Echo des Plaines : Chapitre VII ▬ Le Retour d'Inasmir


 
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 The deep breath I took still poisons my lungs.

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Wilhelm Nyström

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MessageSujet: The deep breath I took still poisons my lungs.   Mar 17 Jan 2012, 00:31


credit Bloomyicons

    Le tournoi mettait en ébullition Cathairfál et ses habitants. Malgré sa préférence pour les chemins tranquilles qu’il empruntait quand il voyageait, le rôdeur appréciait l’ambiance festive de la grande place. Il avait l’impression que c’était un jour de marché. Des dizaines de trouvères étaient sur place pour jouer de la musique et récolter quelques piécettes. Certaines personnes s’était prises au jeu et s’était mises à danser ensemble en cadences au son des instruments, comme une petite fête improvisée au milieu de la capitale. D’autres, plus réservés, se contentait de les observer de loin, ou de surveiller leurs enfants qui se précipitaient au milieu des danseurs et des musiciens. Tous les rangs sociaux étaient abolis, il n’y avait plus roturier ou résidus de basse fosse, juste des personnes lambda qui s’amusaient ensemble. Normalement le rôdeur aurait surement trouvé cette occasion idéale pour exercer ses talents de fauconnier, mais il était ici pour le tournoi. L’adresse équestre était déjà passée avec son lot de mésaventures, maintenant il ne lui restait plus que la mêlée. Loin de lui l’idée de vouloir se joindre à la danse, il était dans les rues de Cathairfál dans le but de refaire son stock de potion en attendant son prochain voyage. Son faucon devait probablement chasser dans les forêts de Perllan, seul sa jeune chouette incapable de voler, était avec lui, et avait élu domicile sur l’épaule de Wilhelm. Le volatile regardait l’agitation avec intérêt, sans pour autant y comprendre quoique ce soit.

    Poussé par un élan de sympathie, qui contrastait avec son absence de sourire et son air morne, Wilhelm donna quelques pièces à un des artistes avant de prendre son chemin vers l’herboriste. Dans la foule bondée, il préférait éviter d’avoir l’air trop amical pour ne pas attirer les charlatans ou autres petits curieux qui voudraient observer sa chouette. Il était pourtant rarement de mauvaise humeur, mais une vieille connaissance l’avait interpellé dans la matinée et lui avait appris quelque chose qui lui avait embrumé l’esprit.

    « Elle est en ville. »

    Wilhelm avait adressé un regard dubitatif au vieux dresseur de cheveux après qu’il ait retiré la selle de sa jument. Et puis il comprit soudainement de qui il faisait allusion.
    « Qu’est-ce qu’elle peut bien faire ici… » Grommela le rôdeur en flattant le flanc de sa monture « J’ignorais qu’elle appréciait les tournois. »
    Sa vieille connaissance semblait l’ignorer autant que lui, mais il finit par proposer : « Elle vient parfois par ici, je peux lui dire que tu es arrivé. »
    « Ne te donnes pas cette peine. » Une dernière caresse à son cheval et Wilhelm parti sans rien ajouter.

    Nelaissa était en ville. Forcément, traverser un des endroits le plus fréquenté de Cathairfál n’était pas la meilleure stratégie qu’il aurait pu imaginer pour éviter l’inquisitrice, mais il devait bien aller faire ses emplettes tant qu’il pouvait le faire. Après la mêlée, il ne comptait pas s’éterniser en ville. Wilhelm gardait un souvenir bien amer de la dernière fois qu’il vit la blonde. Après des mois de bons et loyaux services en tant que garde du corps et de guide dans la mission de Nelaissa pour la justice, elle l’avait tout simplement congédié. Les quelques explications gênés de la jeune fille n’avait pas suffi à le convaincre. Vexé et déçu, il avait refusé la bourse qu’elle lui avait tendue et avait repris la route sans délais. La raison pour laquelle elle avait évincée restait plus ou moins obscure pour lui. Il penchait plutôt pour l’hypothèse qu’elle n’avait pas été satisfaite de sa qualité de garde du corps et de compagnon de voyage. Une chose était certaine, la jeune fille ne voulait surement pas recroiser le rôdeur, et il espérait bien lui épargner cette peine. Ça serait moins gênant pour les deux.

    Les heures s’écoulaient petit à petit dans la grande place, et Wilhelm avait fini par oublier la menace éventuelle. Le soleil avait pris une teinte rougeâtre mais l’agitation et la musique n’avait pas diminué pour autant. Le rôdeur remarqua par ailleurs qu’ils étaient encore plus nombreux qu’en début d’après-midi, et qu’on avait tôt fait d’être submergé au milieu des danseurs et des musiciens. Il n’était pas le plus petit des protagonistes présents, mais pousser aimablement les gens pour sortir de l’agitation n’était pas le plus facile. La plupart des gens le frôlaient, se cognaient contre lui, une fille lui prit même la main pour qu’il la rejoigne dans la danse. Invitation qu’il déclina bien évidemment en retirant sa main avec un mot d’excuse. Dans la précipitation de son geste, son coude heurta quelqu’un. En se tournant pour s’excuser, il eut un mouvement de recul. Sur toutes les filles du royaume, il fallait qu’il tombe sur celle-là, à ce moment précis. La musique s’arrêta quelques secondes plus tard, et une fois qu’ils eurent finit d’applaudir, Wilhelm se décida à prendre la parole.

    « Je pensais pas te revoir ici à Cathairfál, Nelaissa. » Dit-il sans ajouter qu’il ne pensait pas la revoir tout court. « Cela fait combien de temps… des années je crois. » Il ne savait pas si c’était une tentative désespérée de lancer un semblant de conversation, ou alors s’il tentait de dissimuler sa gêne. D’un esprit comme dans l’autre, c’était une tentative complétement pathétique et il se fustigeait mentalement de ne pas s’être tût. Ainsi, il aurait pu faire semblant de ne pas la reconnaitre et éviter cette situation on-ne-peut-plus gênante.

    Un coup d’œil vers son épaule lui indiqua avec effroi que Valia, sa chouette, n’était plus là. Très certainement bousculée pendant la danse. Il siffla dans l’attente d’une réponse, et c’est avec soulagement qu’un hululement lui répondit. La bestiole se démenait au sol pour voler toute seule, mais sans grand succès avec son aile brisée et Wilhelm s’accroupit pour la saisir avec délicatesse. Le genre de délicatesse relativement rare chez lui.


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For all those who would hurt you: I wish I could have taken this blow for you. For all those who hurt you: I wish it had been my blood instead of you.
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