signifiait devenir sédentaire et renoncer à sa vie de rôdeur. C’était hors de question. Wilhelm aimait tellement vivre sur les routes qu’il était impossible pour lui de renoncer au grand air pour finir par s’occuper de la communication entre rôdeurs depuis le refuge. Il ne savait plus vraiment ce qui l’avait décidé de faire des numéros durant les fêtes de temps en temps, mais il trouvait cela relaxant et appréciable. Bien sûr qu’il avait droit à quelques remarques désagréables à cause de ses origines, mais disons que le rôdeur n’était pas le genre de personne à qui on avait envie d’être insultant. Et ils avaient bien raison, parce qu’il n’aimait pas vraiment la manière qu’utilise les singuliers pour médire sur ses ancêtres et ses semblables, et qu’il ne promettait pas de garder son calme si cela était le cas. Une fois seul sur les routes, il comprit rapidement qu’il n’était pas toujours le bienvenue et qu’il suffisait parfois que les personnes aient un minimum de richesse pour qu’ils se mettent à regarder de haut les baroudeurs.

    Bien évidemment, tout le monde n’était pas à mettre dans le même sac et Wilhelm ne faisait pas de généralité. Il se trouverait bien ridicule de faire juger au premier regard comme le font ces personnes. Cela n’empêchait pas le rôdeur d’être relativement distant, paradoxalement il ne supportait pas qu’on le gêne ou le dérange.

    « Vous êtes une amie d’Aislin et d’Aeron ? » Répliqua l’intéressé, se disant que si une de ses consœurs arrivait à conserver une amitié aussi longue avec une sorcière, cela était très certainement signe que la dite Jullanar était une personne de confiance. Et donc, il était curieux de savoir pourquoi. Quoiqu’avec l’agitation à côté, il n’était pas prêt d’avoir une conversation digne de ce nom avec elles. Il ne pouvait que demander des précisions à la jeune femme.

    « Hmm ? » Fit-il à l’attention de la blonde, prit dans ses pensées, il eut besoin une seconde pour savoir de quoi elle parlait. « Non, c’est inutile. Je n’ai pas besoin de me changer, ne vous dérangez pas. »

    Il jeta un œil à l’entrée de l’écurie et fit une brève grimace. En vérité, il n’avait strictement aucune idée de la réponse à donner.

    « J’avoue que je n’ai jamais fait d’épreuve auparavant, et que je n’ai aucune idée de combien de temps dure l’hystérie d’une foule. Je suis bien content d’en être épargné par ailleurs et… »

    Il n’eut pas le temps de finir sa phrase quand plusieurs jeunes filles entrèrent dans l’écurie. Immédiatement, Wilhelm eut une soudaine envie de partir en courant, lui qui d’habitude n’hésitait jamais avant de sauter sur un monstre l’épée au poing. Voilà qu’il redoutait ce que ces donzelles lui voulaient. Elles n’hésitèrent pas le moins du monde à s’approcher de lui, alors que le rôdeur était plus habitué à créer des regards interloqués et une certaine peur. Elles lui expliquèrent rapidement que les rôdeuses à l’extérieur leur avaient vendues la mèche en leur indiquant qu’il était ici, après quelques dizaines de minutes à le chercher dans la carrière. Les saletés. Rapidement, elles se mirent à le combler de compliquer sur ses prouesses, sa force physique, sa jument et d’autres choses qu’il n’écoutait qu’a moitié et qui le plongeait dans une gêne immense. En temps normal il n’aurait rien dit, mais devant Jullanar, il trouvait ça presque indécent. Déjà lassé de leur comportement puéril, le rôdeur tenta tant bien que mal de négocier une sortie.

    « Vous êtes adorables jeunes filles, mais je m’apprêtait à partir… »

    Argument refusé en bloc et Wilhelm hésitait soudainement à hausser la voix, mais il entendait déjà les reproches salés d’Aislin si il osait se montrer discourtois.

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Jullanar Osgrey

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MessageSujet: Re: Do you remember me, now?   Sam 16 Juin 2012, 04:17

Spoiler:
 

« D’Aislin. » Répondit Jullanar avec un sourire. Et elle n’alla pas plus loin car les circonstances de leur première rencontre, aussi drôles furent-elles, étaient de celles que l’on garde pour soi ou que l’on raconte à ses enfants, ou à ses petits-enfants, en attendant que les vieux amis se décident à venir vous rendre visite, ou quand ils ont disparus depuis longtemps… De plus, avoir vu un homme à moitié nu n’en faisait pas pour autant un intime à qui confier ses meilleures histoires. Heureusement, l’homme en question n’avait pas l’intention de changer le reste de ses vêtements, ce qui n’obligeait pas Jullanar à rejoindre les cris et les tapes dans le dos que chacun se distribuait au-dehors.

Jusqu’à ce que la foule se calme – ce qui pouvait sûrement durer indéfiniment, à moins que la nuit tombée n’incite les gens à rejoindre la protection de leurs maisons – la Sorcière serait contrainte de rester dans l’écurie à attendre le bon vouloir des congratulateurs et des congratulés. La réponse de Wilhelm à sa question, qui avait été plus rhétorique qu’autre chose, ne la rassura pas beaucoup. Il y avait très longtemps que Jullanar n’avait pas vu son amie mais si cette dernière n’arrivait pas à se débarrasser de ses nouveaux admirateurs avant longtemps, la Sorcière serait contrainte de rentrer chez elle et de reporter sa rencontre à un autre moment. Il n’y avait rien de très urgent dans cette volonté de revoir Aislin mais si la Rôdeuse n’était que de passage pour le Tournoi – et au vu de l’heure tardive à laquelle elle-même était revenue à la capitale – il y avait de grandes chances pour que les deux amies n’aient finalement pas le temps de pouvoir échanger leurs dernières nouvelles.

Tandis que Jullanar réfléchissait à la meilleure manière de pouvoir approcher son ami sans récolter quelques coups de coudes involontaires ou d’accuser une sévère perte d’audition, le fauconnier continuait sur sa chance de ne pas être l’objet de la même attention que ses consœurs… jusqu’à ce que plusieurs demoiselles se précipitent dans l’écurie en riant, pépiant, gloussant, puis se jettent sur le Rôdeur comme des mortes de faim. Jullanar rit sous cape tandis que le géant allait probablement de nouveau devoir faire tomber la chemise. Et la Sorcière n’avait pas très envie d’être là quand le reste suivrait…

Elle comptait s’éclipser discrètement, pour laisser l’homme gagner d’autres trophées que ceux de l’arène quand elle l’entendit repousser les avances des jeunes donzelles. Décelant une certaine gêne dans la voix du Rôdeur, Jullanar se dit qu’elle l’avait peut-être mal jugé. D’autres auraient été bien moins réticents à l’idée de se rouler dans le foin avec quelques jeunes filles prêtes à tout pour passer un peu de temps avec un homme fort et sauvage, quand bien même fut-il perdant d’une épreuve de tournoi. La Sorcière retourna sur ses pas et pu constater que malgré les mains qu’il retirait gentiment de ses bras musclés, d’autres se posaient aussitôt sur son torse ou dans son dos. Et en dépit des refus qu’il ne cessait de donner, les jeunes filles parlaient bien plus fort et toutes ensembles, dans une joyeuse cacophonie qui n’avait rien à envier à celle du dehors. Jullanar se retint d’éclater de rire en pensant que le pauvre garçon n’arriverait probablement à se sortir de ce guêpier sans l’usage de la force, ce qui aurait des conséquences désastreuses. Et elle savait qu’Aislin lui en voudrait si elle ne faisait rien pour venir en aide à son confrère.

« Mesdemoiselles, s’il vous plaît. » La voix forte de Jullanar fit sursauter la plupart des jeunes filles, qui ne l’avaient peut-être même pas vue lorsqu’elles étaient entrées dans l’écurie plus tôt. « Vous pourrez retrouver Wilhelm un peu plus tard dans la soirée. Il sera au Chant de la Sirène pour fêter avec vous la fin de cette journée de tournoi. » Etait-ce le pieux mensonge ou la couleur de ses yeux dorés qui achevèrent de convaincre les soupirantes de lâcher les vêtements du Rôdeur ? En voyant le regard de certaines d’entre elles, elle pencha plutôt pour la deuxième solution, ce qui lui fit ressentir une certaine culpabilité. On craignait toujours les Sorciers. Ce qui était en cet instant une bonne chose pour Wilhelm, qui voyait ses admiratrices se retirer en silence. Certaines lui jetèrent un regard noir avant de quitter l’écurie mais la plupart retrouvèrent le rire en sortant, sûrement impatiente d’être au soir.

Jullanar se sentit quelque peu mal à l’aise en repensant au regard de ces jeunes filles. Mais elle essaya de balayer au mieux ses inquiétudes et se tourna vers Wilhelm en souriant. « Je suis désolée, mais vous avez un nouveau rendez-vous pour ce soir. » Au moins aurait-il un peu plus de temps pour se préparer aux nouvelles attaques de ses adoratrices.

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