Echo des Plaines : Chapitre VII ▬ Le Retour d'Inasmir


 
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 a shortcut to mushrooms

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Flore Merrivale

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▬ Contributions à l'histoire : 85

MessageSujet: a shortcut to mushrooms   Lun 09 Jan 2012, 20:08

Depuis le rebord de la fenêtre de la voiture, Flore observait le paysage qui s’offrait à sa vue. Il y avait déjà plusieurs jours que l’équipée avait quitté Vieilleville en direction de la capitale. Ils étaient encore loin d’être arrivés mais ils quitteraient bientôt le territoire des elfes. Si Flore aimait énormément les voyages – même si elle n’avait jamais eu beaucoup d’occasion d’aller ailleurs qu’à Cathairfál – elle détestait en revanche les passer dans une voiture inconfortable en compagnie de deux servantes de sa mère, aussi bavardes et revêches que des vieilles sorcières édentées. La garde personnelle des Merrivale, qui devait s’assurer de l’arrivée de la fille chérie à bon port, n’était pas non plus très accommodante. A dire vrai, Flore soupçonnait sa mère d’avoir choisi à dessein les personnes les plus ennuyeuses et les plus fermées au dialogue. Ce qui était un très mauvais calcul car, si elle avait eu au moins quelqu’un avec qui discuter et rire, elle ne serait pas en train de penser à s’échapper de cette prison roulante au moins quelques heures. Depuis leur départ de la demeure Merrivale, ils ne s’étaient arrêtés que pour les repas et pour dormir. Autant dire que Flore commençait à s’engourdir et à avoir sacrément mal aux fesses d’être continuellement assise. Si au moins ils pouvaient rencontrer des marchands, des cavaliers, des brigands, même ! Mais il semblait que, malgré le temps magnifique, personne ne s’était décidé à voyager à cette période précise de l’année. Il y avait fort à parier que tout le monde était déjà à la capitale pour fêter l’anniversaire du couronnement du Roi ou, pour les paysans, qu’ils étaient dans leurs champs à tenter de sauver leurs récoltes – s’il y avait seulement quelque chose à sauver.

Flore soupira bruyamment, pour énerver les servantes qui ne bronchèrent pas, toute occupées à leurs travaux de couture. Même le chevreuil qu’elle parvint à distinguer dans la forêt qu’ils traversaient ne lui remonta pas le moral. Passer ses journées à ne rien faire qu’attendre que le temps passe n’avait fait que remplir son esprit de nombreuses idées qui lui étaient désagréables. Bientôt, elle allait être mariée ! Et, cette fois-ci, son père n’avait rien pu faire pour faire capoter cette nouvelle union. Et le pire dans tout ça ? Elle n’avait aucune idée de la personne à laquelle on l’avait promise. Elle n’avait rien écouté quand sa mère le lui avait annoncé et, quand cette dernière s’en était rendue compte, elle avait pris un malin plaisir à ne jamais reprononcer le nom de l’heureux élu. Si bien que depuis cette annonce, Flore rongeait son frein. Elle avait bien tenté de faire parler les suivantes de sa mère mais elles semblaient avoir reçu des ordres sur le sujet et, encore aujourd’hui, Flore était complètement ignorante de son promis. Cela l’avait rendue encore plus grognon. Est-ce que sa mauvaise humeur arriverait à faire fléchir son prétendant ? Rien n’était moins sûr mais Flore comptait bien réfléchir à quelques moyens d’éviter ce mariage qui, à coup sûr, la priverait de cette liberté qu’elle aimait tant.

« Il faut que je fasse pipi. »

C’était visiblement la seule raison pour laquelle les servantes daignaient lever la tête car elles arrêtèrent presque en même temps leur besogne et lui jetèrent à l’unisson un coup d’œil suspicieux. Flore se trémoussa pour expliciter sa demande et la plus anciennes des domestiques toqua d’un coup sec sur la paroi de la voiture qui donnait sur le banc du conducteur. Quelques hennissements plus tard, la calèche était stoppée et Flore n’attendit pas qu’un garde vint l’aider pour ouvrir la portière et se laisser tomber sur la route. L’une des servantes descendit à son tour et fit mine de l’accompagner. Flore la stoppa, arguant qu’il n’y avait rien à craindre, elle ne comptait pas s’enfuir car, quand bien même, où irait-elle et patati et patata. Elle baratina si bien la femme que celle-ci se contenta d’un « ne vous éloignez pas trop, mademoiselle » et se posta au bord de la route. Les hommes en profitèrent pour se dégourdir les jambes et casser la croûte tandis que Flore, ravie de se retrouver enfin seule, s’engouffra dans la forêt pour se trouver un coin tranquille et à l’abri des regards.

La jeune fille allait soulever ses jupes quand elle entendit des bruits de pas se rapprochant d’elle. Il n’y a donc pas moyen de se soulager sans être dérangée ? A tous les coups, la servante de sa mère avait préféré revenir sur sa décision pour la surveiller. Flore se redressa, la mine en colère, et quitta les buissons pour faire face à la vieille femme.

« Je ne suis plus un bébé, vous pouvez me laisser… » Lorsqu’elle se rendit compte qu’il ne s’agissait pas de la face de vautour de son chaperon, Flore lâcha un : « Oh ! » avant de se reprendre et d’afficher une moue soupçonneuse à défaut de brandir la dague qui reposait sagement dans le double fond de son coffre à vêtements. « Qui êtes-vous ? »
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MessageSujet: Re: a shortcut to mushrooms   Mer 02 Mai 2012, 18:26

Cathairfál. Une ville dans laquelle Lamia n'était encore jamais entrée. Pourtant, peu à peu, c'était vers la cité qu'elle se dirigeait. Y entrerait-elle ? Elle n'en était pas certaine encore. Elle savait qu'un contrat avait été placé sur sa tête et qu'entrer dans cette ville était prendre le risque que l'on puisse la reconnaître. Mais pour le moment, c'était quelque chose qu'elle préférait ne pas envisager. Vivre au jour le jour était, dans son cas, le seul choix qui s'imposait. Elle songeait souvent à quelle point son existence avait changé depuis qu'elle avait été accusée du meurtre de son cousin. En tant que Lamia, elle n'avait aucun avenir. Chaque jour elle risquait d'être capturée. Mais en tant que Brenn, jamais elle ne s'était sentie si libre. Elle avait la possibilité de voyager, d'aller et de venir sans avoir de compte à rendre à personne. Certes, elle ne savait jamais où elle allait dormir, ni comment elle allait se nourrir, mais elle avait peu à peu pris goût à l'imprévu, tout comme elle s'était habituée aux vêtements d'homme et à ses cheveux courts. Ce qu'elle aimait par dessus tout, c'était le fait de ne pas être considérée comme une chose trop fragile qu'il fallait protéger. Au contraire, son courage et ses capacités étaient valorisés. Elle était toujours boiteuse, mais avait appris à se fier à ses propres ressources. Elle avait gagné en agilité et rapidité, et était capable de vivre seule durant plusieurs semaine sans que cela ne lui pèse.

Voilà plusieurs semaines déjà qu'elle se trouvait dans les contrées du Mystérieux Orient. Après s'être arrêtée à Vieilleville, elle avait continué à travers les bois de Riocht na Elves, un milieu qui lui correspondait bien mieux. Ces bois avaient quelque chose qui l'impressionnait et inspirait chez elle un véritable respect. Voilà plusieurs jours qu'elle les parcourait, dormant où elle le pouvait et chassant de quoi manger. Elle prévoyait de rejoindre bientôt un groupe de rôdeurs afin de ne pas poursuivre son voyage seule. Si elle aimait sa solitude, elle appréciait également se trouver en compagnie d'autres membres de son groupe. Ils n'étaient pas n'importe qui, mais la famille qui l'avait adoptée alors même qu'ils ignoraient tout d'elle. Encore aujourd’hui, elle conservait le silence sur son passé, ce dont elle était accusée, et même sa véritable identité. Elle leur accordait sa confiance pourtant, mais savait que dans sa situation, mieux valait en dévoiler le moins possible.

Elle marchait depuis longtemps. Heureusement, l'ombre des arbres apportaient une fraîcheur suffisante pour que son parcours soit agréable. Mais elle s'arrêta lorsque son oreille fine perçut un mouvement non loin de là. Était-ce un animal, ou autre chose ? Elle s'approcha prudemment et se prépara à prendre son arc en main, mais interrompit son geste en entendant une voix de femme protester. Elle la vit en même temps sortir de sa cachette, visiblement peu ravie de sa présence. Lamia comprit immédiatement qu'il y avait erreur sur la personne et ne put retenir un léger sourire en jaugeant cette demoiselle, qui visiblement faisait partie d'une bonne famille. Puis, d'un air méfiant, la jeune inconnue lui demanda qui elle était. Lamia s'inclina légèrement, en partie pour la rassurer, en partie pour réprimer son envie de rire face à une telle situation.

« Pardonnez moi, mademoiselle, je ne voulais pas vous faire peur. Mon nom est Brenn. Rassurez-vous, vous n'avez rien à craindre. »

Sans qu'elle ne parvienne à comprendre pourquoi, cette jeune fille lui faisait penser à elle-même, avec cet air farouche, alors même qu'elle ne semblait pas avoir le moindre petit couteau pour se défendre. Mais ce qui l'intriguait encore davantage, c'était sa présence ici.

« Puis-je vous demander ce que vous faites seule ici ? Vous semblez vous être éloignée de votre suite, ce qui est plutôt imprudent. D'autant plus que vous n'avez visiblement pas de quoi vous défendre... »

Elle sourit. Elle ne souhaitait pas vraiment se moquer d'elle, mais plutôt satisfaire sa propre curiosité. Elle ne se rappelait que trop bien sa propre cousine Arabella qui gémissait à l'idée de faire le moindre pas dehors seule, de crainte d'être enlevée par de rustres brigands.
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