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 Stand by me, little bro'! [PV: Lundi]

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Cyan Soleren

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MessageSujet: Stand by me, little bro'! [PV: Lundi]   Dim 15 Jan 2012, 07:17

Son cheval renâclait sans cesse. Il avait sûrement ressenti la nervosité de son cavalier, et ce dernier ne pouvait pas lui en vouloir. Car il fallait bien le dire, Cyan se préparait à effectuer une tâche qui ne lui plaisait guère. La vraie question était : pourquoi avait-il accepté ? Il soupira longuement en relâchant un peu les rênes. Bien sûr qu’il savait. Parce que c’était son frère qui le lui avait demandé et parce qu’il ne pouvait rien lui refuser. Et puis c’était un moyen pour lui de rester proche de son jumeau alors qu’il n’était pas là. D’ailleurs, c’était bien ça le problème… La solitude lui pesait. Pas autant qu’avant, mais suffisamment pour ne pas être totalement serein. Il arrêta son cheval et descendit lestement. Accrochant sa monture à un des anneaux prévus à cet effet, il se dirigea vers l’entrée et ouvrit la porte grâce au double de la clé que son frère lui avait passé. Instantanément, l’odeur caractéristique du volatile lui monta au nez. Il grimaça et pesta en jurant. Autant l’odeur des chevaux ne le dérangeait pas du tout, celle des oiseaux de son frère le dégoûtait. Il devait pourtant bien le faire. Il savait que si ne serait-ce qu’un oiseau mourrait, ce serait un drame national. Alors il faisait attention à eux. Accédant à l’étage par l’escalier de pierre, il prévint les oiseaux de son arrivée par quelques mots dits avec douceur. A vrai dire, il reprenait ceux qu’il utilisait avec ses équidés et étant donné qu’il avait une voix presque identique à celle de son frère, les oiseaux se calmaient peu à peu. A peine arrivé sur le palier, les volatiles se ruèrent sur les perchoirs et réclamèrent leur nourriture à grand renfort de cris et de sifflements.

« Oui, oui, ça arrive. Une minute. » Dit-il, légèrement agacé. « Mais comment fait Luni pour ne pas devenir sourd ? » S’ébouriffant les cheveux nerveusement, il alla chercher le sac de nourriture qu’il avait amené : en grande partie des petits rongeurs morts. Follement appétissant.

Répartissant la nourriture entre les différentes mangeoires disposées dans la pièce, les oiseaux ne se firent pas prier pour commencer leur festin. Alors que Cyan reposait le sac à terre, un cri familier le fit s’immobiliser. Relevant la tête, il aperçut un faucon qui le fixait intensément. C’était Zéphelin, l’oiseau que Lundre lui avait confié pour pouvoir le contacter où qu’il soit. Le problème avec cet oiseau, c’était qu’il s’était pris d’affection pour lui et qu’il avait la fâcheuse tendance à vouloir se poser sur lui n’importe quand. Levant une main en signe de protestation, Cyan se releva tout doucement et recula vers l’escalier en parlant à l’oiseau : « Encore toi… Ne bouge pas. Ne – bouge –surtout-pas ! » Mais il faut croire qu’un murmureur pour chevaux ne parle pas la même langue qu’un chuchoteur pour oiseaux : le faucon s’élança, et Cyan eut juste le temps de mettre son bras devant sa tête pour réceptionner l’oiseau. Sous son poids, le cavalier faillit perdre l’équilibre et se rattrapa d’une main au mur derrière lui. Encore un peu et il tombait dans les escaliers… Le cœur battant à cent à l’heure, il grimaça alors que les serres du faucon lui entaillaient le bras. Imbécile ! Il savait pourtant bien qu’il fallait toujours mettre des gants en cuir, et même pour les nourrir !

« Tsss… Allons, envole-toi stupide volatile ! » Donnant une impulsion avec son bras, le faucon s’envola de nouveau et alla s’installer sur un perchoir. Comme s’il était content de lui, l’oiseau commença à se lisser les plumes avec minutie.

Enervé contre lui-même et contre l’oiseau, Cyan descendit au rez-de –chaussée et chercha une arrivée d’eau. Au moins, sa veste n’était pas abîmée, puisqu’il avait remonté ses manches pour donner la nourriture. Mais son bras avait souffert : plusieurs marques de lacération, pas très profondes, se dessinaient à présent sur celui-ci. Il connaissait quelqu’un qui allait faire une crise. Trouvant un seau d’eau dans la chambre de son frère, il essaya tant bien que mal de nettoyer son bras. Attrapant un chiffon qui traînait, il le mit autour de la blessure et le serra pour stopper le saignement. Alors qu’il se relevait, un hennissement familier le fit s’arrêter. Cyan connaissait tous les chevaux qui étaient passés par l’élevage familial et celui-ci ne faisait pas exception. Le regard fixé sur la porte, Cyan bougeait plus, c'était à peine s'il respirait normalement.

Son frère était de retour….
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Lundre Soleren

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MessageSujet: Re: Stand by me, little bro'! [PV: Lundi]   Dim 15 Jan 2012, 10:29

Lundre se balança nerveusement sur sa selle. Depuis qu'il avait laissé Madwyn avec qui il voyageait à l'entrée de la ville, ses interrogations étaient revenues. Qu'avait-il pu advenir de Cyan ? Si le sort de ses volatiles le préoccupait également, il avait d'abord effectué un détour par le haras familial. Tant pis s'il avait encore l'air fatigué par le voyage jusqu'à la forteresse, et que quelques brûlures suspectes ornaient ses vêtements. Il irait simplement voir son frère, s'assurer que tout aller bien et s'occuper un de ses oiseaux avant de profiter d'une bonne nuit de sommeil. Encore que si cela n'avait tenu qu'à lui, on n'aurait pas pu le pousser à effectuer des tours de garde : son pouvoir le protégeait, donc il pourrait tout à fait dormir en pleine forêt sans le spectre de brigands, assassins ou ours sauvages venus se débarrasser de lui. Songer qu'il aurait pu être dresseur d'ours égara quelques instants ses pensées. Non, il allait rester concentré, que diable. Ce n'était pas le moment de s'endormir alors qu'il avait déjà somnolé une partie du voyage en se fiant à Madwyn pour leur indiquer la route à suivre. Le fauconnier ne fit qu'un rapide saut à l'élevage familial, salua quelques personnes et n'aperçut pas le cheval de son frère. Lorsqu'on l'informa que Cyan n'était pas là, il détala. La perspective de retrouver Cyan et aussitôt ses volatiles fit naître un grand sourire sur son visage. Il était impatient de retrouver son frère, encore qu'il se demandait comment justifier son état. Il ne mentirait pas, évidemment : rencontrer un Balrog était un événement suffisamment rare pour qu'il puisse en être fier ! Surtout un Balrog qui avait l'air aussi sympathique. Avant qu'il ne tente de tous les tuer, qu'une sorcière apparaisse de nulle part et qu'ils soient tous drogués par Javeed. Pris d'un doute, Lundre renifla la manche de son manteau et s'aperçut que l'odeur imprégnait encore le tissu. Le dresseur de chevaux serait peut-être surpris de récupérer son jumeau fatigué, roussi et empestant les substances hallucinogènes.

Bah, peut-être qu'il n'y verrait rien, songea Lundre en mettant pied à terre et en attachant son cheval. Il le dessella rapidement et prit ses affaires de voyage : il entrait, bazardait proprement tout ça et prenait Cyan dans ses bras. Si bien que Lundre voulut entrer, dut adroitement ouvrir la porte avec son coude puisqu'il avait les mains pleines, put déposer tout son attirail dans un coin et se retourna aussitôt vers l'escalier menant aux oiseaux. Il baissa rapidement les bras qu'il avait levés pour étreindre son frère et plissa les yeux. Qu'est-ce que c'était que tout ce sang, d'abord ? Il reconnut les marques laissées par des serres d'oiseau pour avoir compris il y a quelques années qu'il valait mieux ne poser ses gants que lorsqu'il n'avait réellement pas le choix, au prix d'une douloureuse expérience. Il aurait pesté après tout individu allant « trifouiller » ses oiseaux sans prendre un minimum de précautions mais Lundre ne se sentit pas capable d'en vouloir à son frère. Cyan lui avait bien trop manqué. Il le prit sans plus attendre dans ses bras : la méthode avait fait ses preuves pour signaler à quel point il était heureux de le retrouver. Y compris lorsqu'il arrivait à Lundre d'étreindre son frère alors qu'ils s'étaient vus la veille. De toute manière, c'était cela ou pépier inlassablement à quel point il était heureux de le voir. Un bruit de fond agaçant.

« Tu me laisses voir ça, frangin ? »
demanda-t-il sans réellement attendre de réponse. Pourquoi diable Cyan aurait-il refusé d'être soigné grâce à la magie ?

Les yeux du fauconnier devinrent dorés tandis qu'il s'affairait au-dessus de la balafre qu'il avait prise dans ses mains. Il détourna bien vite le le regard des prunelles de son frère en faisant semblant de jeter un oeil au linge ensanglanté avec lequel Cyan avait protégée la plaie. Les yeux jaunis du sorciers restèrent ensuite rivés sur la blessure. Son frère n'avait jamais réellement apprécié les multiples manifestations de cette singularité, cette différence majeure dans une ressemblance qu'ils entretenaient depuis des années. Le sang parut coaguler plus vite et Lundre eut un sourire satisfait. Il ne se sentait pas capable d'effacer totalement la plaie, on apercevait encore quelques traces de l'incident, quoi qu'elles soient ténues. Tout s'en irait bien vite, il ne s'en inquiétait pas.

«  Je suis désolé, Cyan. Je n'arrive pas à ... A faire plus. » bredouilla-t-il.

Sans lâcher le bras de son frère -il n'allait pas se priver d'un contact rassurant- Lundre se frotta les yeux grâce à sa main libre. Dire qu'il était en pleine forme aurait été un mensonge, Cyan avait d'ailleurs bien du voir les cernes et les épaules baissées du fauconnier. Le sorcier mourrait pourtant d'envie de tout raconter à son frère. L'humidité des marécages, le voyage reposant en compagnie de Madwyn, le plaisir de retrouver Aislin, la déception qu'avait été ce maudit général dans leurs pattes et celles du malheureux archer dont il était le supérieur, Javeed et ses poches remplies de babioles, les jupons colorés de Prophessy et cette bestiole rougeoyante et flamboyante qui avait surgi au détour d'un couloir. Qu'il avait failli domestiquer, bon sang ! Il aurait tant aimé que son frère soit là pour le voir affronter dans les yeux cette créature qui avait presque failli devenir aussi douce qu'un moineau. Bon, il était heureux que Cyan n'aie pas vu Javeed le porter sur son épaule, pétri de bonnes intentions et d'un héroïsme soudain.

- J'ai beaucoup de choses à te raconter, mon Cyan !
reprit-il joyeusement. J'aurais même une grande nouvelle à t'annoncer ! Mais dans un moment. Tout s'est bien passé avec les oiseaux ?

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Cyan Soleren

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MessageSujet: Re: Stand by me, little bro'! [PV: Lundi]   Lun 20 Fév 2012, 15:20

Les yeux fixés sur la porte, Cyan retenait son souffle. Il ne sentait même plus le sang qui coulait sur son bras et c’est peu dire que la douleur n’était qu’un souvenir face à la perspective de revoir son jumeau. Alors quand sa moitié entra dans le bâtiment, un sourire se dessina sur son visage. Se retrouver dans ses bras fut une vraie libération et il se laissa aller à serrer Lundre contre lui, s’enivrant de son odeur. Odeur qui d’ailleurs lui fit retrousser le nez. Ne serait-ce pas une odeur de brûlé ? Bah, il poserait des questions plus tard. Il ne fallait pas gâcher ce moment, surtout pas. En un seul geste, ils faisaient passer toute l’affection qu’ils avaient l’un pour l’autre. Lorsqu’enfin ils se séparèrent, Lundre lui proposa directement de s’occuper de sa blessure et Cyan tendit son bras presque machinalement. Il avait appris à faire avec la singularité de son frère. Cette différence si flagrante entre les deux jumeaux le dérangeait, mais pour rien au monde il ne voudrait faire de peine à Lundre… Bien entendu, tout autre sorcier qui tenterait de le toucher finirait sans aucun doute embroché par son épée.

Il ne pouvait nier que voir les yeux de son frère prendre une teinte dorée lui faisait parfois froid dans le dos. Ce n’était pas…naturel. Mais il y avait une chose qu’il ne pouvait pas retirer à la magie : son efficacité. En quelques secondes à peine la blessure sembla se résorber, comme si elle se guérissait d’elle-même. Et puis, tout s’arrêta. Cyan ne devait plus s’inquiéter d’avoir une quelconque trace. Décidemment, ce pouvoir l’étonnerait toujours… Mais son étonnement laissa rapidement place à de l’inquiétude. En effet, Lundre semblait à bout de force. Pas étonnant avec son voyage et ces derniers efforts. Il laissa son frère s’accrocher à lui et le réprimanda gentiment :

« Tu n’aurais pas dû te démener pour moi… Ma blessure pouvait attendre que tu te reposes un peu. On dirait que tu as veillé des jours sans dormir… Viens t’assoir.»

Sans lui donner l’occasion de protester, il le conduisit dans la chambre où il le fit s’assoir sur le lit. Pas question qu’il s’évanouisse alors qu’ils discutent.

Ce que ressentait Cyan était assez contradictoire : il était curieux de connaître tous les détails des aventures de son frère, mais il était terriblement inquiet de le voir dans un tel état. Lequel de ses compagnons d’infortune devait-il blâmer pour avoir osé affaiblir son frère à ce point ? Quelque part, Cyan était un peu jaloux. Lui-même n’était jamais ou très peu sorti de sa cambrousse et de voir Lundre s’épanouir, voyager et vivre des aventures palpitantes le rendait amère par rapport à sa propre situation. Pendant quelques secondes, il se remémora ces sombres heures où il était tombé dans le fond du gouffre. Seul au monde, rare étaient les personnes qui avaient réussi à lui arracher un sourire à l’époque. Il espérait que jamais son frère ne connaîtrait les abysses dans lesquels il avait vogué quelques temps… Toutefois il était heureux pour lui et il était plus que sincère lorsqu’il l’avait incité à prendre son envol. Quelque part, il aimait penser que son frère l’emmenait avec lui partout, comme une part intégrale de son âme. Alors qu’il était encore parti dans ses pensées, il entendit la voix de Lundre l’interpeller. Une grande nouvelle ? Voilà bien une annonce qui intrigua Cyan.

Il haussa les épaules avant de répondre d’un air nonchalant :

«Plutôt bien. Je crois que Zéphelin s’est entiché de moi… Avoue que tu l’as dressé pour m’en faire voir de toutes les couleurs! C’est lui qui m’a fait ça.» Un sourire se dessina sur son visage tandis qu’il disait sa dernière réplique. Une petite pique ne faisait pas de mal et franchement, cet oiseau lui en voulait vraiment ! Ces volatiles sentaient l’énervement et la peur de leur protecteur du moment. Et cela n’apportait jamais rien de bon.

« Pardonne-moi frérot, mais je préfère mes chevaux. Eux, ils me comprennent au moins ! Mais dis-moi, quelle est donc cette grande nouvelle pour laquelle tu parais si joyeux ? Et cette aventure, c’était comment ? N’omets aucun détail, hein, de toute manière, je le saurais si t’essaie de me mentir !»

Et c’était bien vrai. Il y avait peu de secrets entre eux. Cyan avait toujours su cacher les parts sombres de sa vie. C’est bien la seule chose sur laquelle il n’est pas sincère avec lui. En revanche, il repérait très facilement si son frère lui mentait. Restait à voir si ce qu’il avait vécu était si extraordinaire que cela…
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Lundre Soleren

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MessageSujet: Re: Stand by me, little bro'! [PV: Lundi]   Dim 11 Mar 2012, 09:46

Forcé de s'asseoir par la bienveillance de Cyan, Lundre resta quelques instants muets. Il n'avait pas vraiment pris la peine d'organiser ses pensées, de savoir ce qu'il expliquerait à son frère, en veillant à ne pas trop l'inquiéter. Les mots « balrog », « poursuite » et « souterrain s'effondrant » plairaient peu au dresseur de chevaux. Bien sûr, il n'était pas question de repousser ces retrouvailles, même sous prétexte d'aller s'occuper des oiseaux qui en avaient sans doute grand besoin. Une fois n'est pas coutume, Lundre envisagea de mentir à son frère. Protéger Cyan en édulcorant une partie de l'histoire pour qu'il ne s'inquiète pas et ne se pose pas de questions sur les fréquentations de son frère, annuler cette idée de voyage avec Madwyn et sans doute la rôdeuse Aislin. D'un sorcier ou d'une prétendue voleuse de poules, de qui Cyan aurait-il le plus tendance à se méfier ? Souriant à l'évocation de son volatile préféré, le sorcier posa sa tête sur l'épaule de son frère.

«  Il t'aime bien. »

Son frère n'avait pas réellement besoin qu'on lui rappelle et Lundre eut quelques instants l'impression qu'ils formaient un vieux couple. Une grande partie des mots qu'ils échangeaient en temps normal étaient d'une banalité affligeante et chacun pouvait prévoir les mouvements de l'autre lorsque la conversation devenait plus sérieuse. Cyan allait peut-être tempêter, être ennuyé de devoir une fois de plus jouer les gardiens d'oiseau alors qu'il ne portait pas les volatiles de son frère dans son coeur, et s'inquiéter plus que de raison. Si les pouvoirs du cinquième ordre avaient concerné les deux frères, peut-être aurait-il plus facilement conçu que le fauconnier parcoure le monde le nez en l'air, sans prendre aucune précaution véritable en cas d'accident ou de mauvaise rencontre, se fiant à une chance jusque-là infaillible. Après une grande respiration, le sorcier se décida à raconter son séjour dans les terres australes. De toute manière, Cyan aurait vu toute tentative de mensonge.

«  Nous sommes allés dans ce souterrain. Ca ne s'est pas trop mal passé. Le groupe était vraiment agréable, à part peut-être le général. Par contre nous sommes tombés sur ... » Il grimaça un peu. «  ... Un balrog. Inutile de t'inquiéter, tout s'est bien passé. Dans l'ensemble. J'ai vraiment failli arrêter le Balrog. C'était une expérience incroyable. Je n'ai pas eu le temps de l'apprivoiser, un des membres du groupe est venu m'emporter assez loin en pensant que j'avais besoin d'aide. Le souterrain a commencé à s'effondrer au fur et à mesure que le Balrog s'énervait. Une sorcière, premier ordre, est apparue providentiellement et nous a aidés ... »

Il s'interrompit et grimaça derechef. Non seulement tout cela était extrêmement confus lorsqu'il l'expliquait, mais il y avait là de quoi inquiéter Cyan plus que de raison. Comment occulter la grande débandade de leur groupe au profit de cette sensation merveilleuse qu'avait ressentie le sorcier lorsqu'il avait senti un contact se créer avec le Balrog, quelques secondes où il lui avait semblé comprendre cet être centenaire et être compris par lui ?

«  En somme, tout s'est assez bien déroulé. De manière inattendue, mais nous n'avons pas été réellement blessés. »


Il songea à Prophessy et au craquement des os se rompant sous le poids d'une pierre. Au marchand qui les avait tous drogués en lui donnant de l'opium. De manière inattendue, vraiment. Il faudrait qu'il prenne le temps de tout raconter à son frère, et d'en profiter pour revoir ses compagnons de voyage à l'occasion.

«  J'ai un peu discuté avec Madwyn, le sorcier, et Aislin, la rôdeuse. Nous pensons repartir à l'occasion. »

Il enfonça son nez dans le col de son frère. A peine rentré, voilà qu'il parlait encore de le quitter, en lui laissant à la charge les oiseaux une fois de plus. Question fiabilité, Lundre aurait pu faire beaucoup mieux. Il hésita à proposer à son frère de les accompagner. Il aurait été possible de convaincre Cyan même s'il hésitait, en laissant leurs élevages respectifs à une tierce personne. Pourquoi diable son frère semblait-il si attaché à l'idée de rester à Cathairfal ? Ses chevaux, certes. Peut-être Lundre se reposait-il trop sur l'idée que ses oiseaux l'attendraient bien sagement à son retour. Ne l'avaient-ils pas toujours fait ? Grâce à Cyan. C'était au fond toujours grâce à son frère qu'il réussissait à maintenir son commerce à flot malgré de très fréquentes absences. En partant toujours à l'autre bout du continent, il faisait peut-être trop peu de place à son jumeau dans sa vie.

« J'aimerais bien te les présenter un jour. » pépia-t-il. « Je pense que vous pourriez vous entendre. »

Parce qu'après tout, comment les gens qu'il appréciait pourraient-ils ne pas s'aimer ?

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Cyan Soleren

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MessageSujet: Re: Stand by me, little bro'! [PV: Lundi]   Dim 22 Avr 2012, 07:47

Evidemment…

On rit encore pour des bêtises comme des enfants…Mais pas comme avant…


Ignorant tous des préoccupations de Lundre à propos de ce qu’il pourrait dire ou non, Cyan se contentait d’apprécier ces moments complices avec son frère jumeau. Il lui fallait à tout prix s’enivrer de son odeur, chercher un contact avec lui et ne pas le perdre de vue. Au fond de lui, il sentait que ces merveilleuses retrouvailles ne dureraient pas longtemps. Après tout, on lui avait raconté plusieurs fois qu’une fois qu’on a goûté à la liberté des grands espaces, on ne peut plus s’en passer. Sentant la tête de son frère sur son épaule, il posa sa tête sur la sienne et ne bougea plus. Un sourire moqueur se dessina sur son visage alors que Lundre répondait que ce stupide volatile ne faisait qu’exprimer son amour pour lui. S’imaginant en train de serrer tendrement l’oiseau dans ses bras, il réprima un hoquet de rire. Son frère était parfois si fleur bleue ! D’ailleurs, ils devaient avoir l’air tout à fait ridicule ainsi assis l’un à côté de l’autre. Un couple de tourterelles ne ferait pas mieux. Et le pire, c’est que leur conversation ressemblait bien plus à leurs roucoulements qu’à des paroles d’hommes éclairés. C’était comme s’ils retombaient en enfance lorsqu’ils étaient ensemble. Ou du moins, ils essayaient de s’en persuader. Ils se connaissaient tellement bien qu’ils pouvaient deviner l’exact moment où la conversation prenait une toute autre tournure. Cyan grimaça alors que sa blessure à peine refermée le tiraillait légèrement. Non, décidemment il n’avait aucune envie de passer son temps à s’occuper ces oiseaux qui piaillent sans arrêt.

La voix de Lundre lui parvint alors qu’il repensait aux becs acérés de ses assaillants. Il leva un sourcil. Qu’est-ce que c’était encore que cette histoire de souterrain ? Ah oui, il lui en avait déjà parlé avant qu’il ne parte pour cette stupide mission. Un général ? Pas étonnant qu’il ne soit pas jugé agréable. C’est souvent ceux qui se considèrent supérieurs aux autres… Jusqu’ici tout paraissait normal. Mais lorsque Lundre osa citer leur gros et maléfique problème, Cyan se tendit instantanément. « Un bal… » Ne le laissant pas l’interrompre, Lundre continua sans sourciller, évitant ainsi que le dresseur de chevaux ne puisse exprimer son mécontentement. Bon sang, mais ce n’était pas une petite bestiole que ce machin-là ! Plus l’histoire du fauconnier avancer, plus Cyan restait bouche-bée face à de telles aventures. Et SON frère s’est retrouvé là-dedans ! S’il l’avait su, il l’aurait enfermé à double tour dans sa cave… Légèrement énervé, Cyan se tordait nerveusement les mains.

Il soupira, agacé.

« Et à part ça, c’était un voyage agréable, n’est-ce pas ? » Dit-il sur un ton purement ironique. « Tu dis que tu as failli arrêter ce Balrog, mais qui te dit que ce n’était pas cette sorcière qui le contrôlait ? Au moins, y en avait un de censé pour te mettre à l’abri. »

Il n’était pas content. Pas parce que son frère s’était mis dans le pétrin, mais parce qu’il savait que Lundre avait surement raison et qu’il aurait pu apprivoiser cette créature. C’était juste que Cyan trouvait qu’il se mettait inutilement en danger et cela le mettait hors de lui. Et évidemment il s’énervait sur lui alors qu’il savait pertinemment que le fauconnier faisait tout pour ne pas l’inquiéter et pour être honnête avec lui. D’un geste nerveux, il se passa une main dans les cheveux et soupira profondément. Reprenant la parole sur un ton plus doux, il dit dans un sourire :

« Mais bon… Tu as tenté de les sauver… Et pour ça, j’espère qu’ils t’en ont remercié ! Enfin… J’suis fier de toi, petit frère. » Il était évidemment sincère lorsqu’il disait cela. Après tout, ce n’est pas ce général pompeux qui aurait pu apprivoiser une telle bestiole ! Y’a que son Lundre pour réaliser de tels exploits ! Le « pas réellement blessé » interpella le dresseur. Qu’est-ce que c’était que ça encore ? Essayant de ne pas relever cette tentative de masquer toute blessure, il se tut. Après tout, s’il ne voulait pas en parler, il n’allait pas le forcer. Le plus important, c’était que lui n’est rien. Cyan pouvait en effet être très égoïste s’il le voulait, surtout si ça touchait son frère.

Repartir.

La tension qui s’empara du jeune homme le laissa sans voix. Allait-il encore l’abandonner ? Il l’avait pressenti, mais de l’entendre dire, ce n’était pas pareil. Cela semblait plus réel, plus proche. Pourtant, il ne put rien répondre. Même le contact qu’il avait à ce moment-là avec son frère ne suffisait pas à le détendre. Cette absence signifiait tant de choses. De nouveau, il resentirait cette solitude qui lui pesait tellement. Et puis il y avait les oiseaux. Comme toujours, il dirait oui et comme toujours il maudira le jour où il a accepté. Essayant d’occulter ce que venait de dire son jumeau, il ne put réprimer un sourire au pépiage innocent de celui-ci.

« Tu sais, si je ne te connaissais pas, j’aurais pu croire que tu voulais me présenter ta fiancée ! Ce que tu peux être drôle parfois ! »

Au moins, il évitait ainsi de penser à l’inévitable séparation. Et puis, le mot fiancée lui faisait inexorablement penser à celle qui occupait toutes ses pensées lorsque ce n’était pas Lundre. Myrna… Son regard se fit plus doux alors qu’il pensait à la fière jeune femme. Il faudrait bien qu’il en parle un jour à son frère.

« Si tu penses que je devrais les rencontrer, alors je ne suis pas contre. Après tout, je suis curieux de connaître ceux qui ont réussi à avoir ton amitié… Sont-ils en ville en ce moment ?Nous pourrions les inviter à prendre un repas à l'élevage.»

Il hésita à ajouter qu’il voulait lui faire rencontrer quelqu’un aussi. Mais il avait encore bien du mal à parler de son idylle… S’il y avait bien une chose pour laquelle il n’était pas sûr de lui, c’était à propos de ce qu’il ressentait pour elle.

« Tu sais je… Enfin, non, c’est rien. Tu voudras changer de cheval avant de repartir ? »

Comment éluder la conversation façon Cyan…

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Lundre Soleren

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MessageSujet: Re: Stand by me, little bro'! [PV: Lundi]   Dim 10 Juin 2012, 14:27

Lundre se tassa légèrement sur lui-même et s'écarta de son frère pour lui jeter un regard. C'était si inquiétant que ça, quand il racontait son histoire ? Bon, il avait eu la frousse de sa vie lorsque le Balrog était arrivé dans le souterrain - encore que voir les autres réagir comme ça l'avait peut-être plus affolé que le Balrog lui-même qui n'avait pas eu l'air si agressif que ça - mais il n'en était pas mort. Même pas vraiment blessé. Un peu roussi, rien d'autre. Jusqu'à ce que le charme se rompe, lorsque Javeed l'avait soulevé du sol et embarqué sur son dos comme un sac de farine, la créature ne lui avait semblé qu'être incomprise. Bon. En voyant le monstre de feu leur balancer une colonne pour barrer toute sortie de secours, Lundre s'était dit qu'il était sans doute incompris et énervé. Pas l'idéal.

«  Oui mais ... » commença-t-il doucement.

A bien y réfléchir, mieux valait ne pas finir sa phrase. Cyan ne serait sans doute pas sensible aux états d'âmes d'un pauvre Balrog qu'on avait réveillé en sursaut et qui avait de ce fait le droit d'être quelque peu irritable. L'idée de son frère lui arracha une grimace. Que Tanith ait contrôlé le Balrog ? C'était tout à fait impossible, non ? La possibilité de contrôler un être aussi puissant lui semblait relever du fantasme, être illogique. Elle était du premier ordre, mais il aurait fallu être bougrement puissant pour parvenir à un tel résultat. Etre une sorte d'Inasmir, ce qui ne lui avait pas paru être le cas. La sorcière du premier ordre était d'une puissance magique impressionnante - il n'oubliait pas que Madwyn l'avait regardée comme un puits de magie, ou peut-être un objectif à atteindre - mais de là à faire ça ... Et de là à s'en prendre à eux ... Il écarta cette idée. Personne n'était assez malsain pour ça, c'était risible. Tout du moins, inconcevable à ses yeux. Parce qu'il était lui-même bienveillant, qu'il avait eu de la chance ou que son don lui avait évité de mauvaises fréquentations, Lundre ne concevait pas qu'on mette la vie d'autrui en eu pour si peu.

Le fauconnier releva la tête et bomba légèrement le torse en entendant son frère exprimer qu'il était fier de lui. Cyan avait toujours l'air prodigieusement avare de compliments pour tout ce qui était d'ordre surnaturel. En tout cas, l'annonce du départ avait l'air de ne pas trop brusquer son frère. Peut-être s'y attendait-il ? Le sourire de Lundre fut légèrement gêné lorsque l'idée d'une fiancée fut évoqué. Leurs parents savaient déjà faire comprendre qu'ils auraient bien voulu d'autres petits-enfants que Rhewen, qu'à leur âge il aurait normal d'être avec quelqu'un pour de bon, qu'il y avait des tas de jeunes filles convenables. Cyan n'allait pas lui faire le même coup, hein ? Il soupira de soulagement.

« Pour une fiancée, on verra, hein. » Il se demanda s'il n'aurait pas un peu exagéré sur le mot une. Certes, toute la famille s'était aperçue qu'il sortait le soir avec des hommes comme des femmes sans paraître particulièrement embarrassé. Mais en parler, mettre le doigt sur une différence entre eux ... C'était le genre de choses qu'ils évitaient de faire. Ca, ou encore la magie, étaient de l'ordre du tabou. Ils n'en parlaient pas, auraient pu le faire mais s'en gardaient bien. « Ils sont bien. Ce sera comme si tu étais un peu du voyage. » Il fit une pause, laisa parler son frère et se promit d'y revenir plus tard. En essayant d'effacer un sourire entendu, Lundre reprit la parole :

- J'aimerais bien qu'on parte ensemble. Mais je sais qu'il y a l'élevage, et mes oiseaux. Je suis heureux que tu t'en sois encore occupé. Ils vont finir par s'habituer à toi, ils réclameront ta présence
, plaisanta-t-il.

Lundre se releva d'un mouvement brusque et épousseta un peu ses vêtements. Depuis qu'il avait bien failli rôtir dans le souterrain, il avait l'impression d'emporter un peu de brûlé partout avec lui, de ne pas se débarrasser de cette odeur tenace qui faisait battre son coeur un peu plus vite quand il pensait à tout ce qu'il s'était passé si rapidement. La jambe de Prophessy, les visages affolés et cette impression de ne pas s'enfuir assez vite lui trottaient dans la tête. Peut-être pas assez pour l'empêcher de trouver le sommeil, suffisamment néanmoins pour qu'il soit un peu moins tranquille. Pas sûr qu'il en ressorte avec du plomb dans la tête, cela dit. Résolument optimiste, Lundre ne se voyait pas douter de tout. Il resta quelques secondes debout, observant ses vêtements un peu défraîchis depuis cette exploration. Demain, il irait faire un grand tour en dehors de la ville et se baigner.

« Je devrais m'occuper un peu d'eux, tu viens ? » demanda-t-il avec un sourire. « On verra pour la monture. Tu allais parler de quoi, d'ailleurs ? Tu ne me feras pas croire que c'était pour parler d'un nouveau cheval ! Il y a un truc dont tu as envie de causer ? »

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Stand by me, little bro'! [PV: Lundi]

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